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 Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]

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MessageSujet: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Mar 6 Aoû - 4:29




8 novembre 802
Quand deux ne font qu'un...
ou quand les héritiers d'Erebor se retrouvent.


  •  Nom des participants : Anthim et Amaté Chemsa d'Erebor
  • Statut du sujet : Privé
  • Date : 8 novembre 802
  • Moment de la journée & météo : Milieu d'après-midi
  • Saison 2, chapitre 1





Dernière édition par Amaté Chemsa d'Erebor le Sam 21 Sep - 10:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Mar 6 Aoû - 7:24

Prélude au RP :
 

Tu avais passé la matinée à tenter d’écrire, à tenter de tourner correctement les mots que tu voulais adresser à ton frère, sans grand succès. Tu ne comptais plus le nombre de feuilles, froissées, qui étaient progressivement tombées sur le sol de ta chambre. Tu avais fini par t’en tenir à ce que tu avais décidé auparavant : la vérité, brute et probablement brutale. Quelques lignes, pas d’effusion, rien sur Dragonvale, rien sur ta vie, juste le souhait de savoir ce qui lui passait par la tête, ce qui justifiait qu’il parte, sans escorte, et, de ce qu’il t’en semblait, sans aucun but. Pourquoi irait-il dans des endroits sans queue ni tête ?

Ardente avait du regretter de t’avoir révélé cela, la veille, en voyant l’état dans lequel cela te mettait. Elle avait bien tenté, après s’être énervée de ton manège avec tes lettres, de te faire travailler, sans succès aucun. Tu étais dissipée, peu concentrée, perdue dans tes interrogations, dans ton incompréhension. Que se passait-il, en Arven, qui justifie un tel comportement de la part de ton frère, une telle attitude purement insensée ? Ô, il ne mérite pas la vérité brute, il mérite des reproches, d’agir de façon si inconsidérée. Certes, il ne peut se douter du fait que tu l’as appris, mais cela ne justifie en rien qu’il abandonne Erebor, quand enfin il peut y revenir.

Ton esprit surchauffe, tu te sens étouffer dans cette salle de classe où tu es seule, seule au milieu des livres, seule au milieu de potions, de nécessaires à t’entrainer à l’alchimie, ce que tu essayes de faire sans succès. L’atmosphère te semble étouffante, suffocante, elle te prend à la gorge, et soudain, tu ne la supportes guère plus. Tu te lèves, bien décidée à partir. La fureur d’Ardente submerge ton esprit, elle tente de te forcer à rester, à t’asseoir, elle essaye de te soumettre, mais ta volonté est plus forte. Tu es tellement agitée que rien ne pourra te faire revenir sur ta décision. Tu sais que tu paieras ton insubordination, qu’Ardente ne laissera rien passer, mais tu ne peux pas, ne peux plus, rester là, comme si tout allait bien.

Devrais-tu envoyer un des plus rapides messagers de l’air à ton frère, avec une missive de ta part, pour te tranquilliser ? Mais sans savoir où il est réellement, la tâche te semble ardue, impossible. De toute évidence, Ardente ne t’aidera guère, cette fois. Et si tu as progressé dans ta maitrise de la magie, tu ne connais pas de sortilège permettant de matérialiser ce que tu veux où tu veux. Tu pourrais chercher, mais le temps que tu perdrais à le faire équivaudrait probablement à celui d’un envoi normal. Tu es de retour dans ta chambre, tu tournes en rond, davantage encore que ce matin. Le décor réconfortant de celle-ci, qui s’est imprégnée de toi, de tes goûts, de ta personnalité, ne l’est plus, actuellement. Le sable chaud sous tes pieds te laisse un arrière goût de vide, de manque.

Tu ne sais pas bien ce qu’il te manque, mais rien ne t’apaise, pour le moment. Alors tu sors, tu claques la porte, dans un élan de frustration bien peu coutumier chez toi. Tu marches, dans l’académie, sans savoir où aller. Tu en sors, tu vas vers ses paysages bien plus accueillant que les murs trop restreints pour toi, qui a passé ton enfance à parcourir les dunes, te laisser glisser, rouler sur elles. Tu avances, tu traverses les différents jardins, forêts, étendues d’eau. Tu arrives, tu ne sais guère comment, dans les montagnes de l’académie. Et là, tu t’assieds. Tu t’assieds, et tu es légèrement apaisée. Tu te souviens de cette journée, cette longue journée où, perdue dans les montagnes, tu avais attendu que ton frère vienne te chercher. Tu n’avais pas eu peur, pas une seconde, car tu savais qu’Anthim te retrouverait. Tu avais attendu sagement, jouant avec un roc. Si seulement il pouvait te retrouver là, aujourd’hui, et éclaircir ce que tu avais entendu… Mais bien évidemment, c’était impossible. Nul humain n’étant pas un mage ne venait à Dragonvale, ne viendrait jamais à Dragonvale. Poussant un soupir las, tu t’adossas à la montagne, attirant inconsciemment la lumière du soleil jusqu’à toi pour qu’elle te réchauffe, et tu fermas les yeux.
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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Mar 20 Aoû - 21:59

La martellement des sabots sur le sol était apaisant. C'était la seule chose qui parvenait un temps soit peu à calmer Anthim, en proie à une migraine atroce que lui avait laissé Obsession avant de le lâcher, comme ça, sans un mot. Oh il savait bien où elle voulait aller, et il avait accepté à condition de mener en lieu sûr la petite Nereïa avant qu'un homme de confiance ne la ramène chez elle auprès de sa mère à Ansemer. La dragonne avait dit oui, tout en exigeant de son écrin qu'une fois cela fait, il retournerait de son plein gré à Dragonvale pour... Dieu sait quoi d'ailleurs, le Prince d'Erebor l'ignorait, et il haïssait ne pas savoir. Et Obsession se plaisait à lui cacher tous les détails, du plus insignifiant au plus important. Pris de court, Anthim n'avait d'autre choix que de se fier à la dragonne pour avancer, ce qui ne lui plaisait pas plus. Déjà deux mois écoulés depuis les sombres évènements tombés sur Arven. Presque deux mois qu'il n'était plus lui même et que ses actions semblaient aussi étonnantes que irréfléchies. Il voyageait sans cesse, il en avait assez, ses muscles étaient endoloris par la fatigue, il souffrait de douloureux maux de tête, et sa seule compagnie se résumait à une voix dans son esprit, partiellement mal aimable et en plus de cela autoritaire qui n'acceptait pas qu'on lui dise non. Pas de chance pour elle, cette dragonne avait choisi une forte tête pour écrin qui n'avait pas l'intention de se laisser faire en disant Amen. Il n'avait de toute façon pas vraiment choisi la situation dans laquelle il se trouvait, et si il avait été maitre de ses mouvements, voilà longtemps qu'il serait retourné à Erebor pour se reposer. Par toutes les Puissances, il rêvait de pouvoir revoir encore les sables qu'il avait quitté quelques semaines auparavant. Mais c'était autre chose encore qui manquait à son cœur... ces montagnes si belles qu'il n'avait pu revoir par manque de temps. Il le regrettait hélas... Tu les reverra. Je n'ai pas l'intention de te garder éternellement. Première bonne nouvelle de la journée qui sonnait cruellement comme un mensonge aux oreilles d'Anthim qui avait apprit à connaître sa locataire et sentir dans ses intonations le mensonge. Et si ce n'en était pas un, alors le ton de sa sincérité collait un peu trop avec celui de la tromperie. Si tu avais un peu confiance en moi, tu verrais que les choses iraient beaucoup mieux. Le pire c'est qu'il avait essayé. Mais il n'y parvenait pas, toujours ce sentiment en lui qui le bloquait. Il n'arrivait pas à le définir. Peut être que depuis qu'il connaissait Obsession, il avait quelque chose contre les dragons. Il n'aurait su le dire vraiment.

Le temps était clairement rafraichit, et c'était le vent froid de Nightingale qui l'avait accueillit depuis déjà quelques jours quand il avait franchit la frontière montagneuse. À défaut de voir les montagnes d'Erebor, il se contenterait de voir celles du duché de la magie. Il devait avouer qu'elle était majestueuses, même si elles n'égalaient en rien celle de sa terre natale. Mais les pics enneigés perdus dans les brumes du ciel avaient quelque chose de particulièrement appréciable pour les yeux. Ça calmait au moins un peu les douleurs et permettait au prince de se rappeler avec nostalgie son duché qu'il n'arrivait pas à regagner en paix. Il ne maudissait plus la dragonne pour cela, puisqu'en plus de ne rien lui apporter, ça lui faisait perdre des minutes à penser. Et puis elle se moquait bien de lui quand elle saisissait ces brides de pensées. Là encore, ça avait le don de mettre hors de lui l'Erebien, savoir que ce qui lui passait par la tête pouvait à tout moment être espionné par Obsession. Il n'était ni libre de ses mouvements, et encore moins de son esprit. Enfin, depuis le temps, il c'était plus ou moins adapté à sa condition, et pour le coup il priait les grandes Puissances que la dragonne ne mente pas sur le fait d'un jour le libérer. Si ce pouvait être le plus tôt possible, il n'aurait pas dit non.

Dragonvale n'était plus très loin, il y serait sans doute bien avant la nuit. Il n'avait pas questionné pour savoir pourquoi il devait y retourner, sachant pertinemment que la dragonne esquiverait la question par un autre sujet ou tout simplement se contenterait de l'ignorer. Elle était très capricieuse, presque comme une enfant qui faisait ce qu'elle voulait quand bon lui semblait. Très instable en somme, tout l'inverse de son écrin... Au moins, le point positif c'est qu'il l'avait sentit, très clairement, partir loin de son esprit,. Plus rien d'oppressant, et en quelques secondes, le mal de tête avait cessé. Anthim savait bien qu'elle reviendrait, il avait été plus d'une fois surprit par cette ruse et ne retomberait pas dedans.
Le chemin qu'il empruntait était un peu abrupt et descendait en pente parfois douce, parfois ardu et qui demandait au prince de marcher à côté de son cheval pour ne pas chuter avec lui sous son propre poids mal répartit. Visiblement, ce lieu était très rarement emprunté, et il comprenait pourquoi vu la dangerosité. Encore heureux qu'Anthim vivait et connaissait toutes sortes de montagnes et chemin escarpé comme sa poche. Arrivé à hauteur d'un sol plus plat et meuble, moins rocailleux, il remarqua une silhouette blonde adossé à un pan de montagne. Il en fut surprit et troublé. L'instant d'une seconde, il se rappela de sa soeur, sa chère Amaté Chemsa qu'il n'avait pas revu voilà un long moment passé et seul leurs lettres échangées constituait le contact qu'il gardait avec sa cadette bien aimée. Il se rappela oui ce jour dans leur enfance quand elle s'était perdue dans les montagnes et que toute une journée durant il l'avait cherché, la retrouvant adossé comme cette femme contre la montagne. Oui, pendant une seconde il crut que c'était elle. Mais ces derniers temps, le prince ne croyait plus trop au hasard, et il ne prit pas la peine d'approcher la silhouette et remonta en selle, prêt à continuer son chemin vers l'académie. Trop loin pour discerner les traits de la jeune femme au long cheveux blond de sable, il arrêta néanmoins son cheval d'un coup, comme... intrigué. Cette fois, son regard s'arrêta, et sans un bruit, il regarda. Sans un bruit, il contempla.
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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Jeu 22 Aoû - 9:10

Tu aurais tout donné pour t’endormir là, à l’extérieur, respirant l’air frais et pur, te sentant protégée par les rayons du soleil qui te réchauffaient, quoi que très légèrement, la nature se préparant graduellement à l’hiver à venir, pour rattraper la nuit dépourvue de sommeil que tu avais passé. C’était sans compter Ardente, furieuse, qui t’enjoignait par l’esprit de revenir immédiatement à l’intérieur, et de cesser de te comporter comme une enfant gâtée, toi qui n’était rien en comparaison avec sa suprématie de Reine de clan. Tu n’offensais pas la dragonne pour la première fois, mais tu n’avais jamais ressenti sa fureur avec autant de vivacité.

Sans comprendre comment elle s’y prenait, mais sans tenter de le faire – après tout, les dragons étaient les créatures les plus secrètes et les plus douées dans la dissimulation que tu connaissais -, elle te faisait ressentir une douleur incommensurable, dans tous tes membres. Tu n’avais jamais connu telle peine, mais tu savais que tu ne cèderais pas. Peu importe son souhait, tu étais Amaté Chemsa d’Erebor, et jamais Amaté Chemsa ne cèderait à une volonté qui l’opposait à sa propre volonté, Reine dragonne ou non. Tu sentais que la fureur d’Ardente redoublait, quoi que ta propre douleur n’augmente pas. Elle décroissait, même.

A quoi jouait-elle ? Elle s’était retirée bien promptement, quoi que tu la saches encore là, martelant ton crane de remarques incendiaires et y concentrant la douleur, sentant la migraine poindre. Tu doutais de la réalité de ce que tu ressentais, tes membres douloureux étant parfaitement revenus à la normale, mais tu ne pouvais rien y faire. Tu maudissais mille et une fois Ardente intérieurement, presque certaine qu’elle percevait ces pensées hargneuses. Une poignée de rocs se trouvaient à tes pieds, et dans une tentative de te concentrer sur autre chose que la souffrance qu’Ardente te causait, te refusant à laisser couler les larmes de douleur qui menaçaient d’inonder tes joues, tu tentas de les faire rebondir le plus de fois possible sur la surface rocheuse.

Une seule te restait en main, et inconsciemment, dans un désir de reproduire tes précieux souvenirs de moments que tu chérissais avec ton frère, tu la gardas en main, jouant, adossée à la paroi montagneuse. Le silence, hors de ton esprit, régnait, de manière très apaisante. Tu appréciais Dragonvale, et les ressources à ta disposition là-bas, mais le calme n’était pas réellement marque de fabrique de l’académie. Concentrée sur tes pensées diverses et variées, un bruit te surprit. Un bruit de sabots, un bruit de pas. Des sabots, dans les montagnes ? Quand il était nettement plus simple de les contourner ? Quel mage était assez stupide pour faire cela ?

De peur qu’il ne se casse le cou ou que la pauvre bête ne souffre, tu te levais promptement dans l’espoir de les assister si la chose était nécessaire. Tu n’étais pas aussi agile qu’Anthim dans les montagnes, bien loin de là même, mais quand le sable qui parsemait le sol de ta chambre de Dragonvale ne te suffisais plus, tu t’y rendais, pour te remémorer ta belle Erebor, et tu devais y être bien plus à l’aise que la plupart des gens. Tu ne distinguais pas la personne dont tu t’approchais, le soleil descendant face à toi te forçant à plisser les yeux, ne te permettant de ne percevoir qu’une silhouette. Aussi, quelle ne fut pas ta surprise en voyant celui qui, sur sa monture, te faisait face. Tu tentais de rester digne, mais la stupeur devait se refléter sur ton visage, qui trahissait plus surement que toute autre chose tes émotions.

« Es-tu vraiment là ? Le soleil me tape sur la tête, n’est-ce pas ? »

Tu savais, au fond de toi, qu’un soleil si faible ne pouvait te faire halluciner, mais tu ne comprenais pas comment, pourquoi, c’était possible.


Dernière édition par Amaté Chemsa d'Erebor le Jeu 22 Aoû - 13:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Jeu 22 Aoû - 13:09

Anthim devait bien reconnaître que le soleil était assez éblouissant. Mais pour un Erebien, ce n'était rien, il ne souffrait pas de la lumière aveuglante de Nightingale, d'autant que les neiges n'étaient pas encore tombées pour recouvrir le sol de ce pan de montagne d'une poudreuse éclatante. Si le jeune homme trouvait ça assez beau à voir, il n'aimait pas ce froid et la gêne qu'il occasionnait, l'engourdissement de ses membres habitué à des chaleurs plus lourdes et sèches. Mais malgré le soleil qui lui tapait dans le dos, il voyait très bien le paysage, du haut de sa monture, il pouvait observer et voir paraître au loin les hautes tours de Dragonvale au delà de la grande forêt qui lui cachait le reste. Cependant, si ce spectacle était de toute beauté, les yeux du prince avaient depuis un certain temps dérivé sur cette silhouette qui avait entre temps bougé. Cette blondeur le rendait si nostalgique, le cœur d'Anthim pleurait de tout ce qu'il ne pouvait encore retrouver alors que ses traits gardait imperceptiblement cet air neutre presque froid. Et malgré ce visage qu'il voyait désormais de plus prêt alors qu'elle s'approchait, le prince eut peine à croire que le hasard lui avait été favorable. Ses yeux le trompaient-il en lui montrant sa sœur, abandonnée ici dans les froides montagnes ? Ou était-ce encore une illusion de Obsession ? La magie des dragons recelait de bien des secrets supposait-il, elle aurait très bien pu lui faire un tel coup rien que pour à nouveau l'enquiquiner comme elle savait si bien le faire. Non, si maintenant Anthim devait aussi douter de ses sens, alors sa vie risquait d'en être très vite perturbée, et plus encore.  Les mots font écho à ses oreilles et en son âme qu'il en viendrait presque à fermer les yeux et savourer cette voix qui n'était pas un mensonge ni une illusion. Son regard est lasse, fatigué, mais se lit dans ses yeux une émotion nouvelle qu'il n'avait pas ressentit depuis des années.

Il aurait aimé en un sens que ce ne soit pour elle qu'une illusion, un éblouissement du soleil brillant derrière lui. Il l'aurait voulu oui, ne pas être là, mais bien à Erebor, s'occupant des affaires du royaume qui en avait cruellement besoin. Il était heureux de la revoir, mais devait-il sacrifier sa liberté et Erebor seulement pour elle ? Non. Et il savait qu'elle le comprenait, qu'elle même aurait fait ce choix. Hélas, Obsession était d'un tout autre avis. De sa hauteur, il se redresse pour sa sœur.

« J'aimerais que ce soit ça. »

Il ne peut lui mentir hélas. Et même si il en avait eu l'envie, Amaté Chemsa le connaissait bien trop pour entendre dans sa voix les détours d'un détail caché, d'une parole esquivée. Entre eux il n'y avait pas de secret, et il savait qu'épargner sa sœur sur ce qui lui arrivait en ce moment ne serait pas chose aisée, surtout pas en face à face. Mais la joie de la revoir cachait la peine de ce que signifiait vraiment cette venue à Dragonvale. Lui qui n'était pas mage, sa présence était des plus étrange. Et il aurait été bien mal à l'aise d'expliquer les raisons. Descendant de cheval, Anthim se retrouva à hauteur de sa sœur. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas vu ? Les jours semblaient si confus dans sa tête depuis que la dragonne s'y était installé. Mais il savait combien Amaté Chemsa lui avait manqué, et il n'y avait aucun mot pour exprimer ce qu'il ressentait. D'un sourire en coin – bien que toujours marqué par la lassitude du voyage et de ses muscles endoloris – il pose sa main sur la joue de sa sœur, comme dans leur enfance si lointaine quand il la protégeait. Oh comme elle devait lui en vouloir d'avoir garder le silence si longtemps. Il pouvait très bien imaginer toute la détresse qu'elle avait ressentit de ne pas avoir de nouvelles de lui, et il comprenait la peur et l'inquiétude. Il regrettait n'avoir pu lui expliquer plus tôt, mais qu'aurait-il pu dire vraiment ? Cette histoire semblait si folle, même pour lui qui la vivait.

« Tu m'as manqué. »

Anthim n'était pas un grand bavard quand cela n'était pas nécessaire. Il n'était pas non plus un démonstratif dans ses sentiments, mais ses yeux démontraient très bien l'émoi qui l'étreignait. Il aurait voulu prendre sa sœur dans ses bras, mais il avait comme la sensation que ce n'était pas du tout le bon moment et que quelque chose les retenait tous les deux. Ce n'était peut être rien, mais le jeune homme n'avait pas envie d'une nouvelle erreur, il souffrait déjà assez comme ça avec celle qu'il avait commise. Mais ça ne l'empêchait pas d'éprouver sincèrement un plaisir de revoir Amaté Chemsa. C'était bien la plus belle chose qui lui était arrivé depuis des mois. Oh combien la solitude lui pesait maintenant qu'il la revoyait, là, juste devant lui à quelques pas qui les séparaient.

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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Jeu 22 Aoû - 14:58

Tu dardais tes yeux sur cette vision familière, que tu n’avais pas oubliée bien que vous ne vous soyez pas vus depuis presque deux ans, et tu ne parvenais guère à y croire. T’étais-tu endormie, finalement ? Non, tu sentais encore Ardente, et sa présence oppressante, la douleur de ta tête te rappelait trop bien qu’elle était mécontente. Mais comment, alors, comment ton frère pouvait-il être là ? Tu savais que seuls les mages avaient le pouvoir d’ouvrir les portes de l’Académie, et qu’elle n’était normalement trouvable que par eux, même si elle était revenue en Nightingale au lieu de flotter dans le néant. Non, décidément, la raison de la présence de ton frère t’échappait.

Tu essayais, sachant qu’elle épiait tes pensées, de questionner Ardente. Et soudain, sa voix et la douleur disparurent. Ah, après avoir tenté de te faire vivre un calvaire, elle optait pour la dissimulation ! Grand bien lui en fasse. Elle pouvait être furieuse contre toi, mais si tu ne l’étais pas davantage, tu l’étais au moins tout autant. Soupirant avec dédain et un peu de colère, tu ne t’attardas toutefois pas sur le détail : Anthim te dirait tout, si tu le lui demandais. Ne pas vous être vus ne changeait rien à votre complicité, et au fait que vous n’aviez aucun secret l’un pour l’autre.

Penser à cela te rappela les quelques mois passés, sans réellement avoir de ses nouvelles, depuis la chute de Dragonvale, du moins. Et ces rumeurs, ces échos qui lui étaient parvenus par Ardente, de ses étranges voyages… Elle lui avait annoncé avec un ton bien trop fier, pour que ça soit faux. Avait-il donc perdu toute confiance en toi, pour ne pas te dévoiler ainsi ses motivations ? Car plus que son inconstance, son attitude irresponsable et inexplicable alors qu’il aurait du être à Erebor, c’était la distance qui s’était mise entre vous, que tu avais mise entre vous, à cause de la dissimulation de tout cela.

Un instant, tu es tentée de poser ta main sur celle qui a rejoint ta joue, chaleureuse et douce. De le serrer dans tes bras, et de lui répondre qu’il t’a beaucoup manqué aussi. Mais tu ne peux pas. Tu ne veux pas. Pas tant qu’il ne t’a pas expliqué, qu’il ne s’est pas justifié. Tu sais que ça lui a couté, d’aller à Lorgol à la Cour, d’abandonner Erebor et d’entretenir une mascarade. Autant que ça t’avait couté d’aller à Dragonvale, d’abandonner vos resplendissantes terres natales. Mais tu avais fait le serment de t’entrainer très dur pour pouvoir le seconder efficacement quand il régnerait, et il ne pouvait abandonner, il ne pouvait se comporter ainsi. Il n’en avait pas le droit.

Sans un mot, le regard plein d’incompréhension, dur, tu saisis sa main et l’éloigna de ta joue, reculant au passage. Tu inspiras profondément, ne sachant comment formuler ça. T’éloigner ainsi n’allait pas lui plaire, et tu n’appréciais guère non plus, d’autant que ses yeux trahissaient autant que les tiens l’émotion qui vous étreignait grâce à ces retrouvailles impromptues. Mais tu avais besoin d’explications, tu ne pouvais laisser les choses ainsi, tu ne pouvais rester dans le brouillard. Tu le blessais, pour mieux le réconforter quand tu saurais, quand les secrets se seraient évaporés.

« Je suis désolée, grand frère. Mais j’ai besoin de savoir. Que fais-tu, quel est ce manège auquel tu te livres ? Pourquoi n’es-tu pas en Erebor ? Tu sais que je désespère chaque jour de te revoir, et de revoir notre beau désert, mais le temps n’est pas venu, et tu ne peux pas fuir tes responsabilités. Et comment es-tu entré à Dragonvale ? Que sa passe-t-il ? Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? Je sais que quelque chose n’est pas correct. Tu n’aurais pas hésité, en temps normal, à retrouver ces lieux que tu aimes tant. Je ne bougerai pas, et ne dirai rien, tant que je ne saurai pas. »

Tu avais eu du mal à prononcer ces mots, à conserver la distance, alors que la seule chose que tu souhaitais était qu’il te rassure, te dise que tout allait bien. Mais tu ne te leurrais pas, tu savais que ça n’était pas, ne pouvait pas être le cas. Alors tu attendais, les bras croisés comme pour raffermir ta résolution, qu’il parle, et t’avoue tout. Et te dise, par tous les Dragons, pourquoi il avait gardé le silence.

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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Jeu 22 Aoû - 20:58

La réaction qu'elle eut ne surprit pas Anthim. Il avait déjà imaginé bien des options et celle ci en faisait parti, même si elle lui faisait plus mal que d'autre. Le fait qu'elle s'éloigne de lui comme ça marquait presque une cassure entre eux deux alors qu'ils avaient toujours su être proche, toujours su se dire ce qui leur posait problème, les tracassait. Mais là, c'était comme si un gouffre se creusait, et que rien ne pouvait y changer quoique ce soit. Le jeune homme regrettait-il de ne pas avoir tenu sa soeur au courant plus tôt ? Non, parce que hélas, il n'avait jamais eut l'occasion de le faire, et sans doute que le courage lui avait manqué aussi, même si il ne l'avouait pas, bien trop fier pour ça. Il savait combien son attitude pouvait paraître étrange, voire dérangée, et même irresponsable, ce qui ne ressemblait pas le moins du monde au prince. Alors oui, il comprenait que Amaté Chemsa veuille des réponses, il ne pouvait pas lui en vouloir pour ça, tout comme il ne lui en voulait pas de s'éloigner pour garder une certaine distance et espérer obtenir des réponses. Ce n'était cependant pas par la fermeté qu'elle les aurait, mais bien parce que Anthim lui faisait confiance. Elle était sa sœur, sa moitié, il lui confierait sa vie et c'était pourquoi, face à face avec elle, il ressentait moins le besoin de cacher tous les problèmes qui lui pesait sur le cœur. Même si il doutait pouvoir les évoquer aussi facilement qu'un souvenir du passé, agréable ou non. Il aurait aimé s'éclipser, ne pas répondre. Il avait même l'impression qu'Obsession lui interdisait, que la pression de son esprit revenait à la charge hanter ses pensées; mais il ne l'entendait pas, comme sourd à ses murmures dérangeant. Peut être ne parlait-elle simplement pas, quoiqu'en vérité, Anthim s'en fichait bien, si il y avait bien un personne qui saurait ce qui lui pesait sur les épaules, c'était Amaté Chemsa, sa sœur et personne d'autre.

Mais comment évoquer quelque chose qui semblait aussi absurde ? Comment raconter alors que tout semblait mensonger ? Il voulait qu'elle le croit. Leur complicité était-elle toujours aussi forte pour qu'elle comprenne, qu'elle n'y voit pas de mensonge ou de tromperie ? Tant de question que le prince, par le passé, ne serait pas posé. Mais les derniers événements l'avait rendu méfiant, et il en était désolé pour Amaté. Il la sentait néanmoins hésitante malgré ce ton dur et cette détermination à vouloir savoir. Anthim n'était pas idiot, et non moins fort de caractère. Cependant, pour elle, il gardait le calme et ne se vexa pas d'une attitude qui n'attendait pas. Elle avait raison, Erebor avait besoin de lui, mais elle ne savait... elle ne savait pas, non, ce qui posait vraiment problème. Pouvait-elle seulement l'imaginer ? Par ailleurs, comment pouvait-elle penser qu'il abandonnait de son plein gré Erebor pour se balader à droite à gauche sans queue ni tête ? Non, elle ne comprenait pas, et c'était bien pour ça qu'elle le questionnait. Paradoxalement, Anthim avait passé des heures et des heures à préparer une explication si il avait du un jour en parler à quelqu'un, mais alors que ce quelqu'un était devant lui, à qui il faisait entièrement confiance, il n'arrivait plus à rien, aucun mots ne voulaient bien se former pour expliquer... il savait le nœud du problème, il ne savait pas le dire... pitoyable pour un bon orateur comme l'Erebien. C'était rare qu'il perde la capacité de répliquer. Mais il ne pouvait laisser le blanc s'éterniser. La réponse risquait d'être longue, sans doute maladroite et invraisemblable... il en pâlissait d'avance. Dans un soupire, un peu désolé, lassé, il répondit.

« Les choses sont plus compliquées qu'elles ne le laissent paraître ma sœur. Ce n'est pas par gaité de cœur que j'ai quitté nos terres pour vadrouiller en Arven. »

Pourquoi ne pouvait-il que rester vague alors que les mots étaient à la sortie de ses lèvres, prêt à être prononcé, enfin révélé. Ce n'était même pas par l'action d'Obsession qu'il ne parvenait à parler, mais bien par sa seule pression. Ne faisait-il pas une erreur ? Après tout, apporter une preuve était... impossible... Il continua néanmoins, désolé d'un regard de ne pouvoir paraître clair dans ses explications. Bien loin de ressembler au prince si sur dans ses paroles.

« Je... » Pourquoi tiens-tu tant à lui dire Anthim ? Elle peut l'ignorer. Il te serait plus simple de mentir, ne crois tu pas ? Et si il ne pouvait ? Il ne s'en sentait pas capable. Tout comme il n'avait pas le courage de dire la vérité. Alors ne dit rien.

L'influence d'Obsession était devenu d'un coup bien plus forte. Elle lui avait presque coupé le souffle par le murmure de sa voix si calme et velouté qui ne lui disait rien de bon. Et si il parlait et qu'Amaté était en danger ? Pouvait-il prendre ce risque alors que sa sœur était tout aussi importante pour Erebor que lui ? Il ne peut pas... sa voix se fane et son regard se détourne. Il bouillonne de l'intérieur, pestant contre lui, contre sa dragonne, contre Arven et ses problèmes qui ne le concernait pas, contre la magie aussi. Mais il pestait surtout contre le Destin qui avait été bien cruel avec lui.

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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Ven 23 Aoû - 4:20

Tu ne vois que trop bien que ce geste de recul, qui aurait pu sembler si anodin mais ne l’est pas entre vous, lui déplaisait, tout comme il te déplaisait. Attitude paradoxale, douloureuse, qui n’est pas celle que tu avais souhaitée pour vos retrouvailles, après deux longues années – le plus long que vous n’ayez vécu séparés. Et pourtant, tu ne le repousses pas, tu ne refuses pas sa présence, tu ne nies pas l’affection bien présente en toi pour lui. Tu lui tends la main, tu l’incites, tu l’invites même, à te confier ce qui pèse ainsi sur sa conscience. Tu le fais de manière maladroite, comme souvent tu agis face à ce frère que tu idolâtres et qui t’impressionnes, toi qui es si forte en temps normal.

Mais si c’est un mauvais déplaisant à passer, que de lui refuser des démonstrations d’affection que tu dispenses beaucoup plus librement que lui, étant beaucoup moins réservée, ça n’est que temporaire. Nul secret n’est impossible à briser, et peu importe les raisons qui l’y ont poussé, il te le dira. Tôt ou tard. Il est là, en face de toi, et peu importe le temps que ça prendra, peu importe la fureur d’Ardente à ce sujet, tu attendras, patiemment, et le poussera en douceur à exprimer ses maux, et à ne pas s’enfermer dans une spirale de non-dits. Tu soupires, et tu t’assieds, ne le quittant pas des yeux, espérant qu’il fera de même. Ainsi debout, vous n’aviez l’air que d’étrangers l’un pour l’autre, et plus que tout le reste, cette idée te fait frémir. Vous ne pouvez pas l’être. Pas vous, qui avez toujours été soudés, toujours été complémentaires.

Mais comment l’encourager, et lui faire comprendre que peu importe la raison, tu pouvais tout entendre ? Tu l’avais bien souvent vu préoccupé, mais jamais à ce point. Qu’est-ce qui pouvait le tracasser jusqu’à l’en rendre muet, incapable de mettre des mots sur ce qu’il désirait dire ? L’effroi te prenait, petit à petit, mais tu t’efforçais de le masquer, pour ne pas aggraver l’état dans lequel ton frère se trouvait.

« Tu as tout le temps nécessaire. Je ne bouge pas d’ici, et je sais que tu ne vagabondes pas en Arven pour ton propre plaisir, délaissant Erebor. Je te connais, je te connais très bien, ne l’oublie jamais. Et sache que c’est justement pour ça que tu peux tout me dire. Tout. Même ce qui te semble si difficile à exprimer. »

Tu fis une pause, un instant, alors qu’il recommençait à parler – tentative avortée dès le premier mot. Que dire ? Comment lui dire ? Comment lui faire comprendre qu’il ne devait avoir aucune crainte de s’exprimer ? Pas face à elle, pas face à celle qui partageait son sang, qui était son autre moitié, et qui jamais ne le jugerait, jamais ne le décevrait, tant qu’elle le pourrait ?

« Anthim… Quoi que tu vives, quoi que tu n’arrives pas à me dire, tu sais que tu peux me faire confiance. Tu sais que je ne remettrai pas ta parole en doute, tu sais que je ne te jugerai pas. J’attendrai, que tu sois prêt, s’il le faut. Mais ne garde pas ça pour toi, ne te torture pas avec ce secret que tu penses insurmontable. Quel qu’il soit, on peut y faire face, toi et moi. »

Que dire, réellement, de plus que ça ? Comment le pousser à s’ouvrir, à se confier, à surmonter cette réserve que tu sens et ne comprends pas ? Cette réserve que jamais tu n’as perçue en lui à ton égard, qui te déroute plus surement que le reste. Il ne sait pas, lui, que tu as une dragonne qui t’a prise pour disciple. Tu ne lui as jamais parlé d’Ardente, tu n’as pas pris le temps, au fond, de le lui confier. Tu réalises que ce que tu lui reprochais était exactement ce que tu lui avais fait.

« Si tu ne peux parler, je vais te dire, moi, ce que j’ai vécu, depuis septembre, depuis la chute de Dragonvale sur Lorgol. »

Pourquoi, au fond, ne lui avais-tu pas dit ? Tu ne savais pas. Tu ne comprenais pas. Sheratan, ton magnifique tigre albinos, sentant surement ton trouble, apparut à ton regard et, tu l’espérais, à celui de ton frère, et vint poser sa tête sur tes genoux. Il était encore jeune, encore petit, bien qu’il ait énormément grandi. Ta main vint se poser sur lui, le caressant, puisant la force de raconter en lui. Si Anthim ne le voyait pas, il penserait probablement que tu avais sombré dans la folie. Tu lui en avais parlé dans tes lettres, mais tu ne te souvenais pas lui avoir dit qu’il pouvait se rendre invisible. Sheratan devait, de toute façon, percevoir que tu voulais que ton frère le voie.

« Voilà Sheratan, le familier dont je t’ai parlé. Beaucoup de choses ont changé depuis septembre, grand frère. Une dragonne, du nom d’Ardente, une Reine de son clan, m’a prise pour disciple, et me fait étudier, m’apprend à mieux maitriser encore mes pouvoirs, et à développer ma compréhension de la magie. Ça n’est pas toujours facile, elle n’est pas toujours commode – et je viens de découvrir qu’elle pouvait manipuler mon esprit -, mais je fais de mon mieux, je m’efforce d’apprendre autant que possible, aussi vite et efficacement que possible… »

Pour toi. Pour mieux te seconder. Ces mots ne franchirent pas tes lèvres, bien qu’ils soient le reflet de la vérité. Tu ne voulais pas prendre le risque de l’accabler davantage, quand tes actes n’étaient que l’expression de ton amour fraternel pour lui. Tu ne savais guère si tes paroles auraient l’effet escompté, si elles parviendraient à briser ce bouclier qu’il brandissait pour protéger son secret, mais tu espérais.

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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Mar 27 Aoû - 20:56

Il voyait bien que ces gestes de recul n'étaient pas le fruit d'un manque d'affection ou de dégout, c'était impossible qu'entre eux un jour ce genre de choses arrivent. Mais il était tellement rare de les voir tous les deux aussi loin alors que deux ans déjà les séparaient de vu que cela laissa indéniablement Anthim avec un arrière goût amer qu'il n'arrivait pas à retirer. Et qu'il avait un peu de mal à accepter. Il aurait effectivement espéré autre chose pour leur retrouvailles, et nul doute que cela soit réciproque du côté de sa sœur. Il la connaissait assez bien pour ça, et la seule chose qu'elle désirait, c'était la vérité. Une vérité que le prince avait beaucoup de mal à lui donner, autant dans les termes que dans la volonté. Il n'avait pas besoin de la dragonne pour hésiter, le ridicule de son discours le bloquait déjà assez, et même si il savait pertinemment que Amaté Chemsa ne porterait jamais aucun jugement ni aucune moqueries sur lui, il n'arrivait pas à franchir ce mur qui c'était formé durant ces mois de solitude. L'amertume et la haine contre Castiel de Sombreflamme y avaient grandement incité, lui rappelant combien il avait été humilié aux yeux de la Cour ce jour là, et il ne tenait vraiment pas à revivre cela. Que cela soit en face de sa soeur ou non. Bien qu'une certitude se soit réveillé : il n'y avait qu'à elle qu'il pouvait se confier, et c'est sans doute ce qu'il finirait pas faire, cédant au poids qui lui pesait lourdement sur les épaules et le cœur. Il ne l'avouait pas, mais il avait effectivement besoin du soutient de sa sœur, de la savoir de son côté et près de lui autant que possible. Et si il voulait que cela soit ainsi, il aurait tôt ou tard à parler. Car Amaté était au moins aussi têtue que lui.

Elle s'assied à ses pieds, et il ne tarde pas à l'imiter, se plaçant devant elle, le regard sombre mais pas moins attendrit et chaleureux. C'était sa sœur, sa chère petite sœur qu'il avait aujourd'hui en fasse de lui, cette sœur qu'il n'avait pas vu depuis des années et qu'il pouvait enfin revoir. C'était comme une baume, un rayon de soleil en lui qui illuminait les jours sombres de ces derniers mois. Mais rien n'arrivait à encourager Anthim de parler. Il avait essayé, mais les mots avaient périt au creux de ses lèvres, et sous la pression de Obsession, il n'avait pas lâché une parole de plus, comme noué dans sa gorge. Mais de cette réaction, il avait peur de causer l'inquiétude de sa moitié, car il n'était pas dans les habitudes de l'erebien de perdre ses moyens face à la discussion, et jamais à court d'arguments, il avait toujours su répliquer contre n'importe qui. Alors qu'il ne demandait qu'à se confier, à la personne la plus proche de lui de surcroit, il n'y arrivait pas, ce qui ne manquerait pas de susciter l'étonnement et plus encore, il en était certain. Il acquiesça simplement. Le temps ne lui manquait pas vraiment non plus, et curieusement la dragonne n'avait pas émit le moindre reproche là dessus, comme si à nouveau elle avait disparu. Mais non, les mots étaient mort, et un regard désolé s'afficha dans les yeux noirs d'Anthim, comme seule excuse qu'il parvenait encore à exprimer. Oh oui il était désolé. Désolé de ne pouvoir faire plus alors qu'elle le méritait. Elle qui était si compréhensive, qui avait toujours été là pour lui et qui tentait encore de le convaincre. Elle était là, et sa douce voix l'apaisait. Oui, elle était là, et savoir était une bien petite récompense aux vues de tout ce qu'elle faisait pour lui, de la force qu'elle représentait alors que lui il se sentait sombrer.

Il ne demandait rien en retour, ce n'était pas elle qui l'avait laissé sans nouvelles depuis des mois. Et pourtant c'était elle qui parlait, qui se confiait pour ainsi lui prouver qu'il pouvait, à son tour, ne rien lui cacher. Bien sûr qu'il savait... comment aurait-il pu en être autrement. Tout à l'écoute de sa soeur, il se concentra sur elle, tenta d'oublier ses propres problèmes, espérant pouvoir les évoquer d'une manière tout à fait extérieur. C'était peut être un espoir fou, mais il y songeait. Alors il écouta. Et ses yeux se portèrent en peu de temps sur cette silhouette animal qui vint se poser près de Amaté. Anthim ne dit rien, il le voit. Le familier supposait-il. Il ne pensait pas pouvoir le voir, quelles raisons faisait qu'aujourd'hui il en avait la capacité ? Peut être cette présence draconnique en lui qui octroyait quelques petits plus dont il n'avait pas encore pleinement conscience ? Même si il avait quelques doutes là dessus. Obsession n'était pas vraiment du genre généreuse... Alors Amaté avait peut être fait en sorte que cela soit possible. La question resta en suspend, et pendant un instant, le prince ne quitta pas des yeux la bête. Assez jeune par ailleurs, mais déjà d'une taille conséquente. Mais il n'avait pas à s'inquiéter pour sa sœur, ce n'était guère la première fois qu'il entendait parler de Sheratan, et les paroles qui suivirent confirmèrent sa pensée. Il sourit, mais n'ajouta rien. Car la suite était tout de suite moins joyeuse. Du moins... de son propre point de vue.

Il n'avait effectivement pas imaginé une seule seconde sa sœur être la disciple d'une dragonne, et aussi étrange que cela puisse paraître – quoique finalement pas vraiment – Anthim avait beaucoup de réserve envers ces créatures qu'il estimait assez dangereuse. Pour en avoir une dans la tête presque constamment, il n'arrivait pas bien à se faire à l'idée que tous les dragons n'étaient pas comme Obsession. Et ce n'était peut être pas plus mal vu le caractère de cette gamine. Ainsi donc, il n'était pas le seul qui avait à faire au dragon... ce n'était pas de la même manière, certes, mais ce n'était pas pour rassurer le prince qui en quelques secondes vit son regard s'assombrir, son corps se tendre et l'envie de ne pas se confier lui même... l'effet n'était pas le meilleur sur lui hélas semblait-il. Et pourtant, il songea à nouveau. Elle avait parlé, elle c'était confiée, comme il aurait du le faire dès le début, car entre Anthim et Amaté, c'était plus que de la confiance fraternel qui régnait. Ils étaient complémentaire, l'un sans l'autre, ils n'existaient pas. Et c'est cette pensée qui le convainc de se lancer. Elle avait bien fait de lui donner l'exemple. Elle avait une nouvelle fois été sa lumière, son espoir dans les ténèbres qui l'affaiblissaient. Il parla donc, d'un ton pas encore totalement certain, mais bien moins noué qu'il ne le fut quelques temps avant.

« Malgré les troubles, les choses semblent bien se passer pour toi. Je suis heureux que la chute ne t'aie pas causé de tord comme elle a causé beaucoup de mort. Lorgol se meurt désormais. Il soupire. Tes mots sont si apaisant ma sœur, et te voir si forte et si consciencieuse dans tes études me ravis. C'est bien plus que ce que je suis capable de faire... »

Ce n'est pas par manque de conviction ou de volonté qu'il s'arrête. Ni de peur ou tout ce qui avait bien pu le bloquer. Il réfléchissait seulement, à cette manière dont il pourrait bien tourner les mots pour raconter. Et puis ils vinrent, franchissant enfin le seuil de ses lèvres.

« Puisque tu as parlé, c'est à moi de le faire maintenant. Tout comme toi, les choses ont bien changé pour moi depuis septembre. Plus que tu ne peux l'imaginer, puisque j'ai moi même était prit de court par cette affaire... Tu n'es pas la seule qu'une dragonne a choisi. Mais moi, je n'ai pas eut le droit de dire non. Elle se nomme Obsession et son esprit réside en moi. Plus que me manipuler, elle peut me contrôler, bloquer ma conscience à l'intérieur de mon corps pour marcher dans mes pas et parler avec ma voix. Depuis septembre, elle me contraint à voyager, m'empêchant de retourner vers Erebor. Voilà ce qui rend mes actions instables et illogiques depuis des mois ma sœur. »

Il ne peut rajouter quoique ce soit. D'autres choses auraient pu être raconté, mais certaines sont sans intérêt, ou alors le détail est bien trop humiliant pour qu'il ne puisse vouloir l'aborder. Comment sa sœur pourrait prendre le fait que cette dragonne, dans son propre corps, court après l'héritier d'Outrevent pour le charmer. Sa dernière rencontre fut un échec, mais il sait parfaitement, oh oui il sait, qu'elle ne compte pas abandonner. Cette simple perspective l'effraie, et l'idée même de devoir se battre à nouveau avec lui même pour résister le fait pâlir. Il craint oui, et hélas, cela n'empêchera pas la dragonne de recommencer.
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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Ven 30 Aoû - 17:38

Tu fus soulagée de voir ton frère s’asseoir en face de toi, ne pas rester debout comme s’il voulait maintenir cette distance insoutenable. Mais cela ne fut que de courte durée – ce regard sombre, si sombre, qu’il arborait. Oh, tu voyais bien derrière lui l’émotion qu’il ressentait pour toi, mais tu ne pouvais t’empêcher de t’inquiéter, malgré tout, de cette noirceur. Tu ne te doutais pas qu’en toi, elle était présente aussi. Infime, mais présente. Et tu ne t’en souciais pas. Seul comptait, pour le moment, ton frère. Ton frère et ses problèmes. Tu voyais bien qu’ils le tracassaient plus que jamais il ne l’avouerait.

Tu savais, aussi, que tu ne pouvais pas faire plus. Tu avais dit l’essentiel. En dire plus serait malavisé, et en avoir dit moins n’aurait eu aucun effet. Alors tu te décales, tu t’assois à côté de lui, tu poses ta tête contre son épaule, comme lorsque tu étais petite et soumise à une peur quelconque. Tu lui prends la main, comme pour partager ta force avec lui, pour lui donner le courage d’avouer ce qui le tracasse. Cela suffirait-il ? Peut-être, ou peut-être pas. Mais l’on n’obtenait rarement ce que l’on voulait, sans essayer réellement, et y mettre du sien. Tu le savais bien, pour avoir appliqué cette philosophie toute ta vie, et continuer encore aujourd’hui.

Il sourit, et tu sais qu’il a vu Sheratan. Tu es ravie que ça soit le cas – tu ne savais pas réellement si Sheratan allait accepter de se montrer. Mais s’il ne se montrait pas pour ton frère, le seul dont tu ne cacherais jamais ce secret, pour qui le ferait-il ? Tu regardas ton familier s’avancer, pour s’allonger sur vous deux, comme pour vous rapprocher encore plus, comme s’il sentait le léger malaise malgré l’affection.

Que Sheratan t’apaise ne t’empêcha pas, toutefois, de sentir la tension soudaine à l’évocation d’Ardente. Pourquoi cette inquiétude ou cette colère soudaine ? Tu ne saisissais pas réellement l’émotion qui habitait ton frère, mais tu le sentais perturbé, tu le savais s’engager encore davantage dans sa noirceur.

« Ne t’inquiète pas, mon frère. Elle peut tenter de me contraindre, mais jamais elle ne me volera mon libre arbitre. Elle m’est aussi utile que je peux lui être, et il n’est pas dans son intérêt de trop me malmener. »

Tu sens Ardente ne pas être entièrement d’accord, te reprocher à nouveau ton indiscipline de la journée, mais tu l’ignores. Tu es en compagnie de ton frère, et Ardente ne t’importe que peu pour le moment. Et enfin, enfin, il se met à parler. Alors tu écoutes, une main toujours dans la sienne, l’autre enfouie dans la fourrure de Sheratan. Et alors, tu te retrouves, à ton tour, muette. Contrôlé par une dragonne, jusqu’au moindre de ses faits et gestes ? Incapable de la repousser, de faire usage de sa volonté propre ?

Et bien d’autres choses, visiblement. Tu as conscience qu’il ne te dit pas tout, mais tu ne lui arracheras pas cette confidence là. Il s’est ouvert, et t’a dit l’essentiel. Peux-tu seulement l’aider ? Peux-tu, peut-être, le libérer de ce fardeau ? Tu… Non, tu ne demanderas pas à Ardente. Tu chercheras, tu étudieras. Il doit y avoir un précédent, et un moyen de mettre fin à cette possession. Tu réfléchis un instant, avant de prononcer ces mots, qui sortent peu aisément.

« Veux-tu que je me rende en Erebor ? Que j’accomplisse notre devoir, jusqu’à ce que tu sois en mesure de le faire ? Tu ne dois pas t’inquiéter pour cela. Je dois te seconder, et si je dois le faire ainsi, je le ferai, sans hésiter une seule seconde. Un mot de toi, un seul, et je pars pour Erebor. »
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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Mer 18 Sep - 17:15

Savoir que cette dragonne ne pouvait que tenter de la contraindre mais pas l'obliger rassura Anthim au sujet de sa soeur. Si il avait fallu que le contraire se révèle vrai, il n'aurait sans doute pas supporté l'idée qu'elle aussi soit prisonnière d'elle même. Si le prince était le reflet sage de la lune et de l'ombre, elle était le soleil brulant et fougueux. Amaté Chemsa était libre, et personne n'avait le droit de l'emprisonner et lui poser des chaines. Cette semi captivité à Dragonvale était d'ailleurs pour Anthim presque synonyme de prison, et il savait combien sa sœur pouvait lui ressembler quand il s'agissait de contempler en silence les déserts de sable surplombés par les divines montagnes au loin, presque irréelles par leur hauteur et leur droiture. Elle avait accepté avec courage de s'éloigner de leur Erebor adoré au même titre que lui était parti à l'opposé vers Lorgol. Les enfants du royaume des sables et du roc étaient plus que complémentaire, c'était entre eux une véritable harmonie qui c'était toujours maintenue. Et aujourd'hui elle menaçait de vaciller pour Dieu sait quelle raison. Ou plutôt non, pour Anthim, la raison était simple, c'était à cause des dragons. Et si il avait fallu que le lien si cher qu'il avait avec Amaté Chemsa s'amenuise ne serait-ce qu'un peu, il était prêt à leur faire la guerre, dusse-t-il y perdre la vie.

« Je ne peux que l'espérer pour toi ma soeur. »

Oui, car elle ne pouvait pas imaginer combien c'était pénible d'avoir un dragon dans la tête et de sentir presque constamment une présence extérieur qui ne devrait pas être. Et pourtant c'était exactement ce qui arrivait. D'autres avaient peut être choisi d'avoir un dragon à leur côté, peut être pour obtenir leur faveur, les aider ou bien avaient été convaincu par un discours de venin. Mais Anthim, lui, n'avait rien demandé, et c'était dans un instant de faiblesse au abord du désert et en chemin vers Erebor qu'il c'était un soir laissé capturer dans les filets d'Obsession. Et il avait disparu. Lui même n'avait pas comprit la chute et les retombées. Il était perdu, il ne savait plus où il en était et tout cela c'était à cause de cette dragonne égoïste qui ne semblait avoir pour seul but que la poursuite d'un homme. Quel était l'intérêt pour elle de s'emparer du prince d'Erebor si c'était pour séduire l'héritier d'Outrevent ? Par de nombres fois Anthim avait cherché à comprendre, avec diplomatie il avait entamé la discussion avec la dragonne, et à chaque fois, la réponse n'en fut pas satisfaisante. Pire, le jeune homme soupçonnait un mensonge. Et il n'en aurait pas été surprit. C'était une plaie, un parasite et il ne pouvait même pas s'en débarrasser puisque ce n'était plus vraiment son corps. Volé, mais la conscience toujours présente. Un fardeau... et encore, il n'y avait finalement pas de mot.

A tu finis de te plaindre ? Tu devrais y voir là un grand honneur que je te fais. Quel honneur y a t-il à avoir quand l'on perd tout contrôle de soi au profit d'un autre qui ne cesse de s'amuser et ridiculiser son hôte. Je pense avoir bien assez souffert de ta présence pour me permettre ce genre de remarques. De toute façon il n'est pas d'actualité que tu puisses m'empêcher de penser. Tu vas finir par regretter tes paroles Anthim. J'ai toujours été jusqu'ici très patiente et conciliante. Toi, faire preuve de patience ? Ne serais tu pas en train d'inverser nos rôles ? Arrêtes cette insolence !

Il n'était peut être en effet pas bon de continuer sur cette lancée, et Anthim préféré garder le contrôle de lui même plutôt que de laisser à Obsession une chance de prendre le corps. Il savait qu'elle attendait cette petite ouverture, aussi infime soit-elle. Même si au fond le prince soupçonnait que la dragonne pouvait très bien, à tout moment, forcer le barrage de son esprit et reprendre la domination. C'était encore une optique qui effrayait l'erebien, et plus que tout, il ne voulait pas qu'elle en vienne à utiliser ce moyen. Et si ce n'était pas la souffrance qu'il craignait, c'était les retombées que ça aurait sur son image et son entourage. Car il était bien certain que si Obsession laissait à son tour ressurgir sa colère, beaucoup en pâtiraient, à commencer par lui même. Et Amaté Chemsa par la suite. Et si il devait choisir, il préférait donner sa vie pour épargner la sienne. Sans aucune hésitation il l'aurait fait.

Cette tête sur son épaule le rassure, et cette main dans la sienne le réchauffe. Il tremblerait presque, mais pas de froid, car il sentait malgré tout l'irritation d'Obsession, et si elle ne menaçait pas encore d'utiliser la force, il la devinait prête à s'attaquer. Elle n'aimait visiblement pas qu'on aille contre elle, et de la même façon qu'il n'aimait pas l'humiliation, elle n'aimait pas la contestation. Il se force à répondre à sa soeur, poussé par une force décroissante à mesure que la conscience de la dragonne s'affirmait. Non, pas maintenant.

« Non. Erebor peut s'en sortir un temps encore, père veille et il n'a pas besoin de moi. Tu dois rester et venir à terme de ton enseignement pour plus tard devenir cette mage qui me secondera. Même si... si je ne me contrôle pas tous le temps, je... »

Il ne pouvait pas promettre de ne rien faire d'inconsidéré. Sans certitude de ce que voulait faire Obsession, il ne pouvait rien dire et encore moins mentir. Il ne pouvait bercer sa soeur de mots rassurant qu'il ne croyait lui même pas. Et elle n'y aurait elle même pas cru. Mais ce n'était pas cette hésitation qui avait une nouvelle fois bloqué sa gorge, et c'était un combat intérieur qui commença, bien vite reporté hélas... Je t'avais dit de ne pas jouer avec moi. Nous avons assez perdu de temps comme ça. Les mots que j'ai sont trop faibles pour représenter ma haine à ton égare.

« Disciple d'Ardente, votre frère est à moi, et je ne compte pas le libérer même si il se bat. Sachez qu'il ne peut rien contre moi, et que si il continue de lutter, je le briserais. Je vous conseil de trouver les mots pour l'apaiser avant que je ne perde totalement patience. Je n'ai pas de temps à perdre. »

Le murmure à la fois glacé et velouté d'Obsession était effrayant, et si c'était la voix d'Anthim qui prononçait ces mots, il était clair qu'il n'était plus aux commandes. Le prince, de sa prison interne ne pouvait qu'observer et jurer en silence tout en craignant cette menace explicitement évoqué. Et il savait par expérience que la dragonne mentait rarement à ce sujet.

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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Sam 21 Sep - 9:55

Ici, à Dragonvale, les pouvoirs d'Obsession se font ressentir avec une intensité bien plus marquée que dans le reste d'Arven. L'agacement de la dragonne devient visible - soudainement, le vent se lève, les nuages voilent le soleil, les ombres s'allongent, et dans les yeux d'Anthim les ombres s'agitent, denses et profondes.
Autour du prince d'Erebor, la noirceur s'amasse et s'enroule, en paresseux volutes chargés de pouvoir, alors qu'Obsession fait peser tout le poids de sa menace sur Amaté Chemsa.
Le Destin retient son souffle - oui, le Destin respire - car les héritiers du sable et du roc pourraient bien s'opposer désormais dans quelque conflit cruel...
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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Lun 14 Oct - 13:10

Ta ferveur, alors que tu lui affirmes que si le besoin s’en fait sentir, tu iras en Erebor, est sincère, et trahit bien plus que tout ce que tu ne pourrais dire les sacrifices auxquels tu pourrais consentir pour ton frère. Quoi que retourner dans votre contrée ne serait qu’un moindre sacrifice. Cette décision créerait un conflit en toi, car tu as besoin de terminer tes études pour être digne de le seconder quand il règnera, mais le bonheur de revoir Erebor le supplanterait surement. Et pourtant, le soulagement fut plus important que la déception, lorsqu’il t’affirma ne pas être nécessaire que tu retournes en Erebor pour le moment. Ton esprit, bien que fort et libre, était gouverné par le devoir, et tu aurais lutté avec cela si tu avais délayé tes études – bien que ça ait aussi été pour ton devoir.

« Soit, je n’en ferai rien. Mais si le besoin s’en fait sentir, et que tu ne peux l’accomplir, mande moi. Quand tu le voudras. »

Un frisson glacé te prit, quand il évoqua le fait qu’il ne se contrôle pas en permanence. Tu n’avais aucune confiance en quelque dragon que ce soit, et ce constat te terrifiait. Tu n’étais pourtant pas au bout de tes peines. Cette voix, si semblable à celle de ton frère, mais froide, crue, terrifiante, te faisait froid dans le dos. Ce ne pouvait, de toute évidence, être lui. Et le sens des propos confirma ce que ton instinct t’avait déjà dévoilé.

Et tu compris bien mieux, soudain, pourquoi il ne pouvait s’opposer à cette dragonne. Sa vilénie, sa cruauté, s’entendait à travers la voix de ton frère. L’ascendant qu’elle exigeait avoir sur lui, aussi. Et tu sentais qu’elle était sincère, et qu’il était dispensable à merci : s’il allait trop loin, elle ne le laisserait pas indemne. Tu n’étais pas au bout de tes peines, cependant.

Être confrontée à la dragonne qui avait la main mise sur le corps de ton frère, tu pouvais le faire, difficilement, mais calmement et posément. Garder la maitrise de toi, alors qu’une brume étouffante et malsaine – à tes yeux – se diffuse autour de vous, masquant ton frère, tu en es soudain moins sûre. L’atteinte te révolte, te met mal à l’aise, et te réduit au silence à la fois. Tu sais, tu sens, que tu ne peux avoir aucune parole hasardeuse.

Il en va de la survie de ton frère, mais aussi de la tienne. Obsession n’épargnerait ni lui, ni toi, si ce qui survenait ensuite en venait à lui déplaire. Oh, elle ne mettrait peut-être pas fin à vos jours, les dragons étaient bien plus pernicieux que cela. Non, elle le rendrait impuissant dans son propre corps… Quant à toi, nul ne pouvait prédire ce qu’elle te ferait, mais rien de sympathique, de toute évidence. Le fait que tu sois disciple d’Ardente la limiterait peut-être ? Tu ne savais guère l’influence que cela pouvait avoir, mais tu ne pouvais te baser sur des suppositions. L’équilibre précaire de la vie d’Anthim devait être stabilisé à tout prix, et te fier à un espoir serait trop dangereux.

Alors tu fis ce que tu savais faire de mieux. Tu tentais d’apaiser ton frère. La tâche serait ardue, d’autant plus que tu te sentais changée et bien moins optimiste qu’auparavant, tu le savais, mais tu ne faillirais pas. Tu n’en avais pas le droit. Tu ne te le serais jamais pardonné. Essayant de surpasser ta peur, tu avançais ta main dans la brume noire et malsaine qui vous entourait. Tu la posais sur son bras, pour établir un contact, pour espérer apaiser son esprit.

« Anthim, écoute moi. Ta colère ne mènera à rien. Ta révolte non plus. Je sais que cela te déplaît, mais pense à Père et Mère. Pense à Erebor. Pense à nous, et à notre futur. Pense à tout ce que tu mettrais en danger, si tu persistais dans ta révolte contre Obsession. Nous n’avons pas les moyens de nous battre contre les dragons, notre seule possibilité est de parvenir à une entente.

Pense à ta vie, qui est bien plus précieuse que tout le reste. Je n’existe que pour la préserver et la servir, et je ne serai plus rien si elle t’était ôtée. Offre ce que tu peux à Obsession, et prends ce qu’elle t’autorise à avoir. Nulle situation n’est éternelle, mais tu n’as pas d’autres choix que de te résigner à cette dernière.

Elle t’offense, je le sens bien, mais tu as la force d’affronter ça. Tu es héritier d’Erebor, amené à régner, et cela ne peut que renforcer ta position, lorsque cela arrivera. Plus jamais tu ne sous-estimeras les embûches qui pourront t’arriver, et tu seras peut-être même en mesure de les pressentir.

Je sais que tu ne peux le voir, aveuglé par la rage comme tu l’es, mais Obsession peut t’apporter bien des choses elle aussi. Plus qu’elle n’en aura jamais conscience, je pense. Je ne fais que des suppositions, et je sais que tu entends tout ce que j’exprime Obsession, et que par conséquent tu chercheras à te protéger de ces dons involontaires que tu feras peut-être à mon frère bien que je n’ai aucune preuve de ce que j’avance, mais peu importe. Anthim, tu es Erebien, la négociation n’a aucun secret pour toi – tu sais ce que veut dire le fait de tirer avantage des choses. Alors Obsession ne négociera pas avec toi, mais essaye d’en tirer avantage, si tu le peux.

Te laisser guider par la fureur ne t’a jamais rendu service ; et ça ne le fera pas plus maintenant. Tu es quelqu’un de sensé, ne me déçois pas en agissant à l’inverse de cela. Tu dois, tu peux, faire abstraction des inconvénients à avoir une dragonne dans ton corps. J’ai confiance en toi, plus que tout.
»

Tu avais le souffle court, n’ayant que brièvement respiré durant ta longue tirade, pour être certaine de ne pas t’arrêter. Tu n’étais pas aussi confiante que tu voulais le montrer, et le malaise qui t’habitait était encore bien présent, mais tu t’efforçais autant que possible de faire bonne figure, et de dissimuler ton appréhension.
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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Lun 14 Oct - 17:22

Il voyait dans ses yeux l'engagement, la loyauté, et il aurait tant aimé pouvoir lui rendre. Elle lui donnait tant, il était incapable d'en faire autant. Il avait voulu la cacher, la repousser, mais il ne pouvait éternellement s'échapper de cette colère naissante en son cœur. Anthim était devenu un être de haine, dont la violence de l'âme n'avait d'égale que sa rancune contre les malheurs qui le touchaient. Trois mois, trois mois de souffrance, d'humiliation, de peine, il n'avait pu contraindre sa haine, et peu à peu celle ci s'était faite si grande qu'il avait sombré sans le vouloir dans un puits, sans parvenir à trouver le moyen de s'enfuir. La colère avait ce quelque chose de rassurant, il pouvait au moins se raccrocher à elle, et dans son aveuglement, il était persuadé qu'elle était la seule qui lui restait. Il était si seul, il en avait assez de tout, il voulait revoir la liberté. Mais il savait que quoiqu'il fasse, il ne serait pas en mesure de la gagner. Il était tel un animal en cage, au museau bridé et aux pattes solidement attachées. Il était prisonnier de lui même, et nul perspective d'avenir ne parvenait à s'ouvrir à lui. Il avait tant envie d'abandonner... oui, parfois, il avait envie de sombrer définitivement, d'arrêter de nager et couler dans ce profond oubli. Peut être parviendrait-il à trouver une paix. Anthim avait honte de lui même aujourd'hui. Il n'était que l'ombre de l'homme qu'il avait été, le fier héritier d'Erebor prêt à se battre contre tout obstacle. Mais voilà, il n'en pouvait plus, il était épuisé. Et malgré toute cette haine qu'il déversait, Obsession était sans conteste plus forte et plus rageuse que lui. À quoi bon lutter, quand chaque tentative n'est qu'un échec cuisant et douloureux ? Tellement douloureux...

Il ne savait même pas où il en était, quel était aujourd'hui son but ? Il n'avait plus que la vague sensation d'être un être itinérant sans raison. Il n'était qu'un pantin, une marionnette dont la vie venait peu à peu à s'échapper, meurtrie par des jours de souffrance. Obsession était de ces dragons peu patient qui punissaient avec des moyens expresses mais pour le moins efficace. De nombreuses fois Anthim avait pu gouter à sa colère, ce qui n'avait fait qu'entretenir la sienne, attiser le feu en lui pour bientôt le voir exploser. C'était un compte à rebours lancé à lui même, jusqu'à ce qu'enfin il perde définitivement pied. Affaiblit, il continuait pourtant en ce jour de lutter. Parce qu'elle était là, sa chère sœur, sa lumière, son espoir, sa rédemption et son pardon. Et pourtant, nul calme n'avait jamais réussi à emplir son cœur malgré la quiétude de l'instant. Il avait tout gâché, et ça, il n'arriverait pas à se le pardonner.

Qu'avait-il fait en déclenchant la fureur d'Obsession ? Il s'était non seulement mis en danger, mais risquait de mettre la vie de sa sœur en péril. Il connaissait assez sa dragonne pour savoir qu'un obstacle ne lui faisait pas peur, et disciple ou non d'un de ses confrères, elle ne se laisserait pas faire. Elle était trop fière, trop arrogante, folle... en vérité, elle portait trop bien son nom, c'était la première caractéristique que l'on pouvait lui attribuer...Mais malgré tout, il sentait en lui la haine grandir, et la douleur de son esprit se vivifier. Son corps pourtant restait strictement droit, Obsession ne ressentait rien de la souffrance de son hôte, elle en était l'instigatrice. Elle pensait proprement ses mots, et était prête à le détruire pour continuer son œuvre en Arven.

Il fallait écouter. Retrouver le calme.

Je te HAIS DRAGONNE !

Non ! Pas ça ! Douleur. Cruel mélange d'une brûlure et d'un poignard en plein cœur. Il eut envie de crier, de se débattre, mais rien. Rien. Le calme était dévoré par la haine. Ténèbres, Ô douces ténèbres, êtes vous là pour l'emmener enfin ? Lui offrir la liberté ? Non, bien sur, c'était trop facile... sombres volutes, magie noire et ardente, vibrante de menace, Anthim s'était perdu en elle. Laissez moi. Laissez moi...

Un contact. Une voix. Il ne veut pas partir des chaudes et obscures prisons de son esprit. Pourtant, il reconnaît la voix de sa sœur. Il aurait presque oublié le moment présent dans cette folie psychique. Il relève les yeux. Ce n'est plus Obsession aux commandes. Est-ce possible ? Il ne réagit pas plus pour autant. Doucement, il tente de reprendre conscience, bercé par les douces suppliques de sa moitié. Entends-tu Anthim ce qu'elle te dit ? Bien trop oui, rien ne lui a échappé. Chaque sons, il l'a enregistré, chaque paroles, chaque mots, tout y est... tout...

Elle le connait si bien. Cette sœur adorée connaissait le moindre des points à toucher pour calmer peu à peu Anthim. Amaté Chemsa, comment avais-tu fais pour cerner ? Alors que tu ne connaissais le problème que depuis quelques minutes à peine ? La haine recule, la colère s'éteint. Vraiment ? Est-elle désormais absente de ce cœur désormais en peine et sans aucun moyen pour se raccrocher ? Anthim ne parvenait pas à se relever, ses yeux s'étaient baissés pour contempler le sol rocailleux dont il saisit inconsciemment une pierre pour la serrer au creux de sa paume. Si seul, il avait tant besoin d'aide, et pourtant, rien ne pouvait l'aider. Elle était là, Amaté Chemsa, mais elle ne pouvait rien, sinon comme en cet instant, apporter conseil et paix. Espoir, ce mot n'existait plus. La seule perspective qu'il restait : soumission. Et au fond, le jeune homme, dans sa folie aveugle, l'avait ressentit, comprit. Mais jamais il n'avait voulu l'appliquer. Car il était Anthim d'Erebor, et la capitulation n'était pas son adage. Pourtant... pourtant il était condamné à obéir pour sa propre survie, pour celle de son pays, pour la vie de ces gens qu'il voulait préserver, de ce peuple auquel il tenait tant. Oui, capituler était la dernière optique. Et il avait fallu les paroles de sa sœur pour qu'il saisisse pleinement l'ampleur de sa situation.

« Promet moi ma sœur... ne m'abandonnes pas. Je ne suis peut être pas aussi fort que tu le crois, j'ai tant perdu, et seule la haine me raccroche encore au monde qui est le mien. Alors par pitié ma sœur, ne me laisses pas de nouveau sombrer, car la prochaine fois, je ne serais pas en mesure de supporter.

Erebor a besoin de moi. Mais je sens que c'est le contraire qui se produit. Je ne suis plus celui que j'ai été jadis, crois le bien, crois moi. Et si jamais... si jamais il en vient ce qui doit arriver, promet moi de continuer de lutter, non pour moi, je serais perdu, mais pour Erebor. Je suis condamné à capituler, je le ferais. Je connais Obsession, je sais ce qu'elle veut, et si elle l'obtient, je crains... je crains que rien ne garantisse ma survie.

Je t'écouterais Amaté Chemsa, je laisserais tomber la rage. Que les Puissances me garde de savoir où me mènera ce choix. Mais tant que je serais en vie, je ne ferais rien pour te décevoir.

Ma chère sœur, j'ai confiance en toi pour continuer là où peut être je ne pourrais pas. Je sais que ces mots sont de sombres présages, mais crois moi, les dragons ne sont pas là pour apporter la lumière sur Arven. Viens là. »


Il tendit un bras vers elle, pour la prendre dans ses bras. Il avait une dernière fois besoin de ce soutien, presque certain que la prochaine rencontre avec sa sœur ne serait pas si proche, ni plus accueillante. Alors une dernière fois, il voulait pouvoir l'avoir près d'elle, et espérer, prendre un peu de sa lumière chatoyante avant de retomber dans les griffes d'Obsession.
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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Jeu 17 Oct - 10:22

Tu avais peur. Tu étais littéralement et sincèrement terrifiée. Que ferais-tu, si ton frère ne surpassait pas sa colère ? Que ferais-tu, si Obsession s’en prenait à toi, puis à lui ? S’il ne se calmait pas, et qu’il t’arrivait quoi que ce soit, aucun retour ne serait possible. Tu ne pourrais plus rien faire pour lui, car alors la culpabilité qui l’assaillirait serait bien trop forte pour qu’il l’affronte, et il n’aurait d’autre choix que de ne faire qu’un avec la colère qu’il ressentait, forte, primaire.

Si tu échouais, alors vous étiez perdus. A moins que… A moins que ta perte, peut-être, ne l’en sorte. Que la douleur soit telle qu’il ne lutte plus contre la domination de la dragonne, suffisamment longtemps pour lui permettre de calmer sa fureur. Oui, c’était peut-être là que se trouvait la solution. Et tu savais. Tu savais que si le raisonner ne fonctionnait pas, tu te sacrifierais. Il ne pouvait en être autrement. Tu étais dispensable, il y aurait d’autres mages pour le seconder, peut-être plus doués que toi, mais il n’y aurait pas d’autre héritier à même de diriger votre belle Erebor. Il ne pouvait y avoir qui que ce soit d’autre. Alors oui, pour ton frère, tu te sacrifierais. Tu aurais même été jusqu’à proposer à Obsession de te posséder toi, et à négocier avec elle de te laisser faire sans protestation.

Tu sentais la noirceur autour de toi, en ton frère, la haine, la rage. Tu ne savais comment, mais elle te frappait de plein fouet, tu ressentais sa douleur. Etait-ce Obsession qui essayait d’asseoir son emprise sur toi ? Etait-ce l’ombre, la brume noire et sordide, qui avait des effets étranges ? Tu n’étais pas sûre de vouloir savoir, tu espérais juste qu’elle se volatilise. Qu’Anthim soit… lui, dans la mesure du possible. Tu savais, tu comprenais, qu’Obsession serait encore là, mais s’il était là aussi, vous devriez vous en contenter. Et tu avais tenté de lui montrer.

Le silence se fit incroyablement lourd, alors que tu attendais une réaction. Un signe. Un signe que tout avait basculé dans un sens ou dans l’autre. Que vous seriez sauvés, ou damnés. Tu retenais ta respiration, sans même t’en rendre compte. Tu aurais bien pu t’évanouir par manque d’air, si Anthim n’avait pas parlé. Le son de sa voix, ni froid ni cruel comme lorsque la dragonne s’était exprimée, la rassura. Un instant seulement. Le temps de réaliser l’intonation, la tristesse qui s’en dégageait. Et de prendre peur à nouveau. D’appréhender ce qu’il allait dire.

« Anthim. Tu sais que je ne t’abandonnerai pas, jamais. Si tu ne peux plus compter sur moi un jour, c’est que je ne peux moi-même plus compter sur moi. C’est que je ne serai plus de ce monde. N’en doute pas. Je serai toujours là pour toi, aussi longtemps que je peux l’être. Et je veillerai sur toi, si tu en as le besoin. Ne retombe pas dans ton silence, quoi qu’Obsession te fasse. Dis moi. Confie toi. Et je sais que tu m’as caché quelque chose sur les motivations d’Obsession, je ne suis pas dupe. Tu peux ne pas me le dire maintenant si tu ne veux pas, mais tu ne pourras pas garder le secret indéfiniment. Tes va-et-vient inquièteront Père et Mère, et tu sais qu’ils me demanderont de te questionner. Tu sais aussi que je ne leur dirai rien, seulement l’ampleur de la chose, si tu me la confiais. »

Une pause, brève. Pour l’écouter. Pour assimiler le reste. Assimiler le côté funeste qu’il donne à ses propos. La crainte de ne pas survivre. Tu peux tout supporter, mais pas ça. Tu ne peux pas perdre ton frère. Tu n’y survivrais pas toi-même. Tu trembles, apeurée par cette idée. Terrifiée. En colère, aussi. Et tu comprends l’ampleur de la crainte qu’il a d’Obsession, quoi qu’il la dissimule sous sa colère de ne pas être maître de lui-même.

« Je m’occuperai d’Erebor, tout le temps que tu ne le peux. Quand tu veux. Comme tu veux. Et je suis rassurée, et confiante, que tu ne cherches plus à te laisser gagner par la rage. Fais attention, tu sais combien tu y es vulnérable. Tu sais combien elle peut te prendre. Et tu as vu ce qu’Obsession pouvait faire… »

Tu n’as pas encore tout entendu, et tu aurais refusé d’entendre le reste, si tu avais pu. Si tu avais été une autre, une lâche, quelqu’un qui fuyait. Mais tu devais, par amour pour ton frère, affronter ses craintes.

« Rien de tout cela n’arrivera sans que l’on ne se batte. Je refuse de te perdre aussi facilement. Mais je continuerai, sans faillir. Je te crois, dans tes propos sur les dragons, mais je t’interdis, tu m’entends, je t’interdis de mourir. Pas sans moi. Pas sans que je ne te revois. Pas sans que l’on tente de changer la donne. Promets moi que je te reverrai. Promets le moi. »

Ta voix se fait moins audible, pressée, tu manques un peu de souffle, à cause de cette conversation. Tu sais qu’Anthim a raison, mais tu ne peux empêcher le choc de te prendre. Tu ne peux empêcher, malgré l’envie conséquente, les larmes qui ont commencé à orner tes joues, alors qu’il te serre dans ses bras, et que tu l’étreins à ton tour, à t’en faire mal tellement tu forces le contact, tellement tes mains serrent fortement ses épaules – sans qu’il n’ait grand mal ou ne le sente probablement.
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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Ven 18 Oct - 5:34

C'est tout ce dont il avait besoin, sa voix, sa chaleur, le contact de sa peau contre la sienne, les douces senteurs de son parfum qui rappelaient les immenses déserts d'Erebor. Un peu plus, il aurait presque perçu ces jeux d'enfants comme à l'époque, là où tout n'était qu'innocence et paix malgré le tyran en place. Ils avaient pu vivre heureux. Et aujourd'hui le monde ne semblait plus que ténèbres, tristesse, désespoir. De sa prison, Anthim ne pouvait plus percevoir l'espoir. Il aurait voulu ne pas le perdre, continuer de se battre, mais le temps avait fait son œuvre, la rage avait envahi son cœur jusqu'à le pourrir de l'intérieur. Le jeune homme n'était pourtant pas quelqu'un qui se laissait facilement emporter par les sentiments, la colère moins que tout autre. Il était mesuré, certes peu patient mais jamais jusqu'au point de désirer le pire pour ses ennemis. Il se rendait compte maintenant que la rage qu'il avait pour Obsession n'avait fait que fausser son jugement. Tout ce qu'il avait mis en place contre Castiel... la haine, à quoi servait-elle ? Oh il le savait. Il savait pourquoi il haïssait. Car lorsque on a plus rien pour soi, il est toujours plus simple de haïr que de pardonner. Anthim... tu n'étais pas ainsi, pourquoi avoir changé ? Oui, le prince d'Erebor était à l'image de son royaume : dur et fier comme les montagnes, imposant, brillant des ténèbres de leur profondeur, mais il était aussi indépendant, libre et changeant, comme les sables du désert que jamais personne ne pouvait dominer. Cette part là lui avait été retiré par sa dragonne. Il n'était plus tout à fait entier, il le savait... et le sentait.

Ô combien il voyait dans les yeux de sa sœur qu'il l'avait blessé. Pas physiquement, de grâce il ne l'aurait pas supporté, mais il y avait dans son regard la même tristesse et la peur qu'il pouvait lui même aborder dans le sien. Ils se répondaient, et Anthim était persuadé de blesser sa sœur par leur lien si fort qui venait de se renforcer malgré l'instant malheureux qui se passait entre eux. Presque comme un adieu, il n'était plus sûr de rien. Ni d'un jour ravoir le contrôle de lui même, ou ne serait-ce même avoir la certitude de survivre. Alors il mangeait l'instant qui lui restait avec sa sœur, la seule qui pouvait encore le sauver, la seule en qui il avait toute sa confiance, et à qui, s'il devait par malheur périr, confierait les rênes d'Erebor. Elle n'était pas confiante de sa propre force, mais c'était elle le symbole du soleil de leur royaume. Lui n'était que la nuit, la lune bienveillante qui finissait toujours par s'éteindre...

Non, elle ne pouvait l'abandonner. Comment avait-il pu croire un instant que ce serait le cas ? La peur surement, le doute, mais pas envers elle, envers lui même. Si il savait qui il était encore, il n'était plus tout à fait certain de savoir son chemin. Il n'était après tout plus le commanditaire de ses actions, il n'allait devenir que le spectateur, le triste pantin d'une meneuse dangereuse. À cette pensée, il ressent le souffle d'Obsession, son impatience. Mais elle ne dit rien. Est-elle aussi calmée ? Oh que non, et si elle ne se déchainait pas encore maintenant, elle saurait bien en trouver le temps. Mais comme il le promit à sa sœur, il abandonnerait la rage. Elle avait raison, celle ci ne le mènerait à rien de bon, et seul la douleur resterait, pas un seul moment de paix. Si funeste propos, il se désole lui même de ce qu'il en vient à dire, mais c'est dans sa nature de voir le pire. Pour sa part, aussi peu objectif soit-il, la situation qu'il vivait était avant coureur de malheur. Car les projets d'Obsession, du moins ceux qu'il connaissait, n'étaient en rien positif, et il connaissait maintenant assez la dragonne pour se douter d'un véritable but caché. Oh, il savait qu'elle entendrait ces pensées, mais par les Puissances, si il en avait l'occasion, il tenterait encore de l'arrêter. Pour le reste, il était épuisé... lasse de se battre alors que tout cela ne servait à rien. Mais l'humiliation était plus grande encore, et dans tout cela, il ne pouvait rien.

« Se battre n'est plus aussi simple j'en ai peur Amaté Chemsa. Et la mort est le funeste chemin de chacun, plus encore aujourd'hui. Pardonnes mon pessimisme néanmoins, je ne suis plus capable d'espérer quoique ce soit de bon. »

Ah la promesse. Qu'elle était difficile à formuler alors qu'il n'était pas certain de pouvoir se permettre une telle chose. Pas certain, ni en mesure de le faire. Il prierait oui de la revoir, de la serrer à nouveau, mais ça ne voulait pas dire que son vœu serait exhaussé, car malheur, il n'était plus le seul à en décider. Il ne veut lui mentir, et pourtant, son murmure est si sincère. Presque poussé par une force, il croit, mais n'espère pas.

« Oh ma sœur... quels mots me demandes tu là que je ne puisse t'accorder. De tout mon cœur je ne souhaite que cela. Mais pourras tu croire la promesse d'un frère qui n'est plus certain de rien ? Je te promet que nous serons de nouveau amené à nous revoir. Comprends bien cependant... que les choses seront différentes. »

Plus encore que jamais. À son contact, il force lui même ses bras autour d'elle, mais doux, protecteur, comme il avait toujours su le faire avec elle. Il sentait en elle la même peur qui l'étreignait, et la poigne de ses mains sur ses épaules n'en est que la parfaite réplique. Anthim voudrait pleurer lui aussi. Il aimerait pouvoir libérer les larmes qui menaçaient pourtant au coin de ses yeux, mais elles ne descendirent pas plus loin. Alors il serra un peu plus fort, et enfouit un instant son visage dans la chevelure doré de sa sœur. La minute suivante, il ne parvint qu'à s'éloigner. Le murmure secret d'Obsession résonnait jusqu'à lui, et si la menace s'était pour l'instant calmée, la vivacité de sa colère se répercutait toujours dans ses ordres donnés. Il ne voulait pas la quitter, mais il le devait. Il avait promis d'abandonner la lutte, et il le ferait. Pour l'instant, et peut être bien à jamais.

« Je dois me presser. Puissions nous nous revoir bien vite ma très chère sœur. »

Avant qu'il ne soit trop tard... Il déposa un baiser sur son front et la serra une dernière fois dans ses bras, sous la pression acharnée d'Obsession bien décidé à écourter ce dernier moment. Déchiré, brisé, il remonte à cheval, mais déjà, il n'est plus le maitre de ses choix. Et il maudit une dernière fois la dragonne de lancer un regard aussi froid à sa sœur aimée. La suite, il préférait ne pas la voir...
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MessageSujet: Re: Quand deux ne font qu'un ✶ Anthim et Amaté Chemsa [Terminé]   Ven 18 Oct - 5:55

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