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 Le goût du sang

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MessageSujet: Le goût du sang   Dim 18 Aoû - 6:49




29 octobre 802
Le goût du sang
Les affres d'un homme au fond du gouffre


  •  Nom des participants : Liam d'Outrevent
  • Statut du sujet : Ouvert
  • Date : 29 octobre 802
  • Moment de la journée & météo : La lune est haute dans le ciel nuageux de cette nuit glaciale...
  • Saison 2, chapitre 1



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MessageSujet: Re: Le goût du sang   Dim 18 Aoû - 6:49

Du sang humain...

Entre ses dents serrées et grelottantes. Coulant au bord de ses lèvres tremblantes...

Du sang humain...

Ce voleur avait pourtant cherché à fuir, comme ses compagnons. Après avoir attaqué de nuit cette âme errante dans les ruelles d'une ville en ruine, cette âme solitaire, ce fantôme d'un temps passé et révolu. Ses compagnons avaient voulu que l'homme aux riches vêtements paye l'indicible affront de venir s'aventurer sur les terres de la Guilde des Voleurs, la seule Guilde qui avait encore pouvoir en ces lieux. Ils n'avaient pas reconnu celui qu'ils pensaient être un noble inoffensif. Ils n'avaient pas reconnu le chef de la Rébellion, celui qui avait affronter plus d'ennemis qu'on ne devrait en avoir en une vie, celui qui avait porté sur ces épaule tout le poids d'Arven, et dont la victoire n'avait que précipité la perte. Il ne savaient pas qu'ils s'attaquaient à bien plus fort, bien plus expérimenté qu'eux, et, malgré sa profonde lassitude, la rage s'empara du spectre de légende qui se tenait devant eux, il s'empara de son arme et les mit en déroute aussi facilement qu'un groupe d'oisillons chassé par l'orage.

Celui-là ne fut pas assez rapide. Une entaille sur son bras laissait couler un ruisseau écarlate. Le fantôme blême, qui semblait si faible malgré l'exploit qu'il venait d'accomplir, le regardait dans les yeux, d'un air triste et affolé. Il semblait luter. Les deux hommes se regardèrent, dans un instant irréel, étrange et terrifiant. Le voleur n'eut qu'à peine le temps d'entrevoir la lame scintiller d'une lueur magnifique et argentée sous la froide pâleur de la lune. Il mourut instantanément, un froid murmure s'échappant de ses lèvres entrouvertes, ébahi et effrayé.

Son corps fut traîné dans une ruelle sombre et sans vie par un fantôme aux yeux pleins de folie. Un endroit ou seuls les monstres se cachent, et où même les voleurs, dans cette ville de cendres et de malheurs, n'osent s'aventurer de nuit.

Son premier sang humain.

Liam tremblait. De tout son corps, de tout son être, de toute son âme. Il regardait ses mains ensanglantées en pleurant la toute fin de son âme. Ses mains frissonnaient, sa raison chancelait. Il sursautait au moindre bruit, paniquait dans le silence glacial de ce monde à l'agonie. Quand sa vie avait elle basculé dans ce non-sens horrible et terrifiant qu'était devenu son existence ? Il se revoyait, glorieux et invincible, lutter seul au coeur de la garde d'Augustus. Il se revoyait, la lame au clair, défendre Svanhilde Nightingale au côté de ses hommes dans la plus grande bataille qu'il ait connu de sa vie.

Et puis Dragonvale s'était abattue sur la ville. Le Chaos était né. Des événements dépassant l'entendement étaient survenus. Son père lui avait été enlevé par la Mort, emportant avec lui la toute première raison de sa lutte, et son enfance terminée, laissant derrière lui pour unique héritage l'abandon familial, offrant à une indescriptible catin le Royaume qu'il devait gouverner. L'amour pour sa sœur s'était soudainement dissipé, tel un brasier soufflé par une puissante tornade, puis elle avait disparu à son tour. Son fils n'était plus, son âme avait été remplacée par celle d'un mort revenu des ténèbres par le mystérieux pouvoirs de l'un de ces Dragons qui avaient anéanti sa vie. Était alors venu se rajouter à tout cela ce sinistre et macabre goût du sang, cette maladie infâme et inhumaine qui le faisait désormais sombrer jour après jour dans la folie, transformant l'homme en monstre, transformant la Légende en Fantôme...

Liam avait tout perdu. Des forces étaient à l’œuvre dans ce monde qui dépassaient totalement son entendement. Et de plus en plus souvent, Liam doutait. Il avait peur, il était terrifié que ses doutes ne soient fondés. Et si toute sa vie il avait œuvré pour la chute d'Arven ? Et si toute sa vie, croyant défendre l'opprimé, il avait été la marionnette du Chaos, menant Arven toute entière à combattre son unique protecteur ? Et si, dans son inaltérable confiance en soit, il avait porté sur ses épaules la lutte la plus terrible qui soit ? Si de sa vie, il s'était toujours trompé sur Augustus, qui aurait été l'unique rempart entre les forces du mal et la liberté relative que connaissaient alors les hommes ? Si le règne du Tyran n'aurait été qu'un mal nécessaire à l'obstacle de la genèse d'un mal bien plus grand encore, capable de détruire l'humanité dans un ultime bain de sang, de peur et de larmes ? Si de sa vie, somme toute, ses intentions louables n'avaient servi que l'avènement d'un ère de terreur et d’esclavage, où les Dragons viendraient régner sur les hommes et leur faire souffrir leur toute puissance démoniaque.

Liam méritait peut-être ce sort que le Destin lui avait réservé, punition contre ces actes qu'il avait cru justes et honnêtes. Le Destin se riait de lui. Aujourd'hui, Outrevent tout entière souffrait sous l'avènement d'une nouvelle Reine... Euphoria, le domaine des fous, était devenu la place forte d'un renouveau funeste qui plongerait sans aucun doute Arven dans une ère sinistre et étrange... Cette victoire avait un goût de cendres et de larmes, un goût d'erreur, de doutes et de sang. Un goût de Défaite, une Défaite totale et sans retours.

Liam sombrait dans la folie alors qu'aujourd'hui, pour la première fois de sa vie, il avait tué un homme par avidité et démence. Il avait but le liquide rougeâtre qui coulait de la plaie béante qui avait laissé échapper sa vie. Et pire encore, il y avait ressentit un gain de puissance, comme un sursaut d’existence, alors que la sève ardente et vitale de cet homme dans la fleur de l'âge avait coulé le long de sa gorge sèche.

Liam pleurait. Toute les larmes de son corps, toute la peine de son être, les doutes de son cœur et les chagrins de ses pairs, et le cris qu'il poussa alors se réverbéra contre les murs alentours comme l'ombre d'un spectre dantesque et pétrifiant, faisant frissonner d'angoisse toutes les âmes qui l'avaient alors entendu...
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MessageSujet: Re: Le goût du sang   Dim 18 Aoû - 11:04

On s'épuise, on crie, on pleure. Dans cette ruelle ne résonne que le malheur – il est tard pourtant, pourquoi tant d'agitation à cette heure ? Un pas, deux pas, trois pas – le fou en moi se réveille, sourit, s'installe et se lance dans la bataille. Regarder, comprendre – observer, apprendre. Un homme se bat contre l'un des siens – ne suffit-il pas que les Dragons tentent de ruiner nos lendemains ? Faut-il donc que l'humanité se détruise elle-même, se blesse et se mutile, s'abatte et se massacre, s'anéantisse et disparaisse ? La Rose devra-t-elle affronter les hommes autant que leurs tortionnaires pour respecter la parole offerte en promesse ?

Il pleure, et le fou noir en moi rit de son malheur. Je ne me préoccupe que bien peu de ses remords, de sa peine, de sa peur. Que sont ses tourments, à cet homme qui porte le deuil de celui qu'il a tué ? Sait-il l'ampleur des tourments qui accablent ma destinée ? C'est la folie en lui qui m'attire, ces chimères merveilleuses qui l'entraînent dans les gouffres de la déraison, ce chant des sirènes qui l'emporte loin de la terre. Je connais son visage, bien sûr – je sais qu'il est d'Outrevent, fils de l'honneur, et que pour son royaume a commencé une nouvelle ère. Le rire me prend, soudain, et déchaîne ses cascades moqueuses entre les murs aveugles de la ruelle. La folie est grande, la folie est puissante – la folie est belle. Je suis le Fou Noir, je suis l'enfant sauvage et inconstant, la bête lâchée dans les murs de Lorgol, traquant les écrins et leurs Dragons, car tel est mon serment. Je ne peux que comprendre, l'ardeur du combat, la tension de la lutte, le prix de la vie, et la saveur délicieuse du sang.

Je suis le Fou Noir, champion de l'Humanité, combattant des âmes abandonnées, et je porte Vespéral. Je suis le Fou Noir, soldat de la Folie, défenseur d'un monde en flammes, et je porte la Fureur des Étoiles. Oui, homme vaincu, homme détruit, toi qui pleure et te lamente. Ecoute-moi, je sais qui tu es, je connais ce qui te tourmente. Le Fou Noir avant de devenir agent de la Rose Écarlate a connu de plus heureux jours. Il fut un temps où mon arc et ma folie n'étaient qu'un divertissement de Cour... Un pas, deux pas, trois pas, je virevolte et tourbillonne, et autour de la silhouette prostrée ma voix résonne.

« Relève-toi, soldat vaincu, homme abattu. Relève-toi, Liam d'Outrevent. Honore ton serment. Rien n'est changé, rien n'est perdu. D'autres avant toi ont versé le sang des hommes lorsqu'il le fallait – maintenant que ceux-là sont tombés, c'est à toi de l'assumer. Relève-toi, rassemble tes forces, appelle ton courage, apaise ta conscience. Ce soir, tu paies le prix du sang, n'oublie pas qu'Arven réclame ta présence. »

Un pas, deux pas, trois pas – une pirouette, un entrechat. Il ne ressemble pas au Fou Noir de réconforter et de rassurer, mais il le faut parfois. Sait-il qui je suis, lui a-t-on raconté l'histoire, la légende merveilleuse et sanglante, connaît-il la Rose Écarlate et son sillage de sacrifices, de tourments ? Sait-il, lui, le prix que nous a coûté notre serment, en dépit de l'heureux dénouement ? Je devrais sûrement me présenter. Courtois, civil, bien éduqué.

« Je suis le héraut de l'apocalypse, je suis l'enfant sauvage de la folie, je suis le Fou Noir. Je peux t'apprendre à faire une arme de ton désespoir. »

Un pas, deux pas, trois pas, je tourbillonne et me dérobe, insaisissable et fantasque, agile et inconstant. Est-il encore possible de sauver ce qui reste de Liam d'Outrevent ?
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MessageSujet: Re: Le goût du sang   Dim 18 Aoû - 12:59

Dans la pénombre spectrale, dans la ruelle tombale, là où l'homme changé en vampire se lamente, vient un ténébreux observer la tourmente...

Liam, recroquevillé sur lui-même, se questionnait sur sa vie, cherchait des réponses à sa folie naissante... Augustus, les dragons, sa famille... Beaucoup de choses occupaient ses pensées... Mais à aucun moment il n'aurait pensé voir apparaître à ces côtés cette silhouette encapuchonnée... Dans sa gorge, le goût du sang le révulsait et le satisfaisait tout à la fois. Il était à mi-chemin entre l'extase d'une soif assouvie et un répugnante envie de vomir...

Il ne leva même pas la tête, sa lassitude et sa tristesse était trop grande. Il voyait ces jambes virevolter, tourbillonner... Il entendait ce rire, si impropre à la situation dans laquelle il était... Qui était-il ? Que venait-il faire ici ? Ne pouvait-il pas le laisser ruminer ses noires pensées ? Qu'était-il obligé de venir exposer sa joie et ses rires à l'homme détruit accroupi au fond de cette ruelle obscure, réduit à néant par son passé, par les épreuves qu'il avait du traverser, par le Destin, par ses propres actes...

Pris de rage, avant même que la silhouette ait prononcé un mot, Liam tenta de se lever pour lui ficher une raclée mémorable et lui apprendre à respecter la douleur d'autrui. Il ne parvint même pas à bouger. Son corps, autant que son esprit, était pris dans un insurmontable accablement. Ses pensaient tourbillonnaient autant que les jambes de cet inconnu. Il était comme dans un rêve, incapable de bouger, croyant faire des choses, mais ne les faisant pas, croyant se réveiller, mais continuant d'évoluer au milieu de l'absurde. Et plus cet homme s'approchait, plus ses pensées vagabondaient, plus sa propre folie grandissait... Sa tête lui faisait mal, ses yeux ne parvenaient à fixer les jambes qui tournoyaient sur le pavé. Et toujours cette affreuse envie de vomir...

Il entendit la voix, prenant tour à tour des accents de cauchemars et des intonations plus douces, changeant de volume et de ton avec la simplicité d'une feuille emportée par le vent.. Les mots le pénétraient, plus qu'il ne les comprenait. C'était comme si quelqu'un d'autre avait décidé de prendre le relais dans son corps, tandis que son esprit, lui, s'égarait vers les limbes de ses hallucinations... Lui, Liam d'Outrevent, après être tombé plus bas que terre et avoir subit bien plus de malheurs qu'il ne pouvait en supporter, avait tué un homme par plaisir, et il avait bu son sang.

« Qu'Arven réclame ta présence... » Bon sang, qu'elle réclame, Arven... Non... Cette fois, il ne viendrait pas. Il avait fait assez de bien, ou de mal, il ne savait pas... Mais il avait assez donné. Il avait tout donné à Arven, jusqu'à aujourd'hui sa raison. Non... Il ne viendrait plus. Qu'elle réclame, Arven la belle, Arven la magnifique. Le temps des rires était passé, le temps des morts était là. Il avait perdu toute sa famille, sa bien aimée sœur, son respecté père, son fils dont il venait à peine d'apprendre l'existence... Non... Il ne se battrait plus pour Arven, pas même pour Outrevent. Il avait tout donné. Aujourd'hui, tout ce qui lui restait à faire, c'était de se laisser mourir ici, dans cette ruelle obscure, et que le monde entier l'appelle, il n'en avaient cure... Désormais, il ne voulait plus que mourir ici, sombrer dans l'oubli, cesser d'exister.

« Héraut de l'apocalypse »... Il avait déjà entendu ces mots, à la veille du Chaos, dans la bouche de Svanhilde... Svanhilde la belle, Svanhilde la fragile, Svanhhilde la terrible... Svanhilde qui était perdue désormais.. Perdue pour quoi ? Pour qui ? Svanhilde qui avait fait l'ultime sacrifice de sa vie pour des chimères, un rêve désormais devenu cauchemars. Svanhilde... Il aurait aimer la prendre avec elle, l'emmener quelque part, peut-être à Outrevent, loin de ces tourments... Elle n'avait pas mérité son sort. Nul ne devrait mourir pour des chimères...

« Héraut de l'apocalypse »...

« Va.. au... DIABLE ! »

Il se leva.

L'épée au clair, le regard en feu. Possédé par la rage, énervé au possible par ces sautillements vulgaires. Il bondit, dans un cri de rage. Son épée frappa la pierre du mur d'en face. Il se retourna, frappa d'un grand geste ample, scinda l'air, frappa encore. Il battait le vent, transperçait des fantômes, des chimères. Il voyait devant ses yeux Augustus danser, lui tranchait la tête, voyait les sang gicler sur ses mains, frappait encore... Encore. Il revoyait des gardes, il revoyait des voleurs, des assassins, des rebelles, ces hommes morts par sa faute, tués par sa main ou menés au combat par ses mots... Hanté par tout ces morts qui revenaient pour se venger. Un par un, il les abattait, tranchait, transperçait. Le sang giclait, éclaboussait, coulait... Tant d'hommes avaient compté sur lui... Il avait faillit. Il était tombé. Puis devant lui se tint son père, le regard sévère et peiné à la fois. Son père qui le regardait, par delà le voile obscur de la mort. Son père qui le jugeait et le consolait d'un seul regard. Liam retint son geste naissant, emporté par l'élan. Il y une un bref instant de silence immobile. Son arme tomba au sol dans un tintement sonore. Ses genoux fléchirent.

Il s'effondra, seul, dans la boue, alors que la vision se dissipait comme une fumée soufflée par la brise...
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MessageSujet: Re: Le goût du sang   Mar 20 Aoû - 12:47

Un pas, deux pas, trois pas – une pirouette, deux voltes, trois entrechats. L'épée tourbillonne et menace, siffle dans les airs, poursuivant à l'aveugle quelque fantasque chimère. Contre quoi se bat-il, quel démon, quelle furie ? A-t-il lui aussi entièrement succombé à la folie ? Pauvre, pauvre enfant désabusé, pauvre jouet de la Fatalité. Les Puissances se sont acharnées sur lui, sur sa famille, sur son âme – jusqu'à sa sœur qui n'est plus pour lui qu'une simple femme. Oui, les Dragons l'ont meurtri, les Dragons l'ont frappé – une bouffée de pitié m'envahit, comme un reste d'humanité. Il n'est pourtant pas dans ma nature de m'apitoyer, je suis la fureur et la flamme, le tonnerre et l'ouragan, imprévisible et sauvage – et pourtant, le Fou Noir reste capable d'empathie, d'émotion, de sympathie, de commisération, de partage. Vespéral à ma main, impitoyable, cruel, brutal dans sa magie primitive et barbare... La Fureur des Étoiles au bout de mes doigts, instrument de poésie aussi délicat que la plus raffinée des cithares. Ainsi suis-je, toujours en mouvement, éphémère et inconstant, le Fou de la Rose Noire – les affres de l'esprit tourmenté, les larmes brûlantes de l'espoir.

« Liam d'Outrevent, je vais te révéler un secret, rends l'oreille, écoute ma voix. Ce que tu appelles le Diable... il n'existe pas. Ouvre les yeux, regarde autour de toi : l'enfer est déjà là... »

Oh, un pas, deux pas, trois pas, une dérobade, je m'enfuis et tourbillonne autour de lui. Il se joue quelque chose d'important ici. J'entends autour de moi les mille voix de la folie, je vois les mille spectres ardents de la nuit. Le Fou Noir a été appelé, mon essence a été invoquée. Je suis l'apôtre de l'inconstance, du déséquilibre, de la déraison – je sens le besoin de cet homme qui bascule lentement dans leur gouffre profond. N'en a-t-il donc pas conscience ? De l'ampleur de sa déchéance ? Un instant, j'hésite, indécis, alors qu'il erre aux frontières du chaos. Il est subtil de s'aventurer entre deux eaux. Saurait-il accepter ce qui grandit en lui ? Se faire une alliée de sa folie ? Bien des hommes plus grands que lui ont été dévorés par son étincelle – pourtant, elle brille et chatoie, tellement pure, tellement belle. Ah, douce folie, douce déraison, incomparable démence – sur cet homme brisé, étends ta clémence...  

« Tu essaies de ne voir que ce qui est là. De n'entendre que les vraies voix. Tu es devenu bien plus qu'un simple homme, Liam d'Outrevent, aussi, étends ton esprit, refrène tes tourments. Écoute ceux qui murmurent dans la brise, embrasse la destinée qui t'est promise. Tu n'es pas brisé, tu n'es pas abattu, tu n'es pas perdu : cesse d'attendre que l'on t'inhume, savoure la folie qui te consume. Tu es seul à vouloir te renier, te déchoir, te briser : prends l'arme qui t'est donnée, déploie tes ailes, il te suffit de t'envoler. Ce qui t'arrive n'est pas nécessairement un mal infligé pour salir ton nom : vois-le comme un présent, un cadeau, une bénédiction. Tu es fort, Liam d'Outrevent : relève-toi. Ose prendre le premier pas. »  
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MessageSujet: Re: Le goût du sang   Mer 21 Aoû - 12:10

L'enfer est déjà là.

Oh pour sûr que les croyances étranges qu'il a évoqué plus tôt pourraient bien décrire finalement une situation terriblement réelle. Le diable, l'enfer... Des croyances qu'il ne partage pas et n'a jamais partagé... Pourtant, en ces heures sombres, l'enfer de ces illuminés semblait le meilleur endroit pour accueillir l'importun.

Liam, couché sur le sol, se recroqueville sur lui même comme un enfant meurtris, croyant échapper au monde extérieur, cherchant la protection de la solitude. Rien ne pourra le sauver. La menace n'est pas en dehors de lui. Elle est en lui. Dans chacune des fibres de ses doutes, dans chacune des plaintes de ses chagrins. Douter de sa lutte, c'est douter de lui même. Douter de sa lutte, c'est douter d'avoir en son âme et conscience envoyé plus d'hommes à la mort que l'Empereur et l'Oracle réunis, dans l'objectif sordide de créer le chaos en défaisant le souverain. C'est se mettre lui-même au rang du Tyran. Cela, Liam d'Outrevent, Oriflamme de l'Honneur et Garant de la Liberté, ne peut pas le supporter.

Alors que dans ses oreilles sifflait le murmure pervers d'un homme l'encourageant à céder son cœur à la folie, Liam sentait en lui naître une violente détermination. Après la tempête, ce fut brusquement le calme.

« Prend l'arme qui t'es donnée, déploie tes ailes, il te suffit de t'envoler. »

Les mots perçaient à travers la pénombre et le brouillard. Liam sentait en lui la rage, les inquiétudes et les doutes se souder ensemble en une immuable force, un ardent brasier. Ses yeux cessèrent de tournoyer derrière ses paupières closes. Ses mains cessèrent de trembler. Une parfaite immobilité. Appréhension qui se change en détermination. Terreur qui se change en ardeur. Larme qui se change en arme.

Non. Ce n'était pas lui. Il n'était pas homme à se laisser abattre. On l'avait frappé, on lui avait pris ses proches, on lui avait pris ses convictions, on lui avait pris son âme. Mais on ne lui prendrait pas son cœur.

Il ouvrit les yeux.

« Tu es fort, Liam d'Outrevent : relève-toi. Ose prendre le premier pas. »

Le son de la lame qui tinte contre le sol de pierre s'éleva dans la ruelle silencieuse. Droite, comme fichée dans le pavé. Et derrière elle, Liam d'Outrevent qui se lève, s'appuie de toute ses forces sur l’emblème de sa puissance et se redresse jusqu'à redevenir lui-même.

Liam d'Outrevent, droit et fier, solide comme le roc, puissant comme l'ouragan, fier comme le roi. Dans son regard, la détermination. La plus pure, la plus froide et la plus grande détermination.

On lui avait pris beaucoup de choses. On l'avait malmené. Il s'était battu... Jusqu'à tomber. Tomber au plus bas. Il avait refusé de se laisser corrompre. Il avait refusé de se laisser aller à la peine. Il avait refusé d'accepter son état. Il avait refuser de croire que sa quête put ne pas être juste.

Cette nuit, il avait enfin réussit à l'accepter. Tirer un trait sur le passé, le reconnaître, l'endosser, le tolérer comme une partie de lui. Au fond de son cœur battait une force nouvelle, mélange de folie, de peine et de compréhension. Le poids de son combat et la violence de ses peines avaient donné naissance à une arme nouvelle, se mêlant l'un l'autre pour former un sentiment de force et de sérénité. Qu'importent les doutes, qu'importent même les morts qui étaient de son fait, il était trop tard désormais. Il n'avait plus rien à perdre, et il avait tant à gagner. Il allait reprendre ce qu'on lui avait pris. Rien ne saurait se dresser en travers de sa route. Personne, pas même le Destin ou un quelconque Dragon, ne pourrait faire obstacle à ses plans. Il allait revenir sur le devant de la scène et briller comme jamais il n'avait brillé. Arabella n'aurait aucune chance, Lisbeth reviendrait de gré ou de force à ses côté, on trouverait un moyen de changer de corps à Aerandir ou il déguerpirait. Pour de bon. Il continuerait de se battre pour la Justice et la Liberté, n'aurait de cesse que lorsqu'Arven, enfin, serait en paix. Quoi qu'il advienne.

Finit le temps des lamentations, finit l'ère des doutes, finit le moment de la peine.

Aujourd'hui sonnait l’heure du combat. Liam d'Outrevent reprenait la lutte. Les ennemis avaient changé, son cœur s'était durci, fait plus sombre, et son âme respirait le chaos. Mais sa force n'en était que plus grande. Ses alliés seraient rassemblés. Ses ennemis seraient détruits.

Cette nuit, malgré la boue qui tachait ses vêtements, les larmes sur ses joues et le sang sur ses mains, Liam d'Outrevent, plus que jamais, avait l'allure d'un Roi.
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MessageSujet: Re: Le goût du sang   Ven 30 Aoû - 15:53

Un pas, deux pas, trois pas – un tourbillon, un entrechat.

Peut-il suivre le Fou Noir dans ses virevoltes, peut-il suivre mon discours parmi mes pirouettes ? Il voulait que tout s'efface, il voulait que tout s'arrête. Et le voilà qui se relève, qui s'avance, qui se redresse, qui rouvre les yeux. Il doutait, il hésitait, et voilà maintenant qu'il comprend, qu'il peut. Qu'il a en lui la force et l'étincelle, qu'il a en lui une foi nouvelle. Ô toi l'homme couronné de sang, toi qui t'es baigné dans la vie d'autrui, qui t'es chargé de ses péchés, toi qui abreuve la nuit de tes larmes... Voilà maintenant que tu es racheté, que ton crime est pardonné, que ton âme est lavée, et que te sont offertes tes armes. Oui, je n'ai qu'à croiser son regard, voir le feu dans ses yeux, la bourrasque qui l'emporte et le grandit. Je suis le témoin fantasque et inconstant qui peut attester de la renaissance de cet homme aujourd'hui.

Un pas, deux pas, trois pas – il n'a plus besoin de moi.

« Souviens-toi de la flamme qui brûle en toi, Liam d'Outrevent. Ne laisse personne tenter de t'imposer d'autres tourments. Je suis le champion des Fous, tu peux devenir celui des Hommes, si tu le veux vraiment. Relève la tête, redresse-toi, reprends-toi et prête ton serment. Tu peux le murmurer aux pavés, l'énoncer dans le secret de ton cœur, le hurler dans le silence de ton esprit ou le chuchoter aux étoiles. Que ta flamme devienne ton arme de la même manière qu'à ma main respire Vespéral. Regarde-moi, Liam d'Outrevent, reçois les respects du Fou Noir. Tu es maintenant l'une des lames du Désespoir... »

Ma voix résonne dans la ruelle. Oh, que la nuit est belle – la Rose Écarlate a sauvé un homme ce soir, la Rose Écarlate a fait briller l'espoir. La Rose Écarlate a sauvé un guerrier, un champion, un soldat de l'Humanité.

Un pas, deux pas, trois pas – je m'efface, je m'enfuis, je disparais.
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MessageSujet: Re: Le goût du sang   Lun 2 Sep - 11:37

Alors qu'il est sur le point de disparaître, pour la première fois, il m'apparaît.

Lui qui jusqu'ici n'était que jambes dansantes et voix déplaisante devient un être à part entière. Je le vois, lui et son arc, Vespéral... Les légendes me reviennent en mémoire, la Rose Écarlate, le Fou Noir. Suis-je sorti d'une folie pour tomber dans une autre ? Non. Il est bien là, devant moi. Et qu'importe si je rêve, ce fantasme aura su lire en moi et m'aider à trouver le chemin de la lumière. Vespéral... La tueuse de Dragons. La Rose Écarlate est de retours, nous ne lutterons pas seuls. L'Espoir vit.

Une nouvelle tirade… Et dans le noir, il disparaît. Me laissant seul. Seul avec ma peine, mes doutes et mes larmes ? Non, seul avec cette nouvelle force qui brûle en mon cœur. Je voudrais le retenir, j’ai tant de questions à lui poser, tant de choses à apprendre sur la Rose Écarlate, sur leur mission, sur les dragons… Tant de choses à lui demander… Et pourtant, je reste muet, fermé dans mon silence. Je le regarde s’effacer dans les ombres, se glisser dans la pénombre.

Toujours légèrement appuyé sur Tarïl, plantée dans le sol comme une immuable bannière du royaume de ma naissance, je suis droit et fier, et je regarde l’endroit où a disparu le Fou. Je baisse alors les yeux vers le sol, pensant à ses paroles, et amène devant moi ma main droite, frottant entre mes doigts un mélange de terre et de sang. Alors que la ville calme s’est depuis longtemps endormie, je murmure dans le silence, dégustant le poids de mes mots.


« Il n’est qu’un serment que veux faire. Celui de continuer à me battre, toujours, pour les causes qui me paraîtront juste. Qu’importent mes erreurs, qu’importe la portée de mes choix. Si je n’agis pas, je continuerais à subir ce Destin qui m’accable. Alors je me battrais. Jusqu’au bout, quelle que soit l’issue, quels que soient les chemins que je devrais emprunter pour y arriver. En ces lieux de chagrins, je reprends comme une force ma morale et mes doutes. Une vraie belle force qui me permette d’avancer, non plus un obstacle qui brouille mon jugement, bride mes actes, et m’inflige d’innombrables tourments. Je me battrais. Je continuerais à me battre. Pour ma famille, pour les miens, pour moi. »

Entre mes doigts, je laisse filer la terre ensanglantée. Mes yeux se reportent devant moi. Je lève mon épée, la glisse entre mes doigts et les range dans son fourreau. Je me remets en marche. Il reste tant à accomplir, et le Destin seul sait combien de temps il me reste.
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MessageSujet: Re: Le goût du sang   Lun 2 Sep - 11:38

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Le goût du sang

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Son caractère

Chapitre I.
Histoire
Chapitre II.
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Chapitre III. Ses liens
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Ses traits de caractère

Chapitre I.
Son caractère
Chapitre II.
Son histoire
Chapitre III.
Son test RP
Chapitre IV. Ses liens
Le joueur



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