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 De sable, de roc, d'esprit et d'amour

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MessageSujet: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Dim 20 Oct - 19:04




Futur sur la comète
de sable, de roc, d'esprit et d'amour
let's do the time warp again


  •  Nom des participants : Anthim d'Erebor, Castiel de Sombreflamme... et en PNJ, Qasim d'Erebor et Charlotte de Sombreflamme.
  • Statut du sujet : Privé.
  • Date : DANS LE FUTUR. Bon... on va indiquer quand et où, tout le temps, mais disons qu'on se dit : entre 806 et 835 ? Histoire d'avoir une bonne marge de manœuvre.
  • Moment de la journée & météo : Partout, tout le temps.



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MessageSujet: Re: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Dim 20 Oct - 20:04

JANVIER 808

Il avait marché les cent pas pendant des heures, avant d'être accepté auprès de sa femme et de leur enfant. Aliénor avait été recoiffée, rhabillée, et si ce n'est un teint pâle et des yeux humides... c'était comme si rien n'était arrivé. Elle n'avait pas crié. Fière. Toujours. La Reine de Sombreciel tenait aux apparences. Dans ses bras, un bébé qu'elle lui tendit bien volontiers pour qu'il la reconnaisse. Comme sa fille. Castiel prit délicatement l'enfant dans ses bras – revenant brusquement au moment où Svanhilde lui avait pareillement remis Sigal, des années auparavant. Quelques signes tracés en silence, l'émotion qui faisait vibrer son corps. Son cœur. Son être. Leur enfant. Leur premier. Le temps avait été long, ils avaient eu tant de problèmes en ce qui avait été l'empire d'Arven, tant de choses à régler... mais finalement, ils étaient là. Et elle aussi. « Que penses-tu de 'Charlotte'? » Un petit signe de tête quand la voix douce et fatiguée de son épouse se fit entendre, dans le silence respectueusement de la chambre. Il aimait ce prénom. C'était joli. Et pour le bébé dont les cheveux étaient déjà sombres, c'était parfait. Charlotte de Sombreflamme. Sa fille.

***

AOÛT 818

« Charlotte ! »

Un bruit de porte qui se claque, une autre qui s'ouvre et sa fille aînée entra dans la chambre de son père, qui finissait d'ajuster son habit. Un sourire vers la fille, qui lui rendit le même sourire large et lumineux. Déjà belle. Déjà grande. À peine une dizaine d'années. Elle avait en elle une lumière qu'elle tenait... il ne savait d'où. Peut-être de cette part de Clarté de sa personne, sans sa part d'Ombre cette fois. « Oui Papa ? Prépare-toi, on va chez tes cousins. Nous sommes invités pour l'anniversaire de Sigal. » Elle ne répondit même pas, quittant seulement sa chambre dans une exclamation ravie, cavalant jusqu'à ses propres appartements pour préparer ses affaires. Elle adorait profondément ses cousins. Tous ses cousins, que ce soient les Nightingale ou les Séverac, ou les autres enfants royaux vers lesquels elle s'approchait toujours avec une jovialité contagieuse. Charmante petite. « Tu n'étais pas ainsi, enfant, n'est-ce pas ? » La voix pensive d'Aliénor, assise dans un fauteuil de la suite. Il secoua la tête négativement. Enfant, il était déjà trop pensif. Blessé. Fils des Séverac, par procuration. Non, il n'était pas ainsi. « Non. Un petit silence, puis il tenta de dissiper le malaise. Nos propres effets sont déjà prêts, ainsi que ceux des enfants. J'ai préféré laisser Charlotte choisir elle-même ses habits. Tu la gâtes trop. Non. » Oui, compléta une voix moqueuse dans son esprit, soit celle de son Familier. Peu importe qu'il prenne ce ton courroucé : Castiel gâtait trop son aînée, qu'il couvait d'un œil attentif et tendre et aimait à voir grandir, voyant déjà en elle la parfaite héritière pour le trône de Sombreciel. Vive, intelligente, curieuse et déjà à l'aise avec sa magie personnelle, son chat méfiant et hautain la suivant pas à pas. Un chat des sables. Comme un mauvais présage qu'il ne mesurerait que bien plus tard.

En fait, Charlotte était d'un caractère dramatique qu'il ne reconnaissait pas. Aliénor disait toujours qu'elle tenait de lui, qu'elle était très Cielsombroise - rien d'Ansemer dans cette gamine. Elle aimait tout avec une force affolante, piquait des crises monstrueuses et savait être d'une intransigeance à faire peur, avant de retomber dans ses rires enfantins. À dix ans. C'était terrifiant. Évidemment, tout le royaume aimait cette princesse rieuse et lumineuse, fantasque et actrice, mais Castiel craignait. Avec ce genre de caractère... il sentait déjà les problèmes arriver. Et pas seulement parce que lui-même avait eu (et avait toujours) ce caractère impossible à vivre. Ses yeux sombres se posèrent fugitivement sur la silhouette mince, qui repassait devant sa porte en courant pour aller chercher quelconques vêtements d'équitation, et il se tourna vers Aliénor. Son épouse leva ses yeux de son livre, lui servit un demi-sourire. Pour savoir à quoi il pensait. « Elle grandit trop vite. »
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MessageSujet: Re: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Lun 21 Oct - 16:48

Aout 806

Comme toujours, le soleil brulait en Erebor. Nulles régions n'y échappaient, du nord au sud, la température était toujours aussi forte, sauf peut être à l'ombre des montagnes. La capitale, la sublime Vivedune bénéficiait d'un traitement de faveur, par une chaleur non moins torride, mais entrecoupée des bienfaits de vents frais. Dans cette quiétude qui régnait sur le palais, seul les pas pressés de quelques personnes résonnaient. L'on attendait un grand événement, un heureux événement. Une naissance, qui laissait le roi certes inquiet mais pas moins calme, comme à son habitude. Il avait attendu qu'on vienne le chercher enfin, à la fois excité mais aussi effrayé. Père, pour la première fois. Le silence oui, puis finalement, le cri d'un enfant. Un garçon disait-on. Le premier héritier d'Erebor, qui faisait la fierté de son père Anthim, dès l'instant où il posa les yeux sur lui, et il l'espérait jusqu'à l'heure de sa propre mort.

****

Octobre 816

Nulle quiétude en ces temps de fête qui visaient à célébrer l'anniversaire du Roi Anthim d'Erebor. Si celui ci n'était point chargé des préparatif, il ne pouvait échapper à la vision étonnante d'une fourmilière en plein dans son palais. Un cri un peu plus loin dans les couloirs bondé retint pourtant son attention, et il soupira à l'idée même de savoir à quoi cette injonction était dû.

« Prince Qasim revenez ! »

Bingo.

Aux vues des pas, ceux ci venaient par ici, et en tête, un petit garçon d'une dizaine d'années au cheveux noirs de jais, le visage souriant et rieur, taquin et surtout malin. Il zigzagua savamment entre les différents serviteurs pour échapper à ses poursuivants qui n'étaient nuls autres que ses précepteurs. Ah le jeune enfants n'était pas adorateur de la lecture ni du calme des études, mais bien un farouche fervent de la découverte et des grandes étendues qui baignaient la vue du haut des balcons de Vivedune. Rarement son père l'avait emmené avec lui en visite dans le royaume, et il n'attendait que de grandir pour profiter de ce plaisir pleinement. En attendant, il devait se contenter de brouiller les pistes pour profiter de l'extérieur environnant le palais. L'enfant ne s'attendit pas d'ailleurs à ce qu'on l'intercepte, et il faillit se dégager quand il prit conscience que son père l'avait attrapé, un regard dissuadant toute plaidoirie.

« Pardonnez moi mon Roi, je...
-Ça va laissez, je m'occupe de lui. »

L'homme acquiesça, lançant un regard courroucé à son élève d'ainsi le faire passer pour un incapable aux yeux du souverain. Le jeune Qasim fut tenter de lui répliquer par une gaminerie, mais la poigne de son père sur son épaule l'arrêta, et déjà il redoutait de se retrouver seul à seul avec lui. Il aimait énormément son père, le respectait et voire même l'imaginait comme modèle. Mais il était aussi effrayé par la noirceur profonde de ses yeux et des colères qu'il pouvait piquer. Cependant, Qasim avait la chance de ne jamais en avoir subit pour lui même. Il s'agissait souvent de querelles avec Sombreciel qui le mettait dans cet état. En silence, il suivit Anthim qui le mena sur un des hauts balcons, vues plongeantes sur la cité en effervescence un peu plus bas, le marché grouillait de personne, et la fête battait son plein un peu en avance.

Anthim posa alors un regard sur son fils. Dix ans déjà. Et si caractériel, si marqué par la liberté du désert. En un sens, il ne lui ressemblait pas tant, peut être plus à sa femme. Mais il l'aimait oui, d'un amour paternel comme tant d'autre. Pour son fils, il aurait fait beaucoup, comme pour ses autres enfants. Mais Qasim était si insouciant. Il avait en lui le rêve de s'échapper. Oh, il savait qu'il aimait Erebor et son peuple, mais il voulait voir l'extérieur. Plus que tout, il voulait voyager. Et Anthim pouvait le comprendre. Mais aussi s'en inquiétait. Car son enfant n'était nul autre que l'héritier. Néanmoins, il avait encore le temps d'y songer. Dix ans certes, mais il était jeune, il devait en profiter. Comme tout à chacun. Si Anthim était exigeant, il savait récompenser.

« Dans dix jours je pars pour le Sirocco. Que dirais-tu de venir avec moi ?

-Vraiment père ?!
-J'aimerais Qasim qu'en échange tu comprennes que ce n'est pas seulement un jeu et... »

Le garçon acquiesça, mais son sourire trahissait une excitation dévorante. Et devant cette joie communicative, le Roi n'eut que peu de choix de rendre à son garçon un sourire, moins marqué mais pas moins significatif pour ce que Anthim était capable de faire d'ordinaire. Il posa la main sur la tête de son garçon, et finalement, après un regard comprit, l'enjoint de retourner tranquillement là où il aurait dû être depuis le début. Ce que fit le garçon, d'un pas vif et le bonheur sur les traits. Il savait, connaissant son père, que l'on avait rien sans rien, et il s'attèlerait à le rendre fier. Ce qui pour Anthim était déjà le cas.
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MessageSujet: Re: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Lun 21 Oct - 17:37

AVRIL 824

CHARLOTTE DE SOMBREFLAMME
(ft. Lily Collins)
Mélusine n'était pas là. Partie en voyage. C'est avec une once de déception que la jeune fille retourna à sa monture, après avoir accueilli les excuses des domestiques de la demeure de Sinsarelle. Elle qui avait réussi à obtenir, enfin, à arracher, la permission de se déplacer seule jusqu'ici ! Son père n'avait pas été très enthousiaste à cette idée et avait proposé qu'elle soit accompagnée d'environ dix domestiques et gardes, ce qu'il avait qualifié de 'petite escorte très raisonnable', mais à force de supplications et de regards tristes, elle avait obtenu ce qu'elle voulait. Comme toujours. Ce voyage printanier pour voir sa tante avait été soigneusement planifié... sauf en ce qui avait trait à sa tante. Évidemment. Si Charlotte tenait de son père, elle tenait encore plus de lui dans sa propension à penser que le monde tournait autour de ce qu'elle désirait faire. Et à chaque fois, elle s'étonnait que tout le royaume ne soit pas au courant de ses plans soigneusement orchestrés.
Soit. Elle retournerait à Euphoria.
Avant, elle allait quand même parcourir le domaine. Ce domaine partagé avec Erebor, source de conflits depuis... longtemps. Officiellement, ce n'était plus le cas depuis une vingtaine d'années, mais officieusement, tout le monde savait que Sinsarelle était encore disputé par les deux rois. Comme une aimable blague, année après année. Comme si son père et Anthim d'Erebor étaient pourvus du moindre humour, quand il s'agissait de leurs royaumes.

Charlotte en était là dans ses réflexions et conduisait son cheval prudemment sur les sentiers menant au plus haut de la montagne quand elle avisa une autre personne, au bas de la falaise. Elle plissa les yeux, mais ne put pas y voir plus clair. Qui était cet intrus, qui n'avait vraisemblablement pas le droit d'être là ? Une voix calme, aux accents cielsombrois plus hautains que nécessaire : « Si j'étais toi, je n'irais pas là. Le chat des sables, couché dans le panier de cuir de voyage, s'était hérissé. Oh, Isir, je fais bien ce que je veux ! Ton père... » Elle leva les yeux au ciel et sans écouter une seconde de plus son Familier, qui lui faisait part de ses habituels commentaires moralisateurs, elle lança son cheval vers la personne aperçue plus loin, redescendant la pente avec la même prudence et la même adresse. La silhouette aperçue s'avéra être celle d'un jeune homme, vêtu à l'erebienne. Un Erebien, de surcroît ! En plein à la frontière entre leurs royaumes. Un sourire malicieux étira ses lèvres alors qu'elle laissait son cheval plus loin et en descendait avec grâce, prenant le chat pour le poser sur le sol sablonneux pour qu'il la suive. Oh, elle n'allait pas le renvoyer chez lui... Elle n'avait pas ce pouvoir, déjà. C'était seulement pour le taquiner. Charlotte replaça ses mèches noires en s'avança vers l'inconnu, planifiant quoi lui dire, à cet Erebien.

Cet Erebien plutôt joli garçon, d'ailleurs.

Arrivée devant lui, elle s'inclina légèrement, comme une princesse bien élevée devant un inférieur, avant de déclamer, de sa voix claire et chantante : « Excusez-moi, monsieur, mais je crois que vous n'êtes pas autorisé à être ici. Votre pied droit est très exactement une demi-main à l'intérieur de Sombreciel et en vertu des traités entre Erebor et Sombreciel... Sa voix mourut quand elle eut identifié son interlocuteur. Elle se reprit avec une courbette respectueuse, mais non moins dépourvue de ce sourire amusé, saluant le jeune homme avec une nuance encore plus malicieuse dans son ton. Oh. Prince Qasim. » Isir, contre ses bottes, fixait l'inconnu avec dédain. Un dédain qu'elle-même n'avait pas. Elle et le prince Qasim d'Erebor n'avaient réellement fait connaissance. Ils s'étaient déjà croisés, évidemment, mais étrangement (ou non), chaque personne s'occupant des réceptions où ils étaient susceptibles de se voir s'arrangeait pour éviter que les Sombreflamme et les Erebor soient en présence de l'autre plus de cinq secondes. « Vous me voyez ravie de vous rencontrer ici, à une demi-main dans mon royaume. Avez-vous besoin d'aide pour retrouver votre chemin jusqu'en Erebor ? Je serai heureuse de vous aider, si c'est le cas. » Isir laissa échapper un miaulement mécontent envers elle. Cette voix mielleuse, mutine, cette taquinerie qui aurait été cynique dans la bouche de son père, mais qui était uniquement rieuse dans la sienne... Il n'aimait pas ce qu'il percevait de ce qu'elle prenait déjà comme un jeu. Qu'elle laisse l'Erebien où il était et qu'elle retourne à Euphoria !


Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Mer 23 Oct - 11:44, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Lun 21 Oct - 18:49

Avril 824

QASIM D'EREBOR
(ft. Ezra Miller)
Liberté, douce liberté, la voilà enfin. Cela faisait maintenant environ trois ans que le jeune Qasim, Prince d'Erebor, parcourait à sa guise les arides contrées de son royaume, seul, avec la bénédiction d'Anthim qui avait, après quelques épreuves, de nombreuses promesses et des retours fréquents à la capitale, cédé à la demande de son fils. Qui était sans l'ombre d'un doute de jouir d'une liberté. C'était tout ce qu'il avait demandé et quémandait depuis... oula, il n'aurait su le dire désormais. Depuis ce séjour de rêve qu'il avait vécu avec son père au domaine du Sirocco en plein désert. Jamais les images n'avaient quitté les pensées du jeune homme, elles peuplaient ses rêves comme l'annonce d'un futur. Oui, il y croyait. Il se voyait déjà, à dos de chameau, parcourir Erebor de fond en comble comme l'avait fait le Roi avant lui. La découverte oui, mais le plaisir de ce vent sur sa peau surtout, de ces étendues à pertes de vues qui permettait de discerner une horizon sans fin, le silence agréable des sables, la joie de vivre des nomades et la paix des gitans. Tout cela avait longtemps fait rêver l'enfant, et le jeune homme désormais adulte pouvait le vivre pleinement. Il était bien là, à dos de chameau, parcourant sous le soleil brulant les dunes immenses qu'il gravissait et descendait avec précaution, s'arrêtant quand il les voyait, ces oasis de paradis qui faisaient l'une des nombreuses particularité de son pays. La solitude ne le gênait pas, Qasim en avait prit l'habitude.

Ses pas, après de nombreux jours dans le désert, l'avaient mené au bord de la frontière, à Sinsarelle, symbole par excellence de l'opposition constante entre les deux royaumes d'Erebor et Sombreciel. Il savait que son père n'aurait pas apprécié qu'il s'approche de ce lieu, et en garçon légèrement rebelle qu'il était, il avait enfin décidé de franchir le pas. Après tout, cette montagne appartenait aux deux terres, il était autant en son droit qu'un quelconque Cielsombrois. Qasim était moins haineux que son père contre leur voisin, voire même s'en fichait pas mal. La politique n'était encore guère sa priorité, au grand damne d'Anthim qui ne pouvait rien faire contre. Ah qu'il était exigeant parfois, et Qasim savait combien il comptait sur lui. Il n'avait pas pour projet de le décevoir, et il comptait bien un jour rentrer dans les rangs pour seconder son père comme lui même l'avait fait avec le sien, et prend un jour le trône. Mais en attendant, il avait une pente à gravir.

Il avait laissé Ashara, sa chamelle, un peu plus bas. Vu la pente escarpé de ce début de falaise, il ne préférait pas y risquer une patte. Elle braya de mécontentement. « ... calme toi, je n'en ai pas pour longtemps. » L'animal sembla – curieusement – le comprendre, et retourna observer... ailleurs. Il remonta sur son visage l'écharpe Erebienne qu'il portait, sentant que dans peu de temps, le vent se lèverait. Il arrêta néanmoins son mouvement quand un bruit attira son attention, et plus encore quand il aperçu un peu plus haut une silhouette. Le soleil eut comme la bonne idée de se défaire d'un nuage pour illuminer l'apparition, et éblouit, il en ferma brusquement les yeux quelques secondes avant de contempler à nouveau la personne qui de toute évidence venait vers lui. De par ses habits, il devina immédiatement l'origine Cielsombroise, ou du moins n'y décela pas le caractère Erebien. Mais une bien belle jeune femme lui faisait face, et charmé par le sourire qu'elle lui lançait – malgré la taquinerie qu'il recelait – Qasim s'inclina respectueusement, tenant compte néanmoins de son propre rang. Il ôta d'ailleurs, conscient de l'impolitesse, son écharpe, dévoilant lui même un sourire, lui même amusé par la remarque qui lui était faite. Il mit plus de temps à reconnaître la demoiselle devant lui, mais le nom ne lui échappa que quelques secondes avant que lui même ne la salut avec les formes, comme elle même avait comprit l'identité de son interlocuteur.

« Princesse Charlotte. Je suis tout aussi ravi de vous rencontrer ici. »

En peu d'occasion il avait eu le plaisir de la rencontrer vraiment. À vrai dire, au delà des cinq secondes de vue, il ne se souvenait pas lui avoir jamais parlé, et ne s'était pas souvenu de son éblouissante beauté – oui, c'était le mot. Un rire franchit ses lèvres. Ah, malgré la ressemblance physique, Qasim n'était pas comme son père. Si ce dernier était bien plus solennel et montrait peu ses sentiments, son fils était plus expressif, et nettement plus souriant. Et puis, il avait comme la sensation qu'un charme s'opérait, et que ses yeux ne parvenait pas à se détacher de la douce image de la princesse. Il n'osait imaginer ce que son père dirait de ses simples pensées...

« Nuls chemin ne m'est inconnu jusqu'en Erebor, mais votre aide est la bienvenue autant que votre compagnie. » Il adressa regard semblable à celui de la jeune femme, amusé et joueur. Drôle de jeu d'ailleurs en ce drôle de lieu. Si les pères en avaient été témoin, ils en auraient surement arraché leurs cheveux. « Si bien sûr il vous plais de poser un pied en Erebor. »

Il lui tendit la main, ni plus, ni moins. Point de tromperie dans ses yeux, il était Prince, pas voleur, et chaque mot qu'il avait prononcé pour elle n'était que vérité. Après tout, c'était une occasion de faire une véritable rencontre avec ces de Sombreflamme.
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MessageSujet: Re: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Lun 21 Oct - 19:53

Il avait un joli rire. C'est ce qu'elle pensa, à l'instant où le prince d'Erebor, encore plus charmant de près que de loin, rigola à sa taquinerie bien innocente. Moins sérieux que son père – même si tout ce qu'elle savait d'Anthim était un mélange des sarcasmes piquants de son père et des commentaires patients de sa mère. Elle ne savait rien de lui. Encore moins du prince. Qui répondait bien à ses précédentes paroles, osant même l'inviter à passer dans son royaume. Un pas. Juste un pas. Charlotte, n'ose même pas. Elle ignora délibérément l'avertissement du félin et donna sa main à celle tendue, franchissant d'un pas léger la frontière entre leurs royaumes, rejoignant le jeune homme en Erebor. Un simple pas, c'est tout ce qui séparait leurs royaumes. Pas seulement ça, elle le savait – des siècles de rage et de différends, également. Mais à cet instant, la main dans celle de Qasim, leurs yeux se dévorant avec une mutuelle curiosité et un tout aussi mutuel enchantement... elle se disait qu'il n'y avait peut-être même rien du tout qui les séparait. Rien du tout. Et surtout pas une obscure histoire de guerre entre leurs royaumes.

***

Il allait le tuer.

Le tuer ? Que pensait-il. Le détruire. Le torturer au point qu'il le supplie d'arrêter, pour ensuite le tuer avec un plaisir non feint. Oui, il allait... Castiel se força à prendre une longue inspiration, un coup de queue d'Ætheris le sortant de ses pensées meurtrières. Toutes dirigées envers la personne d'Anthim d'Erebor, son invité du jour dans son palais. Il y avait trois jours, il avait envoyé une missive urgente au roi du royaume voisin, le sommant de venir le rencontrer, sous menace d'exécuter son fils sinon, le tout agrémenté de fleuris commentaires. Chose qu'il n'allait évidemment pas faire, même s'il en avait grandement envie, mais qui avait suffit à motiver Anthim de venir le voir à Euphoria. Il n'avait pas à craindre pour la vie de son fils, Qasim était paisiblement hébergé dans une suite royale – dépourvue de tous passages secrets, il s'en était personnellement assuré.
Non, il devrait plutôt craindre pour sa vie.
C'était par curiosité que le roi de Sombreciel avait commencé à faire espionner sa fille aînée. Charlotte avait toujours été vive et mystérieuse, mais depuis quelques temps, elle était... étrange. Elle s'enfuyait plus qu'à l'habitude, passait des heures à écrire des missives aussi lourdes que la main d'une putain sur le maquillage et se postait ensuite à la fenêtre de la plus haute tourelle du palais, regardant vers le nord en poussant des soupirs énamourés. Un prétendant ? Voilà qui était amusant, après tout. Castiel n'avait seulement pas prévu que ses gardes allaient un jour revenir avec dans une main sa fille, en larmes touchantes et exagérées, et dans l'autre Qasim d'Erebor, arborant le même œil fier que son père. Et quand les hommes de main avaient expliqué les circonstances où ils avaient surpris les deux jeunes gens...
… bien, ses architectes étaient en train de lui concevoir un nouveau trône, le dernier ayant brûlé sous le coup de la colère. C'était le dixième qu'il brûlait depuis le début de son règne. Le premier avait été lorsque le Fils des Ombres avait volé Sigal... et le dixième parce qu'un infâme Erebien, fils de son plus pur opposé, frayait avec sa fille. Et même pire que cela.

Il s'était ensuite farci une quantité effarante de missives confisquées à Qasim d'Erebor, toutes commençant par de sirupeux 'Mon prince du désert', ainsi que de réponses tout aussi mièvres et promptes à lui donner une nausée persistante. Il avait d'ailleurs failli rendre plusieurs de ses repas, en parcourant des descriptions enflammées d'actes charnels dont il ne voulait avoir aucune information. Son sommeil avait été gravement affecté et l'homme assit dans cette pièce affichait donc, en plus de son habituel teint pâle de Cielsombrois, des cernes marqués. Et un regard fort peu amène, alors qu'à ses pieds, la panthère affichait la même expression haineuse. La porte du salon s'ouvrit, laissant passer deux gardes : « Sa Majesté le Roi d'Erebor. » Castiel ne se leva même pas de son fauteuil pour accueil le noble, qui n'était pas à une impolitesse de sa part. Il regarda seulement les gardes, qui semblaient vouloir s'incruster dans leur conversation hautement privée (même si tout le palais connaissait le sujet épineux de celle-ci). « Sortez. Une hésitation dans le geste d'un des gardes. Sire... Ne me faites pas répéter. » Les gardes baissèrent la tête, accusant le regard noir du roi, et sortirent de la pièce, laissant seuls les deux rois. Anthim dans un fauteuil, Castiel dans l'autre.

Sa voix fendit l'air, tranchante comme un couteau, exposant des faits qu'il aurait préféré ne jamais avoir à exposer à son rival de toujours : « Ma fille aînée, Charlotte, s'est enfuie de mon palais il y a sept nuits. Elle a été interceptée à la frontière de nos royaumes, en la compagnie de votre fils Qasim. Je ne parlerai pas de l'état dans lequel ils ont été surpris. Il préférait à vrai dire effacer tout détail relié à cela de sa mémoire. Pour le restant de ses jours. Si j'ai bien compris l'étendue de leurs exigences et les pleurs de ma fille, ils voulaient s'enfuir pour se marier, vivre leur amour pleinement et d'autres fabulations qui génèrent encore chez moi des cauchemars. »

Il avait débité ça d'une traite, sa langue brûlant à chaque mot prononcé. Le fils d'Anthim et sa fille. Sa perle, son bijou, son joyau, son trésor. Qui se mourait depuis dans sa tour, pleurant à fendre l'âme de son pauvre père trop faible. Mais pas trop faible pour haïr Anthim d'Erebor environ dix fois plus qu'à son habitude. « Que faisons-nous ? »


Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Mer 23 Oct - 12:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Mer 23 Oct - 12:40

Inadmissible. Parfaitement inadmissible.

Anthim était dans une colère noire. En cet instant, lui parler c'était se risquer à bien plus qu'un regard meurtrier. Oh oui, il avait envie de frapper quelque chose, ou plutôt quelqu'un. Il avait déjà une image bien précise en tête, et ce n'était nul autre que son ennemi de toujours Castiel de Sombreflamme. Il aurait aimé lui dire en face sa façon de penser et regrettait de se savoir plus calme et mesuré une fois devant lui... Le Roi de Sombreciel qui osait le convoquer de la sorte... Déjà en soi, qu'il lui envoi une missive était de mauvaise présage, mais la simple lecture avait fait hurler de rage le Roi d'Erebor, lui faisant lâcher un sublime : « Oh le fils de... » à haute voix, devant des nobles du pays, ce qui n'avait fait qu'accentuer sa colère. Mais plus encore, il menaçait son fils de mort, pour qui sait quelles raisons, et ça, Anthim ne pouvait pas l'accepter. Oh il était bien capable d'ignorer l'appel qui le quémandait à Euphoria dans les jours à venir, mais il connaissait assez bien son ennemi pour savoir que sa colère était aussi dramatique que la sienne, et pire encore. Il avait fallu néanmoins l'intervention d'Amaté Chemsa dans une discussion enflammée pour le calmer et l'empêcher d'ignorer la remarque.

Mais il avait envie de le tuer.

Et bénie soient les étendues désertiques d'Erebor apte à calmer Anthim, car il n'aurait sans doute pas été des plus doux avec Castiel. Il le haïssait déjà bien assez comme ça le reste du temps, mais cette fois ci, c'était pire encore. Cela passerait... avec le temps. En attendant, le Roi avait eu tout le temps de se questionner sur cette affaire qui concernait de toute évidence son fils, Qasim. Par les Puissances, ce gamin était le symbole même de l'insouciance. Oh il l'avait prévenu de nombreuses fois de ne pas s'approcher de la frontière, mais de Sombreflamme ne l'aurait pas emmerdé avec autant de forme dans une missive aussi pertinente que débordante de haine pour une simple affaire de territoire. Il aurait fait jeter Qasim d'un coup de pied aux fesses en Erebor et c'est ce dernier qui serait venu se plaindre. Il y avait donc là dedans quelque chose de véritablement grave. Castiel haïssait sans doute trop Anthim pour prendre le risque de le voir en face à face pour peu de choses. Mais dans ce cas là, le Roi d'Erebor craignait réellement quelque chose de compliqué. Et il n'avait pas besoin de ça en ce moment. Tout ce qui concernait de près ou de loin Sombreciel de toute façon était prompt à le faire sortir de ses gonds.

Mais soit, il avait répondu à la missive, acceptant de venir à Euphoria. Une réponse tout aussi sympathique d'ailleurs. Après tout, il ne voyait pas pourquoi il n'aurait pas mit le même effort que son homologue pour faire passer autant de haine dans quelques mots. Il se serait bien passé de tout cela, de revoir Sombreciel, cette ville, ce palais, et surtout ce Roi...
Aussi froidement qu'à son habitude voire peut être même plus, il passa la porte lorsqu'on l'annonça, sans prendre attention au manque de manière de son ennemi. Excédé, Anthim n'y mit pas plus les formes et partit s'assoir en face de Castiel. Le silence dura peu. Le Roi d'Erebor était certes peu content d'être ici, mais ça ne l'empêcha pas de faire preuve d'attention. La vie de son fils était en jeu. Ou plutôt la sienne...

Non. Celle de Castiel en fait. Mais ça, ce n'était guère pour changer. Ce qui changea par contre, ce fut le regard d'Anthim qui quitta son masque froid pour laisser paraître un étonnement et une incrédulité non cachés. Pour peu, il n'y aurait pas cru. Mais l'évidence était là... trop là même, et c'était ce qui laissait supposer que tout cela avait un caractère trop véridique. Par les Puissances, qu'avaient-ils fait ? Comment leurs enfants avaient-ils pu jouer à un jeu aussi dangereux sans croire que les retombées ne seraient pas désastreuses ? La déception dans son regard, il n'avait hélas pas de réponse à donner à Castiel. D'un simple coup lassé, il se passa la main sur le regarde, pinçant l'arête de son nez dans un soupir qui en disait... long.

« Que voulez vous que nous fassions Castiel ? Si j'en crois bien vos paroles, ils semblent tous les deux décidé à mener à bien leur projet, et ce sans notre accord. Alors nous pouvons décider de les séparer et les mettre à leur place comme il aurait toujours du en être, ce qui je ne vous le cache pas est la solution que je préfère. Mais sommes nous prêt à risquer l'amour que nos enfants nous porte, leur titre d'héritier et tout ce qui s'ensuit s'ils décident de s'enfuir ? »

Oh car il connaissait son fils mieux que personne... il avait bien remarqué lors de ses précédents retours à Vivedune son changement. Et si il avait bien justement supposé une femme, il n'aurait nullement songé à une de Sombreflamme. Et il préférait vraiment ne pas y songer, car unir sa maison avec celle de Castiel était en soi... inacceptable.

« Cependant, vous en conviendrez comme moi qu'un mariage entre Erebor et Sombreciel est... impossible. »

Nulle meilleure vérité hélas. Anthim n'avait que trop connu la rancœur opposant les deux royaumes. L'idée même d'aller à l'encontre lui paraissait... folle. Oui, c'était le mot.


Dernière édition par Anthim d'Erebor le Mer 23 Oct - 18:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Mer 23 Oct - 14:17

Il était rassurant de constater qu'Anthim était dans le même état que lui – sa charmante lettre de menaces et d'insultes n'étant sûrement pas étrangère à cela, pas plus que les incommensurables erreurs de leur tendre progéniture. Et qu'il était du même avis que lui. Le contraire l'aurait grandement étonné, et l'aurait encore plus fâché à ne pas en douter. Comme quoi ils avaient parfois quelques terrains d'entente. Ça faisait peur, en fait, de voir qu'ils pouvaient être d'accord. Castiel lui accorda un petit signe de tête positif, à la fin de ses propos. « Je suis du même avis. Et répudier nos enfants n'est pas non plus une option envisageable. » Pas de son côté. Il avait déjà catégoriquement refusé de répudier Aliénor, plus de vingt ans auparavant, il ne le ferait certainement pas avec Charlotte. Pas pour une histoire d'amour. Dire que les Cielsombrois étaient libres de choisir qui ils voulaient épouser et ce depuis si longtemps... bon sang, il n'avait pas envie d'être celui qui allait contrer les coutumes de son royaume pour un tel drame. Le soupir qu'il poussa, aussi profond que celui d'Anthim précédemment, trahit ses pensées. Il ne pouvait pas empêcher Charlotte d'épouser Qasim. Elle le ferait de toute façon – et sinon, il craignait le pire. Elle ne faisait jamais rien à moitié. « J'avais également envisagé la mort des deux coupables, mais je crois que ce n'aurait pas été très diplomate. » Le roi avait dit cela sur un ton faussement guilleret, comme pour faire de l'humour. Trait d'esprit beaucoup trop sérieux, en réalité, pour qu'il n'y ait pas véritablement pensé.

L'autre information qui traversa son esprit avait bien de quoi accompagner son précédent soupir. Son attitude presque joueuse, amusée, se perdit tout aussi rapidement qu'elle était apparue – pour le peu qu'elle était apparue, en vérité. « Malheureusement, je crois que mon épouse et votre sœur ne soient pas du même avis que nous. » Cette fois, sa bouche avait prit un pli amer et mauvais. S'il n'avait pas répudié Aliénor, jadis, il y avait réfléchi cette fois avec intensité quand elle avait suggéré que ce mariage pourrait être judicieux. Être un symbole de réconciliation, bien plus parlant que ne-pas-se-voler-Sinsarelle-mais-le-faire-quand-même, entre leurs royaumes. Une façon de commencer une nouvelle ère. Puis, n'était-ce pas un signe ? L'amour avait commencé où la haine d'Anthim et Castiel n'avait été que violence. L'Ansemarienne avait même judicieusement souligné qu'Amaté Chemsa d'Erebor, l'horripilante sœur d'Anthim (c'est lui qui avait pensé cela), serait probablement du même avis. À croire qu'elles s'étaient déjà consultées, alors qu'il n'avait rien inscrit dans sa lettre qui donne un indice sur le sujet de leur discussion. La panthère se leva du tapis et commença à faire les cent pas dans la pièce, signe extérieur de son propre énervement, alors qu'il se contenait plutôt bien. Bon sang, cette rencontre était presque agréable, en vérité ! « Aliénor soutient qu'un mariage entre nos deux familles serait un mouvement diplomatique judicieux. Que nos enfants soient déjà... amoureux, cracha-t-il, facilite la chose. » Amoureux. La fille de Sombreflamme et le fils d'Erebor. Qu'avaient-ils fait, par toutes les Puissances, pour mériter cela ? Castiel s'était retenu de toutes ses forces de ne pas lever la main sur Qasim, ainsi que sur Charlotte, et encore maintenant, il ne comprenait pas. L'amour ne se contrôlait évidemment pas, mais pourquoi eux ? Pourquoi n'avait-elle pas jeté son dévolu sur un Gallien bien élevé, un Lagran délicat, à la limite un Cibellan habile commerçant ou un digne Outreventois ?
Il avait conclu, dans une réflexion haineuse et très sensée, que tout était la faute de Qasim. Et d'Anthim. De tout Erebor. Il s'était réveillé, une nuit, pour haïr Anthim – ses ancêtres, sa descendance, son royaume et jusqu'au sable et aux montagnes. Tout était de leur faute, du Roi-Corbeau qui avait ravi la sylphide fiancée au Seigneur des Nuées, à Qasim d'Erebor qui avait vilement charmé sa naïve et sensible fille aînée dans le seul but de jouer avec elle.

C'est cette réflexion, presque oubliée, qui remonta brusquement dans l'esprit du roi de Sombreciel, qui fût incapable de retenir une logorrhée méprisante et sifflante : « Si ce n'était que de moi, Anthim, j'aurais fait immoler votre fils au milieu d'Euphoria pour avoir approché ma fille encore mineure, le tout sur les terres supposément neutres de Sinsarelle, où il n'avait rien à faire, et pour l'avoir ensuite abreuvée de lettres perverses et indécentes, l'avoir encouragée à fuguer et lui avoir mentit éhontément, tout cela dans le but d'ajouter une proie royale à son pauvre tableau de chasse digne d'un paysan et d'un voleur des bas-fonds de Bellifère. Même pas une pause entre ça et le reste de son monologue. Heureusement peut-être, rien n'a été fait en ce sens, mais j'espère bien que vous saurez faire quelque chose pour réparer les torts que votre progéniture a engendré auprès de notre famille. »

Aliénor s'en serait frappé la tête sur les murs, si elle avait été là. Ce n'était pas du tout le plan. Il devait exposer la situation, proposer le mariage de raison, en évoquant une alliance économique et diplomatique, commencer le tout par des fiançailles prudentes qui permettraient aux deux jeunes gens de se découvrir dans la légalité et aux deux pères de s'habituer à cette idée. Pas attaquer Anthim, accuser son fils de tous les maux (encore) et sous-entendre des menaces de mort/torture/autres choses pertinentes et aucunement diplomates.
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MessageSujet: Re: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Mer 23 Oct - 18:42

La réponse de Castiel n'avait rien de surprenante. Si il avait répondu autrement, sans doute Anthim aurait cru à un mensonge, une supercherie, ou alors à une illusion, un rêve. Il ne pouvait pas concevoir que son ennemi de toujours puisse accepter une union entre leurs deux familles alors que lui même la refusait. Cela aurait été purement folie. Et heureusement, ce n'était pas le cas, même si se dire que pour une fois tous deux étaient d'un commun accord était curieux. Mais mieux valait que cela reste comme ça. La solution la plus simple était vraiment de récupérer son fils et partir le plus rapidement possible de ce lieu pour ne jamais en revenir. Avec un peu de chance et de jugeote, Qasim comprendrait la gravité de ses actes et de la situation qu'ils avaient tous deux causés avec Charlotte, et se calmerait de son ardeur pour elle. Il ne pouvait que l'espérer. Même si... cela semblait tout aussi improbable que lui entament des négociations de paix éternelle avec Castiel. Utopie. Ah il se maudissait parfois d'avoir un fils aussi têtu qui... ne tenait que trop bien de lui.

L'humour n'était pas franchement dans les habitudes de Anthim. L'on pouvait lui reprocher effectivement son sérieux à toute épreuve et la solennité de son caractère. Et il avait senti la tentative d'alléger la situation de son homologue, même si pour contredire les faits de sa blague, on pouvait dire que celle ci était tombée à l'eau, sans mauvais jeu de mot bien évidemment. Le Roi d'Erebor ne réagit nullement, sinon par un haussement de sourcil incrédule. Ce qui était terrifiant au fond, c'est qu'il ne rigolait pas totalement, et une nouvelle fois, Anthim partageait la pensée... il fallait croire que les deux hommes se comprenaient seulement dans la colère.

« Non. En effet. »

Il n'avait guère envie d'en venir à la violence avec son fils, ni même avec la fille de Castiel si on allait par là. Et dans tous les sens du terme, oui ce n'était pas la solution la plus diplomate qu'ils soient en mesure de trouver. Mais Anthim savait que si il avait du écouter son fils, la seule solution était celle qu'il répugnait, à savoir épouser Charlotte de Sombreflamme. Celui là alors, il lui en aurait bien collé une pour son imprudence et sa stupidité à se laisser enflammer par la passion des sentiments.
Ah tient, il savait donc que Amaté Chemsa était toute d'avis de laisser les deux jeunes héritiers s'épanouir dans leur amour et bénir l'idée de leur mariage. Quand il avait apprit la pensée de sa sœur, malgré toute l'affection qu'il lui porta, Anthim manqua sérieusement de s'évanouir de rage. Il cru même exploser de voir que celle en qui il avait le plus confiance était d'avis de briser les anciennes querelles et enfin établir une nouvelle paix sur des fondements bien plus... diplomates. Inconcevable ! Impossible ! Improbable ! Jamais le Roi n'aurait pu accepter une telle alliance. De toutes les filles d'Arven, Qasim aurait pu choisir n'importe qui, mais il avait fallu qu'il jette son dévolu sur l'enfant de Castiel. Aux yeux de tous, des enfants comme des personnes âgées, tout le savait la haine qui les opposait. Alors à quoi bon essayer de changer ce qui ne pouvait l'être. Anthim voulait bien croire en la bonté d'Amaté Chemsa ou Aliénor, mais il ne fallait pas non plus jouer avec le feu, les deux pères étaient tout sauf enclin à s'entendre sur un sujet aussi épineux. D'ailleurs, cela se sentit dans sa voix lorsqu'il répondit à Castiel.

« Foutaises. Leur amour n'est sans doute que passager. Ils comprendront bien vite que c'est une erreur de jeunesse. Ils doivent le comprendre. »


Qu'importe l'avis de sa sœur au fond, ce n'était pas elle la reine. Et aussi bonne conseillère soit-elle, Amaté Chemsa ne pouvait sans doute pas comprendre la véritable rancœur tenue entre les deux rois ennemis.

Tient, Anthim aurait cru Castiel plus prompt à l'accuser dès le début. Ce n'était que maintenant que cela venait. Non pas que cela le surprenne, il s'y était préparé depuis le premier instant où il avait posé un pied à Euphoria. Mais il se serait cru aussi un peu plus calme devant les accusations éhontées qui étaient portées sur lui et sa famille. Un sourire cynique trancha ses lèvres, mais seule la rage se reflétait dans ses yeux. Il suffisait d'une étincelle et... Qu'il s'en prenne à lui encore, Anthim pouvait l'accepter. Il n'était plus à une critique près de Castiel envers lui. Mais que ce bâtard ose prétendre son fils coupable le révulsait. Et l'Erebien ne mit pas longtemps à répliquer.

« Ah je la voyais venir celle la Castiel. Toujours à accuser un autre pour ne pas reconnaître votre propre faute ou celle de votre famille. Il ne vous est bien évidemment pas venu à l'idée que c'est possiblement votre chère Charlotte la cause dans toute cette affaire. Après tout, elle est peut être bien comme son père, une envouteuse qui utilise la magie à son propre compte. Mon fils n'est pas comme vos catins qui se pâme d'avoir un tableau de chasse comme vous dite. Mais vous les cielsombrois êtes tous les même. »

Le venin était craché. Et sans doute comme par le passé, les deux rois en viendrait aux poings pour régler des différents, bien loin de la diplomatie et de l'entente. Mais il n'y en avait jamais eu au fond. Cependant, la tête toujours sur les épaules malgré l'irritation, Anthim reprit, conscient que tout ceci ne menait à rien, comme souvent.

« Assez, cette discussion n'apporte aucune solution au problème qui nous amène à nous rencontrer aujourd'hui. Rendez moi mon fils et réglons cette affaire par la solution la plus simple. Séparé et enfermé jusqu'à ce que tout ceci se calme. »

Oh oui, Anthim n'avait pas envie de rester plus longtemps ici, il avait comme la sensation que rien ne tiendrait longtemps sinon. Vraiment, moins il voyait de Sombreflamme, mieux il se portait.
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MessageSujet: Re: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Mer 23 Oct - 19:44

C'était fou le nombre de choses qu'ils avaient en commun, en vérité, au sujet de leurs enfants. Si Anthim n'avait pas été lui-même, sans doute que tout aurait été réglé plus que rapidement. Malheureusement, ils étaient qui ils étaient et rien ne pouvait arrêter la hargne entre eux. Même la conviction commune que l'amour idiot et aberrant de leurs rejetons allait finir par leur passer.
Malheureusement, l'autre répondit à ses propre insultes et si c'était en des termes nettement moins personnels envers sa personne, ils n'en étaient pas moins abjects. Sa fille ! Une envoûteuse ! Sa luciole éclatante ! Son lys pur et délicat ! Castiel pouvait bien prendre les insultes sur sa personne, mais qu'on touche à sa fille et à son peuple, jamais ! Il se leva d'un bond de son fauteuil, un geste imité, en miroir, en réflexe, par son homologue erebien. Ils étaient si proche d'un de l'autre qu'il pouvait sentir son haleine sur son visage et la chaleur se dégager du corps d'Anthim... à moins que ce soit lui, en vérité, qui soit en train de surchauffer. Dangereusement. De sentir la magie vibrer au bout de ses doigts, quémandeuse, aussi enragée que lui. Faire brûler vif un roi, même ennemi, même haït, n'était cela dit pas une bonne idée. Il se contenta donc de cracher ces mots au visage de son ennemi, ayant abandonné toute idée de « diplomatie » en ce qui avait trait à l'irrécupérable cas d'Anthim d'Erebor : « C'est en Erebor que ces conflits sont nés, Anthim, par la faute de votre damné ancêtre. Vous n'êtes que des bons à rien, tout autant que vous êtes dans votre royaume de voleurs et de brigands. Incapables de reconnaître vos torts, malhonnêtes et pourris jusqu'à la moelle. »

Difficile de dire qui donna le premier coup. Castiel, pour ponctuer sa réplique ? Ou Anthim, pour y répondre de façon plus qu'éloquente ? Qu'importe, puisque l'un comme l'autre jura que c'était l'autre. La porte du salon s'ouvrit rapidement, mais pas assez – lorsque les gardes intervinrent, les deux rois étaient déjà en train de rouler sur le tapis, crachant et gueulant des insultes comme des chiffonniers, leurs mains serrant, étranglant, et leurs poings frappant. Rapidement séparés. Maintenus fermement par des hommes bien équipés. Et inquiets. Parce qu'ils savaient bien que cette scène n'allait en rien améliorer le cas de la princesse Charlotte et du prince Qasim – les Cielsombrois, aussi dédaigneux étaient-ils envers les Erebiens, ne pouvaient cela dit pas aller contre la force de l'amour. Inquiets aussi de ces deux souverains décoiffés, rougis, enragés. Et le sang. Castiel s'était mordu la langue. Il se retint de cracher au sol, ou sur l'Erebien, ravalant le sang au goût ferreux.
Il pourrait le tuer maintenant. Sans même le toucher.
« Papa, si je ne peux pas épouser Qasim, je me... qu'est-ce qui s'est passé ? » Et voilà ! Ne manquait plus qu'elle ! Qu'eux, en fait, puisqu'aux côtés de sa lumineuse et tragique fille se tenait l'impudent responsable de toute cette mascarade. Castiel se défit brusquement de l'étreinte des gardes, avec un grommellement autoritaire, et replaça ses habits et ses cheveux comme si rien n'était arrivé. « Comment es-tu sortie de cette tour ? » Charlotte baissa timidement les yeux vers le sol, tandis qu'un grondement mécontent se faisait entendre. Isir, suspendu par la peau du cou comme un chaton, dans la gueule d'Ætheris, laissa échapper un miaulement plaintif. Damné Familier. Ça expliquait aussi la présence du prince d'Erebor.

Il soupira longuement, replaça une dernière mèche de cheveux avant de commenter l'arrivée des deux jeunes gens : « Nous sommes occupés, actuellement... le roi d'Erebor et moi. Je voulais te dire, vous dire, un regard furtif vers Anthim, que si je ne peux pas épouser Qasim, je me tuerai et vous porterez le poids de ma mort, le murmure de ma rancune et de mon amour sacrifié. » On y était. Le trémolo dans la voix en plus. Les larmes aux yeux sombres et expressifs. La main tenant celle de l'Erebien. Et quelle ne fût pas sa surprise en entendant le fils d'Erebor tenir le même genre de discours ! Castiel tourna la tête vers Anthim, le jaugeant du regard. Son expression, ses habits défaits. Ils allaient encore arborer ecchymoses et œil au beurre noir. Ils n'avaient pas grandi. Un murmure dépité, alors qu'il reprenait place dans son fauteuil et que les gardes en apportaient deux nouveaux. « ... ces enfants vont nous rendre fous. »
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MessageSujet: Re: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Mer 23 Oct - 20:57

La réplique avait été cinglante. Mais Anthim n'attendait pas de Castiel un silence absolu face à celle ci, bien au contraire. Il voulait voir et entendre sa réaction, avec jubilation, mesurant les traits de son visage déformé par la rage. C'était en soi assez sadique, puéril, mais tout ce qui pouvait faire du mal au roi de Sombreciel ne pouvait que ravir le roi d'Erebor. Sauf quand cela concernait deux foutus héritiers pas bien malin qui avaient la judicieuse idée de faire la pire chose de tout Arven. S'unir envers et contre tout, attisant la colère de leurs pères qui avaient déjà du mal à s'entendre pour cinq secondes de rencontre. Non, vraiment il n'attendait rien de sympathique dans la réplique de son homologue, et lorsqu'il l'entendit, ne pu s'empêcher d'éprouver un sentiment jouissif de supériorité face à la bassesse de l'argument énoncé. Bien qu'en tout état de cause, il se leva de son siège à l'instar de Sombreflamme pour lui faire face, lui exprimant clairement dans un regard toute la haine qu'il pouvait avoir pour lui. Tension, chaleur, rage. Celui là... AH celui là, cet argument, qu'il avait pu l'entendre des centaines de fois. À l'époque de son père déjà, et aujourd'hui encore avec Castiel. Les querelles ancestrale, évidemment. Pour Anthim, ce n'était que passé, et il posait la haine des Cielsombrois et Erebiens bien plus sur des termes récents que sur des millénaires éloignés, même si ceux ci étaient une base. De la à les ressortir en arguments, lui même ne l'aurait pas fait. Même si c'était la fierté qui parlait pour lui.

Par contre, insulter son peuple, là tout de suite, ça passait pas.

Les coups partirent peu après. Anthim ne se souvient pas avoir répliqué par des paroles. Peut être fut-il le premier à lancer réellement les hostilités, il n'aurait su dire. Par contre, il se souvenait très bien de son poing sur le visage de Castiel, ainsi que les mains du Cielsombrois autour de son cou. C'est un peu tard que les gardes intervinrent pour les séparer avec force. Rien de moins. Il suffisait de regarder les deux rois pour savoir qu'en lâcher un signifierait le lâché d'un animal affamé. Soif de sang, Anthim n'avait l'envie que de verser celui de son ennemi, lui faire payer ses paroles fausses, vides de sens, accusatoires dans preuves. Ah, il le haïssait, plus que jamais. Fièrement, il se redressa, ajustant sa tenue froissé et passa la main sur sa joue enflée qui ne tarderait pas à montrer une ecchymose. Comme aux temps passés, désormais lointain. Et pourtant, l'on y revoyait aujourd'hui les deux gamins de Sinsarelle, prêt à s'étriper de la même manière, dans la même gaminerie. Croisant le regard de Castiel, tout aussi semblable au sien, il menaça de lui cracher de nouvelles paroles à la figure, arguant une diplomatie parfaitement dans ses cordes, d'un niveau qui frôlait le plancher, et tout ce qui pouvait le rabaisser. Mais il n'en eut pas le temps, interrompu par une voix féminine, profondément triste et dont les larmes se ressentait au travers des paroles. Et il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qui était cette personne, puisqu'il le savait...

Il ne manquait plus que ça.

Non moins calmé, Anthim se retourna vers Charlotte de Sombreflamme, surprit que son propre fils Qasim soit à ses côtés, mains dans la mains avec cette... enfant de l'ennemi. Il lui renvoya un regard lourd de sens, que lui rendit le jeune homme avec la même arrogance dont il avait été capable de faire preuve plus jeune. Oh il n'aimait pas ce regard, car il y voyait toute la détermination... Et en parallèle de cette vague discussion entre père et fille, c'est un échange silencieux qui s'opéra entre père et fils, jusqu'à ce que la demoiselle prenne la parole, s'adressant aux deux rois... aux deux pères... aux deux opposant surtout. Quelle tragédie dans ces mots, et Anthim eut la stupidité de croire son fils incapable de la même force. Et pourtant...

« Si Charlotte meurt, je la suivrais dans la mort. Je ne vivrais jamais sans elle. »

D'un soupir silencieux; Anthim se rassit sur son siège, presque certain qu'un mal de crâne allait le terrasser, incertain sur son origine entre le combat de chat avec Castiel ou ces nouvelles un peu trop perturbantes et purement dramatique. Mais le roi n'aurait nullement contesté la véracité des propos énoncé par les deux héritiers, et c'est bien ce qui lui faisait peur. Il ne put qu'acquiescer au commentaire désespéré de Sombreflamme, partageant parfaitement le sentiment. Car désormais, il allait falloir revoir sérieusement la diplomatie s'ils ne voulaient pas perdre leur enfant. Et autant il en voulait à Qasim de lui faire ça, autant il n'était pas prêt à le perdre.

« Asseyez vous tous les deux. Il attendit qu'ils exécutent ses ordres, posant sur eux un regard grave. Il n'est, je crois (il adressa sur ces mots un regard à Castiel), pas question de vous laisser vous tuer. Mais j'espère que vous mesurez combien votre bêtise va couter à nos deux royaumes. Il avait encore du mal à croire qu'il allait dire ses mots. Mais il fallait bien que l'un d'eux soit d'accord, ou commence à accepter l'idée que de toute façon, ils étaient dans la merde. Je ne compte pas perdre mon héritier, aussi... j'accepte de donner mon consentement à ce mariage. »

Oh par les Puissances, c'était dit, solennellement et sincèrement, même si Anthim avait mal rien que de penser à ces paroles qu'il venait de prononcer. Il ne s'était jamais imaginé allier sa famille un jour à celle de Castiel. Et surtout pas dans cette optique là.
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MessageSujet: Re: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Mer 23 Oct - 22:41

S'il n'aimait pas autant Charlotte, il lui aurait bien que c'était un plaisir de la tuer elle-même – et d'ainsi détruire dans l’œuf tous les problèmes qu'une telle union allait engendrer. Castiel ne pipa cela dit pas mot de son sarcasme, connaissant que bien trop sa progéniture pour laisser passer un tel commentaire. Quelque chose pour qu'elle mette sa menace à exécution. Même qu'il aurait bien boudé, là, s'il n'était pas roi. Il se retint de croiser les bras sur son torse, laissant Anthim prendre la parole en premier. Et s'il l'approuvait sur ses premiers propos, son avis changea bien rapidement quand le brun mentionna qu'il approuvait (!) ce mariage. Castiel ouvrit bien rond ses yeux noirs, les posant sur Anthim. Quoi ! Comment ! Ils étaient supposés se soutenir dans leur décision de ne pas les unir ! Faux frère. Il ne pouvait décemment pas, désormais, s'opposer à cette union contre-nature. Que cet Erebien pourrisse sur place pour l'avoir coincé dans une telle situation. Il savait les regards conjoints de Qasim et de Charlotte posés sur lui. Il se redressa dans son fauteuil, accordant une énième pensée haineuse à son voisin homologue, incapable de l'exprimer à voix haute dans cette situation. « Soit. Pas plus qu'un grincement, loin de sa voix chaude et sonore. Considérez-vous comme fiancés. » Une concession qui lui arrachait la langue et lui donna envie de s'arracher les cheveux.

Un couinement joyeux de Charlotte, qui prit dans ses mains celles de Qasim et s'élançait pour quelque chose comme un baiser passionné (« je rêve de vos lèvres brûlantes sur les miennes », il en avait fait des cauchemars à la seule idée des lèvres de sa fille effleurent celles de cet Erebien frondeur – oubliant volontairement qu'à son âge, il avait fait bien pire) quand il réagit rapidement, l'arrêtant dans son élan : « ÇA, vous faites ça ailleurs. » ÇA le baiser, les mains et tout. N'importe quoi. La Cielsombroise se leva de son fauteuil et vint l'embrasser à lui, sur la joue, de délicates larmes de joie coulant sur ses joues pâles : « Oh, mille mercis Papa, et vous aussi Sire. » Une profonde révérence à l'intention du roi d'Erebor, avant de se relever et de reprendre aussitôt la main de Qasim. Ils n'étaient donc pas capables de se laisser deux petites secondes ? Le temps de déguerpir d'ici, histoire que leurs pères ne soient pas pris de nausées et salissent le tapis ? Insupportables enfants. Il aurait mieux fait de la faire exiler aux Murmures. « Dois-je prévenir Maman ? Il retint un soupir. Oui, va prévenir ta mère. » Il prévoyait déjà le sourire vainqueur d'Aliénor, son sourcil haussé rieur, sa voix doucereuse l'interrogeant sur les négociations avec Anthim. De quoi alimenter sa rage. Après Aliénor, la nouvelle allait devoir être annoncé au peuple. AUX peuples. Que les Puissances les protègent. Les deux fauteurs de troubles quittèrent la pièce, cavalant affreusement joyeusement, laissant là les deux rois. Et les gardes, qui craignaient de voir une nouvelle bataille éclater entre les souverains. Même pas le cœur de les chasser, telle cette décision commune lui pesait.
Marier sa fille au fils d'Anthim. Si on lui avait dit cela, jadis, si une quelconque devineresse cielsombroise lui avait prédit cela, dans son jeune temps, il aurait bien éclaté de rire avant d'ordonner l'exécution de la personne. Jamais avec la descendance de l'homme avec lequel il s'était battu à Sinsarelle
Le silence, maintenant. Un silence encore remplit de leur hargne, de respirations désordonnées. « Que pensez-vous de requérir la présence de mesdames Amaté Chemsa et Mélusine, lors de nos futures rencontres ? » Une question qui n'en était pas une. Une suggestion plate et neutre qui allait être une obligation, s'ils voulaient arriver à quoi que ce soit avec cette décision qu'ils venaient de prendre. Tout cela par amour pour leurs enfants. Ô que ce sentiment pouvait entraîner n'importe qui dans la folie...

***

« Non, il viendra en Sombreciel. » Cela faisait une bonne heure qu'ils étaient là, entourés d'Amaté Chemsa et de Mélusine, qui se contentaient généralement de les retenir d'exploser. Le sujet du moment, qui les occupait depuis une bonne trentaine de minutes, était : était-ce Qasim qui allait devenir de Sombreflamme ou Charlotte qui allait devenir d'Erebor ? Un questionnement sur lequel les deux rois ne semblaient pas prêts à faire une quelconque concession, puisque leurs deux aînés étaient en question. Leurs deux aînés qui les avaient forcé, quelques mois plus tôt, à les fiancer. Une opération qui le débectait encore – surtout en voyant la joie débordante qui animait sa fille, même quatre mois suite à cette décision. Charlotte était sur un nuage, chantonnait sans cesse et multipliait les visites en Erebor, en plus d'accueillir très souvent son promis au palais. Même la population de Sombreciel, d'abord aussi assommée que lui, et avec raison, était emportée par l'euphorie de la princesse de Sombreflamme et la perspective de ce grandiose mariage. Les Cielsombrois adoraient le mariage. Il était devenu difficile de cacher son agacement face à cette débauche de bonheur naïf et avait bien été forcé de supporter la présence de Qasim à sa table et même de lui parler. Aimablement. Une faveur qu'il n'accordait en aucun cas à son géniteur, notons-le. Et qu'il se passerait volontiers de lui adresser encore là.

Ils étaient à deux mois du mariage. Et ils en étaient encore à ce point idiot. Ætheris était couché sur la table des négociations, sous sa forme de chat persan, signe plutôt positif de son actuel état d'esprit. Agacé, comme le trahissaient les mouvements de la queue du félin, mais en de bonnes dispositions tout de même. La première colère passée, la deuxième, la dixième également, il pouvait voir tout cela plus sereinement. Enfin. Il s'était fait une raison. À peu près. Il espérait encore que Charlotte et Qasim changent d'idée. Castiel soupira et finit par prendre un des parchemins, prêt à y apposer sa signature. « D'accord. Elle sera d'Erebor. Si son chat des sables n'est pas un signe du Destin à ce sujet... »

À vrai dire, à bien y réfléchir, il ne voulait aucunement d'un Erebien sur son trône.
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MessageSujet: Re: De sable, de roc, d'esprit et d'amour   Lun 28 Oct - 20:10

Il avait évité de croiser le regard de son homologue. Oh il savait déjà ce qu'il allait y voir, de l'étonnement, mais aussi de la colère – comme toujours – et de la haine – pour ne pas changer. Si l'on était totalement honnête, le regard d'Anthim n'était pas différent, mais animé par la lueur froide de son caractère et de la maitrise qu'il avait. C'était vrai, le Roi d'Erebor était beaucoup moins porté par ses sentiments et ses passions que ne l'était le Roi de Sombreciel, c'était d'ailleurs ce qui marquait l'une de leur nombreuses différences, et n'était sans doute pas la seule source de conflit dans leur caractère respectif. Toute l'existence de l'autre était remise en cause à les écouter. Néanmoins, Anthim était plus à même de comprendre la réaction de Castiel, puisque si l'inverse s'était produit, il aurait sans doute eu la même réaction à l'exactitude, les mots en plus peut être. Et à la réflexion, même si cette solution était la plus envisageable et la moins couteuse concernant la vie de leur progéniture, ce n'était pas la plus agréable. Devenir le beau père d'une de Sombreflamme... Si il avait pu, il aurait pâli rien qu'à l'idée qui le rebutait de toute les façons. Et pourtant, c'est ce qui allait arriver, inévitablement. Ignorant parfaitement le regard plein de haine de Castiel, il l'entendit néanmoins confirmer ses propres paroles, le même ton que le sien dans la voix, les mots hachés et surtout l'envie profonde d'être ailleurs, comme au fond d'un puits. Au moins, les deux héritiers étaient content, c'était une bonne chose. Même si leurs pères eux allaient avoir du pain sur la planche, un boulot monstre mêlé à une entente bancale et passablement risquée. Anthim évita de regarder son fils qui l'avait remercié par un sourire complet, mais qui n'avait pas tardé à être rappelé par sa chère... fiancée. Dieu que le mot lui brulait les pensées. Le Roi de Sombreciel le prit de court d'ailleurs pour les inciter à aller faire leur démonstrations amoureuses plus loin, ce qu'il approuva avec une grande conviction, malgré le silence dans sa voix.

Et maintenant, il était temps de réfléchir à tout ce qu'il fallait faire, et en premier lieu avertir le peuple. Quelle belle perspective en vue. Le Roi était certain que Castiel avait la même appréhension à l'idée de le faire. Ils étaient dans de beaux draps. Non vraiment, ces deux gamins ne se rendaient pas compte de la chance qu'ils avaient, ni des efforts qui allaient être mit en œuvre pour parvenir à les rendre heureux. Anthim en connaissait une autre qui allait apprécier la décision Amaté Chemsa n'avait nullement caché ses préférences de voir les deux royaumes unit, et quelle meilleurs union que celle par le mariage ? Il entendait d'ici sa voix amusé et accompagné son sourire vainqueur. Tout semblait bien plus simple à l'époque où les deux Rois s'étaient rassemblés à Sinsarelle pour une mise au point claire et nette concernant leurs deux royaumes. Mais les choses avaient évolué, et ce n'était pas un coup de poing par si et un œil au beurre noir par là qui réglerait les choses. Même si ils feraient sans doute beaucoup de bien. Cela dit, le combat était déjà passé, et c'était à présent la sensation blasée qui s'insinuait partout. Néanmoins, Anthim sourit à la remarque de Castiel. Humour ou pas, il n'avait pas tort. C'était le meilleur moyen de préserver l'entente...

« Elles ne seront pas trop de deux. »

***

Impossible entente... Vraiment.

« On ne va pas revenir dix fois sur la décision, Castiel. » Marmonna Anthim en appuyant définitivement bien sur ce dernier mot.

Depuis des heures – quoique c'était une façon de voir – que cette discussion était sur le tapis, et des heures que les deux Rois se disputaient pour des broutilles qui auraient pu être réglées séance tenante avec un peu d'écoute. Mais c'était bien trop demander à ces deux têtus qui tenaient véritablement à avoir le dernier mot.

Trois mois déjà que l'annonce d'un mariage entre les deux royaumes avait été mis au grand jour. Si Anthim avait été surprit de la réaction des Cielsombrois, il l'était encore plus des Erebiens qui n'avaient pas opposé une si grande révolte à l'idée. Il y avait eu des controverses oui, certains clamant haut et fort que c'était une erreur, mais dans les grandes lignes, tout le monde avait plutôt bien reçu la nouvelle. Ce qui laissait le Roi avec un goût amer dans la gorge, se sentant presque le seul en opposition avec le mariage de son fils. Quoiqu'il y avait bien toujours Castiel, mais il fallait croire que dans l'adversité, ils s'entendaient. Tout du moins, chacun des deux souverains espéraient que leur enfants abandonneraient encore l'idée folle de se marier. Mais vu leur état de bonheur, c'était trop demander. Combien de fois ces derniers mois Vivedune avait-elle reçu la visite de la Princesse Charlotte ? Combien de fois Anthim avait-il du l'accueillir à sa table et à sa Cour pour le bon plaisir de Qasim ? L'amour fou régnait entre ces deux enfants et tendait à ravir le cœur de tout ceux qu'ils croisaient. Le Roi aurait aimé y échapper, mais il devait avouer qu'il arrivait plus facilement à adresser la parole à la fille qu'au père. Il ne fallait pas non plus aller jusqu'au miracle. Si l'entente entre Erebor et Sombreciel allait s'améliorer, ça ne changerait rien des relations entre les deux souverains. Là dessus ils étaient aussi d'accord, pas question de s'apprécier plus que de raison ! Une haine courtoise et dans les formes, c'était le minimum.

Était-ce un élan d'espoir qui apparaissait dans le regard d'Anthim alors que Castiel prenait la plume pour enfin signer ce foutu papier et qu'on passe à des choses plus importantes ? Vrai quoi, le choix de la couleur des napperons sur les tables étaient d'une grande importance, et surtout moins sujet à des heures de discussion pour un oui ou pour un nom. Bien évidemment, le choix de son homologue ne le ravissait pas particulièrement – en étant honnête, aucune décision ne plaisait au Roi – car il avait en horreur de savoir une Cielsombroise et une de Sombreflamme de surcroit sur le trône d'Erebor. Mais son fils resterait le souverain, dans son pays natal, et ça au moins, c'était le point positif. Le seul. Plus loin, Amaté Chemsa et Mélusine discutaient dans quelques chuchotement, l'œil alerte si quelques mots devaient être plus haut que l'autre. Pas grand risque.

« Bien, signez qu'on en finisse. »

Tout cela durait depuis trop longtemps. Dans un soupir, il jeta un œil à l'un des parchemins, annonçant date du mariage et autres réceptions, invités... Tient d'ailleurs, ceux ci étaient d'un nombre incalculable. Rien qu'en comptant la famille Nightingale et leurs héritiers trop nombreux...
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