Sujet: Re: Intrigue #1 - Le Seuil Lun 13 Juin - 19:34
Dragonvale. Je ne parvenais toujours pas à y croire. Le sang de mes ancêtres, le cœur de mon duché, l'âme des magiciens. Dragonvale, Ô Puissances... Je l'avais refusée. Je lui avais tourné le dos. Et pourtant je m'y trouvais, bel et bien – mes yeux apercevaient au loin les montagnes où nichaient sûrement les Dragons, et les tours se dressaient à mes pieds, mille passerelles s'élançaient dans le vide, des cascades dégringolaient en chantant le long des murailles. Le vent soufflait et agitait les feuilles des arbres dans les vergers, sur les terrasses et même sur certains toits – les briques chatoyaient, certaines se parant de couleurs flamboyantes qui étincelaient à la lumière du soleil. Dragonvale. Je m'étais totalement détachée des discussions derrière moi – je n'avais d'yeux que pour la merveille des merveilles, la splendeur sublime qui cristallisait l'espoir de tout un peuple, le foyer des Nightingale. Mes ancêtres avaient foulé ces dalles. Ils avaient respiré cet air, éveillé les échos de leurs voix qui peut-être s'attarderaient encore dans quelque recoin isolé de ce chef-d'œuvre architectural. Mon cœur vibrait. Mon sang pulsait. Je le sentais dans chacune des fibres de mon être : j'étais d'ici, bien plus que de Shivering Soul ou de Lorgol.
Dragonvale. La lutte contre Augustus l'érigeait en oriflamme opposée à la tyrannie, comme antithèse lumineuse de sa ténébreuse domination : et j'avais enfin la preuve qu'elle n'était pas qu'une chimère perdue dans la brume, qu'un conte de grand-mère désabusé et stérile. Dragonvale ! Je la sentais couler en moi, diapason de mon âme qui s'exaltait au retour au bercail de la lignée glorieuse qui m'avait engendrée. Je m'y sentais chez moi – une part inconsciente de ma psyché reconnaissait les créneaux, les cimiers et les clochers, les balcons, les embrasures et les balustrades. Une quantité de générations de Nightingale s'étaient succédées ici, naissant, grandissant, mûrissant et mourant en ces lieux, les peuplant de leurs cris, de leurs soupirs, de leurs larmes et de leurs sourires. L'émotion étreignait puissamment la femme encore peu sûre d'elle que j'étais : j'avais trouvé un havre de paix, un port sûr pour jeter l'ancre. Au fond de moi, je savais bien qu'il me fallait retrouver le chemin de Lorgol et mon rôle d'Oracle de la Confrérie Noire : je portais bien trop le goût du sang sur mes lèvres pour renoncer à la Main de la Nuit. Mais pour l'instant, pour quelques minutes ou quelques heures, je serais de Dragonvale, magicienne et enfant des arts ancestraux rentrée au pays. Un regard, un souffle, un murmure : j'étais amoureuse de l'Académie comme l'oiseau aime son nid. Dragonvale...
« Restez là si vous préférez parler. Je veux en voir plus – je veux sentir les dalles sous mes pieds, l'air siffler à mes oreilles et les échos résonner en moi. Je vais visiter l'Académie et trouver moyen de rouvrir ce portail – libre à vous de rester ou de me suivre. »
J'avais coupé court aux discussions. Mes jambes fourmillaient du désir d'explorer, et soudain je me faufilai par la trappe qui menait aux étages inférieurs. Le souffle coupé par la splendeur du planétarium que je découvris, je marquai une pause, en fis le tour, bouché bée – magnifique, tout simplement. Magnifique... Puis je repris ma course folle et dégringolai l'escalier interminable qui menait au pied de la tour, et de là, je me jetai au hasard dans un couloir rectiligne. Mon cœur battait follement, tambour qui rythmait mes pas effrénés, et l'espoir de la liberté accompagnait ma course débridée, sensation euphorisante qui m'aurait presque donné des ailes. De coude en coude, de couloir en couloir, m'engouffrant sous des arches désertes, je finis par déboucher, un peu essoufflée, mais émerveillée, devant une statue monumentale qui trônait fièrement, dans ce qui devait être le grand hall de l'école.
Les larmes me montèrent aux yeux. C'était un dragon. Un dragon souverain, la posture altière, le regard de ses yeux de saphir porté au loin, vers l'infini. Les portes massives étaient closes, mais ses prunelles semblaient les transpercer. Quel âge pouvait avoir cette statue ? Je n'en savais rien, mais sa dramatique majesté m'écrasait de sa solennelle présence, et en cet instant précis, j'aurais tout donné, tout sacrifié, pour le droit d'exister en ces lieux, d'y prendre place et d'y demeurer à jamais. J'étais comme l'enfant perdue qui rentre à la maison et retrouve les bras de ses parents après une longue errance : Dragonvale était ma mère aimante et j'étais une orpheline meurtrie par la vie, par cette existence de cruauté et de solitude que je menais. Je ne voulais pas repartir, et pourtant il le fallait, je le savais. Un instant, rien qu'une minute, je restai là, agenouillée aux pieds de ce dragon de pierre dont j'implorai désespérément la sagesse infinie. J'avais besoin de conseil, j'avais besoin de chaleur – tout ça d'un coup, c'était presque trop pour moi. La magie qui avait procédé à la construction des lieux m'environnait de toutes parts, et mon propre pouvoir pulsait en sourdine, n'attendant que d'être libéré, dompté, chevauché pour m'emmener glorieusement jusqu'au firmament où scintillaient les noms des anciens de ma lignée. Dragonvale était une promesse, Dragonvale était un espoir, Dragonvale était la liberté. Une nouvelle résolution grandissait en moi, alors que j'attendais près de cette égérie trônant depuis des temps immémoriaux à l'entrée de l'Académie. J'allais trouver le moyen de faire fonctionner ce fichu portail. Et je reviendrais. Souvent. M'abreuver ici de cette vie flamboyante qui faisait tellement défaut à Lorgol qui me paraissait soudain bien triste en comparaison de la magnificence qui s'offrait à mes yeux.
Bon, mais d'abord – où aller ? Peut-être faudrait-il que je retrouve les autres...
Sujet: Re: Intrigue #1 - Le Seuil Mar 14 Juin - 2:55
Puisqu’Enguerrand avait la même capacité de concentration qu’un petit chiot, il se détourna de Soltana et fixa un moment les murs de Dragonvale, impressionné de se trouver dans cet endroit pourtant fermé aux gens qui ne maîtrisaient pas la magie. L'acadamie était tout simplement fascinante et le fantasque assassin se sentit tout à coup prisé d’être ici, dans cet endroit maintenant inaccessible depuis qu’Augustus gouvernait. Aucune magie ne coulait dans les veines d’Enguerrand, mais il avait bel et bien l’impression que quelque chose de puissant habitait les lieux. Il avait aussi l’impression de s’être envoyé un tas de potions hallucinogènes tellement cet endroit respirait la magie et le rêve. Oui, en ce moment même, c'était comme s'il était à Euphoria, noyé de potions qui lui causaient d’amusantes chimères. Décidément, Enguerrand aimait Dragonvale et son aura magique.
Bientôt, ses pas l’éloignèrent du groupe. Les fleurs qui parsemaient le parterre se balançaient au rythme du vent et Enguerrand pouvaient sentir leur parfum caresser ses narines. Leur couleur l’hypnotisait et en tant que jardinier en herbe, il espérait tomber sur un jardin qui refléterait la beauté des lieux. Il suivit le chemin tracé par les plans de pétunias, d’églantiers, de marguerites…Un saule pleureur trônait au milieu d’un cercle de banc en pierre un peu plus loin et l’assassin décida de s’y rendre, aucunement conscient de ce que faisait tout les autres, incluant sa petite Svania. Explorer, profiter de cet orgasme intellectuel, voilà ce qu’il avait envie de faire, car il avait véritablement envie de parfaire ses connaissances sur Dragonvale. Il fouilla dans sa mémoire, à la recherche d’informations qu’il avait glané par ci par là durant une bonne partie de son existence, mais qui avait un rapport avec Dragonvale et son histoire. S’il y a bien une chose qui caractérisait Enguerrand, outre son extravagance bien sûre, c’était sa mémoire encyclopédique. L’assassin était cultivé et connaissait très bien l’histoire de chaque duché, incluant Dragonvale, cette académie tant maudite d’Augustus.
Plongé dans ses pensées et sous le charme des lieux, il dépassa bien vite le saule pleureur et le cercle de banc de pierre, pour s’éloigner de plus en plus du groupe. Après maintes minutes d’exploration, il parvint enfin au jardin, qui lui coupa le souffle : magnifique! Enguerrand poussa une petite exclamation de joie et il se jeta à genoux près d’un plan de cosmos, tout sourire aux lèvres. Elles lui semblaient très bien entretenues, ce qui soulagea Enguerrand. L’assassin se releva et il entendit le chant d’une tourterelle. L’assassin la suivit des yeux lorsqu’elle virevolta jusqu’à la branche d’un pommier, rempli de pommes rouges et qui lui semblaient délicieuses à souhait. Cependant, son regard s’attarda soudainement sur la plus belle chose qu’il n’est jamais vu. Enguerrand ouvrit de grands yeux ronds et s’avança vers le pommier : sous lui, une magnifique rose tenait sous une cloche de verre, que l’on avait posé sur un socle de pierre. Son rouge était vif et elle semblait brillée, lui donnant un éclat qui fit frissonner le jardinier en herbe. Enguerrand se pencha pour la regarder de plus près, complètement sous le charme de cette jolie chose. Il pourrait l’offrir à Jodhaa, sa rose à lui. Inconscient du danger qui planait peut-être sur lui, l’assassin enleva la cloche de verre et avança sa main pour toucher les pétales. Tout à coup, il y eut comme un tremblement de terre et confus, Enguerrand regarda autours de lui. Le tremblement se fit plus insistant et l’assassin regarda la cloche de verre et ensuite la rose. Vilain! Il s’empressa de remettre la cloche de verre à sa place en s’adressant aux lieux :
-Ce n’est pas moi, je le jure!
Tout à coup, quelque chose d’invisible le bouscula de plein fouet et Enguerrand s’écroula de tout son long par terre. Oups, il avait l’impression qu’il était dans de beaux draps maintenant.
Sujet: Re: Intrigue #1 - Le Seuil Ven 17 Juin - 9:07
Je suis là, moi aussi, même si je n'ai point été cité par ma sœur, à qui je garde bien de faire savoir ma présence. Malgré ses prévenances, je n'avais pas pu m'empêcher de la suivre dans les rues de Lorgol, caché de ses regards, tandis qu'elle conversait avec notre cher Enguerrand Sigbelian; et j'avais été emporté comme eux tous, par conséquent, dans ce lieu de haute magie, que j'avais deviné presque au premier coup d’œil comme étant l’époustouflante académie de Dragonvale. Quelle autre puissance aurait pu nous contraindre à entrer en son mystère ? Encore une fois, je me suis trouvé au bon endroit, au bon moment, comme si une force invisible s'amusait à me pousser sur le passage des héros, pour m'entrainer vers mon destin. Quel est-il, je l'ignore, mais je sais qu'il a toujours lié des relations étroites avec celui de Svanhilde, ma petite Svania; et de ma propre volonté, je n'existe que pour la protéger. Tandis qu'ils s'attardent aux présentations, je commence une exploration méthodique et silencieuse des alentours, à commencer par les intérieurs, où je trouve des ouvrages qui me renseignent sur la nature des enseignements délivrés ici : l'astronomie, étude des astres et du ciel. Si je disposais de plus de temps, j'apprécierais sans doute une lecture instructive, mais une lueur éblouissante m'attire vers une alcôve donnant sur l'air libre, et je ne puis consciemment résister à son appel. Je m'approche donc, m'appuyant sur les bordures de marbre sculptées, et je découvre avec la même fascination que mes compagnons, de l'autre côté de la Tour, le paysage incroyable qui s'offre à ma vue.
Je souris devant tant de splendeurs rassemblées, dans un équilibre parfait, qui ne peut pourtant être maintenu que par de puissants enchantements, je le devine. Chaque fleur semble répondre à un besoin d'esthétique précis, essentiel, sans laquelle le tout ne pourrait prétendre à tant de beauté, les subtils détails de l'architecture formant un ensemble fascinant, peu importe où se pose le regard. Être là me donne un instant l'impression de faire réellement partie de cet univers, aussi important que le moindre de ses disciples, le plus grand de ses mages... Mon sourire se fane un peu, ma raison me rappelant brusquement que mon devoir est ailleurs. Pourtant, ce frissonnement qui parcourt tout mon corps, cet afflux de magie qui me traverse, s'insinue dans mon sang, je ne puis nier que je le possède, aussi surement que je refuse d'y prétendre. Néanmoins, je me permet, encore un peu, de respirer cette atmosphère interdite, d'oublier la cause, et d'imaginer que mon âme n'est point trop entachée de sang pour être plus que celle d'un assassin. Réflexion plutôt ridicule, pour le second de la Confrérie Noire, pour celui qu'on appelle l'Armure, et qui utile ses dagues comme principal moyen de communication.
Je finis donc par m'arracher à cette pernicieuse contemplation, qui ne m'apporte plus qu'un sentiment de malaise désagréable. Trop parfait est cet environnement, trop pur, pour que j'ose le souiller plus longtemps de vains espoirs, qui n'en sont peut-être même pas, car je ne désire rien de la sorte pour moi même. Là où j'ai posé mes paumes, la pierre montre à présent de petites craquelures brillantes, signe que je refuse de voir en tant que tel. Je détourne donc mon regard, posant mes doigts sur la garde du poignard attaché à ma ceinture, avant de m'aviser des mouvements de mes compagnons de fortune. Certains semblent encore en grande discussion, d'autres ont déjà quitté le balcon pour une quelconque exploration plus approfondie. J'ai juste le temps d'apercevoir la chevelure dorée de Svanhilde qui disparait dans la trappe menant aux étages inférieurs. Un homme sombre, au port noble, prend sa suite. J'ai le temps de lire sur son visage une expression qui ne me plait guère, mélange d'envie et de démence, et Enguerrand, qui aurait du veiller sur ma sœur, n'est déjà plus là. Il me faut donc sortir de l'ombre, ne connaissant pas d'autres chemins plus discrets, pour me lancer derrière eux.
J'accorde à peine un regard froid aux inconnus qui attendent patiemment la suite des évènements - regard qui me suffit à évaluer leur nombre, et le danger qu'ils pourraient représenter. Un homme, que j’identifie immédiatement comme Liam D'Outrevent, chef des rebelles et allié, bien qu'il désapprouve les méthodes plus radicales de la Confrérie. Deux femmes brunes, guerrières, semblent dans une hésitation intense. Si elles n'ont pas encore sortis les armes, elles ne les sortiront pas pour moi, c'est évident, la situation fait qu'il y a bien d'autres choses à régler avant d'attaquer n'importe qui, n'importe comment. Je ne dis pas un mot, je sais que mon comportement trahi mes origines. Je dois au contact et à l'éducation des Nightingales une allure noble et fière, un visage grave qui impose le respect dû aux puissants; et aux entrainements des assassins, une démarche souple et menaçante. Je passe sans plus de cérémonie devant le rassemblement de jeunes blondes, vêtues de riches apparats, qui sont courtisanes ou magiciennes, indifférenciées à mes yeux. Enfin, je m'engouffre dans les escaliers où s'est enfuie Svanhilde, pressé par le besoin de ne pas la perdre dans ces dédales.
Après une longue course dans les couloirs immenses des bâtiments, me fiant aux pas et aux échos de voix que j'entends, j'arrive au hall de l'école, où trône un fier Dragon, symbole du pouvoir qui règne en ces lieux. Je ralentis mon avancée, restant assez loin pour observer ma sœur sans réciprocité, afin de la laisser profiter de l'intime émotion que lui procure la statue, et que je sens presque vibrer autour d'elle, en vagues nostalgiques. Je ne peux croire qu'elle appartient à ses murs, et qu'il me faudra l'abandonner un jour pour qu'elle les rejoigne, et malgré tout, devant ce spectacle, je suis forcé de m'y résoudre. L'inconnu aux airs louches n'est pas loin, et mes prunelles se posent sur sa silhouette, qui a elle seule ne m'inspire pas plus de confiance que j'en aurais pu avoir envers le dragon s'il fut de chair et d'os. Le déshonneur que me procure l'espionnage ainsi fait contre Svanhilde m'incline à me montrer; aussi, j'avance vers ce couple étrange, une morsure désagréable me nouant l'estomac à cette vue, pensée dont je ne présente aucune marques externes, demeurant impassible comme toujours.
- Déjà enfant, tu promettais des promenades tranquilles, et je te retrouvais en grands ennuis. Dans quelles aventures m'as-tu conduit cette fois-ci ?
Mon reproche est amusé, et je l'accompagne d'un léger hochement de tête, politesse envers son rang, ébauche de révérence respectueuse, que je n'accorde qu'à elle. Je crois qu'il y a plus derrière ces paroles, dont je suis au quotidien si avare en public. Un avertissement, peut-être, pour cet intrus, qui ne sera jamais aussi proche d'elle que je le suis ? Mes prunelles glacées se posent d'ailleurs sur lui, méfiantes, et peut-être, malgré moi, brillant d'une infime lueur de défi, que je ne contiens pas. Son nom est inscrit dans les documents de la Confrérie, accompagné d'un portrait suffisamment ressemblant pour m'ôter tout doutes à son sujet. Castiel de Sombreflamme. Un lunatique, débauché, dont les allégeances sont encore à l'étude. Néanmoins, j'attends de voir s'il se présente, pour aller plus loin dans mes conclusions.
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Spoiler:
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Sujet: Re: Intrigue #1 - Le Seuil Ven 17 Juin - 16:36
La guerrière qui les avait accompagné, par un miracle étrange, se présenta sans plus de cérémonie, et posa une question dont la réponse semblait évidente et même ridicule. Le sourire de Castiel prit des airs plus méprisant, plus supérieurs encore si cela était possible. Les faire repartir ! La belle affaire, elles ne semblaient même pas exactement comprendre comment elles avaient réussi à les faire venir jusqu'ici... Toutefois, il ne dit rien et se contenta d'approuver la guerrière d'un signe de la tête. En effet, elle n'avait pas sa place ici, tout comme Soltana et lui-même. Des magiciens et puis quoi encore ! Comme s'il avait la moindre once de magie dans ses veines... tss. Plus rapidement que les autres, pendant qu'un homme inconnu venait s'adresser à son garde du corps, Castiel s'éloigna du groupe. Toutes ces mondanités soudaines ne lui plaisaient pas et le court voyage avait chaviré son cœur, le mettant au bord de ses lèvres. Reprendre pied dans la réalité était difficile, surtout dans une telle réalité... enfin, réalité, nous sommes d'accord qu'ici, rien n'était réel. Et puis, ses yeux n'étaient pas assez grands pour voir toutes les merveilles qui s'y présentaient. Pas assez immenses pour avaler la magnificence de l'architecture du lieu, les cascades claires qui se jetaient dans un abysse d'inconnu, la nature qui s'épanouissait autour d'eux comme dans un paradis inespéré. Peut-être était-il tout simplement mort ? Peut-être son âme meurtrie et corrompue avait-elle finalement trouvé le chemin de la rédemption, pour atteindre cet univers de perfection incandescente ? Quelque chose en lui lui hurlait de s'avancer vers ce palais imposant, le poussait vers la découverte de ce que les autres avaient osé appeler Dragonvale. Dragonvale... un mythe, une fabulation, et il y serait ?
Un mouvement : Svanhilde partait. Où donc ? Il ne le savait pas, il n'était pas télépathe, voyons ! Mais elle partait et lui, aimant attiré par sa posture altière et la délicatesse de son être, il n'avait envie de que la suivre... Le duc se tourna vers son garde du corps, qui était étonnamment silencieuse depuis quelques minutes. Ça ne lui ressemblait pas.
« Soltana, je pars. Faites donc ce qui vous plaît, de toute façon, c'est ce que vous faites toujours. »
Une pointe de hargne dans la voix de Castiel, avant qu'il ne quitte en descendant par la trappe où Svanhilde avait déjà disparu. Les couloirs qui défilaient devant ses yeux ne lui disaient rien, ne réveillaient rien en lui, mais ne faisaient que serrer de plus belle, son coeur dans sa poitrine. Il sentait qu'il était devenu chat, incapable d'être panthère dans toutes ces émotions qui se brisaient à l'intérieur de lui. Le duc ne mesurait pas son pas, qui était en fait rapide, saccadé, n'entendait pas les bruits qui couraient sur les murs de l'Académie, il ne pensait qu'à son cœur qui se serrait dans un étau à l'intérieur de sa poitrine. Il ne vivait pas la magie comme le vivait la duchesse de Nightingale, il ne ressentait pas cette extase délivrante, toute cette émotion. Non, il n'était que sa magie qui se consumait à l'intérieur de son corps, cette magie qui le brûlait aussi rapidement que les drogues. Il déboucha, par un miracle d'orientation, dans le hall de l'Académie, tout juste derrière la blonde meurtrière. Le silence est d'or dans ces lieux et, lentement, va derrière la jeune femme, encore agenouillée devant l'imposante statue d'un dragon. Un dragon qui, de ses yeux de saphir, dévisage le duc dans un regard dérangeant. Il ne se sent pas à l'aise dans cet endroit, il n'est pas son fils comme peut l'être la duchesse. La main de Castiel sur l'épaule de la jeune femme et un murmure rauque passe ses lèvres :
« Vous le sentez, vous aussi. »
Le ? Ce « le » était fort nébuleux, mais bien présent. Un « le » sur lequel il n'avait pas de mot, que ce poids dans son ventre. Une voix d'homme attira son attention, le faisant se retourner et retirer prestement sa main de l'épaule de la duchesse. Qui donc était ce vil maraud qui venait distraire, à cet instant, le duc de Sombreciel ? Sans se présenter, de surcroît, comme s'il avait tous les droits ! La politesse n'existe plus, en ces lieux... surtout lorsqu'elle ne s'adresse qu'à la jeune dame à mes côtés. Un regard à Svanhilde, qui est-il donc ?, et les yeux sombres de Castiel se posent à nouveau sur l'impertinent.
« Je ne crois pas que mademoiselle Nightingale puisse promettre quoi que ce soit de tranquille. »
Vil sous-entendu, un pas de côté pour établir une distance plus protocolaire entre son corps et celui de la dame, pas de présentations en vue. Cet homme ne lui inspirait rien, si ce n'est méfiance et antipathie.
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Sujet: Re: Intrigue #1 - Le Seuil Dim 19 Juin - 19:16
Ailen se retint au dernier moment de pousser un énième soupir excédé. Ca ne changerait rien à la situation ni à son humeur massacrante. Alors en attendant que quelqu'un daigne faire quelque chose d'un peu sensé, la jeune guerrière s'absorba dans la contemplation de ce qui l'entourait. Elle n'avait jamais rien vu d'aussi beau, d'aussi majestueux et d'aussi émouvant à la fois. Les mots lui manquaient pour exprimer ce qu'elle ressentait à ce moment précis -sa colère mise à part. Bien sûr que ça n'égalait pas ce que pouvait ressentir Svanhilde, qui elle semblait complètement bouleversée. Mais l'idée de se tenir dans un lieu vu comme une légende n'était pas anodin non plus. Mais sûrement que d'autres se sentaient à leur place ici. Ailen, au contraire, sentait dans tout son corps qu'elle n'était pas la bienvenue ici. La magie ambiante la mettait mal à l'aise. Le mouvement autour d'elle la sortit de ses pensées. Quelques personnes du groupe venait de partir on ne savait pas où pour on ne savait quelle raison, alors qu'ils étaient loin d'être sorti d'affaire. Ailen jeta un coup d'œil à Soltana. Elle savait que si elle restait calme en apparence, une tempête devait prendre forme en elle. Toutes deux gardaient un visage certes impassibles, mais Ailen jubilait d'avance de voir Soltana en action et de pouvoir éventuellement partager ça avec elle. Qu'importe soit la raison. Elles se ressemblaient au fond bien plus qu'Ailen ne voulait bien l'admettre. La main toujours sur son sabre qu'elle avait rengainé, elle regarda le groupe s'éparpiller. On est cerné par des incapable. Et cette douce pensée allait à quelqu'un en particulier, qui venait de prendre la parole pour brasser du vent et quitter d'une manière ridiculement théâtrale la pièce où tous se trouvaient. Pour peu, le ton employé par le Seigneur de Sombreflamme aurait fait sourire la jeune femme. Elle jeta un coup d'œil à Soltana et essaya de déchiffre son expression en vain.
Ailen ne pouvait se l'avouer consciemment, mais en réalité, elle était complètement perdue. Formée depuis toujours à suivre des ordres de quelqu'un d'autre, prendre une décision par elle-même restait une démarche assez complexe pour elle, bien que personne ne puisse le soupçonner. Trop fière pour l'admettre, cette tare restait bien dissimulée au fond d'elle et elle faisait passer pour de la réflexion. Enfin, c'en était, mais différente de celle qui pèse le pour et le contre, plus une méditation sur les possibles réactions des gens à propos de ses actes ou ses paroles. Pourtant, cette fois, la décision fut brève et rapide. Les autres avaient raison, ce n'est pas en restant dans cette salle à se demander comment ils avaient atterri ici qu'ils trouveraient un moyen de s'en sortir. Et au fond d'elle même, Ailen rêvait de voir un dragon, un vrai. Il y avait de forte probabilité pour que ça n'arrive jamais, mais elle se trouvait dans l'écoles qu'Ils avaient fondés ! Sortant cette fois une dague -sans arme, elle se sentait nue-, elle s'aventura à son tour dans Dragonvale et se glissa à son tour par la trappe. Elle avança quelques instants dans un couloirs, lentement, prêtant attention à tout. Le moindre souffle de vent. Le moindre mouvement. Le silence aussi. Diable, il n'y avait personne dans cette académie, exception faites des deux greluches à l'étage ? Puis, Ailen déboucha sur une passerelle.
La vue lui coupa le souffle. Elle se tenait au sommet du monde. La vue était incroyable et vertigineuse. D'ici, elle avait une vue impressionnante de l'Académie. Elle voyait les tours majestueuses s'élever vers le ciel comme si elles voulaient l'atteindre. La vue plongeant donnerait le vertige à n'importe qui. Pourtant la jeune femme s'approcha du rebord. Elle avait une vue plongeante sur une cour où quelques personnes se tenaient. Elle ne pouvait ni bien les voir, ni même les entendre, pourtant, elle sut qui étaient ces personnes. Elle resta quelques instants à contempler cet endroit incroyable avant se décider de bouger à son tour. Elle traversa la passerelle et se retrouva dans un autre corridor, très long, bordé de portes closes. Elle s'approcha de la première et tourna la poignée. La porte s'ouvrit sans difficulté et la guerrière pénétra à l'intérieur. C'était une salle de cours des plus banales, du moins, comme Ailen se les représentait, avec des pupitres de bois, une estrade pour le professeur, un tableau. Elle avança dans salle, ne produisant aucun bruit, tous ses sens en éveil et sur ses gardes. Dans une école de magie, on pouvait s'attendre à tout, et la jeune femme était parfaitement conscience que contre une arme invisible, elle serait impuissante. Le fait que personne ne se trouve dans cette école restait un fait tout de même perturbant : les deux jeune filles qui les avait fait venir n'étaient sûrement pas seules à s'être réfugiées dans ce lieu, non ? Où étaient tous les autres ?
Elle quitta la salle et longea le couloir, plongé dans un silence religieux. Elle descendit un grand escalier et se retrouva dans une petit jardin, où l'un des hommes qui accompagnait Svanhilde se trouvait. Elle observa sans se faire remarque son petit manège avec la rose mais ne fit pas un geste pour venir en aide à l'homme lorsque la terre trembla et que quelque chose le projeta à terre. Elle se contenta de le fixer de son air neutre. Cernés par des incapables, c'était bien ça ?
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L'art du guerrier consiste à équilibrer la terreur d'être un homme avec la merveille d'être un homme.
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Sujet: Re: Intrigue #1 - Le Seuil Lun 20 Juin - 10:29
Là, ce n'est plus une situation étrange parmi d'autres. C'est LA situation étrange par excellence. Au départ, c'était juste une mission comme une autre : repérer les allées et venues d'un riche notable de Lorgol. Alors que j'attendais au coin d'une rue que passe son carrosse, il y a une quelque chose, je ne sais pas quoi. La vision que j'avais de Lorgol s'est brouillée, fondue, elle est devenue floue, et puis je me suis retrouvé ici.
Et qu'est-ce qu'ici, au juste ? Manifestement, une tour d'astronomie. Magnifique architecture, au passage, avec ses marbres. J'observe les personnes en présence. Une belle série de nobles, tiens. Et oh ! Denise Saldenow. Un sourire mauvais passe sur mes lèvres. Je tire mon épée d'un pouce de son fourreau, mais me ravise. A priori, seul Dolph m'a destitué. Je ne vais pas me mettre a passer tout le monde au fil de l'épée pour la moindre contrariété.
Sans dire un mot, sans que personne ne me remarque, je pars à la découverte des lieux, quittant la tour. D'autres font comme moi : je vois Enguerrand partir dans une autre direction, suivit par une guerrière.
Arpentant les couloirs, je m'aperçois que je suis les traces de Sigvald, qui lui meme semble suivre celle de sa soeur...et du duc de Sombreciel. Curieux, mais pas si impossible que ça. Je ne connais Castiel que de réputation, mais on me l'a décrit comme un homme assez étrange. Rare sont ceux qui arrivent correctement à le cerner.
Bon, cela ne me dit pas où je suis. Serait-ce comme je le devine, Dragonvale ? Mon chemin m’amène sur une des passerelles du bâtiment. Là, j'embrasse du regard la plus belle vision qu'il m'est été donnée de voir. Les tours blanches montent comme des flèches. Chaque détail, chaque pierre, je peux tout distinguer clairement. Et tout ce que je peux dire, les seuls mots que je peux murmurer, empreint d'un coup d'un sentiment de respect devant les vénérables murs de Dragonvale sont :
"L'académie..."
Je continue mon chemin. Je ne cherche pas spécialement à retrouver les autres. Ni à sortir de là. Pas pour l'instant, en tout cas. D'abord, il faut que j'explore cela. L'académie légendaire de Dragonvale, rendez-vous compte. Allons-y. Il faut que je voie un dragon. Il faut que je sache si ce qu'on dit est vrai, s'ils sont là...
Les gens se dispersent et les groupes se forment, selon diverses intentions, parfois d'une honnêteté douteuse. L'exploration des lieux se fait sans fin, l'Académie recèle après tout plusieurs secrets, mais la porte de sortie ne se présente toujours pas. Que faudra-t-il pour la trouver ? Peut-être une intervention des mages qui ont provoqué votre arrivée ici, ou encore de ceux qui n'appartient pas à cet univers étrange. Quelque chose tente de vous chasser de l'Académie. Seuls sont bienvenus en son ventre ses enfants, ceux qui portent les pouvoirs de leurs ancêtres et savent les accepter. Les autres, quant à eux, ne sont qu'intrus et potentiel danger. Peut-être la solution est-elle là.
Les manifestations magiques varient, les dangers également, donc libre à vous de dire les effets de ceux-ci sur vos actions. Peut-être même trouverez-vous comment sortir ?
Vous avez dix jours pour poster, donc jusqu'au 28 juillet, 20 heures (heure française). Vous pouvez poster une à deux fois chacun. Bonne chance...
_________________ « On me demandait de troquer des chimères grandioses contre des réalités mesquines. » mage schizophrène ♠ courtisan halluciné ♠ charisme & feu tout à la fois