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 Un autel à ciel ouvert

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MessageSujet: Un autel à ciel ouvert   Ven 25 Nov - 22:11

J'aime Lorgol, la nuit. Tout y est calme, loin du tumulte et de l'agitation qui y règnent de jour. Pas de marchand s'égosillant à la criée, pas de dispute d'ivrogne au sortir des tavernes, pas de marmaille se dissipant dans les rues et les venelles. Juste la sérénité inébranlable de la nuit. Une sorte de paix profonde, qui vous étreint et vous environne, présente sans s'imposer. Un état de tranquillité qui me fait cruellement défaut. C'est dans mon esprit que règne le chaos. Je ne sais plus trop où j'en suis : toute déboussolée, c'est le sommeil qui me fuit. Une question, une tourmente, sans cesse me troublent et m'obsèdent. Que dire, que faire ? Que penser de ce que je lis dans les yeux de mon frère. Je me souviens avec effroi de cet étrange émoi qui nous a pris, cette nuit-là, et je frémis d'imaginer ce qu'il se serait passé si je ne m'étais pas dérobée. Un sacrilège, le péché, des mots cruels, qui blessent et font saigner, aux lèvres d'Enguerrand qui veut nous séparer. Que dois-je en penser ? Cette idée même m'effarouche et j'ai peur, maintenant, de croiser le regard clair de ses prunelles : Sigvald, laisse-moi en paix. Ton souvenir même m'empêche de trouver le repos, quand bien même une mission lointaine te tient à distance de moi. Que dois-je en penser ?

L'air de la nuit me fait du bien. Accoudée à la balustrade qui court sur le toit de la Tour Noire, j'éprouve soudain le besoin irraisonné de sortir dans la rue. Point de cuir noir, point de cape sombre ni de masque : non, c'est en femme du commun que je m'aventure dans les rues. Une robe sombre, oui, un voile sagement posé sur mes cheveux noués comme ceux d'une fille de bonne famille, le pas sûr et tranquille, je déambule dans les rues endormies. Je ne crains pas les errants : ma lame effilée ne me quitte pas, lovée le long de ma cuisse, sous l'étoffe grossière qui me déguise à visage découvert. Personne ne peut se douter en me voyant que je suis l'Oracle de la Confrérie Noire – personne ne peut savoir que je suis de la Main de la Nuit. Je savoure en silence cette forme de liberté que l'anonymat me procure. Trop rare, trop dangereux peut-être, de m'aventurer ainsi en offrant mes traits à tous les regards, mais qui saurait reconnaître la petite duchesse de Nightingale sous ces atours de domestique ?

Je sais où aller. Un peu en dehors du centre de la capitale, dans la périphérie où s'amassent les demeures du commun. Dans un coin à l'écart, sur une petite place de marché déserte à cette heure avancée, ou précoce selon les points de vue, il y a un temple. Profané, désacralisé, il sert le jour d'autel aux mendiants et aux marchands de produits interdits, mais il y a longtemps, il était voué aux dragons et à la vénération de cette magie qui sommeille au fond de moi. La pierre n'en montre plus rien, défigurée sous les coups des agents du Roi, mais dans les tréfonds de ses fondations, des vestiges de la magie qui vibrait autrefois ici pulsent toujours en sourdine. Un effleurement, du bout des doigts, une prière esquissée – l'espoir vit en moi, et formuler ma supplique tel un engagement renouvelé renforce ma détermination. Sans toutefois pouvoir totalement chasser le souvenir de Sigvald de mon esprit...

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MessageSujet: Re: Un autel à ciel ouvert   Ven 25 Nov - 22:44

    Créature de nuit, créature de folie, et pourtant, ce soir, Castiel avait longuement regardé la lune par les vitraux de ses fenêtres, immobile et pensif. Césaire, inquiet de ce mutisme de la part de ce duc volubile qu'il veillait habituellement, avait même osé venir perturber sa quiétude. Non, il n'était point mort : simplement en pleine réflexion, le regard paisible, mais le corps tendu. Et lorsqu'un Cielsombrois se met à penser, tous savent que cela ne se terminera pas de sitôt.

    La magie. Elle était là, elle était forte, il la sentait bouillonner en lui.
    Ce soir, il n'avait ni bu, ni fumé. Il était lui-même et cet esprit lucide était encore plus cruel que celui halluciné auquel il se soumettait habituellement. Il pouvait sentir les picotements au bout de ses doigts pâles, ces étincelles qui brûlaient dans sa poitrine et, à quelque part, le souffle qui lui ordonnait de cesser de se dérober à elle. La lucidité était toxique, empoisonnée, et l'embrumait d'idées dont il connaissait la dangerosité. La seule pensée de Dragonvale suffisait à le faire trembler et il aurait donc voulu assumer sa magie ? C'était ridicule... impensable. Incertain, également : aucune preuve magique tangible à ses yeux, puisqu'à chaque fois, il était sous l'influence de délicieuses substances.
    Castiel leva sa main droite à la hauteur de ses yeux, observant sa peau lisse et sans cicatrices, puis baissa ses iris noirs sur le persan couché à ses pieds. Celui-ci leva la tête. Il suivait le cours de ses pensées sans problèmes, Il savait ce qui tourmentait son maître, son avatar, son complément, et surtout, Il ne pouvait qu'encourager ce genre de pensées. Ce fût même Lui qui glissa insidieusement l'idée, en lui, que la seule personne qui pouvait l'aider à ce sujet était la Duchesse maudite.

    Un rire pour lui-même.

    « La Duchesse n'a de maître que la mort et comme élève qu'elle-même. »

    Peu importe que les gens pensent qu'il était fou parce qu'il pensait à voix haute. Il n'était pas fou, surtout pas en cet instant. Extra-lucide, seulement. Il devint invisible, subtilement, suivant les pensées de l'homme. Castiel alla à la patère près de sa porte et enfila un long manteau pourpre sur ses riches habits, posa son chapeau sur ses cheveu et sortit de sa chambre sans plus de cérémonie. Césaire, qui somnolait, assis sur la chaise à côté de la porte, se réveilla en sursaut.

    « Sire ?
    - Je sors. Et vous non. »

    C'était clair. Le domestique se rassit et regarda le duc disparaître de sa suite, puis du palais, d'un pas rapide. Il avait besoin de prendre l'air, de se ressourcer. Besoin de marcher, de profiter de la tranquilité de la nuit, de Le sentir courir devant lui, éclaireur protecteur, d'être un instant sans protection. Oui, cette nuit, dans son effrayante lucidité, sans toutes ses drogues, il avait besoin de partir. Son visage pâle avait les traits tirés par la fatigue, quelle heure était-il donc ?, mais ses yeux restaient vifs. Ses pas le menèrent jusque dans les rues de Lorgol, jusqu'à un temple profané depuis longtemps. Il y avait déjà été, amateur de produits peu licites vendus à cet endroit, mais il se rappelait surtout de la puissance qu'exhalait ce lieu.
    Et à voir la silhouette féminine, il n'était pas le seul à l'apprécier..
    L'homme s'immobilisa, à peine entré dans le temple, les yeux fixés sur la silhouette qui lui tournait le dos. Il gronda. Il l'avait reconnue, par son aura, par son parfum, avant même que Castiel ne la voit, lui. Et Il ne l'aimait toujours pas, malgré tout.



Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Ven 25 Nov - 23:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un autel à ciel ouvert   Ven 25 Nov - 23:03

Une pensée en chasse une autre. Mon frère, mon oncle, mon père, mon cousin, la danse immuable des souvenirs. Tous ceux qui ont péri assassinés, les pertes accumulées au fil des années, les larmes et les pleurs, le sang et la mort. Le vide. Car c'est uniquement ce qu'il reste, au fur et à mesure que le temps passe, c'est là le lot de ceux qui survivent, seuls et abandonnés : le vide. Le vide atroce d'une demeure familiale désertée, le vide insoutenable d'un cœur solitaire desséché. Moi j'avais pu garder Sigvald – encore lui, toujours, qui s'immisce et s'approprie mes pensées. Mon frère et ses gras forts qui me réconfortaient au sortir de mes cauchemars d'enfant – mon frère et ses yeux si différents maintenant lorsqu'il croise mon regard. Mais non. Je ne veux pas y penser. Qu'ont donc les hommes en ce moment pour troubler ainsi la quiétude de mes heures de repos ? Quand ce n'est pas Sigvald, c'est ce Castiel infernal, avec sa folie douce qui me parle et m'appelle, sa morgue insupportable et la douceur cachée au fond de ses prunelles. Je sens sa perversion, je sens sa cruauté, et je sais bien que je ne suis pour lui qu'un bien curieux jouet, mais c'est plus fort que moi : il me fascine, et je ne sais pas comment réfréner ma curiosité. Je n'ai pas pu le tuer, cette dernière fois : en dépit de la mission que notre Mère m'avait donnée. Quelques belles paroles, une coupe de vin, un geste hardi – il m'a troublée, et j'ai cherché le salut dans la fuite. Pourquoi ?

Comme si l'évocation de ces souvenirs avait suffi à l'invoquer, le bruit de ses pas soudain résonne sur les dalles usées. Incroyable. Moi et mes nerfs d'acier – il me perturbe tellement que j'en arrive à identifier le son de sa démarche, le rythme de son allure. Ridicule. Ou est-ce mon sens du danger qui me prévient et m'interpelle, alertant mes sens sur l'approche d'un péril qu'il incarnerait ? Je ne sais quoi en penser. Mais ce soir, je ne suis pas Svanhilde Nighingale, duchesse et fugitive, magicienne et assassin – non ce soir, je suis une domestique égarée, et je dois éviter qu'il me reconnaisse. Un frisson d'hostilité toutefois me signale que c'est peine perdue : sûrement, cette présence invisible que j'ai perçue autour de lui depuis le début m'a identifiée, mais je me dois toutefois de me préserver. Il est peut-être inutile de chercher à le leurrer : mais la prudence élémentaire qui m'a toujours guidée me pousse quand même à vouloir sauver les apparences.

« Votre Grâce. »
J'ai baissé les yeux – ma révérence est impeccable, de la part d'une servante de la Cour intimidée. L'intonation effarouchée, comme prise en faute, le tremblement de ma voix, la gaucherie de mes gestes – tout cela ma foi est fort bien imité, et je tiens bien mon personnage. Je suis assez bonne comédienne, ma mission l'exige, mais est-ce suffisant pour le duper ? Je sais que son esprit, même sous l'influence des drogues dont il l'abrutit, reste capable de formidables éclairs de clairvoyance. Est-ce vraiment utile de le nier ? Je n'en suis pas convaincue, mais sait-on jamais. Peut-être quelqu'un nous épie-t-il, et dans ce cas, je dois me protéger.

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MessageSujet: Re: Un autel à ciel ouvert   Ven 25 Nov - 23:35

    La dame se retourna. Il serait capable de reconnaître son visage entre mille, mais il ne s'avança pas plus et laissa la jeune femme lui faire une gauche révérence, lui servant du « Votre Grâce ». Son esprit avait beau être exempt de toute drogue, il n'en restait pas moins effrayé par cette apparition. Oui, cette femme ne pouvait être que le fruit de son esprit. Un jour elle est tueuse, l'autre magicienne, une nuit assassin, et ce soir simple servante... un rêve éveillé qui le poursuit constamment, voilà ce que la demoiselle Nightingale. Peu importe ses habits, ses apparats, Castiel la reconnaissait.

    Mais il ne bougea pas.

    Sa respiration s'accéléra. Par quelle sorcellerie était-elle apparue ici, très exactement, en cette nuit où il avait pensé à elle ? Lisait-elle dans ses pensées, le suivait-elle ? Nerveusement, le duc se retourna, jetant un coup d’œil rapide derrière lui. Personne, évidemment. Finalement, il la salua, inclinant respectueusement la tête :

    « Mademoiselle. »

    Sa propre voix était hésitante. Troublée. Il était à plusieurs mètres d'elle et il se trouvait troublé par cette jeune femme, comme il pouvait l'être par la Dame de Bohémont. C'était ridicule et bêtement émotif, il le savait bien. Il avait toujours été sensible, réactif, susceptible au moindre changement, et il ne pouvait le cacher. Pas à elle. Pas maintenant, quand il avait besoin d'être seul. Castiel s'avança finalement et se retrouva à sa hauteur, se donnant le loisir d'observer les traits harmonieux de la jeune femme, mais aussi ses habits. Des habits simples, rustres, comme si elle n'était qu'une vulgaire paysanne. Il haussa un sourcil, ne comprenant pas l'idée d'une telle mascarade, mais ne releva rien. Une boucle blonde, rebelle, était visible sur son front, amusante, et il leva la main pour l'effleurer, sans gêne. Le grondement félin de la précaution le fit rabaisser sa main, la laissant retomber le long de son corps nerveux. De l'autre, il retira son chapeau, se découvrant en présence d'une dame comme le veulent les bonnes manières. Il replaça machinalement ses cheveux lisses, avant d'oser parler à nouveau, d'une voix à peine plus assurée, sans toutefois être plus audible que sa précédente salutation polie :

    « Ce n'est guère prudent de vous promener la nuit dans de tels endroits, mademoiselle. Ces coupe-gorges cachent bien des dangers. »

    Paranoïaque duc qui croit que les monstres lisent dans ses pensées, craintif personnage qui fuit la magie qui le domine, doux homme qui se cache devant cette apparition de malheur. Elle ne lui apporterait jamais rien de bon, il le savait. Il avait l'impression de revivre leur première rencontre, à une échelle différente. Dans de nouveaux personnages. Oui, c'était cela qui rendait ce moment particulier : ils n'étaient pas eux-mêmes. Elle était paysanne, il était d'une lucidité sans pareil, ils étaient empruntés, acteurs. Et malgré tout cela, malgré la peur également, il ne pouvait s'empêcher de laisser descendre ses yeux sur les lèvres pleines de la demoiselle Nightingale et de laisser ses pensées vagabonder sur tout ce que cachaient ces habits disgracieux.

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