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 Chaque Crépuscule Entonne Le Chant des Souvenirs... ♥

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MessageSujet: Chaque Crépuscule Entonne Le Chant des Souvenirs... ♥   Jeu 19 Avr - 21:07


Le soleil déclinait lentement à l’horizon, ses rayons s’effaçant peu à peu de la surface des toits de Lorgol. Solveig hâta son pas le long des rues, emmitouflée dans sa cape rouge sombre, le visage dissimulé sous sa capuche. Il se faisait tard, elle savait qu’elle aurait dû rentrer depuis bien longtemps …!

Elle s’était trop éloignée de son auberge au cours de la journée, et il lui fallait encore un quart d’heure de marche avant d’en arriver en vue… Elle tourna dans une rue plus étroite, un raccourci. Solveig commençait à s’habituer à la vie à Lorgol. Ne serait-ce que savoir se repérer au milieu du fouillis indescriptible des rues et ruelles qui se croisaient, s’arrêtaient brusquement en impasses, amenaient finalement au mauvais endroit… Elle avait mis du temps à repérer son chemin pour rentrer le soir, sachant qu’il était également plus prudent de ne pas emprunter le même trop souvent. Aujourd’hui, elle avait opté pour prendre tous les raccourcis dont elle avait connaissance : plus vite elle était à l’abri dans sa chambre, plus vite elle serait rassurée. Elle craignait beaucoup l’obscurité à Lorgol, bien qu’elle avait sa dague à portée de main sur sa hanche, et qu’il y avait encore quelque peu d’animation dans les rues ; quelques travailleurs et soulards rentrant chez eux, des femmes transportant leur repas du soir, quelques soldats du roi… Rien de bien méchant, mais l’on n’est jamais assez prudent dans une ville comme celle qu’est Lorgol. Dangereuse.

Solveig tourna encore dans une ruelle plus étroite, sur sa gauche. Zibkine, son petit familier écureuil agrippé à son cou, lui transmettait beaucoup d’anxiété, même s'il essayait en vain de la masquer derrière un calme fragile. Ce soir là, il avait voulu accompagner Solveig pour la première fois dans ses promenades en Lorgol.
Généralement il sortait faire son excursion quotidienne très tôt le matin, dès l’aube naissante, brumeuse sur les pavés grisâtres de la ville. Il rentrait ensuite à l’auberge dès qu’il y avait trop d’agitation le long des rues, toujours en début d’après-midi. Il se roulait alors en boule dans un coin de la chambre de Solveig pour y dormir profondément jusqu’au retour de la promenade de cette dernière. Aujourd’hui, il était rentré plus tôt, avant le repas de midi, et ayant dormi tout son saoul, il avait joyeusement rejoint Solveig sur son épaule vers trois heures de l’après-midi, alors qu’elle partait à peine. Ils avaient discrètement déambulé dans les rues du centre ville, observant tour à tour marchants, demoiselles, mendiants, guerriers…

Cette foule grouillante et si diverse dans une seule et même ville ne cessait d’émerveiller Solveig, qui ne manquait jamais de gouter un fruit frais venu de Lagrance ou de toucher une nouvelle étoffe, d’admirer une nouvelle pierre précieuse dégagée des mines profondes d’Erebor… Arven la fascinait : tant de beauté, de richesses, d’honneur ! Tant de choses qu’Augustus n’arriverait jamais à effacer complètement d'Arven, contrée que nombreux à travers tout le pays chérissaient tant. Elle en était fermement convaincue.

Elle s’arrêta brusquement au milieu d’une ruelle étroite, les murs délabrés l’enserrant comme dans un étau. Bon sang, où était-elle ? Elle ne reconnaissait rien qui puisse l’orienter ou lui indiquer dans quelle zone de la ville elle se trouvait. Son cœur s’affola, elle retourna sur ses pas, la nuit continuant à gagner du terrain sur les minces bandes de soleil qui couraient encore sur les pavés des avenues, un peu plus sombres de minutes en minutes.

Incapable à présent de se retrouver, Solveig déambulait à travers l’infernal dédale de passages divers et identiques pour tenter de se repérer. En vain. Elle s’assit sur une pierre de carrière en bordure d’une place, un peu essoufflée. L’angoisse montait dans sa gorge. Zibkine la regardait tristement depuis son épaule, ne sachant que faire. Il sauta brusquement à terre, humant l’air à petits coups autour de lui. Solveig leva un regard intrigué sur son familier. En un fulgurant éclair roux, il se mit à courir aussi vite que possible en direction d’une ruelle sombre. Solveig le suivit précipitamment de peur de le perdre (lui aussi), oubliant par la même occasion de s’envelopper dans sa cape pour cacher son visage du regard des passants.

Solveig émergea promptement derrière son familier dans les derniers rayons de soleil. Zibkine s’était arrêté au milieu de la ruelle, littéralement figé sur place. Il fixait une étrange silhouette, également arrêtée en face de lui. Elle était à contre-jour, et Solveig n’arrivait pas à voir son visage. Pourtant, elle connaissait cette silhouette….


Dernière édition par Solveig d'Ibelin le Lun 28 Mai - 11:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Chaque Crépuscule Entonne Le Chant des Souvenirs... ♥   Lun 7 Mai - 5:24

Décidément, Ailen ne se sentait jamais à l'aise de devoir accompagner partout où allait le Duc de Sombreciel, surtout lorsqu'il s'agissait de l'accompagner dans le palais d'Augustus où tout lui criait que ce n'était pas sa place, à elle. Pourtant, elle gardait un visage calme et impassible, et toisait fièrement les gardes impériaux qui la méprisaient du regard, parce qu'elle était une femme. Son sabre pendu dans son dos entre ses deux omoplates, elle gardait le silence, mais conservait ses sens aux aguets, prête à réagir à la moindre occasion. L'attente dans le petit salon adjacent à la salle où Augustus s'entretenait avec Castiel lui sembla interminable et ce ne fut que lorsqu'une domestique lui apporta de quoi se sustenter que la jeune guerrière se rendit compte à quel point la faim la tiraillait et ses muscles trop tendus la faisaient souffrir. Depuis quelques mois maintenant, la jeune guerrière formait le Duc aux arts des combats et ce n'était certes pas tâches aisée puisque tout devait être fait, des bases devaient être acquises avant de pouvoir passer à la maîtrise de l'épée dans un premier temps, puis du sabre, de l'arc et d'autres armes si le Seigneur en faisait la demande. Quoi qu'il en soit, Ailen était de plus en plus satisfaite des résultats de son élève, qui se montrait la plupart du temps patient et à l'écoute de ce qu'elle avait à lui dire et en échange lui parlait longuement des contrées qu'elle ne connaissait pas et l'abreuvait de connaissances diverses et variées ; si Ailen s'était dans un premier temps montrée bien réticente et méfiante, elle appréciait de plus en plus l'homme.

Et cela même quand il s'agissait d'attendre toute une journée dans un petit salon dorée, remplis de coussins brodés, de lourds rideaux, de tableaux plus grands et beaux les uns que les autres, de tapis précieux, d'instruments étranges qu'elle n'osait même pas approcher. La patience, maître de chaque guerrier, vibrait en elle, et si elle restait silencieuse et impassible, elle observait en réalité les moindres détails de la pièce où elle se trouvait, refaisait en esprit le chemin emprunté pour arriver dans cette salle à travers les dédales de couloirs et corridors qui composaient le palais.

Ce ne fut que tard dans l'après-midi, alors qu'Ailen ne tenait plus en place d'étirer ses muscles tendus et contracté d'être restée assise presque toute la journée, Castiel sortit enfin tout sourire d'elle ne savait pas où elle l'invita poliment à la suivre à nouveau dehors, se confondant en excuses toutes plus polies et maniérées les unes que les autres pour l'avoir laissée ainsi attendre toute la journée. La langue de la jeune femme la démangeait d'une réplique acide, mais elle savait que le mieux serait encore de ronger son frein et de se défouler dans la salle d'entraînement. Elle quitta Castiel devant sa demeure et se mit à son tour en route pour l'Arène, où jouxtaient ses appartements.

Le ciel se teintait peu à peu de couleurs orangées, roses, violettes et bientôt, la nuit recouvrirait la ville aux Mille Tours. Depuis le temps, Ailen connaissait Lorgol comme sa poche, chaque quartier, chaque rue, chaque recoins. Elle avait pris le temps de l'explorer de fond en comble afin d'y avoir ses repères et des points de chutes en cas de besoin. Ses muscles endoloris par l'attente, elle décida de marcher un peu en ville avant de rejoindre ses pénates. Elle n'était de toute façon aucunement fatiguée, n'ayant rien fait du tout de sa journée. L'air frais et un petit vent agréable balayait les rues qui se vidaient petit à petit de toute activité. Les hommes rentraient dans leur demeure, les enfants cessaient de courir dans les rues, les filles de joies commençaient à rôder le long des rues, les gardes de nuit entamaient leur rondes. Peu à peu, les fenêtres des demeures s'éclairaient les unes après les autres. Des auberges résonnaient des rires, des bruits de verres qui se frappent les uns contre les autres. La jeune femme se sentait bien, dans cette ville et bien qu'on lui dise souvent qu'une femme seule comme elle devrait faire plus attention, sa renommée dans l'arène commençait à se faire, sa stature martiale et son sabre qu'elle portait toujours dans le dos empêchait n'importe qui de s'attaquer à elle. A vrai dire, Ailen aimait marcher le soir et la nuit dans Lorgol. La ville aux Mille Tours révélait toujours des secrets différents, quelle que soit l'heure à laquelle on se promenait, la saison ou l'endroit.

Arrivée dans une petite ruelle, vide en tant normal à cette heure relativement tardive, Ailen se figea en voyant une silhouette courir. Une ombre qu'elle connaissait pour avoir veillé sur elle durant de longues année, une personne qu'elle s'étonnait de voir ici et qu'elle ne voulait surtout pas rencontrer. « Qu'est-ce que tu fous ici? ». Un ton peu aimable, peu avenant, où la surprise se mêlait à la rancœur et l'amertume.
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MessageSujet: Re : Chaque Crépuscule Entonne Le Chant des Souvenirs... ♥   Mar 8 Mai - 17:20

Souvenirs...



…Bon sang. Ailen. Solveig l’avait reconnue au premier souffle, au premier son, a la première syllabe qui avait franchi la barrière des lèvres de la jeune femme pour venir écorcher ses oreilles de lointains souvenirs. Elle tituba, les jambes coupées sous le poids de l’émotion. Bouche bée, elle regardait la silhouette droite et svelte qui se découpait dans le peu de lumière s’engouffrant encore dans la ruelle. Solveig fit un pas vers Ailen, Zibkine se tournant brusquement vers elle, la mettant en garde par pensée. Contre quoi… ? C’est à ce moment précis que la jeune baronne aperçut les yeux de sa sœur adoptive ; ils étaient pleins de colère et de surprise mêlée, interrogatifs et agressifs tour à tour. Ailen n’était visiblement pas enchantée de voir Solveig à Lorgol, et cela lui provoqua un pincement douloureux au cœur… Ainsi, elle lui en voulait encore. La rancune d’Ailen la blessait tout autant que la revoir la remplissait de joie. Solveig baissa la tête, ne sachant que dire. Elle retrouvait cette autorité naturelle émanant d’Ailen qui l’avait bercée durant de nombreuses années. Elle comprenait que sa grande sœur éprouve cette rancœur envers elle. N’avait-elle pas pesé sur les épaules de son ainée après le départ de son père, le baron d’Ibelin ...? Ne l’avait-elle pas obligée, d’une certaine manière, à rester près d’elle et à retarder son destin de guerrière au fin fond d’une baronnie rebelle, exclue ? Elle s’en voulait même elle-même pour provoquer ces sentiments chez Ailen.
Mais cette rencontre en disait long sur sa nouvelle vie. Il était tant d’affronter ses démons du passé, les erreurs, les non-dits ; et de vivre enfin sans ce poids sur ses épaules.

Ailen…
Elle fit une pause. Repris son souffle. Elle ne savait pas par où commencer, elle n’avait aucune idée de comment répondre à la question de la guerrière sans s’embrouiller… D’abord la magie. Ensuite l’aide de son père. Et enfin son arrivée à Lorgol. Pas de Dragonvale. Solveig pris à nouveau une grande respiration, lourde et difficile.

Je suis arrivée il y a quelques temps déjà, je… J’ai reçu de la magie. Papa.. m’a aidé à m’installer ici. J’attends seulement que Dragonvale se matérialise devant moi… ! …Ce ne sera plus long je pense… ?
Solveig avait laissé s’échapper sa dernière phrase dans un murmure, qu’Ailen n’entendit pas. Un courant d’air lui souleva quelques mèches bouclées, lui barrant le visage. La silhouette de sa sœur n’avait pas bougé d’un pouce, mais Solveig ne voyait plus ses yeux. Elle reprit, encouragée par son silence.

Ne me blâme pas ! J’avais besoin de venir ici… à Lorgol, je peux suivre les évènements, les mouvements dans les cœurs rebelles, m’informer en attendant d’être ralliée aux mages qui vivent à l’Académie ! Peu importe si tu es d’accord ou non, je vis ici à présent.
Elle pensa, en ajoutant précipitamment ces mots, à toutes ces heures passées langoureusement à sa fenêtre, ruminant ses souvenirs, organisant son présent et ses envies, ses projets de futur… Ailen ne pouvait définitivement pas gâcher tout cela.

Solveig releva la tête. Les derniers rayons du soleil s’éteignaient sur un pavé gris de la ruelle, encore imprégné de la chaleur de l’astre solaire. Les maisons éclairées apportaient leur peu de lumière à la scène, permettant encore à Solveig de voir dans l’obscurité. Zibkine remonta lestement sur son épaule, et se pelotonna contre son cou. Il était confiant… Solveig, elle, était angoissée ; Ailen pouvait à tout moment exploser ou décider de se contenir, elle connaissait son caractère. Elle porta ses yeux au firmament constellé de milliards d’étoiles, brasiers millénaires témoins de notre passé. Elle cherchait des réponses. Un instant, elle ferma les yeux et huma les odeurs de la ville qui allait bientôt s’endormir ; les ragouts, la fumée des pipes, les brumes légères, le souvenir des fleurs des marchands qui embaumait encore l’atmosphère… Et puis les bruits de chopes de bières qui s’entrechoquaient au fond des bars, les assiettes qui grinçaient, les rires, les chansons, parfois le silence absolu dans certaines maisons, un bruit de pas dans la rue… Et tout tournait, se retournait ; la vie. Solveig voulait vivre. Ce monde dans lequel elle évoluait avait besoin de vivre.

Elle frissonna. La nuit se faisait dense autour d’elle et d’Ailen. Solveig observa sa sœur, dont elle voyait à présent les moindres détails. Elle avait l’air heureuse… Non pas en cet instant, où ses yeux lui jetaient encore des éclairs, mais comparé à auparavant, quelque chose de différent émanait d’elle. « Elle a enfin trouvé sa voie » pensa Solveig. Un sentiment étrange pointa le bout de son nez au sein de son cœur… était-ce du réconfort ? Est-ce que l’idée de voir Ailen accomplie et sûre de son chemin qui la rassurait ? …Cela ressemblait plus à de la fierté. Une fierté timide, diffuse, celle d’une cadette pour son ainée… Solveig essaya de masquer ce sentiment à Ailen, le trouvant inutilement puéril. Elle raffermit son regard et le planta dans celui de sa sœur. Elle était déterminée à ne pas ciller… Elle ne voulait plus baisser le regard devant quiconque, sauf surement devant celui ou celle qui succéderait à Eimaren au trône d’Arven…

A présent Solveig patientait. Il n’y avait pas grand-chose à dire de plus sur le fait qu’elle et son familier étaient à présent établis à Lorgol. Sa robe pourpre caressait le sol souplement, s’imprégnant des effluves de la Terre et de la ville aux Mille Tours. Il commençait à faire un peu froid. Décidemment, elle ne s’était absolument pas attendue à cette rencontre insolite et fortement déconcertante…
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MessageSujet: Re: Chaque Crépuscule Entonne Le Chant des Souvenirs... ♥   Lun 11 Juin - 10:57

Ailen écouta sa cadette se justifier, étudiant de son regard polaire chaque mimique du visage de sa vis-à-vis, sans jamais desserrer la mâchoire ou adoucir son regard. Si la jeune guerrière était bouleversée, elle n'en laissait rien paraître, rien sauf la dureté, la froideur et la distance qu'elle érigeait comme une muraille. Pour se protéger. Une foule de souvenirs tempêtaient dans la mémoire de la guerrière. Le départ d'Ingmar. Le refus de son épouse à l'idée de l'adopter. Les années d'entraînement. Des sourires discrets. Les questions sans réponse de Solveig. Cette impression de n'être rien si ce n'est l'élève prodige, puis l'abandonnée. Et pourtant, rien ne transparaissait sur le visage de la jeune femme, bien habituée à dissimuler le moindre de ses sentiments et à ne montrer qu'un masque de froideur en toute circonstance.

Pourtant, un sourire carnassier fendit son visage. Solveig se montrait bien naïve à lui exposer ainsi ses ambitions, ses envies, et surtout affirmer haut et fort qu'elle voulait rejoindre les rebelles. Encore une fois, les deux filles se trouvaient aux antipodes l'une de l'autre, dans leur train de vie mais aussi -surtout- dans leur conviction. Solveig suivait les traces de son père là où Ailen faisait tout pour s'en écarter et donnait son allégeance à Augustus. Tirant son sabre avec une dextérité que seule la pratique et l'usage pouvait conférer, la guerrière le pointa à quelque centimètres de la gorge de sa cadette. « Je pourrais te tuer ici et de sang froid pour les propos que tu viens te tenir, qui s'apparente à de la trahison. Je pensais que tu serais plus prudente après le départ lâche de ton père, mais il faut croire que tu es plus sotte que lorsque je t'ai quitté. ». Des mots froids et prononcé sur un ton monocorde, sans aucune émotion, des mots faits pour blesser, aussi tranchant que la lame que la jeune femme tenait entre ses mains. Et le pire, c'était le sérieux mortel dans ceux-ci ; oui Ailen était prête à tuer celle qu'elle voyait malgré tout comme sa petite sœur si on lui en donnait l'odre -sauf que ce n'était pas le cas. Elle rangea son sabre dans le fourreau placé entre ses omoplates et s'adressa à nouveau à Solveig. « Je peux les ignorer aujourd'hui, mais prends garde à tes paroles. Ici, les murs ont des oreilles et si je fais la sourde, ce n'est pas dit que la prochaine personne que tu croiseras soit digne de confiance. Ce n'est d'ailleurs pas dit que je le sois. ».

Quelle autorité avait-elle encore sur Solveig, autant d'années après son propre départ pour devenir pupille du maître d'armes d'Augustus en personne ? Aucune, très clairement, elles avaient choisi leur camp et c'était sans dire qu'ils n'allaient pas dans le même sens ; et pourtant Ailen se sentait encore responsable de sa cadette. Elle se contenta de la fixer en silence, n'ayant rien à lui dire -ou plutôt ne sachant pas comment lui dire.

Ailen réfléchissait néanmoins à la masse d'information que la jeune femme lui avait donné sans même sans rendre compte : son père l'avait aidé à s'installer à Lorgol : Ingmar était donc bien ici. La volonté d'en découdre avec lui ne fut que raffermie. Solveig pratiquait la magie -information dangereuse à savoir et à divulguer, quelque chose qu'Ailen n'oublierait pas de si tôt. Se battre contre un magicien n'était pas chose aisée, maîtresse de l'arme blanche et tueuse chevronnée, Ailen restait impuissante face à des flux qu'elle ne pouvait même pas ne serait-ce comprendre. Et alors que le jour tombait de plus en plus rapidement, que la température chutait sans aucune mesure, le silence s'égrenait entre les deux jeunes femmes, longs, oppressant, suffocant. « Bien... Fais attention à toi. ». Ailen fit un pas, puis un suivant et dépassa la silhouette figée de Solveig.

Puis un cri, un bruit.

Ailen dégaina deux dagues qu'elle envoya avec force et qui se plantèrent dans la poitrine de l'homme qui venait de se dresser devant la jeune fille. Sans réfléchir une seconde, Ailen revint sur ses pas, poussant Solveig contre le mur afin d'assurer sa protection, d'avoir la meilleure des visibilité -dans la mesure du possible dans cette ruelle sombre- et une marge de manœuvre suffisante pour le combat à venir. Les détrousseurs se faisait nombreux à cette heure, malheureusement, mais ils venaient de tomber sur un poisson trop gros pour eux.
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MessageSujet: Re: Chaque Crépuscule Entonne Le Chant des Souvenirs... ♥   Mer 27 Juin - 7:00


Solveig avait écouté Ailen, sa guerrière de sœur, lui débiter ces paroles absurdes, ses yeux clairs et translucides s’arrondissant minutes après minutes.
Solveig en était sidérée. Et puis non, en fait cela ne l’étonnait pas. Son visage ahuri se ferma et sa nuque se raidit. Après tout, qu’Ailen ait changé de camp était tout à fait logique… Elle en voulait tellement à elle et sa famille qu’il valait mieux donner son allégeance à un tyran sanguinaire plutôt que d’avoir de nouveau à faire avec les d’Ibelin… Mais non, Solveig ne comprenait tout de même absolument pas. Comment Ailen, qu’elle pensait si droite et forte, avait-elle pu offrir ses armes et son service au meurtrier de tellement d’innocents en Arven ?! …Elle avait été trop naïve.
Mais cette fois ci s’en était trop. On ne traitait pas son père de cette façon. Solveig ne voulait pas être traitée de cette façon, à l’égal d’une étrangère. Elle n’était pas une étrangère. Elle leva sur sa sœur un regard ferme mais plein de colère, alors qu’elle lui disait quelques mots d’adieux timides. Solveig ne croyait pas à la menace qu’elle avait proférée durant ces 5 dernières minutes. Sa sœur, cette distance entre elles, n’étaient pas crédible, n’était clairement pas possible ni envisageable.

Elle allait souffler quelques mots de protestation, mais Ailen passa à côté d’elle, insensiblement. Solveig serra les poings. Zibkine, viens. Elle ne laisserait pas partir Ailen sans avoir tout mis au clair avec elle. Sa sœur, sa propre sœur, aussi adoptive soit-elle, n’avait clairement pas le droit de la quitter ici ainsi !! Solveig était en rage. Qu’est-ce qu’il n’allait pas ?! Le fait que son père l’avait laissé, elle, petite Ibeline, sur ses bras de guerrière délaissée ? Pourquoi ne le disait-elle pas clairement ? Solveig se doutait que sa sœur avait encore un quelconque sentiment fraternel envers elle, et elle ne la laisserait pas partir sans en être complètement sûre.

Alors que la jeune Gallienne tendait ses doigts rougis par le froid vers le poignet de son ainée, d’autres vinrent enfermer ces mêmes doigts, fermement. Trop peut-être. Solveig leva des yeux effrayés vers l’imposante carrure entourée d’ombre qui lui faisait alors face, dont seul un sourire carnassier transparaissait. Des doigts grossiers, velus, sales jusqu’aux ongles, qui tenaient la jeune fille impuissante. Solveig, surprise et effrayée par cette apparition, poussa malgré elle un cri aigu qui transperça l’atmosphère glaciale. Elle tentait de se débattre, affolée, encore toute enfouie dans sa colère. C’est à ce moment-là qu’elle vit deux éclairs métalliques, deux étoiles filantes, mortelles, traverser son champ de vison pour s’enfoncer profondément dans la poitrine de son agresseur. Ailen !

Alors qu’une main vide de vie lâchait Solveig subitement, une autre, plus mince mais tout aussi ferme, la poussa contre le mur dur et froid. Les pierres bosselées soutenaient la jeune Gallienne du mieux possible, et celle-ci, après quelques temps de silence et d’essoufflement, retrouva son sang-froid. Instinctivement, Solveig remonta son capuchon sur son visage, cachant ses traits aux brigands venus s’ajouter à leur petite fête fraternelle… La ruelle sombre les dissimulait aux yeux des deux jeunes femmes, ils avaient leur avantage. Mais se retrouver face à une guerrière des plus expérimentée et talentueuse du pays (Solveig le savait surement mieux que quiconque et depuis sa plus tendre enfance) jouxtée d’une mage en colère… Ce soir, la proie serait difficile à amadouer …!

Solveig se concentra profondément, alors qu’Ailen, armes à la main, guettait les bruits des détrousseurs circulant autour d’elle dans la pénombre… Zibkine en profita alors pour se rendre invisible et lui glisser quelques mots dans un recoin de son esprit concentré : Solveig ! regarde ! Ailen est revenue finalement, pour te protéger ! Oui… A moi de faire mes preuves à présent ! Nous sommes sœurs, pour le meilleur comme le pire !

La jeune mage se concentra encore sur ses flux magiques, fluides cristallins circulant en ses veines. N’étant pas encore complètement sûre de ses pouvoirs, Solveig ne pouvait pas faire grand-chose. Néanmoins, chercher ses ennemis grâce à un mince filet de glace n’était pas trop demander à sa maîtrise actuelle. Elle dirigea silencieusement un serpent de glace ondulante sur les pavés noircis par la nuit, en quête d’un pied à enserrer. Le premier vint, et le serpentin de glace ceintura alors les deux extrémités plantaires ensemble. Le détrousseur tomba de toute sa hauteur, tête en avant, surpris et décontenancé, n’ayant rien vu venir. Solveig se fatiguait mais peu importe. Ailen le tua insensiblement après avoir entendu le bruit sourd de sa masse toucher le sol de pierres. Rapide, efficace. Solveig continua, sa glace indestructible serpentant toujours le long des pavés de la ruelle, cristallisant les peurs des malotrus. Deux autres brigands tombèrent eux aussi, sans même savoir pourquoi …! Les lames d’Ailen transperçaient çà et là, dans un mouvement souple et un bruit imperceptible. Elles se battaient côté à côte, ainsi que Solveig l’avait souvent rêvé, enfant. Elle et sa grande sœur, la fière guerrière.

La maîtrise encore hésitante de la jeune Baronne ne lui permit pas plus longtemps de continuer à piéger les énormes masses criminelles qui l’entouraient, elle et Ailen. Son serpentin de glace se brisa en mille flocons sur le corps d’un des brigands. Il n’en restait plus que deux, peut-être trois, les quatre premiers à être anéantis maintenant étalés sur le sol humide, immobiles. Solveig glissa le long du mur, impuissante à nouveau, fulminante contre sa propre incapacité à endurer ces flux nouveaux qui l’épuisaient.
Ailen se retourna vers elle et compris.

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