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 [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang

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MessageSujet: [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang    Dim 6 Mai - 12:04

Les derniers rayons du soleil caressent l'horizon, nimbant les êtres et les choses d'un halo doré. La journée s'est écoulée, toute fébrile de préparatifs effrénés – la fête d'hiver commencera après-demain, et déjà de nobles invités sont arrivés au Palais. Les riches et les privilégiés se sont déplacés depuis tous les duchés de l'empire, et les couloirs de l'aile qui leur est réservée bruissent des va-et-vient des serviteurs empressés. Dans l'une des luxueuses suites de la très haute noblesse, la duchesse héritière de Lagrance est venue s'installer depuis Lorgol, amenant avec elle tout un cortège de dames de compagnie et de nobles suivantes. Même les bourgeois et les classes les plus déshéritées se sont vus conviés aux réjouissances du Solstice : un camp leur a été aménagé en bordure de la ville pour héberger les familles affluant de tout l'Empire. Bien sûr, les tire-laine et les habiles détrousseurs de la Guilde des Voleurs sont présents également, et quelques nobles seigneurs se sont plaints de l'allègement suspect de leur bourse.

Mais toi, tu es à part dans tout ce battement festif. La Confrérie Noire a toujours eu des agents partout, et c'est l'un des infiltrés au palais ducal des Sombreflamme qui vous a confié, à ton frère et à toi, la clé de ces appartements verrouillés depuis plusieurs décennies – depuis que l'une des jeunes duchesses y a mis fin à ses jours dans une débauche de sang et de folie. C'est donc dans la plus grande discrétion que vous vous y êtes faufilés, Sigvald et toi – par l'un des nombreux passages secrets qui parsèment les couloirs de cette fantasque demeure.

Pour le moment, tu y es seule – les festivités ne commenceront qu'après-demain, et vous attendez l'arrivée à Euphoria du reste de votre groupe opérationnel. Six assassins en tout, ton frère et toi compris – mais pas Siegfried. Tu as confiné ton obstiné sénéchal à Lorgol, pour qu'il vous relaie en cas d'urgence, et ceux qui sont venus avec toi ont été triés sur le volet : Enguerrand, Jodhaa, Baudouin et Théobald. A vous six, vous allez tenter d'ébranler le pouvoir – et à défaut de tuer le roi en personne, d'abattre au moins tous ses plus proches conseillers. Ton frère et toi, vous exécuterez le général des armées – et chacun des quatre autres agents s'est vu assigner une cible spécifique. Eux demeureront dans les logements des plus modestes – tu es seule au palais avec ton frère. Élevés l'un et l'autre avec le statut de ducs héritiers, vous avez le savoir nécessaire pour évoluer avec aise dans les hautes sphères et vous fondre parmi les autres nobles convives.

Cela te perturbe. Un peu. Tu gardes dans un coin de ta mémoire le souvenir de cette nuit-là – celle où il est venu te rejoindre couvert de sang, et où ses gestes ont revêtu une signification bien différente de ses habituelles preuves d'affection. Tu n'as pas su comment réagir – c'est la Sombre Mère qui t'a sauvée du gouffre de l'indécision en venant interrompre ce moment étrange au délicieux goût d'interdit. Tu es partie en mission dans la nuit noire avec sur les lèvres le goût de celles de Sigvald, et une saveur cuivrée de sang qui accompagne depuis tous tes instants de veille. Le lendemain, c'était comme si rien ne s'était passé – mais tu as pu lire depuis au fond de ses yeux une ombre nouvelle quand il les pose sur toi, et tu hésites, peu sûre au fond de la nature de tes sentiments. Un amour si profond ne peut-il donc être innocent ?

Alors, tu attends. Qu'il trouve le courage de t'en parler. Qu'une réponse se présente, à toutes ces questions qui s'emmêlent et tourbillonnent, au fond de ton esprit. Vous êtes arrivés il y a quelques heures à peine à Euphoria, et il t'évite déjà – parti repérer les lieux. Parmi ce battage humain, votre visage découvert vous garantit le plus grand anonymat, mais tu t'inquiètes tout de même... Et s'il lui arrivait quelque chose ? Alors, assise sur le grand lit à la mode de jadis qui pourrait facilement accueillir six personnes, tu lisses le velours noir et le satin argenté de ta robe de bal que tu as sortie pour l'étaler et la défroisser.

Et s'il ne revenait pas... ?

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Dernière édition par Svanhilde Nightingale le Mar 8 Mai - 16:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang    Mar 8 Mai - 11:11



      - Te voilà enfin ! Je t'ai cru perdu, comme cette nuit où... Un sourire étire mes lèvres alors que je m'en vais évoquer un souvenir que mon ami voudrait oublier. Une mission, où sa ponctualité ne s'était guère montrée à la hauteur de son talent d'assassin... Heureusement, cette seconde qualité avait rattrapé le défaut de la première.
      - Oh tais-toi, ne vas-tu donc jamais te lasser de te moquer de moi ? J'avais été retenu par une affaire des plus importantes... Les yeux de Thibald pétillaient de malice à cette évocation. Je ne sais dans quelle situation il s'était mis, mais elle avait du être plutôt amusante - pour lui en tout cas. Mais ne crois pas m'avoir avec de vicieuses accusations et de feintes inquiétudes... Que fais-tu à cette heure hors de tes appartements ?


    Le regard de mon compagnon d'arme se fait méfiant, tandis qu'il me dévisage. J'arrive pourtant, je crois, à garder une apparence indifférente, une expression impassible, comme je m'y efforce depuis mon enfance. Montrer ses faiblesses n'est jamais conseillé... Et même Thibald ne peut me secourir des méandres de mon esprit cette fois, il est donc inutile de l'en accabler, et de diffuser plus le mal, car il en serait affecté.
    La Confrérie Noire entière pourrait être ébranlé par des sentiments aussi inavouables et interdits - dont je me défends, en vain, depuis des jours et des nuits de torture. Je vois déjà comme cela a brisé le lien qui m'unissait à Svanhilde en l'entachant de honte, et j'évite sa présence pour ne pas sentir la désapprobation et la colère qu'elle doit éprouver à mon égard désormais.

      - Je fais quelques repérages... Les lieux sont aussi bien protégés que nous l'avions prévu. Je sais bien que ma démarche est inutile, et le froncement de sourcils du jeune Montsalvy m'apprend que cet état ne lui a pas échappé. Depuis quand suis-je ainsi désordonné ? Mes frères d'armes me connaissent pour ma rigidité, et mes plans stricts, qui vont à l'indispensable, à l'essentiel, sans faire de zèle dangereux. Et là, je secoue de l'air et me promène à la vue de tous avec le poids de la culpabilité qui alourdit mes épaules... Où est passé ma prudence ?
      - Oui... L'éclat n'aurait su se tromper, il fut un temps où il était chez lui en Sombreciel, il en connait les recoins. Je sens de l'hésitation dans sa voix, alors qu'il fait là une déclaration indéniable. Mais son interrogation induite porte sur ma propre conscience de la situation, je peux le comprendre implicitement. Tu devrais retourner à Elle, il n'y a rien de plus à faire ici, et elle doit se sentir bien seule dans vos nobles appartements, conclut-il, avec un clin d'oeil complice, sans néanmoins se départir de cette lueur de soucis qui ombre ses prunelles.
      - Tu as raison. J'affirmes avec un sourire rassurant, pour ôter ses doutes. Tout est déjà prêt, nous savons ce que nous avons à faire demain, c'est ce dont il essaie de me convaincre, avec une tape sur l'épaule, avant de s'éloigner... Mais mes incertitudes concernent cette nuit, et non l'Errand, et encore moins Thibald, qui me fait confiance et que j'ai l'impression de trahir rien qu'en pensées.


    Des pensées qui me hantent... Des images de ses lèvres, le goût de sa peau... Par l'Oracle, je deviens fou ! Je me détache du mur où je me suis un instant appuyé, et secoue la tête en regardant mon complice s'éloigner. Comment me verrait-il s'il savait la perversion que nourrit mon coeur ? Prendrait-il des ordres encore d'un homme qui possède des désirs aussi malsains ?
    Je respire et rassemble mon courage... Ce n'est qu'une bataille de plus, et je sais lutter malgré les souffrances, jusqu'à la victoire. Pourquoi ce combat-là serait-il différent ? Les rues d'Euphoria sont animées, même à cette heure tardive, et je rejoins le palais sans effluves, passant inaperçu, ne récoltant que quelques oeillades discrètes, nullement mal intentionnées. Je me sens pourtant décalé dans cette ambiance festive, par mon rang, par mon rôle, mes intentions, mon statut, mon identité... Tout jusqu'à mon humeur m'éloigne du peuple qui m'entoure à ce moment.
    Par une porte dérobée qui nous a été découverte plus tôt à notre arrivée, je pénètre le batiment, et arrive bientôt devant la porte qui me donne tant de mal à franchir, car je sais quels dangers elle recèle, plus effrayants pour moi que les gardes d'Augustus... Je m'arrête un moment, les poings crispés si forts qu'ils me brûlent soudain, légèrement bleuis comme sous l'effet d'une inexplicable engelure. J'ai chaud pourtant.
    J'entre. Je n'ose pas tout de suite la chercher dans l'obscurité. Je ferme derrière moi, nous enferme, seuls, dans cette pièce, confinés.
    Je me défais de mon arme, et soupire en apercevant enfin la silhouette crainte sur le lit immense qu'abritent les lieux. Le silence me pèse.

      - Rien à signaler. J'appuie ainsi le ridicule mensonge par lequel j'ai expliqué ma fuite.
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MessageSujet: Re: [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang    Mer 9 Mai - 11:07

Le soleil en se couchant te réchauffe de ses derniers rayons par la haute croisée aux vitres de verre teinté. C'est une belle journée de décembre – la lueur timide de l'astre hivernal nimbe pendant la journée les êtres et les choses d'une lueur glaciale et le chant des oiseaux a rythmé les préparatifs. Tu as fait quelques pas dans le palais, parcouru les jardins, dans ces atours de noble dame que tu as revêtus pour mieux te dissimuler dans la multitude. Les sourires des femmes et les regards des hommes ont su te dire à quel point tu te fonds dans la masse des héritiers fortunés que la gloire de leurs parents a illustrés dans la prospérité. Un nom d'emprunt, un statut dérobé, et te voilà la parfaite damoiselle de bonne renommée. Une gracieuse inclinaison de tête par-ci, un baisemain par-là, tu as évolué dans les couloirs avec une aisance née non pas de l'habitude mais de l'audace.

Puis tu es rentrée par une des portes dérobées menant au dédale de passages secrets du château, et dans la confidentialité de cette luxueuse suite dans laquelle vous vous êtes installés, tu as laissé le souci reprendre le dessus sur toi. Le cadre est beau pourtant – les dorures des murs et du plafond, richement ouvragé, le parquet marqueté, les lambris qui tapissent les parois sous les lourdes tentures drapées, toute une débauche de luxe qui te ferait tourner la tête si tes propres appartements dans la Tour Noire n'étaient pas eux-mêmes le reflet de ton haut statut. Les rideaux cramoisis, le couvre-lit écarlate, toute une gamme de rouges éclatants et moelleux qui s'est refermée sur toi comme un écrin sanglant. Et cette suite ici en est une copie presque parfaite : un camaïeu de carmin sur les murs, les meubles, le vaste lit et son baldaquin.

C'est sur ce lit confortable que tu t'es juchée en attendant patiemment le retour de ton frère, quand Sigvald finit par se montrer. Autant ta propre tenue est vive et colorée, passe-partout comme toutes ces robes tapageuses exhibées par la jeunesse féminine, autant sa mise à lui est bien plus sobre mais paradoxalement plus éclatante. Tout entier de noir vêtu, des fils d'argent rehaussant les coutures et les broderies élégantes de son col et de ses manches, sa blondeur n'en ressort que plus, et ses yeux s'accrochent un instant aux tiens avant de s'en éloigner. Tu te rappelles fugitivement du feu d'enfer qui avait semblé couver dans ses prunelles glacées, ce soir-là. La douceur de ses mains, la saveur de ses lèvres. Le goût du péché. La manière dont ton cœur avait hésité avant de battre un peu plus vite, un peu plus fort... et l'arrivée de votre Sombre Mère, coupant court à cet instant qui s'ébauchait à peine. Les jours suivants, tu avais réfléchi. Longtemps. Parlé avec Enguerrand. Un peu. Avec Jodhaa. Beaucoup. Puis décidé que la vie, après tout, n'avait de valeur que si elle était vécue.

Sigvald, lui, avait fui. T'avait fuie, toi, comme s'il cherchait l'asile de la raison loin de tes bras. Et pourtant, pourtant – qu'a-t-il à craindre de toi ? Tu le regarde déposer son poignard sur une commode, encore au fourreau. Le regard rapide, fuyant, qu'il te jette avant de te tourner le dos, s'enferrant dans une excuse de plus. La lassitude te prend, soudain. D'un coup, ces atours tape-à-l'oeil te semblent malsains. Ces couleurs, ces froufrous – ce n'est pas toi, et une envie irrépressible te pousse à vouloir trouver une couturière pour changer le dessin de ta robe de bal. Quelques retouches, quelques pièces à changer, un drapé à modifier... Le fil de tes pensées se rompt net quand tu prends conscience de la tension qui a envahi la pièce. De la tension, terrible, qui semble s'être logée entre les épaules crispées de ton frère.

« Merci pour ta vigilance. N'as-tu rien d'autre... à me dire ? »

Rien d'autre à t'avouer, aucun autre sujet à aborder ? Tu te laisses glisser du lit, fais quelques pas vers lui, te campant dans son dos. Le chignon étroit qui emprisonne tes mèches t'occasionne un début de migraine, et la fatigue t'accable quelque peu après ce long voyage.

« Tu me manques, Sigvald... »

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MessageSujet: Re: [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang    Mer 9 Mai - 13:33

    Je lui tournes le dos, car c'est à présent la position la plus facile à tenir, pour ne pas faiblir de son aura. Je fais mine de trouver soudain très intéressant ce coussin de soie rouge écarlate qui repose non loin de mon arme. Svanhilde est là pourtant, je la sens, je l'imagine, et cette pensée seule est plus captivante que tout l'or du palais... Elle s'approche. J'ai le sentiment d'être plus assassin que frère désormais, tous mes muscles tendus en la sentant s'approcher doucement, prêt à bondir... Il serait mal aisé de fuir encore, comme il serait inconcevable d'attaquer. Je comprends à cet instant le sentiment de mes proies, qui se retrouvent coincées dans mes desseins, incapables de m'échapper, et qui se défendent pourtant, dans un dernier élan de folie. Je ne suis guère plus victorieux qu'un animal, qui sent sur lui se refermer le piège qui lui coûtera la vie, sans rien pouvoir faire pour s'en échapper.
    Et la trappe mortelle est belle, tout comme le bourreau.
    Epargne-moi, Svanhilde... Mais il est trop tard, elle parle, et ses mots me touchent sans détours, comme ils l'ont toujours faits.

      - Si. J'ai vu Thibald. Il vient d'arriver, et a rejoins son logement, comme prévu. Ma voix est assurée, plus que je ne l'aurais cru, plus glaciale aussi. Je sais que ce n'est pas la réponse qu'elle attendait, mais celle-ci me semble tout à fait appropriée, un parfait contournement de la vérité, une fois de plus. Je ne suis pas parti longtemps... Mon ton s'est radoucit un peu, je fais semblant de ne pas comprendre l'implicite de sa plainte, et aucun de nous ne peut être dupe, mais que puis-je faire d'autre ?


    Vais-je pouvoir passer le reste de ma vie à l'éviter ? Je souhaite que la mort m'emporte vite alors, car ce destin m'écrase déjà, et ne me laisse que peu de souffle. Ou peut-être après cette mission, méloignerais-je... Je pourrais toujours trouver des causes à rallier, loin de Lorgol... Après tout, elle est l'héritière, et je ne suis rien à ses côtés si je ne peux pas l'aimer comme mon âme me le dicte.
    Je soupire. Il y a aussi cette autre option, dont mon rang me donne la tâche. Après tout, elle serait la solution à tous les problèmes, et mettrait entre nous un serment inviolable, une barrière d'honneur contre la tentation... Comment l'aborder avec elle ?
    Doucement, je pivote pour lui faire face, délaçant mon gilet sombre. La nuit tombe, il sera temps d'aller dormir, pour affronter la journée de demain - si j'arrive à trouver le sommeil. Cette action banale me donne une conternance, cachant ma réflexion.

      - Petite soeur... J'insiste sur ses mots, qui prennent depuis quelques jours un sens bien funeste, mais qu'il ne faudrait pas oublier. Nous avons beaucoup à faire en ce solstice, je le sais, mais il y a de joyeuses perspectives que j'aimerais que tu considères. Joyeuses... Ou pas. Des nobles de tout royaumes viennent à cette occasion, et nous avons parmi eux de précieux alliés à nous faire... Svanhilde, tu as maintenant 24 ans passés, et tu devrais envisager, plus que jamais, de prendre un époux.


    Les conséquences qu'impliquent ma déclaration me déchirent, et j'ose à peine croire que j'ai pu prononcer cette suggestion. Malgré tout, j'ai trouvé le courage, ou l'insanité, de le faire, et j'en attends le retour. Je fixe la jeune femme, superbe, auréolée d'une blondeur presque surnaturelle...
    Son absence immédiate de réaction ne représente-t-elle que le calme avant la tempête ? Je la connais assez bien pour savoir le sujet brûlant, mon indomptable Svanhilde. Et d'un autre côté, je ne sais plus si je la comprends assez bien pour imaginer qu'elle puisse partager ma souffrance à cette évocation.
    Le silence est trop lourd, ma culpabilité me pousse à continuer, à la manière d'un masochiste.

      - Moi même, je... J'avais l'intention... De quoi ? Comptais-je mentir longtemps ? M'unir à une de ces princesses pourries gâtées, supporter sa proximité pour étendre notre pouvoir, nos relations ? Dans quelles abysses voulais-je m'enfoncer ?


    Je hoche légèrement la tête, ne sachant plus continuer, enfant pris en faute dans un entremêlement de plans machiavéliques...
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MessageSujet: Re: [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang    Mer 9 Mai - 15:50

Mais... de quoi parle-t-il ? Un instant, ton esprit dérape, ton cœur rate un battement. La minute écoulée repasse en vitesse accélérée dans ta mémoire. Il est entré, t'a donné les nouvelles, d'un ton un peu froid qui s'est ensuite réchauffé. Il a retiré son gilet noir en cuir, rehaussé de fils d'argent et de broderies, s'est approché d'une commode, a joué avec le coussin qui reposait dessus. Et soudain, il a eu ces paroles affolantes.

Tu ne parviens pas à détacher ton regard de son visage, alors que tu sens toute couleur déserter le tien, alors que le sang reflue lentement vers ton cœur en panique. De quoi parle-t-il ? Cherche-t-il à se débarrasser de toi ? Es-tu donc un tel encombrement, pour qu'il désire te jeter dans le lit de l'un de ces barbons chenus qui ont dévoré des yeux ton décolleté pendant ta promenade dans le palais, veut-il que tu appartiennes à l'un de ces damoiseaux ridiculement attifés qui te déshabillaient du regard sur les dalles des couloirs ?

Tu en es blessée. Le mariage a toujours été un sujet délicat dans votre famille – la position des Nightingale fait que vos compagnons et compagnes doivent avoir au cœur cette même force vive et ce même espoir forcené que ceux qui vous habitent tous entiers. Mais la vérité, la cruelle vérité, nue et affolante, c'est que votre génération est pourrie-gâtée. Peut-être dans celle de vos parents auriez-vous pu trouver un parti acceptable dont l'union vous apporterait des bénéfices dans votre effort de guerre, mais rien qu'à l'idée d'imaginer quelque matrone défraîchie au bras de ton frère, l'horreur te saisit. Une femme qui aurait l'âge d'être votre mère, ou bien plus âgée encore, les cheveux blancs, le menton tombant, les yeux chassieux et la dent branlante. Inconcevable ! Pour ton frère, c'est une femme jeune qu'il faut, une femme dotée d'une belle énergie et d'un grand courage. Une femme qui saurait le rendre heureux et lui donner envie de lutter... Une autre femme que toi dans sa vie.

Et ce frisson qui te parcourt soudain, tu le reconnais avec un ébahissement nouveau – c'est la morsure empoisonnée de la jalousie qui est venue se lover dans tes entrailles, murmurant mille paroles provocatrices et venimeuses, instillant ses idées noires. La révolte te réveille soudain. Il va parler – achever sa phrase, t'annoncer que bientôt il se cherchera une épouse, que dans quelques temps, tu perdras ton frère et sa chaleur – que demain, tu perdras Sigvald et cet amour insensé qui brûle entre vous, aussi intense que forcené. Angoissée, tu t'élances vers lui à grand pas, frappe de ton poing crispé sur le haut de son bras – ses prunelles accrochent les tiennes, et la fureur dans tes yeux appelle l'orage qui couve dans les siens.

Tu ne réfléchis même pas. A quoi bon s'arrêter, s'interroger, retarder encore ? C'est trop de réflexion qui te prendrait Sigvald, et c'est bien la dernière chose que tu désires dans ces temps incertains. Qui saurait dire de quoi sera fait demain ?

« Tais-toi. Je t'interdis d'aller plus loin – Sigvald, c'est de toi, que j'ai besoin. »

Tu t'accroches à lui des deux mains, comme si ta volonté seule pouvait infléchir encore le poids fatidique de vos destins. Et puis finalement, tu lâches prise. Vos deux regards liés se marient de plus belle, bleu d'azur et bleu glacier, la rencontre du vent et de l'océan, dans une tempête outragée qui t'emporte dans son ouragan et te fait perdre pied. Un souvenir danse ici et là – tu l'attrapes au vol, tu savoures une fois de plus la réminiscence de ce baiser au délicieux goût de blasphème qu'il t'a volé – de cette caresse de ses lèvres contre les tiennes, que vous avez partagée. La chaleur de ses bras autour de toi, la constance de cette puissante pulsation dans sa poitrine qui accompagnait le propre galop de ton sang. Il va parler encore – tu le sais, tu le sens, et c'est d'un geste désespéré, tout de fureur rentrée et de désir réprimé, que tu scelles ses lèvres d'un baiser. Accrochée à lui, rivée à ses bras, envolées, la honte et la gêne – tu as enfin l'impression d'être à la place qui est la tienne.

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MessageSujet: Re: [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang    Ven 18 Mai - 6:30

    Après tout, le sort ne me semble pas plus cruel, en m'unissant à une autre, qu'en m'ayant placé de si longues années aux côtés de Svanhilde pour finalement me l'interdire. Ce petit jeu du destin est si sournois que j'ai du mal à y croire parfois. Mais peut-être est-ce ainsi, finalement, que l'on teste les braves ? Ceux qui réussissent à résister à la tentation, par honneur, sont alors les hommes les plus admirables, et je ne peux que m'incliner, et vouloir faire mienne leur volonté.
    Pourtant, à cet instant, dans cette chambre dont chaque mobilier semble oeuvrer contre moi, je me demande si jamais un honnête guerrier a connu plus dure bataille contre sa raison. Et je reste de marbre, car c'est Svanhilde qui se révolte pour moi, pour nous, comme si nous n'étions qu'un seul être. Elle exprime ce que je ne peux dire, car je me dois d'être le contrôle là où elle n'est que passion. Son poing sur mon épaule ne me blesse nullement, et quelque part, me rassure, me soulage. Qu'elle accepte ma sentence sans s'en offusquer m'aurait brisé le coeur plus facilement que n'importe quel coup...

      - Svan... Je commence, pour répondre à sa déclaration, sans savoir exactement comment m'en défendre d'ailleurs. J'espère que ma droiture me guide dans mes arguments, tandis que le reste de mon être n'en voit aucun.


    Mais avant que je puisse mettre cette logique implacable à l'oeuvre, ses lèvres s'accrochent au mienne, et je sens toute mes dernières forces m'abandonner. Je lui laisse ce baiser, puis je le prends, je l'arrache de sa bouche même, avec violence. Mes mains s'agrippent à ses cheveux dorés, pour la serrer plus fort contre mon visage.
    Puis d'un sursaut de conscience, je m'écarte, horrifié d'avoir cédé encore à l'appel de son corps, alors que nos âmes sont déjà unies au-delà. Ne peut-on se contenter de cela ? Pourquoi la chair réclame-t-elle toujours son dû dans cet échange ?

      - On ne peut pas... Svanhilde... Je suis à bout de souffle, j'ai l'impression d'être ivre, de voir la terre tourner autour de nous, m'emporter, jusqu'aux limites hors desquelles je ne peux plus rien maitriser. Je frissonne, car je vois dans ses prunelles brûler un feu que je ne suis pas capable d'éteindre, j'y lis ma perte, et la sienne. Cette dernière m'est la plus horrible à supporter. Il faut dormir... Nous verrons demain...


    Mes paroles ont-elles encore un sens ? Je n'en suis pas sûr, je les entends à peine, comme si un autre les formulait sans mon approbation. Elles reproduisent ce que je fais depuis des jours, reporter à plus tard, en espérant que le jour suivant m'offre un répit, ou me délivre enfin de ces sentiments qui ne peuvent être qu'un délicieux cauchemar.
    Peut-être est-ce cela justement ? Un rêve ? Mais la douceur de Svanhilde a l'air si réelle... Ma main se tend naturellement vers elle à cette pensée, pour atteindre sa gorge, et la carresser doucement, à la manière d'un enfant qui la découvre avec stupéfaction. Puis mes doigts retombent le long de mon corps, vaincus.

      - Qu'attends-tu de moi ? Mon ton a retrouvé sa contenance. Elle a dit avoir besoin de moi, et je ne puis déroger plus longtemps à ses désirs. Depuis notre plus tendre enfance, elle n'a eut qu'à formuler ses souhaits, pour que je me plies à les accomplir. C'est ma nature, et je ne la contiens plus.


    En dehors de Svanhilde, je ne prends d'ordres de personne... Je suis à elle, et ce qu'elle veut, je le veux aussi. Là, dans l'obscurité de nos appartements, je sens qu'une tension s'est envolée, pour laisser place à une autre, tout aussi dangereuse. Une partie de moi s'est apaisée, mise à genoux, tandis qu'une autre pulsion prend la relève. J'ai laissé tomber mes armes, mon armure que je croyais impénétrable... Et je me prépare à un autre genre de combat, dans lequel je m'avance à tâtons, mais déterminé.
    Je la mets au défi, maintenant que je ne lui oppose plus de résistance, de renouveller son choix, et d'écrire la suite de notre histoire. Peut-être en sera-t-elle moins assurée, maintenant que la suite ne dépend que de sa volonté ? Veut-elle toujours autant ce qui est devenu accessible, ou ne réclame-t-elle que l'impossible, par contradiction, comme beaucoup d'humains à jamais insatisfaits ?
    Je sais ce qu'il en est de moi, et cette certitude tout juste découverte me rend soudain plus fort et confiant.
    Je fais un pas vers le lit, vers elle, la repoussant dans ses retranchements.
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MessageSujet: Re: [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang    Dim 20 Mai - 15:18

C'est une lassitude immense qui semble d'être emparée de lui, alors que tu te bats contre ses choix, contre ses décisions, qui t'atteignent bien plus qu'il ne semble s'en rendre compte. Tu sens son trouble alors que tu t'accroches à lui, dans les premières secondes de ce baiser qui te brûlait les lèvres depuis trop longtemps. Une hésitation, comme s'il ne sait trop s'il doit t'enlacer ou te repousser – et ton cœur se serre, instinctivement, à l'idée qu'il pourrait te rejeter. Les feux de la jalousie ont le temps d'agresser tes entrailles – peut-être en aime-t-il une autre, peut-être que les convenances qu'il dresse entre lui et toi ne sont qu'un prétexte pour fuir tes bras et s'enfuir dans ceux d'une autre ? Peut-être que ce sentiment effrayant qui a grandi en toi toutes ces années avant de fleurir sans que tu ne t'y attendes n'est pas partagé. Mais tes doutes ne durent que quelques secondes – puis il répond à ton baiser, prend ton visage entre ses mains, et tu peux sentir la violence des émotions qui le secouent. Il s'accroche à tes cheveux, te communique sa passion – avant de se dégager d'un mouvement brusque. Tu vois l'horreur dans ses yeux, le choc d'avoir rompu quelque serment qu'il s'était fait, la peur aussi, l'angoisse, et une interrogation tumultueuse qui tourbillonne dans son esprit. Il parle, balbutie, bafouille, des mots incohérents sans suite. Sa main vient caresser ta gorge, ton pouls rapide vibre au bout de ses doigts hésitants. Puis sa volonté s'affermit.

Vous êtes là, face à face, dans la pénombre crépusculaire de ce soir d'hiver, et la lueur des chandelles fait briller intensément vos yeux, trahissant la fièvre étrange qui y couve, les pulsions réprimées qui voudraient s'exprimer. Tu n'as pas l'habitude de ces sensations – le contact du sang sur ta peau, son goût cuivré, son odeur fade, rien de tout cela ne te fait broncher, pas plus que les cris ou les supplications égoïstes – mais ces émotions nouvelles qui s'éveillent te troublent et t'effraient, un peu. Tu sens confusément que tu t'aventures en terrain périlleux, mais le délicieux frisson du danger ne t'en plaît que plus. Toutes ces années passées à ne vivre que pour ta mission, et la vengeance pour le mal causé à ceux de ton sang, et le triomphe de vos convictions... Tu en as oublié de vivre pour toi. Tu es peut-être l'Oracle de la Confrérie Noire, et la duchesse de Nightingale, mais tu ne seras jamais la championne de Dragonvale et d'autres que toi peuvent mener cette guerre – tu as bien droit à quelques instants de repos, après tout. Tu es humaine au final et l'être humain a besoin de gratification. Pour toi, maintenant, cela passe par la satisfaction de tes élans du cœur, et tu ne veux plus réprimer celui qui te pousse vers Sigvald.

« J'attends de toi ta franchise. Crois-tu que j'ai oublié, ce qu'il s'est passé cette nuit-là, ce qu'il serait advenu si notre Sombre Mère ne nous avait pas tirés de mes draps ? Sigvald, nous avons essayé de faire comme si de rien n'était, toi et moi, mais cela ne m'a pas apaisée. Tu as réveillé quelque chose en moi ce soir-là, et depuis lors je ne puis trouver de repos. Mes pensées sont trop emplies de toi. Et comment nier mes sentiments, effacer ce que je ressens ? Il est trop tard pour ça maintenant... »

Tu lèves tes bras, les passe autour de son cou. Ton cœur s'est apaisé et bat sereinement, au rythme de tes pensées qui s'affirment. C'est vrai, tu aimes ton frère – tu l'aimes depuis des années, depuis que vous étiez enfants, et tu ne sais pas exactement quand ce secret a cessé d'être innocent. Au fond, ce n'est pas important : ce qui compte à présent, c'est l'intensité de vos sentiments, et la sincérité de votre attachement. Tu le vois dans ses yeux : il sait, il ressent. Il comprend. Il t'attend, simplement.

Tu fais un pas vers lui, puis un deuxième. D'une résolution nouvelle, tu acceptes les conséquences de cette inclination scandaleuse qui choquerait si elle était connue – tu reconnais ton penchant contre lequel Enguerrand t'avait mise en garde. Mais maintenant, tu te moques bien des convenances, de la prudence : tu en as assez d'être raisonnable, et de devoir tout sacrifier. Si le Destin a écrit ton avenir en lettres funestes, il a quand même placé Sigvald dans ta vie, ce frère dont tu ne partages pas le sang. Et cela, en soit, fait toute la différence. La pointe d'appréhension qui te mordait les entrailles se dissipe et s'évapore, alors que ses bras se referment sur toi et que son haleine vient caresser ta joue.

« Je ne sais pas ce qu'il se passera ensuite, et j'ai peur de demain. Mais si je t'ai à mes côtés, rien ne pourra m'atteindre. J'ai tout donné, tout sacrifié pour cette vie, et je regrette pas de la mener, si en compensation je peux t'avoir, toi. Ne comprends-tu pas ? Je suis prête à abdiquer tout le reste, à me dévouer pour notre mission, à combattre pour la liberté, à me couvrir d'opprobre et de honte pour rendre leur grandeur aux Huit-Duchés, mais je ne veux plus me priver de toi. J'ai essayé – c'était trop dur. Tu voudrais m'imposer ça à nouveau ? »

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MessageSujet: Re: [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang    Lun 21 Mai - 13:40

    Bien sûr, je me souviens de ce moment d'égarement... Moi aussi j'en fais des rêves troublants, et souvent même éveillé. Etait-ce vraiment de l'égarement, en réalité ? N'était-ce pas plutôt au contraire, la première fois où nous nous trouvions sur le droit chemin ? A présent j'en doute à peine... Ce que j'éprouve est si puissant, si impérieux, qu'il ne peut être traitre. J'aime Svanhilde, et je ne l'ai jamais exprimé comme il se devait jusqu'à ce baiser. Que tous les autres en soient choqués, qu'importe ? Avons-nous vraiment le choix, de nous séparer et de nous détruire ? Mon sang n'est pas le sien, bien qu'il lui réponde, et soit mu par elle désormais avec une force qui me déstabilise.
    Il bat contre mes tempes, avertisseur de danger, galvaniseur pour le surpasser. Cet afflux, cette pulsation énergique me pousse vers celle qui était ma soeur, et qui est à présent autre chose... Et plus encore probablement bientôt. Cette seule pensée provoque en moi un assaut encore plus violent, qui ne peut se résoudre surement que par sa concrétisation.

      - Qu'il en soit ainsi, alors, répondis-je, sans que ma voix ne tremble d'autre chose que de désir. Je ne suis plus résigné, je suis désormais conquérant, avançant sur mes précédentes hésitations, les écrasant d'un pas assuré.


    Svanhilde parle trop, je n'en dis pas assez. Cela a toujours été ainsi, et en cet instant d'intimité, il ne saurait en être autrement. Nous sommes toujours les mêmes, et pourtant différents, de part nos décisions.
    Cette nuit sera parfaite, je le sais, malgré ma crainte de ne pas être à la hauteur de ses espérances... L'admiration que je lis parfois dans ses prunelles me destabilise, j'ai l'impression qu'elle en attend trop, alors que je ne suis qu'un homme, là plus que jamais.

      - L'idée de te forcer à quoi que ce soit m'est insupportable... Je murmure pour ma défense, pour la rassurer sur mes intentions. Je ne la priverai plus de moi, non, et ma précédente proposition s'est évanouie d'elle-même quand elle m'a donné ses lèvres, pour ne plus appartenir à un autre.


    Mes yeux dans les siens, déterminés, mes mains serrent les siennes, pour la convaincre de ma sincérité. Ce simple contact, de sa peau, me procure un frisson délicieux. Naturellement, mes paumes glissent sur ses hanches, et je l'étreins contre moi, retrouvant son odeur enivrante, enfouissant mon visage dans son cou pour en goûter toute la douceur autrefois interdite. Mes doigts se pressent contre le tissu de sa robe, avide de sentir à travers l'étoffe le reste de son corps.
    Je me laisse guider par mes instincts, par mes envies, oubliant les conséquences de mes actes, rejettant au loin les oppositions raisonnables qui me retenaient.
    Doucement, je la pousse vers le lit, la soulevant légèrement pour l'y allonger. Je retire ma chemise d'un geste ample, découvrant mon torse, avant de la rejoindre sur les draps soyeux, brûlant.
    Je reprends mess carresses où je les ai arrêté, levant de temps en temps un regard interrogateur vers son visage, y cherchant un quelconque refus, y trouvant peut-être la marque du plaisir que lui procuraient nos retrouvailles.

    Où sont les limites ? Tout mon être en réclame encore, toujours plus, et je ne sais si j'arriverai à me satisfaire entièrement tant je la désire... Je m'essouffle presque, à essayer de maitriser toutes ces émotions incontrôlables qui me dévorent.
    Dans mon empressement, je déchire un morceau de son corsage... Au lieu d'en être ralenti, je tire sur le pauvre vêtement qui s'arrache en lambeaux... Le constat ridicule que la barrière entre nous puisse être si fragile me fait sourire, et j'embrasse Svanhilde avec plus de fougue, comme pour me faire pardonner, cachant le corps découvert avec ma paume chaude...
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MessageSujet: Re: [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang    Mer 23 Mai - 1:32

Ta mère ne t'a jamais préparée à ça. Alors oui, les femmes de ton entourage ont évoqué à mots confus ces changements de ton corps qui t'avaient sidérée de prime abord, mais nulle d'elle n'a pris le temps de t'expliquer ce que tu pourrais un jour faire de ce corps-là. Néanmoins, tu sens que tu n'en auras pas besoin, poussée par cet instinct ancestral qui réside au plus profond de toi et qui saura bien guider tes pas sur ce chemin qui s'ouvre d'un coup devant toi. Comme toutes les filles de bonne famille, tu as grandi dans l'assurance que tu passerais fatalement, tôt ou tard, dans le lit d'un homme qui serait ton époux, et qui aurait sur toi tous les droits. Et en ton cœur d'enfant rebelle, tu avais décidé que nul, jamais, n'aurait sur toi ce pouvoir-là, et que le mariage serait une institution que à laquelle tu ne sacrifierais jamais ta liberté.

Et maintenant, de mariage il n'est nullement question. Pas de boulet à ta cheville, personne pour saccager tes ailes, pour te voler ce souffle d'indépendance forcenée qui te fait vivre et vibrer au soleil des Huit-Duchés. Pas de barbon croûlant pour étouffer sa jeunesse de ses rides, pas d'époux violent pour effacer ton sourire sous tes coups – non, rien de cela, juste les mains chaudes de Sigvald qui fait courir des flammes sous ta peau. Un bref frisson glacial court le long de ton échine – une intuition te prédit que votre Sombre Mère fronce les sourcils, pas très loin d'ici, mais tu l'ignores délibérément, pour ne te consacrer qu'au moment présent. Ces lèvres douces qui parcourent la peau délicate de ton cou accaparent ton attention, ces lèvres au goût d'hiver et de sang, à la saveur de cette glace qui emprisonne Arven sous un carcan gelé mais sous laquelle un devine le feu d'un brasier d'enfer, les lèvres de ton frère – mérite-il encore ce titre au vu de ce qui se passe entre vous maintenant, devant les barrières abattues des convenances, de la piété, de la décence ?

Au fond, tu t'en fiches. Il n'en reste pas moins Sigvald à tes yeux, cet homme que tu connais depuis tes premiers pas, celui qui t'a toujours ouvert ses bras, et tu comprends maintenant que cela fait quelques temps déjà que tu désires une étreinte un peu moins fraternelle que celles auxquelles il t'avait habituée. En un geste souple, il t'étend sur ce grand lit qui a occupé une place importante dans tes pensées depuis votre arrivée, retire sa chemise, et te rejoint. Tes mains courent sur son torse qu'elles ont pansé à maintes reprises – tes doigts retrouvent à l'aveugle l'emplacement des anciennes blessures, la trace des cicatrices qui vantent sa bravoure et son mérite. Un geste un peu plus brusque, et le tissu de la fine chemise que tu portes à même ta peau part en lambeaux, vite suivie par la toile plus rude de ton corset. Un baiser plus enfiévré te colle contre ton frère, tes mains s'accrochent à ses épaules, caressent son dos, ses cheveux, son visage.

Un étrange picotement s'agite au bout de tes doigts. Est-ce ta magie de l'air qui s'anime et s'éveille, répondant aux vagues confuses de désir et de plaisir mêlés qui t'envahissent, ou bien simplement le signe que le sang qui cavale dans tes veines, de plus en plus vite, de plus en fort, s'est emballé et échappe à tout contrôle ? En tout cas, tu ne réfléchis plus. Vos gestes s'enchaînent, se répondent, s'entraînent – vos mains dansent un ballet sensuel que d'autres ont inventé, il y a si longtemps que tout souvenir en a été oublié, mais que vos corps ont su retrouver. Vos lèvres se murmurent des mots sans suite, de douces folies et de belles chimères que les brumes de la nuit enveloppent de leurs ombres complices, et la flamme des chandelles allume des reflets passionnés dans vos prunelles embrasées par le feu de cette passion qui vous dévore. Ses mains font naître de violents frémissements en effleurant ta poitrine, son souffle dans ton cou envoie des frissons ardents le long de ton dos, le long de tes bras. D'une poussée, tu te redresses, le forçant à reculer – cette fois, c'est de la langue que tu suis la ligne des balafres qui marquent son cou, ses épaules, son torse, en laissant tes mains glisser sur son ventre, atteindre la ceinture de ses chausses, les lui retirer. Le sang bat lourdement à tes tempes, d'une pulsation forte et rapide, emmenant tes pensées à son rythme effréné, et la tension entre ses jambes se fait plus ardente, plus pressante. L'espace d'un instant, tu croises son regard en relevant les yeux vers lui – peut-il lire, dans les tiens, l'océan de passion qui te submerge, l'étincelle du désir qui s'est embrasé ? Certes, nul ne t'a jamais parlé de ces violents mouvements du corps qui s'élance vers celui qui l'attend, mais tu es préparée – tu l'es depuis des semaines, des mois, des années. Un baiser, un autre, puis un suivant encore – tes mains ne restent pas inactives, parcourant ce corps que tu découvres sous un autre jour, la tension dans ses épaules, son haleine dans ton cou, sur ta peau qui frémit et appelle la caresse. Quoi qu'il se passe ce soir, tu es prête, et tu l'attends – tu l'attends depuis longtemps.

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MessageSujet: Re: [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang    Lun 28 Mai - 11:25

    Certains passages risquant de heurter la sensibilité des plus jeunes ont été placés sous balises HIDE et ne seront donc pas accessibles aux membres extérieurs à ce topic.

    Elle me repousse, pour mieux me retrouver, me faire gémir de protestation chaque fois que sa peau s'écarte, chaque fois qu'elle me caresse. Je me sens vulnérable, et cette sensation à laquelle je ne suis pas habitué - même si je devrais peut-être l'être, dans notre quotidien dangereux - me trouble, me fait tourner la tête, m'effraie autant qu'elle me grise. Ses doigts glissent sur mon torse avec précision, connaisseurs, rejoints bientôt par ses lèvres, qui m'arrachent des frissons plus violents encore.
    Tout mon corps se tend vers elle, se crispe et se détend à la fois sous ses caresses.
    Je sais ce qui vient après, et je ne peux me résoudre à céder à ses brusques pulsions qui tiraillent déjà mes reins... Svanhilde est pure, j'en suis certain, sans en avoir jamais eu la certitude prononcée, elle ne s'est jamais donnée à aucun homme. C'est moi qui est aujourd'hui, pour mon plus grand plaisir et ma plus grande crainte la lourde tâche de lui faire découvrir cet aspect des relations qui m'est aussi inconnu. Saurais-je prendre soin d'elle comme je le désire ? Je ne veux pas la blesser, d'aucunes manières, et l'urgence de mes envies m'empêchent un instant de réfléchir au meilleur moyen de rendre la chose parfaite. J'ai écouté, parfois malgré moi, mes camarades en parler, en débattre, de façon crue et irrespectueuse souvent, mais d'autres fois avec plus de sagesse.

      - Svanhilde... Je soupire en lui ôtant les derniers remparts de tissus qui me sépare de son corps, dans sa plus totale nudité.


    Je m'arrête un instant pour la regarder, la dévorer des yeux, comme je n'avais jamais osé le faire auparavant - d'un reflet qui n'a plus rien du frère protecteur que j'étais. Je la trouve plus belle encore qu'elle ne l'est vêtue de ses scintillantes parures, ses courbes harmonieuses semblant avoir été dessinées juste pour me faire mourir un peu plus d'attendre leurs réponses aux élans de mon être entier.
    Il faut qu'elle soit totalement prête à recevoir l'étreinte d'un homme pour ne pas en souffrir, mais je ne sais pas reconnaitre les symptômes qui m'indiqueront cet état... J'écoute ses murmures, je goûte la sueur qui commence à perler sur sa gorge de soie. Sa poitrine est ferme sous ma poigne, et l'effet que produit cette constatation sur ma virilité est incontestable, impossible à maitriser.
    La nature est bien faire, et Svanhilde et moi nous accordons dans les moindres détails désormais, avançant ensemble, prenant ce chemin glissant qui nous conduira jusqu'au sommet de l'extase, du non retour. Nos mains entrelacées, tout comme nos jambes, nous n'avons pas peur...
    Qui nous retiendra cette fois-ci ? Je pris pour que rien ne vienne nous interrompre, que le temps ralentisse sa route juste pour faire durer ces instants de purs bonheur.

      - Je t'aime... Tellement... Je ne sais pas ce qu'il est d'usage de dire dans ces moments-là, et je ne pense plus, les mots sortent seuls, venant droit de mon âme, de mes émotions immédiats, et puissantes, qui gouvernent alors mes mouvements. Laisse-moi t'aimer... Je... Ce n'est pas un ordre, plutôt une plainte, que rien dans ses gestes ne vient contredire.




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MessageSujet: Re: [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang    Lun 28 Mai - 20:39

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Certains passages risquant de heurter la sensibilité des plus jeunes ont été placés sous balises HIDE et ne seront donc pas accessibles aux membres extérieurs à ce topic.

Le sang bat lourdement à tes tempes, emplissant tes oreilles de cette pulsation effrénée à laquelle tu es si peu habituée. Dans tes veines, ce sont des vagues de feu qui circulent et s'emmêlent, t'emprisonnant toute entière dans un filet ardent de désir et de crainte mêlés, alors que les gestes de Sigvald se sont plus précis, plus assurés. Jamais encore tu ne t'es livrée à aucun homme de la sorte, et un reste d'appréhension te noue les entrailles alors même que les caresses de ton frères te font perdre pied. Es-tu réellement sûre de ce qui va se passer ? Un instant, ton regard croise le sien. Et le charme de l'instant opère – cette étrange alchimie qui vivre et résonne entre vous et vous appelle à la magie des corps s'éveille à nouveau, effaçant tes derniers doutes alors que vos derniers vêtements disparaissent dans les ombres de cette chambre auquel tout ton univers se réduit à présent. Ton souffle s'accélère sous les mains de Sigvald, et tu sais qu'il peut sentir sous ses doigts, là, à cette endroit où la peau fragile de ton cou est la plus délicate, combien ton cœur s'est emballé à son contact. De nouvelles sensations te submergent, et la panique reflue. Tu es avec Sigvald – et confusément, tu sens que rien ne saurait t'atteindre, dans cette bulle que vous vous êtes tissée à deux, havre de paix dans ce monde qui sombre, refuge éphémère constitué tout entier de cette passion brûlante qui vous dévore à présent.


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MessageSujet: Re: [J-2 avant le Bal] Une lame incrustée de sang    Dim 17 Juin - 3:29

Certains passages risquant de heurter la sensibilité des plus jeunes ont été placés sous balises HIDE et ne seront donc pas accessibles aux membres extérieurs à ce topic.




    Le calme revient progressivement, et mon coeur reprend doucement ses battements normaux, synchronisés avec ceux de celui de Svanhilde, que je peux entendre contre sa poitrine. Je repose sur elle, presque soulagé. Et pourtant, rien que son odeur suffit à tordre mon ventre à nouveau d'une envie insatiable, que je ne pourrais surement jamais combler. Je n'ose pas relever de suite mon regard vers elle... L'instant est juste trop beau, et je veux croire qu'il a été parfait pour elle aussi, avant de lire la vérité dans ses prunelles.
    Après quelques secondes de suspension, où seuls nos souffles perturbent le silence solennel, je me redresse, me penchant sur son visage, qui a prit un éclat particulier, qui m'était encore inconnu.
    Je sais que mon expression est plus inquiète, inquisitrice.

      - Est-ce que... Je commence mais ne finis pas de suite, réfléchissant à une façon de me renseigner sur son état avec tact, dans cette situation.


    J'esquisse un sourire pour l'informer du bonheur sans nom qui m'habite désormais, et semble m'envahir tout entier. Chaque parcelle de mon corps est apaisée, et à la fois revivifiée par chaque pensée, chaque regard que je lui porte.
    Ma paume descend sur sa gorge, caresse avec une lenteur plus sereine à présent les recoins de sa peau chaude. Rien n'a changé dans mes sentiments. Je l'aime toujours, d'une façon que je ne croyais ni possible ni admise, avec une vigueur décuplée, car pouvant s'exprimer à présent dans toute son immensité.
    Si j'avais suffisemment d'expérience pour en être capable, je tenterais probablement de lui refaire l'amour sur le champs, pour être bien certain que tout cela n'avait pas été un rêve de plus, une illusion créée par quelques poisons douteux.
    Je m'allonges à ses côtés, l'enlaçant tendrement, comme pour la protéger.

    Car en effet peut-être, ce qui nous venons de faire, répréhenssible, nous apportera de dangereux problèmes... Ne suis-je pas d'ailleurs plus vulnérable à présent ? Cette peur, infimement différente de celle que j'éprouvais autrement, me conduira-t-elle à des choses insensées ?
    Je chasse immédiatement ces pensées négatives, fixant le plafond qui a couvert nos ébats avec une reconnaissance idiote.
    Moi qui déteste le palais du Duc Castiel autant que son propriétaire, je lui trouve à présent un charme mystérieux... Peut-être était-ce la chambre qui a changée, ou plus probablement est-ce moi-même, et ma vision des choses. Suis-je devenu plus naïf ou plus éclairé ?
    Les jours qui vont suivre me l'apprendont surement.
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