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 Au détour d'un couloir {Sigvald}

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MessageSujet: Au détour d'un couloir {Sigvald}   Dim 17 Juin - 9:43

Spoiler:
 
Lorsque j’avais ouï cette histoire de fête et de célébration, un léger sentiment de plaisir m’avait envahie, non parce que cela m’aurait offert une fête, mais parce que j’allais avoir l’opportunité de m’échapper du palais impérial durant quelques jours, de voir peut-être d’autres visages, d’entendre peut-être parler de Gabrielle, ou même de m’offrir la possibilité de m’échapper. Néanmoins cette dernière éventualité me paraissait bien trop abstraite en fin de compte et le désespoir m’oppressait tandis que je faisais glisser le fin tissus entre mes doigts, la robe faite sur-mesure était d’une apparente simplicité des plus fausses, tant les broderies étaient complexes. J’en avais pleinement conscience et j’aimais ces richesses qui m’avaient de tout temps enveloppée. Même si elles m’avaient sacrifiée à un Empereur que j’avais appris à haïr de toutes mes frêles forces, consciente qu’il me possédait tel un objet entre les cuisses duquel il se glissait à chacune de ses envies.

C’était d’une aberrance glaciale que personne n’ait compris l’horreur de la situation dans laquelle je me noyais, sous l’impression blafarde de suffoquer. Du moins, pour la grande majorité des nobles qui me côtoyaient, quant à mes servantes, j’imaginais que certaines avaient parlé de mon attitude envers Mylène un autre jour. Peut-être également du sermon que je lui avais glissé dans l’intimité de ma chambre, lui intimant l’ordre de ne plus pleurer ainsi devant témoin, et encore moins d’en avouer ce genre de raisons qui pourraient lui coûter bien trop. Il aurait fort bien pu s’agir d’un piège tendu par mon amant, mais j’avais agi sous l’impulsion du moment, touchée par l’innocente douleur qu’exprimait la fragile jeune femme. J’avais misé ma propre sécurité pour la sienne sans réfléchir, et je n’avais jusqu’ici pas eu à m’en plaindre. Rien n’était parvenu aux oreilles de mes ennemis, ni même à celles d’Augustus qui aurait pu me punir pour une telle trahison pourtant si fugace.

Se doutait-il que je n’hésiterais pas à comploter contre lui ? M’en croyait-il seulement capable ? Sûrement, mais également s'assurer qu'aucun autre homme ne pose jamais ses mains sur moi, veillant à ce que je sois si cruellement toujours suivie, que ce soit par un garde ou une suivante. Sans même imaginer que je pourrais m’attirer leur dévotion sous la froideur hautaine que j’exhalais invariablement envers les petites gens, tout comme cette fausse sympathie envers mes soi-disant amis. D’autant plus que j’étais déjà parvenue à me débarrasser de mes gardes, me permettant de rencontrer un homme de la confrérie noire. Ses traits restaient gravés dans mon esprit maladivement prisonnier de ses chaînes d’apparence. Lui qui m’avait offert la clé pour laquelle j’avais risqué d’être punie, et qui représentait alors tant d’espoir, dont celui de pouvoir étreindre ma sœur. Celle dont j’avais assuré la sécurité en continuant à me soumettre à l’homme auquel je ne pouvais, semblait-il à présent, plus échapper.

Je craignais ses colères, sa violence, sa cruauté, tout autant que je haïssais ces traits de sa personnalité, et le choix ne m’était de toute manière pas offert. Nous savions tous que même si je cherchais à me soustraire à lui, il finirait toujours par m’y contraindre, et que je risquerais d’y perdre simplement plus. Exhalant un soupir fugace, je délaissais la fine étoffe pour prendre la direction de la sortie de mes appartements offerts pour ma visite, auxquels je n’avais prêté qu’un intérêt distrait. Tout était simplement magnifique, somptueux, sans que je n’en sois véritablement surprise. Je n’avais porté qu’un regard empli d’orgueil sur ce qui m’avait été attribué, tout en sachant qu’Augustus m’y rendrait peut-être visite, à moins qu’il ne me convie à rejoindre les siens, ou qu’il profite de notre séjour pour s’attarder à d’autres lèvres que les miennes. Je pourrais plaindre ces pauvres créatures, si je n’ignorais pas que certaines ne souhaitaient que ma place que je leur offrirais avec plaisir, si, et seulement si… cela m’offrait la liberté à laquelle je n’avais de cesse d’aspirer. Mais ce n'était qu'un mirage, prisonnière de la main de l'Empereur, j'avais l'impression que ses doigts ne faisaient que resserrer leur étau autour de ma frêle personne.

Je venais d’emprunter la porte des domestiques pour m’éviter la présence d’un garde sur mes talons, j’avais envie d’être seule, de visiter sans avoir à ressentir l’âpre réalité de ne pas être libre. Ma cage ainsi s’élargissait légèrement, et je n’avais de cesse de vouloir y découvrir une véritable échappatoire. Il ne me laisserait jamais partir… ces mots me hantaient, me poursuivaient. Et je le savais capable de reprendre Gabrielle simplement pour m’y contraindre avec plus de brio. Tandis que le fin tissu de ma robe glissait contre mes jambes à chacun de mes pas, esquissant un fin froissement de l’air qui ne produisait qu’un bruit discret que je connaissais par cœur. Par instant, un mouvement de trop me signalait la présence invisible de Moïra qui me suivait dans le dédale des couloirs, elle aussi curieuse de ce qu'il s'y trouvait.

Aussi ressentis-je son hésitation, comme si je pouvais voir à travers ses yeux la venue d'un étranger. {Va m'attendre en sûreté.} lui soufflais-je, ignorant totalement qui pouvait nous rejoindre. Et bien que mon pouvoir ne m'avait jamais fait défaut, je préférais être prudente, et ne prendre aucun risque. J'ignorais l'endroit qu'elle allait rejoindre, mais je la sentais toujours à travers notre lien. Tandis qu'apparaissait au bout du couloir un visage que je n'avais jamais oublié depuis le jours où il m'avait transmis cette clé qui m'avait permis de revoir Gabrielle avant que je n'apprenne son évasion. Cette clé que j'avais dissimulée derrière une pierre mouvante dans ma chambre au palais impérial. Remarquant ses atours, connaissant vaguement l'animal...

« Bonjour Monsieur, j'ignorais que vous deviez venir ici. » soufflais-je avec élégance, esquissant une subtile révérence pour le saluer. Les murs avaient des oreilles, ne le disait-on pas ? Et je préférais ne prendre aucun risque idiot, du moins, tant que nous ne serions certains d'être seuls.


Dernière édition par Gaetane De Salvemont le Jeu 21 Juin - 14:33, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Au détour d'un couloir {Sigvald}   Jeu 21 Juin - 14:15

      - Madame, répondis-je en m'inclinant gracieusement devant la favorite, avec une politesse non feinte, pour une fois depuis que je suis arrivé dans ce palais.


    Je ne m'attendais pas à croiser la dame de Salvemont au détour d'un couloir, et encore moins seule, mais cette rencontre fortuite est une aubaine, à n'en point douter. La chance, le Destin nous sourit peut-être, et notre plan part sur de bonnes augures. Après cette révérence respectueuse que je lui dois pour diverses motifs - son rang, entre autres, et notre pacte secret, d'un côté tout opposé - j'adresse à la jeune femme un sourire sincère, qui, pour un observateur extérieur, serait interprêté comme amical, sans doute.

      - Je ne suis guère venu pour le plaisir... Je laisse cette déclaration en suspens, pour en faire ressortir le double sens. Si jamais des oreilles indiscrètes viennent à surprendre cette conversation, je ne veux pas que le moindre indice éveille sa curiosité. La demoiselle, et elle me l'a prouvé, a suffisament de jugeotte pour comprendre ce genre d'enjeux. Ma soeur m'a attiré ici pour affaires, elle me veut marié pour bientôt, afin de perdurer la lignée des Armoises.


    Subtilement, je lui glisse mon nom d'emprunt, comme si elle le connaissait déjà, sur le ton d'une autre conversation. Je me moque de moi-même. Le prétexte est ridicule, et elle ne peut que se douter de la véritable raison de ma présence en ce lieu. Nous frapperons, au bal, et la nuit d'Augustus ne va pas être de toute satisfaction pour lui... Un frisson d'inquiétude me traverse pour la jeune blonde, qui subira peut-être ses foudres si notre mission est menée à bien...
    Je n'ose pas prétendre savoir ce qui se passe dans l'intimité de l'empereur, bien que je piste ses moindres faits et gestes, mais je crains que son caractère violent s'y exprime avec autant de force que dans chaque acte de son quotidien.
    Je ne peux imaginer la douleur que doit ressentir mon interlocutrice à jouer le rôle qui est le sien. Son courage m'impressionne. Une telle force d'esprit ne mérite certainement pas d'être bridée de cette manière par un tyran.
    Heureusement, tout ceci sera terminé rapidement, je lui en fais la silencieuse promesse. Alors, elle, sa soeur, et plus aucune femme d'Arven ne se pliera devant ce monstre et son règne auquel je compte mettre un terme.

      - Toujours est-il que pour ma part, je savais vous trouver en ces lieux, mais je n'espérais pas le faire avant demain, devant l'ensemble de la cour. C'est une charmante surprise.


    Et utile.

      - Ne devez-vous pas toujours être accompagnée ? La liberté est très mal vue, de nos jours.


    J'énonce ces paroles comme une doctrine à laquelle j'adhère. Ma question n'est pas innocente, je veux savoir si l'une de ses servantes, rodant dans son ombre, risque d'apparaître pour mettre en danger cette conversation. Avant d'en être parfaitement certain - même si mes sens me l'assurent, je ne peux prendre le risque de me fier seulement à mon instinct - je reste prudent dans mes propos.
    Guettant naturellement les recoins sombres des couloirs, je réajustes ma veste, qui, avec le reste de mon costume impeccable, me fait passer pour un parfait bourgeois, fier de représenter sa famille devant l'empereur. Au moins, le déguisement est impeccable, et je sais que ma démarche l'est aussi, car j'ai été élevé pour la noblesse et ses apparences, même si je n'étais qu'un enfant des rues. Ce résultats amène surement à une leçon... Les origines ne comptent que trop peu dans la destinée d'un homme. Chaque être se fait son propre chemin, aidé ou non par les hasards de la vie. J'ai été grandement assisté, et j'essaye d'honnorer cette chance chaque jour aux côtés de ma soeur adoptive.
    Un pincement brûle mon coeur à cette pensée, et à l'idée que j'ai trahi mes principes dès le moment où nos lèvres se sont touchées, dans les appartements des invités... La suite me laisse un instant songeur, avant que je ne relève mon regard vers ma complice opportune.
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MessageSujet: Re: Au détour d'un couloir {Sigvald}   Ven 22 Juin - 10:25

Le soulagement que j’avais ressenti en remarquant qu’il s’agissait de Sigvald, cet homme auquel j’avais implicitement fait confiance ce jour où ses doigts m’avaient lancé cette clé, m’avait fait écho dans l’esprit de Moïra qui était revenu fouiner de notre côté. Toute invisible, elle observait celui qui venait de s’incliner devant moi. Comme une extension de mon propre esprit, la douce hermine me glissa presque dans un murmure mental :

{Je vais voir plus loin si personne ne risque de venir pour le moment.
- J'attends. } soufflais-je en réponse dans le creux de mon esprit, sachant que l’animal bénéficiait d’un odorat, d’une vue et d’une ouïe qui m’avait déjà valu une nouvelle protection. Et quoique l’on puisse en dire, j’avais parfaitement confiance en mon familier, le lien qui nous unissait était profond, inébranlable, et plus que tout, méconnu de l’Empereur, et de tous ses gens. Tandis que le sourire que m’adressait Sigvald, ses paroles… il ne m’en fallait pas plus pour saisir toute l’étendue de ce qui allait se produire durant le bal, le laissant me glisser qu’ils y frapperaient. J’ignorais qui, mais je pouvais supposer de l’instant sans me tromper grandement. Était-ce mal ou cruel que de sentir mon cœur se tendre sous l’espoir insensé qu’ils parviendraient à atteindre l’Empereur en personne, me débarrassant ainsi de mon geôlier ? De mon tortionnaire. De mon propriétaire. Frêle objet de convoitise que j’étais à ses prunelles pernicieuses.

A mille lieues de celles de l’être qui me faisait face, assassin qui m’avait offert un présent pour lequel je ne le remercierais jamais assez. Et qui m’offrait à présent des informations par le biais d’un discours des plus ambigus, mais des plus badins si des oreilles indiscrètes venaient à nous écouter. Tout en gravant dans mon esprit le nom qui serait le sien durant ce séjour, j’esquissais un fin sourire courtois face à ce discours emprunté. L’excuse me paraissait crédible, bien que risible… Devoir se trouver une épouse pour faire perdurer une lignée me semblait à des lieues des préoccupations qui cheminaient dans nos âmes respectives.

« Quelle étrange idée que voilà, que votre sœur décide à votre place. Vous laissera-t-elle le choix de la fiancée ? » murmurais-je d’un léger sourire mutin, presque taquin. « Et cet héritier devrais venir au monde prochainement selon-vous ? » répondis-je, en soulignant mon intérêt pour ce qu’il se produirait prochainement. Le questionnant indirectement sur l’avenir de l’Empereur. Il ne fallait pas être idiot, et il ne l’était pas, pour saisir toute l’importance que j’accordais à l’évènement, sentiment qui palpitait au fond de mes étranges iris.

Mais je n’ignorais pas qu’Augustus ne serait sans doute pas la personne directement visée ce soir. Sa sombre colère retomberait sur ses proches à l'instant où il l'apprendrait sûrement. Mais il y avait d’autres hommes à abattre avant de parvenir jusqu’à lui. D’autres hommes qui n’hésiteraient pas à faire rempart de leurs corps si le besoin était, d’offrir aux hypothétiques assassins une mort des plus douloureuses. N’avais-je pas déjà aperçu les horreurs qui récompensaient les rebelles lorsqu’ils se faisaient prendre ? Mais déjà de nouvelles paroles capturaient mon attention, me laissant sourire en réponse à sa surprise, alors qu’il poursuivait encore, m’interrogeant discrètement sur les personnes qui se devaient de me suivre à chacun de mes pas. A ce qui pourrait leur arriver si Augustus venait à apprendre que je m’étais glissée par une autre porte. Je craignais surtout qu’il ne finisse par m’emprisonner, m’enchaîner pour que je ne puisse plus savourer ces maigres instants de solitude appréciée, s’il venait à craindre que je ne cherche à m’enfuir. Mais où ? Dites-moi donc combien de pas ferais-je ? Ne serait-ce que dans ces couloirs avant que quelqu’un ne remarque que je n’étais plus dans ma chambre, que je devais m’aventurer ailleurs, que des regards tombent à nouveau sur ma frêle silhouette et qu’une matrone improvisée ne s’attarde à mes côtés.

« La liberté n’est qu’une volute de fumée éphémère, monsieur. Chaque visage en ces lieux se doit de rapporter la moindre attitude dérangeante à l’Empereur, ainsi que m’accorder une protection. » même non désirée. Ces mots que je taisais, j’espérais qu’il soit en mesure de les comprendre, mais également qu’il saisirait que chaque regard s’attarderait sur nous à l’instant où l’on me reconnaîtrait. J’étais la favorite, prisonnière des griffes d’un empereur possessif et non partageur. J’étais sa chose, son jouet, son rossignol privé de liberté. « Et la votre serait la bienvenue… »
{ Il n’y a personne. Pour le moment.
- Continue à écouter Moïra. Préviens-moi…
- Pour t’éviter qu’il te fasse du mal ? Tu n’as pas besoin de me le demander Thilie. } bougonna l'animal. J’esquissai à ces paroles que j'étais la seule à pouvoir entendre, un petit sourire de connivence qui semblait sortir d’on ne savait où. Aussi, me rapprochant subtilement de l’homme qui se trouvait dans ces couloirs, tendant une main en direction de son bras.
« M’offririez-vous votre bras pour faire quelques pas avec moi ? Ces couloirs sont si mornes lorsque l’on n’y croise personne. Peut-être devrions-nous trouver un petit salon pour converser sans encombre ? »
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MessageSujet: Re: Au détour d'un couloir {Sigvald}   Lun 25 Juin - 11:26

    Habitué à lire le langage du corps sur ceux de mes adversaires, je remarque que mon interlocutrice a des légers moments d'absence, où elle tend l'oreille, en communication avec son esprit, son âme, ou du moins quelque chose que je ne peux pas voir. Ses yeux prennent alors une expression songeuse, presque inquiète, mais étrangement douce aussi, à la fois. Peut-être est-ce la manifestation des conséquences des méchancetés de son amant... S'est-elle inventé un ami imaginaire, avec qui converser de propos intelligents, et obtenir des mots réconfortants ? Cela ne m'étonne guère, des individus de plus fortes composition qu'une demoiselle ont trouvé la folie dans les échanges pernicieux que leur a conduit l'empereur.
    Malgré ces détails, le sujet de notre débat étant frivole, je n'ai aucun mal à lui sourire sans retenue. Pourquoi ne pas lui accorder un peu de légèreté, et la soutenir par ce maigre artifice ?

      - Oh, j'imagine que ma soeur souhaite ce qu'il y a de meilleur pour moi... Nous trouverons bien un accord. Je l'assure, et mon coeur se serre dans ma poitrine. Le meilleur pour moi, c'est elle, et je n'ai guère le choix, il me semble.


    On en revenait toujours au même dilemme. Sommes-nous libres, quoi qu'il arrive ? N'y a-t-il pas des règles, des principes, qui en permanence nous brident ? L'avenir me fait de plus en plus peur, car je crois que peu importe ce qu'il adviendra, je me trouverai dans une impasse cruelle.
    Mais nous verrons bien, ce qui satisfait le plus grand nombre, et fait le bonheur du peuple, carresse la justice, l'équilibre, est mon objectif. La liberté, la vraie, reste une utopie que ma foi n'englobe plus. Qu'en est-il de la favorite blonde, qui vit dans une prison doré ? Il serait intéressant surement de connaître son avis, et de pouvoir ainsi relativiser ma position dérisoire.

      - Le plus tôt sera le mieux. Pour l'héritier hypothétique, mais surtout pour le reste, bien trop proche, trop réel à présent.


    Je la fixe avec un regard lourd de sous entendu, devinant presque avant qu'elle ne l'exprime son approbation. Chaque jour doit être pour elle une torture, et c'est un poids que j'espère ardemment lui enlever avant qu'il ne l'écrase comme il a broyé des impératrices bien plus puissantes avant elle.
    D'ailleurs, elle réclame ma protection, et je hoche la tête. Même si la demande est faite sur le ton de la plaisanterie presque, au personnage que j'incarne, c'est dans mon coeur que je reçois sa supplique, et lui porte grâce. Je promet, sur mon honneur, promesse silencieuse de l'Armure, homme de la Confrérie Noire. Rien de mal n'arrivera à Gaëtane aujourd'hui, ni demain, tant que je serais en vie à ses côtés pour la défendre.

      - Je vous offre mon bras avec plaisir, pour toute activité dont vous aurez besoin. Faire quelques pas, ou servir de rempart armé contre un ennemi audacieux. Je ne suis pas sûr cependant qu'il soit judicieux de s'isoler, au contraire. Si un invité venait à nous surprendre sans chaperon... Je crains que la jalousie irraisonnée d'Augustus ne serve pas ma cause.


    Je lui présente tout de même mon soutien, et je me dirige avec elle le long du couloir, vers ses appartements, de sorte à paraître la raccompagner, si jamais quelqu'un nous questionne sur notre état.

      - Je suis certain que vous serez glorieuse au bal, près de Lord Augustus. Même avec un masque, votre beauté ne pourra pas être dissimulée. Et je la reconnaitrais plus facilement ainsi, pour lui éviter de tomber dans une embuscade qui ne lui serait pas destinée, je rajoutes intérieurement, pour moi-même, pensée qu'elle doit pourtant parfaitement bien saisir, dissimulée sous le compliment. Pour ma part, je compte porter un loup sombre ciselé de fils d'or... Je préfère les parures plus discrètes, d'habitude, mais pour cette occasion...


    Ainsi, elle peut me distinguer plus aisément, si jamais elle me croise dans la salle pleine à craquer de prétentieux.
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MessageSujet: Re: Au détour d'un couloir {Sigvald}   Mar 26 Juin - 0:12

« Ainsi que peut-être l’espoir du choix ultime, et de la décision finale. Je conçois que vous ayez choisi vous-même de venir en ces murs. Et manquer le bal du Solstice serait inconcevable. Le duc de Sombreciel songe très certainement à nous éblouir, j'en suis certaine. » répondis-je à ses allégations, lui assurant ainsi que je comprenais ce qu’il sous-entendait. Alors que la confirmation que l’Empereur tomberait… mais peut-être pas au bal. Dès que ce serait possible, et je le comprenais. Mais je m’interrogeais également… l’Empereur préférerait-il me voir morte plutôt que libre de me lier à une autre personne ? Eloignée de lui ? Libre de m’abandonner à un être différent ?

Par les Dragons, je l’ignorais. Et peut-être était-ce l’ultime chaîne qui me faisait rester auprès de lui, car contre toute attente, je ne réclamais pas la mort. D’autant plus qu’Augustus serait assez cruel pour imaginer mille tortures qui me feraient appeler la traîtresse drapée de noir de toutes mes forces. D’un simple signe de tête, j’acquiesçais au fait qu’ils saisiraient l’occasion si elle se présentait, mais qu’il n’était peut-être pas la cible directe. Le plus tôt… à chaque occasion. Serais-je capable d’offrir son cœur à la lame sans qu’il ne le remarque ? J’en doutais fiévreusement. aussi me contentais-je simplement de le remercier silencieusement de m’offrir ainsi son bras. A bien des regards, à bien des ouïes, cela ne voulait précisément rien dire. Et pourtant, cette promesse sournoise se voulait protectrice bien au-delà de toutes les amitiés que l’on m’avait offertes, me laissant serrer une brève seconde, son bras trop fort, pour lui exprimer ma gratitude. Que je trahisse Augustus ou que je lui sois fidèle sous bien des craintes, il me préserverait, quand mes lèvres resteraient scellées sous le poids de leurs projets. L’Empereur lui-même ne les devinerait pas par mon intermédiaire.

Quant au chaperon ; la pensée de Mylène se glissa dans mon esprit, mais je n’avais cependant pas assez confiance en quelqu’un dans ce palais pour qu’il puisse nous servir de chaperon sans que cela ne se retourne contre nous. Que nos paroles soient rapportées à l’Empereur. Mylène avait beau avoir pleuré pour un rebelle, j’ignorais le reste de son existence. Agnès me rendait peut-être service… mais après ? Cyselle… l’incertitude me tenaillait toujours. Quant à Léonie, ce n’était qu’une enfant, sa parole n’aurait aucune vérité digne de ce nom. Et puis je doutais qu’elle soit ici, en ces lieux. Lorgol était si lointaine à cette seconde.

Et les autres êtres présents en ces murs… ? Non, ils ne conviendraient pas, tous autant qu’ils étaient. Je ne pourrais jamais remettre en cause leur allégeance à Augustus pour moi-même, alors pour une autre personne qui m’offrait un espoir ? Jamais. Je ne pouvais risquer sa vie pour l’ombre d’une croyance, nous mettre volontairement en danger quand il n’aurait suffit que d’une conversation sous l’ouïe délicate de Moïra pour nous préserver d’un danger. L’hermine à la pelure d’une blancheur immaculée à cette saison me semblait être la seule créature en ce bas monde à qui je pouvais totalement abandonner la moindre once de mes pensées sans que celle-ci ne se retourne contre moi. Elle était mon âme, ma conscience, cette petite voix qui me ramenait à la raison lorsque celle-ci m’entraînait trop loin à présent que mes lèvres ne trouvaient de confiance dans les confessions que je murmurais à l’oreille de ma petite sœur autrefois.

Avant que le monde ne change, avant qu’il ne me dérobe après m’avoir offert une nouvelle amie invisible aux autres, Gabrielle. J’imagine que l’on avait voulu m’épargner la douleur d’être véritablement seule… un ami imaginaire ; peut-être ai-je cru devenir folle au début, mais Gabrielle l’avait vue. Gabrielle n’était pas folle. Je n’étais pas folle. Moïra existait, et le contact de sa fourrure soyeuse n’était pas qu’un effet de mon imagination, le fruit de mon esprit malmené par les désidératas de l’Empereur. Elle n’était que la manifestation d’un morceau de mon âme, la matérialisation visible des dons qui sommeillaient dans mes entrailles… Dons qui avaient amené Gabrielle jusqu’à… je l’espérais, Dragonvale.

« Merci monsieur. Vous avez effectivement raison, il serait malheureux qu’il interprète de manière irraisonnée votre présence à mes côtés. D’autant plus que certains ne souhaiteraient que ma déchéance. Les mensonges fleurissent à bien des lèvres, et sans l’ombre d’un fondement dont je ne saurais être alors responsable. » Je lui laisse entrevoir la sincérité de mes paroles, la difficulté de ma position. « Bien sûr, il en va de soi que vous devrez attirer les regards pour trouver une épouse. » une pointe de taquinerie clairsema mes dires pour la comédie de cet instant, mais il n’y avait personne, Moïra m’en aurait averti sinon. « Pour ma part, je paraitrai aux bras du duc de Sombreflamme, dans une tenue chatoyante à l’image de mon regard. Un plaisir des yeux qui, je l’espère, plaira à l’empereur. »
{Moïra ?
- Vous êtes seuls.}
Aussi m’inclinais-je légèrement plus près de mon compagnon. « Parlez-moi, nous sommes seuls. Je me mettrai à rire comme à une plaisanterie si nous venions à entendre des pas. » murmurais-je bien plus bas. Trop bas ? Aurait-il seulement confiance ?


Dernière édition par Gaetane De Salvemont le Mer 27 Juin - 15:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au détour d'un couloir {Sigvald}   Mer 27 Juin - 12:38

      - Décision, choix... Voilà des mots qui ne devraient pas être employés dans des affaires d'amour. Je soupire doucement, et il est surement impossible de deviner si je me moque ou mesure vraiment la profondeur de ce paradoxe.


    En vérité, je le porte de tout mon être, et il m'écrase même tant son poids m'est insupportable. Que dire de Gaëtane alors ? Son fardeau est d'une autre taille, que je n'ose pas imaginer.
    Mais le sujet prend des tons plus gais lorsqu'il revient sur le bal, qui anime de suppositions tout Arven, et encore plus les enviables invités.

      - Je n'en doute pas, le Duc a là une occasion en or de se faire bien voir par l'Empereur... Et de confirmer avec élégance la réputation de ses frasques. Je ne suis guère un grand admirateur de cet aristocrate, dont le caractère légèrement schizophrène, d'après les rumeurs, tend à la méfiance. D'autant plus qu'il associe à sa folie une part d'intelligence sournoise rendant le mélange des plus dangereux.


    Comme lui, chaque noble présent à la réception vient par intérêts... Mais la Confrérie Noire, malgré la grande qualité de ses informations, n'a pas su prédire combien de ces disciples sont encore vraiment fidèles à la tyrannie que nous impose Augustus. Pour ma part, et par pur instinct, j'imagine que le Duc de Castiel lui est dévoué, tant que le vent tourne en sa faveur. Quant aux autres, je ne sais avec certitude que quelques alliances plus ou moins explicites, qui sont venus à notre attention... Et des trahisons comme celles que je soutiens en ce moment même.

      - Qu'est-ce ? Je m'alerte soudain, en voyant la favorite reprendre un air attentif, comme si elle converse silencieusement avec un individu que je ne peux voir...


    Mais percevoir, je le peux. Il y a une présence, un frissonnement indéfini qui me trouble depuis que je l'ai croisé, et je ne sais reconnaître précisément ce sentiment. Et pourtant, d'un autre côté, c'est comme si je l'ai déjà vécu, d'un autre point de vue. Mes doigts me picotent soudain, réactifs, échappant à mon contrôle. Un flux glacial parcourt ma colonne vertébrale.
    Hum... Je respire, retrouvant peu à peu la maîtrise de cette énergie que je possède sans la comprendre, ni l'identifier. Je souris à mon interlocutrice, pour la rassurer, au cas où elle a perçu mon léger malaise, et l'inciter à me confier son propre égarement.
    Cela fait, encore une fois, beaucoup de révélations pour une seule rencontre.

      - Je ne doute pas une seconde que vous êtes parfaitement fidèle à la place que vous tenez. Je ne suis pas de ceux qui répandrons leur venin sur votre dévouement sans faille... Cette déclaration ne me demande aucun effort de conviction, car j'en suis intimement persuadé. Son rôle est certes illusoires, mais il cache des desseins qu'elle a toujours honnoré, j'en suis certain. Et je ne tolèrerais pas d'aider inconsciemment leur colportage en étant soupçonné de vous pervertir par ma compagnie.


    Malgré le ridicule que peuvent prendre ces allégations pour nous, elles pourraient avoir des conséquences totalement désastreuses. Aussi, bien que discuter avec une femme d'esprit me fasse plaisir, je ne m'attarderai pas trop longtemps à ses côtés pour ne pas risquer notre couverture.

      - Vous savez déjà tout ce que vous avez à savoir... Plus vous mettrait en danger. Croyez-moi, les choses vont changer, soyez prête à ce changement. Je murmure, craignant tout de même l'indiscrétion, les promesses de Gaëtane sur notre isolement ne me paraissant fondé que sur des indices fantômatiques. Lord Augustus use de magie, et cela ne m'étonnerait guère qu'il soit capable d'entendre les moindres chuchottements des recoins du palais, grâce à ses immenses pouvoirs dérobés aux légitimes magiciens.
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MessageSujet: Re: Au détour d'un couloir {Sigvald}   Sam 30 Juin - 1:18

« Malheureusement monsieur, il ne saurait en être autrement compte tenu de notre position dans la cour de notre tant aimé Empereur. » répondis-je d’un sourire d’apparat naturel. Mes flatteries, pourtant, me donnaient l’impression de me noyer dans une mer d’eau salée imbuvable. Il entrevoyait le plaisir que je laissais paraître d’être à ses côtés, de l’accueillir entre mes cuisses aussi souvent qu’il le désirait, même si mon humeur n’était pas des plus câlines. Je ne décidais rien, il était le maître et je me devais d’obéir. Ainsi allait mon existence. Pourtant, il y avait eu un temps où je rêvais d’autre chose, d’autres lèvres, d’autres dérives que l’on n’aurait su tolérer. A croire que le destin m’avait dérobé les dés de mon existence bien avant qu’il n’en vienne à me placer sur le chemin du roi, parvenant à capturer la moindre parcelle de concupiscence qui lorgnait sur les courbes féminines.

Mon père m’avait imposé la vérité de mon devoir. Ma mère m’avait soufflé de me laisser faire et d’obéir une fois dans la chambre où il me rejoindrait. J’aurais préféré alors le mener au mariage, le faire languir… mais nulle ne se refusait jamais à Augustus à moins de désirer la souffrance et le malheur pour ses proches, et je ne l'appris que trop bien en persistant à ses côtés. « Certainement, mais je le sais ravi de rentrer chez lui, sur ces terres qu’il n’a pas revues depuis un certain temps. Portera-t-il du rouge selon vous ? » m’enquis-je subitement, repensant à cet étrange ami en lequel je ne parvenais à avoir une réelle confiance tant son être vacillait de tempérament. Pourtant, il avait toujours été majoritairement agréable en ma compagnie, et je jurerais presque qu’il m’appréciait réellement. Aussi, peut-être étais-je inquiète pour lui. Peut-être. Je n’en étais pas réellement sûre, la réponse m’en apprendrait sans doute plus à ce sujet. Ma suggestion de rouge venant remplacer le sang incendiaire qui pourrait s'écouler sur son buste suite à une attaque dirigée contre lui.

Puis ma conversation muette avec Moïra sembla attirer l’attention de l’homme qui se tenait à mes côtés. Un infime soubresaut de mon pouvoir. Un souffle immuable de l’éternité magicienne. Il s’enquerrait de savoir, quand lui-même semblait… Ma gorge devint brusquement si sèche sous la crainte. Je m’étais abandonnée à la confiance et peut-être m’étais-je trahi. Et si Augustus avait débouché à cette seconde ? Et si… Instinctivement, sans que je n’y pense vraiment, je dressais le voile de la dissimulation sur chaque parcelle de mon être. La magie sembla disparaître, ne laissant plus qu’un gouffre vide et impossible à combler pour n’importe quel magicien un temps soit peu sensible. « Rien, je réfléchis trop. Une fâcheuse affaire que fut la perte de Gabrielle à mes côtés. Une sœur est irremplaçable, malgré ses traitrises. » Pourtant, malgré mes paroles, je lui offris un regard interrogatif. Je ne parvenais pas à parler de Moïra. Je ne m’y résolvais pas. Pourtant, à cet instant… s’il avait bel et bien ressenti… alors ? Peut-être bien. Secouant délicatement les boucles blondes qui retombaient de ma coiffure, je chassais ces réflexions qui ne pouvaient avoir lieu ni ici, ni maintenant.

Déjà nous reprenions notre conversation, dérivant sur d’autres fleuves… le fait qu’il désire maintenir ma réputation intacte. Désirait-il me préserver ou utiliser ma position par la suite ? L’un comme l’autre, je comprenais ces deux positions. « Et je vous en sais gré monsieur. D’autant plus que je ne désire que satisfaire l’Empereur tant qu’il en éprouvera l’envie. » Soulignant par ces quelques mots le fil délicat sur lequel je me tenais, prête à tomber, à m’échouer aux pieds d’un monstre ricanant. Mais il faudrait qu'il m'en glisse plus de mots si la véritable raison de son intérêt était la seconde. Pourtant, comble de tout, je lui faisais confiance.

« Fort bien. Je serai prête selon mes maigres moyens. Mais si vous croisiez la blondeur de mon sang, pourriez-vous… » mon regard lui confiait ce que je désirais, ce besoin d’avouer à Gabrielle à quel point elle me manquait. A quel point je m’inquiétais pour sa douce personne. « … s’il vous plaît. Je vous en serai reconnaissante. » soufflais-je plus timidement, puisqu'il semblait croire que malgré mes certitudes, l’on pouvait être trahis. Aussi étais-je suffisamment mystérieuse pour qu’une autre personne puisse penser que notre conversation portait sur mes parents, plutôt que sur ma sœur. Et satisfaire le besoin de l'assassin.
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MessageSujet: Re: Au détour d'un couloir {Sigvald}   Mar 10 Juil - 13:58

      - Tant aimé. Je souligne ces mots en les répétant, les affirmant hypocritement, comme pour en mesurer le sens affreux. Aimer est banni, dans la cour de l'Empereur. Personne ne l'aime, et il n'autorise personne à aimer autre que lui... L'amour a donc fuit Arven, ou se cache, déshonnoré et paria.


    Je ne sais que trop bien, et tristement, que la jeune femme n'éprouve en aucun cas ce sentiment pour celui qu'elle accueille dans son lit... Je ne peux concevoir l'horreur que doit lui causer, par conséquent, une telle union. Maintenant que je connais l'incommensurable beauté que représente cet acte entre deux personnes faites l'une pour l'autre, je lui souhaite de rencontrer un jour un tel bonheur. Peut-être. Si tout se passe bien. Nous la libérerons un jour, si la Main Noire ne change pas ses plans, et ne décide pas de la frapper au dernier moment, pour affaiblir Augustus. Il en a été question, et l'alternative a été éludé. Malgré tout, nos assassins agissent sous l'impulsion, l'improvisation, et nos démarches, pour être plus imprévisibles encore, changent régulièrement.
    Si cela venait à se produire, j'espère pouvoir prévenir sa mort, d'une façon ou d'une autre.
    Je ne sais pas encore que c'est en donnant ma vie que j'éviterai, plus ou moins volontairement, qu'on ne prenne la sienne.

      - Si Castiel portera du rouge ? Je pense en effet que c'est une couleur qui lui irait bien... Je vérifierais moi même qu'il se mette en valeur... Comme elle, je joues des sous entendus. Castiel de Sombreflamme est ma cible, l'homme à abattre. Il ne m'inquiète pas, je n'entrevois aucune difficulté dans cette tâche, si ce n'est par la présence de gardes ou de serviteurs pour s'interposer. Il est fourbe, je m'en doute, mais il n'est rien de plus qu'un noble, désarmé surement durant le bal.


    Chaque parole que j'ajoute, chaque tour de cette conversation semble me toucher plus profondément. Mon âme est-elle juste plus sensible, ou le monde s'est-il ouvert pour moi sous un aspect nouveau, depuis que je me suis ouvert à Svanhilde ? Une soeur est irremplaçable, dit-elle, et j'approuve, la gorge nouée.
    Sent-elle toujours Gabrielle à ses côtés, comme je sens ma Svanhilde ? Est-ce elle qu'elle imagine au détour du couloir, avec la netteté d'une vision éphémère ? Qu'y a-t-il de plus précieux en effet, qu'une soeur, un être associé à vous par des liens qui défient l'amitié et le temps ?

      - Votre soeur ne craint rien. J'affirme cela, car je me souviens là de quelques rumeurs que j'ai entendu dans la tour de la Confrérie. Dragonvale. Des chuchotements. Des promesses. Le salut des mages. Gabrielle de Salvemont. Une seule et même trame organise tout cela, rassemble, grandit enfin.


    Mais un bruit soudain me tire de mes pensées, avant que je ne puisse en dire plus, et expliciter ma pensée... Elle n'y croira peut-être pas, par conséquent. Mais au moins, je lui aurais insufflé quelque chose, une petite lumière vers laquelle se diriger.
    Ce sont des bruits de pas, qui se font plus forts, plus déterminés.
    Je dois disparaitre, avant de me trouver dans une position embarrassante. Cette discussion l'aura aidé j'espère, et elle m'aura aussi soulagé de fardeaux invisibles, que je ne peux définir. Mais je suis soulagé, d'avoir pu lui parler, une dernière fois... Avant la soirée du solstice.

      - Prenez soin de vous. Conseil inutile, en signe d'adieux.


    Je ne précise pas que je la laisse là, se débrouiller avec les inopportuns. Elle saura quoi faire, je la crois douée d'un talent pour la manipulation par les apparences, au-delà de son air angélique.
    Avant qu'elle n'esquisse une réponse, j'ai disparu, rapide, furtif.
    Je cours vers mon destin, la conscience tranquille, et plus rien ne me retardera.
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Au détour d'un couloir {Sigvald}

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