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 La Rosace et la Statue

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MessageSujet: La Rosace et la Statue    Sam 28 Juil - 17:08


Solveig fulminait. Au bas mot du terme. Plongée dans la pénombre de sa chambre d’auberge, elle trépignait rageusement et faisait les cent pas autour des meubles de son salon. Elle s’asseyait un instant sur un fauteuil, se relevait brusquement, allait à la fenêtre, revenait… Tout un remue-ménage que Zibkine regardait avec des yeux ahuris. Bien sûr qu’il comprenait cet accès de colère, qui en Arven pourrait la comprendre mieux que lui … ?!
Mais malgré les efforts qu’il faisait pour tenter de calmer sa maitresse, Solveig arpentait toujours la pièce de long en large sans dire un mot. Depuis le bal du solstice, bien des choses avaient changé : son corps, ses veines, son esprit avaient été dangereusement touchés par le vent violent de magie de Svanhilde Nightingale, et, sans s’en apercevoir, Solveig devenait plus fougueuse et impulsive… Elle gardait toujours en ligne de mire ses valeurs profondes, la détermination, l’honneur, la réflexion, mais ses sentiments et réactions étaient étrangement exacerbées depuis quelque temps…
Et durant ce Bal peu commun, camouflée derrière son loup de velours et ses soieries émeraudes, elle s’était découvert de potentiels alliés, de possibles amis, qui sait … ? Elle avait revu son bien aimé père et sa duchesse vénérée...
Mais voilà, aujourd’hui, c’était cette même duchesse qui était la cause de sa colère et rancœur :
Une lettre froissée trainait sur un coin du lit, signée du nom d’Ingmar d’Ibelin. Et Solveig n’en revenait toujours pas. Svanhilde, Oracle de la Confrérie Noire, avait délibérément choisit de mettre en danger ses disciples en leur demandant d’agir à la lumière du jour, sous le nez des gardes armés environnant Lorgol et le palais impérial. La garde avait été doublée depuis le retour d’Augustus en la capitale, et il était de plus en plus risqué de se promener dans les rues animées de Lorgol sans se faire interpellé par une patrouille pour une simple fouille. Ce que ne pouvait se permettre la jeune mage Gallienne. Elle se retrouvait ainsi terrée dans sa chambre, rideaux fermés, la clé sur la porte.

Pourtant, elle avait pris le risque de sortir, la veille, dans le matin brumeux, et de demander le chemin d’une vieille église en ruine.
Solveig se souvient encore des vitraux poussiéreux qui jetaient de tristes lumières pâlottes sur le sol froid. Ses pas résonnaient dans l’immense pièce silencieuse, et au milieu des pierres grises et des lierres grimpants, elle avait vu la statue de Chimène d’Arven : statue de marbre d’un blanc éclatant dans l’obscurité profonde, elle avait le regard vide, tourné vers la rosace bleutée au-dessus de la majestueuse porte par laquelle Solveig avait pénétré...
Une église en ruine. Une église dédiée à Eimaren, Impératrice déchue de nos contrées autrefois florissantes. C’est ici que se trouvait le relais pour les messages destinés à la Confrérie Noire. Ingmar d’Ibelin l’avait autrefois mentionné, confié à Solveig, lui assurant que quel que soit son message, il serait entendu, et qu’elle pourrait toujours trouver une quelconque aide parmi la Confrérie. Promesse de Père. Mais Solveig ne venait aujourd’hui pas pour sa propre sécurité. Elle venait défendre celle de son père. Elle s’arrêta à quelques pas de la statue qui regardait par derrière son épaule, sans émotion. Le regard plein de défi, elle releva le menton et énonça d’une voix aussi claire et farouche que possible :

« Moi, Solveig d’Ibelin, je requiers un entretien privé avec l’Oracle de la Confrérie Noire, la Main de la Nuit, Svanhilde Nightingale. J’exige qu’elle m’accorde cet entretien et qu’elle se rende à l’Auberge du Clair d’Argent demain, à trois heures. Dites-lui que je souhaite m’entretenir avec elle d’un sujet important… Dites-lui également de venir seule, elle n’a rien à craindre de moi il me semble. …»

Le silence résonna quelques secondes dans la pièce, suspendant dans l’air poussiéreux les dernières paroles de la jeune mage. Ne sachant quoi rajouter, Solveig tourna les talons et s’en alla par la grande porte, le bruit claquant de ses pas s’amenuisant au fur et à mesure qu’elle longeait la nef. Elle regarda une dernière fois la Rosace gigantesque toute de nuances de bleus et de violines, et s’en alla le long des rues de Lorgol, remontant précautionneusement sa capuche sur son visage.

…Et nous voilà le lendemain. L’après midi s’avance peu à peu, mais Solveig trépigne toujours autant. Svanhilde va-t-elle venir ?

La jeune Ibeline était un peu perdue au milieu de ses nombreux doutes. Elle comptait faire changer d’avis à sa duchesse, tâche qui s’annonçait peu aisée… Cependant, Solveig était prête à tout pour protéger son père… C’était le dernier membre de sa famille encore vif et vivant, et elle ne laisserait pas une décision dangereuse et stupide, même prise par sa très respectée Duchesse, le mettre cruellement en danger. Son père était fort, habile, mais il ne fallait pas jouer avec les vies humaines à ce point… De quel droit la Confrérie Noire prenait-elle la vie d’innocents ?? Quelles raisons amenaient les assassins pour abroger la vie d’un homme plutôt que celle d’un autre ? Avec quelles preuves ces mêmes assassins décidaient qu’un homme était un danger pour Arven ? Pour LEURS projets ??

Solveig s’appuya au rebord de fenêtre, glissant un doigt entre les lourds rideaux de velours sombre pour observer d’un œil discret les mouvements de la rue… Elle viendrait. Elle était une femme d’honneur.
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MessageSujet: Re: La Rosace et la Statue    Ven 3 Aoû - 20:40

« Elle est jeune, Votre Grâce. Elle ne sait pas ce qu'elle fait. »
« Non, mon ami – elle le sait très bien, et elle le fait tout de même. Quand bien même vous le voudriez, impossible de renier cette enfant : elle est bien la fille de votre sang. »

Face à toi, Ingmar fuit ton regard. Depuis que le guetteur placé dans le mémorial en ruines d'Eimaren est venu te porter le message de l'héritière d'Ibelin, le baron ne cesse de chercher des excuses à Solveig, tentant d'expliquer son insolence. Il est vrai que ta première réaction en entendant la semonce de l'adolescente a été un vif agacement – elle est ta sujette, et tu es sa Duchesse, elle n'a pas à te convoquer comme la dernière de ses servantes, et la Rage du Sang qui coule en toi et ne bouillonne jamais très loin de la surface de tes sentiments te pousse à des réactions violentes. Sûrement Ingmar a-t-il senti ta contrariété et tente-t-il de sauver l'existence de son unique enfant, mais tu n'as pas décidé d'attenter aux jours de la dernière des Ibelin. Pas encore.

« Tranquillisez-vous, Baron. Le tempérament de votre fille est tout à votre honneur et je ne lui ôterai pas la vie pour ça. Mieux, j'irai la voir – mais au jour et à l'heure de mon choix, et pas sur convocation comme la moindre des souillons de village. Il va falloir qu'elle apprenne ce qu'elle risque à menacer sa Duchesse de ses exigences. »

Tu as une dette envers la jeune Solveig – elle t'a aidée à t'enfuir lors de ce Solstice si terrible, et l'instabilité récente de ton caractère ne t'empêche pas de t'en souvenir vivement. Néanmoins, tu ne tolères pas l'irrespect et la prétention, et la jeune héritière a dépassé les bornes. Pour cela, elle attendra donc – elle attendra, longtemps. Tu laisses s'écouler quatre jours avant de décider que la leçon a assez duré, et c'est Jodhaa que tu envoies au-devant de la petite Ibelin à l'auberge du Clair d'Argent, à l'heure où le soleil se couche – Jodhaa et sa rage sanguinaire, Jodhaa et sa folie délirante, Jodhaa et son goût du sang, avec néanmoins l'ordre formel de ne pas toucher à un seul cheveu de l'adolescente. Et c'est une Solveig plutôt pâle qu'elle t'amène, par les souterrains secrets de la Confrérie, et qu'elle fait passer sous l'Arche de Vérité qui lui ouvre le passage sans ciller. Bien. Pas de traîtrise donc dans l'âme de la jeune Ibelin – l'Arche ne ment jamais, et les cendres des espions tapissent l'étroite galerie.

L'œil sombre, le visage fermé, tu adresses un sec signe de tête à ta sujette. Lui tournant le dos, tu t'engages dans l'escalier – en bas, d'un geste sévère, Ingmar enjoint à sa progéniture de te suivre, et prend son poste de garde au bas des marches. Pendant quelques minutes, tu vas de couloir en volée de marches, le velours noir de ta robe froufroutant sur les dalles de pierre. Il est rare que tu portes des vêtements féminins, mais ces jours-ci tu ne sors guère de la Tour, repliée comme tu l'es sur ta douleur et ta peine, et porter la robe de deuil de ta mère te réconforte, étrangement. Certes la coupe en est austère et démodée – mais ta beauté froide ne fait que s'en accommoder, et tu trouves rassurant le contact familier du tissu, et la faible odeur de parfum qui y est restée attachée. Tu finis par arriver dans une salle discrète de la tour, dans les plus hauts étages – un salon étroit, faiblement éclairé par une veilleuse qui brûle dans une niche, et le plafond de verre laisse voir l'immensité des étoiles de février. Dans l'obscurité presque totale, tu t'assieds à même le sol dans un nid de coussins, et d'un geste tu invites Solveig à en faire de même.

« Vous avez demandé audience auprès de moi, damoiselle d'Ibelin. Je vous écoute. »

Ton ton est neutre, à la limite de la sévérité – tu n'as vraiment pas apprécié l'attitude cavalière de la jeune fille, et tu n'es pas prête encore à te radoucir. C'est aussi pour cela, peut-être que tu as choisi de la recevoir dans ton refuge préféré – pour atténuer quelque peu la colère que suscite en toi la vue de Solveig...

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