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 Sur un morceau de papier [PV:Sibeliane]

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MessageSujet: Sur un morceau de papier [PV:Sibeliane]   Mar 21 Aoû - 15:24

Sur un morceau de papier.

Dans cette salle emplie de livres et de parchemins, nous étudions l'histoire d'Arven. Un des premiers mages à avoir rejoint l'école nous guide dans notre parcours. Installés sur des bureaux, nous parcourrons en silence ces pages anciennes, empreinte d'un passé glorieux où les Dragons et les hommes vivaient en harmonie. Soudain, un bruit vient déranger le silence monacal qui s'était installé ici : entre une belle jeune femme, bientôt présentée sous le nom chantant de Sibeliane Coursevent. Elle a l'air émue d'être là. Ne l'a-t-on pas tous un peu été ? Je suis un instant son regard, qui ne peut qu'observer les merveilles d'architecture dont recèlent chaque pièce de Dragonvale. Les arches, les tableaux, les gravures, les meubles.. Autant de splendeurs originales qui font de ces murs une prison unique, un joyau qui ne brille que pour nos yeux.

Soudain, il me vient une idée. Je prend sur ma table une vieille feuille emplie de diverses notes en tout genre, toutes plus banales les unes que les autres. J'y couche rapidement quelques mots, espérant que la jeune femme sache lire, n'ayant moi même appris qu'une fois arrivé en ces lieux. Je l'observe alors un instant. Elle s'installe, et il s'avère rapidement que mes craintes ne sont pas fondées. Je souris et prend la feuille entre mes mains, et la déchire en plusieurs coups, jusqu'à la réduire en miette sur ma table. Pas vraiment nécessaire, mais ce sera bien, pour l'effet. Je recouvre les confettis de mes mains, et ferme un instant les yeux. Je me concentre sur les flux magiques qui circulent dans mes veines. Ils sont toujours là, présents, comme une partie de moi que je ne peux effacer. J'ai commencé à apprendre à les contrôler, mais je suis loin de savoir vraiment les plier à ma volonté. Je sens en eux tant de puissance, tant de force. A chaque fois que j'essaye de faire surgir cette magie, mes pensées se dirigent incontournablement vers les Dragons. J'ai l'impression qu'en mon sang, c'est une partie d'eux qui se reflète. Grâce à ces divines créatures, nous possédons une part de magie, nul d'entre nous ne devrait jamais l'oublier.

Sous mes doigts, je sens le papier changer de forme peu à peu. Cependant, c'est vers la poussière qu'il se consume à toute allure. Non ! Je m'efforce de faire machine arrière. Ce n'est pas cela que je voulais. Reconcentration. Les étincelles. Le feu. Le sang... Voilà. Je sens le papier crépiter sous mes doigts, reprendre forme. J'ouvre à nouveau les yeux. Mes mots s'effacent, les courbes se résorbant sur le papier, jusqu'à disparaître complètement. J’attends un peu, puis écarte mes mains, satisfait. Le papier est exactement tel que je l'avais pris au début. Une simple page de notes anodines. Je souris.

Je le donne à un autre élève non loin, affirmant qu'on m'a demandé de le faire passer à la nouvelle. Le mot passe de main en main à travers la pièce jusqu'à son destinataire désigné. Quelques uns de mes camarades l'ouvrent, le regardent puis, déçus, le laissent aller. La jeune femme a l'air perplexe en regardant les notes. Ce n'est qu'une vingtaine de secondes plus tard qu'elle peut voir se dessiner des lettres sous ses yeux.


Sibeliane Coursevent,

Je pense que la couleur de vos yeux irait tout particulièrement
avec le bijou que vous trouverez dans un petit tiroir
caché sur la droite de votre bureau.
A.

Si elle tâtonne un peu de ce côté là, elle trouvera en effet une petite plaque de bois qui se retire. Une petite bague d'argent sertie d'un diamant tombera alors dans sa main. Ça ne devrait pas trop dépareiller avec ses yeux gris. Mais je dois avouer que j'ai eu de la chance qu'elle s'arrête pile à cette place là. Je n'ai pas non plus des bijoux cachés sous tout les bureaux de Dragonvale. En attendant, le mot commence à se déchirer, se disloquer entre ses doigts. Impatient, j'attends de voir sa réaction.


Dernière édition par Answald Vifazur le Jeu 23 Aoû - 7:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sur un morceau de papier [PV:Sibeliane]   Mer 22 Aoû - 14:50

Je ne sais plus qui je suis. Depuis cette course éperdue dans la forêt, j'ai basculé dans un univers qui n'est pas celui dans lequel je suis née, toutes les fibres de mon corps le clament – un univers différent, étrange, saturé de magie, de mystère et d'inconnu, mais un univers auquel je suis destinée, mon coeur me le chante, haut et fort. J'avais la peur au ventre en arrivant à l'Académie, prise dans une sorte de frayeur quasi religieuse qui paralysait mes sens et faisait battre le sang plus vite dans mes veines, mais rapidement la peur a cédé le pas à l'émerveillement, et je marche dans les couloirs de Dragonvale comme dans un rêve éveillé, ouvrant mes yeux sur cet héritage merveilleux que j'ai toujours cherché au bout des mers sans savoir qu'il était là, juste au bout de mes doigts.

Magicienne. Je suis une magicienne – ô mère, si tu savais ce que ton enfant porte en elle. Je me rappelle encore, cette journée de tempête, et les hurlements de mon capitaine qui m'ordonnait de descendre du mât auquel je grimpais. Je ne sais trop quelle force me poussait en avant – mais j'avais parlé à la nuée, chanté pour l'orage, calmé les vagues en furie. Ensuite, j'avais dormi – deux journées. Et ensuite, la fuite... Et Dragonvale au bout du chemin.

Ô Dragonvale... J'y suis entrée hier soir. Les couloirs déserts, quelques silhouettes de ci, de là... Et une directrice aux allures de fantôme qui s'est présentée à moi sous le nom de Chimène d'Arven. Cette femme, on m'en avait parlé – la dernière Impératrice, Eimaren, l'Assassinée... La découvrir présente ici a fait hululer mon coeur de joie et m'a redonné confiance dans le combat que je me prépare à mener. Elle m'a dit de me choisir une chambre, et m'a prévenue que les endroits changeaient parfois d'emplacement – merveilleux.

Je me perds, donc, dans les couloirs tortueux de l'Académie, allant de merveille en splendeur, à la recherche d'une salle où les quelques magiciens arrivés sont censés étudier l'histoire d'Arven. Je finis par retrouver mon chemin – la directrice m'attend avec un léger sourire aux lèvres, et me présente aux quelques étudiants présents. Un sourire, un signe de tête, et je vais m'asseoir, mal assurée parmi ces étrangers. A peine me suis-je installée qu'un papier m'est transmis, de main en main à travers la salle. Un sourire perplexe étire mes lèvres à la lecture du petit mot. « A », qui est-ce ? Je ne connais pas encore mes camarades d'infortune. Quoi qu'il en soit,le parchemin se délite, me laissant fort curieuse. De la main, je tâtonne – et – ah. Une cache. Un petit objet tombe au creux de ma paume – je l'observe. Un anneau d'argent, serti d'une pierre lumineuse qui ressemble fort à un diamant.

Je suis femme, et j'aime les bijoux – mais pas aussi raffinés que celui-là. Je suis une enfant des mers, et ce sont les saphirs qui ont ma préférence – de plus, ne pas savoir de qui j'accepte ce présent me répugne. Je replace l'anneau dans sa cachette – et sur un parchemin, je trace d'une écriture bien appliquée quelques mots, avant de déposer le morceau de papier avec la bague et de refermer la cachette. Dans mon dos, je sens un regard me vriller les omoplates – j'ai suscité la curiosité de l'auteur de ce message sûrement.

« Je vous remercie pour ce présent, mais j'ai pour habitude de ne jamais accepter quoi que ce soit de la part d'un inconnu. Si vous désirez me l'offrir à visage découvert, rejoignez-moi près de la statue dans le hall d'entrée de l'académie. 

Sibeliane Coursevent.»
Une fois l'heure de cours terminée, je sors de la salle d'un pas léger, avant de me mettre en quête de l'endroit que j'ai évoqué dans mon petit mot. Le hall d'entrée, et le dragon majestueux si adroitement sculpté qu'il semble vivant... Impressionnée, je prends place entre les pattes avant du colosse de marbre, résignée à attendre que mon mystérieux interlocuteur se présente.
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MessageSujet: Re: Sur un morceau de papier [PV:Sibeliane]   Jeu 23 Aoû - 8:48

Je suis surpris.

Elle a eu le mot, l'a lu et a trouvé la bague. Mais elle n'a pas réagi comme je l'attendais. Elle ne s'est pas retournée, a écrit quelques mots sur une feuille, a rangé le tout dans le tiroir. Surprenant.

L'heure passe, lentement. Curieux, j'ai envie de lui renvoyer un autre mot, mais je retiens mon geste, préférant d'abord lire la réponse mystérieuse qu'elle a laissé pour moi dans cette cachette. J'attends donc, avec patience. Le temps saura délier les mystères. J'ai un peu plus de mal à me concentrer que d'habitude, et l'histoire d'Ortarius qui défile devant mes yeux ne m'a que rarement paru si lointaine. Je n'ai pas l'habitude d'avoir à attendre pour obtenir quelque chose.

La fin du cours vient, j'attends qu'elle sorte puis m'approche de la table. Je sors discrètement le papier du tiroir, le lis. Un rendez-vous. Bien. Je souris. Je déchire le papier, regarde la bague dans le tiroir, décide de la laisser là et ferme la cachette. Elle viendra reprendre ce joyau si l'envie l'en prend, ça m'est égal. Je m'engage dans le couloir. Je suis quelques passages qui me sont familiers. Il va me falloir faire un détour pour trouver quelque chose d'autre. J'arrive bientôt en un corridor. Il n'y a personne. Je m'élance. Prend de la vitesse. La fenêtre s'approche à toute allure. Je saute. Sous moi, devant moi, le vide. Total et pur. Mon cœur fait un saut gigantesque dans ma poitrine. Diamant approche et vient voleter autour de moi.

Pendant un bref instant, la peur me tenaille. Et s'il ne se passait rien ? Et si je tombais ainsi sur une quinzaine de mètre, sans filet ? Et si cette délicieuse sensation de vertige n'était finalement que les dures prémices de la mort ? Mais enfin, la magie agit. La gravité s'inverse, le vent me porte, mes pieds rejoignent le sol... Ou plutôt, le mur. A la perpendiculaire, je marche désormais sur ce mur qui est l'un de mes chemins secrets habituels. Il y a bien d'autres passages mystérieux à Dragonvale, mais je me fais un plaisir de dénicher les plus secrets, quitte parfois à prendre de gros risques.

J'avance ainsi, pieds collés à la parois, jusqu'à une fenêtre un peu plus bas. J'entre. Cette pièce fermée renferme quelques uns de mes plus beaux trésors. Diamant vient se poser sur mon épaule.


« Dis, tu prendrais quoi, toi ? »
Il piaille, me signifiant que c'est une chose totalement inutile. J'insiste. Il fait un tour de la pièce. S'arrête sur un magnifique bracelet serti de saphirs bleus roi. Je souris.

« Oui, j'aurais du m'en douter, t'aime le bleu toi, hein ! »
Je ricane et me saisit d'une autre bague, plutôt simple, mais sertie d'un triangle de trois petits rubis d'un rouge intense.

« A mon avis, ce sera plus adapté. »
Je sors.

Quelques minutes plus tard, je parviens au lieu de rendez-vous. Elle n'aurait pu choisir meilleur lieu. En arrivant, je ne peux m'empêcher de m'arrêter, comme à chaque fois que je pénètre en ce lieu. Devant le Dragon, je l’admire un instant puis ferme les yeux et m'incline légèrement, humblement. Je ne peux éviter de penser, en regardant cette vivante statue, qu'il s'agit là d'un Dragon statufié, et non d'une statue de Dragon.

Quand je rouvre les yeux, je recherche cette fameuse Sibeliane du regard. Un passage secret m'a permit de gagner du temps, mais mon détour me fait tout de même arriver second : Elle est là, juste sous la statue, à attendre ma venue. Je m'approche d'elle en silence, lentement, sous la statue majestueuse qui m'intimide quelque peu.

Je tend ma main pour prendre la sienne.


« Sibeliane Coursevent, ravi de vous rencontrer. »
Le baise-main est devenu ma spécialité, trop habitué à dérober les joyaux de ces dames. Je m'incline légèrement en approchant sa main de mes lèvres.

« Je suis Answald Vifazur. »
Cette fois-ci, cependant, c'est pour ajouter un bijou à ses doigts que j'ai eu recours à mon talent. Je me redresse, souriant.

« J'espère que celui-ci vous plaira mieux que le précédent. »
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MessageSujet: Re: Sur un morceau de papier [PV:Sibeliane]   Ven 31 Aoû - 18:26

Le silence.

Il est si intense, ici, dans le hall d'entrée de l'Académie – si solennel, si... présent. Par certains aspects, il me rappelle la sérénité absolue de la mer, dans ces nuits d'été si tranquilles que l'on pourrait entendre le monde respirer si l'on se concentrait assez. J'en ai passé, des nuits comme celles-là, perchée dans les mâts de l'Audacia, me balançant doucement dans les gréements au gré du vent, ne retenant du doux scintillement des étoiles au firmament que l'éphémère beauté de l'instant. En quittant mon océan, la saveur des embruns, la mélodie du vent, j'avais peur de ne trouver ici que l'agitation furieuse et fébrile de la jeunesse, l'immaturité et l'inconséquence. Quel soulagement de découvrir que je me trompais, lourdement, et que la poignée de réfugiés à Dragonvale sont pour la plupart tout aussi sérieux et concentrés que moi.

Pour la plupart.

Cela n'inclut pas le drôle de phénomène qui s'incline devant moi et dépose un baisemain sur le bout de mes doigts – doigts que je retire assez rapidement, dirigée par cette prudence viscérale que j'ai toujours adoptée vis-à-vis de ceux qui foulent la terre, distance instinctive de ceux qui arpentent les flots et parlent à la tempête envers ceux qui ne connaissent que la poussière aride du rivage. Dubitative, je regarde quelques instants l'anneau qu'il a laissé en lâchant ma main – les petits rubis placés en triangle étincellent dans la lumière qui entre par les grands vitraux, mais mon cœur ne s'émeut pas. Je n'aime pas les rubis. Je me méfie de leur sanglante profondeur, de la violence qu'ils semblent receler, de ces abîmes de souffrance et de douleur que l'on pourrait apercevoir en étudiant leur cœur – je préfère les saphirs, leur harmonie marine, leur paisible sérénité, et la promesse d'apaisement qu'ils m'ont toujours semblé receler. C'est donc sans regret que j'ôte le bijou de mon doigt, avant de le lui rendre avec un léger sourire en complément.

Dépliant mes genoux, je pose les pieds sur les dalles de marbre bleuté veiné d'argent. Arrivée sans bagages, j'ai dû me vêtir avec ce que la directrice m'a indiqué pouvoir utiliser – une robe noire, toute simple, démodée de plusieurs centaines d'années, mais ajustée à ma taille, et confortable. La matière m'en est étrangère – sûrement quelque étoffe raffinée des temps passés. Il n'en reste pas moins que je n'ai pas l'habitude de porter des jupes, et que mon salut en est quelque peu maladroit.

« Answald Vifazur, je suis charmée de vous rencontrer. Avez-vous l'habitude de couvrir ainsi des inconnues de bijoux avant même de savoir dans quelle direction se portent leurs goûts ? »

J'espère que la chaleur de mon attitude dément le léger reproche de mes mots. C'est effectivement une faute que de trop présumer des inclinations féminines – je suis peut-être une fille des flots, pirate et fière de l'être, mais je n'en suis pas moins née avec certains principes bien inculqués par ma mère. Ne pas s'attirer d'ennuis avec les autorités. Ne pas parler aux inconnus. Ne jamais s'éloigner de la mer. Oui, bon... Il est fort possible que je me sois quelque peu égarée loin des sentiers qu'elle avait tracés pour moi, certes. Mais je n'ai pas choisi de naître magicienne, aussi puis-je en être blâmée ? Et lui, cet Asnwald – quel a été son parcours avant d'arriver jusqu'ici ? La curiosité s'éveille en moi, et je sens son murmure me titiller, la question me brûler les lèvres. Bien appuyée contre les pattes avant de la majestueuse statue qui nous surplombe de toute sa hauteur, je savoure quelques instants le silence qui est retombé sur nous, avant de le briser pour de bon.

« Pour être honnête, je préfère les saphirs. Je viens d'Ansemer, et la mer... Mais je m'égare. Pardonnez-moi si je m'emporte – l'océan me manque, et pourtant je ne l'ai quitté que depuis quelques jours à peine. D'où venez-vous, avec tous ces trésors dans vos poches ? »
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MessageSujet: Re: Sur un morceau de papier [PV:Sibeliane]   Lun 3 Sep - 14:24

Quand je lui raconterai, Emral me regardera avec un regard méprisant, me traitera d’imbécile, me dira qu’on ne séduit pas une fille avec de telles bêtises. Il me traitera d’idiot. On rira.

Mais je n’en suis pas là. Je dois avouer que ma « méthode », je l’aime bien. En fait, je dois aussi avouer que de méthode, je n’en ai guère. Pour cela, il faudrait que je n’agisse pas qu’à l’instinct et l’esbroufe. Même Emral a en parti déjà renoncé à y croire. En attendons, continuons à agir, on verra plus tard le résultat, ce sera toujours mieux que de rester dans un coin à réfléchir sur le meilleur moyen de faire, comme bien des gars d’ici. La timidité et la retenue, ça n’a jamais été pour moi, de toute façon.

Bon, il faut aussi avouer que « foncer tête baissée », ça a aussi des ratés. Vlan, deuxième veste. Answald 0 – Sibeliane 2. C’est qu’elle serait difficile cette petite ? Ou c’est peut-être aussi que même dans la noblesse ils n’offrent pas de bijoux à cette vitesse… Mouai.. Faudrait que j’y réfléchisse. En attendant, elle n’a pas l’air si déçue que ça, et un rien dans sa voix et son attitude me fait penser que je ne suis pas totalement à côté de la plaque, et que tout cela l’amuse, sous ses grands airs de Dame vexée.


« Seulement celles assez belles et fières pour les refuser, sinon, ça n’a pas de charme. »
A vrai dire, il est vrai qu’elle m’intrigue un peu. Elle n’a pas l’air d’une autre riche héritière déjà couverte d’or et de diamants, pourtant sa tenue est fière, son ton clair et sûr. Il émane d’elle un sentiment d’une indéfectible confiance en elle et d’une surprenante éducation. Je serais très curieux d’en apprendre plus sur elle. Un silence s’installe…

Bientôt brisé. Les saphirs. Un sentiment d’hilarité s’empare de moi alors que je ferme les yeux, souriant et secouant la tête, demandant à Diamant de se calmer un peu. Ansemer. Un duché totalement à l’opposé du mien dont je n’ai entendu parler que par la voix des marins qui faisaient halte dans nos tavernes et nos bordels. Une contrée qui, d’après l’image que je m’en suis faite, me correspondrait certainement bien plus que Bellifère. Enfin… Ce n’est pas comme si je n’avais jamais eu ma place en cet endroit ! N’importe quel duché m’aurait mieux convenu que ce désert stérile emplis de gros bras stupides. L’océan lui manque… Etait-elle un de ces marquises qui contemplaient l’océan de leur fenêtre en soupirant ? Dans ce cas, comment cette assurance, pourquoi ces habits ? Cela ne m’aide pour l’instance guère à recoller les morceaux de ce puzzle nommé Sibeliane. J’attends la suite. Elle aussi se questionne. Elle me demande d’où je viens. Devrais-je lui dire que je suis un voleur ? Pourquoi pas ? Mais quelle importance, après tout…


« D’une caverne aux merveilles qui recèle littéralement d’infinies richesses. Je vivais entre les océans dorés de Bellifère et d’autres d’un bleu azur que vous connaissez bien, dans une petite ville dont vous avez peut-être déjà entendu le nom prononcé par quelque marin : Port-Bravoure. »
J’attends de savoir si elle connaît ce port de mon enfance, mais cela m’importe bien peu, ce que je veux connaître, c’est elle.

« Je serais bien curieux de savoir qui vous étiez, en Ansemer. Etiez-vous femme de haute naissance ? Je n’arrive pas à vous imaginer au milieu d’un bal de princesses… Pourtant… Vous en avez bien plus la carrure que nombre de celles que j’ai rencontré, et j’espère ne pas me tromper. »
J’ai tendance à juger les gens trop vite, mais dans le métier, c’est une question de secondes. Il faut savoir jauger un homme en un instant, sinon, il vaut mieux arrêter d’être un voleur… Je me trompe extrêmement souvent, bien sûr, mais une erreur vaut toujours bien mieux qu’une hésitation, même si bien des gens ne l’ont jamais compris.
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MessageSujet: Re: Sur un morceau de papier [PV:Sibeliane]   Jeu 20 Sep - 19:33

Port-Bravoure.

Je connais ce nom.

Un sourire vivement réprimé traverse mes lèvres, l'espace d'un battement de cœur. Oui, je connais ce port – je me rappelle des quais en bois, un peu vermoulus, mal entretenus, mais encore solides et fiables malgré les années. Il y avait foule de navires à l'ancre – des marchands aux flancs lourdement chargés des biens qu'ils allaient transporter de l'autre côté des flots, des navires de passagers élégants et élancés aux hommes d'équipage soigneusement apprêtés, les navires militaires et leur perpétuel cliquetis de fer. Oui, je me souviens de Port-Bravoure : nous avions battu pavillon Outreventois pour nous y faufiler, maquillant notre figure de proue et prétendant venir chercher commerce. Oui certes, nos lignes élancées et nos bois écaillés ne payaient guère de mine, mais nous avions blâmé la recrudescence des attaques de pirates auprès des officiers de marine bravoriens, et ils avaient gravement opiné du chef en nous laissant passer.

Port-Bravoure.

Il y a une éternité de cela.

Mais je ne peux pas le lui dire. Les pirates ne sont guère aimés dans les Huit-Duchés, pour la somme de massacres et de violence qu'ils laissent dans leur sillage. L'Audacia n'est rien de tout cela, mais comment l'expliquer à cet homme-là qui sûrement ne nous connaît pas ? Je vis un idéal de liberté et d'infini, que bien peu pourraient comprendre. Alors, je ne vais même pas tâcher de lui expliquer – je vais tenter d'en apprendre plus sur lui, avant d'essayer. Je ne tiens pas particulièrement à être mise au ban de la société de mages réfugiés qui se croisent dans les couloirs de l'Académie. Je me suis toujours méfiée des Bellifériens – leur caractère martial et frondeur ne me plaît guère et je ne cherche pas les ennuis. Alors, employant mes talents d'infiltratrice expérimentée, je déploie mon éventail de talents, et je souris de ce sourire un peu niais qui s'assortit si bien de battements de cils évaporés. Lui dire des semi-vérités, ne pas mentir, mais ne pas tout dire. C'est la clé.

« Mes ancêtres effectivement sont de noble naissance. Mon domaine sûrement ne vous dirait rien – il est trop petit et anodin pour avoir une quelconque importance aux yeux d'un étranger à notre duché. Votre compliment est flatteur, messire. »

Oui, continuons – si je lui donne du « Messire » à tour de bras, peut-être va-t-il me prendre pour une demeurée et ne pas pousser plus avant ses questions. Il me met mal à l'aise. Je ne sais trop à quoi m'attendre : j'ai toujours éprouvé de vives difficultés à côtoyer les fantasques et les imprévisibles, et celui-là semble en avoir fait une règle de vie. Capitaine, quelle idée saugrenue vous a pris de m'envoyer ici ! Un gloussement étouffé plus tard, je continue ma comédie de jeune noble évaporée.

« Vous avez donc vu beaucoup de princesses pour vous imaginer l'un de l... nos bals ? Les nobles dames de Bellifère sont-elles aussi gracieuses et fières que la rumeur le prétend ? Y a-t-il beaucoup de bals masqués ? De tournois ? De festivités ? Il paraîtrait que le palais de Hacheclair est très animé ! »

Un flot de questions, pour écarter les siennes de ma personne. Je n'ai pas envie de parler de moi, de raconter ma vie, de parler de l'Audacia à cet inconnu. Cette coque de bois, cet univers de planches et de sel, de flots et d'embruns, c'est mon univers, et je ne tiens pas à le partager. Quitte à devoir passer pour une coquette empoudrée.

Il faut savoir faire des sacrifices, dans la vie.
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MessageSujet: Re: Sur un morceau de papier [PV:Sibeliane]   Sam 22 Sep - 14:35

Allons, Sibeliane, qui crois-tu duper ?

Je suis voleur presque depuis que je suis né. Je joue à la perfection de nombreux personnages. Mes sourires sont parfois presque aussi efficaces que mes mains lestes. Et une règle simple s'applique aux mensonges : on ne change pas de rôle au beau milieu de la pièce. Qu'est-ce donc que ces soudains battements de cils et ces babillages ? Tu étais bien plus sévère et sérieuse, tout à l'heure. Qu'est-ce que tu me caches, Sibeliane ?


« Qui donc se préoccupe de ces dames au teint halé qui ne savent faire autre chose de leur vie que d'attendre en minaudant que leur mari revienne d'un énième combat qui n'a jamais été le sien ?... Elles ne m'ont personnellement laissé le souvenir que de femmes tristes, mornes et captives. Les gens qui peuplaient ma terre natale ne m'ont jamais été très sympathique, je l'avoue, mais je serais plutôt curieux de savoir une chose sur vous. »

Je m'approche encore un peu d'elle, fronçant un sourcil.

« Pourquoi diable me mentez-vous ? »

Je ne suis pas du genre à me perdre en fioritures, à passer par quatre chemins pour savoir ce qui m'importe. J'espère bien réussir à la désarçonner de ce coup bas. Elle se sentira forcément mise mal à l'aise par cette question. Tout le monde ment. Tout le monde a ses secrets. Mais surtout, en le cas présent, soit elle est véritablement la midinette qu'elle prétend être, et dans ce cas il y a un bon milliard de raison de se sentir visée par cette question tant la vie de ces femmes est mensonges de tout les instants, soit elle n'est pas ce qu'elle prétend être, comme je le pense, et dans ce cas... La question a évidemment lieu d'être. Ce que je veux savoir, maintenant, c'est comment va-t-elle réagir ?

Pourtant, je ne lui laisse pas le temps de s'expliquer. Je souris et me retourne, avec un geste de la main qui signifie clairement que je n'en ai que faire.

« Oh et puis qu'importe pourquoi. Vous voulez savoir qui j'étais ? J'étais un voleur, de ceux suffisamment doués pour qu'on en écrive l'histoire plutôt que de leur couper les mains. »

Ce n'est plus un secret pour personne, ici, alors autant la devancer. Je me retourne à nouveau vers elle, souriant à nouveau.

« Mais aujourd'hui cette vie est derrière moi, et je ne suis qu'un mage, comme vous, comme tout les autres ici. »

Je la regarde dans les yeux, laissant planer un léger silence avant de continuer.

« Cela peut être dur mais il faut savoir tourner la page quand on arrive en ces lieux. Ici, on est tous égaux. Il n'y a plus de « Dame », plus de « Messire ». Il n'y a que des mages qui apprennent ce qu'ils ont à savoir pour ne pas transformer le monde en un gigantesque brasier contre leur propre volonté. Alors, dites-moi, maintenant, Sibeliane, qui étiez-vous, en dehors de ces murs ? »

Qu'elle me le dise ou non, de toute façon, je l'apprendrais. Mais autant accélérer un peu les choses.
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MessageSujet: Re: Sur un morceau de papier [PV:Sibeliane]   

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