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 Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement

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MessageSujet: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Jeu 6 Sep - 18:42


L'avènement d'une rose


Topic Général 2 - Banquet du Couronnement


TOUR 1
serments et deuils


Les torches, sur les murs, jettent une vive lumière sur les êtres rassemblés dans la salle du trône du palais impérial de Lorgol. Sous sa couronne d'or étincelante, Lord Augustus, Protecteur du Peuple et Empereur d'Arven, vient de poser une tiare chamarrée sur la tête de sa toute récente épouse, Cyselle de Lagrance devenue Cyselle d'Arven. Belle et pâle dans le rouge écarlate de sa robe élégante, la nouvelle Impératrice est là ce soir pour recueillir les serments d'allégeance des représentants des Huit-Duchés. Dans l'assistance, ils sont là, prêts à prendre la parole, sept porte-paroles de l'Empire – Cyselle s'était elle-même donné l'allégeance de Lagrance. Dolph Saldenow, le premier, s'avance et prononce l'antique serment de liage après un pompeux discours.

« Vastes sont les mers, et éternels le ciel d'azur, qu'il soit de chargé de sérénité ou de tourments. Tout aussi vaste et éternelle est la fidélité d'Ansemer à la couronne d'Arven. »

Puis c'est ensuite Anthim d'Erebor qui s'en vient déclamer son serment, après un baisemain élégant sur les doigts fins de sa nouvelle Reine.

« Pour Arven, de sable et de roc, aussi longtemps qu'existeront le désert et la montagne d'Erebor. »

Quelques minutes encore, Anthim parle des merveilles de son duché et de leur fidélité à Arven, avant de laisser place au prochain orateur. La duchesse douairière de Bellifère s'avance à son tour – âgée, soutenue par deux serviteurs, la mère en deuil du défunt Martial, Ermengarde Viremont de Bellifère, vient s'agenouiller aux pieds de Cyselle, dans un craquement d'articulations maltraitées.

« Ô douce reine, daignez étendre la protection de votre bras sur les enfants de Bellifère, qui mettent de ce jour et pour toujours la vaillance de leurs épées au service de votre Nom. »

Une simple phrase, digne et noble, rien de plus – Augustus lui-même vient relever la noble dame toute de noir vêtue, pour la confier à ses serviteurs et la faire reconduire près de son mari blessé, à Hacheclair d'où elle n'est venue que pour s'acquitter de cette lourde tâche. Amaigrie et morne, c'est la blondeur angélique de Gaëtane de Salvemont qui vient la remplacer, aux genoux de cette Reine qui prend la place qu'elle a occupée pendant des années. Le soulagement n'est perceptible que pour ceux qui la connaissent bien – aux yeux de tous, elle est ici victime de la douce Cyselle. D'une voix mécanique, sans attraits, comme une leçon bien apprise et répétée, elle délivre son discours, avant de prononcer l'antique serment des Salvemont.

« Notre or et notre blé, pour la protection et la sérénité – notre sang et celui de nos enfants pour Arven, pour une paix de chaque instant. »

Elle s'efface rapidement parmi l'assistance – il ne reste plus que Castiel de Sombreflamme, Lisbeth d'Outrevent, et Hjalmar Nightingale, pour engager la foi et l'obéissance des leurs envers la Couronne. Dans l'assemblée, Liam d'Outrevent, présent officiellement sur l'invitation d'Augustus comme geste de tolérance et rameau d'olivier envers les Rebelles, officieusement venu sur la prière de Cyselle inquiète pour Lisbeth, et Svanhilde Nightingale, candidate et nantie du même sauf-conduit que Liam, sont protégés des attaques jusqu'au lever du jour par la promesse du tyran, et couvent d'un œil sombre les réjouissances, objets d'une surveillance de tous les instants.

La soirée ne fait que commencer, aussi, entrez, chers invités, et observez le ballet des serments et des parjures...


Ce tour durera jusqu'à lundi soir, 20h (France) - vous devez poster chacun un ou deux messages, pour raconter vos réactions suite au mariage d'Augustus et de Cyselle, et vos espoirs pour l'avenir d'Arven. Castiel prononcera son discours, puis Lisbeth, et Hjalmar ensuite. Les autres invités présents postent quand ils le veulent, avant les discours.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Ven 7 Sep - 13:34

    Tes yeux ne peuvent se détacher de votre nouvelle Impératrice. Quel judicieux choix que Cyselle, ne cesses-tu de te répéter. Tu as pensé, l'espace d'un moment, qu'Augustus ferait le choix risqué d'épouser Svanhilde, mais il faut croire qu'il tient un peu à sa tête. Tu n'as jamais osé toi-même demandé la main de la duchesse héritière de Lagrance, mais tu ne le regrettes pas en la voyant ainsi. Vêtue d'un rouge qui ne fait que rehausser sa beauté blonde, coiffée d'une tiare magnifiquement ouvragée, tu vois que cette place lui revient tout à fait. Tu applaudis encore chaudement, à deux mains, et tu laisses tes yeux noirs dériver sur la foule encore une fois présente dans cette salle. Défilé de ducs et de duchesse, d'héritiers, de petite et haute noblesse, de sourires plus ou moins convaincus, d'applaudissements nourris ou polis. Tu t'attardes sur Svanhilde, toujours tes yeux s'arrêtent sur son visage et cherchent son regard où une flamme haineuse brille sans cesse, et te redresses quand les ducs et héritiers s'enchaînent pour aller prêter serment à la nouvelle Impératrice. Cyselle s'est elle-même prêté serment, chose logique. Puis vient Dolph et ses mots pompeux, qui ne veulent rien dire. Anthim, dont la seule vue suffit à assombrir légèrement ton humeur radieuse. La duchesse de Bellifère, dont la seule présence impose le respect. Gaetane, mince et fragile, dont le serment d'automate ne trahit pas le soulagement. Pourtant, comme tu le sais...

    C'est finalement à ton tour. Tu t'avances, le menton levé, le regard hautain, les épaules rejetées vers l'arrière. Ce soir, tu t'es vêtu de blanc et d'or, lumineux dans cette foule vêtue de couleurs hivernales. Tu en imposes, malgré ta jeunesse, et ta démarche agile de félin n'en rajoute qu'à l'aura que tu dégages ce soir. Au noir félin qui souvent représente ton coeur ce soir s'est substitué le blanc persan aux yeux envoûtants, ce charisme incandescent qui fait de toi un duc digne de ce titre, malgré ton éloignement. Tu pourrais te lancer dans un long discours, mais tu ne saurais que dire. Tu n'as pas envie de te perdre dans tes mots comme Dolph, ou de parler de choses sans intérêt comme Anthim. Non, tu es fils et maître du duché de l'esprit, de la folie, de l'intelligence, du génie. Élégamment tu t'inclines, ton sourire mangeant ton visage pâle, et baises la main de Cyselle avant de prêter allégeance :

    « Notre esprit allié à la lame de vos épées, et qu'ainsi jamais nul ennemi ne puisse vous terrasser. Sombreciel veillera dans l'ombre de vos pas, de cet instant jusqu'au trépas, Ô lumière d'Arven. »


Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Ven 14 Sep - 1:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Ven 7 Sep - 15:38

Bruit. Regards. Murmures.

Je n'ai quitté la curiosité de la cour qu'il y a un mois et déjà j'avais oublié cette curiosité malsaine qui y règne. Tous sont là, massés, à observer le moindre de nos gestes, la moindre de nos réactions, épiant sans doute un restant d'amertume chez les prétendantes évincées. Mais il n'y en a nulle trace en moi, bien au contraire. Seul un soulagement profond m'habite avec l'espoir bien infime, qu'avec la fin de cet enfer s'en iront les cauchemars qui hantent mes nuits depuis ma néfaste avancée devant le tyran. Ô comme je voudrais n'être point ici mais bien loin, en ces terres d'Outrevent qui me sont si chères et qui, seules, sauraient m'apporter la sérénité nécessaire pour supporter le choc de ses quatre semaines d'enfermement. Mais pourtant je suis bien là, droite et fière, masquant tant bien que mal l'épuisement qui m'assaille. Par instant, mes paupières s'abaissent, vaincues par cette lourde chape de sommeil qu'elles portent depuis trop longtemps. Pour finalement tressauter et se rouvrir brusquement. J'ignore comment je parviendrais à tenir jusqu'au terme des réjouissances prévues. Ma tête me semble si lourde...

Ramenant mon attention sur le couronnement en cours, j'observe Dolph le premier s'avancer jusqu'au trône de Cyselle pour prêter allégeance à la nouvelle impératrice d'Arven. Impératrice d'Arven... Comme ces mots me semblent étranges, moi qui ne puis les envisager autrement que pour la lignée d'Eimaren. Un à un s'avancent les représentants des Huits-Duchés. Anthim d'Erebor, Ermengarde Virement de Bellifère, Gaëtane de Salvemont, Castiel de Sombreflamme... La vue de ce dernier m'emplit d'une vague d'appréhension. Non parce que son ambivalence ne cesse de me mettre mal à l'aise mais parce qu'ensuite, ce sera à moi de m'avancer pour engager Outrevent. Bien sûr, je connais les termes ancestraux d'allégeance à la couronne d'Arven. Les nombreuses heures à le répéter l'ont ancré profondément en mon esprit. Mais il y a tellement plus que je voudrais dire... Je voudrais la remercier de ce sacrifice dont je sais combien il peut lui coûter. La remercier de m'avoir épargné ce rôle. La remercier d'éviter qu'une autre, incapable d'agir pour notre cause, ne soit là, sur ce trône ensanglanté. Mais rien de tout cela n'est exprimable. Ou du moins pas en ce moment solennel.

A pas lents, je m'avance finalement, luttant pour conserver ce port de tête qui appuie toute la noblesse de ces ancêtres qui m'ont précédés et dont je dois incarner la fierté et l'honneur. Mon regard, empreint de toute la majesté dont je suis capable en cet instant, est vrillé à celui de Cyselle, au point que je ne remarque pas même la présence de Liam dans l'assemblée, vague rumeur m'étant parvenue mais à laquelle je n'ai pas voulu porter foi, convaincue que jamais il ne commettrait telle erreur. Enfin parvenue devant elle, j'esquisse une profonde révérence s'accompagnant de notre serment.


- Par la fierté et par l'honneur, à vôtre étendard se rallient nos coeurs. Nous vous serons fidèles alliés dans la guerre comme...

Une interruption. Le silence respectueux qui s'était instauré vient d'être brisé par le Héraut impérial s'éclaircissant la voix à grand bruit. Quelle annonce peut justifier cet acte d'irrespect inqualifiable ? Qu'a donc à dire cet homme qui se permet de briser un cérémonial soigneusement établi. En d'autres temps, nul que la colère m'aurait envahie de voir ainsi bafoué le serment d'allégeance de mes ancêtres. Mais en ce jour morne où je peine à paraître au grand jour, je ne me sens plus la force de m'indigner. Seule une frustration immense m'envahit à l'idée qu'il me faudra recommencer, demeurer quelques instants de plus sous les regards inquisiteurs des courtisans, en proie aux chuchotements sans fin. Épuisée, je me laisse un instant aller à fermer les yeux tandis que tous se tournent vers l’annonceur royal avec, dans les yeux, cette insatiable lueur de curiosité.

_________________
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Sur toutes les pages lues, sur toutes les pages blanches, pierre, sang, papier ou cendre, j’écris ton nom. Sur les images dorées, sur les armes des guerriers, sur la couronne des rois, j’écris ton nom.
Et par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie. Je suis née pour te connaître, pour te nommer. Liberté.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Sam 8 Sep - 4:13

Au milieu de la foule des nobles, je m’avance.

Tout le monde est invité à ce couronnement, y compris les rebelles. Tous les rebelles. Alors, bien sûr, j’en suis, car la lettre de Cyselle m’a beaucoup bouleversé. Mais je ne suis pas venu seul. Autour de moi, nombre sont de mon camp, et ils sont tous prêts à se battre s’il s’avérait que cette invitation soit un piège. Je ne l’espère pas, en tout cas, car sinon ce couronnement risquerait rapidement de tourner en bain de sang.

Ma sœur va mal. C’est le message que m’a fait transmettre la bientôt nommée Impératrice d’Arven. Impératrice d’Arven, reine de Lord Augustus… Qui aurait cru… Le message transmis aujourd’hui lors de cette réception par notre Tyran est un message de paix, mais je ne veux pas y croire. Je ne peux pas y croire, après tout ce qu’il a fait à nos huit duchés. Ce tyran reste à mes yeux bien incompréhensible, et seule ma méfiance constante m’a jusque-là tiré de ses griffes d’acier. Je ne la relâcherais pas, à aucun moment.

Les représentants des huit duchés s’avancent les uns après les autres pour faire leur serment d’allégeance à cette nouvelle Impératrice, première qui ne sera pas de la ligné d’Eimaren. Dolph Saldenow, Anthim d’Erebor, Ermengarde Viremont, Gaëtane de Salvemont, Castiel de Sombreflamme… Tous prêtent serment à Cyselle. Elle n’a pas plus de légitimité qu’Augustus à cette place, pourtant, je lui en donne personnellement bien plus, comme certainement beaucoup de gens ici. Le suivant, ce devrait être mon père, ou moi, cependant, il n’a pas pu se déplacer, et si l’invitation de l’empereur m’autorise à être là en ce moment, je ne suis bien sûr toujours pas redevenu duc héritier d’Outrevent. Ce rôle revient aujourd’hui à ma sœur…

Ce message que Cyselle m’a transmis, je ne pouvais que le croire, connaissant ma sœur presque mieux que moi-même, pourtant, alors que je la vois aujourd’hui s’avancer au-devant de Cyselle, je réalise seulement l’ampleur de ce mal qui l’a rongé de l’intérieur… J’aurais dû insister encore plus.. J’aurais dû réussir à l’en empêcher... Pourquoi a-t-elle fait cela ?... Elle n’avait pas à s’engager dans cette trop délicate entreprise... Il faut impérativement que je la sorte de là, à présent, que je retrouve la Lisbeth qui m’est si chère.

Elle entame ce serment que je ne connais que trop bien. Cependant, il n’aura pas le temps d’être terminé. Le Héraut impérial, auquel je lance un regard noir de menaces, semble trouver urgent d’interrompre la cérémonie, et d’ainsi déshonorer un peu plus notre duché. Si j'ai été déchu, elle ne l'a pas été, et peu de nouvelles mériteraient de passer avant sa parole. Indigné, j’ajoute à voix basse, de sorte que les gens autour de moi l’entendent : « Comme dans la paix. », puis je me tais, attendant d’entendre cette fameuse nouvelle si importante aux yeux de l’empereur.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Sam 8 Sep - 15:30

    Une nouvelle fois, te voici embarqué dans cette mascarade.
    Tu ne peux fuir.
    L'Impératrice a été couronnée. C'est Cyselle de Lagrance qui a eu l'honneur, comme certains le disent, de devenir la nouvelle Reine d'Arven. Celle qui assistera votre Empereur bien-aimé, tant haït par tes soins. Le soulagement a éclaté dans ton coeur quand tu as réalisé que Lisbeth n'était pas la femme choisie par Augustus. L'idée qu'elle redevient ainsi ta fiancée est certes présente, toujours aussi désagréable, mais douce en comparaison avec la possibilité qu'elle aurait pu être sur ce trône. Agréable, même, au fond de toi, dans un fond que tu refuses d'approuver.

    Ton frère est à tes côtés. Il est venu à Lorgol pour te soutenir et tu apprécies sa présence, même si tu lui en veux de ne pas s'être opposé aux décisions de vos parents. Trop jeune, probablement, trop peu volontaire. Ce qu'il lui faudrait, c'est voyager un peu. L'emmener sur cette mer sur laquelle il n'a jamais navigué. Ton esprit dérive sur cette idée, puis tu rajutes le col de ton vêtement. Vos deux habits sont entièrement noirs, comme si vous portiez le deuil. Il n'est pas bon de manifester publiquement son désaccord face aux décisions du suzerain, mais rien ne t'empêche de porter le deuil de la liberté, de celle de cette nouvelle Reine auquel ce trône n'appartient pas, de revendiquer que ce jour est aussi noir que tous depuis le début du règne du tyran. Tes bras sont croisés sur ton torse, tu es enfin presque entièrement de tes blessures et tu ne comptes pas en accumuler de nouvelles ce soir, et tu écoutes d'un air peu satisfait les serments des ducs et héritiers. Mensonges, calomnies, horreurs. Tu détournes le regard en voyant Gaetane de Salvemont, prenant pitié de cette femme affaiblie, sens le coeur te lever en entendant le ton chaud, rassurant et mielleux de Castiel de Sombreflamme, et quand le tour de Lisbeth vient, ton frère te donne un petit coup de coude pour capter ton attention.
    Elle est belle. Comme toujours, te souffle une voix narquoise. Belle, mais... enfin. Il manque quelque chose. C'est elle et ce ne l'est pas en même temps. Il manque quelque chose. Cette idée ne te quitte pas et quand elle entame son serment et que celui-ci est rompu, tu es dans les premiers à te retourner pour chercher la cause de ce geste hautement irrespectueux. Interrompre la duchesse héritière d'Outrevent pendant son serment d'allégeance ! Laurent pose une main sur ton épaule, t'incitant à ne pas sauter à la gorge du héraut. Plus que cela, ce sont les mots que tu entends de Liam qui te calment, autant que ce contact de ton frère. Tu détends à peine tes muscles, reviens à Lisbeth, qui a les yeux fermés. Et qui semble fatiguée, ô si fatiguée... éteinte. Comme si cette flamme que tu lui connais, cette flamme qui la fait vivre, la rend vive, s'était éteinte.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Dim 9 Sep - 3:49

    Je suis là sans être là, silencieuse et invisible. Telle est la mission des serviteurs du palais. Ne pas déranger, ne pas 'imposer mais être présents pour répondre aux désirs de ces hauts personnages rassemblés pour accueillir leur nouvelle souveraine. Nous ne sommes que des ombres, présentes sans être vues, prêtes à agir aux moindres sollicitations des nobles du palais. Telle était ma mission, enfin c'est ce qu'ils pensaient, riches personnages n'imaginant même pas quelle fougue animait mon coeur. Ce qu'ils ignoraient, c'est qu'en réalité je n'avais que peu à faire de ces fêtes et de ces hauts personnages, rassemblés dans leurs riches étoffes. Que les servir ne m'emballaient guère et que ces courbettes ne servaient qu'à dissimuler mes véritables intentions. Le détruire. Lui, le tyran. De l'intérieur, comme un poison. Et pour cela, observer, écouter, pour, quand le moment viendra, agir, enfin. Mais en attendant, j'étais là, ma robe de servante comme le plus efficace des boucliers. Pour les nobles nous ne sommes que des bêtes, des chiens dociles à leurs ordres, quels qu’ils soient.

    L'impératrice Cyselle de Lagrance, maintenant Cyselle d'Arven. Magnifique et majestueuse dans sa robe rouge, sa couronne mettant en valeur son port de tête altier, éclairé par une chevelure blonde savamment coiffée en une sculpture, œuvre des mains les plus habiles d'Arven. J'avais souvent eu l'occasion de côtoyer Cyselle au siège de la guilde des rebelles et je savais que nulle autre n'aurait pu être meilleure reine. Lisbeth était trop vive, tandis que la dame de Lagrance était la reine de la dissimulation. De plus, elle connaissait parfaitement les rouages de la vie politique d'Arven, c'est elle qui m'avait tout appris. Et puis, les fidèles d'Augustus avaient confiance totale en la noble Cyselle de Lagrance. Leur mobilisation en ce jour en était la preuve, ils étaient tous là, rebelles ou fidèles. Castiel de Sombreflamme. Le duc cruel et mesquin que j'avais eu l'occasion de servir. Un homme sombre, prétentieux et qui, pour ne rien arranger, me haïssait. Et c'est réciproque. Lisbeth d'Outrevent, la rebelle sœur de Liam d'Outrevent, présent également. Un homme que j'admire beaucoup, chef de la guilde des rebelles, qui m'a offert une raison de vivre après le décès d'Aerandir. Dolph Saldenow, Anthim d’Erebor, Ermengarde Viremont, Gaëtane de Salvemont, Louis de Brunante, tous sont là pour prêter serment à l'impératrice. Ducs ou duchesses, représentant des duchés ou simples nobles, fidèles ou rebelles.

    Tous s’avancent un à un vers la plus belle des roses, lui jurant allégeance en lui récitant la devise de leurs duchés, s'inclinant avec respect. Elle n'est pas seulement la plus belle des roses, elle est aussi la plus dangereuse, car, de par ses délicates pétales, elle avait su charmer les têtes pensantes d'Arven. Courbettes, douceur non dissimulée, elle avait su s'imposer dans le cœur des plus hauts personnages d'Arven, sans jamais montrer ses épines. Peu étaient ceux qui connaissaient ses véritables intentions. A mon entrée à la guilde de rebelles, alors qu'avec Liam j'avais appris les armes et la défense, elle m'avait enseigné l'art de la dissimulation, propre aux espions qu'elle dirigeait. Je devais entrer au palais et pour cela, je devais tout connaître de cette ville dans la ville. Cyselle avait fait de moi une servante exemplaire, que personne ne soupçonnerait. Elle avait fait de moi une ombre, silencieuse et attentive, maîtrisant jusqu'au bout des doigts les rouages de la vie au palais. Et aujourd'hui, c'était cette femme, intelligente et discrète, étincelante rose aux épines dissimulées qui siégeait aux côtés du tyran. Longue vie à la reine.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Dim 9 Sep - 11:16

Un mois entier s'était écoulé depuis les prétendantes s'étaient avancées vers Lord Augustus. Et enfin, une nouvelle Reine avait été choisie par l'Empereur, une des plus belles roses qui s'étaient présentées. Cyselle de Lagrance, que maintenant tous devraient appeler Cyselle d'Arven, était à cet instant la plus belle femme de toute l'assemblée. Le rouge éclatant de sa robe réhaussait la beauté de son visage, digne du rôle d'impératrice qui lui incombait désormais, symbolisé par la tiare posée sur sa chevelure blonde. Tous s'étaient pressés pour venir voir le couronnement, pour pouvoir contempler la nouvelle épouse de Lord Augustus. Courisans, nobles et même rebelles, beacoup étaient réunis dans la salle du trône, pour entendre les serments des Ducs et Duchesses, l'Empereur avait autorisé les rebelles à venir et repartir sans être inquiétés. Une idée de la toute nouvelle Dame d'Arven sans aucun doute.

Devant la dame défilèrent les Ducs et Duchesses, ils venaient faire ce qu'on attendait d'eux, ils venaient prêter allégeance à Cyselle d'Arvene. Leurs serments étaient des héritages de leurs ancêtres, les mêmes mots depuis des décennies. D'abord, ce fut le tour d'Ansemer, puis d'Erebord et Bellifère. Et, voilà Gaëtane de Salvemont qui s'agenouillait à présent pour son serment, prononcé avec un tel automatisme qu'il aurait presque pu sembler faux. Mais il était prononcé et elle devrait à présent le respecter. Castiel de Sombreflamme s'avança à son tour, il était un homme étrange et les mots de son duché résonnèrent dans la salle comme ceux de tous les autres. Hugues s'attarda un instant sur Castiel, dernier souvenir d'une ancienne vie, ses habits étaient bien peu habituels, d'ordinaire sombres, mais ils étaient très élégants. Le Héraut s'était apprêté à troubler la fête, mais voir Castiel l'avait empêché de le faire à ce moment-là.

Mais, une fois que le serment de Castiel fut prononcé, il fallait absolument qu'il interrompe cette cérémonie. L'une des anciennes prétendantes s'était avancé devant la Reine, Lisbeth d'Outrevent commençait à parler, à prononcer le serment solenel, mais elle ne pourrait pas le finir. Le Héraut se racla la gorge au milieu du serment, troublant un silence qui jusque là n'avait été brisé par aucune autre voix que celles des Ducs et Duchesses. Tous les regards se tournèrent vers lui, vers le Héraut qui avait, semblait-il, quelque chose à dire de bien plus important que les serments d'allégeance. Aucun ne comprenait, ils le regardaient tous avec une certaine stupeur, une animosité pour certains autres, mais qu'importait, il y avait plus important que l'avis de la cour à l'heure actuelle.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Dim 9 Sep - 15:09

Cyselle d'Arven. Un nouveau nom. Un nouveau titre. Un nouvel avenir. La guerre des roses avait déchiré Arven en cette bataille clinquante d'égos débridés et de charmes dévoilés, et il semblait que j'en était sortie victorieuse. Enfin, la couronne d'Arven était mienne, et avec elle l'Empereur et sa confiance, une opportunité exceptionnelle pour moi de me tenir au plus près du pouvoir et même d'y participer. Qu'importe tous les dangers, je savais que j'avais fait le bon choix en portant ma candidature à la main d'Augustus. Je ne me pouvais de refuser une telle chance de servir les rebelles. Le prix à payer était lourd, je le savais, mais ça n'avait pas d'importance. Je ne supportais plus de voir le peuple souffrir, tenu en laisse, enchainé par la peur et la fureur d'Augustus l'Usupateur. J'avais la chance de pouvoir changer les choses, sauver ce peuple brimé. Et même s'il me fallait abdiquer ma fierté pour aider les démunis. M'offrir corps et âme pour la liberté. Qu'importe les risques que j'encourrais, seul importait ce combat. Utopie qui guidait mes pas depuis déjà des années. C'était une toute nouvelle guerre pour la liberté, un nouveau combat à mener pour moi. Non, je n'étais plus Cyselle de Lagrance, duchesse héritière du Duché des Jardins. Espionne arborant son masque de simple courtisane, récoltant les informations sur les petits nobles ici et là. Désormais je suis Cyselle d'Arven, Impératrice de l'union des Huit Duchés, souveraine de l'Empire d'Arven. Aujourd'hui, je prenais la responsabilité d'aider le peuple de mes mains, je voulais leur apporter l'espoir qu'ils n'avaient plus, arborant la fière couronne en un masque des plus clinquants. Ce n'était plus les petits nobles que je prenais dans mon piège de charme et de flatteries. Mais nul autre qu'Augustus lui même. Désormais j'étais plus que jamais fidèle à l'Arven libre, Reine de lumière, Guerrière aux armes de l'esprit de l'ombre. Deux visages pour un même but. Un nouvel Espoir.

Assise sur le superbe trône aux cotés d'Augustus, j'écoutais avec attention les discours portés en mon honneur par les fiers représentants des grands duchés composant notre empire. Tout d'abord le pompeux Dolph Saldenow, porte étendard du duché de l'Océan , puis vint celui du mystérieux Anthim d'Erebor noble héritier du duché du Sable et du Roc, espion de surcroit, vient ensuite la glorieuse duchesse Ermengarde Viremont de Bellifère, Dame du duché de la Guerre. Superbe et majestueuse malgré son âge avancé. Ce fut le tour de la Dame du duché du Commerce, la douce Gaëtane de Salvemont de prononcer un discours d'automate, héritière bien fragile mais qu'au fond je sens soulagée de ne plus occuper la place qu'elle occupais jadis dans la couche d'Augustus. Un bref instant, je lui accordais un sourire rassurant, à peine perceptible. Mon regard se promenait parmi les convives, les nobles qui observaient le moindre de mes gestes de leurs regards carnassiers. Lisbeth s'avance ensuite. Un instant je l'observais, me mordant légèrement les lèvres tant la voir ainsi me fait mal. Lisbeth, ma Lisbeth qui, petite, courrait sans cesse autour de Liam et moi en piaillant. La fière Lisbeth, noble rebelle dont le sang bouillonne de la même force que celle de son duché. Le duché de l'Honneur. Non, ce n'est pas cette Lisbeth qui se présente devant moi. C'est elle oui, mais sans plus l'être. Un oiseau de paradis blessé dont la beauté du plumage parvint à dissimuler les blessures aux yeux des moins avisés. L'image de Liam s'impose à mon esprit. Etait-il venu ? A-il reçu ma lettre ? Je l’espérais. Oui que oui, je l’espérais, seul lui pouvait la sauver. La voix de l'héritière d'Outrevent s'élèva soudain, me tirant de mes pensées. Lentement, elle commença son discours, entremêlement de mots dans lesquels résonnent la fierté de ces terres qui arbore l'honneur en étendard. Le discours de fidélité d'Outrevent à Arven ... soudain interrompu par un raclement de gorge. Aussitôt, toutes les têtes se tournaient vers celui qui a osé interrompre le discours de la Dame d'Outrevent. Curiosité se lisant sur les visages avides des courtisans réunis en ce jour.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Mar 11 Sep - 15:46


L'avènement d'une rose


Topic Général 2 - Banquet du Couronnement


TOUR 2
les pions de la Fatalité


Les serments se déroulent selon l'antique cérémonial dont l'origine remonte à la fondation de l'empire, il y a déjà huit siècles de cela. L'un après l'autre, les représentants des Huit-Duchés se succèdent pour prêter allégeance à leur nouvelle reine. Plus que deux duchés à laisser défiler : Outrevent représenté par sa dauphine, et Nightingale par le frère de l'ancien duc, Hjalmar. Au beau milieu du discours de Lisbeth, néanmoins, les trompettes dorées de la porte résonnent, et Hugues Hurlenfer s'avance pour introduire de nouveaux arrivants inopinés. Gêné de perturber ainsi le cérémonial, il s'éclaircit néanmoins la voix, et annonce les intrus.

« Honneur et gloire à Leurs Grâces, le seigneur Lionel d'Outrevent, et son épouse dame Arabella d'Outrevent, duc et duchesse d'Outrevent, accompagné du révéré frère de la duchesse, le seigneur Armand de Val d'Argent, comte des Marches d'Argent. »

Les réactions ne tardent pas dans l'assistance alors que Lionel d'Outrevent entre à grands pas énergiques, sa nouvelle épouse au bras – beaucoup remarquent l'extrême jeunesse de ladite dame, et certains condamnent en leur for intérieur l'arrogance avec laquelle elle dévisage Lisbeth – à leur suite, celui qui fut présenté comme son frère s'incline devant l'Empereur, conscient, sûrement, d'usurper devant Liam d'Outrevent le titre héréditaire des héritiers du duché.

De quelques paroles enthousiastes, Lionel présente le serment d'allégeance à la place de sa fille qu'il n'a saluée que vaguement, sa récente épousée narguant la foule à ses côtés.


Comment réagissez-vous à ce scandale ? Votre sympathie va-t-elle au duc ou à ses enfants ? Développez vos réactions. Le discours de Hjalmar n'a pas encore eu lieu – ne l'évoquez donc pas pour le moment. Vous avez jusqu'à vendredi soir et autant de messages que vous le désirez ! Reportez-vous aux PV d'Arabella et d'Armand chez les Courtisans pour plus d'informations.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Mar 11 Sep - 17:11

Je suis duchesse héritière d'Outrevent. A ce titre j'ai été formée dès l'enfance au délicat exercice de la gestion d'un duché, aux principes de la guerre, au respect des convenances et des rituels régissant notre empire. A l'inverse de bien des femmes, tout a été fait, depuis toujours pour que je sois l'égale de mon frère, par le savoir et les capacités, toute désignée à lui succéder si malheur advenait. L'adolescence a apporté avec son lot de mensonges. Le subtil apprentissage du mensonge et de la tromperie afin que jamais mes opinions ne soient découvertes. J'évoluais au milieu de cette cour comme en terrain conquis, usant de cette illusoire fragilité dont je me drape comme d'une cape pour dissimuler la force que je sais être mienne. Bien sur, il y a les doutes et les faiblesses, les craintes et les peurs du lendemains. Mais rien que je ne puisse dépasser. Je me croyais à l'abri dans ce milieu que je connais si bien, bien trop à mon goût. Et pourtant. j'ai préjugé de mes forces. Rien ne me préparait à la difficulté du mois d'isolement que je viens de vivre.

Mais tout cela n'est rien. Il s'agissait de nous éprouver et j'ai résisté. Je suis allée jusqu'au bout en dépit de tout, de la fatigue, de l'horreur, de la peur... Je suis arrivée jusqu'à ce jour de fête pour Arven où Reine a été choisie pour protéger le peuple. Je suis certes à bout de forces mais mon port de tête n'est pas moins altier qu'à l'ordinaire - pour qui n'est pas de mes proches. J'ai tenu bon en dépit de tout - en dépit de moi-même. En cet instant où les lourds battants de la salle de cérémonie s'ouvrent, marquant l'interruption définitive de mon serment d'allégeance ancestral, il n'est guère de choses que je puisse encore redouter. Et pourtant...
Notre empire a beau avoir été corrompu il n'en a pas moins gardé nombre de règles. Et l'une d'elle veut que rien ne soit plus important que l'arrivée - publique - de l'un des huit ducs et duchesses d'Arven.

Savez-vous ce que c'est que de voir les termes d'honneur de vos ancêtres bafoués ? Avez-vous déjà connu cette stupeur sans limites qui vous étreint à la vue d'un père que vous aimez tendrement, au bras d'une blonde créature dont les gestes sont aussi lascifs qu'agressifs, et qui passe devant vous sans presque vous accorder un regard, sans même vous avoir prévenu de son union ? Pouvez-vous seulement imaginer la douleur qui vous transperce quand le domaine héréditaire de votre frère est bradé à un inconnu ? Moi-même, je n'en serais guère capable.

Incompréhension, colère, abattement sont venus tour à tour se substituer en moi, s'affrontant l'espace de ces quelques minutes qui suivirent l'annonce du Héraut, pour ne laisser qu'un vide sans fond. Un gouffre en mon être même.
J'étais blême. Je suis livide.
D'un pas je me recule, laissant préséance au duc en titre d'Outrevent. Un duc que je ne saurais plus appeler "Mon père" alors qu'il souille la mémoire de ma défunte mère et de tous ceux qui nous ont précédé. Un duc que je ne reconnais plus même comme mon suzerain en ce jour. Ô et à nouveau l'impérieuse envie de m'enfuir d'ici au grand galop. Mais quel refuge me reste-t-il si mêmes les fiers terres de mes aïeuls se voient avilies en ce jour ?

D'un second pas en arrière, je romps le rang des représentants des Huit Duchés parmi lesquels je n'ai plus rien à faire. Ô ces larmes qui me montent aux paupières. Ce torrent, expression de ma douleur, que j'ai tant de mal à contenir. Mais il ne sera pas dit que mes pleurs seront publics. Si je dois être la dernière digne représentante de ma lignée, je le serais. Et qu'importe le trou béant en ma poitrine.

Un troisième pas enfin et je ne suis plus en ces lieux. Non loin, dissimulée derrière la tenture d'apparat qui décore le trône pour cette occasion, à l'abri des regards, des rires et de la curiosité. Non, ma fuite n'aura pas été remarquée. Tous sont bien trop occupés à admirer la prestance d'un duc depuis bien longtemps absent des mondanités de la capitale et les courbes de sa nouvelle épouse.

Une larme coule, dévalant le long de ma joue. Unique, solitaire. Et destinée à le demeurer pour le moment.
Je ne veux pas savoir qui est cette femme. Ni comment il l'a connu. Moins encore les raisons qui l'ont poussé à l'épouser. En revanche, mon coeur crie à la trahison pour cette union dont il ne m'a pas informée. Mes sentiments hurlent à l'abandon pour ce retour à la cour alors qu'il n'a pas même daigné se déplacer pour annoncer mes fiançailles, me laissant à la merci de l'amusement public. Mon âme s'indigne de la transgression ainsi faite à notre honneur millénaire, tant les manières forcées de cette femme viennent trahir son peu de naissance. Sans un geste, sans un bruit, je laisse couler cette perle isolée jusqu'à ce qu'elle vienne mourir à la naissance de mon cou. Pour finalement me redresser.

Qu'ils rient donc, nobles et bourgeois de cette arrivée surprenante. Qu'ils rient donc de la jeunesse de cette nouvelle duchesse. Qu'ils rient donc puisque c'est là la seule joie qu'il leur reste en ce monde. Tout sera sujet à la critique de leur oeil avide. Sauf moi. Je demeurerais fière et digne, ainsi que le furent les ducs d'Outrevent depuis des siècles. Certes mon teint est sans doute un peu trop pâle, venant s'assortir à la blancheur de ma robe. Certes la ligne de mon menton est plus raide qu'à l'ordinaire, plus crispée. Certes les traits de mon visage reflètent une impassibilité forcée, presque effrayante à force d'immobilité. Et certes l'ampleur de ce vide qui m'a envahie toute entière m'occasionne quelques frissons que je ne parviens à contrôler. Mais par ma vie, par l'honneur des miens - aujourd'hui entaché, et par la grandeur d'Eimarn la toute puissante, il ne sera pas dit qu'une d'Outrevent ne peut encaisser un choc, aussi brutal fut-il.

Ce soir, je prendrais le galop vers une destination lointaine, quelle qu'elle fut - pourvu que je m'éloigne de cette capitale maudite.
Ce soir les cieux retentiront du cri de ma souffrance inexprimée.
Ce soir mes larmes de honte couleront à leur guise.

Ce soir. Pas maintenant.


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Et par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie. Je suis née pour te connaître, pour te nommer. Liberté.


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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Mar 11 Sep - 21:23

[HS : Liam, je t'ai fait agir dans mon RP, mais j'étais coincée dans le mien sinon xD Tu me dis si je modifie un truc.]

Je suis l'actrice de choix d'une mascarade si humiliante que j'en égorgerais bien Augustus sur le champ – si on ne m'avait retiré à l'issue d'une fouille minutieuse tout instrument potentiellement dangereux pour la vie des autres invités. Ainsi, même mes épingles à cheveux m'ont été confisquées – c'est donc les cheveux dénoués que j'assiste au sacre de Cyselle de Lagrance comme souveraine d'Arven. Ma robe ce soir, je l'ai choisie écarlate – d'un rouge profond, couleur de sang, qui rappelle à toutes et à tous ici la nature profonde de la femme que je suis. Suprême provocation – sur ma tête, mon voile carmin est retenu par les huit chevrons de ma couronne ducale qui étincelle à la lueur des torches, et le sceau ancestral des ducs de Nightingale orne mon doigt de ses armoiries. Sur mon épaule droite, le rossignol d'argent de mon duché retient ma cape de brocart bordeaux, froufroutant doucement sur la courte traîne de ma robe de velours. Les longues manches fendues cascadent jusqu'au sol en laissant mes bras nus lorsque je les croise devant moi, exhibant les rubis scintillants de ma famille. Oui, ce soir, nul ne saurait douter de mon statut – Augustus lui-même m'a saluée, gravement, à mon entrée. Je ne sais trop quoi en penser. Notre lignée pourtant est censée être déchue – que penser, oui, de ma présence en ces lieux, acceptée et tolérée en dépit de mes méfaits ? Je n'aime pas ce jeu de politique, et savoir que mon oncle fratricide prononcera serment en mon nom me répugne et me révulse. Je n'ai pour Hjalmar aucune pitié – lorsque Sigvald était en vie, nous avions formé le projet de le rencontrer, mais désormais nulle affection ne vient plus tempérer l'ampleur de ma détestation.

Et ils défilent – l'un derrière l'autre, obéissants, ils plient tous le genou devant Cyselle et son roi. Un profond malaise m'envahit. Je n'aime pas cette mascarade. La moitié d'entre eux ne pense pas le premier mot de ce qu'il prononce, et cela ne devrait être toléré. Comment se parjurer ainsi, et violer le plus sacré des serments qui ait jamais existé ? Je n'ai jamais eu à engager mon duché à quiconque d'autre que moi-même, et je m'en réjouis – l'honneur de Nightingale est sauf, et une part de moi, là où la Rage du Sang s'est lovée et gronde en montrant les dents, envisage de tuer Hjalmar à mains nues avant qu'il ne déshonore mon nom et celui de toute ma maison. Le serment d'Ansemer me laisse de marbre – traditionnellement matriarcal, il est actuellement aux mains de la duchesse Océane qui ne sait rien faire d'autre que vendre son allégeance au plus offrant. Celui d'Erebor me dérange pour le parjure qui se cache derrière les mots ampoulés – c'est moi qui aide la duchesse douairière de Bellifère à se relever, alors que je dirige la Confrérie qui a assassiné son enfant. Je la raccompagne à la porte, alors qu'elle s'appuie de tout son poids sur moi – si frêle, et pourtant si forte, dame Ermengarde, dans les tréfonds de son désespoir. Alors qu'elle me lâche pour s'accrocher au bras de son majordome, elle se tourne vers moi – dans ses yeux, je lis une ardente prière que je ne comprends pas, et un pardon silencieux qui me fait vaciller dans les tréfonds de mon être. Cette femme – cette femme a une plus grande force morale que nombre d'hommes, et je me fais le serment d'aller à sa rencontre dès que je le pourrai.

Je n'ai raté que le serment de Gaëtane de Salvemont qui m'indiffère – suis-je la seule à remarquer la nuance de soulagement dans son maintien, ainsi que le désespoir qui hante ses yeux ? Deux sentiments bien contradictoires, mais sans doute sont-ils en rapport avec la présence de la jeune Gabrielle sa cadette dans les geôles impériales. Le suivant à se présenter, c'est Castiel de Sombreflamme – à sa vue, mes entrailles s'embrasent, et un rictus sauvage se fait jour, quelques secondes, sur mes traits. Je le tuerai. Un jour. Je le sais. La Rage de Sang m'envahit peu à peu et je me prends à scruter l'artère qui pulse dans son cou alors qu'il charme la Reine de ses sourires, de sa prestance, me demandant en quel endroit je l'entaillerais pour savourer au mieux la fontaine de sang que je lui tirerai, soufflant sa vie en compensation pour celle que j'ai perdue. Je pose furtivement une main sur mon abdomen encore plat : mon enfant, je t'en fais le serment, ton père n'aura pas péri vainement. Il m'intrigue, ce duc inconséquent – tour à tour si sombre et dangereux, ou bien inoffensif et lumineux. Qui est-il, lui, perdu entre deux facettes de son être ? Cela n'excuse pas l'impardonnable, et il périra sous ma lame – néanmoins, je m'interroge sur la réalité de sa personne. Peut-être lui poserai-je la question avant de souffler sa misérable existence.

C'est la petite duchesse d'Outrevent qui s'avance alors – depuis notre entrevue sur les balcons du palais, je lui prête une attention toute particulière. J'ai pour elle bien plus d'admiration et de respect que j'en ai pour son frère qui couve toute l'assemblée d'un œil noir, non loin de moi – sa présence ici ce soir est toute aussi lourde de signification que la mienne, et je sens sur nous les regards curieux des invités, comme si d'une seconde à l'autre nous allions nous muer en bêtes déchaînées et massacrer la moitié de l'assistance. Il doit hurler à la mort, dans les tréfonds de sa personne, se révolter contre le message que sa simple présence envoie : il ne cautionne sûrement pas ce couronnement, tout autant que j'en conteste la légitimité, et pourtant il est là. Pour elle, vraisemblablement – elles, d'ailleurs, car s'il s'inquiète pour Lisbeth, je crois me souvenir qu'il fut jadis promis à la blonde épousée du tyran. A croire que ses erreurs passées lui ont tout coûté. Un instant, nos regards se croisent – je lis un univers de mépris dans le sien lorsqu'il le pose sur moi, mais je ne suis pas d'humeur à l'affronter ce soir – pas en public, pas ainsi, alors je détourne simplement le mien pour le fixer sur la pâleur inquiétante de sa sœur.

L'annonce du héraut va la tuer. Alors que tous regardent les arrivants – mes oreilles enregistrent distraitement l'usurpation faite du domaine des dauphins d'Outrevent par le frère de la nouvelle duchesse – je reste attentive à Lisbeth. Je la vois pâlir encore plus – encore un peu, et elle deviendra transparente, j'en ai la conviction. Un mouvement à mes côtés – Liam, sûrement, et sans que je n'y réfléchisse ma main agrippe son poignet. Provoquer en duel un invité d'Augustus ne fera qu'exposer sa sœur à la vindicte du tyran à l'hospitalité bafouée, alors qu'il serait bien plus aisé de s'en remettre à la Confrérie pour une vengeance à la hauteur du sacrilège commis non seulement à lui-même mais à l'ensemble des ducs et duchesses de l'empire à qui l'on impose une moins-que-rien, ainsi que je le lui assène d'un murmure sec, avant de lui désigner du menton sa sœur, cachée derrière les tentures du trône, qui semble bien près de s'évanouir en dépit de la légendaire force de caractère des Outrevent.

« Cela appelle réponse, quand bien même vous n'y consentiriez pas, car jamais une telle femme ne devrait être admise à partager notre noblesse, mais d'ici-là tâchez de contenir votre caractère impossible et occupez-vous donc de votre soeur avant qu'elle ne s'effondre et attire sur elle une attention dont vous vous passeriez bien l'un et l'autre. »

Personne n'a pu intercepter nos murmures rapides, nuancés par la vigueur de notre animosité mutuelle, mais la sainte colère dont je suis emplie, décuplée par la Rage du Sang, me pousse à interrompre la présentation de la nouvelle duchesse au couple impérial, tant son arrogance et sa hauteur m'insupportent. Sur ses cheveux, c'est la couronne ducale des duchesses d'Outrevent qui étincelle – la dernière à la porter était une femme d'une noblesse incontestable, et cet affront à l'ensemble des têtes couronnées d'Arven me révulse, profondément.

Il se passe alors quelque chose que je n'attendais pas.

Alors que le tyran fait signe à son conseiller, l'invitant à s'avancer pour lier Nightingale aux Huit-Duchés pour la première fois depuis deux cents années, augmentant encore ma fureur, je vois mon oncle s'incliner, puis hésiter. Un instant, le temps semble se suspendre – puis, alors qu'il m'a évitée depuis un mois sans même me regarder, je le vois venir vers moi, et me tendre la main. « Ma nièce, vous êtes l'âme de Nightingale, avec ou sans titre. Ce n'est pas à moi qu'il appartient de parler pour vos sujets. » Il a réussi à me surprendre. J'ai totalement oublié Liam et ses envies de meurtre – je n'ai plus à l'esprit que ma couronne et l'honneur de mon nom. Redressant hardiment le front, je me laisse mener au-devant du trône par mon oncle qui pourtant a fait de moi une orpheline, constatant avec satisfaction qu'un nuage d'orage semble apparaître derrière les yeux du tyran. Mon sourire est ouvertement moqueur alors que j'incline ma tête d'un demi-doigt dans sa direction, ignorant totalement sa personne et rendant hommage au sang d'Eimaren sur les marches de son trône, puis je me tourne vers Cyselle qui m'a suivie d'un regard indéchiffrable.

« Votre Grâce – je ne saurais vous donner titre d'Altesse, puisque l'homme qui vous a couronnée ce soir n'a sur ce trône aucun droit. Vous restez à mes yeux la dauphine de Lagrance, et c'est en tant que telle que je vous salue. N'y voyez nul dénigrement de votre personne – mais il ne peut y avoir qu'une seule Reine, et c'est à elle que la Confrérie Noire est fidèle. En ce qui concerne le duché de Nightingale... »

Si mes premières phrases ont été prononcées à mi-voix, la suite de mes mots c'est à pleins poumons que je la déclame, tournant le dos aux souverains fantoches de cette glorieuse mascarade, m'adressant au petit peuple tout là-bas, loin à l'entrée de la salle.

« Ma Reine se nommait Chimène, et c'est dans cette même salle qu'elle fut frappée à mort. C'est à sa mémoire que j'engage aujourd'hui la foi de mon duché, et l'honneur de mon nom, non pas envers un roi et une reine illégitimes, mais bien au peuple qui se laisse étouffer. En mémoire d'Eimaren, peuple d'Arven, écoute-moi prêter serment devant toi. Notre magie, et les merveilles de notre sang, pour toi Ô Reine, notre souveraine et notre alliée. Puisses-tu longtemps régner, et ne jamais douter de la foi du Rossignol d'Argent, car Nightingale jamais ne rompra son serment. »

Ma révérence s'adresse à ces gens qui me font face – à ces hommes, ces femmes, fidèles ou rebelles, loyaux ou parjures – à ces gens pour lesquels je tente de construire un meilleur lendemain, à ces gens auxquels je ne mens pas. Ce soir, je sais que je n'ai pas à rougir de moi. Une main vient saisir celle que Hjalmar a lâchée en me conduisant aux marches du trône – Augustus lui-même a quitté son trône pour venir me reconduire, non pas dans le groupe des invités de marque, mais bien aux côtés des portes-paroles des duchés, et je lis dans ses yeux un sincère respect alors qu'il baise le bout de mes doigts avant de retourner à son Impératrice.

Je garde par-devers moi les mots qu'il m'a murmurés en aparté.

« Vous êtes peut-être mon ennemie, Madame, mais vous l'êtes sans détour, au contraire de ceux qui renient leur honneur et bafouent ce soir la valeur de leur serment. Votre honnêteté vous rend bien plus bienvenue ici que certains d'entre eux, aussi je vous en remercie, et vous renouvelle ma parole : vous serez sauve ici, jusqu'à l'aube de demain. Puissiez-vous ne jamais regretter d'avoir appelé sur vous le destin qui vous attend après avoir choisi un aussi sanglant chemin. »

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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Ven 14 Sep - 1:29

    La personne qui entre dans la pièce, précédée à peine d'une annonce faite par Hurlenfer, te surprend. Surprend d'ailleurs toute la salle. Ta bouche s'entrouvre d'incompréhension en voyant Lionel d'Outrevent avancer d'un pas énergique, au bras d'une blonde qui ne doit pas avoir l'âge de ton frère et également accompagné d'un autre jeune homme. Et ces mots... Scandale. Tu sens la main de ton frère se serrer sur ton épaule et si son caractère est plus calme que le tien, tu sens toutefois là la fougue et la vigueur d'Outrevent bouillir en lui. Bouillir en vous. Qui est cette blonde inconnue qui se prétend être la duchesse d'Outrevent ? Cette femme, que dis-tu, cette fille, qui n'a rien de la grâce, de la prestance, de la défunte femme de Lionel ? Et qui est cet imposteur qui a pris le titre de Liam ? Tu es tendu comme un arc et il ne faut qu'un geste de ton frère pour qu'il interrompe le tien, soit ta main qui se porte à ta ceinture pour y prendre ton sabre. Tu tournes le visage vers Laurent. « Laisse-moi, Laurent. Ne sois pas idiot. Provoquer en duel le duc d'Outrevent ici serait une erreur. Laisse-moi alors couper la tête de l'imbécile qui l'accompagne, ou alors de cette donzelle. Louis, ce n'est pas le moment. Pense à Lisbeth. » C'est ce commentaire qui te fait ranger ton sabre, que tu as sorti de quelques centimètres de son fourreau. Lisbeth et Liam. Ainsi provoquer leur père et sa compagne en duel à ce moment leur porterait une honte immense et plus que tout, tu ne souhaites pas être celui qui entacherait un peu plus l'honneur d'Outrevent. Son duc le fait très bien de lui-même, après tout.

    Tu tournes la tête vers ta fiancée. Ton rang ne te permet pas d'être à ses côtés, mais tu vois si bien la larme couler sur sa joue. Tu frémis d'une rage palpable et l'envie de sortir pour de bon ta lame te chicote. Tu croises brièvement le regard de Val d'Argent, de l'imposteur en vérité, et celui-ci le détourne bien vite. Sans doute a-t-il pu lire dans tes traits crispés, rageurs, qu'un geste brusque et tu serais dans les premiers à bondir. L'envie d'aller rejoindre Lisbeth se joint à tes sentiments, plus insidieuse, plus confuse, et tu glisses pour ton frère : « Je lui parlerai après le banquet. » Il acquiesce doucement de la tête et retires sa main de ton sabre, reprenant sa posture digne. Et pourtant, tu vois Lisbeth devenir pâle, si pâle. Tu te fraies un chemin dans la foule et tu vas la rejoindre sans un mot, te plaçant derrière elle et imposant ton regard orageux à ceux qui te dévisagent. Une fois n'est pas coutume et si tu dois profiter de ton statut de fiancé de Lisbeth pour une fois, ce sera bien celle-ci. Un regard pour Liam, bref, tu relèves le menton, tu reportes ton attention sur ce qui se passe. C'est à Svanhilde Nightingale de parler et c'est en silence que tu l'écoutes, respectueux de chacun de ses mots. C'est une duchesse et bien que tu ne sois point toujours d'accord avec les actes de la Confrérie, bien que tu aies failli mourir de leur main, tu ne peux qu'admirer qu'ils ont pris les armes et osé tenter ce qui devait être fait depuis si longtemps.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Ven 14 Sep - 2:05

    Tu te recules suite à ton serment et c'est au tour de Lisbeth d'Outrevent de s'avancer pour prêter allégeance à la nouvelle Reine. Frêle Lisbeth, pâle Lisbeth, à laquelle tu adresses un sourire bien énigmatique. Peut-être parce que tu as aperçu son marin dans la foule des nobles présents, son fiancé aux manières peu léchées et au visage boudeur d'enfant mal grandi. Parfois, tu te demandes si tu n'aurais pas mieux fait de lui demander sa main avant qu'elle ne soit promise à un homme qui ne sait pas voir un trésor quand il en a un sous le nez. La duchesse héritière commence son serment d'allégeance et le raclement de gorge du héraut de l'Empereur. Toi-même tu réagis et tu fixes tes yeux noirs sur la silhouette de Hurlenfer. Comment donc ose-t-il briser ce serment ? Si cela était arrivé pendant le tien, si quelque avait osé couper le serment de Sombreciel, nul doute que cette personne aurait finie empalée sur une épée sur le champ. N'y avait-il donc plus aucune tenue ? Ce n'est pas de la curiosité qui se lit sur ton visage, mais bien cette offense courroucée, inexcusable. Tu espères que ce héraut a quelque chose de réellement utile à vous communiquer. Sinon, tu seras bien le premier à proposer à Augustus de décapiter cet impertinent.

    Cela dit, les mots de Hurlenfer font naître en toi d'abord une surprise, puis un rire qui te submerge comme une vague. Tu es ainsi : sans demi-mesures. Les portes de la salle d'audience s'ouvrent et tous les regards se tournent vers Lionel d'Outrevent, nimbé d'une aura de jeunesse comme il n'en a pas eue depuis longtemps. Et à son bras, une blonde créature que tu englobes et dévores d'un seul regard. Tu n'en remarques même pas l'homme au regard fouineur près d'eux, tu ne vois que cette beauté au regard lascif, envoûtant, qui fait vibrer une corde bien connue en toi. Celle du désir. Tu veux cette femme. Ce qu'elle dégage est puissant, si puissant qu'un ronronnement naît dans ton torse, une chaleur de convoitise. Tu applaudis chaudement cette arrivée et laisses ton sourire étirer tes lèvres. L'arrivée triomphante d'un duc presque oublié, accompagné de sa nouvelle épouse. Théâtral, splendide, dramatique, trahique, délicieux. Tu goûtes la rage qui parcourt la foule des Outreventois, tu dégustes la larme qui descend le long du visage si pâle de Lisbeth, tu te délectes de tout ce qui frémit dans cette salle comme un animal le ferait d'une bonne proie. Tu te nourris du malheur des autres, des sentiments exacerbés, et cette apparition est puissante. Le vieil homme et sa compagne rejoignent rapidement les rangs des ducs et duchesses et tu te penches pour échanger un regard avec la jeune duchesse. Un regard trop fort, expressif, qui fait vibrer de plus belle la corde au fond de ton corps. Pour peu, tu en oublierais presque que le prochain serment est celui de Nightingale et que la personne qui s'avance n'est non pas Hjalmar, mais bel et bien Svanhilde. C'est pourtant cette même corde de désir douloureux qui te fait reporter ton attention sur la duchesse de Nightingale.

    Comme elle rayonne. Comme elle illumine. Comme elle dégage. Elle vibre si fort, si intensément, et chacun de ses mots ne fait qu'étirer ton sourire. Comme elle est à l'image de son duché renié, tout en noirs et en blancs, jamais en gris. Comme elle est délicieuse et parfaite, cette Mort dont le visage angélique ne cache aucunement les intentions. Tu esquisses une révérence en la direction de Svanhilde lorsque son serment est fait face à la foule, l'ironie étirant tes lèvres, et tu accueilles sa venue à tes côtés avec une expression étrange. Difficile de décrire ce qui te tord les entrailles. Le désir, encore, la peur bien tapie, abritée au creux de ton ventre, l'excitation, le jeu, la nervosité, la chaleur qui te brûle, exhale de toi, émane de toi. « Quel plaisir que vous soyez à mes côtés, Madame. » Ô murmure doux, ironique.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Ven 14 Sep - 10:20


« Son épouse dame Arabella d'Outrevent, duc et duchesse d'Outrevent, accompagné du révéré frère de la duchesse, le seigneur Armand de Val d'Argent, comte des Marches d'Argent. »
L'affront est de taille. Un instant, je ne comprend pas. Je n'ose le croire. Ma main, inconsciemment, s'est posée sur le manche de Tarïl, cette arme parfaite et sublime que j'ai reçu des mains même de ce père qui vient de me trahir de la manière la plus horrible. Je suis en rage, dans une sorte de transe inconsciente. Mon cœur crie trahison et vengeance alors que mes jambes se mettent en branle. Puis-je laisser passer tel affront ?

Oui... Je le peux. Je le dois. Une main se pose sur mon poignet, me faisant redescendre sur terre. Svanhidle Nightingale. Je lui jette un regard bien plus noir que celui que nous avons plus tôt échangé. Elle me fait un cours sermon sur mes méthodes de réponse et je n'ai envie de lui répondre que de s'occuper de ses affaires. Mais je sais qu'elle a raison, alors je me tais. Je sais qu'il me faut aller vers Lisbeth, que c'est à présent essentiel, que nous devons nous serrer les coudes en cet instant si dur.

Je ne détache pas immédiatement mon regard de celui de la mortelle duchesse. En cet instant, je suis plus que troublé. Des sentiments d'une puissance insoupçonnée courent dans mon âme. Cette haine, cette traîtrise, cette rage, trouvent instantanément échos dans la profondeur de ce regard qu'elle soutient. De ce contact de sa main sur mon poignet semble me venir une chaleur bouillonnante autant qu'un froid glacial. Compassion, plaisir de me voir confronté à cette situation, rage commune envers les mêmes ennemis ? Je ne sais tout les sentiments qui semblent en cet instant tourbillonner autour de nous comme un flux invisible capable de déplacer des montagnes, mais en cet instant, je voudrais ardemment agréer à ses préceptes, et pardonner tout ses crimes. Peut-être a-t-elle raison, peut-être l'insidieuse tromperie de la cour et des espions comme la fureur armée des Rebelles ne sont-elles pas suffisantes contre le fléau qui sévit aujourd'hui sur Arven. Peut-être les assassinat vengeurs de la Confrérie Noire sont-ils la seule solution qui nous fera demain sortir du néant.

Un léger signe de tête sera l'unique figure de mon accord à ses paroles et du remerciement que je crains de lui devoir. Je détourne mon regard et le pose sur ma sœur alors qu'elle lâche mon bras. Il serait bien peu avisé de quiconque d'interrompre mon chemin alors que je m'approche d'un pas déterminé de ma sœur, mais cela ne vient manifestement à l'idée de personne. Pendant ces quelques pas, je remarque qu'un autre a décidé de la même destination. Louis de Brunante. Je lui fait un léger signe de la tête en croisant son regard. Il partage mon inquiétude, tout autant que mon incompréhension et ma rage concernant mon père, j'en suis certain.

Arrivé aux côté de ma sœur, je me saisi de sa main et lui souffle quelques mots, que j'aimerais croire moi-même :


« Il doit y avoir une explication. »
Louis arrive à nos côtés. Je continues.

« Nous sommes là, Lisbeth, tu n'es plus seule. »
Je sais que Louis n'est pas la personne qu'elle désire voir le plus au monde, et c'est même certainement pour elle une autre marque de cette trahison de notre père. Mais je voudrais qu'il n'en soit pas ainsi. Je crains à cet instant sa réaction à ce nouveau venu, mais plus encore, je crois que je crains son manque de réaction. Je sers plus fort sa main en signe de soutien.

Pendant ce temps, la duchesse de Nightingale monte aux devants de Cyselle. Ce n'était pas prévu, et c'est même particulièrement surprenant. J'entends alors parvenir jusqu'à nous ses mots si durs envers le tyran, et je pense que les miens n'en auraient pas été loin si la même occasion s'était présentée. Je ne peux cependant m'empêcher de remarquer qu'il lui est facile, à elle, de dire ce qu'elle a sur le cœur, quand d'autres sont obligés de se tenir droit, de violer des serments si sacrés, de souffrir le martyr et de devoir mentir à chaque instant pour pouvoir continuer de se battre, continuer d'avoir le pouvoir de faire changer les choses.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Ven 14 Sep - 11:14

La stupeur... Encore et toujours. Revenue parmi la foule des nobles, je ne peux détacher mon regard de cette femme... Que dis-je, de cette usurpatrice qui ose, par sa seule présence, souiller le souvenir d'une femme d'une grande bonté et d'une noblesse incomparable. Le souvenir d'une mère que je n'ai pas eu le bonheur de connaitre. Et elle... Qu'est-elle pour ainsi venir prétendre à Outrevent ? Qu'est-elle pour venir accrocher le bras de mon père comme une duchesse légitime ? Qu'importe le titre qui lui a été donné. Elle n'est rien et n'a nulle chance d'un jour voir cet état de fait évoluer.

Du coin de l'oeil, je repère des mouvements dans la foule. J'ignore s'il est possible de devenir plus blanche que je ne le suis déjà. Pourtant, alors que je vois mon frère s'avancer vers moi, je ne peux que sentir le sang se retirer encore de mon visage. Liam... En ces lieux... A-t-il perdu la raison ? Croit-il réellement à ce ridicule message de paix envoyé aux rebelles ? Cyselle n'est certainement pas pour rien dans cette initiative unique mais comment croire que le chef des rebelles en personne soit venu risquer vie et liberté en ce traquenard doré ? L'angoisse étreint mon coeur alors que je le vois s'avancer. Un esclandre public lui serait définitivement fatal. Mais non. Il ne s'agit pas de cela. C'est vers moi qu'il s'avance, digne et fier, tel l'héritier d'Outrevent qu'il n'a jamais cessé d'être à mes yeux. Il s'avance comme le frère tant aimé et dont j'ai tant besoin qu'il est demeuré en mon coeur. Mais il ns'avance au vu et su de la cour alors que tous les regards, des plus compatissants aux plus narquois sont fixés sur nous et nos réactions. Il s'avance et sa présence à mes côtés ne pourrait que me faire plus encore de tort. Que croit-il ? Que les gens comprendront ce soudain désir d'un frère et d'une soeur depuis longtemps séparés, de se soutenir mutuellement dans une épreuve inattendue. Non... Et tandis que je le vois frayer la foule de sa stature puissante, je sais que je ne pourrais tolérer sa présence auprès de moi. Pour Outrevent. Pour l'infime espoir de ne pas voir notre duché sombrer.

Mais comment résister à cette main, à la fois forte et rassurante, qui vient se saisir de la mienne ? Comment rompre un contact depuis tant de jours désiré ? Comment me résoudre à l'ignominie de ce que je m'apprête à faire. Bien sur il le faut... Mais l'idée de demeurer là, seule face aux regards inquisiteurs, m'insupporte. Pourtant, je ne le suis plus. Sans même que j'ai porté attention à cette seconde silhouette qui a fendu les courtisans amassés là, il m'a rejoint. Louis. Louis qui par le sacre de Cyselle est redevenu cet homme que je devrais honnir pour l'emprise qu'il aura bientôt sur ma liberté et ma vie. Louis dont la soudaine apparition me décharge pourtant d'un poids inexplicable. Ce n'est pas là l'appui que je souhaiterais avoir pour faire face à l'horreur de la déchéance des ducs d'Outrevent. Mais c'est pourtant à lui que je vais devoir m'en remettre.
Une fraction de seconde a passé, guère plus. Et déjà j'ôte ma main de celle de Liam. Et ce regard... Ô ce regard que je lui jette, plein du glacial mépris que j'affecte de ressentir à son égard et qui voudrait tant lui crier mon amour et mon besoin de le voir demeurer là. ce regard par lequel je voudrais lui adresser le muet désespoir qui m'envahit, de l'avoir trahit ainsi, d'avoir outrepassé sa confiance. Le désespoir d'une soeur qui craint un instant que son frère ne puisse lui pardonner ses actes.

Je m'éloigne. Rester trop près de lui me mettrait en danger. Nous mettrait tous deux en danger. Comme j'esère qu'il comprendra toute la douleur que me cause ce rejet... Jamais, en neuf années de dissimulation incessante, je n'ai eu à le décrier en sa présence. Combien de fois ai-je décrié ses actes ? Combien de fois ai-je plissé le visage en une moue d'indicible colère alors qu'il était évoqué en ma présence ? Ces neuf années ont passé, ponctuées uniquement de nos rencontres clandestines où je pouvais l'assurer de tout l'amour que je n'ai jamais cessé de ressentir pour lui. Et là... C'est devant des centaines de personnes que je dois relever la tête et le repousser. Mon coeur saigne et pleure comme jamais auparavant. Et quelle dureté à ces jambes qui daignent encore me porter quand j'ai l'impression de n'être plus que tremblements incontrôlés.
Louis. Je savais que je ne pourrais renier publiquement mon frère sans en ressentir l'intense douleur jusqu'aux tréfonds de mon âme. Et il est la seule épaule sur laquelle m'appuyer. La seule personne que je puisse conserver auprès de moi sans que cela n'éveille cette curiosité malsaine qui caractérise la cour d'Arven. Alors je prends sa main. Cette main qui me semble si calleuse, si dure en comparaison de celle que je viens de lâcher à regrets. Et je la serre. Je la serre en m'en faire mal, à y enfoncer mes ongles. Je la serre comme si elle était la seule bouée qui puisse encore me retenir en ces lieux. Je ne décrierai pas mon père. Il ne peut qu'y avoir des raisons à ce soudain comportement. Et si, pour conserver à la lignée d'Outrevent un semblant de cohérence, je dois me plier à ses décisions je le ferais. J'épouserai l'homme qu'il a choisit pour moi. Je serais celle, de tous, qui conservera la tête haute. Repousser ce mariage dont je ne veux pas ne ferait qu'attirer l'attention sur nous. Alors j'obéirais et qu'importe ce qu'il m'en coûtera. J'ai faillit faire tellement pire... Les explications viendront en temps voulu.

Et je m'accroche. Encore. De toutes mes forces. Et par ce seul geste, c'est mon désespoir, mon épuisement que je lui transmet, sans même m'en rendre compte. Ma résignation.

_________________
Liberté
Sur toutes les pages lues, sur toutes les pages blanches, pierre, sang, papier ou cendre, j’écris ton nom. Sur les images dorées, sur les armes des guerriers, sur la couronne des rois, j’écris ton nom.
Et par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie. Je suis née pour te connaître, pour te nommer. Liberté.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Ven 14 Sep - 14:29


L'avènement d'une rose


Topic Général 2 - Banquet du Couronnement


TOUR 3
comment vendre son fils au plus offrant


Augustus regagne sa place. Les porte-paroles des duchés ont présenté leur allégeance – et si le serment de Nightingale n’était pas vraiment celui qu’il attendait, la soirée peut se dérouler dans le calme et la paix, toute aussi factice et illusoire qu’elle puisse sembler. Solenellement, il s’avance sur l’estrade, invitant d’un geste Lionel, Arabella et Armand à le rejoindre.

« Chers invités – nous voici ce soir triplement honorés par la présence à notre Cour du duc d’Outrevent et de sa… belle épouse. Soyez, madame, la très bienvenue à Lorgol, ainsi que votre… noble frère. Il est bien heureux de voir le domaine de Val d’Argent arborer un blason digne et honorable à nouveau. »

Un signe de tête associé d’un fin sourire accompagne la fin de cette phrase adressée directement à Liam d’Outrevent. Son œil se fait méfiant alors qu’il constate la proximité de la dauphine d’Outrevent avec son frère déchu – méfiance, oui, et il adresse un signe discret à Hugues Hurlenfer en lui désignant les deux jeunes gens, manifestant sa volonté d’en savoir plus sur cet étrange rapprochement.

Souriant à nouveau, il tend la main à Gaëtane de Salvemont, l’invitant à le rejoindre devant la foule. Tendue, mal à l’aise, la blonde héritière de Cibella s’avance, interdite, ne sachant trop ce qu’il lui veut. Théâtral, ravi d’être le centre d’intérêt de cette foule de courtisans, l’empereur écarte grand les bras, un sourire triomphal sur les lèvres.

« Ce soir est un soir de fête ! Me voici à présent heureux en ménage, et je tiens à récompenser la fidélité de deux de mes plus loyaux sujets en leur offrant ce même bonheur. J’ai l’honneur et l’immense plaisir de vous annoncer que la duchesse Océane Saldenow et le duc Armand de Salvemont ont consenti à lier leurs deux familles et unifier leurs maisons. Accueillez donc avec allégresse le mariage de Gaëtane de Salvemont et de Chart Saldenow, qui sont dès à présent fiancés par contrat ! Acclamez-les et partagez leur félicité ! »

Le roi s’incline, sans prêter attention à la mine de cire de Gaëtane, ni à celle, absolument horrifiée, du futur heureux marié.

« Il est temps maintenant de prendre place au banquet des réjouissances. Je vous invite à nous suivre dans la salle de réception ! »

Les invités prennentplace derrière le roi et la reine, deux par deux selon le plan de table des préséances établi. Le duc et la duchesse d’Outrevent se retirent, prétextant la fatigue de la duchesse après ce long voyage, Armand les suivant pour veiller à la bonne installation du couple ducal. (cf plan de table, plus bas, mes poussins)

Un instant, alors qu’ils entrent dans la salle, Augustus se tourne, adressant quelques mots à Svanhilde menée par Castiel, et Liam menant Gaëtane :

« Au vu de nos démêlés par le passé, j’ai jugé plus prudent de vous délivrer de toute tentation – et de tout instrument tranchant. Cette servante sera là pour s’occuper de votre repas et veiller à votre confort pendant le dîner. Profitez de cette soirée : vous êtes, après tout, mes invités, et j’aurai plaisir à vous avoir à mes côtés, Madame. »

Les invités entrent, s’installent. Le repas peut commencer.


Comment réagissez-vous à ces annonces ? Aux discours ? Prenez place autour de la table, deux par deux . La petite noblesse et les gens du commun se trouvent en bas de salle, près de l'entrée. Deux servantes sont à la Grande Table en tant que suivantes/assistantes : Perle s'occupe d'Ermengarde, Agnès coupe la viande de Liam et Svanhild, privés de couverts, et servis dans de la vaisselle de bois... Vous avez jusqu'à mardi soir pour poster vos réactions en autant de messages que vous le souhaitez !


Dernière édition par Dragonvale le Ven 14 Sep - 14:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Ven 14 Sep - 14:30

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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Sam 15 Sep - 1:42

    Tu entends la voix de Liam et tu l'appuies d'un léger mouvement de la tête, quasi imperceptible. Oui, vous êtes là. Qu'importe les apparences et les conflits, vous êtes là. Tes yeux se baissent quand l'héritier déchu attrape la main de sa soeur, en un geste de réconfort rapidement chassé par la brune. Tu ne peux rien dire, mais tu as l'impression de sentir la douleur de ce geste jusque dans ton corps. Et pourtant, ce n'est pas toi qui l'exécute. Une seconde et tu sens la main de Lisbeth prendre la tienne. Tu ne retiens d'ailleurs que difficilement ta surprise – et pour ton frère, dont tu vois le visage, elle est totale. Les ongles de Lisbeth s'enfoncent dans ta peau, mais tu ne tressailles pas. Tu ne fais que lui rendre l'étreinte de ses doigts, que lui communiquer ton soutien de cette pression qui semble si simple. Et pourtant, dans cet instant, c'est la chose la plus importante. Ta main qui tient celle de Lisbeth. Sa chaleur et la tienne, vos chaleurs conjuguées. Étrangement, tu sens ta respiration devenir plus courte. Plus profonde, aussi. C'est à ce moment que tu réalises réellement que tu vas épouser cette femme. Que Lisbeth sera celle sur laquelle tu pourras compter toute ta vie, tout comme tu seras son épaule, son soutien. Cette idée qui t'aurait semblé bien horrible peu de temps auparavant te semble soudainement moins dure. Votre entente mutuelle n'est certes pas à son meilleur, mais Lisbeth n'est-elle pas le genre de femme que tu apprécies ? Que tu cherches, même ? Couvant un immense feu intérieur, capable de te tenir tête, attirante. Ce sentiment insidieux, doux et ronronnant, s'installe dans ta poitrine, mais tu te forces à le chasser en pensant au mot que tu as reçu deux jours plus tôt. Tu régleras ça plus tard, tu trouveras bien une parade pour régler ce... problème. Et Eimaren elle-même sait que cette démonstration fugace de Lisbeth est probablement justement bien fugace. Tu te forces à concentrer tes pensées sur la cérémonie, mais tu peux si bien voir la nouvelle duchesse d'Outrevent caresser et câliner son époux à outrance, comme le ferait une fille de mauvaise vie. Oui, voilà, c'est ce qu'elle t'évoque. Une fille de joie. Comme quoi ce mot que tu as reçu il y a deux jours t'apporte une pensée parfois pertinente.

    Finalement, Augustus lève la cérémonie de couronnement après un commentaire provocateur directement adressé à Liam et une nouvelle annonce de fiançailles qui ne semble aucunement ravir les deux futurs époux. Comme tu les comprends. Tu as été à leur place il y a de cela peu de temps, après tout. C'est seulement ensuite qu'il vous invite à sortir et que tu conduis ta fiancée jusqu'à la salle de banquets, vos mains se tenant toujours fermement. Tu crains presque qu'en la laissant aller, ce lien infime, ténu, qui s'affirme entre vous se brise. Que cet instant s'évanouisse et que vos deux solitudes reviennent au galop. Heureusement pour la santé de tous, Lionel et sa... blonde sortent, prétextant la fatigue, et prennent avec eux leur soi-disant noble. Tant mieux. Évidemment, ta place est à côté de celle de ta future épouse. Tu prends place sans mot dire et vos mains se lâchent. Fraîcheur sur ta paume, le regard furieux de Pénélope de Flauvaire qui est assise devant toi, et tu redescends définitivement de ton fugace nuage.
    La réalité est là. La réalité, c'est Liam qui n'a pas le droit à ses couverts, c'est un mariage non désiré, c'est une fidélité à une reine qui ne doit pas être sur ce trône.
    Tu marmonnes un « C'est ridicule » en voyant la vaisselle de bois de Liam, puis tu bois une longue gorgée du vin qui vous a déjà été servi. Tu le goûtes à peine, tu ne dois pas oublier que tu as eu la gorge brûlée au rhum pendant bien longtemps, mais ça te fait déjà du bien. Tu te sers de viande et de légumes et lorsque tu prends le couteau à tes côtés pour couper le tendre faisan, tu ne remarques pas qu'une erreur a été faite et qu'il n'y a qu'un seul couteau pour toi et Lisbeth.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Sam 15 Sep - 4:18

Augustus... Il est des ennemis qui ne sont que des adversaires, que les événements ont mené les uns contre les autres. Il est des ennemis qui, en d'autres temps, auraient pu être amis, auraient pu s'apprécier. Nous ne sommes pas de cela. Je hais tout en lui, non seulement ses actes et sa place, mais son comportement, sa façon de parler, ses mots venimeux, sa suffisance haineuse, son masque d'horreur ou son esprit torturé...

Je répond à son sourire mais mon regard a quelque chose de sceptique, d'intouchable. Nous savons tout les deux que cette mascarade ne durera pas bien longtemps. Il a intérêt à aider à la protection de ce petit mal-né si jamais il vient un jour à sortir du palais, car nous savons tout les deux que cette place qu'il a prise vient de signer son arrêt de mort. Frêle jeune homme, faible oisillon qui s'attaque de face au faucon et vient le provoquer directement chez lui. Je ne lui donnes pas une heure pour survivre en dehors du palais. Si je n'ajoute pas mot de réponse et n'interrompt pas Augustus, c'est surtout pour ne pas me montrer directement hostile à mon propre père avant de n'avoir pu lui parler. Quels que soient ses actes, je me dois de le respecter et de lui obéir, contrairement au tyran, auquel plus aucun serment ne me lie.

Je ne comprend pas mon père... Alors que je le regarde, il me souris bêtement, simplement. Il semble heureux, amoureux, et une lueur d'incompréhension s'allume dans ses yeux alors que je lui renvois un regard sévère. Je sais que le Val d'Argent n'est plus miens, mais cet imbécile n'a aucun droit de le prendre... Quand à Arabella... Tout en elle sonne faux, elle est le parfait contraste de ma mère et, si je ne sais pas mon père si sage, je dirais qu'elle n'appartenait pas plus qu'à la basse bourgeoisie avant de le côtoyer. Elle est belle certes, mais est-ce que mon père aurait pu s'arrêter à une telle bêtise. Il faut que je parviennes à lui parler en priver, c'est la seule solution à cette incompréhension qui m'a saisit en le voyant arriver en ces yeux. Même en cet instant où ses choix ne sont plus clairs, je ne peux m'empêcher de continuer à lui faire confiance. Tout va bientôt s'expliquer, j'en suis convaincu.

Je détourne mon regard. Et ce n'est qu'à cet instant que j'aperçois de nouveau ma sœur. Elle m'a violemment rejeté tout à l'heure, et j'en connais évidemment la raison. Dans ma hâte de la réconforter, j'ai estimé qu'en ce jour de liesse et de pardon, devant un tel événement pour notre duché, il ne serait pas anormal que les deux enfants d'Outrevent échangent quelques mots d’incompréhension, malgré leurs désaccords. Elle ne semblait pas le penser, ou désirait au moins rester prudente. Bien entendu, elle connaît mieux la cour que moi, et je lui ai donc fait confiance, mourant pourtant d'envie de la suivre pour la réconforter. Je n'en ai rien fait, évidemment, et ai juste fait volte face en secouant la tête, de dépit, faisant comprendre à ceux qui nous observaient que j'étais déçu par cette sœur si têtue et corrompue par ce pouvoir que je déteste. Il m'en a coûté, mais j'étais déjà suffisamment peiné qu'elle ai à faire ça pour que cela ne sonne pas trop forcé.

Je me détourne de ma sœur pour me concentrer sur la suite. Un mariage est à présent annoncé entre Gaëtane et Chart. Pauvre Chart... Non content d'être avec Denise, avec laquelle il m'a depuis un certain temps dévoilé sa liaison, le voilà aujourd'hui fiancé à une autre avec laquelle il n'a, je pense, jamais vraiment parlé. Quand à Gaëtane... Mes doutes persistent quand à ses pensées, mais peut-être ces fiançailles seront-elles enfin l'occasion d'en apprendre plus sur elle, à présent qu'elle va être délivrée des griffes acérées d'Augustus.

Nous sommes bientôt amenés à nous déplacer vers la table du festin, et celle que je dois conduire est justement Gaëtane. L'atmosphère reste tendue, et si bien entourés, je ne serais pas bien avisé de faire une quelconque allusion à cette rencontre que nous avons échangé lors du solstice. Alors ce n'est que quelques banalités mondaines qui filtrent entre nous, elle fait mine d'être dégoutée de ma présence, je fais mine d'en être amusé. J'espère ardemment pouvoir un jour lui parler de vive voix, je ne suis plus très doué pour toutes ces simagrées.

Je me retrouve finalement en face d'elle, entre ma sœur et Svanhilde. Cette situation pourrait s'avérer agréable si les conditions étaient un peu différentes. Castiel à gauche de Gaëtane, Augustus à côté de Svanhilde... Les langues de bois seront de mise pour ces demoiselles qui m’entourent. Et il vaut mieux que je ne fasse pas non plus d'erreurs qui dévoileraient le camp d'une des personnes ici présentes, car si je regarde un peu plus autour de moi, avec la mine d'information dont je dispose, j'ai tendance à compter plus de Rebelles que de Partisans. Belle ironie qui prouve à quel point, par tout les moyens, nous avons réussis à gagner tant de terrain sur le tyran. La victoire est proche, mais en attendant, ma place est partout sauf en cet endroit maudit. Je préférerais être à mille lieues d'ici plutôt que de participer à cette énorme mascarade.

Je souris en voyant les couverts en bois. C'est une petite injure, bien sûr... Mais c'est si ridicule. En moins de temps qu'il n'en faudrait pour le dire, je pourrais me saisir du couteau de ma sœur et l'attaquer avec. Pourtant, je ne suis pas sûr de pouvoir le vaincre ainsi facilement, et sa magie lui procurerait un indicible avantage. Cependant, même en cet endroit véreux, je me sais de toute façon en sécurité, par les mots de Cyselle, la promesse du tyran, et mes troupes placés toutes autour, directement infiltrés dans le palais par la grande gentillesse de notre hôte. Je ne sais si nous pourrions trouver meilleur moment pour le tuer, mais je crains malgré tout de ne pas survivre à un telle tentative... Enfin.. Est-ce important, au regard de ce que cela apporterait pour Arven ? Peut-être, oui... Un bain de sang de tant de têtes couronnées plongerait certainement les huit duchés dans un désordre encore plus grand...

Je souris aussi en remarquant quelle servante a été mise à notre service. Agnès... Si ceci, ce n'est pas une preuve de notre parfaite infiltration jusqu'au sommet des cercles de ce palais... Enfin.. Cela ne changera pas grand chose...

Je regarde un peu plus avant les agencements de la table, et la situation de Denise me fait sourire tristement... Combien doit elle souffrir de cette maudite situation! Du reste, je plaindrais presque ma voisine de droite, Svanhilde, qui entre Augustus, Castiel et moi, doit aussi amèrement regretter sa présence en ces lieux.

Ce repas, quoi qu'il arrive ne sera certainement pas une partie de plaisir.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Dim 16 Sep - 7:31

Je n'ai pas prêté attention au serment de Svanhilde Nightingale. Et pourtant, sans doute en aurait-il mérité davantage de ma part, tant il est plein de cette assurance confinant à l'arrogance qui la caractérise. Il lui est aisé, à elle, ennemie déclarée de l'empereur, de s'exprimer librement sous le couvert de cette protection factice qui lui est accordée. Mais pas un seul d'entre nous ne pourrait se permettre d'exprimer autre chose qu'une promesse de soumission et d'allégeance - sous peine de voir nos vies considérablement écourtées.

Mais en vérité, ses mots ont atteint mon esprit sans réellement y pénétrer, obnubilée que j'étais pas la présence soudaine de Liam et Louis à mes côtés. La main au creux de celle de ce promis dont je ne voulais, il y a quelques temps encore, pas entendre parler. En vain, j'essaye de rassembler mes esprits pour me reconcentrer sur la cérémonie touchant à sa fin. Mais il semble que ce soit peine perdue. Indifférentes à la solennité de l'instant, mes pensées vagabondent et se troublent sans que je parvienne à en saisir la raison. A moins que je ne souhaite pas en comprendre la raison, dont l'origine repose certainement en cette main qui a rendu son étreinte à la mienne. Cette main que, l'espace d'un instant, j'espère ne jamais pouvoir lâcher tant j'ai peur de sombrer si d'aventure on me laissait seule face à mes craintes et mes incompréhensions.

L'espace d'un instant, l'accueil fait à mon père et à sa... nouvelle épouse - par Eimaren comme ce mot me répugne en le cas présent - ainsi qu'au frère de celle-ci. Les mots du tyran affolent encore le rythme effréné de mon coeur devant l'insulte si manifestement adressée à mon frère. Je ne peux pas réagir. Je ne le dois pas. Seule l'indifférence est de mise. Mais cette passivité me blesse si cruellement... Fasse le Destin que jamais plus mon frère ne paraisse à la cour à l'avenir. Je ne saurais endurer cela une seconde fois. Érigeant mon impassibilité en un masque que j'escompte bien ne plus ôter avant la fin de cette soirée maudite, je m'efforce également de retenir un hoquet de stupeur à l'annonce faite des fiançailles de Chart avec l'ancienne favorite. Et le terme de consentement m'arrache un rire intérieur. Bien sur qu'ils ont consenti. Quel père ne voudrait pas voir la catin du roi, une fois son service achevé, marié à un parti honorable ? Ils sont bien peu qui souhaiteraient passer après lui. Quant à la duchesse Océane... Je suis absolument convaincue que quelques promesses accompagnées d'or auront su susciter chez elle le plus vif désir de voir cette union se concrétiser.
Mes yeux cherchent Denise mais en vain. Cette foule est trop dense, trop compacte pour que je parvienne à la repérer dans la masse des courtisans. Sans doute respecte-t-elle le plus parfait sang-froid elle aussi. Mais comme sa détresse doit être grande alors que se brisent ses espoirs d'un jour vivre avec l'homme quel aime, une fois libérés du joug de l'usurpateur.

L'invitation à rejoindre le banquet est maintenant donnée. La préséance voudrait que ce soit Anthim, duc héritier d'Erebor qui m'y conduise. Mais sans que j'y prenne garde, ma main a resserré son emprise au fil des annonces qui viennent d'être faites. Et si Louis ne semble guère décidé à me rendre au bras du duc héritier, je n'ai guère plus envie qu'il le fasse. Moins encore si c'est pour qu'il se retrouve à mener Pénélope de Flauvaire, cette arriviste qui maintenant l'empereur marié, va probablement chercher parti à épouser. Autant qu'elle ne se tourne pas vers le mien.

Le mien.

A peine cette pensée a-t-elle traversé mon esprit que je m'assène une monumentale gifle mentale. Depuis quand Louis de Brunante est-il passé de fiancé honni à "mon" promis ? Est-ce au cours de ce mois écoulé qui a faillit voir mon destin lié à bien pire que lui ? Ou en cet instant - hautement improbable - où il a surgit de la foule des spectateurs pour se faire soutien silencieux à mes côtés ?

Le mien.

Instinctivement, ma paume resserre encore son emprise et j'ai bien du mal à conserver cette maudite impassibilité face au déluge de sentiments et de pensées qui m'assaillent. Et alors que nos doigts se délient pour que nous puissions nous asseoir, une vague de soulagement m'étreint. J'ignore quelle faiblesse vient de s'emparer de moi. Mais si j'ai décidé de faire honneur à ma maison en acceptant mon mariage futur, ce qu'il vient d'advenir en mon esprit était... tout à fait déplacé.

Un instant, j'observe la vaisselle en bois de Liam. Il n'aura décidément été d'injures qui ne lui soit faite. Paix bien factice que celle proposée pour cette soirée, parsemée de menaces voilées. Une fois encore, je ne peux réagir. Et cette ultime preuve de mon incapacité à soutenir mon frère achève de me vider de mes forces. Mâchoire crispée, j'entreprends à mon tour de me servir, suivant l'exemple des différents convives. Il y a la profusion de plats et de saveurs. Mais rien de tout cela ne me fait envie. La seule idée de manger me révulse par avance. Le peu de contenu de mon assiette en est actuellement la preuve. Mais je n'ai nulle envie de faire honneur au repas donné ce soir.

A reculons, je tend la main vers mon couteau. Notre couteau. La présence de cette autre main qui cherche à s'en saisir me semble tout d'abord proprement aberrante. Avant que je ne comprenne qu'il n'y en a effectivement qu'un pour nous deux. cette erreur m'abasourdit. Mais est-ce seulement une erreur alors que mon aîné et voisin de table en est démuni ? N'est-ce pas plutôt là la volonté d'éviter qu'il ne puisse s'emparer du mien ?
Un instant je reste interdite, saisie d'une certaine peur à l'idée de toucher à nouveau cette main. Pour finalement m'en saisir prestement, ramenant l'ustensile à moi. La situation est ridicule. Et pourrait sembler cocasse à d'autres si tous n'étaient pas tant intéressés par le contenu des plats. De quelques gestes hâtifs, j'entreprends de découper ma volaille - je serais bien en peine de dire de quoi il s'agit - en menus morceaux, dans l'espoir qu'il me sera moins malaisé d'ainsi avaler quelques bouchées. Et je repose finalement l'ustensile, prestement, comme si con contact me brûlait, avant d'en revenir à mon assiette.

La compagnie de mon frère m'est interdite. Celle d'Anthim d'Erebor m'importe peu. Quant à Louis... je refuse résolument de le regarder à nouveau tant que ces insidieux troubles m'habiteront.

Ce repas promet d'être long.

_________________
Liberté
Sur toutes les pages lues, sur toutes les pages blanches, pierre, sang, papier ou cendre, j’écris ton nom. Sur les images dorées, sur les armes des guerriers, sur la couronne des rois, j’écris ton nom.
Et par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie. Je suis née pour te connaître, pour te nommer. Liberté.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Lun 17 Sep - 10:27

Désarroi. C'est le seul mot qui convient à mon état en ce moment. Depuis le début tout ceci n'est qu'une énorme mascarade. Chaque visage qui se trouve autour de moi est faux. Chacun des mots prononcés en ce jour n'étaient pas pensés. Comme si tout n'était qu'illusion, un sacré cauchemar dont personne ne peut se tirer. Les discours, le Roi, ce sourire forcé. Cette entente soit disant cordiale et chaleureuse avec mon mari. Mon amant, amour éternel face à moi qui doit jouer les charmeurs avec les dames alentours. Les d'Outrevent qu'il est convenable de saluer de loin sans trop les approcher. Il paraîtrait que le frère est en vérité quelqu'un de non-fréquentable. Liam... Je suis tellement désolée. Les ignorer ainsi, sans pouvoir les soutenir. Sourire et rire aux mots de cet usurpateur. Trop de mensonges, ce soir il y a trop de mensonges. Nereïa se trouve à mes côtés et écoute sagement ce que chacun dit. Douce enfant, comme j'aimerais te joindre à ma cause. Te montrer que le monde pourrait être cent fois meilleur si seulement, assis face à nous se trouvait le bon roi. J'aimerais pouvoir t'emmener dans les bras de ton véritable père et qu'il puisse te donner l'amour que tu mérites. Je voudrais te faire passer du temps avec la fraterie d'Outrevent qui t'apprendrait des valeurs qui aujourd'hui encore me serre le coeur tant elles sont précieuses et justes... J'aimerais tant de choses... Au lieu de ça, je dois rester là et me taire. Faire bonne figure comme la duchesse que je suis. Paraître enthousiaste et heureuse pour ne pas attirer l'oeil. Peut-être même sembler amoureuse de celui qui ne fait que ruiner ma vie.

Et je suis là, je reste là. Je remercie poliment les gens qui me disent que je suis belle. Je salue de loin ceux que je ne dois pas côtoyer en public. Chart n'est pas loin. Je l'observe, et ses traits sont beaux, Nereïa est là, et naïvement, comme l'enfant qu'elle est, elle ne sait rien. Rien du tout. La façade remplit sa vie et pour le moment elle doit s'en contenter. J'en suis triste, et peut-être même me détesterais-je un peu ? Il est parfois réellement très dur de discerner le bien du mal, et de faire des choix. J'ai pourtant fait les miens, mais sont-ils bons ? Pour mon enfant, mon ami, mon amour... Nous dépendons de ceux que nous aimons et parfois pour survivre nous les éreintons. Il est dur d'être assis là sans même pouvoir dire un mot à sa meilleure amie. Sans serrer les bras de son amour, et toucher sa peau. En ce soir de fête, mon coeur est à la peine. Je suis bien malheureuse, et je ne pense pas que la situation pourrait s'aggraver. Et pourtant... c'est une première nouvelle qui éteint la lumière qu'il restait au fond de mes yeux.

Les d'Outrevent. Sans même écouter réellement le discours je tourne les yeux sur Lisbeth et l'observe. Décomposée, il n'y a pas d'autres mots. Son visage se tord ainsi que celui de son frère. Discrètement je serre les poings avec l'envie de crier à l'abomination, l'humiliation, mais au lieu de cela je reste silencieuse et j'écoute. Chacun des mots du Tyran et de sa fierté. Je ne prends pas la peine d'écouter les mots des autres, me contentant d'observer mes amis désarmés. Puis vint le temps d'une autre annonce, le coup de poignard dans le dos. C'est lorsque j'entends le nom de Saldenow que je lève les yeux vers l'homme qui porte son discours dans toute l'assemblée. Puis son annonce tombe, comme un ciel qui s'effondre, comme une catastrophe naturelle. Mon regard se tourne instantanément vers Chart. Je le fixe, non loin, mes yeux s'emplissant de larmes. Pourquoi... Pourquoi moi, pourquoi maintenant. J'ai envie de pleurer, de tout arracher, tellement de haine s'affiche en moi que je ne peux m'empêcher un pleur étouffé. Mais Dolph se précipite à mon côté, me demandant ce qui ne va pas. Prétextant un raclement de gorge dévié, je reprends mon calme. Tout sourire, l'homme me regarde et me montre sa joie pour son frère. Le frapper, j'ai envie de le frapper. Cet abruti qui ne comprend rien, heureux pour chacun des évènements du soir me force à le suivre dans sa joie. Avec un regard vide, et un sourire plus faux que jamais j'acquiesce avec difficulté ses propos.

Et c'est en silence que je suis les autres hôtes dans la salle à manger. Un dernier regard en arrière, attrapant la main de ma fille, droit dans les yeux de mon amant désormais perdu à jamais. Un regard d'adieu, triste et amoureux. Un amour perdu qui n'aura plus jamais lieu d'être, une tristesse et blessure profondément ancrée qu'il sera maintenant impossible d'effacer. Puis je m'avance, aussi fièrement que faire se peut, auprès de mon légitime époux. Sans plus de vie intérieure, avec la forte envie de mourir je suis les autres. Et je m'assoie à la place que l'on m'a définie, en face de mon tendre et bel amour. A côté de mon époux. Je regarde Chart sans vraiment le regarder et à travers lui je vois ma vie défiler. J'ai tout perdu, tout, à cette annonce. Je suis complètement désappointée et je n'arrive même plus à parler. Je retiens mes larmes avec toute ma force et dessine mon sourire en sentant comme une plaie s'ouvrir dès qu'il se forme. Mon mari se tourne discrètement vers moi et me demande si je vais bien. Il trouve que tout indique que j'ai l'air mal en point. Evidemment, pauvre idiot. D'un sourire maladroit je lui dis simplement que je suis fatiguée, mais que ce n'est pas le moment d'en parler. A ma droite se trouve le promis de mon amie. Je le regarde en coin et à travers lui observe Lisbeth. Que de malheurs nous arrivent et s'enchaînent, cependant étrangement j'ai l'impression que pour elle ça s'arrangera. Je ne parle évidemment pas de Liam, mais bien de Lisbeth... Ce Louis, cet homme qui lui a semblait si peu convenable m'a pourtant l'air fidèle, peut-être même un peu amoureux. Il l'a rendra heureuse, en mon fort intérieur j'en suis persuadée.

C'est un coup nouveau qui se porte à mon coeur. Une plaie qui saigne lorsque dans ma tête je pense au bonheur. Mot et sensation que je ne connaîtrais désormais plus. Chart ne sera jamais mien, l'amour et le bonheur jamais en ma possession. J'ai mal, tellement mal. Malgré tous mes efforts je ne peux pourtant pas réellement, ni complètement le cacher. Une descente aux enfers, c'est ce qui m'arrive. En fermant les yeux je peux voir un démon de mort me tendre la main. Je le vois me toucher et tâcher mon corps, mon coeur, de cette douleur. Je vois le malheur et la fin m'envahir. Mon coeur ne bat plus comme il faut et il se resserre, si fort que j'ai l'impression de ne plus être réellement en vie. Mon corps est à ce repas, mon coeur est mort. Mais je souris. Une duchesse sourit. Et comme vidée de ce surplus d'émotions; vidée de tout je fixe chacun des invités. Mes yeux désormais vides sourient pourtant suivis de ma bouche. L'air heureuse, c'est ce que dit Dolph. Une vraie beauté; ose s'aventurer un invité. Et sans plus d'espoir, sans plus de vie, je souris à ce faux-semblant que sera désormais mon existence.

Vide. Tu es entièrement vide Denise. Tu n'es plus rien, juste une enveloppe corporelle sans fond. Et face à toi, ton amour te voit te décomposer et mourir devant ses yeux sans pouvoir rien faire. Même la main de ta fille te paraît désormais froide et sans réel amour. Plus rien n'a de sens, les couleurs sont ternes. Aujourd'hui, tu te meurs Denise. Tu te meurs d'amour pour celui qui n'a pourtant jamais été tien.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Lun 17 Sep - 15:17

Silence et observation. Réflexion et discrétion. Tel est mon rôle, telle est ma voie. Au milieu de ces visages menteurs, découvrir la vérité. Lire derrière les discours, voir derrière les visages, comprendre ces œillades. Dissimulée derrière ce masque de silence et de servitude, telle est ma mission. Confiée par Liam d'Outrevent. Motivée par la perte d'Aerandir. Observer, apprendre, comprendre, être là. Juste être là. Ce n'est plus un couronnement. Ce n'est plus une fête. Ce n'est plus qu'une vulgaire mascarade, une débâcle de sentiments faussés et dissimulés, un tissus de mensonges et de trahisons. Comme autant de protagonistes engagés dans un jeu d'échec infernal. Pions, fous, cavaliers, tours, rois et reines s'affrontent sur fond de fête. Coups bas, mensonges et faux semblants sont leurs armes. Qui sont les pions, qui sont les reines ? Cela reste encore à découvrir. Une pièce bouge, et voila que de nouvelles pièces entrent en jeu. Le dur d'Outrevent et sa jeune épouse. Des fous, sans aucun doute. Puissants et dangereux. Lui, duc aux bras d'une intriguante inconnue. Mes pensées vont machinalement vers Lisbeth et Liam, frère et sœur unis ce piège tendu par le fou. L'affront est terrible et douloureux. Mais dans cette débâcle de fausseté, tout sentiment doit être caché. Et, derrière ce masque de servante, je me dois de cacher mes pensées. Et d'observer, toujours.

Les pièces bougent, et les invités se rassemblent au tour de la grande table de banquet. Immense rassemblement des plus beaux joueurs d'échec. Rebelles ou fidèles, assassins ou ducs, nobles ou généraux, rassemblés autour de la nouvelle impératrice d'Arven. Cygne au milieu des loups. Ou louve au milieu des cygnes. Et autour de l'empereur Augustus, qui est sans aucun doute loup. Le roi, la pièce à abattre. Nous servantes nous activons autour de la table. Invisibles pour les loups qui s'affrontent, à base de sourires et d’œillades. Je m'approche de Liam et de Svanhilde, privés de tout objet susceptibles entre leurs mains de devenir dangereux. Des loups au milieux des loups, mais des loups enchaînés, contraints à l'immobilité. Je coupe leurs viande comme une mère l'aurait fait pour des enfants trop jeunes. C"est presque avec timidité que je m'exécute, honteuse d'avoir à materniser un homme que j'admire au plus haut point. Pas un regard n'est échangé. Par un sourire. Derrière le chien docile se cache une louve, bien cachée parmi les loups. Un pion parmi cavaliers, fous et tours. Ma couverture est parfaite, preuve en est ma proximité imposée avec le leader de la guilde des rebelles. Et le moindre signe d'une quelconque complicité pourrait se montrer fatale. Pour lui comme pour moi. Je m'occupe en suite de Svanhilde Nightingale. Femme à l'aura exceptionnelle, à la force non dissimulée, et aux idées arrêtés, en vue de son discours à la reine d'Arven.

Rebelle non dissimulée, héritière d'un nom illustre réduite à manger dans des plats de bois, sa viande coupée par une servante du palais. Par tous les saints, qu'elle immonde mascarade. Ce banquet n'est qu'un immense mensonge. Une partie d'échec où s'affrontent des pièces masquées, personne ne sait qui est le fou, qui est la tour. Personne ne sait qui sont les blancs, qui sont les noirs. Fous, tours, cavaliers, blancs, noirs. Tous se mélangent, se cachent, s'attirent, se séparent, se mentent, se testent. Même les armes sont dissimulées, en longs discours et en non dits, tout en faux-semblants. Les pièces bougent, avancent sur le plateau. Attendant l'échec au roi. Roi blanc ou noir ? Il faudra encore attendre pour savoir. Attendre. Observer. Écouter, pour finalement, Agir. Et vaincre.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Lun 17 Sep - 16:27

Alors que devant nous s'avance le Duc Lionel d'Outrevent, aux cotés de sa jeune compagne, ainsi que le comte des Marches d'Argent, la première pensée qui me vient fut les visages de Lisbeth et Liam. Une trahison. Ni plus ni moins qu'une trahison envers les héritiers légitimes du Duché de l'Honneur. Mon regard se porte alors sur la femme qui avançait aux cotés du duc. Superbe oui elle l'était, la silhouette gracile et l'air juvénile. Mais le visage teinté d'arrogance outrageuse, presque mesquine. Un instant, je maudissais ma place qui m'interdisait de me lever rejoindre Lisbeth que je devinais ébranlée par cette nouvelle surgie de nulle part. Plus encore lorsque le duc prononça le discours rituel que mon amie aurait du prononcer. Mon regard se tourne imperceptiblement vers Liam, tendu. Je le sens prêt à bondir comme un animal blessé, violent et dangereux tant la douleur obscurcit les sens et la prudence, mais il est fort heureusement arrêté par la Duchesse au Rossignol, Svanhilde Nightingale. Je n'entends guère ce qu'elle lui murmure, évidement mais lorsque l’ouïe m'est interdite, je sais utiliser mes autres sens, développés par l'entrainement des espions, ainsi j'aperçois les gestes les plus subtils par lesquels la duchesse parvient à faire se stopper Liam en un murmure inaudible. Je réprime un soupir de soulagement puis me concentre sur le roi qui prends à nouveau la parole.

Rien ni personne n'aurait pu prévoir ce qu'il allait se passer alors, tandis que le Roi appelle le porte-parole du Duché Maudit et accessoirement conseiller de la tyrannie, Hjalmar Nightingale. Contre toute attente, celui-ci cède sa place à sa nièce en un brouhaha de murmures étouffés. Celle-ci s'avance et commence son discours, bien différents des serments d'allégeance des autres représentant des duchés, le sien résonne de sincérité dévoilée. Discours que j'écoute avec attention. Je comprends ses mots et ce qu'elle pense ouvertement, étonnamment je ne me sens guère vexée par ses paroles, mais plutôt partagée entre l'admiration et la colère. Admiration devant cette femme osant littéralement affronter l'empereur en son propre palais, devant ses sujets. Elle se tient là, fière, impressionnante de confiance et de noirceur entremêlées tandis qu'elle nous déclame, cœur et âme, un discours dans lequel je sens bouillonner la force des idéaux ancré en son cœur des plus sombres. Une fidélité à toute épreuve en l'Arven libre et l'Impératrice défunte qui le représentante encore avec force. Pourtant, je ne pouvais réprimer la colère qui bouillonnait en mes veines tandis qu'elle levait haut l'étendard de la Confrérie Noire. Les sombres défenseurs de la liberté noyant dans le sang ce combat utopiste. Les souvenirs u bal d'Hiver n'accentant que d'avantage mon animosité envers ces assassins de l'Ombre. Et pourtant, je crois que d'une certaine manière, nous aurions pu combattre main dans la main. Nous partageons le même combat, le même rêve d'une Arven libre. Le même rêve et le même chemin tracé en deux voies parallèles. Deux voies sinueuses, semblables qui, si elles peuvent se croiser sont, je crois, trop diamétralement opposées pour se lier. Nos méthodes sont trop radicalement différentes, alors que je préfère user de l'esprit et de la dissimulation, eux usent sans vergogne de la mort, et ça, je ne le comprends pas. La liberté elle même ne justifie pas tant de morts. Tant de douleur pour des innocents. Un instant, alors que la duchesse s'éloigne accompagnée par Augustus en personne, l'image bien frêle de la duchesse Viremont de Bellifère écrasée de douleur me revient en ma mémoire, déchirée et tremblante tant la mort de son fils l'avait frappée avec force, mais malgré ça fière et noble à l'image de son duché. Brisée mais emplie d'une immense majesté ébranlée.. Image pathétique et impressionnante tout à la fois appuyant d'avantage mon animosité envers ces assassins.

J'écoute les annonces suivantes d'une oreille distraite, attendant le moment du repas avec impatience. Après tout, qui dit repas dit alcool, or chacun sait que les langues se délient plus facilement au contact du vin. L'espionne que je suis sait se servir de la moindre opportunité. Néanmoins, je lance un rapide regard à Gaëtane, tentant de lui transmettre mon soutient silencieux, cette dernière semblant encore plus pâle que d'habitude à l'annonce de son mariage prochain avec le second fils Saldenow. Enfin, nous passons à table autour d'une immense table richement décorée où s’étalent les mets les plus délicats en un fumet des plus appétissants. Les couverts clinquants brillent de mille feux apportant à cette table des allures de trésor et de majesté dévoilée. Je m'installe entre Augustus et Castiel de Sombreflamme, Duc du Duché de l'Esprit. Autour de nous, les nobles s'installent chacun à leur place, se jaugeant de leurs regards fardés comme des guerriers se plaçant autour d'une arène. Une guerre de soieries et d’hypocrisie où les allégeances s'affrontent en un combat de l'esprit. Mon regard se pose à ma droite, là où sont installés la mystérieuse Duchesse Svanhilde ainsi que Liam. Je tique imperceptiblement lorsque l'Emepereur annonce à Liam et Svanhilde leur sort en ce repas. Des couverts de bois reléguant les représentants légitimes du sang même d'Arven au rang de parias, abdiquant leur noblesse en une humiliation sans nom. Qui aurait cru, au temps de Chimène que le Duc héritier d'Outrevent et la Duchesse de Nightingale seraient là, à se faire couper leur viande comme des enfants maladroits au milieux de la cour. Je sens en moi monter l'indignation, que je refoule aussitôt. Mes émotions ne doivent pas prendre mon contrôle, jamais. L'enjeu est trop important, et les risques trop grands pour je ne me permette la moindre faille. Je reste ainsi là, écoutant les conversations ici et là en un numéro. Une ombre parmi les ombres.

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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Mar 18 Sep - 6:33

Par tous les bijoux de Mélusine, comme ces banquets officiels peuvent être longs ! Celui là ne fait que commencer et déjà j'ai hâte qu'il se termine. Demeurer là, immobile et silencieuse, sans pouvoir faire ni remarque, ni sourire... Pourquoi donc le Destin a-t-il voulu que je me retrouve au service de dame Ermengarde. N'y avait-il pas un seul autre domestique inoccupé dans ce palais ? Je préfèrerais de bien loin pouvoir évoluer dans la salle, amenant les plats... Plutôt que de servir une vieille dame qui va probablement radoter toute la soirée. D'un autre côté, je crois qu'il y a une place pire que la mienne. Je connais bien peu Agnès Longuaiguille mais se retrouver entre deux criminels pareil... A sa place, j'aurais bien peur qu'ils ne m'arrachent mon couteau des mains et que j'en sois la première victime ! Et puis au moins, je n'ai pas été forcée d'assister à la cérémonie qui a précédé. Que de pompeux discours et de sourires en coin. Non, ça n'a rien d'intéressant.

Oh, n'allez pas croire que je me plains. C'est vrai, je n'ai jamais particulièrement souhaité entrer au service des nobles comme domestique. Mais je ne pense pas que ce soit le pire travail qui soit. Gîte, couvert, faible salaire... Tout ce que l'on nous demande c'est d'être invisibles ou de satisfaire ces riches personnages. Et comme j'ai eu la chance de servir majoritairement Mélusine, je n'ai pas vraiment de quoi me lamenter. Évidemment, je suppose qu'il en est tout autrement pour ceux qui se retrouvent auprès de l'empereur en personne, du duc fou ou du capitaine de Brunante. Il en est, comme ceux là, qui véhiculent de bien mauvaises réputations parmi nous. Entre sautes d'humeur et irritabilité. Je préfère autant m'en tenir éloignée.

Pour tromper mon ennui, j'observe les visages des invités présents. Mais ils ne sont guère intéressants, tous si emprunts de leur noblesse et de leur fierté. Je suis sure que derrière leurs sourires et leurs belles paroles, un bon nombre d'entre eux souhaiterait mille fois être loin d'ici. Leur vie est décidément bien étrange. Ils sont riches, connus et - pour certains - appréciés. Ils croient que leurs biens et leur titre leurs assurent tout. Et pourtant, il leur manque l'essentiel. La liberté. Si je le souhaite, je peux demain partir et commencer une nouvelle vie ailleurs, dans ces duchés lointains dont je ne connais même pas le nom. C'est uniquement parce que je l'ai décidé que je les sers. Ils ne sont tous que des oiseaux qui exhibent leurs jolies plumes colorées sans se rendre compte que leur plumage leur vaut d'être enfermés dans une cage dorée. Des pierres précieuses brillantes, aux mille facettes, qui sont réunies en un collier chamarré duquel elles ne peuvent espérer s'échapper. Les perles sont plus discrètes avec leur ronde blancheur. Et elles roulent, roulent et roulent encore autant qu'elles le peuvent.

Une demande. Je me penche et me saisit délicatement des légumes proches pour en garnir l'assiette de dame Ermengarde qui me remercie avec une remarque pleine d'ironie qui m'arrache un sourire en coin. Je ne devrais pas sourire. Elle pourrait très mal le prendre. Mais comment m'en empêcher ? Finalement, cette vieille dame est peut-être moins ennuyeuse que ne le laissent supposer sa mine austère et ses vêtements sombres. Et surtout, elle ne m'a pas l'air invalide du tout. Je vois bien qu'elle pourrait parfaitement se débrouiller seule et ne fait appel à moi que pour m'éviter de rester inactive.
L'idée me vient que sans doute, elle saurait me donner une piste, un indice pour commencer mes recherches, ce qui me manque cruellement. Mais ce n'est pas à un noble que je pourrais demander cela. Ils ne comprendraient pas. Je sais que mon père est l'un d'eux. Peut-être même est-il présent ici ce soir sans que je le sache. Et je ne veux ni être reconnue, ni être entretenue. Je suis parfaitement capable de m'assumer moi-même. Tout ce que je veux... c'est le connaitre. Aussi ridicule et puéril que ça puisse paraitre.

Peut-être interrogerais-je Agnès un jour. On la dit très instruite ds gens de la noblesse. Elle saurait sans doute comment je peux m'y prendre.
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MessageSujet: Re: Intrigue #3 - Topic Général 2 ¤ Banquet du Couronnement   Mar 18 Sep - 11:25

    Il semble que les surprises de la soirées ne sont pas toutes passées. À peine les serments terminés Augustus invite-t-il Gaetane à le rejoindre au devant de la foule, sans porter d'attention à son air peu à l'aise. Tu te raidis un peu aux côtés de Svanhilde. Aussi éthéré et rieur puisses-tu être, aussi amusé du malheur de tes pairs, tu es sensible à la détresse de Gaetane. Vous avez appris à vous connaître, pendant tes années au palais, et sa libération de la couche d'Augustus ne pouvait être qu'une bonne nouvelle. Jusqu'à ce que votre Empereur bien-aimé n'annonce ses fiançailles avec Chart Saldenow. Immédiatement, tu tournes la tête vers le frère cadet de Dolph, dont la mine horrifiée répond parfaitement à celle de Gaetane. Tu pinces les lèvres et ta bonhommie fond comme neige au soleil. Ô, du cadet des Saldenow, tu n'as toujours entendu que du bien, de la bouche de son frère. Un homme d'honneur, apparemment. Pourtant, tu n'as jamais réussi à le cerner et tu ne sais pas de quel oeil voir son mariage avec l'héritière de Salvemont. Tu sais seulement que tu regrettes cette liberté si éphémère à laquelle Gaetane n'a même pas pu goûter. Tu applaudis tout de même, par politesse.

    La séance est finalement levée et tu tends le bras à Svanhilde pour la mener à la salle de banquet. Les quelques mots d'Augustus qui accompagnent vos pas, ainsi que ceux de Lisbeth et de Liam, remettent un sourire sur tes lèvres pâles. Quelle joyeuse blague. Voir un duc héritier spolié et une duchesse régnante dans un duché mort manger dans une vaisselle de bois et se faire couper leur viande, c'est un divertissement que tu ne pensais pas voir à cette Cour. Tu emmènes Svanhilde à sa place avant d'aller toi-même prendre place, entre Cyselle et Gaetane, face à la blonde Mort. Que tu es bien entouré, ce soir. Gaetane est toujours pâle, sans vie, et discrètement, sous la table, tu glisses ta main pour serrer la sienne. Une pression infime, rapide, avant que vos deux mains s'écartent et que tu te serves dans les nombreux plats fumants. Ton esprit facilement distrait vagabonde sur différentes pensées en même temps que tes yeux noirs observent les convives. Les sombres mines des d'Outrevent, celle décidée du fiancé de Lisbeth, la fatigue de Denise, le ravissement de Dolph, la froideur exemplaire d'Aliénor. Tu tentes de capter son regard, mais elle est concentrée sur sa nourriture et évite sciemment de regarder les autres invités.
    Tu manges tout d'abord en silence et c'est seulement lorsque tu étends le bras pour boire une gorgée de vin, point ton préféré mais pas mauvais tout de même, que tu remarques qu'autour de toi, personne parle. Tu reposes ton verre sur la table. « Quelles basses mines, mes chers ! C'est pourtant l'heure de se réjouir. » Ta voix est légère, amusée, et tu reprends un peu de ton plat, de l'agneau si bien cuit qu'il semble fondre en bouche, et fais passer le tout avec une autre gorgée de vin. Tu regardes Svanhilde, sans savoir quoi lui dire. Tu ne peux que la regarder. À quelque part, vos regards se suffisent et se passent de mots.
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