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 the end begins here

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MessageSujet: the end begins here   Mar 22 Fév - 20:44

Ô soirée délicieuse, éclairée d'une lune ronde et magnifique, qui jetait un rayon clair partout autour d'elle, accentuant les ombres malfaisantes de chaque objet et de chaque toit. En cette soirée de semaine, en cette soirée loin des jours de repos et des nuits habituellement propices à la fête, un silence qui faisait frissonner quiconque osait s'avancer dans les rues pavées de pierre de la capitale. Pas un son, pas un bruit, pas un soupir, pas même un misérable chat courant au bout d'une maison pour se réfugier. La nuit est le domaine des voleurs et tous le savent, tous s'abstiennent de risquer le nez à l'extérieur une fois le soleil descendu au bout des terres de Cibella, cachant sa courbe de feu derrière les lointaines montagnes. Au coin d'une rue, un bruit quand même : un bruit ? Un claquement de porte, suivit d'un rire hilare et de pas précipités. Des froissements de tissus, encore des rires et, finalement, au loin, deux silhouettes qui sortent de l'ombre en se tenant par les épaules. Deux jeunes hommes, à peu près du même âge ? Celui habillé richement tient à sa main une bouteille de vin et parle fort, bien fort, faisant entendre une voix de basse, récitant à voix bien haute un poème :

    « Quand elle me regarde sous ses diamants
    C'est mon coeur qu'elle prend en gage
    D'un geste elle fait de moi son amant
    Et d'amour fier je rage.
    »

Encore un rire de la part de Castiel, qui prit une gorgée de vin au goulot de sa bouteille. Les poèmes de Sombreciel lui manquaient et il aimait à les réciter à la gloire de la beauté de celle qu'elle aimait, de la nature indécente qui l'entourait, ou encore seulement pour sourire à la lune magnifique.
La soirée avait été... comment dire ? Juste à y penser, le jeune homme eut un gloussement amusé et se détacha de l'autre garçon, un quelconque serviteur occupé de le surveiller pour ne pas qu'il se tue accidentellement en tombant dans un puits de façon malencontreuse. Ou qu'un quelconque voleur se mette en tête de détrousser ce duc bien peu prudent et aussi bruyant qu'un troupeau de chevaux sauvages. À lui seul, il était en train de réveiller tout Lorgol, du palais aux plus basses ruelles. Le domestique pesta en silence et réussit à rattraper Castiel, qui marchait quand même rapidement pour quelqu'un qui avait bu plus que raisonnable -surtout pour un homme de sa corpulence- et qui n'avait pas l'esprit clair, probablement abruti par toutes les saloperies qu'il avait bien pu fumer pendant la soirée. Il fallait les voir, lui et ses petits copains ! Il ne savait pas ce qu'il y avait dans ces pipes, mais l'odeur même était suffisante pour lui lever le cœur tant elle était riche. Et ces femmes, ah ! Ses yeux avaient été choqué de voir des demoiselles si peu vêtues et si... promptes à se laisser approcher par les hommes présents. Heureusement, son maître de la soirée n'avait pas semblé intéressé par les donzelles présentes, faisant l'éloge de la dame de Bohémont. Dame de Bohémont à qui le poème chanté précédemment s'adressait -sans la partie sur l'amant.
Le duc entra dans une ruelle sombre, décidant que cette ruelle devait probablement être un raccourci pour aller jusqu'au château. Erreur monumentale : on ne s'aventure pas dans les ruelles de Lorgol la nuit, ni le jour, ni jamais en fait.

    « Sire, vous ne devriez pas rester ici, le chemin principal est beaucoup plus sûr.
    - Et puis alors ? Celui-ci est plus court !
    - Pas vraiment, il est aussi beaucoup plus dan-
    - Et d'amour fier, je rage, JE RAGE, m'entends-tu, je RAGE !

Il s'arrêta de nouveau pour prendre une gorgée de vin, essuyant ses lèvres sur la manche de sa chemise tachée de pourpre, continuant son chemin sans prendre compte des tentatives de l'esclave pour le retenir. Comment voulez-vous convaincre une telle tête de mule de faire quoi que ce soit ? Déjà, il était très chanceux de ne pas avoir à endurer son caractère de chien... Castiel avançait très rapidement, chantant et riant à tue-tête, ne portant pas attention aux possibles dangers que recelait l'endroit, l'esprit trop embrouillé par le plaisir.


Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Mar 29 Mar - 22:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: the end begins here   Mar 22 Fév - 21:24

La nuit. L'élément naturel pour l'assassin que j'étais. Ombre parmi les ombres, je me glissais de ruelle en ruelle, entièrement vêtue de noir de la tête aux pieds, dissimulée sous un ample manteau à capuchon, aussi silencieuse qu'un chat. Ce soir, point d'Adaria avec moi : mon amie Familière était restée au Sanctuaire, sa présence inutile pendant cette mission. Je n'aimais pas trop qu'elle m'accompagne, d'ailleurs : je savais parfaitement qu'elle acceptait cet aspect de ma vie, la mission sacrée qui était l'héritage de Vanceslas en moi – mais je savais également qu'elle symbolisait celui que je tenais de mes ancêtres Nightingale depuis la nuit des temps, cette magie primitive et glorieuse que je ne savais pas encore maîtriser. Et même mon talent personnel, cette magie de l'air et du vent, me restait encore hermétique. Est-ce qu'un jour, je pourrais rejoindre l'Académie de Dragonvale et m'y entraîner ? Un jour, peut-être... et je perçus Adaria faire écho à mes pensées alors que je progressais le long des façades endormies.

Notre Mère de la Nuit m'avait confié une mission ce soir. En l'absence de mes meilleurs lames parties œuvrer pour nous, je m'en étais personnellement chargée. Siegfried serait fort mécontent de rentrer et de me trouver absente de la Tour. Sigvald me passerait lui aussi un savon. Mais j'étais l'Oracle, et j'avais mon comptant de sang sur les mains. Il m'incombait, plus qu'à eux encore, de respecter le pacte passé avec les ténèbres pour ramener la lumière en Arven. Ainsi me trouvais-je donc au cœur de Lorgol, et l'on s'écartait devant moi. Mendiants, voleurs, ennemis : l'aura de la Main de la Nuit me précédait et l'on reconnaissait les assassins à leur sombre cape quand on les croisait. Le foulard sur mon visage masquant mes traits à l'exception de mes seuls yeux clairs, j'étais anonyme, simple exécutante du contrat que l'on m'avait donné. Personne d'assez téméraire pour empiéter sur mon chemin – parfait. Ils vivraient pour voir le soleil se lever.

Pas comme le capitaine Holdra. Lui que l'on pressentait pour une promotion au rang de garde du corps de l'Empereur – un fidèle, un fanatique. Un assassin bien plus méprisable que moi car il tuait sans raison, pour le simple plaisir d'exercer son pouvoir sur les plus faibles que lui. Alors notre Mère de la Nuit avait décidé que sa mort servirait deux usages : priver l'Usurpateur d'un appui, et soulager la menace qui pesait sur les âmes livrées à la merci d'Holdra. Voilà pourquoi je me hissai souplement jusqu'à son balcon après avoir traversé la cour intérieure de sa maison. Nous étions dans les bas-quartiers de Lorgol, et évidemment, il était occupé – avec une prostituée. La pauvre souffrait le martyr et je crispai les doigts sur la garde de mon poignard. Notre règle était claire. Chaque témoin partagerait le sort de nos victimes. Je devais donc attendre qu'elle parte – sans quoi elle mourrait de ma main. Et ne rien pouvoir faire alors que j'entendais porter les coups de cet ignoble individu, alors qu'elle sanglotait doucement contre les draps, et que j'étais silencieusement calfeutrée derrière les panneaux en bois qui masquaient la fenêtre, c'était... c'était terrible. Je me promis qu'il paierait, pour chaque coup, pour chaque cri, pour chaque larme de la malheureuse.

Elle finit par partir. Meurtrie et traumatisée. Je la vis franchir le portail et s'éloigner, vacillante : à coup sûr, elle serait agressée et le maigre fruit de son labeur serait dérobé. Pauvrette. Elle n'avait sûrement même pas seize ans. Ma rage envers le capitaine augmenta, mais je restai calme et détachée, froide et lucide. Professionnelle. L'immonde individu finit par souffler les bougies, et sa respiration se calma. Il s'était endormi. Dans mon esprit, l'indignation d'Adaria me berçait alors que je glissai les doigts dans l'encadrement, repoussa doucement les panneaux et me faufilant à l'intérieur. Je me penchai silencieusement au-dessus de lui. Il avait l'air repu et satisfait. De la pointe de mon poignard, je traçai une sanglante estafilade sur son bras – il se réveilla. Sans un mot, je lui tendis son épée.

« Magnus Holdra, pour vos crimes et vos exaction, la Main de la Nuit a été envoyée vous exécuter. Défendez-vous, car déjà votre sang a coulé. »
La formule rituelle. Il se défendit, bien sûr – mais rapidement, mon poignard trouva sa gorge et il s'effondra sans bruit dans mes bras, le flot de sang tachant mes vêtements, imprégnant toute ma personne et éclaboussant mon visage dont le foulard avait glissé. Personne à cet étage de la maison, je savais que nul ne viendrait jusqu'à nous. Hélas... C'était sans compter sans les bruits qui soudain s'élevèrent dans la rue. Querelle d'ivrogne ? Le résultat fut que des pas résonnèrent devant la porte de la chambre – un domestique montait, sans doute pour s'assurer que son maître ne manquait de rien. Abandonnant à même le sol le cadavre encore tiède, j'essuyai soigneusement ma lame sur mes vêtements, la rengainai, puis sautai dehors. Je dégringolai la façade, l'adrénaline pulsant dans mes veines. Une fois au sol, je rajustai mon foulard, m'assurai que mon capuchon était bien en place, et que ma tenue de cuir noir me dissimulait entièrement. Parfait. On ne voyait de moi que mes yeux et c'était bien suffisant. Adaria m'exhortant à la prudence, je regagnai la ruelle, passant de croisement en croisement pour rentrer à la maison.

Devant moi soudain, trois silhouettes : la première, visiblement celle d'un noble éméché, la deuxième celle du domestique qui l'escortait, et la troisième celle du malandrin qui l'égorgea. Le domestique s'effondra dans un gargouillis infâme et le meurtrier fonça droit sur le noble – avant de s'effondrer à son tour, tout aussi mort que sa victime malchanceuse. Mon poignard avait volé droit vers sa nuque. Je me renfonçai promptement dans l'ombre, invisible et silencieuse, alors que le corps finissait de s'étaler par terre, tel une poupée désarticulée fauchée en pleine course. Pourquoi ? Quelle folie m'avait portée à défendre cet inconnu ?
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MessageSujet: Re: the end begins here   Mar 22 Fév - 22:45

Chantonnant gaiement, le pas léger, le jeune homme n'entendit pas ce qui se passait dans son dos, c'est-à-dire le pauvre serviteur se faisant égorger sans rien avoir demandé, puis l'égorgeur mourir d'un coup de poignard dans la nuque. Enfin, d'un poignard volant dans la nuque serait plus juste, mon cher. Il s'éloigna même de plusieurs mètres avant de se rendre compte que le domestique n'avait pas essayé de le retenir depuis tout d emême un bon moment. Pas qu'il appréciait nécessairement ce genre de traitement, il était un adulte quand même !, mais il avait tout de même le devoir de veiller sur ceux qui devaient veiller sur lui. Castiel se retourna et resta surpris devant le spectacle au loin. Curieux, il se rapprocha et constata à la fois le décès de son domestique -un de plus, un de moins, ce n'était pas bien grave de toute façon- et celui d'un homme qui lui était décidément inconnu. C'est à celui-ci que le jeune homme s'intéressa le plus : vêtements un peu défraîchis, barbe mal rasée, cheveu sale... sans doute un malapris qui avait eu le malheur de le suivre, lui, Ô grand duc qu'il était, et son serviteur l'avait vaillamment défendu !
Non, son taux d'alcoolémie ne lui permettait pas de faire des déductions logiques face aux positions des deux corps et donc à l'ordre de meurtre des deux hommes.
Encore un instant de contemplation silencieuse et Castiel haussa les épaules, prenant une gorgée de vin pour conclure cette observation. Hé bien. Ils étaient morts : c'était bien triste. Mais c'était la vie. Son observation lente le fit toutefois se retourner à temps pour éviter le poignard qu'un malfrat allait lui planter dans le dos, une pensée vive et soudaine de la part de son animal -qu'il ne voyait pas, c'était triste- lui ordonnant de se pousser brusquement pour ne pas être tué. L'homme s'aplatit contre le mur alors que le brigand se mettait devant lui, levant un menaçant poignard à la lame effilée devant son visage mauvais. Génial, ça : il avait bien décidé de s'attaquer au seul noble existant qui ne savait pas se servir qu'une quelconque arme. Il ne savait même pas lancer des cailloux correctement. Mais ça, Castiel, actuellement, ne le réalisait pas. Sans quitter sa bouteille de vin, il se pencha prudemment et attrapa le poignard du bandit déjà mort au sol, poignard ayant quitté sa main. Il ne se sentait pas plus en sécurité avec ça en main, mais bon, si ça pouvait le faire croire à l'autre.

    « Ton argent, ordure.
    - Ah non, monsieur, vous n'aurez rien, surtout demandé sur ce ton, répliqua poliment le duc, sur un ton de réprimande qui ne plut apparemment pas à son adversaire.
    - Ton argent ou je te coupe la gorge, espèce de petit noble de r-
    - Monsieur, ne vous en méprenne, mais je suis le d- »

Pas le temps de finir sa protestation -vaine- que l'autre se jeta sur lui dans un grognement rageur, laissant à peine le temps au duc de Sombreciel de s'écarter, laissant échapper son couteau. Il réussit toutefois à lui entailler le bras, au travers de sa chemise légère, créant une estafilade sanglante. Ça, par contre, il n'aimait pas. Pas du tout, même. Castiel réussit a se relever du sol avant que l'autre ne se jette sur lui, sentant les gravats frotter dans son dos et sur sa paume -oui, sa, puisqu'il tenait toujours fermement sa bouteille de vin de l'autre main. Sortez l'ivrogne de la taverne, mais pas la taverne de l'ivrogne... L'ivrogne en question réussit à reprendre un certain équilibre, ça et un faciès plus aussi tranquille que précédemment. Beaucoup plus sérieux, en fait, et même sévère, si on pouvait en juger par le trait dur qui formait sa bouche et qui plissait son jeune front clair. Lentement, il essuya sa main salie sur son pantalon -son magnifique pantalon de velours, en plus, tout griffé par la rocaille maintenant !, puis trouva la marque sur son bras. Plus grave que ce qu'il pensait, sans doute un peu plus profonde, vu le sang qui en sortait, mais sans être totalement dangereuse. Il aurait un peu mal le lendemain et il allait pouvoir demander à Aliénor de le soigner, mais pour l'instant, il avait seulement son sang sur les mains et la rage montait en lui, effaçant toute trace de sa précédente gaiété, l'engloutissant dans un maelström de sentiments malsains. Le duc regarda ses doigts tachés de rouge, un rouge foncé, puis releva sa tête vers le brigand, qui s'approchait de lui sans faiblir face à son but.

    « Meurs. »

Le mot avait été sifflé entre ses lèvres, feulement identique à celui d'un chat sauvage, alors qu'il jetait sa bouteille d'alcool avec force contre le mur opposé, faisant éclater le verre et voler le liquide pourpre qu'elle contenait.
Et au-dessus de leurs têtes, au même instant, dans un bruit de tonnerre à réveiller les morts, un incendie éclata.
Le bruit servit de distraction à Castiel pour qu'il puisse s'avancer et prendre à la gorge le bandit, le plaquant dans le mur pour venir feuler à quelques infimes centimètres de son visage, prenant sa main pour y enfoncer ses ongles et lui faire lâcher le poignard dont il l'avait menacé. Pour le prendre et tenter de le retourner contre lui, pour lui planter dans le coeur cet objet avec lequel il avait prévu le tuer, pour tuer cet homme qui fixait le noble délicat maintenant doté d,un regard effrayant et noir, douloureux ; objectif presqu'atteint, il était rendu à prendre la garde du poignard, quand un brouhaha de foule se fit entendre, accompagné d'un cri de détresse venant des flammes rageuses qui dévoraient la haute maison de bois près d'eux :

    « Au feu, quelqu'un, venez nous aider ! »

Castiel lâcha le brigand en entendant cet appel et recula dans la rue, dans la foule, ne cessant toutefois pas de fixer l'homme avec des yeux mauvais. Jusqu'à ce qu'il se fit absorber par les passants et qu'il puisse s'appuyer contre une vitrine de magasin, fixant les flammes qui dansaient dans le ciel. Magnifiques flammes. Étrange tout de même qu'un incendie se soit déclaré : il ne se rappelait pas avoir vu aucune lumière dans les maisons et la pluie était généreuse. Point de temps sec et point de soleil trop fort non plus. Sans doute un fumeur bien peu prudent. Sa main passa sur son visage, étendant le sang de ses doigts sur sa joue pâle, jusqu'à sa pommette, tandis que ses yeux se brouillaient un peu. L'alcool le frappait et engourdissait subitement ses sens, donnait à sa vue des airs de miroir déformant : ce devait être ça. Il se sentait faiblir. Maudit vin ; on avait dû tenter de l'empoisonner. Tous des bandits.
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MessageSujet: Re: the end begins here   Jeu 24 Fév - 20:09

Il avait l'air d'en tenir une sacrée couche, ce nobliau égaré loin de la Cour tel l'oiseau tombé de son perchoir. Ou plutôt l'oisillon tombé du nid – il avait l'air tellement vulnérable. Faible. Fragile. Indécis quant à la suite d'événements qui avaient précédé apparemment. Ivre certainement, mais seul dans les ruelles – pas vraiment d'ailleurs. Un autre malandrin était sort de l'ombre pour s'en prendre à lui et j'observai silencieusement, tapie contre le mur. Je fus témoin de son changement brutal et subit d'attitude, étonnée de voir autant de répondant chez une victime condamnée la minute précédente. Que faire ? Rester là et assister à un meurtre inutile ? Intervenir et enfreindre les règles de la Confrérie Noire ? L'indécision me tenaillait affreusement. Je n'aimais pas voir le sang couler en vain et là, ce serait clairement un gâchis. Je n'avais toujours pas pris de décision, quand le noble cracha un ordre de mort propre à glacer le sang de n'importe qui. Puis tout bascula alors que soudain l'adrénaline pulsait dans mes veines. A l'étage dans la maison au-dessus d'eux, les flammes d'un coup étaient venues à la vie. Les habitants sortirent, s'égaillèrent dans la rue, s'enfuirent plus loin alors que l'incendie prenait de l'ampleur. Et le noble, ce noble si étrange appuyé à la porte d'un magasin – ce noble étrange ne bougeait plus, fasciné par le ballet des flammes qui dansaient follement dans la nuit. En moi, deux instincts contradictoires. Celui de l'assassin, l'instinct de survie viscéralement attaché à la lignée de Nightingale depuis leur déchéance : fuir, trouver un abri et attendre que tout se calme. Et puis l'autre, tout aussi Nightingalien que le premier : un sentiment d'urgence en moi, une pulsation plus profonde derrière celle de mon sang, telle le va-et-vient des vagues contre un quai de bois, telle une mélodie inaudible pour quiconque ne savait pas comment écouter. Cette sensation, j'avais appris à la connaître : elle apparaissait toujours quand mes pouvoirs approximatifs se manifestaient.

Je pouvais faire quelque chose. Dans la rue, plus personne que nous deux : les autres avaient fui plus loin devant la férocité des flammes. Et ce noble qui ne bougeait pas... Se pouvait-il... que ce soit lui qui... ? J'y réfléchirais plus tard. Pour l'instant, il fallait agir. Me détachant de l'ombre qui m'avait avalée, je me jetai dans la lueur de l'incendie et attrapai l'homme par le bras, le tirant de quelques mètres sans ménagement, sans écouter ce qui pouvait bien tomber de ses lèvres – me parlait-il seulement ? Je n'en savais rien, trop concentrée sur l'incendie et la sombre et inexorable montée du pouvoir en main. Et soudain, elle fut là, au bout de mes doigts, cette magie personne de l'air qui était mon héritage. Vent et brise : éléments qui d'ordinaire attisent les flammes, mais qui pouvaient aussi les étouffer. Que faire, comment les manipuler ? Je n'en savais absolument rien, et ma première tentative fit jaillir une langue de flammes impressionnante qui manqua calciner le nobliau sur place. Impensable. Je lâchai prise.

Trou noir. La magie m'envahit de la tête aux pieds, comme si mon corps était trop étroit pour elle et qu'elle devait en déborder pour ne pas que j'explose. Je perdis pied, abandonnai tout contrôle sur ce qui se passai, et laissai mon instinct agir pour moi. Je repris mes sens alors que les vents tourbillonnaient follement autour de moi, étouffant les flammes et les réduisant, petit à petit. Élément contre élément, magie contre magie. Il se passait quelque chose de très peu naturel. Je sentais ma cape claquer au vent, et soudain mon foulard s'envola, dévoilant mes traits à cet inconnu qui ne perdait pas une miette du spectacle. Je n'eus pas le temps de m'en préoccuper toutefois : les flammes reprenaient vigueur sur l'arrière de la maison et je dus me concentrer pour empêcher l'incendie de s'étendre à nouveau. Le vent tourbillonna de plus belle et ce fut cette fois ma cape sombre qui s'envola, dévoilant ma combinaison de cuir ajustée et surtout la cascade de mèches blondes qui me feraient à coup sûr reconnaître. Je me mordis la lèvre, mais continuai mon œuvre. L'incendie de tout un quartier ? Hors de question.

Quelques minutes de dur labeur, et je pus enfin baisser les bras que j'avais instinctivement tendus vers le sinistre. Épuisée par l'effort fourni. Je savais que l'entraînement m'aurait fourni la maîtrise nécessaire pour réduire cet incendie d'un claquement de doigts, mais pour moi point d'apprentissage : il m'avait fallu cinq minutes de travail acharné pour atteindre mon but. Je me tournai ensuite vers l'homme. C'était un homme, oui – pas un adolescent, mais un homme adulte. Ivre, mais dégrisé quelque peu. Et clairement attentif à ma personne. Plus de capuchon pour dissimuler mes boucles, plus de manteau pour effacer les contours de ma silhouette, plus de foulard pour masquer mes traits. Il avait vu non seulement mes yeux, mais le reste des détails qui suffiraient à me faire identifier. Une seule solution, n'est-ce pas ? Si seulement mon poignard n'était pas resté dans la nuque du premier voleur... Silencieuse, je restai debout à quelque distance, le dos aux restes noircis de la maison, gravant ses traits dans ma mémoire et tirant mille conjectures sur son identité, cherchant un moyen de le contourner pour récupérer ma lame et en finir. Le tuer à mains nues serait salissant et je voulais lui donner un trépas rapide. Je rejetai en arrière mes mèches folles, dégageant mes yeux, les mains écartées, prête à saisir la première opportunité. Je savais que mes yeux s'étaient faits de glace : j'étais de la Main de la Nuit, tout en moi le clamait. Il le savait sûrement, tout comme il devait se douter de ce qui l'attendait. Je devais m'enfuir, et le laisser mort avant de pouvoir m'en aller. A tout prix...

Que pensait-il, me voyant ainsi, sombre et résolue, le visage constellé de taches de sang, la blondeur éclatante de mes cheveux striée d'écarlate ? Que pensait-il en me voyant ainsi sanglante et impitoyable, farouche et froide, sa mort au bout des doigts et la fin de son destin entre les mains, que pensait-il donc, ce fier nobliau qui parlait au feu comme je parlais à l'air, qui se jouait des flammes comme je m'amusais du vent ? Que pensait-il, cet homme étrange au regard si sombre alors que je m'approchais lentement, implacable et redoutable, agent de la mort en personne, faucheuse de vies et assassin encore imprégnée du sang de ma précédente victime ? Que pensait-il devant cette femme qui s'avançait aussi ferme que la noire destinée en personne, cette femme environnée de ténèbres et dont l'âme était rouge du sang qui avait éclaboussé sa personne ? Devant ce cygne si blanc dont ce soir les plumes s'étaient teintées de noir...


Dernière édition par Svanhilde Nightingale le Lun 28 Fév - 10:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: the end begins here   Jeu 24 Fév - 21:25

Il n'était que fascination alors que dans ses yeux noirs dansait le feu, ce grand feu fou qui brûlait tout, absolument tout, cette maison dont il en connaissait pas les habitants, réduisant à néant leur vie, leur existence, eux-mêmes et... Sa réflexion ne se rendit pas plus loin que son bras se fit attraper par quelqu'un, il n'aurait su dire un homme ou une femme vu la silhouette cachée par une longue cape, mais quelqu'un qui l'éloigna des flammes meurtrières. À peine quelques magasins plus loin que celui contre lequel il s'était appuyé pour reprendre pied dans le monde, à peine plus loin de la foule qui se relayait pour tenter d'éteindre le feu à coup de seaux remplis d'eau. Une bourrasque soudaine ébouriffa sa chevelure, tandis qu'il appuyait son dos contre le mur, les yeux à demi fermés par l'alcool et la drogue.
Mais subitement, il n'eut plus du tout envie de s'endormir.
C'était cette inconnue qui levait les bras, cette inconnue dont il pouvait voir le visage maintenant qu'il était révélé, cette inconnue qui semblait étrangement faire corps avec le vent. Il avait déjà halluciné bien des choses face à lui-même, mais jamais face aux autres, et ceci, c'était probablement son hallucination la plus forte depuis qu'il avait découvert qu'il avait un animal de compagnie métamorphe imaginaire. Castiel ne regardait pas les flammes lentement s'étouffer, la maison en ruines lentement s'éteindre : que la jeune femme, dont la cape sombre s'envola, révélant un corps mince dans une combinaison de cuir ajustée et des boucles blondes. Si blondes. Si claires. Un déclic se fit dans la tête du duc : Main de la Nuit. Juste ce nom qui tournait en boucle dans sa tête, s'associant au visage de la femme et de ses gestes, juste le vent qui sifflait autour de lui et qui contrôlait cet incendie déclenché par quelconque malheur de la populace, par quelconque inadvertance populaire.

Et le silence.
Le vide.
Son regard.

Elle était belle.
Le duc enleva son dos du mur et se recula un peu jusque dans une ruelle quand elle avança vers lui.
Elle était belle.
Elle était belle, avec ses yeux glacials, son visage constellé de sang et ses boucles, oh ses magnifiques boucles, striées d'écarlate, mèches impitoyables, et ce corps, ce corps à faire damner un saint, un corps sur lequel Castiel laissa descendre ses yeux noirs et insolents, ses lèvres s'étirant en un sourire malsain. Elle était là, magnifique, avec ce sang partout sur elle et ce visage qui semblait donner la mort à lui seul.

Il éclata de rire. Tout simplement. L'homme éclata de rire, d'un rire franc et pourtant méchant, un peu désincarné, à quelque part entre la moquerie et l'éclat simple. Il n'avait pas de mots, rien à dire, que ce rire intense et fort qui s'échappait de ses lèvres pleines. Il mit son beau visage entre ses mains, essayant de retenir ses hoquets, mais il les enleva bien vite de ses joues pour pouvoir applaudir.

    « Bravo, bravo, encore ! Quel spectacle, mademoiselle, quelle entrée ! Vous avez le sens du drame, du théâtre ! Quel dommage que vous veniez d'un endroit où l'on néglige malheureusement l'art... enfin, certaines formes. »

Un clin d'oeil alors qu'il se penchait pour s'appuyer sur ses genoux, son fou rire le reprenant jusqu'à lui couper le souffle, jeune homme en ivresse qu'il était. Il n'aurait su dire qui parlait en lui, ou si ce qu'il disait était vrai, mais il avait l'impression d'être incapable de retenir ses émotions et ses sensations. Tout ce qu'il pensait face à cette femme recouverte de sang ne pouvait se dire en public, il lui éclatait de rire au visage, alors que n'importe qui aurait été effrayé. Pas lui. Pas Castiel de Sombreflamme. Pas ce Castiel ivre et la tête folle de drogues diverses, pas ce Castiel fâché de sa blessure et du sang qu'il avait raté, pas ce Castiel qui déclenchait des incendies sans même s'en rendre compte, pas ce Castiel dont les pupilles cruelles brûlaient encore de ce feu intense en même temps que d'une lueur malsaine et égrillarde. Et encore moins ce Castiel insolent qui, au lieu d'être prudent et de se sauver en vitesse, s'avança vers la blonde sans crainte, avec toujours cet étrange sourire peu rassurant sur ses lèvres et une démarche souple, presque féline, une voix basse, résonnante.

    « Vous êtes splendide, ce soir. Le sang dans votre visage fait magnifiquement ressortir vos yeux, vous savez. »

Il le pensait, enfin une part de lui le pensait, une part de lui ne pouvait que dire cela. Aucune peur dans son attitude frondeuse et nonchalante, en confiance ; si quelque chose allait mal, il savait qu'il allait être là pour le protéger. Il ne le voyait pas, mais il était près de lui, elle était près de lui, il pouvait sentir sa queue puissante fouetter ses pantalons de velours salis pendant qu'il osait s'avancer jusqu'à moins d'un mètre de la blonde. Assez pour distinguer clairement le dessin des taches de sang sur ses lèvres pleines et attirantes. Ses lèvres formèrent un : « Main de la Nuit. » silencieux, alors qu'il haussait un sourcil.
Sérieusement, pour halluciner la Main de la Nuit sous la forme d'une demoiselle franchement baisable dans une combinaison de cuir moulante et capable de contrôler le vent, le stock de ce soir avait été meilleur que d'habitude. Il allait retourner à cet endroit : la force du produit valait amplement le prix qu'il l'avait payé. Un autre rire court et le duc ajusta sa chemise tachée de vin et de sang, se reculant jusqu'à s'appuyer contre un des murs de la ruelle, les yeux presque fermés et un sourire de contentement sur le visage. Ses émotions jouaient avec son corps, son corps avec ses émotions. Et l'alcool avec ses sens.


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MessageSujet: Re: the end begins here   Ven 25 Fév - 21:21

Il y avait quelque chose de profondément dérangeant chez cet homme. Il n'était pourtant guère impressionnant, à reculer dans la ruelle alors que j'avançais lentement sur lui – il n'était guère âgé non plus et devait avoir environ mon âge. Un pressentiment étrange pulsait dans mes veines alors que je l'observais de plus près, dans la lueur faiblissante des flammes mourantes. Les traits fins, le visage racé, il était séduisant. Plutôt grand, pas forcément très charpenté mais du genre à receler une force nerveuse impressionnante. Et son regard, douce Mère, son regard avait quelque chose d'implacable, alors qu'il me parcourait de haut en bas, pour s'attarder sur mon visage et sans doute en graver les traits dans son esprit. Le frisson qui me parcourut contenait deux messages. Le premier, c'était que j'aimais être observée ainsi, avec cet air vaguement approbateur et cette gourmandise de félin devant un bol de crème. La deuxième, que cet homme était dangereux. Réellement dangereux, malgré son aspect inoffensif : dangereux pour mon corps car il commandait au feu, même imparfaitement – dangereux pour mon esprit, car le sien était malade. En témoigna le rire syncopé qu'il émit, riant presque aux larmes dans ses mains fines. Et il avança vers moi, d'une démarche souple de prédateur, sans crainte visible – un fou, assurément. Il finit par s'appuyer au mur de la ruelle, sombre et hilare en même temps, les yeux presque fermés. Que dire, que faire ? Plusieurs solutions traversèrent mon esprit jusqu'à ce que j'en choisisse une appropriée.

Quelques pas rapides me ramenèrent vers le corps étendu de la nuque duquel mon poignard émergeait. Je l'en ôtai, essuyai lentement sa lame maculée de sang sur mes vêtements qui l'étaient tout autant, jouai avec quelques secondes, mes yeux clairs braqués sur le nobliau qui planait contre le mur, jouet de quelque drogue récréative. Le tuer ? Cela ne ferait que susciter des interrogations la Cour et je tenais à la tranquillité de la Main de la Nuit. Non, ce qu'il fallait, c'était le réduire au silence. Et quelque chose me disait que la force ne résoudrait rien. Il y avait bien trop de complexes éléments qui constituaient cet homme étrange, mon intuition me le soufflait. Que faire alors ? Hé bien, jouer sur sa faiblesse. Cette drogue qui semblait enivrer ses sens et égarer son esprit. N'importe qui aurait frémi en identifiant un agent de la Main de la Nuit – lui pourtant avec semblé s'en amuser. Me prenait-il par hasard... pour une hallucination ? Intéressant. Hallucination il me voyait, hallucination je serais donc.

Rengainant l'arme à ma ceinture, mal à l'aise de me sentir dévoilée, j'avançai vers lui, de la démarche paisible de l'assassin qui ne craint personne sur son propre terrain. Le sang de ma victime avait traversé la tunique de coton que je portais sous le cuir de mes habits, et sentir le tissu coller à ma peau, c'était... jouissif, pas d'autre mot. J'aimais donner la mort, j'aimais sentir le sang sur moi – celui des impurs, des traîtres, des corrompus. Je sentais son odeur fade dans mes cheveux qui s'agitaient dans la brise – cela aussi, c'était agréable. Un signe de plus que j'avais ce soir porté ma mission à terme. Je m'approchai de l'homme – bien plus que lui ne s'était approché de moi, jusqu'à pouvoir presque toucher son nez du mien. De près, il semblait vraiment ailleurs. Son haleine sentait l'alcool et le tabac – ses yeux aux pupilles largement dilatées disaient bien à quel genre de jeux il aimait s'adonner.

« Main de la Nuit en effet. Je suis le fruit de votre esprit, l'enfant de votre sublime déraison. Hallucination... »
J'avais murmuré le dernier mot contre son oreille, mes lèvres maculées de sang en effleurant à peine le lobe. Je reculai légèrement – levai rapidement les yeux pour croiser les siens, rien qu'une seconde – puis posai les doigts sur la plaie de son bras, à travers la déchirure du tissu. Je les ramenai vers moi tâchés de sang – de son sang. Je léchai lentement le bout de mon pouce, le regard à nouveau fixé sur le sien, puis tendis la main et passai les doigts sur ses lèvres, les barbouillant de son propre fluide vital. Le baptême rituel de la Confrérie Noire – goûter à son propre sang de la main d'un Initié. C'était le signe accordé par les assassins pour laisser vivre ceux de leurs témoins qu'ils marquaient ainsi – le premier jalon sur la longue route de l'initiation. Bien sûr, lui n'en savait rien. Je me contentais de justifier ma clémence en le marquant, comptant sur mon geste inattendu pour égarer un peu plus son esprit enfiévré.

« Le sang vous va bien, seigneur assassin. Les morts se comptent en nombre sur votre chemin... »
Un domestique, deux malandrins, et toute une famille dans l'incendie de leur maison : assurément, cet inconnu portait la mort en cadeau. Notre Mère de la Nuit lui sourirait avec enchantement, et je ne pouvais m'empêcher d'être malgré moi fascinée, par cet homme qui involontairement semblait forcer la Destinée...
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MessageSujet: Re: the end begins here   Ven 25 Fév - 22:07

Elle ne répondait, la jolie blonde en cuir, elle se contentait de le regarder, de le détailler tout comme le duc le faisait avec elle, satisfaisant son regard gourmand de ses courbes. Les yeux finalement fermés, le sol tanguait quelque peu sous ses pieds, il l'entendit plus qu'il la vit aller chercher le poignard planté dans la nuque de l'homme mort au sol, mais il osa rouvrir ses yeux noirs quand il entendit les pas s'approcher de lui. Et elle s'approcha, oh que oui elle s'approcha, au point qu'il frôle son visage du sien, qu'il puisse discerner, avec une accuité affolante, chaque strie de son iris, le grain de sa peau, chaque dessin délicat du sang sur son visage. La drogue avait cette faculté de mettre ses sens en éveil, ou encore de les endormir, et actuellement, il était très réceptif à ce qu'il l'entourait. À ce qui le côtoyait de très peu, comme cette jeune femme dont il sentait la chaleur corporelle, même au-travers de ses vêtements mouillés de sang.
Un long frisson sur sa nuque en sentant ses lèvres effleurer le lobe de son oreille, ses mots lui faisant échapper un gémissement bas et appréciateur, sourd car venant de sa poitrine plus que de sa gorge. Oh, hallucination divine qui s'adressait à lui, comme tu es désirable... Sa respiration s'accéléra lorsqu'elle mit rapidement sa main sur la blessure de son bras, tient il l'avait oubliée celle-là, ramenant vers elle des doigts tachés de son sang d'un rouge sombre, un sang fluide.

Lentement, en le regardant dans les yeux, elle lécha son pouce, recueillant de cette langue rose et apparemment douce le sang, goûtant son fluide vital. Pour l'amour du ciel. Être en état, Castiel aurait probablement eu une érection, mais actuellement, malgré ses envies les plus perverses, il n'était en état de rien du tout. Et surtout pas de s'adonner à des loisirs sexuels.
Le goût de son propre sang sur ses lèvres. Il fut surpris. Il avait déjà goûté à son sang, en se coupant par exemple, mais cette fois était différente. Même le goût de son hémoglobine était différent. Plus coriace, plus salé, sans être amer. Le geste était en lui-même infiniment sensuel, complément de celui précédemment fait par la jeune fille, et il ne savait que dire que sa signification possible, outre que le tout emportait son esprit embrouillé loin. Bien loin.

    « Le sang vous va bien, seigneur assassin. Les morts se comptent en nombre sur votre chemin...
    - Et les vôtres en milliers, par delà les montagnes et les duchés, ils font muraille de larmes et de leur corps vos meurtrières armes. »

Des vers. Des vers de son duché, encore. Des vers dédiés à la guerre, des vers qui s'appliquaient maintenant, qui s'appliquaient à cette voix rauque qui murmurait ces mots comme une prière. Il continuait ce qu'elle disait, il était le complément de sa pensée dangereuse et meurtrière.

Castiel ancra ses yeux dans les siens. Ses yeux fous, sauvages, alors que sa langue léchait sur ses lèvres son sang, goûtant encore plus le liquide écarlate, sa main qui se levait pour se glisser sans peur sur l'épaule de la blonde. Puis sur sa nuque, sous ses cheveux trempés de sang, pour savourer la chaleur et la douceur de sa peau, avant de se glisser sur ce cou pâle et mince, au port altier. Ce visage halluciné lui rappelait quelqu'un, il n'aurait su dire qui actuellement, mais définitivement, elle lui disait quelque chose. Cette pensée égarait encore plus son esprit et il ne put que rire, d'un rire plus clair que son précédent. Moins désincarné. Moins effrayant. Mais tout aussi inquiétant. Le duc de Sombreciel se décolla du mur, s'appuyant involontairement sur la blonde -oups son corps était collé au sien comme c'était triste et malencontreux. Il reprit son équilibre doucement, il pouvait encore sentir le doux fauve à ses pieds le retenir d'un tendre claquement de queue sur ses jambes pour l'aider à reprendre possession de ses esprits, et leva le menton pour regarder la rue.
La maison avait entièrement brûlé.
Un hochement désapprobateur.

    « Il y a des gens vraiment peu précautionneux. »

Conscience de rien. Et encore moins de ses pouvoirs.
Son beau visage mince se tourna vers la dame recouverte de sang, levant encore la main, cette fois pour caresser sa joue tavelée de taches écarlates.

    « Et vous, douce hallucination, dormez-vous entre draps de soie ou draps de sang ? J'ai les deux à ma main et... bien plus... »

Un léger haussement de sourcils. Il ne porta pas attention au feulement animal qui s'échappa de son animal, pourquoi donc n'appréciait-il pas cette charmante demoiselle ?, l'ignorant tout simplement. Tant qu'il restait invisible, tout allait être parfait. Son pouce s'égara aux lèvres de la jeune femme et ses pensées également.
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MessageSujet: Re: the end begins here   Ven 25 Fév - 23:38

Égaré, perdu, enivré, tourmenté – il était tout cela à la fois, l'incohérent petit seigneur fragile mais pas si vulnérable qui s'appuyait au mur, les yeux dans le vague. Sa réponse à mon murmure me laissa... pantoise. Je connaissais ces vers. Je les avais appris petite, avec mon précepteur, et c'était Sigvald qui m'en avait expliqué le sens : une ode à la guerre, avait-il dit, une offrande de sang et de larmes aux soldats, l'hommage d'un peuple à ses combattants. Et souvent, ils me revenaient en mémoire. Leur rythme martial avait marqué mon âme d'enfant, et mes actes au sein de la Confrérie Noire les faisaient revenir à ma mémoire de temps à autre. Les entendre dans la bouche de ce noble, victime désignée, c'était... étonnant. Et en un éclair, soudain, tout se mit en place Ses vociférations précédentes. Sa promptitude à manier la langue et à oraliser des incohérences sublimes. Poète, mais plus que cela. Clairement un Cielsombrois. Et ses habits bien coupés, et son maintien inconsciemment dédaigneux, et sa philosophie devant la mort d'un serviteur – les rumeurs avaient fait le tour de la Cour et j'en avais entendu quelques-unes pendant mes incursions au château. Si mon intuition était correcte, j'avais fort bien fait de ne le point occire sans autre forme de procès.

« Glorieuses vies fauchées, pour tant de promesses brisées – cortèges de veuves éplorées et de familles abandonnées,

A la lame sombre d'un assassin, porteur de si cruel destin, pour avoir poursuivi en vain l'éclat d'un serment orphelin... »

Les deux derniers vers de l'Ode du Martyr. Les deux que chaque fois mon frère me faisait répéter, s'assurant que j'en saisissais bien toute la portée – que je savais combien les guerres étaient injustes, et que si les soldats défendaient leur seigneur, souventes fois le seigneur abandonnait ses soldats. Pour que je devienne un jour peut-être une duchesse digne des siens, dévouée à son peuple et à sa sécurité, avant toute autre chose. C'était en partie pour cela que ma mission au sein de la Confrérie Noire me passionnait autant – sans doute pour cela que j'avais choisi de souiller mes propres mains plutôt que de confier cette charge à mon frère ou à mon sénéchal. J'étais Svanhilde Nightingale, mage et assassin, duchesse et Oracle – et j'avais en moi la force d'embrasser mon destin. Au loin, l'esprit d'Adaria fit écho à ma résolution, et je reportai mon attention sur ce noble si surprenant.

Ce noble qui ne semblait pas me craindre et me considérait visiblement comme un pur produit de son imagination délirante. Il lécha le sang que j'avais étalé sur ses lèvres – une pulsion me poussa à faire de même pour les miennes. Le goût cuivré familier était étrangement rassurant. Ce n'était pas mon propre sang qui avait coulé, cette nuit. Sa main glissa sur mon épaule, ma nuque, mon cou – au moment où j'allais me dégager, mal à l'aise, il décolla du mur et se colla contre moi, perdant l'équilibre. Chute en apparence malheureuse et malencontreuse – j'hésitais à lui infliger une claque tout aussi hasardeuse, pas dupe, lorsqu'il se redressa et émit un commentaire surprenant sur la maison. Il n'avait donc pas conscience de son don ? De plus en plus intéressant... Il leva la main, à nouveau – la posa cette fois sur ma joue, son pouce s'égarant sur mes lèvres qu'il regardait d'un air gourmand, me mettant plutôt mal à l'aise. J'étais peut-être une hallucination à ses yeux, mais en un sens c'était pire : il adoptait une conduite qu'il n'aurait sûrement pas eue s'il avait été réellement conscient de ma présence. Sa question appelait réponse, toutefois, et à la question seulement, pas à l'invitation qui se cachait derrière. Je dégageai doucement les lèvres de ses doigts, reculant à peine la tête alors que mes yeux clairs rencontraient ses prunelles sombres.

« L'un n'exclut pas l'autre, pourquoi devoir choisir ? Je puis me faire caressante ou brutale, douce ou sauvage – vous l'avez pu constater, seigneur duc. Je suis le reflet de votre esprit, je suis à votre image, Castiel de Sombreflamme... »
J'étais certaine d'avoir affaire au duc instable du duché de l'Esprit. Poète et toxicomane, brillamment intelligent et ravagé par la drogue : tel il était dépeint, et tel était-il en réalité. Inconséquent et fantasque. La lueur de folie dans son regard ne trompait point – et cette magie du feu qui semblait inscrite au cœur de la lignée de Sombreflamme, à en croire les vieilles, très vieilles archives de la Confrérie Noire. J'enserrai ses bras de mes mains, juste au-dessus de ses coudes, et me rapprochai de lui, jouant toujours le rôle d'une hallucination éphémère. Jusqu'où sa clairvoyance pouvait-elle aller alors qu'il était sous l'influence des stupéfiants ?

« Vous connaissez mon nom, vous savez qui je suis. Je suis issue de votre esprit. Dites mon nom... »
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MessageSujet: Re: the end begins here   Sam 26 Fév - 15:56

Comme ces vers de l'Ode du Martyr sonnaient bien lorsque dits par cette bouche ! Tant de fois il les avait entendus sans jamais les écouter, les Cielsombrois étant stratèges plutôt que guerriers, et cette fois, ils résonnaient en lui, leur portée prenant toute son ampleur dans l'esprit embrumé de Castiel. Le visage de la blonde se dégagea de son toucher caressant et dérangeant, fuyant ces doigts impolis qui se permettaient bien moins que ce que l'esprit qui les contrôlait aurait voulu faire, et pourtant plus que ce que sa raison aurait ordonné. Elle avait les yeux clairs et vifs, tout le contraire des siens dans le moment présent.

    « L'un n'exclut pas l'autre, pourquoi devoir choisir ? Je puis me faire caressante ou brutale, douce ou sauvage – vous l'avez pu constater, seigneur duc. Je suis le reflet de votre esprit, je suis à votre image, Castiel de Sombreflamme... »

Oooh. Un large sourire se peignit sur les lèvres encore légèrement souillées de sang du jeune homme. Son nom sonnait également très bien dans la bouche de la blonde, prononcé par ces lèvres. Point difficile de deviner qui il était, duc excentrique à la poésie aussi vive que la folie, ainsi entendre son nom lui mettre faisait le doigt sur l'identité de son hallucination. Par l'esprit défunt de son lâche de père. Avait-il raison ? Les mains qui serrent ses bras et le rapprochent encore de ce visage, qui devient soudainement sombre et effrayant, déformé par les ombres. Encore le feulement félin, menaçant, ses lèvres qui s'entrouvrent, comme pour émettre une bien silencieuse protestayion.

    « Vous connaissez mon nom, vous savez qui je suis. Je suis issue de votre esprit. Dites mon nom...
    - Entendez au loin le cri de leur triste sort
    Nightingale n'est plus, Nightingale est... mort.
    »

Une voix rauque et étranglée, alors que ses yeux semblaient paniquer devant le visage désormais horrible et laid devant lui. Il l'avait dit. Le nom. Le mot. Le chant de Nightingale, certains étaient morts pour avoir osé chanter ces mots, pour les avoir hurlé au visage d'un Empereur vil et mesquin, pour encore protester dans ce duché qui avait la vengeance et l'amertume en drapeau depuis deux cent ans. Castiel dégagea ses bras de l'emprise des mains de Svanhilde -oui, il pouvait mettre un nom sur ce beau visage. Svanhilde. Elle était venue à lui dans ses rêves fous pour supporter l'inexorable quête de sa folie vers la noirceur, elle était là, déesse barbare recouverte du sang de ses fidèles et de la mort, elle était ici, pour lui, pour satisfaire le courroux de son peuple à travers son âme déchirée. Le silence qui frappait dans ses tempes comme un marteau et il dut s'appuyer de nouveau au mur pour comprendre lui-même l'ampleur de sa propre révélation. Il pourrait enfin dire que cette femme n'existait pas, qu'elle n'était que produit de l'imagination tordue de son Empereur, et non pas être de chair et de sang.

    « Comme la Mort est belle, sous vos traits... »

C'était respectueux. Comme si le Castiel charmant et éduqué reprenait à peine de contrôle sur ce corps fou. Il rabattit les mèches noires de ses cheveux derrière ses oreilles, dégageant son visage, essayant de ne pas porter attention à ce qu'il lui disait. Il ne l'aimait, il aurait aimé la voir partir, et même s'il s'était éloigné, il sentait sa présence menaçante. Menaçante pour la santé de son mage qui n'en savait rien. Pour sa santé mentale, surtout. La présence de cet ange de la mort chamboulait les deux personnalités du duc et lui faisait se demander ce que cette apparition signifiait pour lui : était-ce un signe du Destin ? La fatalité ?

    « Vous me voyez honoré de votre présence, mademoiselle Nightingale. Vous êtes bien aimable de m'accompagner dans mes pas. Pardonnez mes... égarements... »

Il prit sa main, fine comme celle de la noble qu'elle était, et la porta à ses lèvres, en un baise-main doux, et pourtant si contradictoire, avec ces yeux malins et ce sourire malicieux. Le mélange si souvent visible du Clair et du Sombre.


Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Ven 15 Juil - 21:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: the end begins here   Mar 1 Mar - 16:51

Le chant de Nightingale. Mon cœur se serra brutalement alors que l'adrénaline soudain se remettait à pulser dans mes veines. Le chant de Nightingale. Fruit de quelque partisan héroïquement fidèle à mon nom et à ma lignée, glorieusement tombé dans l'oubli alors que son œuvre, elle, passait à la postérité. Et alors qu'elle racontait le trépas de notre souveraine bien-aimée, Eimaren l'Assassinée, on se la transmit sous le nom de chant de Nightingale, car elle retraçait également le combat tragique du duc en poste, Archimage de Dragonvale, et de son épouse, Première Magicienne de la reine. Mes ancêtres. Massacrés. Sacrifiés par cet imposteur, ce tyran sanguinaire qui n'avait fait qu'écraser l'Empire et mon duché sous sa botte. Exécutant les derniers enfants de ma lignée – tous sauf un, Vanceslas, l'orphelin. Vanceslas Nightingale, le fondateur de la Confrérie Noire.

Je me réclamais plus de son héritage que de celui de ses parents, quand bien même les deux coulaient en moi à profusion. Et lui, ce petit duc à l'esprit si vacillant, savait-il que ses ancêtres avaient toujours détenu la magie du feu, par intermittence dans leur lignée remontant à la nuit des temps ? Sûrement pas. C'est un fait qui avait été soigneusement occulté depuis l'accession d'Augustus au trône d'Arven. Il n'avait pas conscience de son talent... et pourtant il avait reconnu le mien. Me nommant par mon nom. Et il connaissait les anciens chants du savoir, ces œuvres poignantes datant de l'avènement du tyran et qui frappaient de la peine de mort quiconque osait les chanter. Le chant de Nightingale... savait-il au moins que, ces deux cents dernières années, c'était le serment d'allégeance que nos sénéchaux avaient choisi de nous prêter ? Sigvald soupçonnait d'ailleurs l'un d'eux d'avoir composé cette flatteuse ode à notre sacrifice. Et de fait, cette ode, je la connaissais par cœur, tant elle bercé mon enfance.

« Entendez au loin le sang de leurs veines tranchées
Nightingale n'est plus, Nightingale a lutté.
Entendez au loin leurs enfants massacrés
Nightingale n'est plus, Nightingale est tombé.
Entendez au loin le cri de leur triste sort
Nightingale n'est plus, Nightingale est mort. »
A mi-voix, juste pour moi, le fantôme d'une larme qui ne coulerait jamais suspendu au coin de mes cils. Tant d'âmes qui hurleraient vengeance depuis l'autre monde, tant d'enfants fauchés par la vindicte aveugle d'un tyran effroyablement impitoyable. Vengeance serait tirée. Au nom d'Arven, au nom de Nightingale. Pour mon duché et ses enfants. Il le fallait. Et voilà... C'était là. A la limite de ma perception. La Svanhilde froide et déterminée, la déesse incarnée de la mort et de la justice – l'Oracle de la Main de la Nuit qui déployait ses ailes noires dans l'obscurité pour frapper les cibles qui avaient eu l'insolence de bafouer le peuple des Huit Duchés. La femme qui se laissait maculer du sang des autres sans ciller – la femme qui aimait cela. J'étais pleinement cette guerrière farouche, et j'en étais même fière. L'approbation silencieuse d'Adaria, quelque part dans les tréfonds de ma conscience, me portait en avant. J'appréciai l'expression du petit duc. Il me connaissait, ou du moins connaissait celle sur laquelle il imaginait fantasmer. Évidemment, depuis la disparition de Shivering Soul des deux derniers Nightingale et de leur sénéchal, l'empereur avait dû nous faire discrètement rechercher et les sources d'information de Sombreciel avaient dû renseigner Castiel. Mais bien malin qui saurait nous trouver...

Un compliment bien tourné. J'en fus flattée. Il savait joliment parler, en courtisan chevronné, et plus d'une fois sa langue agile avait dû le sortir de quelque mauvais pas. Suivit un baisemain tout à fait acceptable d'un duc à une duchesse – puisque de fait nous l'étions l'un comme l'autre, même s'il me pensait tout droit sortie des méandres de son cerveau perturbé. J'inclinai gravement la tête en réponse, comme si nous nous étions trouvés sur les dalles de marbre du Palais Impérial, richement parés, et non pas au fond d'une ruelle mal famée, lui imbibé d'alcool et moi toute ensanglantée. Mais l'ange de la mort que j'incarnais à ses yeux pouvait bien le gratifier de quelques minutes supplémentaires, n'est-ce pas ? Je posai donc la main à plat sur son avant-bras, le laissant me guider dans le dédale des ruelles qui constituaient les bas-fonds de Lorgol. On ne nous agresserait pas, j'en étais à peu près persuadée. D'abord parce que le poignard de la Confrérie Noire à ma ceinture était un avertissement clair, et que l'aura de danger vigilant qui m'entourait était presque palpable. Une seconde aura provenait du petit duc – pas vraiment de lui, mais de quelque chose derrière lui. Je soupçonnais la présence d'un Familier, mais sans preuve... difficile de m'avancer. Ensuite parce que tous aux alentours savaient maintenant plus ou moins qui j'étais et ce que je représentais. Ce nom si étourdiment prononcé tout à l'heure ouvrait encore bien des portes et créait des sympathies. Tremble, tyran, sur ton trône sanglant : les Nightingale sont à Lorgol. Nous avançâmes en silence pendant environ une minute, lorsque soudain je n'y tins plus. J'avais la sensation cruellement désagréable d'un regard hostile sur ma nuque, et le mal-être d'Adaria était évocateur. Félin, indéniablement. Gros chat, très gros chat même.

« Laissez-moi deviner. C'est un lion, n'est-ce pas ? Ou un tigre ? » La noirceur de ses prunelles soudain me revint à l'esprit. « Ou une panthère, peut-être ? Ai-je raison ? »
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MessageSujet: Re: the end begins here   Mar 1 Mar - 21:36

Gracieusement, elle posa la main sur son bras, acceptant ainsi l'idée d'accompagner ses pas dans Lorgol pour bientôt retourner au palais, complétant le couple éclectique et inquiétant qu'il étaient dans l'instant. Elle toute de sang vêtue, lui d'alcool bien imprégné, et sur leurs visages graves, la noblesse qui semblait s'épanouir sous tous leurs traits, qui semblait faire partie d'eux. Une minute de silence, le bruit de leurs pas sur le dallage de la ville, les yeux sombres de Castiel qui se posent sur les maisons abandonnées, les chats pendus aux fenêtres dans leur sommeil.

    « Laissez-moi deviner. C'est un lion, n'est-ce pas ? Ou un tigre ? Ou une panthère, peut-être ? Ai-je raison ?
    - Ça dépend des- attendez, vous le... vous le voyez ? »

Oulà. L'homme s'était arrêté net dans sa marche, dévisageant la blonde avec incrédulité. Pourtant, il ne s'était pas montré, pas un poil, pas une moustache. Peut-être hallucinait-elle également ? Les hallucinations pouvaient-elles se voir entre eux ? Ça expliquait pourquoi il ne l'aimait pas, ah ça oui alors... Au fond, ses hallucinations avaient une vie bien à elles.
C'était assez étrange. Effrayant, même.
Il regarda dans la direction où le félin s'était couché en position d'attaque. Il ne le voyait pas, mais il savait qu'il était là, et il pouvait sans problèmes savoir comment il était couché. Ses prunelles qui brillaient dans la lune, la queue fouettant l'air impatiemment, les griffes râclant le sol dur, les muscles bandés, prêts à sauter sur cette intruse qui ne lui plaisait pas. Pourtant, à Césaire, il ne faisait jamais rien, et ce domestique était infiniment plus louche et réel que cette jeune femme. Le duc secoua la tête, en signe de découragement affectueux ; il adorait cette bestiole, même si elle n'était pas réelle.

    « Désolé, ma question était irréfléchie. Vous êtes du même monde, après tout. Son visage s'approcha du sien une légère seconde, avant de reculer. Et dites-moi, quel bon vent vous emmène en Lorgol la cruelle ? »

Commentaire doux-amer ; il détestait Lorgol, cette prison dans laquelle il vivait depuis deux ans. Bientôt, bientôt il quitterait. Restait seulement à saisir la bonne opportunité pour pouvoir retourner vivre dans son duché qui lui manquait tant, dans son Euphoria délicieuse. Sa main libre vint prendre le menton de la duchesse entre ses doigts, tandis que sa voix se faisait murmure :

    « Quelque chose me dit que ce n'est pas uniquement pour sauver les innocents de leur maladresse... »

Que non. Pas pour sauver de pauvres gens d'une maison en feu, pas pour accompagner son esprit halluciné jusqu'au palais, pas pour le sauver de la folie dans laquelle il était déjà suffisamment enfoncé pour faire peur à n'importe qui. Le duc de Sombreciel, dans cet instant, passait sans s'en rendre compte de sa part la plus sombre à la plus claire, créant un mélange irrévérencieux de politesse étrange, de manières épuisées et d'aura malfaisante sans être nécessairement dangereuse. Il gardait son visage aux traits bien découpés à une distance dérangeante de celui de Svanhilde, sans toutefois laisser ses mains se promener sur ces courbes pourtant attirantes, il proférait des poèmes de mort avec la même classe qu'il aurait participé à une joute de jeux de mots. Son visage s'approcha encore un peu plus, son nez effleura celui de l'Ange de la Mort, sa main glissant à son cou pour en sentir le pouls sous la pulpe de ses doigts. Magnifique. Tout simplement magnifique. Au lieu de se risquer à un geste à fort potentiel de gifle violente, il laissa plutôt son souffle et sa bouche dévier vers son oreille, son cou gracieux taché de sang, sans la toucher néanmoins, sa main étant sagement revenue sur le côté de son cou. Désir de la mordre dans le cou, doucement, de goûter cette peau salée d'écarlate, de se satisfaire de cette chair si attirante. Ses dents effleurèrent même leur but, sans oser y toucher.
Le Clair sembla reprendre contrôle sur lui et il s'écarta, avec lenteur, reprenant lentement leur marche, détournant le regard, comme gêné de cet écart de conduite. Il passait du tout au tout sans prévenir ; il restait toutefois sous sa forme la plus imposante, signe évident de qui menait ce corps et cet esprit ce soir. Sa tentative d'approche n'était d'ailleurs pas passée inaperçue et il pouvait sentir la chaleur du félin, qui le suivait désormais pas à pas, et dont il savait les yeux sauvages posés sur Svanhilde. Charmant.
Raclement de gorge, sourire éclatant.

    « Donc : qu'est-ce qui vous emmène en Lorgol ? »


Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Ven 1 Avr - 22:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: the end begins here   Dim 6 Mar - 19:03

J'avais apparemment touché juste sur une de mes suggestions. La manière dont il avait bondi me laissait à penser qu'il connaissait bien la créature qui hantait ses pas. Et apparemment, il me rangeait dans le même sac. Hallucination. Il n'avait donc conscience ni de ses talents de mage, ni de son Familier. Mais alors, pas de contact en pensée ? Pas de communication non-verbale comme c'était le cas avec mon Adaria ? Un curieux sentiment de tristesse m'étreignit le cœur. C'était dommage. Sans la présence désormais habituelle de ma gracieuse cygne dans mes pensées, je me sentirais tellement seule... Écartée, réprouvée, isolée. Un Familier, c'était une présence chaleureuse et réconfortante, c'était l'approbation autant que les conseils, le regard doux d'une mère et la critique réfléchie d'un ami. Lui, apparemment, n'avait rien de tout cela. Je ne relevai pas et continuai à avancer à son côté, me demandant où cette promenade insensée allait nous mener. Il fallait tout de même que je le renvoie chez lui – il ne pouvait continuer à errer dans les rues, et il fallait lui inspirer la crainte de la Main de la Nuit, de ce sang que vous versions et qui pouvait fort bien se révéler le sien, un jour prochain.

Mes pensées s'évaporèrent et éclatèrent comme des bulles de savon alors qu'il s'approchait soudain de moi. Son nez frôlant le mien, ses doigts sur mon cou, puis l'effleurement de ses lèvres, de ses dents. Instant de stress intense. Le sang courut soudain bien plus rapidement dans mes veines, galopant furieusement alors que l'adrénaline envahissait mon système. Je sentis l'approche d'Adaria qui réagissait à ma panique – et je m'en réjouis, égoïstement. D'une pensée, je lui intimai de se tenir à l'écart du sol quand elle arriverait, la présence du félin non-identifié m'inquiétant. Sans s'excuser, mais tout de même l'air un peu gêné, le duc reprit sa marche. Figée, je n'avais pas bougé, et lorsqu'il se tourna vers moi le sourire aux lèvres, j'aperçus dans ses yeux cet éclat de ténèbres qui parlait si fort à mon essence de meurtrière. Ténèbres séductrices, regard tentateur – mais son geste avait été déplacé, et en fait, il prit de plein fouet la gifle magistrale que mon corps lui administra sans l'accord de mes pensées. Et tandis qu'Adaria, au mépris de toute prudence, se rendait visible à ses yeux et planait silencieusement au-dessus de nous, je dégainai mon poignard et avançai vers Castiel, mortellement sérieuse, jusqu'à le plaquer contre le mur. La pointe de l'arme sous son menton, je laissai mes propres ténèbres affleurer dans mon regard alors qu'Adaria se posait sur un toit derrière moi. Je savais que ses plumes immaculées étaient lentement en train de se teinter de noir, alors que le goût du sang prenait petit à petit possession de moi.

« Ce qui m'amène à Lorgol la sombre, c'est le meurtre, monseigneur. Ce qui m'amène dans ces ruelles, c'est la mission qui est la mienne : traquer, trouver et tuer les ennemis de la liberté. Jusqu'au jour où c'est dans la gorge du tyran que je plongerai ma lame. »
Un doux cri émis par ma Familière perchée là-haut, hors d'atteinte du félin, souligna la solennité de mes propos. Dans mes veines, le pouvoir pulsa, alors que je me plaquai étroitement contre la musculature discrète mais bien présente de Castiel, l'immobilisant de tout mon corps alors que mon poignard traçait une ligne écarlate sur sa gorge. Je pouvais le tuer d'une simple torsion du poignet, et même si son Familier se jetait sur moi, il ne pourrait rien faire avant que je ne lui tranche la gorge. Je finis cependant par reculer d'un pas, le lâchant, et passant délibérément la langue sur la lame de mon arme, y goûtant son sang. Barbare, oh oui, tellement ! Mais n'étais-je pas cette déesse de l'obscurité, cette voix désincarnée qui portait la mort aux coupables et luttait pour les opprimés ? J'étais Svanhilde Nightingale, Oracle de la Confrérie Noire, duchesse de Nightingale et magicienne. La faiblesse n'entrait pas dans mes attributions - et à cette idée, le cygne perché si haut derrière moi étendit ses ailes redevenues éclatantes de blancheur, épousant mes pensées.

« Ne jouez pas avec moi, duc de Sombreciel. La lignée de Nightingale ne se laisse pas manipuler et si vous devenez un obstacle, la Main de la Nuit disposera de vous.. »

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MessageSujet: Re: the end begins here   Ven 1 Avr - 23:11

Elle le gifla. Une gifle forte et douloureuse, qui laissa sur sa joue pâle une marque rouge de doigts fins, qui le fit grincer de douleur et porter la main à sa joue, pour cueillir cette douleur comme on cueille une fleur, une plante carnivore. Le mur se présenta bien vite à son dos, ainsi que le poignard sous sa gorge et le grondement rauque et sourd de sa panthère, qu'il arrêta d'un simple geste de la main. C'était trop risqué, risqué, un peu, peut-être, et ses yeux sombres semblaient devenir des gouffres qui absorbaient le visage de la blonde pour le multiplier des milliers de fois, encore et encore, comme un cauchemar terrible et récurrent. Il était perdu dans la contemplation de ses traits et ses paroles semblaient divines à ses oreilles perclues de sang et de douleur, la claque retentissait encore sur et dans sa peau, il était un objet de chaleur et de frissons -de peur ou d'appréhension ?- qui se manifestaient en sentant le corps de la déesse se plaquer contre le sien. Le meurtre, la liberté, le tyran et les mots qui s'emmêlent dans son esprit. De déesse elle devint démone, prenant des couleurs inhabituelles, tandis que la lame de son poignard traçait sur sa gorge la ligne fine de sa maladie mentale, marquant son cou pâle d'une rencontre qu'il croirait à jamais et à toujours sortie de sa folie.

La peur avait pris possession de ses entrailles, mêlée à cette fascination malsaine que la créature de la nuit générait chez lui. Il était un être curieux. Jamais encore une hallucination ne l'avait attaqué. Blessé. Frappé.

    « Ne jouez pas avec moi, duc de Sombreciel. La lignée de Nightingale ne se laisse pas manipuler et si vous devenez un obstacle, la Main de la Nuit disposera de vous.
    - Qui donc parle de jeu ? »

Un murmure pour lui-même, fasciné par cette langue gourmande qui dégustait son sang bleu. Par réflexe, il passa sa langue sur ses lèvres. Ses doigts dans son cou. Des taches de sang sur ses doigts. Et soudainement, le froid de février sur ses bras. Le duc avait oublié son manteau long, au cours de sa soirée, il était en simple chemise et il remarquait pour la première fois les frissons de ses bras et ses lèvres qui lentement devenaient bleues. Il vint se frotter contre ses jambes, toujours invisible aux yeux de tous, réchauffant le maître de cette hallucination. Castiel se décolla du mur et enleva les cheveux de devant ses yeux, réussissant à garder une allure digne. Malgré les habits déchirés et tachés de sang, de terre, de boue, les cheveux en bataille, la joue rougie de la précédente gifle, les frissons sur sa peau, ses lèvres violacées de froid, il avait toujours le regard hautain, le menton haut. Comme si le Clair restait toujours présent dans la débauche de ce corps qui n'appartenait déjà plus à son propriétaire.

Ses yeux captèrent le cygne blanc.
Les yeux de la Main de la Nuit.
Le sang qui tachait ses lèvres, comme un vin écarlate.

    « Qu'ai-je donc dit qui fasse de moi un obstacle, votre Altesse ? Votre jugement est bien rapide et votre lame encore plus. »

Il n'était pas pour Augustus, n'était-ce donc pas évident ? Personne ne pouvait sérieusement soutenir un personnage aussi exécrable. Même les plus hypocrites, même les de Bellifère, ne pouvaient dire la vérité à ce sujet. C'était la liberté, la vie, la vie, la liberté ! Le jeune homme sentit la panthère se placer entre eux deux, désirant nettement que son maître, enfin ?, ne s'approche plus de la jeune femme. Il savait ses yeux dardés sur la blonde, tout comme il sentait la queue puissante fouetter ses jambes avec régularité. De toute façon, son bon côté ayant repris un certain contrôle, et lui ayant reçu une claque, il allait rester un peu plus distant...
... pour l'instant.
Chat échaudé craint l'eau froide ? Rien de plus faux pour Castiel de Sombreflamme, aussi inconscient qu'irréfléchi dans certains moments. Un signe de la main et le félin se plaça à sa droite, quittant avec mécontentement sa place entre eux. Pas un pas, toutefois. Cette distance, il préférait la maintenir de lui-même, voilà tout. Dans une immobilité moyennement assurée, ses mains qui tremblent, son visage toujours plus pâle de froid. De duc dépravé et assuré, il passait à jeune homme vulnérable et frondeur, aussi friable qu'une branchette glacée par le froid. Dans son esprit, la peur flottait avec l'excitation et l'envie, avec le désir et le doute, l'illusion. Malice.

    « Permettez-moi au moins d'utiliser ma langue avant que vous ne vous prenne l'idée de me la couper, ma dame. »
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MessageSujet: Re: the end begins here   Dim 3 Avr - 21:36

Cet être était dangereux. Tous mes instincts me le criaient. Dangereux pour ma mission, parce qu'il m'avait vue, identifiée, et reconnue. Dangereux pour ma nature de femme, parce qu'il m'attirait, ma fascinait, attisait ma curiosité. Dangereux pour ma survie, parce qu'il était vulnérable, inconscient, et fantasque. Il pouvait attirer les ennuis en un clignement d'yeux, et je n'aurais d'autre choix que m'exposer pour le défendre, ou me préserver en l'abandonnant aux malandrins qui foisonnaient la nuit dans les bas-fonds de Lorgol. Le comble de la lâcheté, j'étais bien d'accord avec vous sur ce point. Mais je n'avais pas vocation à me faire bonne d'enfant ni garde du corps. Pourtant, il me faudrait bien escorter ce duc trop gâté jusqu'à chez lui... Duc. Il y avait quelque chose de régalien effectivement dans son maintien, dans le port de sa tête. Il l'avait peut-être enfouie sous l'ivresse, la drogue et la luxure, mais son éducation de jeune homme bien né et bien titré était toujours là, et le sang ne saurait mentir. En sa présence, je me sentais duchesse à nouveau. Noble et royale par mon nom et le sang de ma lignée. Dangereux, Svanhilde, dangereux... Et il continuait ses insinuations. Je laissai alors l'héritage de ma lignée se répandre en moi. La fierté de mes ancêtres dans mes veines, leur force dans mon regard, dans mon menton levé. Adamantine. Inébranlable.

Il contrôlait le feu. J'en avais la certitude presque absolue. Mais pas de manière consciente, pas de manière volontaire. Avait-il compris que moi, j'étais magicienne, l'un des ennemis de ce tyran auquel la rumeur le disait fidèle ? Il semblait pourtant plutôt enclin à regarder la rébellion d'un œil amical. Étrange. Pour le moment, ce qui me contrariait, c'étaient ses insinuations sournoises et pleines de sous-entendus que je ne souhaitais pas entendre. Cet homme-là était bien plus complexe qu'il n'y paraissait, et les rumeurs qui couraient sur lui ne semblaient pas exagérées. Versatile, imprévisible, fantasque. Bien. J'allais lui montrer la face cachée qui m'occupait. Main de la Nuit. Enfant de la Confrérie. Assassin... Les plumes virèrent de nouveau au noir alors que ma lame fusait, caressant sa gorge avec sensualité, traçant une file estafilade là où j'aurais pu l'égorger si j'avais voulu.

« Ce n'est pas votre langue que je trancherai si vous me manquez encore de respect, votre Grâce. Mais votre gorge, bel et bien. Ou encore... plus bas. »
Le ton de ma voix était clairement évocateur. Ne joue pas avec moi, petit duc tombé du nid. Je ne suis pas une de ces jouvencelles effarouchées que l'on peut culbuter sur une table ou derrière un rideau. Je rejetai mes mèches blondes derrière mon épaule, essuyai la lame de mon poignard sur ma tunique sombre où le sang de ma précédente victime séchait petit à petit, la raidissant au fur et à mesure. Je rengainai ma lame, me remis en route. Il fallait reconduire cet importun au Palais avant qu'un malandrin ne décide qu'il faisait une proie facile.

« Allons, votre Grâce. En route. Vos appartements vous attendent et je ne tiens pas à que vous vous fassiez tuer à mes pieds. »
Froide, et si terriblement glaciale, la duchesse de Nightingale, en cet instant précis. Je ne portais peut-être pas de couronne, mais j'étais royale, fille et héritière de rois et de reines parmi les plus nobles, et de magiciens puissants. J'étais de ceux dont le sang faisait vivre les Huit-Duchés, de ceux dont le cœur battait dans Arven étouffée. L'un des piliers de sa survie, l'une des flammes qui la réchauffaient. Et malgré moi, je devais bien reconnaître que ce duc exaspérant en était aussi. J'étais Nightingale et sa beauté farouche, il était Sombreciel et son déséquilibre sublime. Avait-il conscience de cette existence que nous partagions ?

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MessageSujet: Re: the end begins here   Dim 1 Mai - 23:31

Cette femme était aussi dangereuse qu'il pouvait l'être, c'était évident. Ce danger le séduisait et c'est donc sans problème qu'il se laissait faire quand elle posait la lame sur sa gorge, proposant de bien douteuses tortures s'il osait manquer de respect à sa personne une nouvelle fois. Oh, tant que cela ? Pourtant, il n'avait pas été si désagréable... un tantinet trop entreprenant peut-être, mais pas désagréable, il l'aurait juré. Il trembla d'une crainte mélangée à l'appréhension, de l'excitation malsaine face à la peur, mais ne se désista pas, gardant en tête l'impression que ce qu'elle disait était aussi vrai que faux. Elle était après tout l'illusion la plus parfaite jamais observée ; elle avait le goût, l'odeur, le sang, le toucher, l'apparence. Les véritables femmes ne pouvaient pas atteindre un tel niveau de perfection, de froideur, et surtout pas cette petite catin pimbêche d'Aliénor. Elle n'arrivait même pas à la cheville de la duchesse de Nightingale, qui s'adressait à lui sur le ton glacial et imperturbable de la royauté. En la présence de la blonde, il se sentait encore plus noble qu'en temps normal ; étrange constat.
Avec un tantinet de lenteur, le duc se mit en route ; il accéléra un peu le pas pour se retrouver à la hauteur de la demoiselle et c'est avec un naturel désarmant qu'il posa sa main dans le dos de son dos, juste au-dessus de sa chute de reins. Le geste n'était pas lourd de sous-entendus, pourtant : il avait plutôt la connotation de la femme qui accompagne l'homme, du couple mondain. Comme s'ils se dirigeaient vers un énorme banquet ou une officielle cérémonie, vêtus d'habits décents et richement ornés, leurs titres brandis plus sûrement que n'importe quelle épée. Ils étaient si loin du compte, pourtant ! Castiel adressa un sourire à la jeune femme, relevant un peu le menton, calquant son pas au sien pour se forcer à garder une démarche régulière.

    « Votre Altesse passe-t-elle la nuit en Lorgol ? Ou vous chevaucherez jusqu'à vos contrées d'ombre pour y trouver un sommeil sans lune ? Il serait si dommage que votre visage s'orne de la si disgracieuse fatigue. »

Point de sous-entendus, pour une fois, qu'une demande comme une autre, polie, curieuse, presque soucieuse de sa santé. Voyons, il n'était pas homme à laisser une dame dans la tourmente de la nuit froide de février ! Son visage était élégamment vers celui de la jeune femme, une expression interrogatrice en travaillant les traits bien ciselés alors que sa voix avait été presque douce, tandis qu'il marchait en se fiant totalement à la poigne de la blonde. Il n'avait aucun sens de l'orientation, donc actuellement, elle était possiblement en train de l'emmener à l'extrême opposé du palais impérial qu'il ne s'en rendait aucunement compte. Pas possible d'avoir mis au monde un duc aussi empoté.

    « Ce cygne vous appartient ? Ou est-il fruit de mon esprit ? »

Une question soudaine alors que la queue de la panthère frôlait ses jambes, semant en lui cette interrogation. Une hallucination accompagnée d'une autre hallucination... ça avait de quoi surprendre même le plus sain d'esprit des hommes. De plus, elle semblait avoir mis le doigt sur l'hallucination animale qui le suivait à lui, nuit et jour, sans toutefois savoir que le félin changeait chaque fois de forme et de caractère.
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MessageSujet: Re: the end begins here   Mar 31 Mai - 18:03

Il était tellement... étrange, cet homme. Il n'avait sans doute pas vu grand-chose de la vie d'adulte, encore, et j'étais plus âgée que lui de quelques années, plus entraînée, tellement plus aguerrie que lui. Et pourtant. Il y avait une profondeur dans son regard qui ne venait qu'avec la sagesse, même étourdie par l'ivresse et engourdie par des années de toxicomanie. Qu'était-il donc, ce sombre duc ? Je ne connaissais pas grand-chose de la vie à Euphoria. Son enfance avait dû être tellement moins riante que la mienne. Sombreciel et ses chimères... Un élan de commisération me saisit. Il serait toujours perdu dans les ténèbres, cet orphelin perpétuel. Si je pouvais être sa lumière au bout du chemin cette nuit, je le serais. J'allégeai ma pression sur son bras, le guidai vers le palais en silence. Sa question cependant me fit sourire. Il sentait mon contact, mais se croyait toujours le fruit d'une illusion. Je lui adressai un sourire amusé, avec au fond des yeux l'ombre de la pitié sincère que sa situation m'inspirait.

« Ce cygne est de la même essence que moi, Votre Grâce. Elle me suit où que j'aille, et si j'en crois mes perceptions, une créature de la même nature s'attache à vos pas en cet instant même... »
Les remparts et tours du Palais se dessinaient à l'horizon, et les torches sur les murs brûlaient haut et clair. La route était dégagée et au loin les gardes impériaux patrouillaient. Mon protégé était maintenant en sécurité. Je le lâchai, m'écartai de quelques pas. Ma route s'arrêtait là – plus avant, et ma tenue ensanglantée, de même que mes cheveux striés de sang et mon visage constellé de gouttelettes écarlates attireraient une attention que je ne tenais nullement à susciter. La Main de la Nuit agissait dans l'ombre – dans l'ombre je resterais. Aldaria décolla en silence du toit sur lequel elle s'était posée et s'envola majestueusement, en direction de la Tour de la Confrérie Noire où elle savait bien que je la rejoindrais rapidement. Mon lit m'attendait, un bon bain également – et une sévère remontrance conjointe de Sigvald et Siegfried, certainement, qui me tanceraient vertement de m'être aventurée seule par les rues. Mais j'étais l'Oracle, j'étais bien assez forte pour assurer ma propre survie. Ils le savaient... Enguerrand, lui, au moins, ne m'étouffait pas. Cher Enguerrand... il avait réussi à installer un jardin au sommet de la tour, ne me demandez pas comment. Mais j'appréciais ce coin de verdure sur le toit du monde...

« Je vous laisse ici, Votre Grâce. Ma Tour m'attend et mes Écoutants également. Le palais est droit devant. Tâchez de ne plus vous égarer par les ruelles, Votre Seigneurie pourrait en pâtir. Que la nuit vous soit douce... »
Je saluai gravement le duc déconcerté. Puis, pirouettant sur mes talons, je disparus à son regard au coin d'une maison. Enfilant les ruelles l'une après l'autre, je me dirigeai vers ma demeure – non sans m'être assurée que l'entêté nobliau suivait mon injonction et rentrait effectivement vers sa suite luxueuse et ses serviteurs dévoués. Mon propre foyer me manquait et j'avais hâte de retrouver mon frère, mon sénéchal et mon professeur – peut-être Jodhaa viendrait-elle dormir à mes côtés, me réconfortant de sa présence.

Quelle nuit étrange j'avais passée...

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