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 Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère

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MessageSujet: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Ven 18 Jan - 15:06


La fin d'une ère


Sujet Général - Mariage de Louis et Lisbeth


l'entrée de la mariée


Août est à sa fin. En Cibella, les récoltes d'automne s'annoncent déjà abondantes, le climat estival a été clément cette année, et dans tout le reste d'Arven, un certain calme semble s'être installé. Comme si après tant de peurs et de folies, tant de magie, tout était revenu à la normale. Ne soyez toutefois pas trop confiants, ne parle-t-on pas du calme avant la tempête? Qui sait, peut-être est-ce en ce 31 août de l'an 802, jour de mariage et de fête, que celle-ci se déclenchera?

On pourrait croire que suite au mariage de Gaetane de Salvemont avec Chart Saldenow, marqué par la magie et toute sa puissance, tout son désordre, certains se seraient abstenus d'épousailles au palais impérial. Pourtant, c'est même avec un mois d'avance que Lisbeth d'Outrevent va unir sa vie à son promis, Louis de Brunante. Et puisque c'est une duchesse héritière qui est sur le point de convoler en justes noces, la cérémonie s'annonce grandiose, bien qu'aux couleurs et goûts plus sobres et élégants qui caractérisent le duché de l'honneur, et les invités viennent de tout Arven. D'un côté, ceux d'Outrevent, venus admirer leur petite duchesse tant aimée et admirée, de l'autre, certains amis des Brunante, ainsi que des marins rieurs engoncés dans des habits propres. Les commérages vont de bon train : quelle folie sera donc de la partie cette fois ? Quelle force sortie de l'imagination et du Destin?
Le promis est déjà au devant de la salle du trône, son jeune frère à ses côtés pour être son témoin. Si les précédents mariages ont été triste, cette fois, l'atmosphère est différente, et il suffit probablement de voir le large sourire qui orne les lèvres de Louis de Brunante – tout de blanc vêtu – alors qu'il attend que sa promise foule la salle du trône. C'est à l'impératrice Cyselle d'Arven qu'est revenue la responsabilité d'unir les deux jeunes gens, et qui veille donc sur l'assemblée en silence.

Un seul geste de sa fine main et la foule se tait, pour que les tromblons résonnent et que les portes de la salle s'ouvrent en grand, laissant entrer la lumineuse Lisbeth d'Outrevent, au bras de son père, Lionel.

________________________________

Ce sujet étant une intrigue intermédiaire (qui fait donc le lien entre nos deux saisons), il n'est pas impératif de respecter les tours de jeu. Vous êtes donc libres de poster quand vous le désirez et si vous le désirez. Celui-ci n'en reste pas moins important... on ne sait jamais ce qui peut arriver.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Sam 19 Jan - 11:24

Le ciel est bleu, il fait beau, il fait chaud et moi... J'ai du mal à me réveiller. Nuit longue, très longue et peu de sommeil. Voilà ce qui résume assez bien les raisons de mon état. Une veille de mariage noble, ça n'était pas l'activité qui manquait, sous aucun prétexte il ne fallait laisser passer ça. L'ennui, c'était que j'avais profité un peu trop de ma nuit et de ses bienfaits. Résultat, j'avais le cerveau à l'envers et l'équivalent d'une gueule de bois. Mais aujourd'hui, j'étais curieux, un mariage, encore un... Vu les derniers événements, c'était risible. Comment les gens pouvaient-ils encore envisager de se marier vu la tournure du dernier mariage ? Enfin... J'étais curieux, donc j'irais à ce mariage. Sortir mes plus belles fringues pour pouvoir entrer n'était pas bien compliqué quant à l'utilité de la présence d'un maréchal ferrant, allez savoir, aucune utilité normalement mais j'étais un petit malin alors...
Je ne comptais de toute façon pas approcher tout ça de très près, tant que je voyais, ça m'allait très bien. Je me tiendrais à distance, sans doute assis sur une hauteur quelconque. J'aurais peut-être de la compagnie, après tout, il fallait laisser les gens du peuple se divertir un peu non ? Tant qu'on ne collait pas la noblesse... Aïe... Je devenais médisant. Allez savoir pourquoi... Les mariages m'ennuyaient peut-être, je n'avais jamais vraiment assister à ça.

J'étais parti, sans armes, sans biens personnels, je connaissais trop bien les bienfaits de la foule. Je repensais aussi un peu à mon frère, pas de nouvelles depuis quelques mois. Ça commençait à m'inquiéter un peu mais je ne pouvais rien y faire. Au moins n'avais-je plus besoin de tenir ce marché mais il n'empêche que ça me posait problème.
Assis à un emplacement tranquille, un peu à distance de toute cette effervescence, j'observais avec une moitié de sourire moqueur aux lèvres. Je n'étais pas réfractaire à l'idée d'épouser quelqu'un mais vu mes antécédents avec les femmes, je ne pourrais qu'assister à ce genre d'effusion mais certainement pas en faire partie. Quelle ironie. Il n'empêche, je n'arrivais pas à comprendre pourquoi ils avaient décidé de se marier... On ne pouvait pas dire qu'Arven se portait bien pourtant. Était-ce un moyen de contrôler ce qui se passait ? J'étais peut-être un peu trop sur mes gardes mais il y avait parfois de quoi se poser des questions ces derniers temps.

Bon, j'étais de mauvaise foi, on avait eu de l'animation avec le dernier mariage et puis j'avais aussi reçu cette arme superbe dont je ne savais absolument pas me servir au final. Je me retrouvais même avec un service gratuit dont je ne savais pas quoi faire puisque ça n'était pas mon genre de faire appel à ce genre de moyen. Bref... La mariée, enfin, la future mariée faisait son entrée au bras de son père. Voilà enfin que tout ça commençait. Le fait que ce soit l'impératrice qui les marie me gênait plus que de raison mais... ma haine envers nos chers dirigeants n'avaient rien à faire dans cette histoire. Je crois que je m'ennuyais plus que je ne le croyais en ce moment. Pour que j'en arrive à me pointer à un mariage où je n'avais rien à faire... il fallait que je me rende à l'évidence.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Sam 19 Jan - 16:50

L'air était lourd. Lourd et harassant tant le vent était absent en cette pleine journée d'un été que même la fin toute proche ne parvenait pas à rafraichir,le soleil brillait haut et fort dans un ciel sans le moindre nuage, d'un bleu clair magnifique, tandis qu'à Lorgol aux Mille Tours se préparaient la cérémonie qui unirait bientôt deux vies l'une à l'autre en cette promesse inébranlable du mariage. Deux âmes entremêlées sur le chemin vallonné d'une vie désormais partagée. Étrangement, l'Union du jeune de Brunante avec la duchesse héritière d'Outrevent avait attiré du monde, et ce malgré les sombre événements qui avaient touché la dernière cérémonie. Au grand doute de tout le Monde, moi la première. Et pourtant, la salle du trône Impérial était bondée entre les rires et les murmures animés de nobles en quête de mondanités, prêt à assister à l'union ducale de la duchesse héritière du Duché de l'Honneur. Les invités arrivaient les uns après les autres, souvent suivis d'une nuée de servants et autres dames de compagnie joliment parés pour l'occasion, alors que leurs maitres brillaient de toute la clinquante arrogance de leurs joailleries. Saphirs, rubis et autres ambres brillant comme un arc-en-ciel dans la splendeur de la pièce richement décorée.

Je me tenais assise dans l'immense trône qui dominait la pièce, vêtue d'une robe pourpre drapée, retenue à l'épaule par une broche dorée représentant une rose tandis que les manches vaporeuses pendent élégamment autour de mes bras. Une robe à la mode Lagrane choisie pour l'occasion avec l'aide d'Asma, parée de bijoux dorés ornés d'améthystes importés du duché d'Erebor. J'avais laissé mes longs cheveux détachés en de longues boucles dorée qui s’enlaçaient autour de mes épaules dénudées tandis qu'y siégeait la couronne impériale. Fière et droite figure dorée habillait depuis le commencement la noble figure des Impératrices d'Arven. J'observais les allées et venues des nobles devant moi, scène habituelle du théâtre des soieries écarlates et des toilettes délicates, plus efficaces pour ces oiseaux de paradis que la lame la plus effilée. Je répondais au salut d'un signe de la tête, écoutant ici et là les murmures et les discussions animées tout en saluant ici et là mes connaissances d'un sourire. Malgré la fête embrasant les cœur de sa douce euphorie, on pouvais voir dans les gestes fébriles la peur liée au secret irrésolu des derniers événements survenus lors de l'Union de la Dame de Salvemont avec le cadet des Saldenow. Une soirée au goût d'inexplicable dont j'étais sortie avec une étrange sensation au creux du ventre et l'esprit embrouillé d'images floues. Bribes de souvenirs inconnus qui hantait mes pensées comme un songe dont je ne parvenais pas à m'extirper. Inextricable piège à la saveur amère de questions sans réponses, un mystère frappé d'anathème et de doutes.

Mon regard se promenait sur l'immensité de la salle du trône où s'entrelaçaient les nobles vêtues de leurs plus belles soieries, les robes de soie s'entremêlant en un chatoiement de couleurs vives qui me rappelais presque les immense champs de fleurs de Lagrance, leurs étendues s'étalant vers l'horizon en brillant de mille couleurs sous les yeux ébahis de l'enfant trop rêveuse que j'étais alors. A cette pensée, un léger sourire se dessina sur mes lèvres. Des fleurs oui, mais celles-ci possédaient bien des épines tandis que leurs pétales s'offraient en un spectacle coloré où chacune dévoilait ses attributs pour écraser l'autre. Un combat de roses qui alimenterais les ragots du lendemain, le moindre détail de la fête se répandant entre les murs comme une trainée de poudre. Enfin, alors que les musiciens stoppaient leurs accords et que l'immense porte de bois massif et verni s'ouvrait, je me levais et demanda le silence d'un geste de la main. Aussitôt les murmures se turent alors que la mariée s'avançait au bras du duc Lionel d'Outrevent, sous le son ardent des tromblons.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Dim 20 Jan - 6:29

Tu savais déjà que ce mariage aurait lieu, tu savais où, tu savais quand. Ce que tu savais aussi, c'est que tu n'y serais pas. Du moins, ça, c'était ce que tu croyais dur comme fer. Tu n'avais absolument pas l'intention d'être là et voir s'unir la femme qui tu aimais avec un autre.

Tu t'étais levé, tu avais mangé, tu t'étais entraîné. Tu étais bien parti pour passer ta journée loin de tout ça. Tu comptais même sortir de la ville pour être bien sûr de ne pas être appelé. Pourtant, à peine avais-tu poser tes fesses qu'une missive te mettait devant le fait accompli. Tu serais au mariage pour une question de sécurité et surtout, tu n'avais aucunement le droit de refuser. Trop de nobles et de riches au même endroit, pas assez de gardes et te voilà pris à la gorge. De colère, tu chiffonnes le papier et le jette dans un coin de la pièce qui te sert de chambre.
Tu vas t'habiller pour la circonstance, tu t'équipes et tu fais tout ça en étant en colère. Pour la première fois depuis longtemps, tu as besoin de temps pour te calmer. Tu n'étais plus censé la revoir, tu n'étais plus censé croiser son chemin. Pas après tes révélations il y a quelques jours, pas en sachant qu'elle éprouve la même chose pour toi... Mais tu es désormais obligé d'y aller.

Tu as passé tout le temps qu'il t'était possible à tourner en rond et ensuite tu es allé escorter ceux qui t'avaient mandater, arrivé sur les lieux, tu avais pris tes distances et tu avais cessé de bouger ne fut-ce qu'un doigt. Tu t'étais préparé à prendre tes distances mentalement, à ne pas vraiment assister à tout ça.
Pourtant... tu ne faisais que revoir encore et encore ses lèvres se poser sur ta main, la sensation que ça t'avait procurer et tu te revoyais poser tes lèvres sur son front. Pire que tout, tu avais vu ses larmes avant de partir et ça t'avait blesser. Tu savais que c'était une erreur mais tu l'avais fait un peu par égoïsme et si tu lui avais dit de t'oublier, tu n'en avais pas pensé un mot finalement. Tu espérais peut-être encore.
Mais elle se mariait aujourd'hui et tu n'y pouvais rien.

Avançant au bras de son père, tu la vois rayonnante et plus belle que jamais. Tu fais ce qu'il faut pour qu'elle ne te remarque pas. Et une fois qu'il n'y a plus aucun risque, tu reprends ta place initiale. Tu aurais dû refuser d'être là mais tu sais que le refus n'aurait pas été accepté. Tu aurais cent fois préféré devoir quitter Lorgol malgré ta vengeance, tu serais revenu après. Tout plutôt que d'être là après cette soirée si éprouvante.

Tu rumines intérieurement mais tu fais ton travail, tu observes, tu tentes de tout faire pour ne pas croiser du regard Lisbeth. Tu remarques quelques personnes qui n'ont pas à être là mais tu imagines assez aisément qu'on les a laissé entré pour quelques raisons que ce soit. Divertir, rassurer, les raisons étaient diverses et variées...

Ton regard a le malheur de se poser sur elle et ton cœur se serre, tes poings se crispent. Tout ça risque d'être très éprouvant pour toi.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Dim 20 Jan - 15:22

Le jour est venu…

Après tant de mois de refus, de disputes, de résignation et de ce qui ressemblerait presque à de la complicité, je vais finalement épouser Louis, obéissant en toute chose au choix de mon père – ainsi que je l’ai toujours fait. Obéissant aux battements impérieux de mon coeur que j'ai enfin appris à écouter. Sur mon visage, il n'y a plus nulle trace des larmes qui ont inondés mes joues voilà deux jours. Les aveux d'alors n'ont pas la force de changer ce qui doit advenir. Et le pourraient-ils que je ne serais pas certaine de le vouloir. Il y a trop en jeu aujourd'hui pour que je puisse encore me permettre de me laisser guider par les seuls caprices de mes émois. Mais au moins cette nuit qui m'a vu pleurer toutes les larmes de mon corps, baignant mes draps et mes oreillers, aura-t-elle eu le mérite de m'apprendre à écouter mes sentiments. J'ignore s'il est possible d'aimer deux hommes. Mais si ce que je ressens est bel et bien de l'amour, alors oui, j'aime deux hommes. Le guerrier grave et le marin impétueux. L'homme qui m'a fait rêver et celui qui m'a soutenue. L'inaccessible amant et le père de mon enfant.

Doucement, ma main s'en vient caresser le galbe arrondi de mon ventre. Dans mon ample robe blanche, nul ne pourrait distinguer le nid de l'enfant que je porte, fruit de mes si douces unions avec Louis. Dès la semaine prochaine, nous partirons. Pour Souffleval ou Brunante, qu'importe. Loin de Lorgol. Ensemble. Seuls. Cette pensée amène un sourire rêveur sur mes lèvres tandis que je marche vers le palais impérial. Là, mon père m'attend pour me conduire vers l'hyménée. Loin de sa blonde arriviste, demeurée alitée sous le prétexte de sa grossesse avancée, il retrouve cette prestance qui impressionnait la petite fille et rendait fière l'adolescente. Dans ses yeux, je lis une émotion sincère qui me touche. Au Destin la blonde Arabella, ses intrigues et ses manières. Aujourd'hui, je suis heureuse de m'avancer au bras de l'homme qui, le premier, s'est acquis mon admiration. Il ne manque que Liam. Liam qui sera là, j'en suis persuadée, dissimulé dans la foule. Mais pas auprès de moi. Et c'est bien là mon plus grand regret quant à cette journée.

Nous entrons. Là-bas, près de Cyselle qui s'apprête à nouer le ruban symbolique, Louis m'attend. Et le bonheur que je lis sur son visage fait écho au mien, élargissant mon sourire. Qu'ils jasent, les bonnes gens qui se souviennent de nos disputes et de notre entêtement à refuser ce mariage. Dans ce monde d'obligations, nous avons su trouver un peu d'affection et cela vaut toutes les rumeurs d'Arven, ne leur en déplaise. Je sens leurs regards vrillés sur moi - désagréable sensation - et l'espace d'un court, si court instant, je crains que quelqu'un ne fasse une remarque, révélant notre erreur au grand jour. Mais il n'en est rien. Nous avançons dans le silence doré qui s'est posé sur la salle du trône jusqu'à rejoindre notre impératrice. Et mon futur époux à qui mon père confie ma main, après avoir tendrement embrassé mon front. Mes yeux se fondent dans ceux de Louis en un regard comblé. Il n'y aura plus nulle solitude. Je serai là pour lui comme il sera là pour moi.

A jamais.


_________________
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Sur toutes les pages lues, sur toutes les pages blanches, pierre, sang, papier ou cendre, j’écris ton nom. Sur les images dorées, sur les armes des guerriers, sur la couronne des rois, j’écris ton nom.
Et par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie. Je suis née pour te connaître, pour te nommer. Liberté.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Dim 20 Jan - 16:55

    Le prochain mariage auquel tu aimerais assister, c'est le tien... Pensée stupide et fugace qui t'a traversée alors que tu aidais Castiel à se vêtir, Césaire te donnant les instructions pour combler votre maître. Tu retouchais ici un bouton qui manquait de tomber, là tu coupais un fil qui dépassait. Même si tu n'effectuais plus le travail de lavandière, ces réflexes te restaient et pour le moment ton maître ne te faisait aucune remarque négative à ce sujet. Tu l'aides à enfiler la veste qu'il portera pour cette cérémonie, et alors que tu recules pour qu'il puisse s'admirer dans le miroir qui lui fait face, tu ne peux t'empêcher de penser qu'il est bien beau et bien élégant. Une fois n'est pas coutume, il veut que tu viennes, toi aussi. Tu devras rester quelques pas derrière lui et veiller à ce que ses désirs soient comblés -lesquels, tu te le demandes bien.

    En réalité, assister à ce mariage t'angoisse plus que tu ne le montres. Mais les mystérieux événements ont laissé en toi ces souvenirs qui ne t'appartiennent pas et qui reviennent parfois dans ton sommeil, ces sensations, ses sentiments et ses pensées qui n'étaient pas tiens mais que tu as tout de même vécu. Tu as peur de devoir vivre une expérience similaire. Tandis que Castiel règle avec Césair dernier détail, tu t'effaces pour aller dans la chambre qui t'es réservée dans la suite de Sombreciel. Tu changes ta robe pour en porter une plus appropriée à un heureux événements. Oh, pas de grandes folies, mais ton col est légèrement orné de broderies discrète et tu coiffes tes longs cheveux pour une fois : tu veux avoir l'air un tant soit peu présentable, même si tu n'es qu'une domestique, tu seras aux côtés de tous les nobles qui assistent à la cérémonie. Tu hésites même à ajouter une petite ceinture de soie autour de ta taille, mais tu abandonnes finalement l'idée ; tu as trop peur de déplaire à ton maître. Même si depuis un moment, il semble plus doux, la peur qu'il t'inspire ne te quitte jamais. Prête, tu rejoins Castiel et vous vous rendez dans la salle du trône. Déjà bon nombre de personnes sont arrivées, Castiel en salue certaines, en ignore d'autre, et toi, tel une ombre, tu le suis sans faire de remoud. Pourtant, tes yeux vont et viennent dans tous les sens.

    Tu remarques ce guerrier, celui avec qui tu as eu plusieurs échanges qui vous suit, toi et Castiel et qui surtout le ne quitte jamais vraiment du regard. Il doit sûrement être là pour assurer la protection de ton maître, mais par les Dragons, Sombreciel ne pouvait-il pas choisir un autre guerriers parmi ceux de l'arène ? Tu t'emploies à l'éviter, éviter son regard en tout cas. Autour de vous, le brouhaha des dames parlent des commérages de la cours, des disputes des futurs époux quant à leur mariage et de l'acceptation finale de Lisbeth d'Outrvent. Tu n'as que faire de cette parlote ; même quand les autres domestiques s'échangent les potins qui concernent qui a passé la nuit avec qui. Tu t'en fiches. Castiel prend place, Melsant non loin derrière lui et toi en retrait. Tu ne verras pas grand chose, mais cela t'importe peu.

    C'est de loin que tu croises le regard d'Ayden et tu n'es pas assez rapides pour tourner la tête et cacher les rougeurs dont se parent tes joues. Tu le trouves bien élégant, ainsi. Ce doit-être sûrement la seule tenue en bon état qu'il ait, et elle mériterait d'être reprisée, mais ça le change. Tu espères que lui ne t'as pas remarquée. Ta coiffure te change trop peu et ta robe reste similaire à celle que tu portes habituellement, mais cela te rassure un peu.

    Puis, peu à peu, le silence se fait et tu devines que la mariée arrive alors que la masse laisse le passage libre à un homme et une femme merveilleusement belle dans cette robe, accompagné d'un homme plus âgé qui doit être son père. Comme tous, tu les regardes passer, mais tu sursautes et tournes brusquement la tête alors que tu sens une main attraper brièvement la tienne.

    Ayden....

    Tu le regardes, ton visage marquant la stupeur et la surprise et tes joues se parant de rouge.
    Voilà qui est embarrassant...
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Dim 20 Jan - 17:19

Et voilà que la mascarade du mariage au sein de la Cour recommençait. À croire que les leçons n'avaient pas portées leurs fruits et que le scandale de la dernière union n'avait eu aucune répercutions. Et pourtant, il y en avait bien eut, chez tout le monde sans doute et Anthim ne se serait jamais prétendu être le seul touché parce qui c'était passé voilà bien des mois avant. Participer à un mariage n'était vraiment pas dans ses projets, le jeune duc héritier avait bien des choses plus importantes à penser. Mais il allait de son rang et de sa présence de se rendre au mariage d'une duchesse héritière. Oh, il ne connaissait pas énormément Lisbeth, leur relation se limitait juste à la reconnaissance dans les couloirs de par leur titre officiel. Anthim ne savait rien quant-à ses allégeances. À en croire ses dernières actions, elle ne suivait pas les traces de son frère Liam, même si le mystère persistait. Le jeune homme n'avait pas songé à espionner sa congénère et franchement, n'envisageait pas de le faire. Ses priorités restaient tout autre...

En attendant, le voilà, lui, héritier d'Erebor, paraissant comme toujours de son aura particulière, au mariage de Lisbeth d'Outrevent et Louis de Brunante. Si il ne connaissait que peu la première, il n'avait pour ainsi dire jamais parlé au second, bien qu'il le connaisse de réputation, bien évidement. Mais il se devait d'être là, peut-être à contre cœur, mais il était là. Son fidèle serviteur Adwin était là lui aussi, près à tout pour que son maitre ne manque de rien durant cette réjouissance qui semblait plus que tout ennuyer le jeune homme. Bien sur, dans sa grâce et sa facilité mensongère, Anthim portait sur lui le masque qui lui était si souvent visible sur les traits. Pas qu'il soit en continuel mensonge, mais la cour n'était vraiment pas un lieu où le duc se sentait bien. Très terre à terre en fin de compte, Anthim rêvait toujours de revoir Erebor plus que de petits allés et retours sur les vastes déserts, sans voir de près les majestueuses montagnes. D'ailleurs, ça faisait maintenant un bon moment qu'il n'était pas retourné à Vivedune, capitale des terres arides d'Erebor. Il faudrait songer à y retourner.

Dans une apparence des plus soignée comme toujours, Anthim avança à travers les invités, saluant, attirant le regard, bien souvent ceux des jeunes femmes. Au moins c'était un des petits plaisirs de la cour, se savoir regardé et adoré. Il était duc héritier après tout, et que serait un héritier sans son orgueil de roi ? En tout cas, Anthim s'en sentait assez flatté, même si il savait pertinemment que la source de tous les regards seraient les deux jeunes mariés, et au fond, il ne s'en plaignait pas.

Enfin le silence se fait, la marié rentre, lumineuse, au bras de son père. La cérémonie allait commencer, faste, vide bien que plus sentimentale que le dernier mariage en date. Il ne fallait pas être un génie pour remarquer que les deux principaux concernés n'étaient pas contre leur union. Après Anthim pouvait se tromper, mais restons honnête, c'était rarement le cas. Le jeune homme observa la salle silencieuse d'un air soufflant. Dire qu'il avait tant d'autres choses à penser...
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Lun 21 Jan - 15:37

Qui pourrait croire que ce garde impérial en armure, casqué et armé, protégeant l'une des entrées de la salle du trône, est en fait l'un des plus grands ennemis de l'empire ? Un ennemi qui a bien failli, il y a quelques mois, mourir à la suite d'intenables tortures, et qui aujourd'hui se pavane encore une fois au nez et à la barbe de celui qui a à présent deux fois proclamé son exécution.

Je ne pouvais me permettre de venir à visage découvert. C'est le mariage de ma sœur, j'y suis attendu plus que quiconque. L'empereur, déjà d'un naturel méfiant est en colère depuis ma fuite. Il s'est juré d'obtenir ma mort. Il ne pourrais laisser passer une occasion comme celle là... Un piège de choix. Heureusement que les Rebelles sont infiltrés jusque dans la garde. Un petit bataillon « corrompu » me fait passer pour l'un des leurs. Les gardes, entre groupes, ne se connaissent pas tous. Je devrais aisément passer inaperçu, surtout l'entrée que j'ai choisi. Il n'y a pas trop de passages, c'est assez retiré, plutôt dans l'ombre... Un bon poste d'observateur.

Je suis lassé de devoir sans cesse me cacher... Mais ai-je vraiment le choix ? Mon regard parcours la foule avec une lenteur et un calme calculé. J'observe les gens qui sont là, en reconnais, comme d'habitude, beaucoup. Depuis le mariage de Chart et Gaëtane, beaucoup des nôtres ont préféré quitté la cours, craignant trop d'être repérés. Cependant, les recoupements que nous avons fait à partir des témoignages de nos hommes nous ont permis d'avoir une vision plus claire que jamais sur le cœur de chacun. Là où nous avons semé le doute et empêché l'empereur de faire de même de son côté en faisant circuler toutes sortes de fausses rumeurs dans cette cour déjà rongée par les ragots, nous pouvions être certains des témoignages des nôtres. Nous avons gagné ces derniers mois bien plus de gens qu'en temps normal. Ces étranges tours de magie ont réussi une chose, ils ont réussi à briser la barrière de secrets qui entourait la cour d'Augustus et de diminuer la peur de l'autre. Nous avons enfin pu parler de cœur à cœur, entre gens certains de partager des valeurs communes. Nous avons du même coup pu faire un peu de tri, repérant quelques infiltrés dans nos rangs, dont Hagen Haldann, qui me surpris beaucoup.

Ma sœur entre enfin, dans un silence respectueux, mettant fin à ma contemplation. A ses côté, notre père, dont le regard semble un peu plus fiers et habituel que la dernière fois que je l'ai vu. Serait-ce du à l'absence de son enjôleuse à ses côtés ?

Mon cœur se serre lorsque mes yeux se posent sur Lisbeth. Je suis heureux que ce mariage, finalement, ne la rendre pas triste. Louis et elle pourront s'entendre, malgré leurs différents, leurs fiertés, leurs disputes, j'en suis convaincu. Je souris. Pour aujourd'hui, laissons un peu Augustus fanfaronner dans son palais. Ce mariage, prions pour qu'il ne sache le gâcher.


Dernière édition par Liam d'Outrevent le Mer 23 Jan - 14:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Mar 22 Jan - 12:12

Tu trépignes. Tu sautes d'un pied à l'autre, tu sursautes à chaque bruit, tu marmonnes à voix basse des mauvais sorts sur ce mariage qui aurait dû être plus tôt dans la journée encore. Dire qu'il a été avancé! Ton frère se penche à ton oreille et murmure, rieur  : « Calme-toi, Louis, tu es plus nerveux qu'un poisson hors de l'eau. Je suis très calme. » Faux. Évidemment. Tu ne vas pas donner raison à ton frère, qui lève les yeux au ciel en soupirant inutilement. Tu es debout depuis trop longtemps à attendre que les portes de la salle du trône s'ouvrent, tu attends depuis trop longtemps de voir ta douce. Tu ne l'as point vue depuis deux jours, peut-être, et cet éloignement forcé par les préparatifs du mariage n'ont fait qu'accentuer ta hâte de la revoir.
Même si c'est pour lier vos destins à jamais.
Tu es plus en paix avec cette idée – en est témoin le sourire qui te mange le visage et qui refuse de tomber depuis que tu as mis les pieds dans la salle. Vos mois de fiançailles, votre fuite, vos disputes, vos réconciliations, encore vos colères et vos rages, ont eu de bon d'avoir fait naître de réels sentiments en ton cœur batailleur. Des sentiments chaotiques, à l'image de ta relation avec Lisbeth.

Un bruit – ce n'est toujours pas ta promise. Un autre soupir. Tu replaces tes vêtements, lissant quelques faux plis du bout des doigts. Tu as accepté de te marier en blanc – après tout, c'est la duchesse héritière du duché de l'Honneur à laquelle tu seras éternellement lié, tu n'as pu qu'accepter de te marier à sa couleur. La seule touche de bleu, couleur d'Ansemer, est la chevalière que tu portes à la main droite, incrustée d'une pierre qui se pare des mille couleurs de cet océan qui occupe ton cœur. Enfin, une partie. Tes yeux observent la salle, reconnaissent certains nobles, se réjouissent de la présence de d'autres. Tu aurais voulu que Christine, ta sœur de cœur, soit là. Pour rire de toi, évidemment, pour te soutenir aussi. Tu tournes la tête pour regarder Laurent, plein de fierté à tes côtés, et il te rend un sourire nerveux. Être à cette position, au devant de la salle du trône, n'est pas anodin. Tes parents sont un peu en retraits, souriants. Ton père affiche tout de même une mine contrite – avant la cérémonie, il t'a convoqué pour s'excuser à demi-mot, ses yeux aveugles te regardant comme s'ils te voyaient vraiment. Tu sais que Liam est dans la foule, sous un costume que tu ne connais pas encore. Ton ami, ton frère. Tu regardes les petites de Freyja, Lou-Ann, Lena et Lucy, adorables comme demoiselles d'honneur (Laurent a d'ailleurs dû te garder de force dans ta suite pour que tu t'habilles au lieu d'aller cavaler dans le palais avec les gamines), et une vive bouffée d'affection te prend pour elles. Bientôt, dans quelques mois si tout va bien - et tu l'espères de tout ton cœur - toi aussi tu auras un enfant.

Finalement, les portes s'ouvrent pour de bon, laissant entrer Lisbeth au bras de Lionel, qui a laissé sa créature à Souffleciel. Tu retiens ton souffle en regardant la femme.

Elle est magnifique.

Si ton sourire peut se faire plus grand encore, il l'est. Elle rayonne. Sous sa robe blanche, on ne devine pas son ventre qui est de plus en plus gonflé du fruit de votre union, et son sourire est plus beau que n'importe quelle parure. Tu serres sa main dans la tienne quand Lionel te la laisse, et tu voudrais lui dire mille choses. Pas maintenant. Tu n'as pas besoin, de toute façon. Tes yeux parlent pour toi.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Jeu 24 Jan - 9:56

    Il n'était pas aisé de se rendre invisible, lorsqu'on avait la carrure d'un jeune guerrier sombreciellois, et que l'on contrastait singulièrement de parure avec les nobles réunis à la cour. Melsant n'était pas mal vêtu, bien au contraire, il portait une armure légère, toute exprès confectionnée pour l'occasion, aux couleurs de son maitre. Néanmoins, il la portait de toute sa hauteur, éclatant de son importante mission.
    Cette soirée ne s'anonçait pas de tout repos pour le jeune homme. Déjà, il avait découvert en arrivant que la demoiselle qui occupait son esprit depuis plusieurs semaines maintenant était la plus proche servante de son propre seigneur, et qu'elle gambaderait toute la nuit à ses côtés. Cette surprise - qui n'aurait plus du en être une depuis longtemps, si son esprit n'avait pas été brouillé par d'autres pensées en sa présence - le déstabilisait profondément. Malgré tout, il ne devait rien en montrer, et tenait à accomplir son devoir avec le moins de distraction possible, en se concentrant sur Castiel. Castiel, qui l'avait engagé tout spécialement parce qu'il se sentait menacé, après plusieurs autres évènements dangereux... Le Séverac se tenait donc prêt à n'importe quelle éventualité, même très tordue. Avec la magie et les autres conséquences fâcheuses des différentes provocations du tyran, ils pouvaient s'attendre au pire.
    Par soucis de protection envers le Sombreciel, autant que par intérêt personnel, Melsant détailla la salle dans laquelle ils se trouvaient, posant son regard bleu sombre sur chaque personnage, sur chaque élément de décor, vers chaque mouvement un peu trop brusque à son goût.

    Ses prunelles finirent par se poser plus longuement sur l'impératrice, qui retenait son attention par toute la haine qu'elle lui inspirait... Et par un rayonnement de beauté indéniable. S'il avait été honnête envers ses ressentis, Melsant n'aurait pu nier l'attrait du pouvoir qui émanait de sa posture, et de son corps entier, galvanisé par les tissus précieux qu'avait choisis pour elle Augustus. Elle avait l'air à peine réelle, et la machoire de Melsant se crispa légèrement, de mécontentement et d'une émotion indéfinissable, quand elle croisa son regard - pourquoi le remarquait-elle d'ailleurs, dans la foule ? Il aurait préféré qu'elle ne puisse le voir tandis qu'il l'observait, dans une position si inférieure à la sienne.

      - Décidément, c'pas la fête, grogna-t-il, dans sa barbe naissante, prenant soin d'éviter que quiconque ne l'entende. Il ne voulait surtout pas paraitre défaitiste, provoquer la fatalité par cette déclaration rageuse, ou plus probable, le courroux de Castiel : s'il ne saisissait pas cette occasion pour mieux, il espérait au moins gagner les fleurons promis. Ayden ?! S'étonna-t-il malgré lui, en voyant soudain son meilleur ami apparaitre, et saisir la main de la petite muette.


    Alors là, c'était le comble ! Les connexions logiques se faisaient enfin pour lui, et il voyait le shéma général du bordel où il s'était mis sans le savoir : Ariadne, muette, Ayden, Castiel... Tous les éléments de cette scène affolante se mettaient en place, terriblement cohérents. Melsant cilla un instant, devant le choc, puis reprit son poste avec prestance : ses priorités n'étaient pas au sentimentalisme, ou au relationnel. Les enjeux étaient bien plus grands... Ils règleraient cette histoire ensemble, quand tout serait fini.
    Ou pas.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Dim 27 Jan - 6:45

Tu es de corvée de mariage aujourd'hui... Enfin, quand tu dis corvée, tu y vas un peu fort. Être là ne te dérange pas vraiment, tu as juste un peu peur en fait. Ce matin, tu as eu un peu de mal à sortir de ta torpeur ce qui explique fortement ton impression de corvée.
Tu t'es donc levée en ronchonnant tout en préparant tout ce qu'il fallait aux petites. Toi même, tu avais du te préparer comme il se doit pour être à la hauteur du mariage. Tu devais remercier Freyja pour ça car sans elle, tu n'aurais pas eu la toilette appropriée. Bien entendu, tu avais aider Freyja avec ses filles et tu avais aider Freyja également. Tu n'avais cependant pas pu t'empêcher de planquer tes propres couteaux dans ta tenue. Comme quoi... tu avais vraiment pris des habitudes très marquées à l'Archipel.

Tu t'étais empressée de te tenir prête comme si ça te permettrait d'en finir plus vite. Ton stress était ridicule, tu n'allais pas déclencher le silence si tu étais détendue. Mais là, tu ne l'étais pas, détendue. Noar s'était perché sur ton épaule avant que vous ne partiez puis était parti se réfugier tu ne savais où comme il le faisait si bien.

Une fois dans la salle, tu avais finalement réussi à te détendre et tu ne savais pas trop comment ni pourquoi. Peut-être parce qu'il y avait du monde. Quoi qu'il en soit, maintenant que tu y étais, tu regardais l'assemblée disparate. Tu avais la vague impression de faire tache.
Tu étais pourtant là et rien n'y changerait rien. De plus, Lisbeth arrivait au bras de son père et elle était... resplendissante. Louis avait bien de la chance. Jalouse ? Pas du tout. Envieuse ? Certainement. Ils avaient de la chance de s'être trouvé même si c'était récent. Toute proche de Freyja, tu observais. C'était amusant de voir qu'un mariage pouvait attirer tant de monde et surtout comment les gens s'intéressaient de si près à tout ça alors qu'ils n'avaient pas de nécessité particulière de s'y trouver.

Tu imaginais bien Louis qui avait dû trépigner d'impatience. Tu avais eu du mal à retenir les petites et curieusement, tu imaginais bien Laurent avoir eu bien du mal à garder Louis à sa place. Tu les connaissais bien depuis le le temps, du moins, c'était l'impression que tu avais.
Dans l'immédiat, le plus compliqué c'était les petites. Bon, Freyja était là donc techniquement ça n'était pas ton problème mais tu ne pouvais pas t'empêcher de t'occuper d'elles. Mais forcément, tu n'avais qu'une envie, poser tes fesses

« Fallait-il vraiment que le mariage soit aussi pompeux... Les marier sur l'Audacia, ça aurait été tout aussi bien. » C'est que tu t'y étais attachée à ce rafio et à l'Archipel. Pourquoi ne les avaient-ils pas marier comme ça ? Ça aurait été tout aussi bien et tu te serais sentie bien mieux dans tes bottes qu'au beau milieu d'une cour comme celle-là. Un jour, tu t'y ferais mais tu étais restée assez loin de tout ça jusqu'à maintenant pour que ça te perturbe.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Ven 1 Fév - 8:21

    Nous étions donc le 31 août 802, et le jour que je redoutais tant arriva. J'avais eu le temps de me faire à l'idée évidemment, Lisbeth allait se marier avec Louis. Mais l'aimait-elle vraiment ? C'est une question dont je préfère finalement ne pas savoir pleinement la réponse. Leur relation a été tellement compliquée pour ainsi dire, elle a évolué constamment, pour se stabiliser ? Je n'en suis pas certaine, mais je fais comme si tout allait bien se passer entre les deux. Pourquoi a-t-elle encore pleurer longuement ces dernières nuits ? Peut être parce que le choix d'en choisir un pour en délaisser un autre a été difficile à encaisser, peut être que c'est simplement la cérémonie qui l'attendait qui lui a fait monter ces larmes aux visages, il y a tellement de possibilités que finalement, je préfère ne pas choisir. Yseult Sombréclat de la Châtaigneraie, la duchesse va se marier, votre relation ne sera plus jamais la même à présent, il va falloir t'y faire. Je crois que c'est ce cela que j'ai le plus peur, que va-t-il vraiment advenir de ma personne ? Mais je me secoue la tête pour faire partir cette question de celle-ci, c'est le mariage la belle Lisbeth, je devrais me réjouir plutôt que de me tracasser sur mon avenir, demain je penserais à cela, mais pas aujourd'hui. Enfin j'allais essayé de faire cela de cette façon mais ce ne serait point gagné.

    J'avais grandement aidé aux préparatifs, je voulais que tout se passe bien pour elle, plus que pour lui. Notre relation entre Louis et moi sera je pense toujours un peu compliquée, mais au fil du temps, nous nous y ferrons, nous serons bien obligé quoiqu'il arrive. C'est donc le moment de leur union, j'essaye de ne pas verser de larmes et pour le moment, j'y arrive pleinement, mais je ne sais pas, je pense qu'à un certains moment, des larmes couleront, quand je réaliserais pleinement ce qu'il est en train de se passer sans doute. Je suis dans la foule, dans les premiers rangs, Louis est déjà là, il est tout de blanc vêtu, il est sublime dans ce costume mais Lisbeth est encore plus belle, comme à chaque fois, la mariée est l'attraction principale. C'est l'impératrice qui est la maîtresse de cérémonie, et d'un geste de la main, nous ne faisons plus de bruits, la mariée va pouvoir se joindre à nous, enfin !

    C'est à ce moment là que les portes s'ouvrent laissant apparaître Lisbeth au bras de son père, il va la mener à l'autel pour le mariage. Je souris comme si j'étais à la place de la duchesse. Nous nous connaissons tellement bien que finalement, c'est son mariage mais au fond de moi, c'est aussi un petit peu le mien. Une larme glisse alors sur ma joue alors qu'elle est en train d'avancer en direction de son futur époux. Les tromblons résonnent dans la salle, cela me fait toujours une sensation bizarre, mais c'est la tradition. L'espace d'un instant je crains pour elle, et si quelqu'un révélait le fait qu'elle soit enceinte pour que ce mariage soit la risée de tous ? C'est terrifiant, mais il faut toujours que j'ai un doute, une peur comme celle-ci en pareil circonstance. Mais aucun son ne vient perturbé les tromblons. Elle avance jusqu'à Louis et l'impératrice, le moment est venu.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Dim 3 Fév - 6:23

Depuis le fond de la salle tu te débats avec tes sentiments, avec ta colère, avec ton amour et avec toutes les autres choses qui tournaient en cet instant dans ta tête. Le chaos… le chaos dans sa plus pure expression. Tu te résumes à ça en cet instant. Tu n’avais jamais été en proie à quelque chose de ce genre ou plutôt… les détails te sont lointains. Tu as déjà été dans cet état mais tes souvenirs ont fait en sorte de se terrer dans un coin de ton être pour ne pas ressurgir inopinément.
Tu te débats encore avec toi-même… Que fais-tu donc là ? Pourquoi donc es-tu venu ? Par tous les Dragons, tu n’avais rien à faire ici malgré ton mandat, malgré ton travail. Tu avais surmonté bien des obstacles mais celui-là était celui que tu ne pouvais affronter aux premières loges. Tu serres les poings. Tu subiras les conséquences, le Destin et ton honneur t’en soient témoin mais tu ne peux pas.

Ton regard d’habitude si dur et si droit s’est éteint pour laisser place à quelque chose d’un peu différent. Il est triste, peut-être un peu fou à l’idée de ce que tu as perdu si sottement. Tu te décales et tu tournes les talons. Tu es bien parti pour sortir de là, de cet endroit qui t’apporte le malheur. Tu sais pourtant que tu n’auras d’autre choix que de l’oublier et de ne jamais la revoir. Elle exaucera ton souhait, tu le sais… mais toi. Toi, pourras-tu respecter tes propres vœux ?
Tu fais quelques pas vers la sortie. Aussi belle soit cette salle, les rideaux te donnent l’impression d’être terne, la lumière extérieure te semble trop sombre, l’air te semble froid. Et chaque pas que tu fais empire cette sensation. Tu te revois en face de la Tour de Sombreval… Sa main serrant la tienne, ses larmes, ses lèvres sur ta peau et tes lèvres sur la sienne. Ce contact bref mais chaste a dévasté ta raison.
As-tu jamais autant aimé quelqu’un… Le cœur a ses raisons. Tu as déjà vu ça et tu avais respecté cela. Il était temps de respecter les raisons de ton propre cœur même si cela devait déchirer ton être de part en part bien mieux que n’importe quelle lame.

Tu fais finalement demi-tour et tu t’avances, te stoppant net avant les dernières chaises installées. Tu respecteras au moins cela.

Tu murmures… « Je ne peux pas… » Et puis ta voix porte bien plus fort, bien plus loin, bien trop clair. « Je ne peux pas ! » Silence… l’écho de ta voix résonne presque encore. « Je n’aurais pas du me trouver là mais j’y suis par un étrange caprice du Destin et je ne peux me taire ! Je n’aurais jamais dû m’éprendre de vous ma Dame mais il est trop tard. Je vous en conjure, trouvez la force de me pardonner un jour mais il m’est impossible de ne rien faire. Je sais ce qu’il en est. Je ne suis qu’un guerrier mais mes sentiments valent bien les siens. Sur mon honneur, je puis vous jurer que je vous aurais apporté tout le bonheur que vous auriez pu souhaiter et il est encore temps. Il est encore temps pour vous et moi. »

Tu risques de te retrouver en bien mauvaise posture mais tu assumeras les conséquences car tu n’en as pas le choix. Ton honneur t’interdit de fuir, ton honneur te dicte de rester mais il n’est pas le seul. Tu dois savoir une bonne fois pour toute jusqu’où vont ses sentiments à ton égard et quelle que soit sa réponse, tu accepteras sans plus jamais lui causer d’ennuis.

Tu n’aurais jamais dû t’afficher mais il est bien trop tard pour reculer. Il fallait que tu saches, il fallait que son futur époux sache. Quant aux autres… cela t’était totalement égal.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Dim 3 Fév - 7:27

Tranquillement en retrait pour ne pas me mélanger à tous ces gens trop propre sur eux par rapport à moi, j’avais vu arriver Ariadne, Melsant et… Castiel. Léger problème. Comment atteindre Ariadne et mon ami sans me faire repérer par Castiel… J’étais un voleur, ça ne devrait pas être trop compliqué, il fallait juste que j’évite de piquer quelque chose en passant au risque d’avoir un gros souci à l’arrivée.

Me faufilant en gardant mes mains hors d’atteinte des richesses de tous ces gens, je saisis un court moment de la main d’Ariadne pour la saluer correctement. Main que je relâchais rapidement pour éviter de la mettre mal à l’aise. J’avais vu comment elle réagissait de près alors je faisais attention. Je ne voulais pas qu’elle m’évite. Ce serait idiot. Mais ce bref contact lui mit de la couleur aux joues bien entendu. J’aurais dû parier là-dessus. Je souris amusé en la voyant détourné le regard. Au moins me comportais-je plus ou moins correctement avec elle. C’était plutôt rassurant pour moi. Il y avait encore un peu d’espoir.
Je fis signe à Melsant, concentré à l’extrême et puis j’entendis un murmure… J’avais l’oreille exercée, j’entendais beaucoup de choses. Le moindre bruit pouvait se révéler problématique pour un voleur après tout. Je n’avais pas saisi le moindre mot mais à la sonorité, j’avais tendance à dire que la phrase qui avait retenti était exactement la même chose.

Je me retournais pour voir qui avait parlé si fort et si clairement. Un guerrier. Le genre de type capable de m’étaler et avec qui Melsant aurait sans doute pu croiser le fer un moment mais là n’était pas le sujet. L’homme était en train de parler sans que le moindre mot ne me frappe jusqu’à ce qu’il en arrive à l’essentiel. Pauvre homme. Sous le charme de la Dame d’Outrevent. C’était pas de chance ça. Mais le bonhomme ne devait pas tenir à la vie… Balancer ça en plein milieu d’un mariage, c’était pas très intelligent. Comme s’il n’avait pas pu la trouver avant pour le lui dire.
Le pire dans tout ça, c’est qu’il insistait, persuadé qu’il y avait encore une chance. Je n’étais jamais vraiment tombé amoureux alors de là à le comprendre, il y avait un gouffre.

J’espérais qu’il sortirait de là en un seul morceau mais ça n’était pas moi… maréchal ferrant et voleur, qui pourrait l’aider à s’en sortir en un seul morceau bien que je ne doutais pas de sa capacité à s’en sortir seul.

Je me demandais encore comment il avait trouvé la force de tout dire comme en ça en public, le pari était risqué. En tout cas, ce mariage ne serait pas sans rebondissement, j’avais bien fait de venir. C’était bien mieux que toutes les bagarres de tavernes auxquelles j’avais assisté et bien mieux que tous les combats d’arène. Il n’y avait que de l’imprévu ici et quelque part, mon âme de trouble fête était parfaitement satisfaite de la tournure des événements. Mais j’avais quand même une petite pensée pour la Dame d’Outrevent, je me demandais bien comment elle allait expliquer ça à son futur époux.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Dim 3 Fév - 8:25

Ce sourire, si beau, si sincère, si parfaitement accordé au mien.
Cette paume contre la mienne, si dure et calleuse qui sait pourtant se faire douce le temps d'une caresse, d'une étreinte.
Et ces yeux... Ce regard bleu, lumineux, tendre dans lequel se lisent tant et tant de choses. Ce regard heureux, malicieux dont l'intensité fait écho à ces sentiments bien réels que j'ai fini par accepter.

Je voudrais lui dire que j'ai compris, que je sais ce que signifient cet embrasement de mon être et les frissons qui me parcourent à sa seule vue. Lui dire que je suis heureuse, aujourd'hui, de savoir que nos vies seront unies pour l'éternité. Heureuse et comblée de songer à lui, à nous, à ce que l'avenir nous réserve, à cet enfant que je porte, première promesse des lendemains communs qui nous attendent. Bien sur, il y aura des disputes, des désaccords et des colères - aussi certaines qu'inévitables.
Mais plus que tout, je voudrais lui dire que je l'aime.

Je reste silencieuse pourtant, le laissant me perdre dans ses yeux que j'ai si souvent bravé et défié. L'heure n'est pas aux paroles ni aux aveux. Seuls comptent la sincérité de nos sentiments, la beauté de cet instant et nos doigts entrelacés en une discrète étreinte que viendra sceller le traditionnel ruban de soie. Plus tard, oui, je lui dirais ces mots qui brûlent mes lèvres et emplissent mon âme. Quand nous serons partis, ensemble, loin de tous. Alors je lui souris seulement, simplement. Un sourire lumineux et doux, messager implicite de mon émotion.
Ils ont beau être des centaines autour de nous, nous sommes seuls. Nul ne compte en cet instant, pas plus nos parents et amis que les badauds et autres vagues connaissances venues assister à nos noces, par convenance ou curiosité. Nous sommes là, devant leurs regards, objets de leurs chuchotements inaudibles. Et pourtant nous sommes seuls, bienheureux captifs d'un bonheur qui n'appartient qu'à nous, protégés des autres par la force de ce qui nous unit avant même que le ruban ne soit venu lier nos poignets.

Protégés, vraiment ? Ou était-ce ce que je voulais croire, m'accrochant à cette main devenue pour moi synonyme de tendresse et d'inébranlable soutien ? Était-ce une illusion que de penser que rien ne pourrait nous atteindre, pourvu que nous soyons ensemble, unis ? Un murmure, pourtant, vient de faire vaciller notre fragile complicité. Un murmure inaudible de là où nous sommes mais rapidement repris par une voix puissante, vibrante dont le timbre clair me fait tourner les yeux.

Thibalt d'Ambremont.
Mon coeur rate un battement. Pourquoi ? Pourquoi est-il ici, lui qui m'a demandé de me tenir éloignée, de ne plus le faire mander ? Pourquoi être venu, quand cette journée sonne le glas de sentiments condamnés avant d'avoir réellement existé ? Quelle plaisante souffrance espérait-il ? Et surtout... Pourquoi ces mots ? Pourquoi ces sous-entendus et cette proposition soudaine ?
Une seconde à peine et les larmes me montent aux yeux, emportant dans leur flot le souvenir d'un baiser sur mon front, à peine déposé. Le souvenir d'un soir d'été, d'un aveu à demi-mot. Le souvenir des battements effrénés de mon coeur au moment de dire adieu au premier homme que j'ai aimé. Me hait-il à ce point, pour ainsi venir briser sans considération mon bonheur à venir ? Pour révéler à tous le secret de mon coeur, que je lui ai confié en toute confiance ? Mon coeur éclate et saigne, déchiré, non par des hésitations, mais par une douleur sourde qui pulse dans ma poitrine. Car d'hésitation je n'en ai aucune. Des regrets, de la colère, de la tristesse, oui. Mais pas d'hésitation. Il fut un temps où j'aurais été trop heureuse de pouvoir fuir ce mariage au bras d'un autre, au bras de Thibalt. Plus maintenant. Parce que je me suis engagée, sur mon honneur, à épouser Louis, au nom de la décision de mon père. Parce que notre enfant à naître est le cadeau le plus précieux qu'on m'ait jamais fait. Parce que je l'aime. Tout autant, bien que différemment.

Mais quels mots prononcer ? Quelles phrases pourraient apporter réponse suffisante, sans blesser l'un plus que nécessaire et sans faire douter l'autre ? Une larme coule, solitaire sur ma joue et je retiens ses soeurs pour ne pas fondre en larmes devant cette si noble assemblée qui se repaît du spectacle imprévu qui lui est offert. Il n'est nulle parole qui puisse adoucir la déclaration qui vient d'être faite. Alors, une fois de plus - une fois de trop ? - je me tais. Ce serait mentir que de prétendre que les espoirs de Thibalt sont le fruit de sa seule imagination. Tout comme je refuse d'exprimer à voix haute mon refus de le suivre. Mes yeux en reviennent à Louis, que je n'ose qu'à peine regarder. Mes doigts se resserrent autour des siens.

Ne fais pas n'importe quoi, Louis, s'il te plait... Je t'aime...

_________________
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Et par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie. Je suis née pour te connaître, pour te nommer. Liberté.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Dim 3 Fév - 16:38

Elle a l'air heureuse. Éprise d'amour pour Louis, entourée de sa famille et de ceux qui en feront bientôt parti. Même moi, je suis la, et elle le sait. Malgré mon déguisement, malgré cette armure que j'abhorre, je suis la pour lui apporter mon soutien et veiller sur elle. Mon regard se porte sur Freyja, ses filles et son capitaine, Sésana qui a accepté sous la demande de Freyja de m'aider à m'occuper de mon fils, aujourd'hui parmi les Brunante, un sourire aux lèvres. L'histoire se répète. Bien après les disputes enfantines de Lisbeth et Louis, bien après nos jeux et nos complicités.. Aujourd'hui, c'est a la nouvelle génération de se disputer et de rire ensemble à gorge déployée. Et bientôt viendra un autre enfant, celui de ma sœur. Je souhaite a cette joyeuse compagnie autant de bonheur que nous avons eu la chance d'avoir par le passé.

Si seulement je n'étais pas si occupé. Arven est sens dessus dessous.. À peine sorti des prisons d'Augustus que je devais déjà voyager de duché en duché, de royaume en royaume, pour coordonner nos groupes. Lagrance, Bellifère et Nightingale qui ont tout trois décidé de faire sécession. Je ne comprends définitivement pas pourquoi mon père ne les a pas suivi. La rébellion n'a jamais été si ardente, la fin approche, je le sens au plus profond de mon être et mon rôle en est donc de plus en plus renforcé. Combien de discours ai-je tenu ces derniers mois, malgré ma douleur et ma peine ? Combien de discussions ai-je eu avec des hommes et des femmes de toutes origines.. Combien de plans ai-je aidé à préparer, de conseils ai-je donné ?.. Je ne compte plus les heures qui m'ont tenu éloigné de Lior, voire même de Lorgol.

Je souffle un instant. Je suis la pour ce mariage. C'est tout ce qui compte, ce que je voulais a tout prix. Je laisse vaquer sur la foule mon regard lent, tentant de faire attention aux moindres détails.. Tout ce qui pourrait faire pencher la balance. Je vois de nombreux nobles, plus ou moins discrets. Depuis Castiel de Sombreflamme, avec sa suite des plus hétéroclite, à Anthim d'Erebor, beaucoup sont venus à ce mariage. En tout cas, beaucoup de nobles, ducs en tête de file, semblent être inquiets de leur sort et avoir pris des gardes de la Guilde de Guerriers pour l'occasion. Après les événements du bal du solstice et du mariage de Chart et Gaëtane, on ne peux guère leur en tenir rigueur.

Un visage, cependant, manque à mon compte. Je commence à prendre l'habitude de saluer l'oracle de la confrérie noire, comme moi toujours bien dissimulée parmi la foule, à chacun des événements officiel qu'Arven vient mettre sur notre chemin. Je me demande si je n'ai simplement pas réussi à percer son déguisement ou si elle n'est simplement pas là, mais cela n'a certainement somme toute pas grande importance. Après avoir été transporté dans son corps, après avoir aussi assisté à son accouchement, après avoir consolé sa peine concernant Sigred et l'avoir assisté pour la suite, je me sens désormais plus proche que jamais de cette femme dont la vie est semée d'indicibles embûches. Je sens et je sais que son rôle dans les temps passés et à venir sera encore plus grand que le mien, sera à la hauteur des sacrifices qu'elle a du consentir. J'espère qu'un jour nous pourrons parler de tout ça au passé, tranquillement et sans crainte des événements qu'il reste sans cesse à braver devant nous.

C'est alors, pendant que je me perds quelque part dans mes pensées, que survient un événement franchement inattendu. Je ne dis pas que je pensais que ce mariage se déroulerait normalement - c'aurait été douce naïveté au regard du passé - mais j'avoue qu'à peine les mariés arrivés, je ne m'attendais pas a ce qu'un troisième trublion vienne changer la donne.

Et quelle ne fut pas ma surprise quand j'entendis les mots de cet homme que je n'arrivais pas vraiment a distinguer de ma place et quand vint lui répondre un unique silence gêné de ma sœur. J'ai envie de profiter de mon uniforme de garde pour chasser cet impertinent, cet intrus hors de cette salle. Cependant, je reconnais Thibalt d'Ambremont, noble déchu par l'empereur et membre de la Guilde des Guerriers... Aucun garde ne va se permettre de la chasser sans des ordres d'un haut placé. Si un tel ordre vient, cependant, il est sûr que je serais le premier à en profiter. Une chose m'inquiète, cependant, c'est la réaction de Louis. Je sais pertinemment que ma sœur n'a que faire de cet homme, elle ne m'en a même jamais parlé. Toutefois, je ne suis pas sûr que son futur mari – si le mariage parvient un jour à son terme – partage avec moi cette certitude. Si suis convaincu de la vertu de Lisbeth, lui, je pense, l'est beaucoup moins en cet instant... Je prie en moi même pour que le marin au sang chaud qu'il est ne fasse rien de stupide... En quoi cet homme avait besoin de venir mettre son grain de sel dans cette union ?
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Lun 4 Fév - 22:46

C'est une voix qui interrompt l'harmonieux silence qui règne entre Lisbeth et toi. Une voix qui parle clairement, clamant des mots qui te font quitter la sphère de tes bons sentiments pour tomber dans celle de tes plus... emportés. Qui est-il, ce manant? Ce guerrier qui ose... ose. Tu t'es retourné avec fureur, chacun de ses mots faisant enfler dans ton cœur une vague de colère. Qui ose interrompre ton mariage pour parler de sentiments qui concernent ta promise, ta Lisbeth, ta future épouse, la femme que tu... aimes, oui. La future mère de votre enfant. Et tu le connais, ce guerrier, tu l'as déjà vu. Dans les yeux de Lisbeth, au mariage de Chart et Gaetane, un visage flou, dans l'arène, et désormais devant toi. Si loin et si près.
Tu pourrais le tuer. Ici. Maintenant.
Tu détaches tes yeux de lui pour regarder les invités. Tu vois déjà les sourires étirer les lèvres de certains, d'autres se lever sur la pointe des pieds pour voir. Voir ce que le marin au caractère impossible répondra au guerrier amoureux pour se défendre, voir si la promise répondra quelque chose. C'est pourtant le silence qui accueille la déclaration de Thibalt, un silence lourd, douloureux. Tu baisses tes prunelles sur Lisbeth, captes son regard. La main qui serre la tienne est forte, et tu rends ce contact avec hargne. Tu te contiens difficilement, tu as posé ton autre main sur ta garde de son sabre et tu es prêt à le sortir et à confronter l'homme en duel. Ici. Maintenant. Qu'importe qu'il soit un guerrier aguerri, ce Thibalt d'Ambremont que tu as côtoyé de loin dans l'arène et les entraînements, tu es un homme qui se battrait jusqu'à la mort pour l'honneur. Tu respires fort, si fort, ta respiration est sifflante, rageuse, et sans doute que si tes yeux pouvaient tuer, il serait mort. Mort depuis longtemps. Tu voudrais le tuer. Ici. Maintenant. Et pourtant, tu détaches lentement tes doigts de ton sabre et tu tournes le dos à Thibalt. Tu réussis à siffler entre tes dents serrées : « Commencez, Cyselle, s'il vous plaît. »

Pas maintenant. Plus tard, peut-être. L'ignorer. Lui faire prendre conscience de toute la stupidité de son geste. Te montrer digne de ton mariage, de ton épouse, de tes racines outreventoises et droites. Ne pas être le plus idiot des deux, malgré cette rage qui fait trembler imperceptiblement ton corps. Tu aimes Lisbeth, tu ne lui feras pas ça.

Tu l'aimes.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Mar 5 Fév - 5:34

Maintenant que tu y étais à ce mariage, tu étais heureuse, heureuse d'être là car c'était un tournant dans la vie d'un de tes proches. Car si Louis t'avait fait la cour il y a quelques années, tu l'avais toujours vu comme un ami, comme un frère, pas comme quelqu'un avec qui tu aurais pu passer des moments intimes.
Être là était un peu un hommage aussi à cette amitié et même si tu ne manquais pas de tenter de mettre un peu de piquant dans ce couple étrange, tu n'avais rien contre Lisbeth, tu t'étais très bien entendue avec elle jusqu'à ce qu'elle apprenne pour ce passé. Voilà justement pourquoi tu jouais ainsi. Les petites et le fils de Liam n'étaient pas bien compliqués aujourd'hui d'ailleurs. Même si tu ne t'étais pas forcément levée du bon pied, tu adorais ces rejetons et qui était presque sage mais il ne fallait pas trop en demander. Tu aurais sans doute été un véritable monstre pour l'occasion.

Ce que tu apprécies nettement moins, c'est l'intervention de ce guerrier. Quand bien même ce qu'il disait pouvait être vrai, ces choses-là ne se faisait pas et par respect pour Lisbeth, il aurait mieux fait de fermer son bec. Ce que tu craignais par dessus tout en connaissant Louis, c'était qu'il défende son mariage au fil du sabre. C'est un regard rageur que tu jetais donc vers ce trouble fête que tu aurais bien mis dehors toi-même s'il n'avait pas fait deux fois ton poids au bas mot.
Voyant Louis prêt à en découdre, tu étais presque prête à t'interposer entre les deux hommes en cas de pépins. C'était un mariage, pas un combat d'arène. Un combat qui pourrait mal tourner d'ailleurs. Le guerrier ne semblait pas sans défense, loin de là et Louis n'abandonnait rien, il ne lâchait rien ou presque.
Heureusement, Louis resta à sa place ne daignant pas en découdre. Tu ne pus t'empêcher de soupirer de soulagement. Il est tendu, sans doute en train de fulminer mais au moins est-il resté tranquille.

Il n'y avait qu'une chose à espérer à présent, que le guerrier s'en aille avec ses déclarations et ne commette pas l'erreur d'insister. Sinon, tu ne donnais vraiment pas cher de cette cérémonie de mariage. Malgré l'absence de combat, tu préférais néanmoins te décaler, juste au cas où, tout en gardant un œil sur les enfants. Quand on sert les de Brunante, on ne s'ennuie pas, foi de traîne-poussière.

Le pire dans cette histoire, tu en étais presque convaincue, ce serait les explications... et même si tu aimais enflammer un peu les discordes, cette fois, tu serais bien capable de tenter de les apaiser. Une fois ne serait pas coutume. Mais ça... tu sais que tu n'as rien à y voir et qu'au final, la chose serait sans doute très mal prise même si elle était partie d'une bonne intention.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Jeu 7 Fév - 8:05

C'est le jour. Aujourd'hui, Lisbeth d'Outrevent épouse Louis de Brunante. Aujourd'hui, l'Empereur sera présent pour officialiser l'union d'une des plus hautes dames de la noblesse. Aujourd'hui, si le Destin le veut bien, Arven se couchera libérée du tyran qui l'oppresse, et les magiciens pourront retourner au monde qui les attend en dehors de Dragonvale pour répandre les bienfaits de leur savoir auprès de l'Humanité. C'est le jour...

Dans mes plus belles parures de Cour, une robe d'un noir d'encre rehaussée de l'éclat profond des saphirs qui ceignent mon cou, j'avance dans les couloirs menant à la salle du trône, Sigal blottie dans mes bras. Elle ne dort pas – silencieuse et attentive, ses grands yeux bleus ne quittent pas mon visage alors que je traverse les corridors déserts qui m'approchent un peu plus de mon destin à chaque pas. C'est aujourd'hui le jour que j'attendais...

Je porte la mort en moi. Je l'ai su en donnant le jour à Sigred qui n'a jamais pris son premier souffle – je porte une promesse de Mort en même temps que la flamme de la Vie. Je la respire à chaque souffle que je prends, je porte le deuil des disparus, je pleure les rires de ceux qui ne sont plus, et je sais que des légions entières d'étoiles sombrent au fond de mes yeux. Je suis la Mort aujourd'hui et je me dois de la porter là où elle est attendue – et une part de moi sait bien que je partagerai le sort de celui que je viens chercher. Je le sais, et je m'y suis préparée – ma fille aura un tuteur que j'espère capable de s'occuper d'elle, mon royaume un Régent qui saura l'aimer et le chérir comme Nightingale le mérite. Cela est acté et signé – il ne me reste plus qu'à me présenter avec ma fille dans cette salle de trône où la Mort m'attend, et espérer que la Vie que je vais confier à d'autres que moi saura grandir et s'épanouir pour tous les enfants d'Arven. C'est le jour où le Destin bascule, c'est le jour où l'espoir s'enflamme, c'est le jour où la liberté s'envole.

Lorsque j'entre dans la pièce, les regards vont et viennent entre Lisbeth et Louis, debout devant l'Impératrice qui officie, et l'un de mes sujets que je reconnais, debout dans l'allée. Thibalt d'Ambremont vient apparemment de s'opposer à l'union de la femme qu'il aime. De quelques pas calmes et mesurés qui n'attirent pas encore l'attention sur moi, je le rejoins. Me reconnaît-il, lui aussi, ou s'incline-t-il devant la couronne barbare d'Astrée qui étincelle sur la blondeur de mes cheveux ? Il me salue en tout cas, et accepte sans protester Sigal que je lui tends.

« Veillez sur votre princesse, Thibalt. Qu'elle soit remise à Castiel de Sombreflamme, son tuteur, dès que j'en aurai terminé ici. Et maintenant, mon ami, reculez – reculez tous. »

Ma voix a porté sur les derniers mots, et je vois le tyran se lever. Il a compris, j'en suis convaincue. D'un battement d'ailes, Arius entre par l'une des hautes croisées ouvertes sur le soleil d'août, et se place à mes côtés pour la bataille de volontés qui va commencer. Ils s'écartent, tous – Louis entraîne sa promise, les invités refluent vers les murs. J'aperçois du coin de l’œil Freyja de Brunante et Philippe Jedidiah ramasser leur couvée et le petit Lior, et j'adresse un regard d'excuses à Lisbeth, navrée de ruiner son mariage – son poignet lié à celui de Louis atteste néanmoins de la complétude de la cérémonie. D'un geste autoritaire, Augustus écarte Cyselle qui s'en va rejoindre l'assemblée au plus loin de moi – un vent chaud se lève soudain et s'engouffre dans la salle par les fenêtres ouverts, signe annonciateur de l'éveil de ma magie personnelle.

Je ne le vaincrai pas. Je le sais, et il le sait également, aussi son sourire est-il supérieur alors qu'il me toise de toute sa hauteur. Près de lui, un loup des neiges se révèle soudain, et je sens Arius se tendre – voilà ainsi le Familier du tyran.

« Svanhilde Nightingale. » Un simple salut, une reconnaissance de celle que je suis, un soupçon infime de respect nuancé de... peur ? Non, certainement pas. De regret, peut-être ? Oui, c'est plus vraisemblable. J'étais l'une de ses têtes couronnées, et il n'a pas su me dompter – tout aurait pu être différent s'il n'avait pas tenté de massacrer mes frères et sœurs magiciens jusqu'au dernier. Dans le silence qui s'éternise, il attend. Je sais qu'il n'attaquera pas le premier, et que tous nous dévorent des yeux. Seul un bruit de pas rompt le silence. Liam d'Outrevent, surgi de nulle part, est venu se placer à mes côtés. Nous échangeons un seul regard – sait-il ce qui va se passer ? D'un léger signe de tête, je le remercie pour sa présence – et pour ce qu'il fera, un jour, pour le bien de ma lignée, s'il réchappe du chaos qui va s'ensuivre.

« Augustus Poing-d'Acier. » J'ai omis son titre. Volontairement. Il n'est pas mon roi, ne le sera jamais – plutôt mourir que me livrer, et je sais qu'il l'a lu dans mes yeux, cette fatale promesse que je lui fais de le tuer ou de périr en échouant. « Je suis Svanhilde Nighingale. » La vérité de ce que je dis étreint soudain mon cœur, et son tambourinement effréné se calme dans ma poitrine. Une force étrange se glisse dans mes veines, me soutient, et je sais que maintenant le tyran peut discerner cette flamme nouvelle au fond de mes prunelles. « Je suis l'Oracle de la Confrérie Noire, je suis l'héritière de Vanceslas notre Fondateur. Je suis le rameau préservé de ceux que tu as voulu briser. Je suis la Maîtresse des Lames, je suis la Voix dans la Nuit. Je prononce ce soir l'anathème sur ton nom, et je maudis ta maison. » Contre le mur, Cyselle blêmit. Un soupçon me saisit, mais trop tard – l'instant est passé, le rituel doit continuer. Prisonnier de mes mots, inconscient du pouvoir qu'ils charrient, l'Empereur n'a pas bougé. La force grandit en moi, puissante et présente – familière. « Je suis la Reine de Nightingale, Protectrice de Dragonvale. Je suis l'Ange de Mort, le Héraut de l'Apocalypse, et c'est mon sang qui lavera les larmes des innocents. Je suis la championne de la magie contre celui qui la fait pleurer. » Une pulsation merveilleuse se met à battre en moi au rythme de mes mots. D'une caresse mentale, j'étreins Arius, une dernière fois – son chant doux et poignant vient se joindre à mes paroles, dans une mélopée funèbre qui emplit l'air et allume la flamme du pouvoir dans mon sang, alors que dans un chuintement feutré la lame de mon poignard rituel vient entailler ma paume. « Je suis mage et reine, je suis sœur et femme, je suis mère et guerrière. En ce lieu, en cette heure, je fais appel à un pouvoir supérieur. » Quelques gouttes écarlates s'étalent au sol en précieux pétales. Arius chante toujours. Le vent s'emballe et tourbillonne dans la salle alors que ma magie intime vient se lier au pouvoir colossal qui soudain m'environne. Mes derniers mots, mes dernières pensées – je les sens s'entrechoquer, et dans le calme qui précède la tempête, je sais qu'ils seront entendus. « Puisqu'il faut que l'un d'entre nous se coupe les ailes, je fais ce soir le sacrifice des miennes. Pour la paix d'Arven, je serai Écrin de Lumière. »

Tout s'obscurcit. Dans le calme solennel de mon âme, je vois, de très loin, l'esprit de Sage investir mon corps, comme nous en avons convenu. Appelé par mon sang, le Dragon s'est incarné dans ma chair, et je sais que son pouvoir vaincra celui du roi. Je sais aussi que je ne serai plus là pour le voir, car aucun humain n'est censé déchaîner d'aussi sombres puissances – ainsi soit-il. Ô Arven, protège tes enfants désormais, que nul tyran ne puisse jamais plus les enchaîner. Ô Nightingale. Mon royaume, mon foyer – j'ai foi en Castiel pour t'aimer autant que je te chéris. Ô Sigal, ma fille, ma toute petite, mon bébé, toi le centre de ma vie – que ton existence soit belle et paisible, que tu aies tout ce qui m'a été refusé. Ô mes Lames – que la Confrérie Noire soit dissoute et que le cours de vos années vous soit rendu. Ô Sage – accomplis notre mission, celle qui t'a tenu en éveil tous ces siècles écoulés. Je te donne mon corps, je te donne ma vie – moissonne mon essence, brise mon âme, et que le couperet de la liberté s'abatte.

Arven – je t'ai donné les années de ma vie, je t'offre maintenant ma mort. Adieu – adieu donc, et que vous viviez encore, pour moi, et pour tous ceux qui sont tombés pour vous.

Sigvald – mon frère, mon aimé. Attends-moi, j'arrive – et que le chant d'Arius me porte vers toi.

Ma conscience s'éteint.

Ô Chute, Ô Glorieux Abandon, Ô Fatal Destin.

C'est la fin.

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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Jeu 7 Fév - 14:35

La voilà.

Svanhilde Nightingale. Elle entre dans toute sa splendeur, revêtue d'une robe noire, d'un collier de saphirs. Elle entre, et c'est n'est cette fois pas dissimulée sous un énième costume grotesque. C'est cette fois avec toute la majesté de son rang et de son sang. Elle entre dans le palais d'Augustus en tant que Reine, le regard fier et sûre d'elle. Il ne peut être question d'échec. A l'instant même où je la vois, un frisson parcourt mon âme.

C'est le jour.

Elle met fin de la plus radicale des manières aux chamboulements provoqués par Thibalt d'Ambremont, qui se retrouve bientôt avec un bébé dans les bras. Je reconnais Sigal. Celle qui a survécu...


« Reculez tous. »

Dans ces deux mots prononcés avec force réside une incroyable autorité. Le silence se fait. Tous s'affolent. Tous s'écartent. Arius entre en volant dans la salle. Augustus se lève. Svanhilde et lui se fixent. Un léger sourire étire les lèvres du tyran. Ils sont tout les deux sûrs d'eux. Ils ont tout les deux derrière eux une puissance qui dépasse de loin l'humanité, qui dépasse de loin l'entendement. Ils se savent capables de tout. Je vois Freyja et son capitaine éloigner leurs filles et mon fils. Je vois beaucoup de gens commencer à fuir la tension palpable entre les deux camps qui se jaugent, représentés par ces deux personnes d'apparence si humaines, si fragiles, et qui renferment pourtant la force d'une armée. Je vois Louis entraîner Lisbeth.

* Protège la. Entraîne la loin de ce qui va venir. Louis, sauve ma sœur. Protégez-vous l'un l'autre. Ensembles, vous saurez vaincre. *

Je laisse mes pas m'entraîner là où a toujours été ma place, au centre de la salle, au cœur des combats à venir, aux côtés de Svanhilde. Là où la Rébellion trouvera bientôt son dénouement, sa victoire ou sa mort. Pour la première fois, je vois apparaître le familier du tyran. J'arrive à la hauteur de Svanhilde. J'ôte le casque de soldat impérial qui ceignait ma tête. Elle me salue et me remercie. Je lui transmets par mon regard la confiance que je lui porte.

Les mots portent, clairs et forts, inébranlables, alors que Svanhilde déclame un discours qui se fait le préambule d'une incantation funèbre, annonçant la damnation irrévocable d'Augustus Poing-d'Acier, l'homme qui a un jour voulu devenir par la force le souverain des Huit Royaumes. Par le sang, elle appelle à venir en elle rien moins que l'esprit de l'un des grands Dragons Ancestraux. A l'instant où la magie prend vie, je le sens au plus profond de moi comme une vérité pleine et immuable.

Sacrifice.

Pendant un cours instant, la peur me saisit et un frisson m'étreint. Le doute. Le doute que pour venir à bout d'une domination ô combien ténébreuse, nous n'ayons appelé à nous le secours de puissances qui nous dépassent. Mais au doute suit le goût de la revanche. Qu'importe ce que demain nous réserve, nous avons la chance aujourd'hui de mettre fin au règne du tyran. Ce n'est pas aujourd'hui que j'abandonnerais ma cause.

Le pouvoir du Dragon m'environne. Je suis près de Svanhilde au moment où elle ferme les yeux, laissant l'esprit prendre le contrôle de son corps, et la magie qui l'enveloppe manque de me faire tomber à genoux. Mon cœur bat plus vite et je sens en moi la brûlure de mon sang qui s'échauffe.

Dans le silence total qui suit l’envoûtement de ses mots, l'Oracle de la Confrérie Noire ouvre les yeux. Mais derrière ses cils soulignés de noirs, dans les yeux d'un bleu profond qui fixent le souverain, Svanhilde n'est plus là. Svanhilde Nightingale, après avoir consacré sa vie à la Lutte, a désormais fait l'ultime sacrifice de son corps au Dragon qui la vengera.

Silence. Calme. Immobilité.

C'est dans cet instant d'accalmie absolu qui me semble durer une éternité que la tempête se déclenche soudain. Déchaînement de puissances occultes qui défient la raison, des éclairs jaillissent et des flammes s'élèvent. De mon côté, je dégaine lentement mon épée de mon fourreau, me tournant vers les hommes de la garde qui se sont enfin décidés, d'un commun accord, à venir en secours à leur souverain.

Pas avant de m'être passé sur le corps.

Dans une lenteur incroyable, je les vois courir dans ma direction. Je suis seul, seul pour l'instant à défendre le Dragon qui se bat aujourd'hui contre la tyrannie qui oppresse Arven depuis deux siècles. Faible, son corps est faible. Si sa magie est capable de déplacer des montagnes, son corps ne survivrait pas à une épée qui le traverserait. Ils arrivent sur moi. Mon épée est leste au bout de mon bras alors qu'en un geste je renverse mes deux premiers assaillants.

Avec l'expérience de trop nombreuses années de pratique, j'enchaîne les mouvements, seul contre une armée qui déboule de tous côtés. Je me défends, je tranche, pare, frappe de toutes mes forces, avec une précision décuplée par l'intensité de l'instant. Je me sens porté par la magie qui m'environne, mais je sais qu'au moindre faux pas, cette dernière ne me sauvera pas. Un ennemi repoussé, un autre transpercé. Soudain, le Dragon pare l'un des torrents de magie d'Augustus. La sévère onde de choc engendrée me jette au sol, ainsi que les gardes non loin. Je me relève rapidement alors que je vois arriver à mes côtés de nombreux Rebelles, qui ont profité de cet instant de répit pour achever les ennemis tombés au sol. Dans cet instant de calme, je salue mes compagnons. La bataille ne fait que commencer.

La magie se déchaîne. Les coups pleuvent, les morts tombent par dizaines, le sang coule à flot à nos pieds, laissant le sol glissant et poisseux. Nous avons formé un cercle autour du Dragon et d'Augustus, empêchant quiconque de les atteindre l'un ou l'autre. Partout, des combats font rage en tous sens, des explosions ravagent la salle et entraînent de nouvelles hécatombes. De hautes flammes ont depuis longtemps transformé la salle du trône en un enfer ardent. Entre les deux puissances déchaînées, le combat n'est que déferlements de lumière et de fumée. D'autres mages dévoilent leurs pouvoirs dans la bataille, apportant au camp des Rebelles le précieux soutient qui vient combler notre claire infériorité numérique en ces lieux. Cependant, ils n'ont rien de comparables avec les deux ennemis qui s'affrontent en ces lieux, fissurant murs et fenêtres comme de vulgaires feuilles de papier.

Carnage et désolation.

Soudain, la salle s'assombrit et je vois en levant les yeux, par un trou béant fait dans le toit, Dragonvale survoler nos têtes. Dragonvale qui vient nous cacher le ciel. Dans le même temps, Augustus et le Dragon redoublent de fureur, tant et tant que leurs magies s'entrechoquent, s'enlacent et se nouent, formant au dessus de nos têtes comme un soleil de lumière qui grossit, se gorge de la puissance décuplée des attaques des deux adversaires.... Avant d'imploser brusquement.

L'onde de choc nous traverse tous et nous jette au sol, nous bouleversant au plus profond de notre âme sans nous blesser physiquement. Nous sentons tous clairement l'air frémir, vibrer et s'agiter après le passage de l'onde, alors qu'un silence de mort tombe sur le palais pour un court instant. Tous se questionnent sur ce qui vient de se passer.

Quand soudain le Tonnerre gronde. Un fracas d'une amplitude inimaginable. La puissance d'un million d'éclairs réunis. Ça se rapproche à toute vitesse. La terre tremble, les murs s'effondrent en grande partie. Soudain une tour colossale de l'académie vient traverser ce qu'il reste du toit, s’écrasant au beau milieu de la salle du trône. Des morceaux de montagne traversent les murs. Tout est ravagé. Dans ce dernier instant où mes yeux restent ouverts alors que les chocs m'ont profondément blessé, j'ai l'impression que le sol lui même se soulève. Je me souviens de cette dernière image, avant que ma tête ne vienne percuter un sol ou un mur, cette dernière image où la voûte de la salle tout entière s'écroule sur nous, mettant fin à plus de vies que je ne serais capable de le concevoir.

Tout cela n'a duré que quelques secondes.

Silence, cendres et destruction.

Quand je me réveille enfin, je me rends compte qu'une poutre écrasée en travers de la salle m'a sauvée la vie en m'évitant de me faire broyer par un quelconque débris. Nombreux sont ceux qui n'ont pas eu cette chance. Je peine à me lever. Mes blessures sont profondes. Je m'appuie sur un morceau de roche qui s'est écrasé contre un pilier désormais brisé. La salle du trône est méconnaissable. Des gens pleurent, crient. De la fumée s'échappe des décombres ensanglantées. C'est le chaos le plus total. Je vacille.

Je commence seulement à me remémorer les faits, à analyser ce qui s'est passé, à tenter de comprendre l'incompréhensible... Dans le débordement de magie intense suscité par les combats, Dragonvale s'est approchée. Attirée, aimantée par l'intensité de ces déferlements de puissance, elle est bientôt venue cacher le soleil au palais qui s'enflammait dans l'orage du chaos. Quand l'ultime explosion des magies combinées est venue provoquer une onde de choc d'une ampleur phénoménale, tout s'est vrillé et brouillé. Les sorts qui maintenaient l'Académie en vol se sont brisés. Dragonvale a chuté sur Lorgol, provocant un cataclysme colossal et tuant net un nombre incalculable de personnes, détruisant tout, les bâtiments et les âmes.

Je me lève au milieu de ces débris d'un palais autrefois magnifique. Si je reconnais quelques uns des survivants, je me rends compte qu'Augustus a disparu, de même que Svanhilde, dont les seules traces encore visibles en ces lieux sont quelques plumes ensanglantées que je trouve au centre de l'ancienne salle, à côté de la tour détruite de l'académie qui s'est écrasée en ces lieux. Alors que je tourne les yeux, c'est un paysage apocalyptique qui s'offre devant moi. Les ruines de Lorgol dévastée. L'académie de magie qui s'est littéralement faite embrochée par les célèbres Mille Tours. Tout n'est que ruines, flammes et fumée.

Il faudra une éternité pour compter les morts de cet indicible carnage et pour reconstruire le palais ravagé et la ville dévastée que je vois devant moi. Là, dans le sang de mes pairs, je tombe à genoux, des larmes au fond des yeux. Le peuple est libre. Si Augustus n'est pas déjà mort, du moins est-il désormais conscient qu'il aurait pu l'être, et le combat l'a très certainement énormément affaibli. Pourtant, malgré ce triomphe, ce n'est certainement pas le goût de la victoire que je sens bloquer ma gorge.

Qu'avons-nous fait ?
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Ven 8 Fév - 12:36

Ô la douceur de la soie sur mon poignet... La poigne de Louis qui enserre mes doigts. Après tant de difficultés, de protestations et de désaccords, nous sommes aujourd'hui unis par un lien indéfectible que nul ne saurait briser. Pas même Thibalt d'Ambremont, dont je sens le regard vrillé dans mon dos, accélérant encore la chamade de mon coeur. Plus tard, je lui écrirai. Et je lui dirai, je lui expliquerai ma décision face à ce choix douloureux qu'il m'a imposé devant la noblesse d'Arven réunie. Mais pour le moment, je conserverai à son égard cette froide distance que m'imposent ceux qui nous entourent de leurs regards et de leurs murmures. Le bonheur de mon enfant en dépend, intrinsèquement. D'un même mouvement, nous nous retournons, faisant face à l'assemblée massée là. Faisant face à la Reine de Nightingale qui s'avance, d'un pas souverain, portant dans ses bras une enfant blonde dont la vue me fait frémir. La voici donc, cette enfant de l'inceste, de l'Amour, de la souffrance... Ce si petit être que j'ai porté, le temps de quelques douloureuses minutes et dont l’avenir m’importe désormais infiniment. D'un imperceptible mouvement de tête, je salue Svanhilde. Étrangement, je suis heureuse de la voir ici, même si son pas assuré ne clame que trop les raisons de sa venue.

C'est la fin. Je le sens, je le sais. Une silhouette entre mille autres reconnaissables fend la foule des courtisans pour venir se placer à son côté. Liam. Rebelle incarné, visage de l’espoir, fièrement dressé près de l’Oracle de la Confrérie Noire, dangereusement belle dans ces vêtements sombres qui rehaussent son teint. Reine vengeresse, lame brandie venue mettre fin à l’oppression qui nous accable depuis deux siècles. Et tandis que sa voix résonne entre les hauts murs, je pressens l’arrivée inéluctable de quelque malheur contre lequel nous ne saurons lutter. Les morts, aujourd’hui, seront légions, innocents tombés au nom d’une noble cause. Larmes et sang se joindront ce soir tandis que s’élèveront les chants de détresses des rescapés. Tandis que renaîtra l’espoir d’un monde nouveau, meilleur. Ce monde pour lequel nous aurions sacrifié jusqu’à nos vies s’il était advenu que nos morts puissent mieux servir la lutte.
Ainsi soit-il.

Quelques secondes à peine, le temps interrompt sa course folle, comme par respect pour ce moment solennel qui précède le chaos. Ils sont là, tous deux, toisant Augustus de leurs regards fiers, eux qui jamais n’ont plié. Assassin et Rebelle, ensemble pour cet ultime combat, ce dernier assaut. Pour la fin de la tyrannie. Magie offensive et lame protectrice. Le glaive et le bouclier. Alliés.
Et brusquement, l’anarchie reprend ses droits. Au silence soudain succèdent les cris de rage, les hurlements de peurs. Tous fuient, tous courent pour ne pas assister à ce qui se prépare. Et moi… Moi je demeure figée, incapable du moindre mouvement, les yeux fixés vers mon frère qui se bat, seul contre tous pour protéger notre espoir incarné en Svanhilde. Dans un doux chuintement, une lame me vient en main, de celles dissimulées dans mes manches. Mais avant que je n’ai pu m’élancer pour le rejoindre, je sens un bras me saisir pour m’emmener loin de cette salle où se joue le Destin d’Arven. Loin du danger. Loin de Liam.


« NON ! NOOOOON ! »

Mon hurlement a déchiré l’air, inaudible dans le vacarme et les crépitements de magie. Je ne peux pas partir, je ne le veux pas ! Pas alors que ce jour sonne le glas du tyran. Pas alors que Liam peut-être fauché à tout instant par une lame plus habile que les autres. Il me faut le rejoindre, avant qu’il ne soit trop tard. Las, je ne peux me défaire de l’emprise de Louis qui m’entraîne inexorablement vers l’extérieur. Et je vois les gardes affluer encore, au point de ne plus même distinguer la silhouette qui pare et virevolte au milieu de toutes les autres.
Un choc, soudain, balaye la salle par son intensité, souffle pur de magie expulsé qui fait frémir en mes veines ce pouvoir ancestral que j’ai si longtemps négligé. Ce pouvoir qui me laisse un instant pantelante, incertaine, laissant ainsi le temps à Louis de me relever pour me faire avancer encore. A mon poignet, le lien si doux est devenu entrave insupportable. Mes yeux parcourent fiévreusement la salle, cherchant à apercevoir la silhouette tant aimée parmi la multitude des corps étendus.


« LIAM ! »

Les larmes coulent sans retenue sur mon visage. Il ne peut pas mourir. Il n’en a pas le droit, pas après avoir fait tant de sacrifices. Il doit vivre. Pour Outrevent, qui attend le retour de son héritier légitime. Pour voir Arven libérée. Ô puissances ancestrales, protégez-le. Protégez-le, je vous en supplie. Sur mes lèvres muettes, la supplique silencieuse devient litanie interminable. Protégez-le. Quelqu'en soit le prix.

Je n’ai pas conscience d’être tombée à genoux. Autour de moi, le fracas des armes est devenu murmure indistinct. Les yeux fixés sur Liam, j’halète, cherchant à reprendre un souffle qui me fuit. Ma respiration saccadée fait trembler mon corps. J’ai désespérément besoin d’air. Mes inspirations se font plus brèves, plus avides. Dans les tréfonds de mon être, je sens un rugissement prendre forme, hurlement sauvage et puissant qui réclame de prendre corps. Et sous son autorité, je clos mes paupières, le laissant s’incarner en moi. D’instinct, ma main libre vient se poser au sol, m’évitant de chuter plus encore. Mes pensées affolées cèdent le pas à ma détermination et se taisent enfin, laissant la place à une autre conscience. Qui ne m’appartient pas. Et dans mon esprit, un mot.

Dévoyé.

Ou est-ce un nom ?

Mes yeux se rouvrent. Mes poumons s’emplissent et je savoure la plus infime parcelle d’air inspirée. Comme si je n’avais plus respiré depuis des temps immémoriaux. Comme si je renaissais à la vie. A une autre vie. Pas la mienne. Celle du dragon qui est venu répondre à mon ardente prière, utilisant mon corps comme réceptacle à sa puissance.
Je ne suis plus que simple spectatrice à l’étrange spectacle qui se déroule ici-bas. Je me vois, pantin de chair, répondre aux moindres sollicitations de mon marionnettiste avec, au fond de mes prunelles, une assurance et une certitude sans commune mesure. Prisonnière volontaire de mon propre corps, je sens la magie pulser dans mes veines, alimenter mon cœur et mes muscles mieux que n’importe quel fluide vital. Je la sens émaner de moi pour venir protéger Liam d’un sort funeste. Et, le sachant préservé de tout danger immédiat pour sa vie, je laisse doucement mon esprit sombrer dans l’inconscience, m’abandonnant pleinement à mon hôte.

* * *

C’est le silence qui fraye un chemin jusqu’aux limbes dans lesquelles je me suis abandonnée. Un silence assourdissant, de ceux qui succèdent aux batailles. Au tumulte des cris a succédé le murmure de l’incrédulité. Les nouvelles se transmettent à voix basse, doux chuchotements, comme de peur de briser la véracité de ce moment par trop d’ardeur. L’empereur n’est plus. Il a pris la fuite, suivi d’une poignée de ses plus fidèles partisans.
Nous avons triomphé. Bénis soient les dragons dont l’infinie puissance a intercédé en notre faveur. Doucement, j’ouvre les yeux, pour découvrir le visage inquiet de Louis penché sur moi. Je sens la chaleur de sa paume, tendrement posée sur mon ventre, sur notre enfant malmené par mes chutes. Je voudrais le rassurer, lui sourire, caresser du bout des doigts sa joue râpeuse. Mais je ne le peux pas. Mon corps ne répond à aucune de mes sollicitations, encore assujetti à mon hôte providentiel qui brusquement reprend son envol, ne me laissant qu'un souffle : Liberté.

Et dans les yeux de Louis, à cet instant même, je vois mourir l’étincelle, cette lueur indéfinissable qui fait chavirer mon cœur dans un miracle sans cesse renouvelé. Cette étincelle qu’aujourd’hui enfin, je savais nommer.
Amour.

_________________
Liberté
Sur toutes les pages lues, sur toutes les pages blanches, pierre, sang, papier ou cendre, j’écris ton nom. Sur les images dorées, sur les armes des guerriers, sur la couronne des rois, j’écris ton nom.
Et par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie. Je suis née pour te connaître, pour te nommer. Liberté.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Ven 8 Fév - 14:05

Tout est prêt.

Tu le savais depuis cette nuit. Depuis cette nuit où elle est venue dans ta chambre. Tu l'as deviné, tu le savais, et pendant tout le mariage, tu es resté impassible. Le visage étrangement paisible, les lèvres étirées en un sourire absent. Patient. Il te suffisait seulement d'attendre qu'elle arrive. Qu'elle vienne enfin. Tout ce qui se passe te semble sans importance : l'union de Lisbeth avec son marin au mauvais caractère, l'interruption faite par un guerrier jaloux, ce n'est que divertissement. Qu'une façon de repousser un peu plus le moment tant attendu. Enfin les portes s'ouvrent, à peine le lien de soie noué autour des poignets des deux époux, et ton regard sombre s'illumine. S'enflamme.
Svanhilde. Si magnifique, si... royale. Oui, c'est ce qu'elle est. Reine de Nightingale, reine de ton propre cœur, également. Tu t'inclines lorsqu'elle s'avance vers le tyran, reconnaissant là une de tes semblables, une de tes égales. Elle est rejointe par Liam d'Outrevent. Le visage de la mort et celui de la rébellion. Unis. Ensembles. Chaque mot prononcé par la magicienne est une promesse, la promesse de cette terrible liberté qui sera si durement acquise. À un prix si terrible, tu le sais déjà. Et aux mots de la Reine se mêle le chant du cygne, mélopée funèbre, libératrice également. Tu fermes tes yeux pour sentir le vent caresser ton visage, alors que tu sens la propre magie de ton corps s'embraser, chercher à se joindre à celle qui est prête à se déchaîner sur Augustus. Tu rêves de toi-même tuer le tyran, de le faire souffrir, de te mettre aux côtés de Svanhilde pour joindre le feu à l'air, pour que tout brûle et puisse revivre.

Et c'est seulement lorsque le combat est engagé, que la mort commence à s'abattre sur le palais, que le monde s'écroule, que tu rouvres les yeux.

Tu te retournes vers ta suivante, qui a été rejointe par Joséphine et Lucille, ainsi que par Thibalt d'Ambremont, qui porte entre ses bras la princesse Sigal – qui te regarde ses yeux plus beaux que tous les joyaux du monde. Doucement, tu la prends entre tes propres bras, lui accordes un sourire, un de tes plus beaux et de tes plus sincères, puis tu relèves la tête et lances d'une voix audible, étrangement audible malgré tout le bruit et tout le fracas : « Ariadne, Lucille, Joséphine. Nous partons. » Un regard sur Melsant, un signe de tête pour le saluer. Une aura de chaleur semble t'avoir enveloppé alors que tu marches vers la sortie, ignorant les hommes et les femmes qui tentent de fuir, ceux qui se battent, rebelles et fidèles. Tu es hors de ce monde, hors de tous ces combats. Les chevaux sont sellés depuis longtemps, Césaire a déjà rassemblé tous tes effets personnels, tes lettres, ces possessions dont tu ne peux te départir. Il ne manque plus que ta suite féminine, Sigal et toi-même, et vous partirez pour Sombreciel. Euphoria vous attend. Aliénor t'attend. Et alors que tu marches vers la sortie, une immense panthère se matérialise à tes côtés, majestueuse, accompagnant tes pas.

Tu reviendras.


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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Ven 8 Fév - 14:56



    La tension qui m'habite depuis le matin a atteint son paroxysme, quand je déboule dans le grand hall de Dragonvale, bien décidé à comprendre ce qui m'étreint le cœur avec tant de force. Quelque chose ne tourne pas rond, Svanhilde est menacée, je pourrais en mettre ma tête à couper, si je n'étais pas déjà mort.

      - Pourquoi m'occuper à des tâches ridicules ? De quoi essayez-vous de me détourner ? Je hurles presque de fureur en m'approchant de celle qui pourtant fait plier ses fidèles d'un regard enjôleur.


    Mais elle peut ravaler ses belles paroles, qu'elle fasse tomber le masque, qu'elle oublie la mystérieuse magie qu'elle possède sur les hommes. Mon âme est trop à Svanhilde pour qu'elle ne puisse jamais la frôler. Elle le sait, et pour la première fois depuis qu'elle me fait l'honneur apparaître devant moi, je perçois en elle un mouvement de recul, de peur peut-être, d'hésitation.
    Elle a été trop loin, sans doute, et elle comprend les conséquences de ses manigances sur la foi de ceux qui ont suivis ses ordres aveuglément.
    Chimène ne m'impressionne plus, elle ne représente plus rien qu'un obstacle enrageant qui entrave mes mouvements.
    La panique que je sens monter en moi se transforme insidieusement en une colère incontrôlable. Je ne supporte pas d'être dans ces murs, alors qu'un événement terrible se trame, alors que la détermination mortelle de Svanhilde déferle en moi en vagues sombres et écrasantes.

      - Où est-elle ? Chimène d'Arven a les yeux brillants, sa bouche se tord dans une moue triste et craintive, devant mon regard insistant. Où est-elle ? Je répète cette fois-ci d'une voix si forte, d'un cri si puissant que son corps entier frémit.
      - Elle a pris sa décision, c'est la fin.


    Comment son ton peut-il être aussi calme, aussi implacable ? Ma mort ne m'a jamais paru si douce qu'à cet instant, où ce vertige douloureux m'emporte dans une spirale de folie. Je ne vois plus clair, tout me semble irréel, déformé, le monde entier devient repoussant autour de moi. Sans Svanhilde, ce paysage peut disparaître, car il n'aura plus aucune valeur. A quoi me raccrocherais-je pour trouver un équilibre ? J'ai pu rester sans mon corps, mais comment le pourrais-je sans elle ? Elle est tout ce qui me retient, le seul air que je respire - son visage est gravé sur toutes les pierres, son murmure emplit l'air, le souvenir de ses yeux m'oppresse. Que ferais-je de ces souvenirs si elle me quitte ? J'en mourrais encore et encore, chaque fois que j'y serais confronté.

    Des semaines, des mois de mensonge, pour m'éloigner de ce but que je saisis désormais.

      - Je dois La raisonner... Ce n'est pas trop tard... Mes mots se brisent, sous le poids de leur incertitude. Laisse moi La sauver, laisse moi partir...
      - Son sacrifice est l'espoir d'Arven. Tu fus son roi, réclame cette place auprès de son peuple. Réclame ton enfant.


    L'évocation de ma fille prend un sens, presque, avant de livrer à un dégoût profond. Quel mérite aurais-je pour son affection, si sa mère périt sans que je n'intervienne ?
    Svanhilde, ma petite sœur, l'Amour de ma vie et de ma mort, est en danger : je dois la protéger.
    Cette sombre résolution me force à relever le regard vers l'ancienne impératrice.

      - Laisse. Moi. La. Sauver. Entre Elle et Arven, moi, c'est Elle que je choisis, toujours.


    Elle soupire. Là est précisément la cause de ses silences et de ses secrets, je ne le sais que trop bien.
    Sur mes paumes, je sens le picotement caractéristique du froid, j'éprouve enfin mon pouvoir, qui se répand dans mon esprit, comme un poison. J'utiliserai la magie contre la magie s'il le faut. Je suis prêt à me battre pour rejoindre Svanhilde, pour empêcher un désastre que j'entrevois à peine.
    Je ne sais pas exactement ce que ma sœur s'apprête à tenter, mais si elle s'offre toute entière à cet objet, l'enjeu doit être énorme. J'ai suffisamment côtoyé désormais la bibliothèque de Dragonvale pour connaître l'existence de ces rituels insurmontables pour le sorcier qui les exécute, ces sacrifices qui livre l'enveloppe charnelle d'un individu à la volonté pure d'un dragon.
    Jouer avec le feu est une chose, mais il en est une autre de prendre comme partenaires les êtres dont il émane.

    Tout autour de moi, le marbre du sol se met à scintiller, des étoiles de neige crépitent sous mes pieds, se propagent en tapis luisant, encercle Chimène.

      - Que fais-tu, Sigvald de Nightingale ? Crie-t-elle, au désespoir, tandis que le froid s'insinue sur sa peau, glace la fibre même de son spectre charnel. Reprend-toi !


    Mais la douleur qui me commande est trop profonde pour que ses suppliques ne l'atteignent. Je ne fais pas le poids contre cette femme, mais si elle veut me retenir, autant qu'elle en termine pour moi aussi.

      - Svanhilde... Mes larmes de fureur, d'impuissance, n'ont pas le temps de glisser sur mes joues avant de se changer en perles de glace, et de tomber en poussière d'une pureté étincelante sur le parquet givré. Non.


    Il est trop tard, et tandis que les ardeurs de mon pouvoir s'étendent jusqu'aux murs de l'académie, ceux-ci se craquent dans un bruit sourd. Le décor entier tremble, s'écroule, et je ne sais plus vraiment si j'en suis l'auteur, et d'où me vient ce déchirement soudain dans ma poitrine.

    XXX

    J’entrouvre les yeux, un visage me fixe avec intensité. Un visage inconnu, dont je ne saurais définir l'âge. Il est penché sur moi, avec un regard triste – celui du bourreau, sans doute, qui donne à un innocent le sort maudit auquel il a été condamné.

      - Svanhilde ? J'arrive à articuler, dans un murmure. Non... Gémis-je, lorsque ses mains brûlantes se posent sur mon torse.


    Je referme mes paupières, convulsant presque sous la décharge d'énergie que reçoivent mes poumons desséchés. Torture que de respirer cet air remplit de fumées et d'odeurs nauséabonde.
    Pourquoi mes muscles me tirent-ils autant, pourquoi mon épiderme me brûle-t-il, comment mes vêtements peuvent-ils être couverts de sang ? Je me redresse dans un râle pénible, et mes prunelles s'ajustent durement à la réalité.
    Où suis-je ? Quelle est cette scène apocalyptique ?
    Des cadavres gisent dans les gravas, au milieu des flammes.
    Tout est détruit, Dragonvale, Lorgol, rassemblées pour le pire.

      - Merci, assure une voix qui m'arrache un rictus de mépris : Chimène d'Arven s'adresse à l'homme qui sied à côté de moi.


    Je n'ai pas le temps de réagir, d'obtenir une réponse, que je sombre de nouveau dans l'inconscience, mon sang s'apaisant légèrement dans mes veines.
    Le rythme de mon cœur s'affole, avant de se remettre à battre comme s'il n'avait jamais été brisé.
    Svanhilde est tout près.
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Ven 8 Fév - 21:15

Tu as remercié Eimaren, le temps d'une seconde, que rien d'autre ne soit venu interrompre votre cérémonie de mariage. Que rien d'autre, après d'Ambremont, n'ait empêché Cyselle de parler, vos témoins de se prononcer à votre sujet, et le lien de soie d'être noué autour de vos deux poignets rassemblés. Ton sourire est revenu, la douceur dans tes yeux également, et c'est alors que tu vas pour cueillir ses lèvres en un baiser passionné que les portes de la salle du trône s'ouvrent et que tout le monde, toi y compris, se retourne pour regarder l'arrivante.

Svanhilde Nightingale.

Le nom résonne dans la salle, prononcé par Augustus. Instinctivement, tu te rapproches du mur, entraînant Lisbeth à ta suite. Tu laisses tout le chemin libre à la Main de la Nuit et à Liam, qui s'est matérialisé à ses côtés. Tu as l'impression de pouvoir lire dans son esprit quand tu croises son regard – juste une seconde. Tout le monde dans cette salle a probablement deviné ce qui va se passer et seuls restent les nobles les plus curieux, ainsi que nombres de rebelles que tu reconnais de par leurs visages. Ton frère a entraîné vos parents dans la même direction que Freyja, Philippe, Sésana, les petites et Lior. Tous doivent être actuellement en train de chercher la sortie du palais, pour fuir cette scène qui s'annonce être... être la fin. Les mots de Svanhilde résonnent avec puissance, se font entendre par dessus le chant du cygne et le vent qui souffle à vos oreilles, et à ses derniers mots tu sais que c'est le temps de partir.

Tu sors ton sabre, c'est ta main gauche qui est liée à celle de Lisbeth, et chaque garde qui croise ta route est écarté de la pointe de ta lame, tandis que tu cherches un endroit où mettre ta femme en sécurité. Ta femme. Entre tes bras, elle est à la fois lasse et furie, elle se débat en te frappant tout en étant amorphe, comme si son corps, son être, ne savait que faire. Ta poigne reste ferme, d'acier, tu serres les dents en zigzaguant jusqu'à la sortie. Le lien se défait, le doux ruban tombe au sol, et rapidement, tu te penches pour le rattraper. Tu le serres entre tes doigts, ramènes l'Outreventoise à toi quand elle fait le geste d'aller protéger Liam – «NON! » – une protestation impérieuse en réponse à la sienne, un ordre presque. Tu dois la protéger, elle ainsi que votre enfant. Une onde de choc vous fait chuter – ce court moment est celui idéal pour tous les rebelles de se joindre à Liam, formant un cercle pour empêcher quiconque d'approcher Svanhilde et Augustus. Ton sabre a glissé de tes mains et le temps de le reprendre, tu as laissé Lisbeth.
Lorsque tu la regardes, ce n'est plus la même. Ce n'est pas son regard. Tu en as presque peur. Tu sens la magie qui l'entoure, qui l'enveloppe, tu la vois même, la transformer. Et toi, tu ne peux que la reprendre dans tes bras lorsque son corps ne lui répond plus et qu'elle tombe à nouveau.

***

Vous êtes tu ne sais où. Dans une salle du palais, tout aussi dévastée que l'entièreté de celui-ci, mais à peine plus sécuritaire que celle du trône. Tu serres la main de Lisbeth, l'autre est posée sur son ventre. Elle respire encore, elle a seulement perdu conscience. Elle est si loin, encore, et les battements de ton cœur sont affolés, toujours. C'est le silence, dans la salle du trône, et tu as peur d'aller voir ce qui s'y passe. Ce qu'il en reste. Tu poses tes lèvres sur le front de ton épouse, puis doucement sur ses lèvres, murmurant contre les siennes des supplications. Qu'elle se réveille, par tous les Dragons, qu'elle s'éveille. Tu ne demandes que son regard, que son sourire. Tu te recules quand tu la sens tressaillir. Elle ouvre les yeux.

Tu l'aimes. Tu l'aimes tellement.
Et dans cette dernière seconde, dans ce dernier instant, tu sens ton cœur s'emplir d'un amour infini pour Lisbeth.

Bientôt, ce sera le noir.


Dernière édition par Louis de Brunante le Lun 13 Mai - 11:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Intrigue #5 - Sujet général - La find'une ère   Lun 11 Fév - 22:14

    La vérité faisait lentement cheminement dans l'esprit de Melsant, lui étreignant le coeur : il s'était si cruellement trompé, il avait été si naïf et aveugle... Sa jolie muette et la servante muette d'Ayden n'était qu'une seule et même personne, au service de son propre maître, en apparence, pour la soirée. Malgré cette découverte plutôt bouleversante, Melsant restait néanmoins stoïque, ne lachant pas le côté de Castiel, comme il était de son devoir.
    Il esquissa un signe de tête envers son ami, plus sérieux qu'il ne l'avait jamais été.
    Jamais il ne laisserait une femme affecter leur amitié... Non, rien de tel n'assombrirait une confiance telle que la leur.
    Par contre, l'entrée de cette blonde Nightingale, peut-être.
    En tout cas, elle perturbait grandement l'ambiance de cette fête.

    Le Séverac se rapprocha du Duc de Sombreflamme, serrant ses doigts sur le manche doré de son sabre, prêt à bondir à la moindre menace. En effet, comme si l'atmosphère était soudain devenue étouffante, chacun retenait son souffle, dans l'attente d'un coup, d'un des deux protagonistes de cet entretien particulier.
    D'un côté ou d'un autre, le pouvoir allait basculer, tout changerait en cet instant.
    Comme si ce mariage n'avait pas déjà eu sa dose de malédiction, avec ce guerrier qui réclamait l'amour de la promise, cruellement ignoré par cette dernière... A croire que les évènements s'enchainaient pour contredire l'union de ces deux êtres, qui semblaient pourtant s'aimer sincèrement, à la façon dont leurs doigts se liaient avec passion.
    Un bref moment, Melsant éprouva pour eux une tristesse immense. Le Destin s'acharnait, et personne ne méritait un traitement si injuste.
    Le palais trembla lorsqu'un déferlement de magie vint l'ébranler.

    Melsant se tourna vers le Duc de Sombreciel, qui rassemblait sa suite, pour échapper à la catastrophe inévitable qui s'abattait sur Lorgol : il fixa avec perplexité l'enfant que tenait à présent Thibalt, ne comprenant pas le sens d'un si précieux don, à un homme qui venait de craquer publiquement. Tenait-elle si peu à sa fille, pour l'offrir au premier venu, qui n'avait pas prouvé dans les dernières minutes un contrôle de ses émotions suffisant pour une tâche importante comme celle-ci ? Et le regard que Castiel portait sur la gamine... Etait-il son père, pour la couver ainsi ? Le Séverac avait cru deviner, en découvrant quelques marques sur la Tour de la Confrérie Noire, que la progéniture de Svanhilde était aussi celle de son frère... Une histoire bien malsaine et morbide... Inaccessible à son entendement.
    Lui aussi avait une soeur, et il ne comptait pas la laisser à l'écart de ses actions, peu importe l'état dans lequel elle se trouvait.
    Il jeta un dernier regard à Joséphine - prend soin de toi, ma chère amie, disait ce coup d'oeil - et s'élança vers les souterrains du Palais, avant que celui-ci ne s'écroule sur lui-même, sous la pression des puissances déchainées. Castiel avait surement deviné son désir, puisqu'il l'y avait autorisé d'un signe de tête encourageant - merci, sembla-t-il dire avant de se détourner complètement du mage.

    Il ne vit pas le combat légendaire qui se déroulait dans la salle de bal : cette perspective ne l'intéressait pas, si ce n'était par son dénouement. Il écarta la foule, foulant le sol d'une démarche légère et déterminée vers les grandes portes.
    Au passage, Melsant fit chanter sa lame, de quelques mouvements rapides et mortels... Il détruisait ainsi tous les obstacles qui s'opposait à sa course contre la mort. Son esprit maintenant concentré sur un seul but, si proche, plus proche que jamais, rien ne pouvait plus le faire reculer.
    Il n'avait pas hésité une seconde entre saisir l'opportunité de sauver Mélisande, et celle d'arracher enfin Waldemar à l'imposteur. Réunir sa famille prenait désormais un sens plus tangible que tous les bijoux enchantés. Avaient-ils besoin d'un anneau, pour être heureux, ensemble ? L'honneur des Séverac n'était en jeu que parce qu'ils l'avaient décidés ainsi.

      - Mélisande ?! Hurla-t-il en se trouvant rapidement dans les goëles, secoué par de violentes secousses. Mélisande ?! Sa voix n'était pas très assurée, en voyant l'étendue des dégâts déjà provoqués dans les sous-sol. Poutres et pans de murs entiers s'étaient affaissés au sol dans des volutes de fumée noire. Mélisande... Soupira-t-il enfin de bonheur en apercevant la silhouette chérie de sa cadette. Je suis là, maintenant, tout va bien se passer. Sortons d'ici.


    Pas de temps pour les embrassades, pour les longs discours... Ils auraient beaucoup à rattraper, certes, mais quand ils seraient à l'air libre, sains et saufs. Le guerrier attrapa avec un mélange de douceur et de fermeté la main de la demoiselle, et l'attira vers la sortie, un sourire étrangement victorieux aux lèvres.
    Il avait passé des mois à s'entrainer pour une quête qui avait définitivement échoué... Mais cette récompense-là était bien meilleure que celle qu'il avait d'abord envisagée.
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