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 Avryn Mornoie, la Vierge de Fer

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MessageSujet: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 9:56

Guilde des Guerriers
Avryn Jaëlle Mornoie de Tombeneige

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J'ai vu le jour le 12 janvier 769 au château de Tombeneige.
J'ai 33 ans.
Je viens du Duché de Nightingale.
Mon allégeance va aux rebelles, mais avant tout à mon suzerain déchu Thibalt d'Ambremont.
Je suis noble..
(c) Luny Padmo & Woodkid - Iron

ft. Tilda Swinton
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Silence. Dans la campagne silencieuse, plus rien ne bougeait à présent, rien que la brise, qui soufflait en douceur, froide et suave, et soulevait faiblement quelques flocons de neige entre les pattes du cheval écumant qui s'était finalement arrêté au terme de sa course folle. Ses naseaux soufflaient une haleine blanche qui s'envolait en serpentins vaporeux, et il s'agitait parfois, respirant avec force, les flancs battants, des paillettes de givre accrochées dans son épaisse crinière et sur les longs poils qui couvraient ses sabots massifs. Emmitoufflée dans une épaisse pelisse de fourrure, sa cavalière avait fini par arrêter sa course folle quelque part dans les collines, au sommet d'une élévation de terre d'où elle pouvait embrasser le paysage d'un seul regard. Ce paysage, c'était son domaine, endormi sous la lune dans son édredon de neige. Quelques terres modestes, champs, villages, sources et moulins. Son héritage, et tout ce qu'elle allait perdre, à son tour.

La bise sifflante s'enroula autour d'elle, soulevant des tourbillons de givre, agitant sur son front ses cheveux blonds. Le froid commençait enfin à l'atteindre, étouffant le feu de la colère qui avait amené à son visage si pâle les feux de la rage, illuminant son regard bleuté de braises infernales. L'image lui revenait sans cesse. Le héraut, et ses paroles assassines, au nom de cet empereur que nul ici ne reconnaissait et qui s'appropriait d'un mot les terres de son seigneur. D'abord Ambremont, et puis les autres autour sans tarder... Tombeneige viendrait à son tour à revenir dans l'escarcelle du tyran. Avryn s'était enfuie dans la nuit, sans un mot, assistant sans ciller à la chute de son ami. Oh, Thibalt, que faire? Elle connaissait assez bien cet homme pour deviner, sans peine, sa décision; ne pas plier! C'était pour cela aussi qu'elle le respectait autant, pour la force, et pour l'honneur. Et elle?

Alors que la rage s'éteignait au fond de son coeur, Avryn cligna des yeux dans le noir. Des couteaux semblaient voler sur le fil du vent qui forcissait et chassait les nuages, loin vers l'ouest. Devant elle, les terres enneigées scintillaient doucement dans la lumière blanche et tout le paysage autour d'elle frémissait d'un long frisson paisible animé par la brise glacée.

Son regard bleuté s'échappa, loin, loin vers les collines noires qui se détachaient sur le ciel scintillant, loin, là où se trouvait la frontière de son domaine. Il partirait en exil, elle le savait. Quelle solution lui resterait-il, sinon faire allégeance à l'empereur et ne conserver qu'un titre sans importance? Et elle, que ferait-elle quand viendrait son tour de recevoir la visite du sinistre héraut? Ploierait-elle le genou devant lui, courbant l'échine, acceptant l'ordre? Cette simple idée lui fit serrer les poings, si fort que le cuir de ses gants crissa sinistrement sur les rênes de son cheval. Plutôt tout abandonner, que de céder, plutôt tout laisser derrière elle et s'attacher aux pas de celui qu'elle avait choisi de servir. Lentement, pensive et grave, Avryn mit pied à terre, s'enfonçant jusqu'aux chevilles dans la neige fraîche où seuls se voyaient les sabots de sa monture. Flattant l'encolure de la bête, elle laissa le destrier là, et s'éloigna à pas lents. Depuis l'élévation où elle était postée, sur la haute crête des collines qui surplombaient ses terres, elle pouvait voir le village endormi, niché près de la rivière qui serpentait dans un val entre les monts. Les lumières rares dansaient dans l'obscurité, quelques chaumières encore éveillées... Et puis, plus loin, dans les vagues luisantes des grands prés, les cabanes des bergers faisaient comme des étoiles tombées du ciel avec leurs lanternes encore allumées. Le château dressait sa masse sombre de l'autre côté du val, sa grande élévation de pierre et de bois lancée à l'assaut du ciel. Modeste forteresse en vérité, mais noble et ancienne, vénérable demeure de sa famille. Elle était là bien avant elle, elle serait là bien après, mais d'elle dépendait le futur de cette maison. Oh, dieux, pourquoi cela?

Avryn n'avait aspiré qu'à vivre paisiblement, à gouverner les terres de sa famille, à veiller sur ses frères et soeurs, à se battre quand il le faudrait, à servir fidèlement son suzerain et ami. Et voilà que le destin s'en mêlait, lui rappelant qu'ils n'étaient que des pièces sur un vaste échiquier dont ils n'avaient qu'à peine conscience. Loin, loin d'ici des hommes jouaient avec le destin des lignées et des gens, déplaçaient à l'envie leurs agents, quitte à détruire une existence pour grapiller quelques arpents de sol, quelques titres, un peu puissance.

La jeune femme se baissa, ramassant une pierre qui affleurait dans la neige, la serrant convulsivement dans sa main gantée. Elle serra, serra plus fort encore, jusqu'à sentir ses doigts sur le point de se briser. La rage de nouveau enflammait son corps, ses membres, son âme toute entière dans un grand brasier. Pourquoi fallait-il être vivante, pour voir arriver le naufrage? Dans un hurlement furieux, elle jeta la pierre dans la pente, de toutes ses forces. La chevauchée depuis Ambremont avait à peine émoussé la formidable énergie qui se consumait en elle, alimentée par la colère. L'injustice de la chose, et son impuissance face à cela étaient insupportables. Le souffle court, elle leva les yeux au ciel, comme pour y trouver une réponse, une aide, quelle qu'elle fut. Avryn n'avait jamais été religieuse, ni croyante, mais ce soir-là, elle éprouvait le besoin de prier, quelque chose, quelqu'un. N'importe quoi. Mais ce qu'elle cherchait ne dépendait que d'elle, et de sa décision car tout se dessinait clairement devant ses yeux: rester et se soumettre, partir, et suivre Thibalt dans son exil.

Après tout, n'avait-elle pas prêté serment? N'avait-elle pas en personne renouvelé sa parole d'allégeance envers lui, au nom de l'alliance de leurs familles, et au nom de leur amitié? En vertu de cela, elle se devait de partir, elle aussi; elle ne pouvait pas se résoudre à le laisser aller seul. Oh, bien sûr, il n'aurait guère besoin d'elle, mais elle ne voulait pas trahir, ni abandonner cet homme qui était probablement le seul au monde pour qui elle éprouvât suffisamment de respect et d'estime pour le considérer comme un proche. Mais le doute, encore... Etait-ce vraiment la bonne solution? Elle avait un rang à tenir, et ses parents l'avaient élevée dans un but dont elle allait se détourner soudainement. Mais il y avait dans la fratrie d'autres enfants capables de succéder au père; Eivar était déjà assez grand et assez fort pour être chevalier, et tenait tête à sa soeur aux armes. Avryn faisait confiance en ce garçon pour la remplacer, tout comme elle avait l'intuition que son vieux père approuverait sa décision. Après tout, n'était-ce pas lui qui lui avait toujours conseillé d'agir le plus honorablement possible, en respectant toujours sa parole?

Et sa parole, elle l'avait donnée à Thibalt. Avryn se redressa, embrassant le paysage sous la lune, une dernière fois. Oh, que cela lui manquerait... Elle n'avait guère voyagé, jusque là, mais connaissait par coeur chaque arpent de ces terres, chaque fourré, chaque remous de la rivière, chaque colline... Les pentes enneigées résonnaient encore de ses jeux d'enfants, des bagarres, des défis, des chasses. Chaque endroit était imprégné d'un million de souvenirs, et déjà, quelque chose en elle se déchirait de devoir quitter le pays de son enfance, de ses ancêtres, la terre où dormaient les os des aïeux. Mais le vent tourne et la vie change, et la parole donnée ne peut être reprise. Par fierté, par orgueil, Avryn ne pouvait que partir, espérant que son seigneur ne la délierait pas de son serment, espérant qu'il la laisserait venir avec lui. Elle soupira un long nuage de vapeur légère, souriant à la face balafrée de la pleine lune. Elle resserra son manteau sur ses épaules, écoutant le silence de la nuit enneigée, et finit par se détourner, revenant lentement à son cheval qu'elle enfourcha, pour une dernière fois contempler tout ce à quoi elle renonçait. Elle ne regrettait rien, déjà. D'un mouvement vif, elle éperonna son destrier qui partit au petit trot à travers les champs. Dans un jour, elle serait probablement déjà loin. Les soupirs et les remords, elle les laissait à d'autres. Nul émoi sur son visage, pas d'angoisse, rien que la certitude que c'était là son devoir, sa mission, et qu'elle faisait ce qui devait être fait.

La nuit d'hiver avait scellé son destin et Avryn, la Vierge de Fer, suivrait les pas de l'exilé..



Son histoire
(c) Luny Padmo


Avryn est la fille aînée de Havelorn Mornoie, seigneur de Tombeneige, et de son épouse Jaëlle. De noble ascendance, donc, et de noble sang, bien que modeste. Sa famille régnait depuis fort longtemps sur un domaine sis dans les neiges et les collines du duché de Nightingale, et leur lignée remontait, selon la légende, au temps de la fondation de ces terres. On raconte l'histoire d'une puissante magicienne, celle que l'on surnommait la Vouivre, qui avait tant fait démonstration de sa valeur au combat qu'elle avait été annoblie et dotée de terres par le premier duc de Nightingale. Depuis, la Vouivre figure au blason des seigneurs de Tombeneige et l'on dit que coule dans le sang de leurs femmes un peu de celui de leur glorieuse ancêtre qui fonda une lignée un peu particulière, au regard des traditions et des us coutumiers des autres membres de l'aristocratie. Jaëlle n'eut cependant point besoin d'appartenir aux Mornoie pour être déjà maîtresse femme, arrivant dans la maison de son époux très jeune, avant de donner à la lignée de nombreux enfants. Bien sûr, il y eut déception de voir que le premier-né du jeune seigneur était une fille, mais l'on se consola vite quand on vit que la petite Avryn avait déjà toutes les qualités pour pallier efficacement aux faiblesses de son sexe. Jaëlle décréta qu'Avryn hériterait du domaine à leur mort, même si des enfants mâles naitraient après elle, et cette décision fut approuvée par le seigneur Havelorn qui dès lors éleva sa fille comme un garçon. Cependant, la grande intelligence de la dame résidait dans le fait qu'elle avait su déceler très tôt chez sa fille un goût pour la guerre et le combat, et des prédispositions naturelles pour le commandement. Le sang de la Vouivre ne saurait mentir et elle se révéla très tôt une digne héritière des Mornoie.

Très vite, elle eut conscience des charges et des devoirs qui pesaient sur elle, en tant qu'aînée d'une vaste fratrie progressivement décimée par les épidémies. On éleva toujours l'enfant dans la perspective d'avoir un jour à défendre ses terres, à rallier l'ost de son suzerain et à gouverner un domaine. La fillette eut très tôt conscience de l'importance de tout cela et, laissant passer son devoir avant tout, accepta sans hésitation de tout sacrifier pour obéir à ses parents. La vérité était que ce qu'on lui promettait, la guerre, l'honneur et le pouvoir, étaient les choses à laquelle elle aspirait au fond d'elle-même. Peu à peu, elle découvrait qu'elle se sentait faite pour cela, et que pour rien au monde elle n'aurait voulu d'une autre vie que celle que ses parents ne lui imposaient qu'à demi.

Avryn grandit donc entre précepteurs sinistres et champs de lice, apprenant les lettres et les chiffres autant que l'art de la guerre et de la chasse. Savante en de nombreuses choses, elle était brillante, mais comme l'est un diamant: tout en angles et en froideur. Cependant, une chose apparut très tôt, et avec beaucoup de netteté: les conseils de sa mère Jaëlle, qui fit de sa fille une maîtresse femme, s'avérèrent utiles. Elle avait prédit à son enfant de longues années difficiles, à devoir se battre pour la vie qu'elle avait choisie, à justifier encore et encore sa place, et le droit qu'elle avait à l'occuper. Avryn parce que femme, devait se montrer en tout meilleure que ses camarades masculins et s'il y eut quelques autres filles de nobles pour partager leurs jeux guerriers, ce ne fut que d'un bien maigre réconfort. Toute son adolescence, toute sa vie de femme, Avryn semblait condamnée à devoir la passer à se battre, même contre ses propres alliés. Devenant jeune fille, l'on suggéra à son père de la marier; Jaëlle et lui laissèrent à Avryn le soin de choisir parmi les prétendants quelqu'un dont le caractère pourrait convenir à sa personnalité si intraitable. Bien évidemment, il n'y eut pas un seul jeune homme pour convenir à la jeune fille qui, brimades en moqueries, professait le plus grand mépris pour la gent masculine. Pas question de disperser l'héritage, qui plus était, et pas question non plus de devoir rester sa vie durant dans l'ombre d'un autre. Avryn refusa donc toutes les mains qui se tendaient, même lorsque ses parents la dotèrent fortement.

Avryn se vit même proposer d'épouser l'héritier des seigneurs d'Ambremont, Thibalt. La rumeur disait qu'il était aussi difficile à marier que l'était l'héritière des Mornoie. Les deux jeunes gens avaient le même âge, s'étaient rencontrés à plusieurs reprises, et s'étaient également confrontés aux armes plus d'une fois. N'en faisant comme toujours qu'à sa tête, Avryn décréta qu'elle ne daignerait accepter cette offre, pourtant bien avantageuse pour elle pour sa lignée, que si le prétendant parvenait à la battre en duel. Et sur le champ de lice, ils rompirent lances et écus, avant d'en venir aux épées, sans que ni l'un ni l'autre ne réussisse à prendre le dessus. Avryn avait souvent perdu face au jeune homme mais cette fois, elle se refusait fermement à plier devant lui et combattit de toutes ses forces afin de ne point céder un pouce de terrain. Et en vérité il n'y eut vraiment aucun vainqueur de ce tournoi bien étrange; ni vainqueur, ni vaincu. Avryn en conçut une grande colère, et beaucoup de honte; mais l'honneur était sauf et elle ne pourrait épouser celui qui n'avait pas réussi à prendre le dessus sur elle.

C'est peut-être ce statu quo qui permet à Avryn d'accepter Thibalt comme seigneur, et surtout comme ami. Car la lignée des Mornoie avait depuis fort longtemps fait allégeance à la famille d'Ambremont, fidèles vassaux dont les liens du sang renforçaient la proximité. Cette victoire manquée, ce combat sans vainqueur permit à Avryn de considérer un peu mieux son seigneur, qu'elle tenait jusque là pour l'un de ces nobles jeunes gens sans esprit, tous justes bons à tenir une épée et à culbuter les servantes. Il avait prouvé sa valeur à ses yeux, ce qui était en soi un exploit, et la jeune dame de Tombeneige tint elle-même à prêter hommage à l'héritier des Ambremont. Elle renouvela le serment de fidélité prononcé des siècles auparavant par ses ancêtres, jurant sincèrement de le servir, jusqu'à la mort. En ce jour, elle n'imaginait sans doute pas à quelles extrémités elle serait poussée par cette promesse faite sur son honneur... Pour l'heure, Avryn se contentait de servir fidèlement son seigneur, compagne d'armes, compagne tout court à vrai dire; car la jeune dame de Tombeneige finit par considérer Thibalt comme un seul et véritable ami. Sa fidélité indéfectible fut toujours motivée par cette amitié ancienne, cette égalité scellée le jour où ni l'un ni l'autre ne parvint à gagner. Il y eut bien d'autres duels par la suite, défaites et victoires, mais rien de cela ne parvint à effacer cette bataille sans vainqueur où elle reconnut enfin Thibalt comme quelqu'un qui avait mérité de recevoir son allégeance et son amitié.

Et le temps passa. Longtemps, Avryn fut courtisée, avec plus ou moins de violence, par les jeunes seigneurs des environs. La vérité était que la dame de Tombeneige, indomptable vierge guerrière, était devenue comme un trophée convoitée par tout ce que le duché comptait d'aristocrates désoeuvrés et de chevaliers sans terre, nobles ou moins nobles, qui décidaient chaque fois d'être celui qui lui ferait ployer l'échine. Une femme libre et sans homme? Diable, cela ne pouvait exister! Elle finirait tôt ou tard par céder, et chacun voulait être celui qui avait accomplit cet exploit. Mais en vain. Avryn savait bien se défendre et chaque fois infligea défaites et humiliations aux prétendants empressés.

Et puis vint la ruine. L'exil. Avryn regarda sans un mot tomber son seigneur, son ami, spolié de ses terres par celui qui s'appelait Empereur, et qui réclamait le pouvoir sur tous les domaines des Huit Duchés. Elle regarda tomber celui à qui elle avait juré fidélité; c'était à lui qu'était allé son serment, et à personne d'autre, et certainement pas à cet Augustus qui régnait de si loin! Avryn avait été élevée à l'ancienne et pour elle son seigneur était plus important que tous les rois, tous les empereurs, tous ceux qui pouvaient régner au-dessus de lui. Et toujours, toujours elle se souvenait de son serment, se souvenait de ce que lui dictaient ses parents: les liens du sang, les liens de parole, les liens d'amitié. Rien ne peut rompre cela et celui en qui elle avait placé sa confiance ne pouvait être trahi.

Alors Avryn suivit ce que lui dictait son honneur. La dame de Tombeneige laissa son titre, son droit d'aînesse et tout pouvoir à son frère cadet Eivar pour partir à la suite de Thibalt. Elle fit ses adieux à ses vieux parents, à ses frères et soeurs, et s'en fut, sans regrets, car elle savait que c'était là la bonne décision. Elle ne pouvait se résoudre à abandonner celui qui avait été déchu. Sans se retourner, elle était partie, et le destin scella son destin en poussant Eivar à prêter allégeance à l'empereur. Ne plus pouvoir se retourner, désormais, l'exil était définitif.
Comme lui, elle prit les armes, et ce furent de dures, dures années... Quelle place peut avoir une femme dans un monde d'hommes et de guerriers? Plus encore que durant sa jeunesse, elle fut chaque fois forcée de justifier sa place, son rôle, être plus forte que tout, et tout le monde. Toujours montrer qu'elle avait le droit d'être là, toujours défendre son honneur de femme et de guerrière, et toujours rester fidèle à son seigneur. Oh, il y en avait beaucoup pour en rire, de cet attachement quasi-viscéral qu'elle avait envers cet homme déchu; des rumeurs couraient, des rumeurs indécentes qu'Avryn se faisait un plaisir de faire ravaler par le fer. Elle qui avait tout abandonné pour suivre celui en qui elle avait toute confiance, son ami et son seigneur.

Si la Guilde des Guerriers remarqua Thibalt, Avryn au contraire fut vite laissée de côté, et il lui fallut lutter sans relâche pour que l'on estime qu'elle méritait peut-être sa place parmi eux. Même une fois parvenue à ce stade, il lui fallait encore, sans cesse, justifier de cette grâce qu'on ne lui avait accordée qu'après des semaines, des mois d'épreuves. Avryn sut toujours garder sa place auprès de Thibalt, et connut un peu de répit quand il fut envoyé au service de la dame d'Outrevent. Là, plus de paix sans doute, alors qu'elle restait, fidèle, gardant son rang et sa place, auprès de lui. Bien sûr, il serait vain de croire que cet homme, cet ami, était le centre de l'existence d'Avryn; elle sut se faire une place à son tour, une réputation, établir son droit à être là. Cependant, c'était son seigneur qu'elle servait, non pas par soumission mais parce que c'était ce qu'elle avait décidé, parce que c'était par amitié et par fidélité qu'elle sacrifiait une partie de sa liberté sur l'autel de son honneur.

A son ami, son seigneur, son suzerain, par amitié, et jusqu'à la mort.




Son caractère
Avryn n'a pas usurpé son surnom de Vierge de Fer. Si vierge, elle ne l'est plus depuis fort longtemps, de fer, elle en est forgée jusqu'à l'os. Elle n'est point façonnée du bois vert dont on fait les dames, mais d'acier trempé, tranchant comme l'épée qu'elle manie.
Avryn est froide, froide jusqu'à la moelle. L'hiver en elle est venu et ne s'en est jamais allé, et c'est un coeur de glace qui bat dans sa poitrine. C'est une femme de tête, de poigne, qui gouverne d'une main de fer dans un gantelet d'acier, le verbe haut et la parole assassine, non point méchante mais fière et pleine d'un orgueil justifié par une lignée ancienne et par sa condition noble. Elle est fière de ses racines, de sa terre, fière de servir un homme qui est peut-être déchu mais qui pour elle garde tout son prestige. Son honneur est la chose la plus précieuse à ses yeux, bien plus que sa vie et elle mourrait sans hésiter pour le défendre, le sien, ou celui de son seigneur.

Oh, ne la croyez pas attachée à cet homme par d'autres liens que celui d'un serment qu'elle prononça jeune encore mais qui durera tant qu'elle vivra. Point d'amour, point d'autres sentiments que l'amitié pour éclore dans cet être de glace qui ne s'émeut que de bien peu de choses et seule la colère sait amener un peu de vie à ses joues de neige... Oh, si elle est bien impulsive, peut-être un peu trop pour son propre bien, elle n'est cependant pas dénuée d'une certaine intelligence et sait parfois faire preuve d'une prudence surprenante de la part d'un caractère aussi bien trempé. Avec l'âge vient la sagesse, dit-on, et les années passées à résister envers et contre tout aux pressions extérieures on beaucoup tempéré les humeurs orageuses de la jeune femme; mais rien au fond ne peut émousser la colère, et les rages subites d'Avryn sont devenues proverbiales. Il peut s'avérer fructueux de l'avoir dans son camp, tout comme il peut être bien désavantageux de s'en faire une ennemie, ce qui, de l'avis commun, est fortement déconseillé.

Pour Avryn, il ne s'agit pas pour elle d'agir en homme, il s'agit d'agir comme le dicte son honneur: croire qu'elle a voulu un jour ressembler à la gent masculine est une grave erreur, et le lui faire remarquer pourrait vous faire perdre la tête, au sens littéral. Non, Avryn est ce qu'elle est, et a trouvé dans la guerre et la vie qu'elle mène le moyen de s'accomplir pas en tant que femme, mais tout simplement en tant que personne, indépendamment du sexe que la nature lui a donné. Et cela, on tend peut-être un peu trop à l'oublier. Il y avait eu en elle, dès la naissance, des prédispositions naturelles à accomplir ce destin, et toute l'intelligence de sa mère réside dans le fait de l'avoir très tôt compris et d'avoir poussé sa fille à adopter la vie qui lui convenait.

Avryn est froide, au fond. Froide comme l'hiver et c'est à se demander ce qu'il en est de ce coeur de pierre qui gît dans sa poitrine de suaire, et bien sachez que jusqu'à l'os, elle l'est, figée dans sa propre raideur glacée. Pas un printemps pour animer ses joues de neige, pas un soupire pour franchir sa bouche, rien qui puisse jamais faire éclore à la cîme de ses yeux les diamants et les perles de larmes méritées. Rien, non, car elle sait ce qui l'attend si elle fait montre de la moindre faiblesse et cela, ni son honneur, ni sa fierté ne pourraient le supporter. Alors, Avryn affronte tout sans sourciller, pour se montrer plus forte que tous et tout le monde. Montrez-lui une épreuve insurmontable, et elle aura la patience de faire en sorte de pouvoir l'atteindre, sans jamais se décourager. Elle n'est pas inconsciente, oh, non, elle sait très bien à quoi elle s'expose dans la bataille et le feu de la guerre, elle ne le sait que trop bien. Mais en cela comme dans chaque aspect de sa vie, c'est le givre qui coule dans ses veines, et le froid calcul d'un esprit dénué de sentiments. L'hiver est venu, et ne s'en est jamais allé, et sa morsure a figé tout son être, pour toujours et jusqu'à son heure dernière. Ainsi est la dame de Tombeneige, fille de la terre sauvage et d'un rayon de lune, faite de blanc argent et d'acier forgé.


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Thibalt d'Ambremont
Hugh Jackman
Guilde des Guerriers
Thibalt est le suzerain d'Avryn est à ce titre, elle lui a prêté allégeance. Quoi qu'il arrive, c'est à lui seul que va sa fidélité et elle ne sert que lui, quoi qu'il arrive, et jusqu'à la mort.
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Derrière l'écran

(c) Luny Padmo
Un peu trop dynamique pour mon pc qui a du mal à gérer toutes les animations de texte et tout, mais c'est parce que je suis pointilleuse, et une police de caractère un peu trop petite aussi pour mes yeux délicats, mais là encore c'est du détail. Sinon, rien à dire, à part des bonnes choses.
J'ai bientôt 23 ans, j'étudie l'histoire de l'art médiéval (non, ne fuyez pas, je ne suis pas folle, vous savez!) et j'écris depuis dix ans maintenant. J'aime la bouffe, l'histoire, la littérature et l'art, et j'ai une passion coupable pour My Little Pony.
Si je suis ici c'est à cause de grâce à Thibalt/Ayden.


Dernière édition par Avryn Mornoie le Dim 20 Jan - 13:32, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 10:01

J'te fais tes avatars darling, j'arrive !

Et bienvenue surtout.
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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 10:03

Bienvenue ♥
Y'a du code massacré par contre, je n'arrive pas à lire ce que tu as posté :(

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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 10:24

normal, les images étaient pas en place ^-^

le test rp arrive prochainement!
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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 10:30

Bienvenue !!!!!!!!!!!!!!!!!!! :vv:
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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 10:32

merciii ^-^
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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 10:50

    BIENVENUE ENCORE UNE FOIS :saut:
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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 10:55

Bienvenuuuue ! :vv: :roooh:
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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 11:29

Haaaaa, cet avatar ♥ Je rêve d'un jour la jouer.
Bienvenue ici !
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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 11:34

ha ha ha preum's sur tilda :p

merci en tout cas ^-^
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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 11:50

Bienvenue très chère :roooh: Si tu as des questions, n'hésite pas à nous harceler Hihi

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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 13:38

Fiche terminée, test rp posté o/

Je n'attends plus que le jugement des admins!
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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 13:45

Personnage très atypique dans ce monde où les femmes ne sont pas bien vues en dehors de leur maison, mais tu justifies bien ce choix de vie et la difficulté pour Avryn d'exister indépendamment d'un père, d'un frère, ou d'un mari. Je te valide donc avec grand plaisir et j'espère que tu te plairas parmi nous ♥️

Pense à ouvrir ta fiche de liens (j'en veux un, je suis ta Reine, tu es obligée What a Face), de topics, et à aller faire recenser ton avatar !

Je t'informe également que, le forum passant à sa saison 2 début février, ton personnage est susceptible d'être quelque peu modifié à ce moment-là. Nous en parlerons avec toi le moment venu. *-*

Bon jeu parmi nous ! :vv:

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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Dim 20 Jan - 16:13

Bienvenue à toi :copain:
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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Lun 21 Jan - 0:03

Merci merci ^-^

ma fiche de liens est postée, je crois que tout est en ordre, chef! :)
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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   Lun 21 Jan - 6:26

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MessageSujet: Re: Avryn Mornoie, la Vierge de Fer   

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Avryn Mornoie, la Vierge de Fer

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