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 Décombres et ruines

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MessageSujet: Décombres et ruines   Jeu 14 Fév - 9:19




03 septembre 802
Décombres et ruines
Esprit fracturé
  • Nom des participants : Avryn Mornoie & Thibalt d'Ambremont
  • Statut du sujet : Libre (pas plus d'une personne supplémentaire)
  • Date : Le 03 septembre 802
  • Moment de la journée & météo : L'après-midi, ciel dégagé
  • Saison 2, chapitre 1





Dernière édition par Thibalt d'Ambremont le Sam 16 Fév - 2:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Décombres et ruines   Jeu 14 Fév - 9:19

Ta Reine t’a confié sa fille, ta Princesse. Tu l’as tenue dans tes bras, jurant de la protéger et de la remettre au Duc Castiel de Sombreflamme. Tu as tenu parole et puis tu t’es jeté dans la bataille car tel était ton devoir mais aussi une partie de ta propre vengeance.
Dans ce combat, tu as pris un mauvais coup à la jambe et quand le Palais s’est effondré, tu n’as pu fuir assez rapidement. Une pierre t’a percuté, rendant l’un de tes bras inutile rendant ta fuite moins rapide encore. Finalement, tu es resté coincé, bloqué sous des décombres, incapable de t’en dégager par ta seule force. Alors tu as attendu, incapable de mesurer le temps avec le seul faible apport de lumière qui te parvenait.

Dans les premiers temps, tu as patienté mais aucun son ne te vint pour te signifier qu’il y avait du mouvement. Tu as commencé à fermer les yeux pour faire taire cette voix qui te disait de tout faire pour te sortir de là. Bouger te faisait souffrir, tu n’étais clairement pas en état de soulever quoi que ce fut. Et l’attente a repris. Le corps douloureux, tu étais en vie et en attente d’une aide qui ne viendrait peut-être jamais. Au fond de toi, tu savais que tu aurais dû t’en faire pour une autre personne que toi. Lisbeth d’Outrevent et pourtant tu ne parvenais pas à t’en inquiéter.
L’attente s’est rapidement transformée en néant. L’attente de rien. Et le sommeil t’a gagné une première fois. Quelques voix, peu nombreuses. Des mots confus, une brume. Tu t’es réveillé en pensant que ton rêve était étrange. Alors tu as eu peur de perdre la tête et tu as commencé à lutter contre le sommeil, contre la douleur, contre la soif et contre la faim. Tu ignorais combien de temps s’était écoulé.
Une fois encore, le sommeil t’a rattrapé, implacable et tu as sombré. Le retour des voix, incompréhensibles, floues, rien de plus qu’un murmure dans ta tête. Préoccupé par ta survie, par ta peur, par ce que tu croyais être ta folie.

Ainsi… trois jours ont passé. Trois jours où tu oscillais entre conscience et inconscience, combat et abandon. Tu n’y croyais plus vraiment et quand bien même on te retrouverait, pourrait-on te remettre sur pied ? Tu en avais vu des maux et ta jambe ne devait plus être très saine, tu ne sentais qu’à peine ton bras…
Oui, tu étais proche de céder à la facilité, tu étais prêt à abandonner quand le sommeil t’as à nouveau gagné mais il y avait plus de voix, plus claires et puis tu fus presque convaincu que la folie t’avait gagné. Tu te croyais plus fort que ça. Apparemment non… du moins jusqu’à ce que des bruits résonnent, ce qui te tira de ces voix dans ta tête… Plus de bruits et des voix, des mouvements… De deux choses l’une, soit tu étais définitivement rendu fou par la douleur, la faim et la soif, soit tu pouvais recommencer à espérer.
Combattre encore, toujours plus loin, à n’importe quel prix, combattre encore.


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MessageSujet: Re: Décombres et ruines   Ven 15 Fév - 1:14

Trois jours. Avryn ne cessait de se répéter cela. Trois jours. Et toujours rien. Le désastre était venu comme la tempête, un orage soudain dans le ciel d'été et depuis, elle avait oublié d'essayer de comprendre, y avait renoncé dès l'instant où elle avait vu l'impensable, comme une île arrachée à sa terre qui se dessinait dans le ciel, un vaisseau de pierre de roche, les tours fières qui s'élançaient vers le ciel, et puis la folie, soudain. Comme beaucoup d'autres membres de sa guilde, elle était à la tour, ce jour-là. A voir ce qui restait de moellons noircis et de ruines, la jeune femme savait qu'elle avait eu de la chance ne serait-ce que d'y avoir survécu. Oh, pas sans dommages, il est vrai, mais la chance avait fait que de simples écorchures, une vilaine plaie à la tête et des contusions sans gravité avaient été son lot, mais hé; elle était vivante, et en un seul morceau, tous n'avaient pas eu ce privilège.

Dès qu'elle avait reprit connaissance, dès qu'elle avait eu l'assurance de sa propre sécurité, elle était partie à la recherche de Thibalt. Il était au palais, ce jour là; comme beaucoup de gens. Il était là, quand l'île étrange s'était écrasée sur le glorieux édifice. Il était peut-être mort, écrasé sous le ventre de pierre de cette cité irréelle, mais Avryn n'accepterait cette idée que le jour où on lui apporterait ce qui restait de son seigneur, le jour où elle aurait la certitude que tout était fini. D'ici là, elle chercherait, dut-elle y laisser sa peau. Oh, elle était loin d'être la seule à hanter les ruines en cherchant en vain un proche; d'autres qu'elle s'écorchaient la gorge et les doigts à soulever les blocs déchiquetés, et chaque corps, chaque survivant retrouvé était un désespoir de plus, car ce n'était pas lui.

Trois jours. Il ne restait plus beaucoup de temps. Elle avait cessé de songer à se reposer, où même à manger. Le sang s'était remis à couler de sa blessure à la tête, barbouillait son visage et se mêlait à la poussière qu'elle soulevait en fouillant les ruines.Le soleil déclinait lentement, et les ruines se peuplaient d'ombres étranges, de murmures, alors que les gens s'en allaient peu à peu, résignés, pour reprendre les recherches à l'aube suivante. Nul ne voulait plus rester ici, quand le soleil était parti et déjà couraient les rumeurs, fantômes, spectres tourmentés et hantises; la peur rôdait sous un manteau d'ombres mouvantes mais Avryn ne se laissait pas émouvoir et si fantôme il devait y avoir, il attendrait qu'elle ait retrouvé son seigneur avant de s'en prendre à elle. Chaque pierre révélait son lot de désastre, du sang, des ors broyés, des ornements réduits en poussière. Des objets familiers, dans les décombres, les élégants moulures de marbre d'un encadrement de fenêtre, des échardes de bois.

Ainsi s'en va la gloire du monde...

Vanité des vanités. Si l'orgueil d'un empereur et son vaisseau de pierre n'avaient pas résisté à la tourmente, comment un humain, une fragile brindille de chair éphémère pouvait espérer le traverser sans dommages? Pourtant, Avryn espérait encore avec cet entêtement féroce qui était le sien. Trois jours. Chaque heure de plus hâtait le trépas de son ami, pour peu qu'il respirât encore sous l'amas de débris. Sa hantise était d'arriver trop tard, et qu'il en meure par sa faute. Il était la seul personne à laquelle elle tenait en ce monde, l'unique être vivant dont le sort lui importât. Il ne pouvait pas mourir, pas maintenant. Elle avait besoin de lui.
La colère la saisit alors qu'elle dégageait un amas de roches indistinctes. Avec rage, elle jetait les pierres autour d'elle, réveillant un million d'échos sinistres, dérangeant quelques corbeaux qui s'attardaient là dans le crépuscule rougeoyant. Le soleil déclinant éclairait les ruines en biais, faisant de longues ombres qui révélaient chaque creux, chaque pic, chaque détail. La lumière était jaune, un or poudreux et lourd dans la poussière soulevée par les gens qui, tout le jour durant, avaient remué les débris du palais.

D'une voix rauque comme le cri d'une corneille, Avryn appela, encore. A de nombreuses reprises, alors qu'elle hurlait le nom de Thibalt dans l'étendue désolée, quelqu'un d'autre avait répondu, et chaque fois elle avait haï ces pauvres survivants qui soulevaient son coeur de glace d'un espoir inutile. Le silence s'engouffrait dans ses oreilles alors qu'elle écoutait, espérant recevoir une réponse, espérant l'entendre, lui.

Le son de sa voix brisée plana une seconde fois comme un spectre sur les ruines. Elle s'était rapprochée de l'épicentre du désastre, là où les chances étaient encore plus faibles de le retrouver. Qu'importe, elle essaierait à en perdre le souffle, s'il le fallait, mais elle ne renoncerait pas.
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MessageSujet: Re: Décombres et ruines   Ven 15 Fév - 12:23

Oui… Combattre, combattre encore tant qu’il y avait du bruit au dehors, tant que ton corps pouvait tenir. Car tu pouvais encaisser, tu n’avais peut-être jamais rien vu de pire mais tu parviendrais à survivre. Tu n’avais pas le choix, il le fallait. Ton but n’était pas atteint. Toutes les voix du monde ne suffiraient pas à te mettre à terre, pas encore du moins. Tu espérais que tout cela prendrait fin quand tu serais sauvé, si tu l’étais… La folie partirait comme elle était venue. Tu avais besoin de cet espoir.
Le temps qui passait, qui était passé tout du moins, tu ne parvenais pas à en prendre la pleine notion. Combien de temps avais-tu passé sous les décombres du Palais Impérial ? Tu n’en savais rien et la chose ne te préoccupait pas tant. Tu voulais juste que l’on te sorte de là, voilà tout. Tu ne pouvais pas mourir ainsi. Si tu devais mourir, au moins espérais-tu que ce serait lors d’un combat. Une telle mort, non, tu n’en voulais pas, tu étais un guerrier, tout en toi s’insurgeait contre ce genre de fin. Oui, tu avais combattu pour te retrouver ainsi coincé mais ça ne te suffisait pas.

Ces bruits que tu entendais, que tu avais peut-être pris pour ta folie l’espace d’un instant… Tu les entendais désormais trop clairement pour en douter un seul instant. Alors tu as rassemblé une partie de ta détermination à survivre. Ta gorge te faisait souffrir, l’air était rare mais pas absent, tu avais respiré de la poussière et tu avais soif mais il fallait que ta voix porte. Un murmure, c’est tout ce que tu en tirais au début. Tu insistais pourtant après ça. Jusqu’à ce que la rage te donne toute la portée dont tu avais besoin pour attirer l’attention. Savoir qui t’avait entendu t’étais égal tant que l’on t’entendait. Tu n’avais pas pensé à l’éventualité qu’il était possible que cela soit la garde impériale. Mieux valait être vivant et captif que mort. Tu lutterais tant que tu étais en vie.
Au dessus de toi, les pierres bougeaient. De la précaution… Tu n’avais pas la moindre idée de ce qui se passait, ça bougeait. Ça te suffisait tout simplement. Tu aurais très bien pu être écrasé par les pierres et la rocaille ou même les lourdes poutres de bois. Mais tout ça remuait, bougeait lentement, c’était tout ce dont tu avais besoin.

Lointain les sons, la lumière est trop vive pour tes yeux. Tu as passé trop de temps enseveli pour ne pas être blessé par la clarté trop forte. Il fallait croire que ton destin n’était pas de mourir de la sorte, que tu avais encore des choses à accomplir. Que le Destin t’en soit témoin, tu ferais tout ce qu’il faudrait sans te douter encore de ce qui t’attendait.
Les douleurs lentement qui renaissent… Un peu d’eau, juste un peu. Tu en voudrais plus mais tu n’en as qu’un peu. Tu refuses d’ouvrir les yeux pour l’instant, pas question. Tout est bien trop clair, il y a trop de bruits. L’agression de la vie. Tu as du mal à t’y faire et tu préfères de loin refouler toutes les considérations qui t’ont assaillie pendant que tu étais sous les pierres. Tu es dehors ou bien tu es mort et tout n’es qu’illusions stupides.


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MessageSujet: Re: Décombres et ruines   Ven 15 Fév - 15:04

Avryn allait se détourner de l'endroit qu'elle fouillait, lorsqu'elle entendit la voix. Un appel, une réponse. Le murmure étouffé d'un espoir qui s'embrasa aussitôt et avec toute l'énergie du désespoir elle tâcha de dégager l'endroit, jetant autour d'elle les pierres, les débris, s'écorchant les doigts sur le tranchant des gravats, vite, toujours plus vite, pourvu qu'il tienne jusque là. Pourvu que ce soit lui. Elle rejeta de coté des restes d'un mur de briques, une cloison de bois fracturé, qui étaient retombés contre de grosses poutres de chêne massif qui avaient pu protéger, un peu, ce qui se trouvait en-dessous. L'air saturé de poussière en suspension était immobile, seulement dérangé par les mouvements brusques d'Avryn qui mettait toute son énergie à défaire l'amas instable de pierres qui servait de cercueil à ceux qui n'avaient pas pu s'enfuir.
Et puis, elle vit quelque chose, quelqu'un. Mort? Elle appela encore, et la lumière se déversait dans le ventre du palais ravagé, alors qu'elle ôtait tout ce qui lui barrait la route.

Il lui fallut un moment pour reconnaitre qu'il s'agissait de Thibalt, et plus encore pour voir qu'il vivait encore. C'était bien lui qu'elle avait entendu, elle en était certaine à présent et il y eut presque un sourire sur son visage couvert de sang et de poussière, à tout le moins un peu de vie revenue à ses yeux bleutés. Avec patience, elle dégagea son seigneur, prenant garde à ne pas le blesser plus qu'il ne l'était, et surtout essayant de ne rien faire s'effondrer au-dessus de lui. Elle finit par repousser tout ce qui l'empêchait de bouger, les pierres et les morceaux de poutre, laissant à jour de vilaines blessures qui étaient cependant un lot bien mineur comparé au fait qu'il avait la chance d'être tout simplement encore en vie.
Ceci fait, Avryn reprit son souffle, et, n'osant pas encore essayer de le déplacer, s'assit près de lui. Il avait eu la chance de se trouver dans une dépression du terrain qui l'avait en partie protégé et formé une cavité suffisamment haute pour lui éviter de mourir écrasé sous les madriers qui s'étaient brisés dans leur chute. Là, dans le creux au milieu des gravats, Avryn resta auprès de son seigneur, posant une main ensanglantée sur son front, cherchant la moindre trace de vie dans ses yeux perdus.

-Thibalt? Seigneur, réponds-moi!

Lui laissant le temps de trouver la force de lui montrer signe de vie, elle tira de la sacoche qu'elle portait au coté une outre d'eau claire dont elle fit couler quelques gouttes sur le visage du blessé et dans sa bouche. L'important était pour l'heure qu'il reste conscient; s'il avait réussi à l'être jusque là, il fallait qu'il tienne, encore un peu.

Il y avait comme un tremblement dans la main qui s'était glissée sous sa nuque pour soutenir sa tête, et une hantise résiduelle dans les yeux d'encre et de glace de la jeune femme. Pour quelqu'un d'aussi imperturbable d'ordinaire, ces signes infimes trahissaient une agitation inhabituelle, et l'inquiétude se laissait entrevoir dans l'expression de son visage alors qu'elle examinait ses blessures. Sa voix brisée parlait doucement, ce faisant, comme pour le ramener à la réalité, et elle ne cessait de lui répéter que ses blessures n'étaient pas si graves, qu'il allait guérir, qu'il était en sécurité à présent. Elle-même avait du mal à ne pas en douter cependant car les fractures semblaient importantes, et trois jours dans la poussière et la crasse des gravats n'allaient rien arranger à ses plaies. Cependant elle tentait encore d'y croire, alors même qu'il était manifeste qu'il ne pourrait se battre d'ici des semaines, s'il ne sortait pas de là définitivement infirme.

Avryn fit preuve en ces quelques moments de bien plus d'empressement, de bien plus d'affection qu'elle n'en avait fait montre en une vie entière. Tout avait changé soudain et jamais elle n'avait été si proche de le perdre, elle s'en rendait à présent compte avec une acuité d'autant plus remarquable que le danger le plus grave était à présent dissipé.

-Reste avec moi, lâcha-elle à voix basse. Je vais te tirer de là. ça va aller maintenant, ça va aller.
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MessageSujet: Re: Décombres et ruines   Sam 16 Fév - 3:24

L’eau ne t’as pas convaincu que la vie ne t’avais pas filé entre les doigts. Quelque part, tu t’en moques bien. Il n’y a pas d’urgence. L’agression de la lumière et des sons est trop forte. Tu ne comprends même pas immédiatement que c’est Avryn. Tu n’as pas envie de répondre, ou tu n’en as pas la force. Tu l’ignores et tu n’y penses pas tellement finalement.
Pour l’heure, tu préfères de loin respirer l’air empoussiéré mais beaucoup moins vicié que celui que tu respirais depuis tu ne savais quand. Tu ne parviens pas à refouler ta toux, à croire que ton corps s’était fait à l’idée.

Tu entends Avryn finalement. Avryn… Une amitié sincère. Si seulement un jour, elle pouvait suivre sa propre voie. Mais là encore, tu n’as pas envie de penser à tout ça. Ton corps te fait souffrir, quoi de plus normal ?
Tu réalises peu à peu que tu n’es plus coincé, tu ouvres les yeux, juste un peu. La lucidité te gagne d’un coup. Position de faiblesse. Tu tentes de te redresser, tu grognes rapidement suite à cette tentative. Il semblerait que tu ne sois pas prêt à te redresser et marcher seul. La faiblesse est pourtant bien quelque chose que tu auras du mal à accepter pour toi-même.
Tu ne peux t’empêcher de marmonner, pas de doute, tu es bien vivant.

- Ça ira quand je serais debout. Ta voix est enrouée et plus rocailleuse que jamais, la toux est revenue mais rien… non, rien… ne te mettra à terre si ce n’est une mort définitive et valeureuse de préférence.

Tête de mule jusqu’au bout, il semblerait que même la mort t’ait épargnée. Tu n’es pas tout à fait sûr qu’elle ait bien fait mais tu n’en es pas moins ravi d’avoir été dégagé de là. Tu n’en as pas terminé avec le monde, tu as encore des choses à faire, beaucoup trop et tu comptes bien réaliser tout ce pour quoi tu es né.
Au fond, il n’y a pas à réfléchir davantage sur le sujet. Ton heure n’était pas venue. Vivant mais mal en point, il faut encore que tu t’en remettes complètement à présent mais là-dessus, rien n’est moins sûr bien que tu ne mesures pas encore l’étendue des dégâts et que tu n’aies pas encore compris à quel point les voix que tu entendais dans ton sommeil sont réelles.


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MessageSujet: Re: Décombres et ruines   Sam 16 Fév - 9:55

Recevant enfin une réponse audible à ses paroles, Avryn ne put retenir un sourire, et le soulagement transparut dans ses yeux sombres, brièvement, avant que tout ne s'en retourne à sa froideur naturelle. Le voyant essayer de bouger, elle le retint, mais n'eut même pas besoin de l'empêcher de se redresser car il n'en avait manifestement pas la force.

-Ne bouges pas, dit-elle d'un ton qui ne souffrait aucune réplique. Tu va encore te faire mal. Je vais te tirer de là.

Avryn n'était pas bon médecin, et ça n'était en général pas ce à quoi elle passait le plus de temps; mais si l'on veut survivre à long terme sur le champ de bataille, mieux vaut savoir évaluer les blessures. D'un geste assuré, elle prit le bras blessé de Thibalt pour l'examiner et repéra une vilaine fracture, que le choc des gravats et de la chute n'avait en rien arrangé. D'autres plaies et écorchures sans gravité étaient visibles, et il avait à la jambe quelque chose qui ne devait rien aux conséquences de l'effrondrement du palais, une blessure d'arme blanche. Mais les questions n'étaient pas encore à l'ordre du jour et la jeune femme préféra se concentrer sur la manière dont elle devait le tirer de là.
Cherchant autour d'elle, Avryn dénicha rapidement quelques morceaux de bois qu'elle débarrassa de leur poussière, et déchira un morceau de sa tunique en lambeaux; cela ferait une atelle bien sommaire, mais mieux valait cela que de risquer de lui faire perdre un bras. Elle noua fermement le bandage avec le reste, espérant que cela tiendrait jusqu'à ce qu'ils soient en sûreté, manipulant la blessure avec autant de précautions dont elle était capable, guettant le visage de son ami pour s'assurer qu'elle ne lui faisait pas trop mal.

A voir l'état de son bras et du reste, il serait hors de question pour lui d'être sur pied avant un long moment. La blessure mettrait du temps avant de se refermer et pour en avoir subi un certain nombre, Avryn savait bien qu'une fracture est aussi douloureuse que lente à être soignée; en voilà un qui serait de sale humeur pour les six mois à venir, au moins. Elle ne put s'empêcher de sourire en songeant à cela; dans la tourmente qui venait de s'abattre, dans le chaos soudain de ces jours étranges, ces réflexions si ordinaires lui rappelaient que malgré le fait que tout cela semblait hors de portée de sa compréhension, la vie continuait. Le monde n'avait pas cessé de tourner, du moins l'espérait-elle, l'essentiel étant qu'ils aient tous deux survécu.

Dès qu'elle eut terminé de faire en sorte qu'elle puisse dégager Thibalt sans risque d'aggraver ses blessures, Avryn se pencha pour essayer de le soulever.

-Essaies de t'accrocher à moi, souffla-elle avec efforts.

Ses pieds dérapaient sur le sol instable, et il reposait au fond d'un creux du terrain qui l'obligeait à se baisser très bas, ce qui n'aidait en rien la manoeuvre, d'autant qu'il était bien plus grand et plus lourd qu'elle. Pas question pour lui de se sortir de là seul, pas avec une jambe dans cet état et un bras cassé. Avryn fut obligée de s'y reprendre à plusieurs fois, peinant à le soulever, jusqu'à atteindre un endroit plus table où elle le reposa. A bout de souffle, elle se laissa tomber près de lui, s'asseyant sur le buste d'une statue arrachée. Tout son corps la faisait souffrir, ses doigts écorchés, sa blessure sanguinolente, mais elle ignorait les signaux de douleur de son organisme malmené pour se concentrer sur la seule chose qui importait vraiment.

-On va attendre que tu reprennes des forces avant d'essayer de repartir, reprit-elle.

Son ton suggérait qu'il n'y aurait pas d'autre alternative et que les protestations de Thibalt n'y feraient rien. Cet état de faiblesse lui était insupportable, elle le savait bien, mais il n'y avait pas d'autre choix.
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MessageSujet: Re: Décombres et ruines   Dim 17 Fév - 7:09

Ne pas bouger… Voilà bien quelque chose que tu étais incapable de faire et qui t’agaçait au plus au point. Avait-elle besoin de rajouter ces informations. Sentir ton corps t’échapper était quelque chose de relativement difficile à reconnaître. Tu tais faible mais le fait d’être sauf avait donné un petit regain de force à ton esprit, esprit qui protestait comme jamais, tiraillé, bien que tu n’en saches rien encore.
Te faire soigner, tu en avais l’habitude, mais en général, tu te soignais toi-même. Non pas que tu étais capable de bloquer quoi que ce soit pour arranger des fractures ou une quelconque blessure de ce type à la jambe… Mais tu étais au moins capable de minimum pour éviter de trop faire appel à d’autre.

Rester stoïque alors qu’Avryn te faisait une attelle de fortune ne fut pas bien compliqué puisque tu avais tout juste assez de force pour protester et râler en grognant. Ton humeur ne serait pas vraiment bonne dans les prochains jours et elle le savait aussi bien que toi. Elle te connaissait trop bien.

S’accrocher… Manœuvre ô combien compliquée mais ô combien utile pour qu’elle puisse te dégager de là. Tu passais ton bras valide autour de son cou tout en tentant de prendre appui sur tes deux jambes. Douloureux mais pas impossible. Tout ça ne t’empêchait pas de suer sang et eaux quand ton corps entier s’ingéniait à te rappeler que tu étais bien mieux au sol.
Sorti de là, restait à bouger jusqu’à un endroit où vous poser ou alors trouver de l’aide, au choix. Quoi que de l’aide, Avryn n’en voudrait sans doute pas plus que toi sauf si elle y était obligée, tout comme toi. Tête de mule…

- Faisons ça oui. Tu grognais plus que tu parlais bien entendu et ça n’avait rien de très surprenant.

Tu fermas les yeux un instant, une fois plus ou moins redresser. Chercher des forces. Tu ne savais trop où en puiser étant donné la faim que tu ne ressentais plus tellement ou la soif qui rendait ta voix rauque. Tu ne comptais même plus les douleurs de ton corps. Vraiment, tu avais très envie de plonger à nouveau dans la bataille. Tu t’étais senti revivre même si dans la foulée tu avais été blessé. Toute blessure n’était pas mauvaise après tout.
Tu survivrais à ça, comme toujours et dès que tu serais en état de voyager, tu partirais pour rejoindre ta Princesse. Dans ton esprit fatigué et préoccupé, c’était ta seule certitude.


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MessageSujet: Re: Décombres et ruines   Dim 17 Fév - 8:22

Avryn tendit l'outre d'eau à Thibalt, lui laissant le temps de reprendre ses esprits et quelque forces, si c'était possible. Pourtant, déjà, les questions lui brûlaient les lèvres et on sentait comme une incertitude dans son regard de glace. Pour l'heure, rien en elle ne s'était encore fait à l'idée de ce qui venait de se passer et elle ne comprenait pas, pas encore, et n'avait même pas prit la mesure du désastre. Pour un homme sauvé, combien d'autres étaient morts dans le palais? Il y avait eu tant de gens présents aux noces de la dame d'Outrevent et du seigneur de Brunante, tant de liesse et de joie, et l'empereur lui-même... Dieux, que cela avait dû être terrible, et pourquoi la blessure de Thibalt, et pourquoi cette île, ce continent aux tours innombrables apparu dans la brume, dans un hurlement d'orage et de tonnerre?

-Thibalt, que s'est-il passé?

Il y avait dans cette question pressante, soudain, comme une inquiétude. Si solide, si sûre d'elle, Avryn venait comme beaucoup de perdre tous ses repères; et pour l'heure le seul capable de répondre à ses interrogations était Thibalt. Elle scruta la réponse dans ses yeux sombres, au travers de son masque de poussière et de sang. La jeune femme avait l'air épuisée, et des cernes bistres creusaient ses yeux et ses joues maigres. Mais qu'importe son état, qu'importe le reste: elle voulait comprendre, elle voulait savoir, et détestait plus tout cet état d'impuissance à laquelle elle était réduite.

Elle savait bien que cela n'était peut-être pas le meilleur moment pour en parler, mais quitte à devoir attendre un moment avant de repartir, autant faire dans l'efficacité.

-J'ai vu... Cette chose. Ce qui est arrivé. Qu'est-ce que c'était que tout ça? Les gens ont parlé de dragons, ensuite; certains ont dit que c'était Dragonvale. Je ne sais que croire, même pas ce que j'ai vu.

Sa mine s'était pincée, disant cela; Avryn n'aimait pas les légendes, elle n'aimait surtout pas quand elles devenaient réelles. Pour elle, tout cela n'avait jamais été que des contes de grand-mère, un murmure indistinct qui parlait de Roses, de dragons, de magie. De guerres anciennes, de conflits passés, les anciennes figures de temps oubliés étaient pour elle comme des visages indistincts dont elle connaissait les noms, mais qui n'étaient rien de plus que de tristes palimpsestes, comme des dessins dans le sable que le vent avait balayés. Augustus, les spoliations et la menace de l'Empire avaient été des menaces bien plus concrètes, durant toutes ces années; et soudain, tout cela semblait s'être évanoui, soudain plus rien.

Elle ouvrit la bouche pour l'inonder à nouveau de questions, avant de se rendre compte qu'elle en savait probablement plus que lui -c'est à dire presque rien- et qu'il venait de passer trois jours dans les décombres, ce qui ne l'avait sans doute pas aidé à en apprendre plus sur la situation. Elle garda cependant cette mine pincée qu'elle avait lorsqu'elle était contrariée, et ses yeux de glace avaient retrouvé leur dureté naturelle alors qu'elle contemplait le désastre, comme si elle essayait de prendre la mesure de tout cela et se préparait à l'affronter. C'était peu ou prou le raisonnement qui prenait forme dans sa tête; maintenant qu'elle avait retrouvé Thibalt, elle avait bien l'intention de trouver sa place dans cette agitation nouvelle. L'important était de savoir pour le moment qui, de tous ceux qui s'étaient réunis pour le mariage, avaient survécu. A voir l'état de la capitale ravagée, nul doute qu'un nouveau pouvoir s'élèverait sans tarder, plus loin, plus tard. Trop de questions, pour l'heure, trop de mystères... Elle avait toujours pensé le monde entre deux pôles, alliés, ennemis, et il y avait gros à parier que cela continuerait ainsi, dès lors qu'elle aurait retrouvé ses limites et frontières naturelles, dès lors qu'elle aurait fait la part des choses entre les uns et les autres.

-Tout est détruit, reprit-elle d'une voix lointaine, observant les jeux du soleil sur les ruines, et le ballet sinistre des corbeaux qui s'envolaient dans l'or du jour déclinant. Les Milles Tours ne sont plus qu'un tas de gravats, elles aussi. J'ai eu de la chance de m'en tirer, ça n'a pas été le cas de tout le monde.

Il n'y aurait pas assez d'une vie pour pleurer tous ceux qui avaient disparu dans le ventre de la ville ravagée. Chaque pierre soulevée apportait son lot de cadavres et de larmes, mais Avryn ne se donnait pas le temps de pleurer les camarades qu'elle avait perdus ce jour-là, car elle savait assez de choses sur la marche du monde pour savoir qu'il y aurait bientôt un nouvel ennemi à combattre, quel qu'il soit.
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MessageSujet: Re: Décombres et ruines   Lun 18 Fév - 4:18

Tu te saisis de l’eau, buvant avec précaution bien qu’avide. Lentement mais sûrement, le bon sens te revient mais certainement pas ton contrôle de toi-même. Tu notes qu’il faudra que tu obliges Avryn à se soigner aussi. Mais plus tard car la question qu’elle te pose te prend au dépourvu.
Que s’est-il passé ? Le passé vous est revenu en pleine figure et le rêve de ton enfance est devenu un cauchemar provisoire. Tu t’empêches cependant de répondre tout de suite cherchant malgré tout à formuler ça correctement d’autant qu’elle semble quand même ébranlée. C’est ton amie, il faut la préserver un peu. Tu bois encore et puis referme à nouveau les yeux, comme si tu n’étais bien qu’ainsi. Te reposant sans dormir, de peur que les voix ne reviennent.

- C’était Dragonvale comme on me l’avait décrite étant enfant. J’ignore comment et pourquoi mais elle s’est écrasée sur nous. Tu reprends ton souffle. Pas évident d’expliquer ce qui est arrivé. Notre Reine a défié l’Empereur, appelant à elle je ne sais quelle magie. Les rebelles se sont dévoilés, je suis resté pour me battre. Quoi de plus logique venant de ta part ? Elle est sans doute morte mais le règne d’Augustus Poing-d’Acier est fini. Tu te rends cependant compte qu’il reste quelqu’un à protéger… Ta Princesse.

Tu bois encore et tu songes à Dragonvale, ton rêve d’enfant et ton rêve d’adulte. Défendre à tout prix… Tu rouvres les yeux alors qu’Avryn parle à nouveau. Tu aimerais juste t’éloigner d’ici, tu as survécu, ton allégeance se porte sur une autre personne désormais et tu le comprends très bien.

- Lorgol ne m’apportera plus rien. Je dois retrouver notre Princesse. Elle a été confiée au Roi Castiel de Sombreflamme. Tu te méfies de cet homme bien qu’il soit le choix de ta Reine. Mais trop nombreuses sont les rumeurs à son sujet. Tu ne parviens pas à ne pas t’inquiéter pour la jeune héritière d’un Royaume qui se relèvera lentement. Éloignons-nous d’ici !

Tu ne peux plus rester là, tu sais que la route ne pourra pas être prise tout de suite, tu sais aussi que tu prendras la route encore blessé mais tu t’en moques pas mal. Il est hors de question que tu ne t’en fasses pas pour elle, pour Nightingale, pour tes propres terres qui ne sont toujours pas tiennes. Il te faut récupérer cela.
Tu ignores si tu y retourneras, tu ignores ce que tu feras mais ce qui était vrai hier l’est toujours aujourd’hui.


Dernière édition par Thibalt d'Ambremont le Lun 25 Fév - 9:18, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Décombres et ruines   Lun 25 Fév - 3:51

Avryn écouta sans mot dire le récit de Thibalt. Elle avait baissé les yeux, la mine un peu pincée, comme si elle essayait vainement de se persuader que tout cela était vrai. On pouvait presque saisir les mouvements des rouages de son esprit qui recollaient les morceaux, assemblaient les pièces du puzzle pour tenter un peu d'appréhender le nouvel ordre du monde qui s'était établi dans les flammes et la destruction. Pour l'heure tout cela ne lui disait rien qui vaille car si l'empereur était déchu, si cet ennemi là avait été vaincu, quel serait le prochain? Car il y avait toujours un ennemi, toujours. Toujours un adversaire, car tel était l'ordre du monde, et c'était ainsi que cela devait se passer. Ses paroles venaient confirmer ses doutes et même si elle se savait incapable de comprendre tout ce qui se jouait autour d'eux, elle saurait sans doute bien vite où était sa place et contre qui elle aurait à se battre. C'était déjà un début, une piste, quelque chose sur lequel s'appuyer pour se relever et s'extraire de cette impuissance rageante qui était la sienne pour le moment.

Et puis, elle hocha sèchement la tête aux paroles de son seigneur. C'était à lui de tracer la route, et à elle de le suivre, quoi qu'il en dise.

-Lorgol n'apportera plus rien à personne, à présent, pour ce qu'il en reste... Allons, avant de nous faire dévorer par les corbeaux.

Ce disant, elle jeta un regard mauvais à l'un des sombres oiseaux qui s'étaient posés sur un fût de colonne décapité et les observait de ses petits yeux curieux.
Rassemblant ses forces, elle le souleva de terre, passant son bras valide sur ses épaules pour le soutenir. Elle fit quelques pas chancelants, raffermit sa prise sur lui et avança encore, trébuchant sur les pierres. Parmi les nombreuses choses qui la mettaient en rage, il y avait les faiblesses de son propre corps, ces limites dérisoires qu'elle ne pouvait pas dépasser; pourtant, elle tint bon, alors même que trois jours passés à soulever les décombres l'avaient épuisée, sans qu'elle prenne même le soin de panser sa blessure à la tête qui recommençait à suinter un sang souillé de poussière. Il y avait des moments où elle ne pouvait pas faillir et quand il s'agissait de Thibalt, elle ne s'autorisait pas le moindre écart.

-Tu te fais lourd, grogna-elle en poursuivant avec efforts sa progression.

Chacun de ses pas s'écrasaient dans la poussière et les débris, à mesure qu'ils traversaient le champ de ruines où se dressaient encore, ça et là, quelques vestiges encore debout, de plus en plus nombreux à mesure qu'ils s'éloignaient de l'épicentre du désastre. Le soleil déclinant soulignait chaque élévation de terrain, tout ce qui dépassait de l'océan sinistre des restes de pierre malmenée, traçait des ombres immenses et profondes dans les creux et les gouffres. Au loin, on voyait s'élever encore quelques tours, et la cité endormie, en deuil, plongée dans l'apathie suivant la catastrophe. Des bûchers élevaient leurs panaches de fumée dans la brise tiède de la fin de l'après midi et de loin en loin les échos des cris des corbeaux se mêlaient à ceux des pleurs et des chants funèbres. Trois jours. Un siècle ne suffirait pas à effacer les cicatrices et à panser les plaies. Il y en avait tant qui dormaient encore dans le ventre de la terre, sous les ruines et les débris, piégés à jamais dans un triste tombeau, tant qui avaient péri dans les restes calcinés de la tour des Guerriers, tant qui n'avait pu fuir, tant qui n'avaient pu rien faire que regarder la mort venir... Dragonvale, l'espoir et la légende, éveillée dans le crépuscule, avait sonné le glas d'un empire et la victoire de ceux qui s'étaient rebellés; mais à quel prix? Cela en valait-il vraiment la peine?

Avryn doutait que s'en vienne une ère prospère et heureuse. Ce nouvel ordre était né dans le sang et la destruction, que pouvait-il apporter de bon? Elle était bien trop méfiante, pour croire aux espoirs de certains, quand elle voyait ce que l'apparition avait laissé derrière elle. Mais elle laissait les décisions et les ordres à ceux qui étaient qualifiées pour cela, elle n'était rien qu'un pion sur le vaste échiquier du monde et elle avait bien d'autres préoccupations pour l'heure, bien plus immédiates et plus pressantes. Pour commencer, faire avaler à Thibalt qu'il devrait rester au repos quelques jours, et ça n'allait pas être facile. Avryn elle-même savait qu'il lui faudrait également prendre du repos, mais cela n'était pas encore nécessaire. Elle pouvait tenir, encore, encore un peu...

La jeune femme se retint de justesse de tomber à genoux, et avisa un mur à demi effondré pour s'y asseoir un instant.

-On y est presque, lança-elle en observant la distance parcourue, et celle qui leur restait à faire.

Dans le jour déclinant, il n'y avait déjà plus personne dans les ruines. Ils étaient seuls dans l'immensité. A présent qu'elle était rassurée sur le sort de son ami, Avryn avait reprit ses manières glaciales et très raides, assise bien droite sur les pierres effondrées, portant de temps à autre la main à sa blessure. Le temps des effusions était déjà passé, et elle s'était déjà montré bien plus émotive qu'elle-même ne l'aurait cru.

-J'espère que tu guérira vite, lâcha-elle en grimaçant l'un de ses sourires acerbes. J'imagine que je vais devoir moi-même garder ta porte pour t'obliger à garder le lit le temps que tout ça aille un peu mieux...
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Décombres et ruines

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