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 À quai inconnu

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MessageSujet: À quai inconnu   Dim 17 Fév - 8:04




09 octobre 802
À quai inconnu
À bâtons rompus
  • Nom des participants : Louis de Brunante & Laurent de Brunante
  • Statut du sujet : Privé
  • Date : Le 09 octobre 802
  • Moment de la journée & météo : En soirée, l'air est frais avec quelques pics d'airs plus froid
  • Saison 2, chapitre 1





Dernière édition par Laurent de Brunante le Jeu 21 Fév - 15:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Dim 17 Fév - 8:05

Arrivé à quai, je n’avais pris le temps que de prévenir notre père. Je ne resterais pas coincé à Brunante, sous aucun prétexte. Pour la première fois, j’avais fait entendre ma voix, mais avec un bémol… Je n’avais pas affronté notre mère. J’en avais tout simplement été incapable, mon courage n’allait pas jusque là. Je devais chercher mon frère mais je n’étais pas sûr qu’affronter ma mère pour le faire fut très judicieux. Aussi, je me passais de son avis et de son accord, suivant quelques directives données par mon père à demi-mot dans notre conversation empressée. Il savait aussi bien que moi qu’elle ne me laisserait pas repartir alors que je venais de remettre les pieds à terre.
J’esquivais au maximum les couloirs les plus fréquentés pour me faufiler en cuisine et prier que l’on me prépare ce dont j’avais besoin sans me charger. Je vis quelques sourires naître sur les visages. De l’amusement ? Un air de déjà vu avec Louis ? Le petit second quittant enfin le nid en douce par la porte de derrière ? Allez savoir. Tout ce qui m’importait, c’était qu’on ne me retienne pas et surtout, qu’on ne m’empêche pas de partir. Pourvu que le peu de courage que j’avais engrangé me suffise. Je n’étais pas aussi doué que Louis en matière de débrouillardise.

Mon escapade avait ainsi commencé il y a quelques jours alors que j’étais bien décidé à retrouver la trace de Louis en partant de Lorgol, l’endroit même où nous l’avions perdu. Trouver la bonne piste n’as pas été facile et pour parcourir les routes, je cache à moitié mon visage, par les temps qui courent, être un héritier ou ce qui s’en rapproche n’est pas la meilleure chose qui soit.
Remontant la piste, jour après jour, j’ai fini par apprendre la direction que mon frère avait prise, apprenant au passage à me débrouiller seul, réellement seul, chose que je n’avais jamais eu à faire. Je savais pêcher mais en plein milieu des terres, la chose me semblait peu évidente… quant à la chasse, n’en parlons pas, j’étais le pire chasseur qui soit. Le mieux que j’avais à faire était d’utiliser mes biens avec sagesse pour marchander ma nourriture. Si j’avais été idiot, j’aurais sans aucun doute eu un certain nombre de problèmes.
Ce qui me rassurait et me confortait dans le fait que j’avais fait le bon choix était que j’étais sur la bonne route. Mon frère avait pris la direction d’Euphoria sans que je ne sache pourquoi. Pour l’heure, le pourquoi m’importait peu, les questions seraient posées en temps voulu, quand j’aurais remis la main dessus. C’était la seule chose qui comptait réellement.

Plusieurs jours me furent nécessaires pour rejoindre la dite ville et un jour supplémentaire pour en faire le tour, sans succès. Il était là, j’en étais persuadé mais c’était un peu comme si en arrivant, il avait disparu. On l’avait aperçu ça et là mais ça s’arrêtait là. J’ignorais bien comment cela était possible. Peut-être m’évitait-il, je n’en savais rien mais si tel était le cas, j’aurais toutes les peines du monde à mettre la main sur lui. Quand même bien, je ne me voyais certainement pas le forcer à me suivre. Je n’avais aucune envie de rentrer dans l’immédiat, je voulais comprendre.
Tel était mon plus grand problème, ma soif de savoir, mon besoin de comprendre ce qui arrivait et pourquoi c’était arrivé.

Dans l’espoir de le trouver sur les quais, avide de voir la mer peut-être, je m’y rendais. Ils n’avaient pas le charme de ceux qu’il y avait chez nous. Rien ne valait le port d’Ansemer et son spectacle de vie fourmillante. N’y trouvant quasiment personne à cette heure, je décidais de me reposer ce soir au moins, d’observer la mer sombre, froide et violente de Sombreciel. Jetant un morceau de caillou à la mer, je pestais à demi-mot, toujours incapable d’exprimer très clairement mon agacement et mes désaccords.
Mais là… là, j’en voulais à mon manque de savoir-faire, mon manque de chance et à tout ce qui se mettait en travers de ma route. S’il y avait bien quelqu’un qui comptait pour moi sur cette terre, c’était mon frère.

- Puissiez-vous m’entendre… Je le retrouverais quoi qu’il m’en coûte. Je le jure !


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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Mer 20 Fév - 15:18

La mer en Sombreciel n'est pas celle d'Ansemer. Elle est froide, toujours déchaînée, recouverte d'une nappe de brouillard. De toute façon, ça ne change rien à mon ressenti face à celle-ci. Je n'ai pas la mer en mon cœur et que mon humain en soit autant amoureux, puisque c'est bien de l'amour qu'il ressent envers cet étrange élément, est aussi douloureux pour moi que pour lui. Parce qu'il ne peut plus la voir, à peine la sentir, la toucher, et qu'il sent cette répulsion qui m'étreint à chaque fois qu'il ose seulement y penser.

C'est d'instinct qu'il a trouvé le chemin vers l'océan – à peine une ou deux chutes sur les pavés inégaux des plus petites rues d'Euphoria, les moins glorieuses. Il a tenu à passer incognito, mon humain, usant de ce drôle de nom, Christian de Sylvire, pour ne pas décliner le sien. Le réel. Pourtant, certains le reconnaissent, chuchotent sur son passage, retiennent son visage, l'absence de sa tendre épouse. Il dort dans les pires auberges, dans les endroits les plus amusants – cette Belle Empoisonneuse, par exemple, où les chambres sont pleines de dames aux charmes offerts dont il ne profite même pas, circule à l'ombre, garde son capuchon sur son visage, se guide de ses doigts sur les murs des maisons, trébuche, tombe, rage, frappe.
Un drôle de numéro, décidément.
Nous arrivons à la mer. C'est le soir, mais peu importe l'heure, il n'en a cure, ses yeux le laissent dans le noir. Il inspire profondément. J'en ai mal au cœur. Une odeur saline, lourde, chargée d'embruns. Une odeur de pluie, légère, également. Sombreciel est un drôle de royaume. Ses yeux aveugles la fixent, la regardent sans la voir. Les larmes vont venir, je le sais. Ça le rend plutôt sensible, cette étendue d'eau salée. Il est arrivé plus vite que prévu en Euphoria, grâce à mon aide d'ailleurs, et il a évité l'endroit tout ce temps... jusqu'à maintenant. Il s'avance sur le quai et sursaute en entendant le bruit d'un caillou frapper l'eau – ça ainsi qu'une voix, une voix qui parle fort, qui promet, qui jure. Une voix qu'il reconnaît.

« Laurent? » Sa voix n'hésite pas. Il connaît la voix de son frère par cœur et s'est tourné très exactement dans sa direction, tout comme s'il le voyait. Pourtant, il ne le voit pas. Il le devine, pourtant, s'approche de lui à pas de loups. Il découvre son visage, ses boucles auburn, ses traits tirés de fatigue et dans cette expression maussade qui est sienne depuis plusieurs jours. Pourtant, là, il sourit. Évidemment. Un sourire un peu pauvre, mais un sourire tout de même. « Que fais-tu à Euphoria ? » Aucun doute que c'est lui. Il sait que c'est son frère. Et moi, je suis prêt à intervenir s'il venait à lui-même trop parler de notre quête.
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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Mer 20 Fév - 17:41

L’esprit au loin après avoir juré et promis aux Puissances que je retrouverais Louis. Je suis plus calme. Pas tant que ça hélas. Il faut croire que ce petit goût de liberté m’a rappelé que moi-même, j’avais des opinions, des envies, des désirs… Je souris légèrement en repensant à ma nouvelle correspondance. Mais une voix derrière moi me distrait. Mon frère ? Je me retourne, vivement. Il m’a appelé, ça ne peut être que lui.
La surprise, voilà tout ce qui me vient. C’est bien lui.

- C’est moi Louis. Je suis heureux de le savoir en vie mais comment va-t-il au juste…

Je me rapproche de lui alors qu’il en fait autant. Il semble épuisé, en proie à je ne sais quel tourment. Ô mon frère, que t’est-il donc arrivé pour que tu sois dans cet état. Mais il me sourit, ne semblant pourtant pas me voir tout à fait. Je retiens un soupir. Louis… Que puis-je donc faire pour toi ?

- Je suis venu te chercher ou t’aider. Qu’en sais-je ? Tu es parti seul, que pouvais-je faire si ce n’est m’inquiéter et partir à mon tour ? Je ne compte pas te ramener, je veux juste te savoir en vie.

J’étais sûr que notre mère en avait fait tout un drame. J’avais en plus rencontré quelques difficultés pour filer de la taverne de notre tante puis que notre nièce n’avait aucune envie de me laisser partir seul. Tout ça était ridicule, compliqué. Quelque part, je commençais peut-être à en avoir assez d’être le fils qui ne fait rien de travers.

- Comment vas-tu ? C’était la question la plus censée vu ses traits tirés.

Je n’en revenais pas… Je l’avais retrouvé. J’aurais eu envie de rire si la situation n’était pas délicate. Mais ce que j’avais dit était vrai. Je ne comptais pas le ramener tout comme je ne comptais pas rentrer. Je crois qu’il était vraiment temps pour moi de voler de mes propres ailes et si pour cela, je devais aider mon frère avant de prendre et envol, il ne me coûterait rien de le faire.

Je repensais à toutes ces occasions ratées de partager de bons moments avec lui mais je n’étais pas homme à regretter. Si je devais regretter, j’aurais bien trop de choses à envisager. Tellement d’expériences ratées par manque de cran. Je soupire… Je ne peux pas m’empêcher de me demander comment notre mère a réagi pourtant. Je suppose que ce doit être les vieux réflexes. Il faudra encore longtemps pour que je finisse par prendre mes distances avec tout ça.


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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Mer 20 Fév - 20:45

L'autre se rapproche également et il s'arrête peut-être un peu trop tard, ne mesurant pas la distance entre eux. Laurent a-t-il compris que son aîné est aveugle? Il n'était pas à Lorgol quand la chose est arrivée et nous sommes partis avant qu'il revienne. Peut-être une des pestes de leur tante lui a dit ce qui était arrivé, sans vraiment le savoir. Lui a dit que désormais, le marin était aveugle. Que ses yeux clairs semblent regarder, et pourtant non. Ou le lui-a-t-il? Il ne sait plus. Sa mémoire flanche – il a tellement bu, depuis la Chute, qu'il ne se souvient de toute manière que de la moitié à peine des derniers événements. Une étreinte le démange, mais il ne fait rien. Il reste là, les bras ballants, son sac sur le dos, les yeux fixés sur un point à côté du visage de Laurent. Vers la mer.

Son frère. Parti seul. Il est content. Son frère voyage par lui-même. Il aurait cela dit préféré qu'il s'abstienne de le suivre, de le chercher. Il n'a pas besoin de son aide, il est un grand garçon. « Je suis en vie. Tu peux partir. » Sa voix est sèche, ô qu'elle est sèche! Rude, même, envers ce frère qu'il aime. Il n'a pas envie de lui faire côtoyer sa déchéance... ou moi, apparemment. Quelque chose du genre. Ingrat. Il veut que son frère reparte en Ansemer, qu'il le laisse seul. Après tout, il est parti en solitaire et ce n'est pas pour rien. Quoique ce n'est pas tout à fait en solitaire... je suis là. Il ne baisse pas les yeux. Ça ne sert à rien. Il ne s'excuse pas non plus, il répond à voix basse à la question de son benjamin. Comment vas-tu, petit humain?

« Bien. » C'est un mensonge. Comment penser qu'il va bien? Cet humain n'est pas très doué pour mentir, surtout sur des choses aussi évidentes, et il préfère donc changer de sujet. « Je cherche Lisbeth. Je m'inquiète pour notre... »... enfant? Laurent le sait, évidemment. Il le lui a dit, avant qu'ils se marient, mais il ne veut pas le dire à voix haute. Leur enfant. Cet enfant que son épouse avait emporté avec elle en disparaissant, ne se souciant pas du tout d'enlever cette progéniture à sa famille. Pourtant, mon humain ne lui en veut pas. Il n'éprouve rien pour elle. Il pense seulement à leur enfant, espère qu'il n'a pas été blessé dans la chute de Dragonvale, que le voyage en Arven ne nuit pas à son développement. « ... Maman sait que tu es parti ? Elle a dû faire une de ces colères. » Cette idée le fait presque rire. Son sourire est plus franc. Leur mère a toujours eu un caractère assez affirmé, sans doute le mélange de Bellifère et d'Outrevent qui coule dans ses veines, et la seule idée de trouver la chambre de son cadet vide a dû la mettre dans une rage impossible. Il baisse la tête, tripote sa cape, marche un peu plus vers le bord du quai. Il accroche son frère, il ne le voit pas, marmonne une excuse et s'arrête finalement. Il veut demander où est la mer. Où se placer pour la voir sans le faire. Pour s'y jeter, même – je te l'interdis. « La première fois que j'ai quitté la maison, elle a envoyé oncle Marcus sur mes trousses – et une chance que j'étais parti sur un bateau, sinon, il me ramenait à Brunante par les oreilles. » Changer de sujet. Faire rire. Oublier. Détourner. Ne pas penser qu'il ment, ment, ment en parlant de sa présence ici. Il sait pourquoi il est là, je le lui ai dit. Je sens qu'il y a quelque chose, ici, un des morceaux, je le sais, il me le faut.
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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Jeu 21 Fév - 3:53

Je suis inquiet plus que jamais. Je n’avais pas voulu croire que Lou avait raison et qu’il était aveugle mais là, je le voyais bien. Je m’en rendais bien compte alors qu’il fixait un point à mes côtés. Louis… Par tous les sabres de notre tante… Que t’était-il donc arrivé ? Tant de fatigue et… d’autre chose que je ne pouvais définir. Ça n’était pas mon frère ça. Pas tout à fait. Ça ne pouvait être uniquement la fuite de Lisbeth avec son enfant, leur… enfant.
Un instant… s’il est aveugle… Pas les Puissances. La mer qui lui est si précieuse, le mépris qu’il avait parfois pour le fait que notre père ait cessé de naviguer. Louis bon sang. Parle-moi au lieu d’être tellement… toi.

- Je peux partir ? J’en reste pantois quelques secondes. Est-ce qu’il plaisante ? Partir ? Alors que tu es dans cet état ? Que je suis parti de Brunante sans savoir si je te retrouverais en vie en apprenant que tu étais parti sur les routes ? Aveugle ? Me penses-tu vraiment aussi… lâche ?

Sa façon de s’adresser à moi… Sans doute ne suis-je pas le plus bel exemple de fierté dans la famille mais qu’il me parle ainsi n’est pas bon signe. Le fait qu’il te dise qu’il aille bien est parfaitement ridicule. Tu le connais, tu le connais bien.

- Tu vas bien ? Oh pitié… Ne te fiche pas de moi Louis ! Je te connais. Si tu allais bien tu ne m’aurais pas parlé comme tu viens de le faire. Je suis ton frère, pas un vulgaire étranger ! Ne te moque pas de moi et surtout ne me ment pas. Je baisse pourtant d’un ton car la suite est trop importante. Elle est la mère de cet enfant, tu veux le lui arracher sous prétexte qu’elle n’est qu’une étrangère pour nous ? Tout ça me révolte, elle n'était pas une étrangère en plus. Je me souvenais de leur amour, qu'était-il arrivé là encore ? En colère, je me reprends pourtant. Excuse-moi… Je suppose que la route a fini par me rendre grincheux.

Je soupire, tout ça est ridicule. Comme si c’était le moment de me disputer avec mon frère… Je souris à l’évocation de notre mère. Ah ça…

- Je n’en sais rien. Je suis parti dès que j’ai pu. Papa m’a donné quelques conseils et je suis parti sans attendre qu’elle arrive. Elle m’aurait empêché de partir à ta recherche.

Au moins l’orage est-il passé, provisoirement. Il avait raison. Notre mère avait dû piquer la plus grande colère que Brunante ait jamais vue. Ses deux fils sur les routes et sans point de chute ou de date retour… Il y avait de quoi la rendre folle, c’est sûr. J’étais même à peu près sur que la nouvelle avait dû arriver jusqu’à nos cousins. Si je voyais des gens débarquer, il faut que je me méfie si je voulais continuer dans cette voie.

- J’espère qu’elle n’a pas fait la même chose pour moi. Tu me vois résister à oncle Marcus sous prétexte que je n’ai aucune envie de rentrer ? La seule chance que je risque d’avoir, c’est qu’il m’oblige à rester chez lui pour enfin apprendre à me battre correctement.

La conversation était plus légère, c’est vrai mais Louis me cachait beaucoup de choses. Je le savais parce que je connaissais presque tous ses petits tours, ses expressions. Nous avions grandi ensemble. Espérait-il vraiment me mentir comme ça ?


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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Jeu 21 Fév - 13:30

Oh, c'est que le petit donne de la voix! Il est bien surpris, mon écrin, en entendant son frère tempêter ainsi – il a toujours été le dernier à élever la voix, dans les disputes, et Eimaren sait qu'elles sont fréquentes au sein de leur grande famille pétrie de caractères forts. Il n'a rien à dire aux premiers reproches de son benjamin. Sans doute parce qu'il a raison et qu'il ne veut pas le reconnaître à haute voix. Par contre, quand il réplique à son deuxième accès de caractère – cet Ansemarien a bien caché son jeu, c'est d'un ton hargneux, attrapant instinctivement le collet du vêtement de son frère pour le rapprocher de son visage, plantant ses pupilles aveugles dans les siennes :

« Qu'est-ce que tu veux que je te dise, Laurent ? Évidemment que je vais mal, je suis aveugle, ma femme est disparue avec notre enfant, notre royaume est en presque guerre interne et... J'attends la suite, attendant que mon humain furieux reprenne son souffle. ... et j'ai pas besoin d'aide. » Ha! J'en ris! Pas besoin d'aide! Évidemment qu'il n'en a pas besoin, il m'a déjà moi! Je suis là pour ça, il est mon aide et je suis la sienne, nous sommes ensembles, nous n'avons besoin de personne d'autre. De toute façon, à qui dirait-il ce qu'il s'est passé? Que dans sa faiblesse et son emportement, il s'est livré à moi et l'a ensuite amèrement regretté? Sa main lâche le collet du vêtement, comme si celui-ci l'avait brûlé. Tu n'as pas très bon caractère, dis-moi. Il s'éloigne de son frère, se rapproche du bord du quai – arrête. Il s'arrête, respire longuement. « J'ai jamais dit que je voulais lui enlever notre enfant, tu te fais des idées, je m'inquiète, c'est tout. J'ai pas le droit? Et puis, Lisbeth est ma femme, j'ai une responsabilité envers elle. » Une responsabilité sans sentiments, malheureusement, un vide seulement dans son cœur. Un vide qui accompagne des sentiments. Il a mal juste à le dire, mal de ne pas comprendre... ou de trop comprendre. « Désolé. » Peu importe que ce soit sincère ou non.

Leur père lui a donné des conseils. Il sourit, un peu rêveusement. Il se rappelle de son propre premier départ, il y a plus de dix ans – arrête. L'odeur de l'océan me fait frémir, frissonner, sa pensée tout autant, mais je ne peux pas réagir. Je ne sais pas comment réagir, et ses pensées ne font qu'amplifier le malaise qui me prend. Nous pensons ensemble, nous vivons ensemble, mais bien souvent je ne sais comment appréhender les pensées de mon humain, tout comme lui ne sait comment comprendre l'ampleur des miennes. Et dans cet instant, je ne sais pas à quoi il pense clairement. « Tu as bien fait. » J'en rirais encore. Pas mieux l'un que l'autre, uniquement décidés à partir seuls, sans se faire aider. Il s'avance encore vers le bord du quai, inspire plus profondément l'odeur saline – le cœur me lève.

Je le vois secouer la tête négativement – je me rappelle aussi que cette discussion qu'il a eu avec leur cousin, dont le cœur bat actuellement au rythme de Muraille. « Diana et lui font campagne en Outrevent pour renverser la catin qui est sur le trône. Eram me l'a dit, alors qu'il revenait d'Erebor pour garder la seigneurie. Un croisement sur la route, en fait, dans une de mes nombreuses tentatives pour fuir Lorgol (sans succès, puisque cet homme revenait chaque nuit). Nous sommes d'ailleurs invités à le rejoindre, si on veut. » Petit pigeon voyageur qui évite toujours de trop parler. Il ne dit pas où nous l'avons rencontré, il ne dit rien. Il n'a même pas réellement dit pourquoi il est ici. J'en ris bien. Il est maintenant tout au bord du quai. Je n'aime pas cela.


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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Jeu 21 Fév - 14:40

Il est surpris, je le sais. Je n’ai jamais haussé le ton face à personne, je tempêtais tout seul dans mon coin quand j’en avais envie. N’importe qui dirait que ça devait bien finir par arriver et c’était sans doute vrai, surtout avec l’énervement dû à la route, phénomène que je n’avais jamais expérimenté auparavant. Je pensais avoir tout évacué et j’écoutais donc tranquillement mon frère répéter qu’il n’avait pas besoin d’aide. Comme si j’étais disposé à le croire… J’étais bien des choses sauf un idiot.
Je le regarde, suspicieux mais quand il réagit finalement trop vivement envers moi, mon sang ne fait qu’un tour. Lui et moi nous étions déjà disputés, un peu, battu même mais plus par jeu que par désaccord. J’aimerais me faire des idées mais tout semble partir à vau-l’eau, vraiment tout alors j’ai moi aussi le droit d’être inquiet, de douter.

Je reste crispé, je m’approche de lui, digérant cette empoignade un peu plus mal que je ne l’avais tout d’abord cru et bien que la conversation semble se poursuivre sur un ton plus tranquille, je n’en suis pas moins persuadé que Louis me ment. Je l’écoute, tentant de trouver quelque chose dans ses paroles qui pourraient me mettre sur la voie.
Les rejoindre ? Oh, je vais de toute façon devoir y aller si je veux pouvoir tenir une promesse que j’avais faite. Mais je n’allais certainement pas parler de ça maintenant. Peut-être quand lui et moi serions calmés.

- Très bien. J’aviserais le moment venu mais en attendant, toi et moi, on a des choses à se dire. Tu as besoin d’aide. Aveugle ? Seul sur la route et tu n’aurais pas besoin de mon aide ? Ne te moque pas de moi, pas toi. Je te connais Louis et tu me mens.

Ma voix est sans doute un peu trop sèche, mon attitude un peu trop crispée. Mais je ne l’ai pas vu dans une telle rage depuis l’annonce de son mariage. Je m’en souvenais comme si c’était hier et je me souviens de ma honte. Et si à présent il n’avait pas besoin d’un soutien ouvert, je le lui donnerais quand même, même si pour cela il devait m’en vouloir.
J’avais toujours été un poids de taille quand il s’agissait de le faire réfléchir et je recommencerais encore et encore tant qu’il aurait besoin d’un peu de plomb et de bon sens dans la tête et il en avait cruellement besoin.

- Parle-moi Louis ! Je n’ai pas fait tout ce chemin pour repartir en sachant que tu me mens !


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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Ven 22 Fév - 0:24

La voix de son frère est sèche, oh qu'il n'aime pas ça. Cet écrin a tout un caractère et les chamailles sont chose fréquente, mais pas avec Laurent. Parfois pour le jeu, pour rire, jamais de façon aussi vive, aussi vraie. Le vent se lève, la mer est plus violente, des gouttelettes d'eau volent sur eux deux – et je n'aime réellement pas cela. J'ai l'impression que l'eau brûle sa peau, me brûle. Pousse-toi de là.

Et comment lui dire qu'il n'a pas besoin d'aide, parce qu'il m'a moi? Il ne veut pas le dire, mon écrin, qu'il partage sa tête, son corps, son cœur, avec quelqu'un d'autre. On le croirait fou. Mes yeux lui permettent de voir où il se dirige, son esprit et ma main d'écarter ceux qui sont sur notre chemin et bientôt, nous ferons équipe pour les trouver. Pour les libérer. Il secoue la tête, encore, gronde, grogne, éclate plus fortement, dans une escalade de colère qui semble bien le caractériser, ses mains poussant le torse de son frère plus loin de lui sur le quai, provocation physique comme une autre : « Je peux pas te le dire. Tu mens encore, moi je veux bien, c'est toi qui ne veut pas. De plus, lui dire que tu ne peux rien dire c'- Et je ne t'ai rien demandé, par les sept mers, je veux juste que tu me laisses tranquille, ce sera mieux pour tout le monde. » Et ce petit de Brunante ne sait même pas à quel point son aîné a raison, dans sa voix qui raille, qui s'échauffe. Dans ce souffle qu'il finit par pousser quelques derniers mots peu convaincus, accompagnant le tout d'une dernière bousculade qui le ramène au milieu du quai : « Et je ne mens pas. » Qu'il est entêté. Tu omets la vérité, c'est cela? Il a croisé ses bras sur son torse et regarde vers la mer, tournant le dos à son frère. En étirant le bras, il pourrait le toucher, l'attraper, lui mettre sa main sur la gueule comme il en a l'envie. Ça me divertirait, au moins, tout cela. J'aimerais surtout qu'il recule, pour l'instant, et que ses pensées se tournent vers autre chose que l'océan. J'ai le sentiment que cette question l'obsède de plus en plus. Oh, évidemment, en prenant possession de son corps, je n'ai pu éviter les mille et une pensées reliées à cet élément, mais jamais je n'aurais pensé que ça aurait été aussi fort. Heureusement qu'il n'aime plus sa femme, sinon le fouillis qu'aurait été ce crâne!

« J'avais besoin de voyager, à cause de tout ce qui s'est passé. D'être seul. Mais évidemment, y'a personne qui veut me laisser tranquille – ce serait trop facile. »Il grogne encore. Maraud.
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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Ven 22 Fév - 4:44

Ce qui arrive, ça n’est pas normal. Ça n’est pas lui, ça n’est pas nous ça… Nous ne devrions pas réagir ainsi. Pourtant, c’est bel et bien ce qui arrive et le choc est rude. Je n’ai aucune envie d’être ainsi avec lui mais il m’y force. Je ne peux pas le laisser faire, je serais un bien mauvais frère. Mais le fait qu’il ne réagisse qu’à moitié et aussi vivement m’oblige à continuer. Pour la première fois, je suis confronté, avec lui, à un véritable mur de mensonges et de mauvaise volonté. Il pourrait me parler et il le sait. La confiance qu’il me porte, portait ? Était-elle donc si mince ?

Je soupire, agacé, en colère comme jamais je ne l’ai été jusqu’à présent. C’est nouveau, et perturbant. Je ne suis pas celui de nous deux enclin à l’énervement. Mon monde est réellement en train de basculer. Il me repousse encore vivement mais la force de ses paroles, qu’elles soient vraies ou fausses ne m’atteint pas. Pour une fois, je serais aussi têtu qu’il peut l’être, si possible. Il me bouscule encore. Je ne réagis pas, tout ça me blesse malgré tout. Mon frère…
Mais ces dernières paroles mettent le feu aux poudres. Sa réaction me laisse avec un goût amer en bouche et si ça n’est pas de l’égoïsme, qu’est-ce que c’est ? Si je ne le connaissais pas si bien, je mettrais un mot sur son attitude, égoïsme.

J’étais prêt à abandonner, à faire demi-tour, mais quelque chose en moi m’en empêchait. Si mes mots ne le touchaient pas cette fois, peut-être qu’un reflet de ses propres actes marcheraient. Je me rapprochais et l’empoignais. Je ne savais peut-être pas me battre aussi bien que lui, mais au jeu de qui empoigne l’autre, j’avais fait mes preuves quand nous jouions étant enfant.

- Tu n’es qu’un crétin et si je ne te connaissais pas si bien, je te traiterais d’égoïste mais il y a quelque chose d’autre. Écoute-moi Louis ! Par tous les navires d’Ansemer, parle-moi aussi. Et si c’est dangereux, tant pis ! Je suis prêt à partager ça avec toi. Je resserre ma prise sur sa chemise. Je ne suis plus un enfant depuis longtemps déjà.

Je refuse de le lâcher, pas tant qu’il n’admettra pas que je suis capable d’encaisser la vérité et qu’il n’a pas à me protéger. Ça n’est pas son rôle et ça ne l’a jamais été. Être invisible aux yeux des autres m’indiffère mais pas invisible à ses yeux. Être considérer comme quantité négligeable ne me fait ni chaud ni froid, mais pas par lui. Je ne peux pas encaisser ça et si pour lui faire entendre raison, je dois employer ses méthodes et bien qu’à cela ne tienne, je le ferais. Pourvu qu’il m’écoute.
Nous deux, face à la mer, qui aurait cru que cela se produirait dans de pareilles circonstances…
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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Sam 23 Fév - 4:39

Aussi entêté l'un que l'autre. Pendant un instant, il croit avoir réussi à faire fuir son frère. Il n'en est pas fier, il est triste, en colère, mais il croit que c'est mieux. Ce l'est, même. Seul, sans aide, seulement nous deux pour vivre. N'est-ce pas l'idéal? Il croit vraiment que sa famille lui tourne le dos et qu'il pourra ainsi cesser de la mettre en danger sans le vouloir. Mais non. Non, parce qu'il revient à la charge, ce Laurent. Deux têtes de mule. Il revient et attrape mon humain. Mon écrin, par le collet – et il n'aime pas ça, mon Louis, il pose ses mains sur celles de l'autre, les serre. Il veut se battre. « Crétin toi-même, retourne dans les jupes de M'man et Freyja et FOUS-MOI LA PAIX BORDEL DE POULPE. » Il le repousse, l'entraîne vers le bord du quai, et le pousse. À l'eau. D'une ruade forte qui ne se termine pas comme prévu. Les mains du cadet ne lâchent pas Louis – NON – et nous tombons – NON – dans la – NON – mer.

Le froid. La morsure de l'eau. Une grande gorgée d'eau, je vais vomir, je vais mourir, elle me brûle, elle brûle ce corps, je dois sortir, je dois partir, je dois l'arrêter – arrêter mon écrin qui se débat sans lâcher le col de son frère, lui envoyant un coup au visage avant qu'une vague les sépare, nous sépare.

***

Tu craches de l'eau, tu te débats, et tu vois. Enfin, il voit. Tu ris, même, alors que ses mains lâchent ton frère et qu'il tente de se revenir s'accrocher au quai, pris d'une panique qui ne te ressemble aucunement. Une pure horreur qui se lit actuellement sur tes traits, alors que tes yeux affolés cherchent quelque chose pour se tenir. Et toi, ô toi, tu ris. Parce que la mer est ton élément, ta femme, ta maîtresse et que cette rage à l'encontre de ton frère se mêle à ton plaisir d'être ballotté par les vagues furieuses de Sombreciel, à celui aussi de sentir Chanteflamme souffrir, craindre, hurler à l'extérieur de toi – « LASSE-MOI SORTIR DE ÇA. » Et toi tu réponds, doucement, rageusement, délicieusement. « Non. »

***

Je pleure. Je vais mourir. L'eau. Partout. Qui éteint le feu. Mon feu. Je me débats, il se débat sans le faire, revient à son frère. « UN DRA-GON, UN DRA-GON QUI ME CONTRÔLE, VOILÀ, TU ES CONTENT? » Sa voix se perd dans le bruit des vagues et de l'eau, ses yeux aveugles cherchent son frère, dont il a retrouvé le bras, puis la chemise, un frère auquel il hurle sa rage, avec lequel il veut se battre – et moi je ne veux que sortir, parce que je me sens mourir.

***

Tu as mal autant que tu ris, tu aperçois la mer, à peine, il ne cesse de fermer les yeux, il a peur, il est faible, il craint, il attrape l'échelle du quai et tente de réussir, mais une vague le fauche. Oh, tu ris! Tu ris de ce regard affolé, terrorisé, de ce corps qui est le tien et n'agit pas du tout comme tu devrais, tout comme tu jalouses ces yeux qui n'osent même pas admirer la splendeur enragée de l'océan.

***

Il veut se battre. Hurler. Crier encore plus fort. « JE NE PEUX PAS L'EMPÊCHER, IL EST TOUT LE TEMPS LÀ, IL POURRAIT TE TUER ET JE NE POURRAIS RIEN Y FAIRE ET C'EST MA FAUTE. » Il sait. Il a raison. Je veux seulement sortir, pourtant, je veux seulement qu'il arrête de hurler dans la mer, qu'il sorte de l'eau.

Et finalement, je pars.

Je laisse son corps. Je le laisse seul. Seul avec sa cécité, mais sans moi pour tenter de sortir. De le contrôler. Je reviendrai quand il sera loin de la mer. Je ne peux pas. JE NE PEUX PAS LE SUPPORTER, J'AI SI MAL.

***

Il est parti.
Tu l'as senti. Comme une puissance qui te quittait, un souffle de peur et de colère.Tu es aveugle, tu ne vois rien, mais tu es bel et bien seul dans ton corps. Jamais vraiment dans ton esprit. Tes mains te sortent de l'eau par l'échelle et tu es à genou sur le quai, crachotant de l'eau. Elle est salée sur ta langue, presque délicieuse, et tu étouffes un rire. Ainsi donc, tu n'aimes pas l'eau, Chanteflamme? Tu n'aimes pas l'océan? Pourquoi choisir un marin, alors? Pour mieux le faire souffrir et te faire souffrir du même coup? Tu respires, tu as mal aux poumons. Tu ne regardes pas ton frère. Tu l'as dit, hurlé, craché, crié.
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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Sam 23 Fév - 7:24

Je ne pouvais pas en rester là, c'était hors de question. Lui et moi avions des choses à nous dire et il fallait qu'il parle. S'il pensait se débarrasser de moi, c'était raté, hors de question que je lui tourne le dos alors qu'il avait besoin de moi.
Je préfère de loin me saisir de lui, m'empoigner avec et même me battre s'il le faut mais je ne le laisserais pas. Il me traite de crétin, me dit de retourner dans les jupes de notre mère, je m'y attendais mais ça n'en reste pas moins dur à entendre. Il me repousse mais je ne me laisse pas écarter. Je glisse mais je ne tomberais pas seul, hors de question que je le lâche.

La mer de Sombreciel est bien différente de celle d'Ansemer... Froide, mouvementée. Je ne comprends pas bien ce qui se passe à travers le voile d'eau qui me recouvre les yeux mais mon frère ne réagit pas comme il le devrait. La mer, c'est son élément et là il... panique. Je fronce les sourcils, surnageant, ne cherchant pas à sortir. Je cherche à comprendre ce qui lui arrive.
Il finit par me le dire. Un dragon ? Bon sang ! Il n'est pas sérieux ? Ce qu'il vient de me dire me conforte dans mon idée. J'ai bien fait d'insister, de ne pas laisser tomber. Il me mentait bel et bien. Je continue à l'observer se débattre dans les flots, continuant de surnager. L'attitude de mon frère ressemble à celle d'un dément. Que lui arrive-t-il ? Et puis je comprends... Le Dragon. Sans doute n'apprécie-t-il pas la baignade à sa juste valeur. Ce serait logique. Je n'en suis pas sûr mais au cas où j'aurais raison, je n'interviens pas. Prendre un mauvais coup dans l'eau serait risqué et je ne suis pas certain que ce Dragon me sauverait la peau.
Ce qu'il dit ensuite me conforte dans mon idée, attendre, attendre de voir s'il s'en sort seul.

Je le vois enfin sortir de l'eau, je patiente un peu et je m'en vais le rejoindre. Cette eau est glaciale, je risque d'attraper la mort et lui aussi d'ailleurs. Il rit ou plutôt, ça y ressemble. Je pose ma main sur son épaule.

- Louis ? J'hésite, c'est normal. Je cherche son regard, je le rencontre, il ne me voit pas. Je soupire. Toujours aussi têtu... Allons nous réchauffer, j'ai ce qu'il faut pas loin, tu pourrais me raconter au lieu de vouloir me frapper cette fois que le plus gros est sorti.

Je n'espère qu'une chose, c'est que ce soit bien mon frère et pas le Dragon.
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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Sam 23 Fév - 16:22

Tu ris.

Tu éclates d'un rire qui te fait mal, un rire plein de sanglots, tes yeux aveugles fixés sur le bois du quai. Tu as froid, tu gèles, le vent souffle, l'eau vole et tu voudrais retourner te plonger dans la mer glacée de Sombreciel. Chanteflamme est parti, tu es seul. Seul avec ton frère trempé jusqu'aux os. Des larmes coulent sur tes joues, brûlantes, se mêlant à ton rire qui finit par se tarir alors que tu reprends ton souffle court, désordonné. Une baignade dans la mer de Sombreciel, ce n'était pas vraiment au programme du jour... mais ça fait du bien, mine de rien. Ça rafraîchit les esprits. Laurent te parle et tu lèves la tête, te dirigeant au son de sa voix, mais tu ne le vois évidemment pas. Il n'y a que Chanteflamme, qui peut voir, Chanteflamme qui te punit, qui te contrôle en te retirant ta vue, tes yeux, en ne te laissant que tes autres sens pour vivre, en te laissant dépendant, faible. Et pourtant, tu ne te laisses pas faire.

Un petit hochement de tête. Tu te relèves du sol en chancelant. Ton sac est encore accroché à ton épaule, tu devras faire sécher tes vêtements. Ton sabre ne s'est pas non plus détaché de ta taille – sa lame tu devras éponger à l'aveuglette, pour éviter la morsure du sel. « D'accord. » Et tu n'acceptes pas qu'il t'aide, cela dit. Tu te dégages et tu le suis au bruit, tout simplement. Il y a des limites à ta bonne foi, tout de même. Tu n'as pas tant changé, depuis un mois.

Vous arrivez à l'auberge où Laurent a pris chambre. Tu changes de chambre, toi, chaque jour, donnant chaque fois ton nom d'emprunt, toujours dans une nouvelle maison. Les maisons closes d'Euphoria sont toujours... divertissantes. Vous entrez sans rien dire et il te dirige, cette fois avec ton accord silencieux, jusqu'à sa chambre. Tu restes là, debout devant sa porte fermée derrière vous, l'eau dégouttant de tes boucles auburn, le long de tes tempes. Tu passes ta langue sur tes lèvres et goûtes le sel. Un goût rassurant. Ça te fait du bien. « Désolé. » Encore. Pour t'avoir traité de crétin et recommandé de retourner dans les jupes de votre mère. Tu ne le pensais pas. Ou peut-être un peu, mais pas vraiment. Pas tant que ça. Tu passes ta main dans tes cheveux et laisses tomber ton sac, puis sors ton sabre. « Tu as un linge sec et de l'eau? Je vais nettoyer ça. » Ce n'est peut-être pas une bonne idée de te parler pendant que tu manies une arme, mais au moins, ça t'occupera l'esprit.
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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Sam 23 Fév - 16:50

Il est un peu plus calme et moi, ma colère est retombée. L'eau m'a fait du bien et m'a calmé. Il fait froid pourtant et il serait temps pour vous de vous réchauffer. Je sais qu'il ne sert à rien de tenter de l'aider, il ne faut pas en rajouter, je le connais bien, je le connais même trop bien. Il refusera mon aide. Aussi quand il me donne son accord, je me relève et me mets en route, m'assurant qu'il me suive sans se tromper faisant peut-être un tout petit rien plus de bruits que je n'en ferais normalement.
Je l'aide à entrer dans la chambre que j'ai prise, j'ai moi-même pris un nom d'emprunt pour éviter les ennuis. Son excuse est bien suffisante, il ne faut pas en réclamer plus de sa part, ce serait trop lui demander.

- Laisse tomber va... Que dire d'autre ? Je ferme la porte à double tour et lui prend ce qu'il me réclame. Je dépose une bassine d'eau devant lui et un linge propre et sec dans sa main.

Je retire mes vêtements mouillés, en enfile des secs. Je n'ai pas grand chose pour me changer, j'ai embarqué le minimum comme me l'avait conseillé notre père. Je pose à côté de Louis des vêtements.

- Change-toi avant de tomber malade. Je réfléchis. Je marche sur des œufs avec lui, n'importe laquelle de mes questions peut le faire sortir d'ici furieux. Je choisis de commencer en douceur. Éviter le Dragon, éviter le sujet de Lisbeth et de son... leur enfant. Détourner la conversation avant de la ramener vers lui, une technique qui a fait ses preuves. Tu as sûrement pensé ce que tu m'as dit, rapport à maman... mais je ne risque pas de retourner dans ses jupes. Je suis cinglé de lui balancer ça comme ça. Non seulement parce qu'elle va me tuer pour avoir pris et la mer et les routes ensuite mais aussi parce que je vais partir pour Outrevent.

J'attrape une bouteille et nous sert deux verres, j'en ai besoin et lui aussi d'ailleurs. Je vais parler à mon frère de la femme que je compte épouser et qu'il ne connaît pas.

- Tu vas rire mais je vais aller m'entraîner au combat avec Eram. Je pose le verre près de lui. J'ai besoin d'apprendre à combattre, j'ai une belliférienne à aller enlever chez elle. Elle s'appelle Fleur, j'en suis fou et devine un peu la meilleure... elle est aussi défendue par cette brute d'Octavius !

Je finis par me prendre au jeu des confidences et je me surprends à rechercher l'approbation de mon frère. Voilà bien une chose que je n'avais pas prévue. Quoi qu'après réfléxion, je n'avais rien prévu de tout ça.


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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Sam 23 Fév - 21:33

Tu prends le chiffon et en mouille une partie pour nettoyer précautionneusement la lame de ton sabre, testant son fil de la pulpe de tes doigts. Une petite baignade n'est jamais bénéfique, pour les armes... quoique celles des marins sont plus résistantes aux aléas du temps. Tu dois te concentrer pour ne pas te couper. Tu t'es finalement assis sur une chaise, tu tournes la tête quand Laurent dépose des vêtements à côté de toi – tu doutes qu'ils te fassent, tu as une carrure plus imposante que ton cadet, mais l'attention est là. Tu poses ton sabre au sol et te lèves, te déshabillant sans aucune pudeur – tu es aveugle et tu ne penses pas une seconde que ton frère peut te voir, lui. Au pire il détournera les yeux. Tu passes le pantalon en premier, puis tu t'arrêtes avant de mettre la chemise pour écouter Laurent.
Il a pris la mer ? Et tu n'étais pas là ?
Tu accuses le coup et la déception, mais tu ne dis rien. Tu es content qu'il ait enfin... pris la mer. Avec ou sans toi. Qu'il soit parti pour de vrai. Ta mère s'est déjà fâchée contre toi, mais elle se fera une raison... épouser un marin pour penser enfanter des gamins enracinés au sol, c'est bien se faire des illusions. « Je ne le pensais pas vraiment. Tu as bien fait de partir. » Tu as marmonné, profitant du silence pendant qu'il vous verse quelque chose, réussis à passer la chemise. Trop serrée, comme tu le pensais, mais ce n'est pas si pire que cela. Ton entraînement estival t'a permis de ne pas perdre la forme, au moins. Ce te sera utile pour retourner en mer avant l'hiver – n'y pense même pas. Tu étrangles ton rire en entendant la voix boudeuse de Chanteflamme dans ton esprit – et tu ne peux finalement retenir ton éclat quand Laurent te révèle une des raisons de son départ.

Apprendre à combattre avec Eram... pour aller enlever une jeune Belliférienne, dont il est amoureux, chez elle.

Tu ris encore plus fort, t'appuyant contre le mur. Une Belliférienne ! À enlever chez elle ! Gardée entre autres par Octavius, le fiancé de votre cousine qui est probablement un croisement entre un Dragon enragé et un géant ! Laurent est vraiment tombé sur le bon numéro. Ton rire est tonitruant, communicatif, et lorsque tu finis par te calmer, tu ne peux t'empêcher de continuer à hoqueter. Laurent ne fait rien à moitié et nul doute que s'il a promis à cette demoiselle de l'enlever chez elle, il le fera. Tu te rassis et attrapes le verre posé près de la table, tu l'as d'ailleurs presque fait tomber, en prenant une gorgée avant de dire, le rire te chatouillant encore la gorge : « Ce gueux de Belliférien n'a pas de cesse de vouloir nous emmerder ! Faudra que je demande à Diana pourquoi elle a décidé que ce serait lui, exactement, qui serait son époux. » Tu pousses un soupir, presque découragé, et t'appuies contre le dossier de ta chaise, tes yeux aveugles fixés sur un point dans le vide. Tu devrais essorer tes vêtements et les étendre pour qu'ils sèchent un peu...
… plus tard.
Une autre petite gorgée de ton verre, que tu regardes par habitude, bien que tu ne puisses en évaluer le niveau d'alcool. « Eram sera un bon maître. Il n'est pas très patient, mais plus qu'oncle Marcus, et il a voyagé en Bellifère et en Erebor, il pourra t'aider à mieux appréhender tes adversaires. Avec un peu de chance, quelques Karshiens essayeront de prendre Rocnoir, pendant ton séjour là-bas, et tu pourras t'exercer. » Un clin d'oeil, habituel, même si tu ne vois rien, une pointe de sarcasme. « J'ai hâte de rencontrer cette petite qui te fait risquer ta vie pour elle. Tu l'as rencontrée comment, cette douce Fleur ? » Tu en oublies presque ce que tu as dit, plus tôt. Tu préfères parler de ton frère, de ses amours, rire.


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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Dim 24 Fév - 4:31

Je regarde Louis s'occuper de sa lame, j'aurais dû en faire autant et pourtant, j'attendais. Je ne pensais pas à ça, je pensais à beaucoup d'autres choses mais certainement pas à ça. Je le laisse se changer, me fichant de voir mon frère nu comme un ver. Ce sera un peu juste pour lui mais au moins ne tombera-t-il pas malade.
Je souris quand il me dit qu'il ne le pensais pas vraiment. S'il l'a dit, c'est que l'idée lui a traversé l'esprit.

- J'aurais de loin préféré prendre la mer avec toi cela dit. Ça n'était pas pareil.

J'avais entendu, Louis pouvait bien marmonner autant qu'il voulait, j'avais pris l'habitude de le décrypter. Mais quand je lui dis pourquoi je suis aussi parti, il éclate de rire. Je ne sais pas trop comment le prendre. La seule solution, attendre qu'il ait terminé de rire pour savoir s'il se paie ma tête ou s'il craque juste.
J'avoue quand même rechercher son soutien, son approbation. Je suppose que sa réponse est une forme d'approbation.

- Figure-toi que j'ai bien une petite idée de comment m'en débarrasser puisque ça ne sont pas ses oignons mais ça n'a rien de très loyal. J'ai quand même quelques scrupules... Mais j'avais promis à Fleur que je serais celui qui réussirait et je le ferais. Alors même si ma solution n'était pas très honorable...

Je n'avais pas besoin de quelqu'un de patient, j'aurais même été prêt à m'entraîner avec oncle Marcus et même tante Freyja pourvu que j'évolue vite et bien, assez pour défier les Acier-Chantant et enlever Fleur. Maintenant que j'avais quelques réponses concernant Louis, ça tournait dans ma tête. Et il me fait un clin d'œil le bougre, il se fiche de moi, je le savais. Pourtant, tu y vois là son intérêt.

- Le plus tôt possible j'espère, il ne manquerait plus qu'un autre parvienne à l'enlever à sa famille avant moi. Lui dire ou ne pas lui dire ? Après tout, je n'étais plus à ça près... Une lettre égarée. J'ignore comment elle m'est parvenue mais je lui ai répondu et depuis, nous nous écrivons dès que possible. Fleur Acier-Chantant, avoue que c'est beau... Enfin soit, je doute que maman apprécie que j'épouse une bourgeoise mais pour te dire la vérité, cette fois, elle n'aura pas son mot à dire. Je suis fou de cette fille Louis.

Il devait s'en douter, car pour que je désire apprendre à combattre et que j'aille enlever ma promise selon la coutume belliférienne, je devais en être fou. Mais elle était si douce et si forte à la fois. Capable de se mettre en valeur mais instruite. Dire que tout cela était arrivé grâce à une lettre perdue. Si seulement je savais comment c'était arrivé, j'en remercierais tout ceux qui avaient été responsable.
Je jette un regard à mon sac, ses lettres, toutes ses lettres y étant rangées dans une boîte. Un encombrement inutile mais tellement plaisant quand le moral baisse. Je suis un incorrigible romantique.

- Elle est intelligente, elle a du caractère, elle ne se laisse pas mener par le bout du nez. Et elle s'inquiète sincèrement pour moi.

Je ne désirais qu'une chose finalement à présent, pouvoir rapidement la retrouver. Je devinais dans ses lettres une attente de plus en plus douloureuse. Ça pouvait sembler étrange mais je me languissais véritablement d'elle.
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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Ven 30 Aoû - 18:42

Tu souris en entendant ton frère s'extasier sur celle qu'il considère déjà comme étant la femme de sa vie. Le hasard a joué en leur faveur et tu espères que le Destin voudra bien que Laurent réussisse à enlever Fleur de chez ses parents. Quelque chose que tu ne tenterais probablement pas toi-même, aussi imprudent peux-tu être par moment. Tu as déjà la tâche difficile d'être marié à une Outreventoise, il ne faudrait pas rajouter à cela. La pensée de Lisbeth te laisse de marbre – et cela te fâche d'autant plus. Ne devrais-tu pas éprouver le désespoir qu'elle soit loin de toi ? De la tendresse à la pensée de ses baisers, de ses caresses, de son rire ? Ne devrais-tu pas t'inquiéter de son sort, au lieu de seulement réfléchir à cet enfant qu'elle porte ? Tu fermes tes yeux aveugles, redonnant toute ton attention à Laurent. À Laurent qui te parle de la douceur de la Belliférienne de ses rêves, de sa force, de son intelligence. Qui effleure ses plans pour la dérober de façon plus ou moins honnête. Qui te mentionne qu'elle est une bourgeoise – tu hoches la tête pour approuver le fait que votre mère n'approuvera pas du tout ce mariage.
Il est si sincère. Si amoureux. Tu connais bien ton frère rêveur et romantique dans ses mots, tu n'as pas besoin de le voir pour imaginer son visage et l'expression dessus. « J'espère que tout ira pour le mieux. » Ta voix est douce, encourageante. Perdre un ou deux membres dans l'entreprise de cet enlèvement est une possibilité, mais bon... ça doit être plutôt bien vu, en Bellifère, d'avoir quelques judicieuses blessures de guerre. Ces brutes n'ont aucun savoir-vivre.

Vous discourez encore quelques instants sur Fleur, avant qu'un énième silence vienne s'installer entre vous. C'est à toi de parler et ta précédente décision de parler de Chanteflamme te semble soudainement si... tu ne peux pas. Tu le sens doucement revenir, reprendre ses aises dans ton corps, au fur et à mesure que l'eau sur toi sèche. Tu veux profiter de cet instant sans cette présence dans ton corps.

« J'ai été stupide, Laurent. Tu me diras que je ne réfléchis que peu, peu importe la situation, mais cette fois... » Plus que jamais. Tu mets ton visage entre tes mains, pour prendre ton souffle. Pour savoir quoi dire, comment dire. Pourquoi dire. Comment lui dire qu'il était tellement fâché contre Lisbeth, contre tout ce qui était arrivé, tellement désireux de bouger, de s'enfuir, qu'il avait accepté la proposition de Chanteflamme sans y penser ? Tu voulais voyager, sans penser, tu voulais tout quitter. Tu te retrouves finalement plus emprisonné que jamais. Prisonnier de ce Dragon maussade et buté. Prisonnier de toi-même, au final, dans le noir le plus total. Ta plus grande peur. Être comme ton père, cloué au sol. « J'ai accepté qu'un Dragon m'accompagne. Dans mon corps. Dans mon esprit. Il cherche quelque chose et il partira uniquement lorsqu'il l'aura trouvé. Le pire est que je ne sais même pas ce qu'il veut. Je ne pense pas qu'il le sait lui-même. Un faux rire. Un rire sans joie. Et pour ça... Un geste vague vers tes yeux aveugles. Nous avons eu un petit différend, au début de notre collaboration. »

Le silence est revenu. Lourd. Tu voudrais pleurer, mais tu ne peux pas. Tu finis ton verre d'une traite et te lèves, reprenant tes vêtements mouillés dans ta main. « Je dois partir. Il va bientôt revenir et je ne veux pas qu'il fasse quelque chose de mon corps que je ne désire pas. Je t'aime trop, mon frère, pour laisser cela arriver. Tu rajustes ton sabre, tes vêtements empruntés. Je reste encore un peu à Euphoria. Ensuite, je ne sais pas. J'irai où il voudra, je suppose. »

Tu veux être seul. Tu ne peux pas être accompagné. Toute personne pourrait être en danger. Et si Chanteflamme décidait de tuer, juste pour prouver qu'il en est capable ? Ce damné Dragon est capable de tout, ta cécité en est témoin. Ton frère peut comprendre. Il ne comprend sans doute pas pourquoi tu as accepté, mais il peut comprendre que tu regrettes. Des deux, tu n'as jamais été le plus malin. Pas le plus réfléchi, en tous cas. Tu  t'approches doucement de Laurent et ébouriffes ses boucles maladroitement, comme tu détestes tant qu'on le fasse à toi-même. « Promis. Je ferai attention à moi. Toi aussi, fais attention. J'ai le sentiment qu'une fratrie de Bellifériens en furie n'est que le cadet des problèmes qui peuvent t'attendre. »


Dernière édition par Louis de Brunante le Sam 21 Sep - 12:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: À quai inconnu   Ven 30 Aoû - 18:43

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