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 Je suis l'orage, et le feu du ciel.

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MessageSujet: Je suis l'orage, et le feu du ciel.   Dim 17 Fév - 10:44




8 octobre
Je suis l'orage, et le feu du ciel
Les humeurs cataclysmiques de la Vierge de Fer
  • Nom des participants : Avryn Mornoie, Hugues Hurlenfer
  • Statut du sujet : libre
  • Date : 8 octobre 802
  • Moment de la journée & météo : Petit matin, venteux et nuageux.
  • Saison 2, chapitre 1





Dernière édition par Avryn Mornoie le Lun 25 Fév - 3:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Je suis l'orage, et le feu du ciel.   Dim 17 Fév - 10:45

C'était l'aube, déjà, et le vent d'hiver s'engouffrait en sifflant dans entre les tuiles disjointes, et glissait ses doigts gourds et bleuis le long des rares fenêtres qui éclairaient l'endroit. Avryn poussa un long et profond soupir désapprobateur quand elle vit l'état de la salle d'armes qu'on lui avait indiquée. Elle avait toujours prit les cielsombrois pour des imbéciles mous et écervelés, trop occupés par leurs propres plaisirs pour avoir la moindre valeur, et ce qu'elle voyait depuis qu'elle était arrivée parmi eux ne faisait que la conforter dans ce sentiment. Comment un royaume espérait-il survivre sans guerriers dignes de ce nom? A croire que même la garde du palais ne s'entraînait qu'une fois l'an, et encore.
Au moins, elle était sûre que personne ne viendrait la déranger, ici.

Une fois passées ces considérations sur l'état du bâtiment, elle se rendit bien compte que cette salle n'existait que parce qu'il fallait bien avoir une salle d'armes quelque part, parce que c'était comme une tradition, quelque chose qui devait absolument faire partie de l'architecture d'un château ducal. Le fait que personne n'en ait l'utilité à part pour y élever des quantités faramineuses de rats, de poussière et de vers à bois ne semblait pas entrer en ligne de compte. Un jour, tout ça s'effondrerait, et personne ne verrait la différence. Triste, que tout cela, mais baste, Avryn n'était pas là pour se plaindre de la décadence militaire, et de la décadence tout court de son nouveau royaume de résidence.

Elle se hâta d'ouvrir grand les fenêtres pour dissiper la poussière et l'air vicié, et entassa quelques débris de bois, des planches et les restes d'un râtelier vide pour en faire quelque chose qui pourrait remplacer un mannequin d'entraînement et le poussa au milieu de la salle. Pas question de se laisser aller sous prétexte que l'équipement laissait franchement à désirer! Ayant pour une fois abandonné sa cotte de maille inutile, la jeune femme allait en chemise malgré la froideur du petit matin, à peine couvertue d'une tunique de cuir sans manches. Le temps était agréablement frais et venteux après les lourds mois de l'été brûlant de Lorgol, et elle resta un moment à la fenêtre, profitant du vent puissant qui venait de la mer avec des odeurs d'iode et de sel. Le soleil n'était qu'à peine levé, et depuis la vue qu'elle avait sur la mer, Avryn pouvait voir sa lumière envahir peu à peu le ciel semé de nuages vagabonds. Il n'y avait pas un bruit, hormis le grattement des rats et les grincement des poutres qui bruissaient dans les rafales comme un vieux gréément. L'endroit, avec son froid humide et la proximité de la mer lui rappelait ses terres et le trop lointain domaine de Tombeneige près des flots gris de l'océan.
L'heure précoce du jour était paisible, et ce calme impénétrable était un baume de glace sur le coeur d'Avryn qui rongeait sa colère depuis des jours.

Elle revint près de l'installation précaire qu'elle avait faite pour s'entrainer. Son épée fut sortie du fourreau dans un long chuintement qui fit courir un frisson le long de son échine; le son du métal lisse, tintant comme un cristal, était décidément la plus belle musique du monde. La lame jeta un feu soudain dans la pénombre de la salle; d'un geste, elle faucha l'air et s'écrasa dans l'empilement de morceaux de bois qui craquèrent et gémirent sous la force du coup porté.

La raison de cette colère? Oh, elle était toute simple.

Un deuxième coup, brutal comme la lame d'un bûcheron, s'abattit avec hargne.

Thibalt.

La fréquence des coups s'accéléra, et Avryn, le regard fixe, méthodique et implacable, frappait encore et encore.

Bien sûr qu'il était blessé, bien sûr qu'il souffrait de ce mal mystérieux qui lui ôtait le sommeil. Elle ne l'avait encore jamais vu dans un état pareil, et surtout, ne l'avait jamais connu si difficile à vivre. La fidèle, la loyale, l'honnête Avryn avait fait tout son possible pour lui venir en aide, mais elle supportait de moins en moins son humeur massacrante et ses récriminations incessantes. Elle ravalait sa colère chaque fois, elle restait la tête haute même quand il devenait manifeste à ses yeux que sa simple présence insupportait Thibalt. Mais il y avait des choses que son orgueil avait de plus en plus de mal à supporter.

La lame était maniée avec une dextérité pleine de force et c'était comme voir un ouragan à l'oeuvre, avec cette même froideur destructrice, un orage déchaîné.

Elle ne pouvait que comprendre. Il y avait cette insupportable faiblesse, et l'impuissance, et le fait d'avoir perdu celle qui lui était si chère, avec leur reine et duchesse. C'était peut-être cela le pire, de savoir qu'elle ne pouvait même pas lui en vouloir, tant la colère de Thibalt, contre elle et contre le monde entier, était des plus justifiées. Elle était partie à l'aube, sans bruit. Trouver un exhutoire pour ne pas rajouter à ce qu'il devait endurer le fardeau de sa rancoeur et de sa vexation. Mais malgré tout, un sentiment terrible l'avait étreinte à mesure que les jours étaient passés: il s'éloignait. Elle ne reconnaissait plus l'homme avec lequel elle avait fait ses premières armes, celui qu'elle avait connu si jeune encore, et l'homme qu'elle côtoyait ces jours-ci n'avait plus grand chose à avoir avec le seigneur qu'elle avait connu. La vérité était qu'elle n'était plus apte à comprendre ce qui lui arrivait, et par là même, elle ne pouvait rien pour lui. D'ailleurs, en voulait-il seulement?

Ces pensées semblèrent faire monter sa rage d'un cran et avec une hargne méthodique, elle acheva de faire du petit bois avec ce qu'elle avait entassé pour se défouler. Ses traits s'étaient figés dans ce masque terrible de glace et de pierre qui trahissaient sa fureur; dans le silence, on n'entendait que le bruit du métal contre le bois, et un grondement qui lui venait du fond des entrailles. Finalement, haletante, relevant ses cheveux blonds qui retombaient sur son visage, Avryn contempla le désastre qu'elle avait causé. D'une manière ou d'une autre, elle sentait au fond d'elle qu'elle avait déjà perdu Thibalt.
D'un geste sec, elle rangea son épée dans son fourreau et s'étira longuement. Elle se sentait déjà mieux, malgré l'amertume qui lui noyait le coeur et l'esprit. Ainsi allaient les choses, et il n'était pas question qu'elle se laisse abattre par cela.

Faisant volte-face, elle s'aperçut enfin qu'elle n'était pas seule. La jeune femme haussa un sourcil, comme si de rien n'était, et salua avec cette rigueur militaire qui était la sienne en toutes circonstances.
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MessageSujet: Re: Je suis l'orage, et le feu du ciel.   Jeu 21 Fév - 15:56

Euphoria...Depuis le temps qu'il rêvait de pouvoir revenir enfin dans la contrée qui l'avait vu naître...Hugues ne s'était pas douté que ce serait dans de telles circonstances qu'il pourrait revenir ici. Et pourtant, il avait l'impression de ne pas être tout à fait chez lui. Sans Hélène, les choses semblaient vraiment différentes. Il devrait s'y habituer. Tout comme il devrait s'habituer à ne plus vivre au château, en servant scrupuleusement son maître et empereur...Que de changements dans sa vie, et dire qu'il y a quelques années encore, il n'était qu'un espion parmi d'autres, sans pouvoir, sans dragon, sans obligation...La vie était beaucoup plus simple pour lui en ce temps-là.

Mais, il était heureux d'être rentré à Euphoria, de retrouver ce froid, cette ville, ces coutumes...Il avait voulu se lever tôt, avant le levé du jour pour être exact en fait, retrouver sa ville, réapprendre à connaitre cette ville. Il arpentait les rues comme il l'avait fait jadis, quand il n'était qu'un jeune homme. Les rues lui étaient encore si familières qu'il ne se perdit même pas en arpentant la ville. Le froid vivifiant le réconfortait presque, il avait toujours détesté le temps trop chaud que la capitale subissait chaque été, l'air y était étouffant et il détestait cette canicule qui le faisait suer. La neige et le blizzard étaient bien plus appréciables qu'un soleil brûlant. Le soleil commençait lentement à colorer le ciel alors que le calme régnait dans les rues où l'ancien héraut passait.

Un jeune garçon, encore un enfant, passa en courant, bousculant Hugues au passage. Cependant, l'homme était plus malin que cela, à peine eut-il senti le contact du garçon qu'il tendit le bras pour lui attraper le col. Le gamin aurait sans doute réussi à voler sa bourse si il ne s'était pas attaqué à un espion qui avait longtemps pratiqué le vol à la tire, tout comme lui. Pas pour les mêmes raisons cela dit. Il s'accroupit devant le garçon, le tenant toujours fermement par le col, pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas intérêt à filer comme ça. Reprenant sa bourse, il compta rapidement combien il y avait de pièces en sa possession. Il en sortit quelques unes pour les mettre dans la main du gamin, une bonne action ne ferait de mal à personne, surtout pas à ce gamin. Depuis quand était-il aussi...gentil ? Il l'avait toujours été, il avait juste mis ses talents au service d'une cause qui n'en valait peut-être pas la peine.

Il reprit ses tribulations, la conscience un peu plus tranquille qu'à l'accoutumée. Il aimait le calme des rues, les boutiques qui commençaient à ouvrir, les petites étales des marchés qui se montaient et...les bruits de combat qui lui parvenaient. Enfin de combat...Il entendait des chocs sourds, des bruits métalliques et des râles de femme semblait-il. Il approcha d'un pas décidé du lieu d'où provenait tout ce vacarme. C'était une vieille bâtisse qui était presque sur le point de s'écrouler. Quand il faisait autrefois parti de la population de la ville, il n'avait jamais été porté sur l'entrainement martial. Il n'y connaissait donc rien mais voyait très bien par la fenêtre que cette jeune femme s'en prenait avec beaucoup de rage à un tas d'objets inutiles et pourris. Elle le réduisait en copeaux à grands coups de lame, faisant un bruit monstrueux en ce petit matin...

Hugues aurait pu passer son chemin, ne pas s'attarder devant cette jeune femme. Mais outre le fait que ce soit une femme qui se batte de la sorte, il était aussi curieux de savoir pourquoi elle semblait aussi enragée. C'était dans la nature du héraut de vouloir apprendre des choses sur les gens, il avait longtemps comploté et chercher des informations. Il entra dans l'espèce de ruine, craignant que quelque chose lui tombe sur le coin du nez, vu l'état des poutres, ça ne lui paraitrait pas étonnant...Les coups avaient cessé et la dame était tournée vers lui, le saluant, ce à quoi il ne s'était pas vraiment attendu venant d'une femme qui luttait contre des morceaux de bois empilés au milieu d'une pièce. Il pencha légèrement le buste vers elle pour la saluer à son tour.


- Bien le bonjour, que fait une dame dans cette ruine aussi tôt le matin ? Il est déjà étonnant de voir quelqu'un dans un pareil endroit, mais alors une gente dame. Mais veuillez pardonner ma curiosité, je pose trop de questions...

Hugues sourit à la dame, s'approchant un peu pour regarder le mobilier pourri. Il était passablement dégouté par ce bois en putréfaction, tout comme par l'odeur de renfermé et les petits bruits de rongeurs dans les débris. Il avait toujours eu en horreur la saleté, il était peut-être un tantinet trop maniaque...Pourquoi donc avait-on laissé un endroit dans cet état-là ? Hugues ne se rappelait même pas l'existence d'une salle d'armes dans la ville, il ne pouvait donc pas savoir qu'il s'y trouvait en ce moment même. Ce genre de joute n'était pas du tout son fort, il préférait les combats oraux, les mots étaient parfois bien plus mortels que les lames, il l'avait appris dans ses longues journées au château d'Augustus...
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MessageSujet: Re: Je suis l'orage, et le feu du ciel.   Lun 25 Fév - 11:18

Sans un mot, Avryn dévisagea l'inconnu de ses yeux bleus et glacés. Elle se tenait très droite, immobile comme une statue de sel, et toute aussi pâle dans la froidure du jour. Seul son souffle précipité qui gonflait sa maigre poitrine sous la brogne de cuir laissait deviner quelque signe de vie sous cette façade impénétrable, auréolée d'une colère muette, presque aussi tangible que le souffle de la bise marine. Si elle n'était pas diplomate, et certainement pas accoutumée aux intrigues de cour et à leurs subtilités, Avryn avait en revanche un sens très aigu de la hiérarchie et savait bien, chaque fois, rester à sa place; c'était bien cela qui l'avait d'ailleurs poussée sur les traces de Thibalt, mais enfin, c'était une autre histoire. L'homme était plutôt élégant, et assez âgé mais conservait une grande prestance, mais fit mauvaise impression auprès de la jeune femme; suave et discret, trop soigné et bien mis sur lui pour être honnête. Peut-être un Cielsombrois, mais l'on n'était plus sûr de rien avec tous ceux qui étaient venus de Lorgol après la chute. Il n'y avait pas gros à parier qu'il occupait ici ou ailleurs un rang bien supérieur à celui de la dame de Tombeneige, qui soutint son regard un instant sans ciller.

Elle eut un sourire sans joie, qui glissa sur ses lèvres minces comme un reflet sur la lame d'un couteau.

-Je m'adonne à quelque chose qui ne semble avoir guère cours par ici, au vu de l'état de cet endroit.


Ce disant, elle essaya de garder pour elle le mépris souverain qu'elle professait pour toute personne incapable de tenir une arme, et pour les cielsombrois en particulier. L'étranger semblait rentrer dans une catégorie proche; ses yeux se posèrent brièvement sur les mains de l'homme, et elle eut un très bref sourire sarcastique.

-Mais je devine que ce n'est pas pour la même chose que moi que vous êtes ici, monseigneur.

Oh, l'impertinence avait du mal à rester embusquée dans son regard bleu sombre; ses yeux de glace le fixaient sans indulgence, sans la moindre chaleur, aussi. Froide, elle l'était définitivement jusqu'à l'os, même dans sa colère qui irradiait littéralement d'elle, alors que sa respiration se calmait peu à peu. Elle avait posé la main sur le manche de son épée, comme si elle n'attendait que son départ pour reprendre ses exercices et réduire encore quelque chose à l'état de petit bois pour calmer un peu ses nerfs. La diversion opérée par cet homme était pourtant bienvenue, et la distrayait un peu de ses pensées amères; elles étaient encore là, insidieuses comme des serpents crachant leur venin, empoisonnant son esprit de certitudes affreuses sur elle-même et sur celui à qui elle avait un jour juré fidélité.

Il n'avait décidément rien d'un guerrier. Plus elle l'observait, plus cela devenait flagrant et plus son mépris grandissait. Un ces parasitiques reptiles parfumés qui préféraient louer la bravoure des autres plutôt que de se salir les mains, toujours en arrière garde, jamais au premier rang. C'était des gens comme lui qui utilisaient les gens comme elle; comme des pions, comme des objets. Mais c'était la destinée qu'elle avait choisie en suivant Thibalt sur le chemin de l'exil; malgré sa colère contre lui, malgré tout, elle n'imaginait plus d'autre existence que celle-là, même si cela l'avait privée de sa liberté. Il fallait bien des gens comme lui pour comprendre les rouages du monde; Avryn se savait bien trop peu subtile et peu éduquée pour cela. Chacun à sa place, après tout, et elle, de préférence au combat. C'était face à ce genre de personnages que la jeune femme se souvenait qu'à la toute fin, elle n'était toujours qu'une simple mercenaire, de petite noblesse, de peu d'esprit, petite dame d'un petit domaine lointain. Le monde était bien trop vaste, bien trop complexe. Mieux valait laisser cela à d'autres.

Finalement, elle eut un autre de ses sourires en lame de couteau, et reprit:

-Cette salle eut-elle disposé d'un équipement adéquat, je vous aurais volontiers proposé quelques passes d'armes, que vous n'ayez pas fait le chemin ici pour rien. Mais hélas, je ne vois ici d'autre lame que la mienne.
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