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 Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.

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MessageSujet: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Jeu 21 Fév - 15:21


Fleur

Acier-Chantant




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ft. Gabriella Wilde


2 février 779

à Port-Bravoure

23

de Bellifère

à Augustus

issue de la riche bourgeoisie

Témoin


Tu étais tranquillement assise dans ta chambre, à lire une de tes précieuses lettres, quand tu entendis du raffut qui provenait indéniablement de l’intérieur de la maison. Des bruits d’épée, d’os qui craquent, et probablement de meubles cassés. Ton cœur s’emballe, un instant… Et si c’était Laurent, s’il était enfin venu ? Tu sors, précipitamment, peu rassurée par les bruits que tu entends. Pas que tu n’aies pas confiance en lui, mais tu connais tes protecteurs, et tu sais qu’ils n’y vont pas de main morte. Il en va de l’honneur de la famille, après tout, de l’honneur de leur sœur tant aimée, aussi, qui ne mérite qu’un des plus valeureux combattants.

La première chose que tu vois, alors que tu sors de ta chambre, est Octavius, sur le sol, assommé. Un sourire orne tes lèvres, victorieux, fière que cette brute ait été mise au tapis. Ce prétendant pourrait bel et bien te plaire, finalement… s’il parvenait à vaincre tes frères. Si seulement il s’agissait de Laurent… Tu ne le vois pas, toutefois, dans la frénésie des coups échangés, tu ne peux distinguer son visage, tout au plus une silhouette.

Involontairement, tu frémis, en voyant l’épée de ton aîné se diriger vers sa hanche, atteindre son but, laissant le sang couler abondamment. Tu as toujours apprécié la grâce des combats, mais dans l’espace confiné de ta maison, la liberté de mouvements n’est pas là, et ça n’est qu’une lutte barbare pour asseoir sa domination, à laquelle tu assistes. Tu n’es même pas sûre que la protection de ton honneur entre totalement en compte, quand tes frères sont pris dans la frénésie du combat.

Mais cela t’est égal, actuellement. Qu’importent leurs motivations ? Ton cœur bat avec affolement, à l’idée que ça soit Laurent, en bas, clairement en train de perdre. Il est ton dernier espoir, ta dernière chance d’échapper à ta vie, et tu ne sais pas comment tu survivras à son échec. Ne te marierais-tu donc jamais ? Tu soupires, et tu peux enfin voir le visage de ton prétendant, alors qu’il repousse ton frère, avant de se prendre un poing du second : à la guerre comme à la guerre, pas de pitié.

Te voilà soulagée : au moins ça n’est pas Laurent. Rien qu’une canaille que tu avais éconduite, lorsqu’elle avait cherché à passer sa main sous tes affublements, et qui croyait pouvoir te posséder en t’enlevant chez toi. Tout espoir, bien que grandement diminué, n’est donc pas supprimé. Tu te surprends même à sourire, rassurée que le jouvenceau qui vient d’être écarté sans délicatesse n’ait pas réussi : supporterais-tu réellement de te soumettre à un autre que Laurent, maintenant que tu as fait sa connaissance ? Tu le ferais, sans nul doute – quels arguments pourrais-tu avancer pour refuser la main de celui qui a bravé Octavius, ce sottard, et qui a réussi à surpasser tes frères et ton père ? Aucun, qui ne serait recevable. Et tu partirais d’une prison vers une autre, auprès d’un mari qui ne te comprend pas, et ne cherchera probablement pas à le faire.

Alors oui, tu es égoïstement rassurée, même si tu restes sceptique quant à la venue de Laurent. Tant que tu n’es pas mariée à un autre, tu peux continuer à espérer, et c’est bien l’essentiel. Peu importe combien tu te mens, au fond de toi, tu sais que tu ne veux plus que lui, et que tes protecteurs pourraient humilier 100, 1 000, 10 000 personnes, tant qu’il n’avait pas essayé, tu cultiverais secrètement cet espoir qu’il vienne et que vous soyez heureux et mariés.

Je vous arrête de suite : n’allez pas croire que parce que je m’appelle Fleur, je suis délicate, ou que vous pouvez me cueillir facilement. Je ne suis pas une faible femme qui ne vit que pour prendre époux. C’est sur, je ne serai pas contre, mais je suis plus que ça. Laissez moi vous conter mon histoire, passants d’un soir dans mon modeste bourg.

Je ne serai rien, ma famille ne serait rien, sans le talent de Ferdinand Acier-Chantant, mon ancêtre. Les guerriers ne seraient rien sans lui. Sans lame, un guerrier ne peut se battre convenablement. Sans Ferdinand, point de transmission de père en fils du métier du forgeron, et point de fines lames comme celles de notre famille. Que viens-je faire là-dedans ? Eh bien, j’ai vu le jour entourée de deux frères, deux brutes épaisses quand ils s’y mettent, si vous voulez mon avis. Ne vous y méprenez, j’aime mes frères, et j’aime l’importance qu’ils accordent à nos coutumes Bellifériennes, mais ils ne sont tout de même pas obligés de défigurer tous mes soupirants… Mais je reviendrai à ça, je m’égare.

Je disais donc. Je suis une fille Acier-Chantant. Evidemment, je n’ai pas eu le droit d’apprendre à forger : j’aurai bien voulu, pourtant. Le travail des lames a l’air fascinant. Je crois que si je trouve mari, ou si mon mari me trouve, plutôt, je lui demanderai à apprendre. J’ai souvent observé mon père apprendre à mes frères, n’en déplaise à ma mère. A distance respectueuse, évidemment, et en prenant garde de ne pas être vue, sinon je me serai fait expulser rapidement. Leur travail semble tellement minutieux et gracieux…

Mais ne leur dites pas que j’ai dit cela, si le résultat qu’ils veulent est plein de grâce, en plus de puissance, ils ne tolèreront pas d’être qualifiés eux-mêmes des qualités qu’ils donnent à leurs lames. Pourtant, ils le sont : ils allient la puissance, presque brutale, à une grâce féminine. Bon, je ne nie pas que cette grâce ne soit pas flagrante, quand il s’agit d’évincer un prétendant à ma main, leurs mouvements étant restreints par l’étroitesse des lieux et la difficulté d’évoluer à quatre dans un même espace en ayant la même cible, mais vous les verriez dans un réel combat, un contre un, que vous ne pourriez détacher les yeux de ce ballet. Enfin, si vous êtes une demoiselle et non formée à l’art de la bataille… Il ne fait aucun doute qu’un habitué des combats ne verrait pas la grâce qui s’en dégage, mais les coups portés, les feintes, les attaques, les défenses.

Ce sont eux qui y perdent. Il y a une étrange alchimie, dans un combat, difficilement observable, mais fascinante. Oh, évidemment, je ne nie pas que la plupart de ces dames s’évanouiraient, en voyant ces coups, entendant la douleur, remarquant le sang qui coule, mais c’est un pantomime, pour mieux se faire consoler par le preux chevalier, nous le savons toutes. C’est une convention entre femmes, de ne pas dévoiler cela. C’est pour cela que l’on voit souvent d’un mauvais œil ma fascination. Elle dérange. J’ai déjà entendu dire que j’étais prompte à apporter le malheur à cause d’elle… Une fois, pas deux, cela dit. Leur opinion ne m’importe guère, si elles ne savent pas apprécier cette danse entre deux guerriers, tant pis pour elles, mais qu’on ne m’empêche nullement d’en profiter. Je ne me laisserai certainement pas rabaisser par des commérages de pleutres. Et croyez moi, elles ne recommenceront pas de sitôt à dire cela, ou alors en faisant bien attention que je sois à des milles de pouvoir les faire taire. Mais je diverge à nouveau.

Je suis donc née le deux février sept cent soixante dix neuf, à Port-Bravoure, dans une fratrie de trois, bien plus fille de mon père que de ma mère, mais seule fille évidemment, et donc petite princesse de ma mère. Qui m’a donné ce prénom délicat, qui, si vous voulez mon avis, ne me sied guère. Bien sûr, je suis bien élevée, même si je ne suis pas une noble, et je n’en ai rien dit. A ma mère, du moins, mais ne vous avisez pas de me charrier sur mon prénom… A vos risques et périls. J’ai appris à me tenir, à avoir de belles manières, dignes d’une noble. Je me comporte dignement, m’habille aussi bien que mon rang me le permet – il n’est nullement question de m’habiller de manière plus riche, un manquement pareil serait scandaleux, je serai la risée de tous, la gueuse qui se prend pour plus qu’elle n’est et avant tout une arriviste. Je ne me prendrais pas pour ce que je ne suis pas, je suis fière d’être celle que je suis, n’en déplaise à qui que ce soit. En plus de mon beau parler et de mes vêtements raffinés, je fais preuve de belles manières.

Vous ai-je dit qu’elle avait engagé un précepteur, pour m’apprendre ? Au cas-où cela vous surprendrait, ça n’est pas commun chez les jeunes filles issues de la bourgeoisie comme moi. C’est un luxe auquel beaucoup ne peuvent prétendre. Je ne le regrette pas, j’en suis à même plutôt satisfaite. Sans cet enseignement, je ne parlerai pas aussi bien, je ne manierai pas les mots à ma guise… Et cela m’a servi, me sert encore, pour bien des choses. Mais je vous le raconterai ultérieurement.

Ce ne sont toutefois pas ces apprentissages dont je me souviens le plus, dans mon enfance. Oh non. Il était bien plus drôle d’arpenter les rues de mon village en compagnie de Perle, de faire taire les garçons, impressionnés par ma verve. Il était bien plus drôle de me cacher dans un recoin sombre, et de rire sous cape quand on ne me trouvait pas. Il était bien plus drôle de monter aux arbres, bien que je ne l’aie pas fait souvent de crainte que l’on ne m’en fasse passer l’envie avec une punition adaptée. J’étais encore sacrément impressionnée par mon père, à cette époque, et il ne faisait aucun doute qu’il ne me laisserait pas entièrement agir comme un garçon manqué, par respect des désirs profonds de ma mère. Et puis, il avait ses garçons, elle avait le droit à sa fille, dans l’esprit de mon père, je pense. Mais ça ne m’a pas empêchée de beaucoup m’amuser, ni d’obéir à ma mère et d’être parfaitement éduquée, entre deux bêtises.

Enfin, n’allez pas croire que j’étais une tornade, j’étais parfaitement sage, et innocente. Je faisais toujours calmement ce qu’on me disait. Seulement parfois, le garçon qui sommeille en moi se réveillait, et il m’emmenait courir à la poursuite d’autres garçons. Vous voyez bien, je n’y étais pour rien, quelqu’un était emprisonné dans mon corps et avait besoin de se dépenser. Qui étais-je, pour le lui refuser ? Je faisais donc cela contrainte et forcée, n’en déplaise à mes parents que cela dépassait et qui ne comprenaient pas.

Et ne vous avisez pas de dire qu’il s’agit d’une invention fantasque de ma part, d’une fabulation, uniquement destinée à justifier cette envie de liberté bien vivante en moi, presque envoutante, entêtante, dévorante, il n’en est rien. Ou si peu. Mais qui ne rêverait pas de découvrir le monde et ses trésors ? De voir par soi-même la magie qui y circule – je ne parle pas de la magie enseignée aux vrais mages, je n’en ai cure, mais de celle qui fait pousser les fleurs, qui fait rire les enfants, qui fait couler les rivières, qui fait pleurer les nuages et qui fait briller le soleil. Celle qui nous fait vivre au milieu de merveilles, tout simplement. Mais revenons à ce que je vous disais précédemment, je sens que je vous perds quelque peu.

Je crois que ma mère espère que je fasse un mariage au-dessus de mon rang. Soyons clairs : quand bien même un noble voudrait de moi, petite bourgeoise, il ne passerait pas le barrage causé par mon père, mes frères et leur gueux d’ami, Octavius. Je ne sais pas de quel droit il se permet de défendre mon honneur, ce mécréant, alors que ses regards trahissent tout ce qu’il pense de ma vertu et de mes formes. Il n’est pas le premier, qu’on se le dise. Mais si ma famille et l’intrus qui s’y joint lors de pareilles circonstances ne s’en mêlaient pas, je me défendrai bien assez toute seule. Nulle arme pour moi, tout juste ma dague bien que je ne l’ai jamais utilisée réellement même si je sais m’en servir, rien que des mots.

Mais ne sous-estimez pas le pouvoir des mots. Je ne suis pas connue pour me taire, et peu sont ceux qui me tiennent tête, dans notre bourg. Je suis raffinée, oui, mais affirmée. J’ai été éduquée dignement et convenablement, autant que peut se faire, par ma mère, et elle m’a envoyée auprès d’Harmonie Viremont de Bellifère, pour que je sois sa servante, et que je perfectionne mon éducation. Mes belles manières, douces mais assurées, dignes, ont toujours surpris là-bas, et je ne fais qu’une avec le décor, dans ces lieux, maintenant, comme si j’y avais toujours été. Je ne suis, n’étais peut-être, pas habituée à fréquenter d’aussi jolies dames, mais c’est comme une seconde maison pour moi, maintenant. Je ne le nierai pas : il est agréable de pouvoir m’évader de chez moi, de mon univers majoritairement masculin, et des ambitions démesurées de ma mère.

Comme je vous l’ai dit, je suis persuadée qu’elle veut me voir bien mariée, comme elle le fut. Je ne devrais pas être injuste comme cela envers ses convictions, mais plus les années passent, et moins j’y crois. Ne vous méprenez pas pour autant : j’aime profondément ma mère, nos opinions sont incompatibles mais mon affection n’en est en rien diminuée. De même, j’apprécie beaucoup mon père et mes frères, ainsi que leur compagnie. Mais il est agréable, quand je ne suis pas chez eux, de ne plus être la petite dernière et unique fille d’une famille qui attache plus qu’à tout autre chose une importance démesurée aux coutumes Bellifériennes.

Je pense que si mon père ne s’y était pas farouchement opposé, je me serai trouvée à Lorgol, lors de la chute de Dragonvale. Après tout, ma famille soutient Augustus Poing-d’Acier de Bellifère depuis toujours, alors quel meilleur endroit que sa cour, pour me trouver un mari digne de moi, digne de nos convictions ? Evidemment, je n’avais pas le rang pour y aller ainsi, je n’étais pas fille de noble, et ma mère avait surestimé notre position en supposant que je puisse y aller et trouver mari. D’autant que ce serait bafouer nos traditions, que de m’offrir ainsi, sans que l’on ne vienne m’acquérir dignement, avec bravoure et force – que j’approuve ou non ces traditions, elles sont importantes pour ma famille, et par conséquent pour moi. Il est hors de question que je m’abaisse à quérir un époux, aux yeux de mon père, à ceux de mes frères, et quelque peu aux miens. Je suis une Belliférienne, mordiable, pas une femme désespérée qui cherche à tout prix à faire alliance !

Ma mère souhaite surement en secret que je rejoigne la cour de notre récent Roi, espérant qu’Harmonie Viremont de Bellifère s’y rende et m’amène avec elle, mais je n’ose y croire. Je ne le veux, par ailleurs, pas. Il serait logique qu’elle le fasse, cela ne surprendrait personne, mais je n’en ai nullement le désir. J’ai entendu tout ce qui se disait sur le Roi, le fait qu’il soit un tyran, sur la rébellion qui s’est mise en place contre lui… qui n’aurait pas su tout cela ? Je ne sais qu’en penser, toutefois. Ma famille lui est fidèle, et pourtant loin d’être simple d’esprit. Qui suis-je pour remettre cela en cause ? Ils ont d’excellentes raisons, et je ne peux qu’y adhérer. Cela ne me rend, toutefois, pas désireuse de l’épouser, ou d’épouser un des bellâtres sans cervelle à ses pieds. Être loyale à quelqu’un ne me rend pas éperdue d’amour pour lui, l’un peut aller sans l’autre, et je dirai même que l’un doit aller sans l’autre. Que serait la loyauté, si elle était teintée d’une émotion aussi peu rationnelle, qui ne laisse que peu de place à l’objectivité ? Un leurre, rien de plus, probablement un pantomime au même titre que les comédies auxquelles succombent les femmes de la cour. Ca n’est qu’indigne de moi.

Je suis peut-être, surement, injuste, mais je n’ai nulle intention de vivre enchaînée à un homme qui ne sera pas à ma hauteur, tant par son intelligence que par sa vivacité. Fusse-t-il noble, seigneur, héritier, duc, roi, ou un quelconque autre titre. Et en étant tout à fait sincère, je ne suis pas une proie suffisamment attirante pour eux : des titres de noblesse ? Je n’en ai pas. Et ne croyez pas que je le regrette : si ma famille a atteint la position sociale qu’elle occupe, ça n’est que grâce à son dur labeur et à son talent, pas à un quelconque droit du sang. J’ai plus de noblesse que tous ces gens qui pavanent à la cour. Je saurai subvenir à mes besoins, si la force des choses m’y amenait, contrairement à beaucoup de nobles. Ca ne serait probablement pas aisé, mais je ne serai point en peine. Je sais, je sens, que je réussirai à surpasser la plupart des convictions arriérées sur la place des femmes, et à en occuper une toute aussi importante qu’un homme, même si je ne suis pas mariée.

N’en déplaise à certains de voir une femme prendre des initiatives. Et si je devais entreprendre une telle chose, je ne laisserai rien au hasard. Je saurai comment exploiter convenablement mes talents, à quel endroit et à quel moment, pour en tirer le plus de bénéfice. Ne vous méprenez pas : jamais je ne vendrai mon corps. Hors de question que je donne à qui que ce soit l’occasion de me jeter l’opprobre, ou que je perde ma dignité, que je perde toute estime que je puisse avoir. Je ne suis pas une fille de petite vertu, j’ai des principes, et je ne les bafouerai pas. La jeune femme fit une pause, prit une grande inspiration, et reprit la parole avec des propos quelques peu amers. Ce ne sont de toute façon que des hypothèses enfantines, d’un futur délicieusement réconfortant, mais guère réaliste. Je ne quitterai jamais ma famille, je le sais. Je l’ai toujours su. Alors pourquoi cette voix, cette tentation, se fait entendre au fond de mon cœur, au fond de mon esprit ? Je n’aurai jamais cru dire une chose comme cela, mais…

J’envie Perle, ma chère amie, d’être partie, d’avoir su être suffisamment courageuse pour passer à l’action… mais je n’oserai jamais faire de même. Et elle n’était pas, pour autant, dans la même situation que moi. Les attaches qui la retenaient étaient, je pense, moindres. Comment pourrais-je partir, abandonner mon père, mes frères, ma mère, déshonorer ainsi mon nom ? Car tout le monde sait ce que l’on penserait de moi, si je venais à m’enfuir. Et je ne serai pas partie depuis plus de deux heures, que je me ferai ramener en vitesse chez moi. Deux frères trop protecteurs, qui démolissent à tour de rôle mes soupirants, me laisser partir ? Vous n’y pensez pas. Je suis dans une impasse, et je crains n’être que la servante d’Harmonie Viremont de Bellifère jusqu’à ce que je ne puisse plus la servir convenablement. Et pourtant…

Un soupir dépité et rêveur à la fois, plein d’espérance, s’échappa de la bouche de la jeune femme, qui regardait d’un air vague à l’extérieur, un bref sourire sur les lèvres.

Et pourtant, alors que je n’y croyais plus, j’ai rencontré par hasard quelqu’un… Enfin, rencontré n’est pas le terme exact. Une de mes lettres s’est égarée, par une circonstance qui me dépasse. Mais je ne bénirai nul jour plus que celui-ci. Ne me demandez pas pourquoi il l’a ouverte, alors qu’elle ne lui était pas adressée, je n’en ai aucune idée. Mais tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il a bien fait. On s’échange, depuis quelques temps, de longues et belles lettres. Je ne l’ai jamais vu, mais je suis conquise par sa plume, et sa sensibilité. Je sais que ça fait très fleur bleue, tout ce que je déteste, mais je crois que je suis tombée dans le piège, au fur et à mesure qu’il se livrait, qu’il me racontait sa vie… Que je lui racontais la mienne aussi. Il m’a promis de venir me chercher, mais puis-je y croire ? Comment pourrais-je me donner le droit d’espérer, alors que je suis persuadée qu’il ne dit ça que pour me flatter ? Quand bien même il viendrait, comment penser qu’il puisse passer le barrage que forment mes frères, mon père, Octavius ? Non, décidément, je ne partirai jamais d’ici. Je serai la digne fille de mon père, puis à la charge de mes frères, surement au déplaisir de leurs futures épouses, mais pas davantage. Je ne peux prétendre à plus. Je le sais, et je devrais arrêter d’espérer.

L’espoir n’amène que désillusion et désenchantement, que douleur et chute, quand il n’est guère réaliste. Je suis une incorrigible rêveuse, pourtant, qui ne peut le faire taire, qui ne peut étouffer cette flamme naissante qu’il créé dans mon cœur, dans mon corps. Alors j’attends. J’attends que Laurent de Brunante vienne, sceptique quant à son intérêt pour moi, tant inattendu que précipité. Comment pourrais-je plaire réellement à quelqu’un de si distingué, d’aussi bonne naissance ? Non, je ne peux définitivement pas l’attendre. Je dois avancer, ne pas croire qu’il parviendra jusqu’à moi. Pourquoi croire à des fables créées pour les enfants, selon laquelle le valeureux guerrier vient toujours libérer l’élue qui a ravi son cœur ? Comment pourrais-je réellement ravir le cœur de quelqu’un, quand j’ai deux frères quelque peu trop belliqueux et protecteurs, intransigeants ? Non, je ne le peux, je ne peux y croire.

Si vous demandiez à quelqu’un dans la rue de son village de vous résumer le tempérament de Fleur, surement vous dirait-on qu’elle a mauvais caractère, suite à quoi elle s’insurgerait en avançant qu’elle a un caractère affirmé et que c’est une nécessité dans un monde où les femmes ont une place négligeable. Et vous seriez bien tenté de la croire, si vous y étiez confronté : de convaincue, elle devient convaincante, dès lors que vous la laissez vous expliquer ce qu’elle avance. Elle ne vous laissera probablement pas en paix, jusqu’à ce que vous admettiez qu’elle a raison. Dusse-t-elle faire un plan en quatre parties, vous expliquer par A+B sa façon de penser, de manière très, presque trop, pragmatique. Elle n’est pas femme à même d’abandonner, surement un résidu d’orgueil.

Soyez toutefois prévenus : ne tentez pas de l’amadouer, en la sous-estimant. Elle aurait tôt fait de vous envoyer une réplique cinglante, méprisante même, au visage, et de vous renvoyer dans les jupons de votre mère. Si elle est avenante et franchement sympathique pour peu qu’on ne la prenne pas pour moins qu’elle n’est, elle est très franche et n’hésitera pas à vous dire vos quatre vérités, pour peu que vous l’importuniez. Ses armes sont les mots, et la jeune femme a tôt fait de vous mettre KO avec eux, n’ayant pas froid aux yeux, et la franchise ne lui fait pas défaut. Elle ne s’embarrassera pas de ne pas froisser votre égo, si vous êtes trop entreprenant à ses yeux. Que voulez-vous, vivre avec deux frères bien Bellifériens n’habitue pas à se laisser faire sans rien dire.

Mais derrière sa carapace de dure à cuire, pour peu que vous réussissiez à la percer à force de patience et de discussions franches et passionnées – nulle cajolerie ne marchera sur elle -, c’est une jeune fille idéaliste que vous trouverez. Une jeune fille qui, malgré son mépris pour les demoiselles qui se ridiculisent à la recherche d’un homme au point de mettre en place mille stratagèmes, espère que quelqu’un réussira à affronter sa famille et à la ravir de la prison dorée dans laquelle elle se trouve : confortable, mais trop étroite, infiniment trop étroite. Elle est romantique, bien qu’elle ne nie fermement, et avec passion. Car elle ne manque pas de passion. De passion pour l’aventure, pour la découverte, pour la connaissance, pour les plaisirs simples de la vie.

Un peu fantasque, elle se réjouit d’un rien, même si elle aspire à plus. La douceur d’une nuit d’été, passée à la belle étoile, un fruit juteux qui dépose son goût sucré dans sa bouche, un oiseau qui vient chanter dans un arbre proche d’elle… Elle aime la simplicité, mais elle a fait le tour de celle de son village, et son côté un peu aventureux lui donne envie de parcourir le monde pour la découvrir de bien des manières.

Seulement… Elle se met elle même des barrières, elle est enfermée dans un carcan qu’elle a créé, et qu’elle n’a pas eu le courage de briser. Elle rêve de liberté, mais elle n’ose pas la saisir alors qu’elle est à portée de main. Si elle apparaît forte et courageuse, elle est bien plus frêle qu’elle ne veut le reconnaître, bien plus soucieuse des apparences que pourraient avoir ses actes si elle venait à fuir cette vie qui n’est au fond, à ses yeux, pas assez bien pour elle.

Mais elle est fidèle, fidèle et loyale, et elle reste. Elle reste, elle apprend, elle sert du mieux qu’elle le peut sa maitresse, elle obéit à sa famille, ne commettant que quelques infractions mineures. Elle est soucieuse de ne pas sortir de sa position, malgré l’espoir infime qui l’habite de s’élever au delà, elle qui méprise tant les manigances qui poussent certaines femmes à y arriver. Elle est ambivalente, même si elle ne le réalise pas.


Avenante

Convaincante

Franche

Idéaliste

Impulsive

Intelligente

Loyale

Méprisante

Pragmatique

Raisonnable

Rêveuse

Romantique

Sarcastique

Soigneuse





Perle Clairargent

Brooke Williams

Portés Disparus


J’ai connu Perle toute ma vie, aussi loin que je m’en souvienne, et elle est l’une des personnes qui m’est plus chère que tout, outre ma famille. Elle n’est plus la petite fille timide que je protégeais, elle est une belle jeune femme qui a eu le courage de suivre ses convictions, et de partir. Je l’admire pour cela. Mais au fond, je sais que subsiste en elle la petite fille qui a besoin d’une famille, d’un père, la petite fille vulnérable. C’est une femme forte, toutefois, capable de tenir tête pour affirmer ses convictions. Elle m’inspire, mais jamais je n’aurai le courage de suivre son exemple et de la rejoindre.



Answald Vifazur

Colin O'Donoghue

Mages


Si je pouvais, je l’enchainerai à un lit, et lui ferai payer ce qu’il a fait subir à ma précieuse Perle, ce mécréant, ce pleutre ! La faire voler, la charmer autant que l’enrager, pour l’attirer dans sa couche, et se volatiliser ? Il ne l’a jamais méritée, ne la méritera jamais, et il s’est attiré ma colère. Si je remets la main sur lui, il va payer. Fini, la douce Fleur soucieuse des convenances. Ma dague n’aura de repos que lorsqu’elle se sera plantée dans son cœur sec et racorni qui n’a pas été à la hauteur de Perle.



Laurent de Brunante

Matthias Lauridsen

Témoins


Qui aurait pu croire qu’une lettre égarée mènerait à une si belle entente ? Pas moi. Quelle n’a pas été ma surprise, de recevoir une lettre de Laurent de Brunante. Pourquoi écrivait-il à une petite bourgeoise comme moi, sans importance, peu connue en dehors de Bellifère, voire pas du tout ? Ma surprise a été croissante, au fur et à mesure de ma lecture de sa lettre. Qui donc était assez charmant pour être conquis par une écriture ? Depuis, nous n’avons de cesse de nous écrire des lettres passionnelles, sur notre goût commun pour la connaissance, sur nos vies, sur les personnes que nous sommes. Il m’a promis qu’il viendrait m’enlever à ma famille, selon la coutume Belliférienne, mais comment puis-je y croire, alors que mes frères, mon père, et même ce gredin d’Octavius, éconduisent inlassablement tous les éventuels prétendants se présentant à notre porte, un à un ? Au fond de moi, je ne demande qu’à y croire, je me languis d’amour pour lui (bien plus que je ne l’avouerai à qui que ce soit, même à Perle), mais je suis bien trop sceptique. Comment pourrais-je mériter quelqu’un comme lui, et comment pourrait-il réellement venir me quérir dans ma famille ? Non, c’est bien trop improbable, ça n’est qu’un rêve.



Octavius Sang-d'Argent

Liam McIntyre

Témoins


S’il continue à se comporter comme ça, avec ses manières grossières, son langage qui laisse à désirer et surtout le fait qu’il semble prendre mon corps pour le réceptacle de ses yeux et uniquement des siens – sinon, pourquoi éloignerait-il mes prétendants ? -, alors que ce goujat est fiancé, il va tâter de ma dague. J’ai beau ne pas avoir une force inégalable, j’ai même la force d’une mouche comparé à la sienne, mais je sais qu’une brute telle que lui n’a ni l’esprit, ni l’éducation requise pour que mes mots le mettent au tapis, alors si je dois en recourir à de telles extrémités, gare à lui. Il m’insupporte, le sait, mais mon calme et ma patience ne sont pas légendaires.




Hihi

Je sais pas pourquoi je me suis inscrite, je l'aime pas KEU



Dernière édition par Fleur Acier-Chantant le Sam 18 Mai - 10:50, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Jeu 21 Fév - 15:25

Ma Fleur de mon coeur :love:

Re-bienvenue QUELQU'UN KEU

(Et t'as vu, j'ai connecté Perle rien que pour toi ! ♥️)
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Jeu 21 Fév - 15:29

Ma douce et bien aimée Fleur lovers

Re re bienvenue ! ♥️
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Jeu 21 Fév - 15:30

Ma Perle adorée :love: Merci, VILE KEU (Oui :roooh: )

Mon charmant et parfait Laurent Ballon Merciiii :roooh:

Dois-je préciser que ma fiche est finie ? :geugeu:
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Jeu 21 Fév - 15:32

Rebienvenue Julie ! KEU :love:
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Jeu 21 Fév - 15:34

Qui est cette gouge du nom de Julie ? Hihi

Merci :love:
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Jeu 21 Fév - 15:36

C'est quelqu'un KEU
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Jeu 21 Fév - 15:38

Je me disais, aussi KEU
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Jeu 21 Fév - 16:11

Tient, je connais QUELQU'UN qui a craqué KEU

Rebienvenue, encore :red:
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Jeu 21 Fév - 16:12

Tes propos me laissent perplexe KEU

Merci :love:
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Jeu 21 Fév - 20:48

(Octavius fait savoir qu'il ne peut pas se faire assommer par une canaille, JE SUIS CHAMPION D'ARÈNE DE HACHECLAIR MOA MADAME, et qu'il faisait diversion *ouijesors*)

Future belle-soeur ♥
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Ven 22 Fév - 0:37

(Je sais ce que j'ai vu, qu'il admette avoir été FAIBLE, ce gueux ! Et qu'il sache que j'en étais RAVIE !)

Futur beau frère ♥
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Ven 22 Fév - 2:24

Bien, bien, bien...

Quelle jolie fiche (et si rapidement écrire KEU). Comme je te l'ai déjà dit, c'est exactement Fleur telle que je l'imaginais, tu as parfaitement compris le personnage Hihi

Au plaisir donc de te voir devenir ma belle soeur :ahaha: (mais si, Laurent, je crois en toi ♥️)

Validée donc, je te laisse aller faire ce que tu dois, tu connais la chanson à force ^^

_________________
Liberté
Sur toutes les pages lues, sur toutes les pages blanches, pierre, sang, papier ou cendre, j’écris ton nom. Sur les images dorées, sur les armes des guerriers, sur la couronne des rois, j’écris ton nom.
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   Ven 22 Fév - 3:06

Je suis bleeeeue :vv:

T'as vu, écrite super rapidement, je suis trop douée KEU

Merci, très chère future belle-soeur (je sais qu'il réussira, porté par la force de l'amour Han ) !
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MessageSujet: Re: Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.   

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Fleur Acier-Chantant ★ La femme est un papillon qui pique comme une abeille.

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