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 Puisque tu pars...

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MessageSujet: Puisque tu pars...   Jeu 7 Mar - 13:05




18 janvier 802
Puisque tu pars
Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur
  • Nom des participants : Fleur Acier-Chantant & Perle Clairargent
  • Statut du sujet : Privé ♥
  • Date : 18 janvier 802
  • Moment de la journée & météo : Début de soirée, le temps est froid et clair, une épaisse couche de neige fraîche couvre le sol
  • Saison 1





Dernière édition par Perle Clairargent le Jeu 7 Mar - 13:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Puisque tu pars...   Jeu 7 Mar - 13:42

Une larme glisse, silencieuse et transparente, chassée d'un revers de main.

Je ne veux pas pleurer. Pas pour lui. Il ne le mérite pas. Il ne méritait rien du tout d'ailleurs. J'ai été tellement stupide de croire à ses sourires, à ses promesses... Sale chien. Je ne peux m'en prendre qu'à moi après tout. Ce n'est pas la première fois qu'il me promet la lune pour ensuite se moquer de moi. Mais je ne pensais pas qu'il irait jusque là ! Oser me séduire pour mieux disparaître... Je le déteste.
Je ne veux pas pleurer. Et pourtant je les sens bien, là, les larmes. Et je sais que je ne vais pas pouvoir les retenir longtemps. Mais il est hors de question que quelqu'un me voit comme ça. Sinon, je sais qu'ils vont rire de moi. Ils se diront que je suis bien la fille de ma mère, à me faire abandonner par un homme à qui j'aurais tout donné. Mais je ne suis pas comme ça. Je ne suis pas comme elle ! Je ne veux pas me morfondre à l'attendre, surement pas. Qu'il aille brûler dans nos forges. Je le déteste.

Pourquoi est-ce que je n'ai rien vu venir ? J'aurais du m'en rendre compte, le deviner. J'aurais du savoir que ça ne pouvait pas être aussi simple. Rien n'est jamais simple avec lui. J'ai été tellement aveugle ! Quand je pense que toute cette semaine, je lui ai cherché des excuses ! Et que je te suppose qu'il a eu un problème avec sa famille, et que je t'assure que c'est un vol qui a mal tourné et qu'il se cache en attendant que les gardes cessent de lui coller au train. Tu parles, oui ! Il s'est juste tiré ! C'est Fleur qui avait raison, depuis le début. Il n'est bon à rien.

Fleur. Je dois la prévenir, je dois lui dire. Je sais qu'elle ne me jugera pas, elle. Qu'elle ne me dira pas qu'elle le savait et que j'aurais du l'écouter. Mais encore faut-il que je parvienne à la voir. Je sais que sa mère n'approuve pas trop notre amitié en estimant que je ne suis pas assez bien pour sa fille adorée. Et à cette heure-ci... Elle ne traîne évidemment plus dehors, surtout par un froid pareil. J'en ai le bout du nez et les yeux tous rougis. A moins que ce ne soit encore la faute de ces fichues larmes...

Un caillou sur ses volets. J'espère seulement qu'aucun bougre n'a essayé de l'enlever ce soir ou ses frères seront trop aux aguets pour qu'elle puisse sortir. Mais à la réflexion, ça m'étonnerait beaucoup. Tout le monde le saurait déjà si un imbécile était venu se casser les dents - au sens propre - sur les frères Acier-Chantant.
Un second caillou et encore un, plus gros ce coup-ci.
« Fleur, c'est moi ! Ouvre moi s'il te plait. Je... Il faut que je te parle ! » J'ai beau avoir chuchoté, j'ai eu bien du mal à maîtriser le tremblement de ma voix. Allez ouvre...
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MessageSujet: Re: Puisque tu pars...   Ven 8 Mar - 1:44

Tu étais allée te coucher bien tôt, ce soir-là, sur ordre de ton père. Hors de question que tu traines dehors, surtout par ce froid, et que ta beauté attire encore un pauvre ère qui pourrait vouloir se battre pour toi, alors que les réparations des quelques dégâts de la dernière fois n'étaient pas encore terminées. Las, tu n'étais plus une enfant, et cette interdiction te pesait. Cette tradition n'était pas de ton fait, et ils n'avaient qu'à pas se battre dans la maison par moments, après tout !

Que voudrait-il, la prochaine fois, que tu sortes voilée afin que personne ne puisse voir la moindre parcelle de ton corps ? Tu ne trouvais donc pas le sommeil, énervée par l'interdiction de sortir que tu subissais, alors que la neige que tu savais dehors te donnait envie de sauter dedans, de redevenir une enfant, de t'allonger sur elle et d'y faire des anges. Tu souriais en revivant des bribes de tous ces souvenirs, dont la plupart en compagnie de ta chère Perle, quand tu entendis un bruit léger sur tes volets. Surement un oiseau qui avait laissé échapper sa proie contre ta fenêtre. Mais le bruit recommence, une fois, deux fois, t'interpelle. Tu te lèves et ouvres tes volets en essayant de ne pas faire de bruit.

« Perle ! »

Tu t'exclames, surprise, de voir celle que tu considères comme une sœur ici, et visiblement pas en forme. Tu l'as vu à la seconde où tu avais posé tes yeux sur elle : quelque chose n'allait pas. Elle n'avait pas ce grand sourire que tu lui connaissais si bien, cet air mutin comme lorsqu'elle avait une énième idée pour que vous enfreignez les règles, elle et toi, en vous amusant follement.

Non, ça n'était pas la jeune fille espiègle que tu avais en face de toi mais bien la petite fille qui avait besoin d'être protégée des quolibets et moqueries des autres, la jeune femme qui souffrait - bien souvent sans vouloir le reconnaître - de son père qui l'avait abandonnée. Tu te vêtis un peu plus chaudement, il fallait dire que ta tenue de nuit n'allait pas te protéger du froid, et sauta par la fenêtre. Ce n'était pas la première fois, et surement pas la dernière. Avec un peu de chance, tout le monde serait assoupi quand tu rentrerais et tu n'aurais rien à expliquer.

Tu pris ton amie dans tes bras, frictionnant les siens pour la réchauffer - elle était frigorifiée ! Elle n'avait pas eu idée de sortir par ce temps sans se vêtir plus chaudement. Elle allait attraper froid, tomber malade, et le Destin seul savait combien le froid emportait de gens, combien il pouvait être cruel.

Mais le moment n'était pas aux reproches. Des secrets entre Perle et toi, il n'y en avait point. Vous partagiez tout et davantage, vos joies comme vos tristesses, mais tu l'avais rarement vue affectée comme cela. Doucement, tu la conduis vers la forge où la chaleur régnait en permanence, qu'elle puisse au moins se réchauffer. Tu lui aurais volontiers donné un peu de bouillon, n'importe quoi pourvu que ça lui réchauffe le corps, le cœur et l'âme, mais tu n'aurais alors pas pu la rejoindre à nouveau. Tu l'assois presque de force, prenant place à côté d'elle.

« Ma précieuse Perle, dis moi tout. »

Tu ne peux t'empêcher d'adopter une voix douce, couvante. Tu t'inquiètes pour elle, plus que tout. Tu n'aimes pas la savoir en peine sans savoir quoi faire.
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MessageSujet: Re: Puisque tu pars...   Ven 8 Mar - 12:43

Elle me connaît bien Fleur. Vraiment trop bien même. Je n'ai encore rien dit qu'elle sait déjà que ça ne va pas. Et à ce qu'elle soit tellement gentille, tellement prévenante, tellement... elle ! Ça me donne plus envie encore de pleurer dans ses bras. La forge est chaude derrière nous et je me sens déjà un peu moins frissonner. Mais toujours aussi mal, au fond du coeur. Comme quoi... j'avais bien raison de les évincer, ces porcs toujours plus nombreux qui tentaient de m'expliquer que dans la ruelle voisine, ils me prouveraient qu'ils étaient de vrais étalons de Bellifère. S'ils pensaient que j'aurais oublié leurs insultes d'enfants, leurs remarques sur mon père absent et ma mère qu'ils traitaient parfois de catin... Qu'ils aillent tous se faire voir ! Tout ça, ce n'est que problèmes et complications à n'en plus finir. Et il a fallut que je cède. A lui qui plus que tout autre m'avait déjà montré qu'il ne valait rien, qu'il n'était absolument pas digne de ma confiance ! A ce gueux qui n'a eu de cesse de m'énerver, toute mon adolescence durant !

Et voilà que je repense aux moments passés dans ses bras. Et je fonds en larmes, contre elle, tentant entre deux sanglots de lui expliquer.
« Tu... » Un sanglot plus marqué que les autres me prend et je pleure de plus belle, incapable d'articuler autre chose que des sons sans queue ni tête. « Tu... Tu avais rai... raison, tu sais. » Prononcer ces quelques mots a déjà été juste insupportable. Je ne sais pas comment je pourrais réussir à en dire davantage, vu les larmes qui m'inondent de plus belle. Parce que d'une certaine façon, le dire c'est lui donner raison. C'est admettre qu'il est vraiment parti, qu'il ne reviendra pas. Et ça me fend le coeur encore plus que tout le reste. Encore plus que la mine réprobatrice de son père et l'air désolé de sa mère qui était sur le point de s'excuser quand son mari avait refermé la porte. Parce que oui, je suis allée les voir. Leur demander. Je voulais savoir. Je voulais... une confirmation.
Je pleure, à n'en plus finir, répandant mes larmes sur son chaud manteau jusqu'à ce qu'enfin, mes sanglots s'espacent que je réussisse à parler un peu plus clairement. Ou en étant un peu plus compréhensible, du moins.


« Il... Il est parti. » Ma voix tremblote et j'ai mal de le dire. « Il est parti. Envolé. » Le répéter est plus douloureux encore. J'essuie d'une manche rageuse les larmes qui ont trempé mes joues et mes cils. « Il a filé à l'Anthim ! Ses... ses parents me l'ont confirmé tout à l'heure, il... Ce... » Je retiens un juron avant d'aviser la tenue de mon amie, de toute évidence prête pour la nuit. « Je... je suis désolée, je n'aurais pas du venir te déranger. Et puis ton manteau est trempé maintenant. Mais... » Mais j'avais besoin de toi, de te le dire. Tu es la seule qui puisse me comprendre, Fleur.
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MessageSujet: Re: Puisque tu pars...   Ven 8 Mar - 15:52

Tu attends patiemment. Tu sais qu’il ne sert à rien de la brusquer, qu’elle parlera quand elle le voudra, le pourra, alors tu es là, et tu la laisses pleurer, écouler son chagrin, dans tes bras. Tu espères lui transmettre un peu de ta chaleur, mais aussi lui apporter un peu de réconfort. Elle compte bien trop pour toi pour que tu la laisses aller dans cet état. Tu sais combien elle est sensible au fond, et c’est bien cela qui t’inquiète. Tu la gardes dans tes bras, silencieuse mais présente. Tout ce dont elle a besoin, sans la pousser.

Et petit à petit, malgré les larmes, elle essaye de parler. Patiemment, tu la laisses écouler ses sanglots, tu laisses les mots venir. Tu aimerais tellement pouvoir l’aider de suite, deviner ce qui ne va pas, mais tu dois attendre qu’elle te livre ce qu’elle est prête à te donner, à te dire, à t’expliquer. Tu te doutes bien qu’elle est profondément blessée, malgré tout, même si tu n’en sais pas la cause, et tu n’aimes pas ça. Peu importe qui l’a blessée, tu jures intérieurement de le lui faire payer, comme quand vous étiez petites et que l’on se moquait d’elle. Elle fait partie de ce que tu as le plus cher, et tu n’aimes pas qu’on la mette dans cet état. Alors oui, tu le feras payer à la personne qui en est la cause, même si tu dois pour cela apprendre à te battre.

Mais tu ne peux rien faire, en attendant, si ce n’est l’écouter. Et bien vite, tu comprends. Qui aurait-pu la mettre dans cet état, si ce n’est Answald ? Tu ne l’aimais que peu à la base, ou du moins tu tolérais sa présence pour Perle qui l’appréciait réellement, mais ce qu’il lui faisait te déplaisait. Être auprès d’elle, se volatiliser, revenir. Il la retenait, et cela t’insupportait. Et voilà qu’il l’avait fait une fois de trop, qu’il l’avait réellement blessée. Tu n’imaginais même pas l’ampleur de ce qu’il s’était passé, mais il t’importait peu de le savoir – sauf si Perle avait besoin de te le confier entièrement -, tout ce que tu désirais, c’était trancher la tête de ce gredin avec une des épées confectionnées par ton père. Et le Destin seul savait la fureur qui t’habitait, qui t’aurait donné des ailes pour le rejoindre où qu’il soit et pour mettre fin à ses jeux malsains, malhonnêtes, avec ta douce et précieuse Perle.

Tu revins toutefois à une réalité beaucoup plus pressante, cette amie qui avait besoin de toi. Tu posas ta main doucement sur une de ses joues puis l’autre, essuyant les larmes au passage, sachant qu’elles continuaient de couler. Tu l’enlaces, espérant que ça puisse la réconforter, un peu – tout en sachant que c’était un acte bien maigre, comparé à celui qu’elle désirait réellement : le retour d’Answald, une étreinte de sa part à lui. Tu n’étais pas jalouse, il était normal que Perle s’éprenne de quelqu’un, mais il ne la méritait tellement pas, il se comportait tellement mal. Comment aurais-tu pu l’approuver, alors que tu prévoyais – tout en souhaitant que ça n’arrive jamais – qu’il allait lui briser le cœur ?

« Ma chère Perle, tu sais que tu as bien fait de venir et de m’en parler. Tu sais que je serai toujours là pour toi si tu en as le besoin, cesse donc de t’excuser. Tu ne me déranges pas. Je t’aime, et il est normal que tu viennes me parler. Et il n’est nullement question d’avoir raison. Il a profité de toi et t’a abandonnée, et c’est indigne de tous, même de lui. Même moi croyais qu’il avait plus d’honneur. Mais tu vaux mieux que ça. Tu es une femme forte, et tu rebondirais, tu te relèveras. Je le sais. Je te connais, et j’ai confiance en toi. En attendant, mon manteau est tien, et prêt à accueillir tes larmes. Ca n’est rien qu’une babiole, comparé à l’amour que j’ai pour toi, et l’essentiel est que tu épanches ta peine. Auprès de moi, si c’est ce dont tu as besoin. Je ne t’abandonnerai pas, je te le promets. »

Tu n’en dis pas plus. Tu savais qu’elle allait se livrer, qu’elle ne laissait jamais tout échapper d’un coup. Elle avait besoin de temps, d’assimiler, en même temps. Réaliser, réellement. Et tu attendrais. Si elle avait besoin de toi, comme elle avait besoin, tu étais là, c’était tout.
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MessageSujet: Re: Puisque tu pars...   Lun 13 Mai - 6:28

Pendant deux jours, j'ai pensé que je ne m'en remettrai pas. Que j'allais juste pleurer encore et encore et me rouler en boule sans plus bouger. J'ai refusé de sortir, refusé de manger. Je fixai juste le plafond, allongée, sans dire un mot. Et puis ma mère est venue me voir, me parler avec cette voix trop douce que je déteste. La voix qu'elle prend quand elle veut consoler ou obtenir ce qu'elle veut d'un battement de cils. Je déteste cette voix. Je déteste qu'elle utilise tous les moyens pour arriver à ses fins. Et surtout, j'ai détesté ce qu'elle m'a dit. Parler comme ça de cet imbécile, lui chercher mille excuses , trouver milles explications à son départ... Non, non, non ! Jamais de la vie. Je ne sais pas si mon père a jamais eu l'intention de revenir ou même s'il se doute de mon existence. Mais en tout cas, moi je n'attendrais pas ma vie durant un absent.
Je l'ai repoussée et je suis partie. D'un toit que j'avais aménagé en planque il y a longtemps, j'ai surveillé sa maison pour voir s'il allait y revenir. Juste pour pouvoir hurler et lui dire tout ce que je pensais de lui. Mais il n'est pas venu.

Contre l'épaule de Fleur, je sens mes sanglots qui diminuent un peu. Il n'y a qu'elle pour réussir à me calmer comme ça. Pour me comprendre. Dans mes larmes, je souris de l'entendre râler à moitié. Elle va tellement me manquer... Depuis seize ans que nous nous connaissons, je ne suis pas certaine de l'avoir quittée plus d'une semaine. Sauf bien sur quand elle s'en va à la Cour de Bellifère pour jouer les dociles. Brr, imaginer ma Fleur, son sale caractère, sa répartie et sa franchise, obligée de se taire devant toutes ces glousseuses aux plumes colorées ? J'ai bien du mal à l'imaginer ! En fait, des fois je voudrais bien être une toute petite bestiole cachée dans un recoin pour voir ça. Elle doit tellement pester intérieurement devant toutes ces précieuses !

Oui, elle va me manquer... Affreusement.


« Je peux pas rebondir. Pas ici alors que j'ai l'impression qu'ils ricanent tous en me voyant. » Malgré le reste de mes larmes, ma voix est redevenue compréhensible. C'est déjà un bon point. Mais je ne sais pas trop comment lui dire ce que je suis venue lui annoncer, au delà de la fuite de ce cancrelat d'eau vaseuse. « Faut que je parte Fleur. J'en peux plus de ce village pourri et de tous, là. J'aurais jamais de place ici, j'ai pas de père dont être fière. » J'ai juste un peu relevé le visage pour être audible mais en fait... Je ne veux pas la regarder, parce que je sais que ça va lui faire mal. Obligé. Et je veux pas voir cette tristesse. Je veux juste... qu'elle me dise que j'ai raison, que je dois y aller si j'en ai le courage et qu'elle me soutient. Bon, le courage je ne suis pas certaine de l'avoir mais... On fera comme si. C'est pas que je veuille vraiment partir. Quitter tout ici... Ça me fait peur. « Tu sais, à Bellifère, seuls les mâles comptent. Et moi, je n'en ai pas dans ma famille pour faire valoir mes droits et tout ça. Je n'ai pas d'avenir ici. Alors que dans ces autres endroits dont tu m'as parlé... Je me dis que c'est peut-être différent. Que je pourrais exister pour moi et pas comme la fille d'un marin qui a engrossé une fille facile. »
Une hésitation. Un soupir. Une nouvelle larme dans mes yeux.
« Tu... Tu comprends ? »
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MessageSujet: Re: Puisque tu pars...   Lun 13 Mai - 15:06

Tu voudrais contrôler le temps. T’immiscer dans ses rouages, revenir en arrière, et tout arranger pour Perle. Tu t’en voudrais presque, d’avoir eu une vie agréable et d’avoir été choyée quand elle n’avait rien. Si tu le pouvais, tu lui offrirais tout ce dont tu as bénéficié. Tu la ferais rejoindre ta famille, prierais père et mère de l’accepter comme ta sœur – même s’il s’agit surement d’une mission impossible à faire accepter à ta mère. Tu lui trouverais, peut-être, un mari digne de ce nom, qu’elle aimerait, et qui l’aimerait à sa juste valeur. Tu serais là pour partager ses joies et ses chagrins, pour l’épauler, en toutes circonstances. Tu voudrais pouvoir veiller pour elle, toujours.

Mais elle t’annonce qu’elle ne peut rester. Qu’elle doit partir. Que rien d’autre que le mépris ne l’attend ici, et qu’elle ne pourra pas s’en remettre. Ô, à ce moment même, tu serais capable d’aller dépecer un à un tous ces mécréants qui ont jamais eu l’audace de rire de Perle, ta Perle. Ton amie, ton amie dont tu as besoin. Tu es soulagée qu’elle ne te regarde pas, car la consternation, la tristesse, la douleur, la peur de te retrouver seule, de l’abandon, la peur pour elle, pour sa sécurité, pour sa survie, même, s’ajoutent à toute la colère qui t’envahit à l’égard des habitants de votre village, de langues de vipères incapables de se mêler de leurs propres affaires, de ces infâmes qui font fuir Perle. Ô, ils te le paieront, tu vas faire de leur vie un enfer !

Mais tu sais, malgré tout, que tu ne peux la retenir. Tu l’as peut-être toujours su, au fond, qu’elle n’était pas faite pour votre petit village Belliférien, qu’elle allait partir. Tu ne t’en rends pas compte, en tout cas, mais tu sais que tu dois la laisser aller. Et lui donner ta bénédiction. Tu ne peux la laisser partir en la laissant savoir que tu désapprouves, par égoïsme un peu, par peur majoritairement, la laisser partir l’esprit troublé de ton désaccord avec elle. La Fatalité seule sait ce qui aurait pu lui arriver, si elle partait avec ce souvenir de toi refusant de la laisser partir. Non, tu le sais, tu ne peux la retenir. Tu ne peux la garder auprès de toi. Elle doit prendre son envol, et trouver sa place, la place qu’elle veut, qu’elle mérité. Auprès de quelqu’un qu’elle aime, de préférence.

Tu t’es perdue dans tes pensées, sans même remarquer que les larmes coulaient sur tes joues, la peine surement, ni que le silence s’était installé. Elle attend surement une réponse. Tu dois être forte, pour vous deux, ce soir, alors qu’elle prend une décision si difficile, si courageuse. Elle ne doit pas flancher. Toute ton inquiétude, tout ce que tu pourrais opposer à cette folle entreprise n’a pas de poids dans cette discussion, seul compte ton soutien sans faille. Lui, et lui seul. Tranquilliser Perle est la seule chose qui importe, et tu dois mettre de côté tes pensées pour cela. Tu aimes ton amie, ta soeur, et tu lui dois ton soutien inconditionnel.

« Tu n’as pas de père dont être fière, mais tu peux être fière de la femme que tu es. Une femme forte, courageuse, brave. Peu importe ce qu’ils en pensent, qui que ce soit, même ma mère, ou mes frères, tu vaux cent fois plus qu’eux. Tu es plus précieuse que tu ne le crois, Perle. N’en doute jamais. Ne doute jamais de ta valeur, promets le moi. »

Tu n’as pas encore approuvé son départ, et tu sais pourtant qu’elle n’attend que ta bénédiction, avant de s’en aller sur les routes, mais tes propos trahissent ton approbation, trahissent ce que tu vas lui dire.

« Tu sais que moi, j’aurai fait valoir tes droits. Mais tu as raison. Tu ne seras jamais satisfaite, ici, et tu mérites une vie meilleure. Tu auras une vie meilleure. Pars, Perle, pars. Et le premier qui dira du mal de toi ici, il ne pourra plus parler pendant plusieurs jours. Ta mère ne te mérite pas, et tu trouveras mieux ailleurs. Tu vas me manquer. Tu as intérêt à apprendre à écrire ! Tu ne veux pas que je meure d’inquiétude ? »

Douce utopie de l’amie prête à tout pour soutenir une personne chère à son cœur, mais très inquiète, trop peut-être. Tu la serres dans tes bras, pour qu’elle ne voit ni ne sente ton trouble, qu’elle ne sache pas les hésitations qui t’habitent, la peur qui te saisit, pour elle. Tu aimerais lui dire que tu vas l’accompagner, mais tu ne peux pas. Tu n’as pas, tu n’auras jamais, sa force. Tu n’oses pas. Tu as peur.

« Sois prudente, je t’en conjure, sois prudente. Fais attention à tout le monde, surtout les hommes. Ils sont peut-être différents en parole, veulent paraître plus respectueux, mais un homme que la boisson a pris, que le désir habite… Tu sais autant que moi qu’ils sont dangereux. Je n’en reviens pas de m’apprêter à dire ça, mais procure toi une arme. Apprends à te battre, si tu peux, même si je doute qu’un homme soit prêt à t’offrir cela, cette liberté que ça t’apportera. Apprends à te défendre. Comme ça, tu pourras m’apprendre, plus tard. Reviens me voir. Ecris moi. Dicte à quelqu’un des lettres pour moi. Je t’en supplie. Ne me laisse pas m’inquiéter, ne pas savoir. Tu vas me manquer. Mais tout ira bien pour toi. Tu t’imposeras. Tu leur feras voir qui est Perle Clairargent, cette jeune femme forte que l’on sous-estime ici. J’ai confiance en le Destin et en toi. »

Oui, elle avait beau être inquiète, elle avait malgré tout une foi indéfectible en la capacité de son amie à se débrouiller. Elle était encore là, enfouie quelque part, et bien loin malgré tout, l’enfant timide que Fleur avait connue.
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MessageSujet: Re: Puisque tu pars...   Mar 14 Mai - 6:05

Oh Fleur... Pourquoi est-ce que c'est aujourd'hui, alors que je m'apprête à quitter Port-Bravoure, que je mesure combien elle compte pour moi ? C'est vrai quoi, nous avons passés nos journées, nos heures ensemble, perpétuellement. Elle m'a défendue, consolée comme je l'ai réconfortée quand ses frères démontaient un prétendant de plus qui avait eu le malheur de jeter n regard un eu trop appuyé à leur soeur. Et là... Je vais partir. Sans jamais lui avoir dit merci pour tout ça. Et je sais que je ne lui dirais pas. Pas pour une stupide fierté, comme celles de ces brutes qui nous entourent, mais juste parce que ce serait inutile. Ça n'aurait aucun sens de lui dire ça maintenant, comme ça. Elle sait ce que je ressens sans que j'ai besoin de le dire. C'est tout, c'est comme ça. Notre amitié est bien au delà de quelques mots.

Et ceux qu'elle prononce me touchent autant qu'ils me dérangent. Parce qu'elle a confiance en moi, qu'elle m'encourage et qu'elle est certaine qu'ailleurs, loin de ces esprits obtus qui n'ont que le combat en tête, je pourrais e trouver une place. Vivre pour moi et pas en fonction d'un père que je n'ai pas et d'une mère devenue au fil de ses années de fol espoir, la risée du village. Mais elle me voit forte et capable quand j'ai l'impression d'être encore une enfant. Cette petite fille rousse qui espérait à chacun de ses anniversaires que son père revienne, avant de comprendre que tout cela était vain. Cette enfant timide qui savait seulement courir plus vite que les autres pour échapper à leurs moqueries, incapable d'y répondre. J'ai l'impression de n'être encore que Leandra, rêveuse et discrète, avant que Perle ne décide qu'elle en avait assez de se soumettre si gentiment aux médisances alentours. Je ne suis pas sûre d'être prête à partir, à tout quitter. Mais il le faut.

Alors comme je ne sais pas quoi répondre, je me tais. Je laisse les larmes nouvelles qu'elle vient de faire naître dévaler sur mes joues en silence, seulement interrompues dans leur course folle par mon sourire reconnaissant.
« Tu vas me manquer. » Quatre mots. Les plus sincères que j'ai jamais prononcé. Je voudrais lui dire beaucoup plus. Lui dire qu'elle est la meilleure amie dont on puisse rêver, que j'ai une chance énorme de la connaître et que je l'aime de tout mon cœur. Mais une fois de plus, je ne sais pas comment le dire. Alors j'essaye seulement de faire passer toutes ces choses dans ces quatre petits mots qui n'ont rien d'anodin. Et je les reprends, malgré les larmes qui brisent ma voix. « Nom d'un petit bijou, tu vas vraiment énormément me manquer. Je te promets que j'essayerai de te donner des nouvelles, par des marchands ou autre. C'est promis. »

Et je la serre dans mes bras. Encore. Plus fort. Parce que c'est peut-être la dernière fois, puisque je pars.
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MessageSujet: Re: Puisque tu pars...   Mar 14 Mai - 6:15

RP TERMINÉ.
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