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 Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]

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MessageSujet: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Mar 26 Mar - 4:49




18 octobre 802
Suivre une piste, fuir et espérer
Un sentiment perdu, étranger


  •  Nom des participants : Lisbeth de Brunante et Laurent de Brunante
  • Statut du sujet : Privé
  • Date : 18 octobre 802
  • Moment de la journée & météo : Ciel couvert
  • Saison 2, chapitre 1





Dernière édition par Laurent de Brunante le Mer 14 Aoû - 5:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Mar 26 Mar - 4:50

Après ma découverte dans les catacombes d’Euphoria, il avait fallu que je révise mes plans. Il était désormais hors de question de partir pour où que ce soit sans passer par Sinsarelle. Lisbeth y était et par égard pour mon frère et son enfant, je devais m’y rendre. Il me fallait m’assurer que son bébé et sa femme allait bien. Il faut veiller sur la famille, c’est un principe de base que je respecterais, au moins par égard de mon ancienne complicité avec elle.
À peine rentré, j’avais expliqué à Fleur les raisons de notre départ prochain et soudain. La chose tombait bien, quelque part. Nous devions éviter ses frères et nous ne pouvions donc trop nous attarder dans la capitale de Sombreciel, partir vers Sinsarelle en suivant le chemin que j’avais trouvé était donc la meilleure option que nous avions tous deux. Je rassurais tante Freyja dans une lettre fort courte tout en lui disant que nous partions pour Sinsarelle, sans toutefois préciser pourquoi. Non pas que je ne désirais pas qu’elle le sache mais c’était rajouter trop de complications à celles que j’avais déjà créées avec Fleur en ne respectant pas les traditions.

Rapidement, je me chargeais, toujours sous couvert de mon nom d’emprunt de nous préparer pour la route. Il me fallait m’assurer que nous ne manquerions de rien sans trop nous encombrer. Je m’excusais auprès de Fleur de ne pouvoir emmener une meilleure nourriture mais c’aurait été nous encombrer pour un simple confort. Tout ce qu’il nous fallait prenait peu de place et c’était bien là le but recherché.
Nous partîmes de nuit, elle ne pesait pas bien lourd et tant que nous n’épuisions pas le cheval, tout irait bien, aussi était-elle juste derrière moi. J’avais le cœur léger de la savoir à mes côtés et cette petite expédition qui me rendait soucieux m’était plus agréable. Nous arrivâmes à Sinsarelle après cinq jours de trajet. J’avais préféré faire de plus longs arrêts par souci de repos pour Fleur et pour ménager mon cheval. Bien que robuste, il n’était pas non plus habitué à ce genre de très longs trajets.
Comment retrouver Lisbeth ? Je l’ignorais, je chercherais de la même façon que j’avais cherché pour Louis. C’est Fleur qui nous trouva une auberge où nous reposer et cette fois, il n’y aurait aucun problème de couchage. J’étais sûr que c’était volontaire de sa part et cela me fit sourire même si ça m’ennuyait quelque peu, je devais bien le reconnaître.

Devoir laisser Fleur seule m’ennuyait mais je n’avais pas le choix. Je devais retrouver Lisbeth et je n’avais pas envie de mêler Fleur à nos histoires de famille dans l’immédiat. Je lui suppliais d’être prudente et je commençais mes recherches par les auberges et les tavernes avant de ratisser plus large. Je ne recueillais que des informations partielles et fort peu fiables. Elle avait été nettement plus discrète que Louis ce qui ne m’étonnait guère. Il me fallait changer de façon de procéder ou bien je ne risquais pas de la trouver.
Puis vint l’éclair de génie, l’illumination, quel idiot je faisais… Jamais elle n’aurait agi comme Louis, ou comme moi d’ailleurs puisque mon frère avait apparemment déteint sur moi. C’est sous mon vrai nom que je me présentais à la demeure comtes. Dans un premier temps, demandant si effectivement, Lisbeth de Brunante se trouvait bien ici et si, dans ce cas, elle acceptait de me recevoir. Je ne pouvais pousser ma belle-sœur à me parler si elle n’en avait aucune envie. J’espérais, tout simplement, qu’elle reçoive…
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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Mar 26 Mar - 6:44

Les jours s'écoulent. Longs et mornes. Indifférents, comme tous ces regards qui m'entourent et me blessent, jour après jour. Ils respectent mon titre de marquise héritière, ils respectent la princesse d'Outrevent - pour usurpée que soit sa couronne. Et plus que tout, ils honorent les ordres laissés par leur maîtresse dont je ne saurais louer assez l'hospitalité. Mais de la femme qui pleure, de l'épouse solitaire, de la soeur qui souffre, ils n'ont que faire. Je ne suis qu'un nom, qu'une ombre inconsistante, auquel ils n'accordent guère plus d'importance qu'aux meubles de valeurs qui composent le riche mobilier de Sinsarelle. Tous s’acquittent de leurs tâches auprès de moi, sans plaisir, ni déplaisir parmi tant d'autres de leurs occupations. Nulle amitié, nulle chaleur, nul réconfort. Pas même la trace infime d'une quelconque désapprobation à l'égard de ma grossesse avancée que je ne peux plus guère cacher. Il me semble que même des regards de réprobation seraient préférables à cette indifférence latente dont tous font preuve, jour après jour.

Et il ne faillit pas à la règle, ce majordome qui s'en vient s'incliner devant moi, attendant patiemment que je sois disposée à l'écouter. Sans le faire languir, je pose ce livre que je feuillette depuis le début de l'après-midi sans parvenir à fixer mon attention sur les lignes qui y sont tracées. Comme d'habitude, mon esprit était ailleurs, loin bien loin de ce royaume que je connais si peu. Loin surtout de ce présent insupportable. Je me perds dans mes souvenirs, les plus beaux comme les plus orageux, me délectant de seulement me rappeler qu'un jour, je n'ai pas été cette silhouette insignifiante qui n'a nulle importance au delà de sa lignée. Que ne donnerais-je pas pour voir ici Louis, furieux ou emporté. Je serais même prête à endurer maints reproches de Liam, pourvu qu'ils témoignent de son inquiétude et de son amour. Tout, plutôt que cette douloureuse solitude quand je devrais en ce jour contempler l'océan des fenêtres de Souffleval, dans les bras de mon époux. Fallait-il que je commence à croire en nous pour que toute affection le déserte. Et pourtant, pourtant je ne peux croire qu'il m'ait menti. Ce serait plus simple, sans aucun doute, de m'imaginer qu'une fois encore il s'est joué de moi. Mais je ne peux m'y résoudre. La douceur de ses lèvres sur les miennes, sa voix vibrante quand il me parlait, l'étincelle lumineuse qui habitait son regard au jour de nos noces... Tout cela ne peut avoir été que mensonge. Et quand bien même cela serait, rien ne justifierait que Liam se détourne si soudainement de moi, sans même s'en expliquer.

Dans l'envol de mes pensées, j'ai oublié le domestique patiemment figé devant moi et, d'un mot d'excuse, je l'invite à parler. Et ses mots m'immobilisent. Laurent. Laurent est à la porte de la demeure, demandant à me voir. Apparemment seul. Quelle folie, quelle Puissance l'a guidé jusqu'à moi, lui qui ne quittait un livre que pour se plonger dans un second ? Quelle trace ai-je laissé derrière moi qui ai indiqué ma retraite ? Il y a bien mon châle, égaré aux abords d'Euphoria mais quelle direction peut bien lui avoir indiqué un morceau de tissu sans importance, quand bien même je regrette de l'avoir perdu.
Une seconde d'indécision. Que faire ? Que répondre à cet envoyé ? J'ai bien souvent espéré, pendant le lent écoulement des heures, que viendrait le même où quelqu'un viendrait à moi, s’inquiéterait de mon sort et de mon bien-être. Jamais je n'ai imaginé que ce serait Laurent qui arriverait. Le calme et prudent Laurent, inconscient des dangers des routes d'Arven et aujourd'hui si loin de son royaume natal... Je n'ai pas la moindre envie de le voir en vérité. J'ai... peur. Peur de le voir lui aussi indifférent, peur qu'il ne soit venu en messager de son frère - pour quelle autre raison aurait-il quitté la sûreté des palais ? Mais si, vraiment, il a fait tout le chemin jusqu'à moi, je ne me sens pas la force de le repousser, quels que soient les motifs de sa visite. Alors d'un mot, je renvoie le domestique, porteur de mon assentiment, lui demandant en même temps de faire quérir une collation pour le voyageur.

Les secondes s'écoulent lentement, si lentement sur le fil de mon impatience, qu'elles me semblent durer des heures. D'abord assise, puis debout, je laisse mon regard se perdre sur les murs de ce petit boudoir attenant à la chambre qui m'a été gracieusement prêtée. Sur le bureau éclairé de soleil, reposent ces si nombreuses lettres que j'ai écris ces derniers temps sans oser en envoyer aucune. Il est plus simple de n'avoir aucune réponse que d'en attendre qui ne viendraient pas. Et finalement, je me rassieds en entendant des pas, caressant du bout des doigts la superbe couverture du recueil de légendes de Sombreciel que je compulsais tout à l'heure. Un grattement à la porte et la voilà qui s'ouvre.


« Bonjour Laurent. »

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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Mar 26 Mar - 13:36

J’ignore si elle voudra me recevoir mais cette pensée me laisse indifférent. J’essaie juste, pour la famille, pour l’enfant de mon frère. Je sais que j’ai apprécié Lisbeth, que nous étions complices, que je m’en suis voulu lorsqu’on l’a presque obligé à épouser mon frère. J’étais honteux et pourtant, aujourd’hui, rien ne me vient. Son sort me laisse indifférent. Je sais qu’au fond, ça n’est pas moi ça, que je ne suis indifférent à personne et pourtant… Pourtant, je suis là plus par devoir que par envie.

Dans le hall, je patiente, un peu mieux vêtu que depuis que j’ai quitté Brunante. J’admire la demeure, j’observe les tableaux mais la question s’impose à mon esprit. Pourquoi s’est-elle réfugiée ici ? Je ne comprends pas. Cela dit, Louis est sur les routes, un dragon occupant son corps. Plus rien ne devrait me surprendre ces temps-ci.
Je patiente en me posant mille questions dont je me fiche souvent des réponses ce qui ne me ressemble absolument pas. Quand ça concerne Lisbeth, rien ne m’importe, ça me travaille, ça m’irrite un peu. Mais enfin, j’apprends qu’elle veut me recevoir, alors autant y aller sans plus attendre avant qu’elle ne change d’avis.

J’entre dans la pièce. Un cadre somptueux, je suis presque jaloux de ne pas avoir pareil refuge à Brunante… Par les Puissances ! Mais je ne suis pas là pour ça, je suis là pour elle. Elle me salue. Je lui rends la politesse.

« Peut-être devrait-on prendre l'air, pour le bébé. »

Je ne parviens pas à m’inquiéter pour sa santé, je m’inquiète pour le bébé. Il y a des risques pourtant et je ne parviens même pas à m’en vouloir de réagir ainsi. De mon côté, je m’avance malgré tout, lui tendre ma main pour l’aider, de la politesse seulement. En privé, comme ici, je la serrais dans mes bras sans me soucier de quelques convenances. Je veux nous faire sortir, éviter les oreilles indiscrètes.

« Comment vas-tu ? » De la politesse, encore.

Je tente de paraître à mon aise mais je n’y parviens pas. Je sais que quelque chose cloche mais ça s’arrête là. Je m’en moque. Le bébé de mon frère, c’est le plus important. Il faut que je tente de la convaincre de retourner à Lorgol chez tante Freyja ou à Brunante, où elle le désire, mais dans la famille.

« Tu as perdu ceci. » Je sors son châle de mon sac et le lui donne.

Pour l’instant, j’évite le sujet, volontairement. J’ai besoin d’avoir des nouvelles pour rassurer Louis, pouvoir lui dire que son bébé se porte bien, qu’il ne risque rien, que Lisbeth ne fait rien d’inconsidéré pour l’enfant. C’est elle la mère après tout, alors pourquoi voudrait-elle lui faire du mal ? Je tente de taire ces craintes, visiblement infondée. Elle semble reposée et donc, il n’y a certainement aucun risque pour l’enfant. Je peux me détendre un minimum.
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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Mar 26 Mar - 14:38

Il a... changé. Alors qu'il entre dans la pièce, je m'en rends compte avec une surprise intriguée. Difficile pourtant de dire ce qui diffère réellement. Ce n'est pas quelque chose de visible, ni d'évident. Plutôt comme un subtil changement dans la façon dont il se déplace avec bien plus d'assurance que n'en a jamais eu ce cadet discret. La confiance de quelqu'un qui a pris son Destin en main. Serait-cela ? Peut-être et pourtant... Ce n'est pas tout. Il y a autre chose dans son attitude, qui ne lui ressemble pas. Et que je suis bien incapable de nommer ou comprendre. Il avance vers moi, je le salue d'un signe de tête bien distant et je me rends compte que j'ai peur, d'où cet écart que je place instinctivement entre nous, pour me protéger. Peur de ce qu'il pourrait avoir à m'annoncer. Car au fond, qu'est ce qui justifierait qu'il se mette en route jusqu'ici, apparemment seul ? Si ce n'est quelque malheur dont il devrait me faire peur... J'ai peur oui qu'il soit oiseau de malheur, désigné d'office comme messager pour ce tact et ce sens de la diplomatie qui le caractérisent et sont si peu propres à la famille de Brunante. L'empire - non, je dois cesser de penser à Arven ainsi - est sans dessus-dessous et nous vivons des jours si sombres... De cette retraite dans laquelle je suis retirée, je suis bien peu informée des nouvelles, exceptions faites des évènements majeurs. Il pourrait être arrivé n'importe quoi à nos proches que je n'en saurais rien. Ô Puissances vénérées, faites que mes craintes soient infondées...

Mais brusquement, mes angoisses s'évanouissent. Parce qu'il parle et que soudain je comprends, ce qui me dérangeait, ce que je ne comprenais pas. Ce qui manquait dans son regard, dans son expression au sourire étrange. La bienveillance. Cette prévenance envers autrui qui le caractérise. Oh il est inquiet, je le vois bien. Mais ses mots expriment trop clairement vers qui vont ses pensées. Ces mots qui me crucifient sitôt prononcés. L'indifférence m'a rattrapée. Quatre jours de silences, de regards vides avaient émoussés ma patience, flagellé mes nerfs à fleur de peau. Je suis partie en hâte en un réflexe immature, sans point de chute ni direction à donner à ma monture, espérant naïvement qu'ils s’inquiéteraient et me rechercheraient une fois leurs attitudes glaciales évaporées. Ici, où les regards glissent sur ma personne comme sur un quelconque élément de la décoration, je me suis convaincue qu'il n'y avait là rien d'anormal. Je suis habituée aux attentions chaleureuses des domestiques de Souffleciel, à l'efficacité pleine d'amitié d'Yseult qui depuis dix ans me suivait comme une ombre - ô combien me manque-t-elle ici. J'ai voulu croire que le détachement de ces gens qui m'entourent n'avait d'autre origine que leur inquiétude pour leur maîtresse.

Oui, l'indifférence de Laurent me crucifie, de même que ces mots qu'il ajoute avec un tel détachement. Lui l'enfant rieur que je prenais sur mes genoux, l'enfant curieux à qui je parlais d'Outrevent, toute fière de mon savoir nouvellement acquis. J'étais fière, du haut de mes trois ans de plus, de pouvoir lui expliquer tant de choses. Laurent que j'ai apprécié du plus loin que je m'en souvienne - au contraire de son insupportable aîné - et qui est aujourd'hui si distant. Qui aujourd’hui me poignarde en plein coeur.


« Il va bien. » Oui, ton neveu - ou ta nièce - se porte à merveille. Ton neveu. L'enfant de Louis. J'ai entendu toutes ces subtiles nuances dans cette question anodine. Et j'ai mal, si mal... C'est au plus profond de mon éducation que je puise la force de continuer encore, de ne pas seulement le mettre à la porte pour verser ces larmes qui me brûlent les paupières, me labourent le ventre et le coeur comme autant de griffes impitoyables. Et rien ne peut apaiser la douleur fulgurante qui se propage en moi, pas plus les coups légers portés par mon bébé - MON enfant - que la douce chaleur de mon familier invisible venu se blottir contre mon cou en signe de soutien. Au terme d'une profonde inspiration, je le remercie pourle châle, sans pour autant esquisser le geste de le prendre.
« Comment es-tu parvenu jusqu'ici ? » Je regrette mon impolitesse alors que les mots s'échappent de mes lèvres mais demander de ses nouvelles m'est trop douloureux. Car à le voir devant moi, visiblement en bonne forme, c'est pour Louis que je m'inquiète. Je ne lui ferait pas subir la même douleur qu'il vient de m'infliger à feindre de m'enquérir de lui.

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Dernière édition par Lisbeth de Brunante le Mer 27 Mar - 2:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Mer 27 Mar - 2:36

Mon initiative de venir ici, de prendre cette route pour la retrouver… Je me rendais compte que j’avais fait cela pour mon frère. Peut-être pour l’apaiser, qu’il sache que son enfant allait bien. Pourtant, quelque chose m’avait poussé à ne mentionner à personne pourquoi je venais jusqu’ici. À Louis, je ne pouvais envoyer aucun lettre, je ne savais pas où il serait demain ou dans une semaine. J’avais simplement envoyé ma destination à ma tante Freyja, pour la rassurer que j’allais bien, la laisser me retrouver si l’envie lui en prenait. Je savais que si je ne l’avais pas fait, elle m’aurait trucidé.
Peut-être n’avais-je rien dit en souvenir de ma complicité avec Lisbeth, en souvenir du réconfort qu’elle m’avait apporté quand j’étais petit, en souvenir de ses attentions envers moi car clairement, je n’avais pour elle qu’une indifférence étrange mais pourtant présente. Mes seules inquiétudes étaient pour l’enfant de mon frère. Leur enfant. Je devais chaque fois me rectifier, cet enfant était aussi celui de Lisbeth. Je m’agace moi-même car je me sais différent de celui que je suis réellement, face à elle, je suis froid, indifférent et je suis mauvais comédien pour ceux qui me connaissent bien. Oui, je m’agace de moi-même et pourtant, son jugement me laisse de marbre.

J’ai laissé Fleur seule pour venir ici et une partie de mes inquiétudes lui sont destinées et quand Lisbeth répond à ma question, je ne réagis que de justesse. L’enfant de mon frère… leur enfant va bien. Je suis soulagé, réellement d’apprendre qu’il n’y a aucun problème.

« Les Puissances puisse-t-elle y veiller. » La réflexion est ainsi sortie de ma bouche. Elle n’a rien de convenable, j’en suis conscient mais le soulagement m’a échappé. Ce qui n’a rien de poli. Je m’en excuse, pas politesse et par convenance, non pas pour réellement m’excuser mais bel et bien parce qu’on m’a éduqué ainsi.

Elle ne prend pas son châle, je le dépose donc à ses côtés. La question qu’elle me pose ne me surprend pas le moins du monde.

« Ton châle. Je l’ai trouvé par le chemin que tu as emprunté, je suppose. Je n’ai eu qu’à suivre la route, à poser quelques questions. Je savais que je finirais par trouver, j’ai eu de la chance. Et puis, c’était la moindre des choses, tu es de la famille. » Cette phrase n’est en rien chaleureuse dans ma bouche, ce qui aurait dû être le cas. « De plus, je devais m’éloigner d’Euphoria. »

Je ne pense même pas à lui dire que je suis fiancé, bientôt marié. Qu’elle se réjouisse pour moi me laisse tout aussi indifférent que le reste. Je ne vois donc pas de raison d’en parler même si je suis, je dois l’avouer, très fier du tour que Fleur et moi avons joué à ses frères et de celui que nous allons jouer à nos familles.
Oui, son avis devrait m’importer mais il ne m’importe pas. Je préfèrerais d’ailleurs qu’elle reprenne la route pour Lorgol, Ansemer ou Souffleval pour ne pas avoir à m’inquiéter de l’avenir de l’enfant de mon frère. De leur enfant.
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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Mer 27 Mar - 8:04

« Les Puissances puissent-elles y veiller. »
Ô la spontanéité avec laquelle lui sont venus ces mots, le soulagement que traduit son expression plus sereine. Bien sur je souhaite que les Puissances protègent l'enfant que je porte et quiconque en fait la prière devrait toucher mon coeur de mère qui grandit de jour en jour tandis que s'affine le lien ténu que je partage avec mon bébé. Mais se rend-t-il compte de toute la douleur que me cause cette phrase ? J'en reste suffoquée, incapable d'ajouter un mot tandis que mes yeux s'embuent. Faudra-t-il qu'il me poignarde dix fois pour que je comprenne qu'il se fiche réellement, éperdument de mon sort ? En répondant ainsi à sa question, je lui ai apporté la réponse qu'il espérait. Pas celle qu'il demandait. De moi, il ne souhaite pas en savoir davantage et cette constatation me blesse. Nulle duchesse héritière ne peut grandir sans le sentiment de son importance, aussi grandes que soient l'humilité et les autres qualités qu'on peut lui enseigner et j'ai toujours eu la fierté de ma lignée, de ma famille. Mais pour autant je n'ai jamais, au grand jamais considéré que je devais asser au premier plan. Je me suis tenue au second plan derrière Liam, ravie d'être seulement autorisée à habiter son ombre. Arriver sur le devant de la scène politique d'Arven m'a effrayée tant je me sentais indigne de la stature de mon aîné... Non, je ne pense pas être de ces nobles affreusement imbus d'eux-mêmes et de leur importance. Mais voir ainsi un ami, presque un frère, se désintéresser de mon sort pour n'avoir en tête que la santé de de l'enfant de son frère...

Un instant encore, je soutiens son regard malgré les larmes qui perlent dans le mien, ces larmes quotidiennes que je refuse catégoriquement de laisser voir devant lui. Et finalement je détourne les yeux. A quoi bon, puisqu'il n'en a que faire ? Mes prunelles se perdent sur la couverture du livre que je n'ai pas lâché, mes doigts en effleurant la délicate reliure. Travail de maître que celui qui fut réalisé sur cet ouvrage magnifique dont le violet profond n'est rehaussé que de délicats filigranes d'or. Même si je n'ai pas été capable de me concentrer bien longtemps sur les contes de Sombreciel, je voudrais maintenant m'y replonger, congédier Laurent qui me supplicie par son détachement.
Qu'ai-je fait qui me vaille ce comportement nonchalant ? Quelle erreur, quelle faute ? Liam aurait pu me reprocher de ne m'être pas avancée pour l'aider au coeur du cataclysme - accusation infondée quand Eimaren sait combien étaient grands mon désir de le rejoindre et ma colère envers Louis qui m'en empêchait. Lui-même pourrait m'en vouloir de n'avoir pas d'abord pensé à la sûreté de notre enfant. Quand aux autres, ils avaient tous maints chats à fouetter, trop à penser pour que je m'inquiète. Mais un mois et demi plus tard et de la part d'un garçon, d'un homme - je dois cesser de penser à lui comme à un enfant insouciant - dont le coeur est guidé par la compassion et l'amitié... Quel motif à cette distance entre nous ?

En quête de réconfort, je tourne la tête pour sentir sur ma joue la caresser de cette chaude fourrure invisible aux yeux étrangers. Accepter ma magie, accepter Elahïs dans ma vie est sans doute la seule chose censée que j'ai pu faire au cours des dernières semaines. Et si d'elle, je ne sens pas grande amitié émaner - quoi d'étonnant quand je l'ai négligée pendant presque un an - elle n'en ressent pas moins ma détresse, tentant d'y pallier dans la mesure de ses moyens. Et ce soutien, le seul sur lequel je puisse compter aujourd'hui, me rassérène en partie. Mais nous ne sommes pas seules actuellement et il me faut continuer cet entretien pour pouvoir l'abréger, malgré mon peu de désir d'être meurtrie encore. Je repousse les questions qui m'envahissent l'esprit, les inquiétudes que je ressens pour tous ceux dont je ne sais plus rien depuis plus d'un mois.


« Qu'es-tu venu faire ici Laurent ? Que veux-tu ? » Ce n'est certes pas ce que j'aurais voulu dire, bien que la réponse m'importe. Qu'il me dise que seule la santé de mon enfant l'inquiétait et je me ferais une joie de le reconduire dès maintenant. Ma voix est lasse, mon regard plus dur, plus triste, ne dissimulant en rien l'amertume qui me me brûle.

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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Sam 11 Mai - 8:44

Revoir Lisbeth, la retrouver ne m'émeut pas le moins du monde. Je suis inquiet pour une seule chose... l'enfant de mon frère. Ce bébé si précieux. Tout ce que j'ai pu éprouver pour Lisbeth me semble aujourd'hui bien ridicule, sans valeur quelconque. Pourtant, je suis là parce que je me devais de la retrouver puisque lui, lui ne peut le faire à cause d'un dragon occupant son cœur et voilant ses yeux.
Mes pensées se tournent vers Fleur, ma Fleur que je désire retrouver au plus vite car maintenant qu'elle chemine avec moi, je me sens être un homme meilleur et un homme entier. Respecter ses volontés n'est pas simple mais je m'y plie car tel est ce qu'elle veut. Sa parole en mon cœur fait loi et être ici ne m'apporte rien car je ne peux forcer Lisbeth à me suivre.

Je darde sur elle un regard que je tente de rendre neutre mais je n'y parviens pas. Ses sentiments me laissent de marbre. Je suis froid, distant, incapable de m'intéresser à elle réellement. Sa souffrance m’indiffère, sa douleur également. Je la lis dans ses yeux mais mon attitude ne change guère. Un jour le regretterais-je peut-être. Je vois des larmes, elle détourne les yeux, je reste debout, fixement inquiet pour l'enfant qu'elle porte. Je sais au plus profond de moi qu'il ne lui arrivera rien mais je ne parviens pas à penser à autre chose... Surtout quand mon frère est incapable de suivre le chemin qu'il désire suivre. J'ai vu la mer lui manquait et je commence à comprendre son amour des voyages. Fleur me revient en tête mais il n'est pas l'heure d'aller la rejoindre. Mon devoir est ici et je ferais ce que je dois faire.

« Je te l'ai dit. Je suis venu m'assurer que vous alliez bien. Je me dois de donner des nouvelles à Louis. De plus, comme je te l'ai dit, il fallait que je m'éloigne d'Euphoria impérativement. Il ne serait pas bon, ni pour ma promise, ni pour moi d'y rester. J'ai voulu... » Je ne dis pas vous, je me retiens, je parle d'elle, c'est plus courtois. « ...te retrouver avant de pouvoir me marier et ensuite prendre la route de Rocnoir pour rejoindre Eram. »

Rejoindre mère et père serait une grave erreur de jugement. Elle m'arracherait la tête avec aplomb et les seules personnes à qui je pouvais parler de Fleur n'était autre que ma tante, mon oncle et mon frère.
Dans ma voix, le mot mariage a résonné. J'ai trouvé celle que j'aime et je ne peux concevoir de m'en éloigner. Peut-être est-ce justement la clef de mon absence de sentiments envers Lisbeth. Elle a fuit l'homme qui l'aimait, cela ne se fait pas. Car je le sais, mon frère l'aimait, quoi de plus normal, il l'avait épousée non ? Que son sort ne la préoccupe plus ? Là encore, c'était normal... Que la famille semble si froide, également. Elle avait fuit.
Je ne sais pas tout, mais je sais cela, même si je me sens négligent et impoli, peut-être ai-je des raisons d'agir comme je le fais.

« Es-tu sûre de ne pas vouloir prendre l'air Lisbeth ? »

Nos conversations ne regardent personne et je n'aimais pas bien l'avoir ici, dans un lieu que je ne connaissais pas, appartenant quelqu'un d'autre.
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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Dim 12 Mai - 12:43

Je voudrais le gifler. Tempêter et protester pour lui faire prendre conscience de la douleur infinie qu'il me cause. Ne la voit-il pas ? N'a-t-il pas perçu ces larmes que je contiens difficilement ? De la part d'un observateur tel que lui, pareille supposition est... improbable. Absurde. Et pourtant, je ne peux croire qu'il la constate avec tant d'indifférence. Cela lui ressemble si peu... Mais je ne peux justifier le détachement de sa voix, l'intérêt manifeste qu'il porte à mon bébé sans le moindre égard pour ma santé et mes sentiments. Je ne sens que trop la fausseté de ses vouvoiements quand il « nous » évoque, mon enfant et moi, en ne se préoccupant de toute évidence pas de moi. Et cette fausseté... Ce n'est pas lui. Lui qui est intègre, droit. Lui, le plus outreventois des de Brunante...
Et des mots qu'il prononce, de l'évocation de Louis ou de son mariage proche, je ne sais ce qui me brise le plus. Est-ce l'idée qu'il va se marier, l'enfant d'hier ? Qu'il a trouvé une femme qu'il aime et à qui il souhaite se lier pour l'éternité ? Qu'il s'apprête à célébrer mes épousailles en les mentionnant ainsi sans même me proposer de m'y rendre ? Ou est-ce le nom de son frère qui me blesse ? De seulement l'entendre, j'ai le coeur qui vibre et s'emballe, alimentant la pression de mes larmes au souvenir des dernières heures que j'ai passé avec lui.

« C'est lui qui t'envoie ? » Mon ton s'est fait plus sec, plus incisif, repoussant du même coup les pleurs trop prompts à venir. J'ai seulement... mal. Mal d'imaginer qu'après tout ce que nous avons vécu, Louis se contente de m'envoyer son cadet pour s'enquérir de la santé de son enfant. Qu'il ne se déplace pas en personne pour venir s'excuser de sa froideur insupportable qui a succédé à ce qui aurait du être le plus beau jour de nos vies. De notre vie commune. Une main sur mon ventre pour en soutenir le galbe de plus en plus prononcé, je me suis levée pour toiser ce messager de la lâcheté à qui je tourne finalement le dos, les yeux tournés vers la fenêtre proche. Mes doigts, proches du bureau en acajou qui habille un mur de la pièce, viennent effleurer ce parchemin que j'ai écris voilà plusieurs semaines. Ce parchemin, le premier, à exprimer mes sentiments. « Tu ne lui diras rien. Je refuse que Louis sache où je suis ou comment je vais. Si tu m'as trouvée, c'est que la tâche est réalisable. A lui donc de venir. De lui-même. Et pas parce que tu lui auras une fois de plus préparé le terrain. » Oui, je suis égoïste. Mais après ses regards si lointains, sa distance inexpliquée au lendemain de notre mariage, j'estime avoir le droit d'attendre davantage de mon.. époux qu'une simple demande de nouvelle par le biais de son frère.

Avant que Laurent n'ait pu me répondre, me fustiger pour cela, je lève une main pour l'inciter au silence.
« Inutile de me dire que tu ne peux pas faire pareille chose. Tu voulais prendre des nouvelles. Fort bien, c'est chose faite. Quant à Louis, c'est à lui de venir, de prendre ses responsabilités. Je ne te laisserai pas partir d'ici sans la promesse de ton silence. » Je me retourne pour venir darder mon regard dans le sien une nouvelle fois, avec un brin de férocité dans les prunelles. « Sans quoi je m'en irais. J'a prévu de rester ici jusqu'à la naissance de l'enfant pour ne lui faire courir aucun risque mais si tu m'y contrains en ne respectant pas mon souhait, je n'hésiterais pas à partir. Tu ne voudrais pas mettre en danger ton neveu, n'est-ce pas ? » Mon ton s'est fait doucereux sur cette dernière menace. Mensonge, évidemment. Jamais je ne permettrai que mon enfant soit meurtri par quelque acte inconsidéré de ma part. Mais je ne suis pas de celles qui font d'ordinaire des menaces en l'air et promettent à tous les vents. Reste à espérer que celle-ci, forte de ses prédecesseures, sonnera tout aussi sincère.

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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Sam 3 Aoû - 3:23

Oh par toutes les Puissances, que j’aimerais être partout ailleurs qu’ici. Le poids de la raison est un véritable poison et plus que jamais j’en ai conscience. Cette conversation m’épuise et me rend amer. Plus j’y pense et plus il m’est difficile de cacher que je me moque éperdument de ma belle-sœur. Une belle-sœur que j’ai autrefois chéri avant tout en tant qu’amie et parfois même modèle. J’ignorais que des sentiments si bons pouvaient se muer en véritable indifférence. La vie est pleine de surprises et si je n’ai que quelques pistes, cela reste étrange à expérimenter. Pourtant, je n’éprouve aucune empathie pour elle, je m’agace même légèrement intérieurement ce qui n’est pas dans mes habitudes.

- Non, ce n’est pas mon frère qui m’envoie. Je suis ici de mon propre chef. Je t’ai cherché par ma propre initiative.

Je patiente car il le faut. Je sens qu’elle va poursuivre et qu’il m’incombe d’écouter ce qu’elle a à dire… au moins en souvenir des bons sentiments qui étaient les miens en vers elle, envers celle qui, quoi qu’il arrive, fait partie de ma famille bien que cela me laisse de marbre.
Ne rien dire à Louis… puis-je seulement me taire ? Elle a fui son mari, mon frère, sa nouvelle famille. Mais après tout, cela ne me regarde pas. J’ai ma propre vie à construire et je ne peux me mêler éternellement de leurs querelles incessantes. Ai-je le droit d’agir en égoïste ? Oui, je le pense. J’ai mes propres responsabilités à assumer et bien que cela ne soit guère très respectable de ma part, je me tairais comme me le demande Lisbeth. Je ne sais si elle mérite que je mente par omission mais je dois le faire parce que finalement, ce ne sont pas plus mes affaires que celles de Fleur. J’ai maintenant quelqu’un à aimer et à protéger, car je l’aime de tout mon cœur. Tous m’ont longtemps considérer comme un enfant, je n’en suis plus un, il est temps que tous le comprennent.

- Si tu m’avais laissé parler, je t’aurais dit que mon silence t’était acquis. Il est mon frère, tu es sa femme et vos querelles ne font pas parties des choses que j’ai à résoudre à l’heure où nous parlons. Certes, le devoir et la raison m’obligeraient normalement à en parler, à prévenir quelqu’un mais je serais bien mal avisé de le faire puisque je ne suis ni devoir ni raison depuis quelques temps. Reste ici Lisbeth et garde tes menaces, personne ne saura, j’en fais la promesse et tu sais que je m’y tiendrais.

Plusieurs sous-entendus ce sont glissés dans mes mots, je m’en rends compte à présent. Mon indifférence est à présent manifeste, mon impatience aussi. Dans ces mots, je mentionne à demi-mot qu’ici, je pourrais la retrouver facilement. Qu’ici, je sais que mon neveu sera en sécurité.

- As-tu un autre vœu à formuler ?

Le souvenir de mon respect pour elle m’oblige à poser cette question, le poids de mes convictions…
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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Ven 9 Aoû - 15:07

Un instant - ô si bref instant - j'ai senti mon coeur s'ébattre en ma poitrine nouée. Ainsi donc il est venu de lui-même ? M'a cherché sans être l'envoyé de quiconque ? Ces mots sont doux à mes oreilles, m'insufflant l'espace d'une seconde la douce impression de compter à ses yeux. Mais très vite, son ton morne, la flamme d'indifférence qui anime son regard me ramène à la douloureuse réalité : il ne se préoccupe nullement de moi. Seulement de mon enfant, de son neveu. Un frisson glacé me parcourt tandis que je constate une fois encore cette distance insupportable qui nous sépare. Par les Puissances, où est-il l'enfant qui jouait dans mes jupes ? Ce petit garçon timide que je défendais et protégeais contre son aîné, autant par affection pour ses yeux bleus que pour faire enrager son frère ? Où est-il l'adolescent discret, passionné ? Dans l'adulte vaguement ennuyé qui me fait face, je n'en retrouve aucune trace. Vaguement ennuyé ? Non. Il n'est qu'impatience et contrariété l'homme qui me fait face, cet inconnu aux traits pourtant si familiers...

La froideur calculatrice avec laquelle je l'ai menacé de mettre en danger les jours de mon bébé a fondu telle neige au soleil pour seulement laisser la place à une lassitude profonde. Je suis épuisée... Qu'il s'en aille donc ! Puisqu'il se moque de mon sort, puisqu'il ne comprend aucune des raisons qui m'ont poussé à partir, qu'il s'en retourne le Hasard sait où. Pourvu que ce soit loin de moi. Néanmoins, avant de le congédier dans les formes, je prends le temps de réfléchir à cette dernière question, formulée à brûle-pourpoint. Oui, Laurent, je sens que tu n'auras de cesse de pouvoir quitter cette pièce, tu ne me le fais que trop sentir... Cependant, il est une dernière faveur que j'oserais te demander. Peut-être...


« Une dernière chose, oui... Je souhaiterai que ton silence s'étende à chacun. Nul n'a besoin de savoir où je me trouve pour le moment. J'ai besoin de repos... Pour le bébé. » Sans doute ces trois mots seront-ils précision inutile - j'espère pouvoir encore compter sur la légendaire discrétion de Laurent en toute circonstance - mais j'ai préféré les ajouter, espérant qu'ainsi, il respectera entièrement mon choix. « Mais je souhaiterai également tu donnes de mes nouvelles à Liam. Seulement pour le rassurer sur mon état, sans lui confier où je me trouve. Et... » Du bout des doigts, j'effleure de nouveau ce parchemin scellé que je n'ai pas osé envoyer, cette lettre d'aveu, d'explications, d'amour que je voudrais tant voir remise à son destinataire. Une seconde durant, je suis prête à la lui confier, cette missive qui me tient tant à coeur. Juste avant d'y renoncer, retrouvant trop dans ce regard bleu la cruelle indifférence dont m'a gratifiée Louis au lendemain de notre mariage. « Non, rien. Ce sera tout. Juste... Sois heureux. »

Sois heureux, oui. Car en dépit de ces blessures profondes que tu ouvres aujourd'hui en mon coeur, tu n'en demeures pas moins un ami, un frère même. Un ami qui ne saurait me cacher l'allégresse de son coeur quand je la lis en chacune de ses phrases.

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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Mer 14 Aoû - 6:03

Oui, j’aimerais être partout ailleurs sauf ici. L’amour que je ressentais pour Lisbeth n’est plus et si cela me perturbe vaguement, la relation privilégiée que nous avions n’est plus. Les souvenirs restent mais pas les sentiments, si la leçon est étrange, il semblerait que je ne puisse rien y faire, toute trace de sympathie m’a déserté en ce qui la concerne. Chaque étincelle est étouffée, ainsi vont les choses, peut-être. Quoi qu’il en soit, mes sentiments pour Fleur sont eux, bien réels et elle m’attend, seule, je m’angoisse donc de pouvoir la rejoindre au plus vite et de laisser ma belle-sœur à sa vie, qu’elle a choisi loin de nous en partant ainsi.

« Je ne dirais rien à personne si tel est ton souhait. Mais puisque je suis le seul à savoir où tu te trouves, je te tiendrais informée de mes déplacements, pour qu’en cas de problèmes, tu puisses me prévenir. » Je devais le faire car tel était donc devenu mon rôle. Par défaut, je devais veiller au mieux sur elle, même si j’avais d’autres choses à faire. Elle portait tout de même l’enfant de mon frère, mon frère qui se trouvait, pour l’heure, dans une fâcheuse posture. Cette famille me rendrait fou. « Je donnerais de tes nouvelles à Liam dès que cela sera possible sans lui dire où tu te trouves. Dois-je en donner également à Louis ou bien veux-tu que je me taise ? »
Malgré moi, l’intonation de ma voix est chargée de reproches. Pourtant, je ne sens cela que parce que la chose touche mon frère. Même les sentiments que je croyais négatif à son égard n’en sont pas. Elle m’indiffère réellement et ça… ce n’est pas normal. Les passions sont le propre de l’homme, que celles-ci soit positives ou négatives, être indifférent à ce point n’est pas chose normal mais je n’arrive pas à m’en inquiéter ou bien à vouloir m’en inquiéter. Même moi, je ne me reconnais pas et la chose me dérange profondément. Le malaise que je ressens quand à ma propre attitude me pousse à vouloir m’en aller également au plus vite.
Quoi qu’il en soit, je devais donner des nouvelles à Louis, il me faudrait ruser car je ne savais ni où il se trouvait à présent, ni pourquoi il parcourait Arven de la sorte. Je ne savais que bien peu de choses à ce sujet.

« Je serais heureux, sois-en sûre. J’ai trouvé le bonheur et ce bonheur m’attend, à condition qu’on ne m’en prive pas, ce qui serait bien dans les projets de maman si elle l’apprenait prématurément. » Je me confie plus par politesse que par envie. Oui, je vivrais mal le fait que l’on décide à ma place ce qui serait bon pour moi et je ne doutais pas un instant qu’on veuille décider à ma place. C’était l’habitude familiale de choisir ce qui était bon pour les autres et là, je devais bien avouer que je ne me plierais plus au bon vouloir des autres.
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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Jeu 29 Aoû - 7:15

Tout ira pour le mieux. Ou du moins, je veux le croire. Encore. Est-il possible que je conserve tant de naïveté quant aux cours des événements ? Après tant et tant de douleurs, de sang versé, de larmes... J'ignore comment je peux encore espérer en l'avenir. Pourtant elle demeure, cette petite flamme d'optimisme qui a toujours animé mon coeur. Vacillante et faible, certes. Mais toujours présente. Qu'ai-je de toute façon à craindre qui ne m'ait d'ores et déjà été infligé ? Mon père a rejoint nos ancêtres. Nos terres sont tombées entre les mains d'une gourgandine sans plus de fierté ni d'honneur qu'une fille des rues. Mes proches me délaissent, me rejettent, m'accablant de fautes dont je ne sais rien... Au moins sauront-ils que je suis en vie, en bonne santé de même que l'enfant que je porte. Enfin non. Pas tous. Seulement Liam. Freyja, éventuellement. Mais à entendre la question de Laurent, je sais que non, définitivement, je ne souhaite pas qu'il informe Louis de quoi que ce soit.

« Non... non, pas Louis. » S'il veut savoir comment je me porte, comment son enfant se porte, il n'aura qu'à me rejoindre. Peut-être est-ce là une réaction bien égoïste, puérile même. Mais je veux qu'il me cherche, qu'il vienne parce qu'il souhaitera me trouver et non parce qu'il aura été renseigné de quelque façon que ce soit. Pourtant... J'aurais tant à lui dire. Tant à lui expliquer, sur mon départ, sur l'interruption qui a troublé la cérémonie de notre union... Tant de choses exprimées dans ce parchemin scellé de l'étoile d'Outrevent... Des mots que j'ai eu tant de mal à écrire... Et qui me hantent depuis.
Je n'écoute qu'à peine la réponse de mon beau-frère concernant son bonheur à venir, n'y répondant que par un léger hochement de tête. Trop blessée pour davantage le féliciter, trop touchée en même temps de le voir ouvrir ses ailes pour ne pas lui manifester mon soutien par un mince sourire.
« Alors, je ne te retiens pas davantage loin d'elle. Que les Puissances te veillent. »

Comme s'il n'avait d'autre hâte que de me rendre à ma solitude - au moins nos désirs concordent-ils sur ce point -, il se lève sans attendre et regagne la porte après un bref salut, que je lui rends pour finalement le rappeler avant qu'il ne s'éloigne trop. « Laurent, attends ! ». Mes doigts sont venus se crisper autour du parchemin, de cette lettre que je n'osais envoyer et que je tends aujourd'hui à celui que j'ai choisi pour être son messager. « Pourrais-tu... Si tu en as l'occasion, pourras-tu remettre ceci à Louis ? C'est... peu importe. S'il te plait. »


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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Jeu 29 Aoû - 11:40

Je ne souhaite réellement qu’une chose, partir. Partir au plus vite, retrouver Fleur. Nous avons du temps à partager et plus encore à découvrir l’un de l’autre et du monde qui nous entoure. Enfermés chacun à notre manière par nos familles, nous n’avons jamais pu apprendre à vivre nos vies. Voilà chose faite, nous avons pris nos décisions, qu’elles plaisent ou non.

Pas Louis… Évidement. Je ne pourrais hélas pas tenir cette promesse, la chose est impossible. Dès que j’aurais une piste de l’endroit où il se trouve, je l’informerais au moins de l’état de sa femme et de son enfant. Il est concerné et je ne peux pas l’évincer de la sorte de sa propre vie, ce serait injuste. Si je suis injuste avec Lisbeth, je ne peux pas l’être avec mon propre frère. Je mens, je mens honteusement et pourtant, je suis étrangement convaincant.

« Bien. Il n’en saura rien dans ce cas mais je désapprouve, il s’agit de son enfant également. » Je vois à ses yeux qu’elle ne me répondra pas, hélas. J’ai raison, elle doit le savoir, elle ne peut pas ne pas le savoir. Ne pas se rendre compte.

Mais ces histoires ne sont pas les miennes, ma vie m’appartient désormais et je ne compte pas me priver de vivre malgré tous les tourments qui m’entourent. J’agirais quand je le pourrais, comme je le pourrais. Je ne suis ni lâche, ni irresponsable mais je ne suis pas idiot pour autant. Que puis-je faire actuellement si ce n’est ce que je viens de faire ?

À sa réponse, je me lève pour regagner la porte, m’en aller retrouver Fleur qui m’attend sûrement. Mais à peine ai-je fait quelques pas que la voix de Lisbeth me demande d’attendre. Bien, j’attends. Je me retourne, le regard empli de questions et le parchemin qu’elle tient dans sa main crispée me fait comprendre qu’il me reste une tâche à accomplir. Soit, je m’en acquitterais puisque le rôle de protecteur semble me revenir.

« Je lui remettrais dès que j’aurais de ses nouvelles, dès que je saurais où le trouver. Je te le promets. Personne ne lira tes lignes. » Je n’aimerais pas que l’on lise mon propre courrier, aussi, j’en ferais autant pour elle malgré toute l’indifférence à son égard qui habite mon cœur.

« Je reviendrais te voir lorsque tu en feras la demande, je tiendrais ma promesse et te dirais où je me trouve. » Je me retourne, la saluant poliment à nouveau. Une fois les portes passées, je sens léger mais le malaise persiste au creux de mes entrailles. J’ai cette impression très vague, presque inexistante que ce qui vient de se passer entre elle et moi, n’est pas une attitude que je suis censée avoir à son égard en tant qu’être humain.
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MessageSujet: Re: Suivre une piste, fuir et espérer [Lisbeth]   Jeu 29 Aoû - 11:40

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