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 Le frisson de l'aventure...

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MessageSujet: Le frisson de l'aventure...   Dim 24 Fév - 5:49




11 octobre 802
Le frisson de l'aventure...
...n'est rien face à la peur et l'impatience de te voir !
  • Nom des participants : Fleur Acier-Chantant & Laurent de Brunante
  • Statut du sujet : Privé
  • Date : 11 octobre 802
  • Moment de la journée & météo : Début d'après-midi, vent froid
  • Saison 2, chapitre 1



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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Dim 24 Fév - 7:36

Ô, moult sentiments conflictuels t'habitaient depuis ton départ de ta paisible bourgade pour Euphoria en compagnie de tes frères.

L'émerveillement était sans doute le plus fort, en toi, qui voyageait pour la première fois, qui découvrait autre chose que les horizons limités auxquels tu étais habituée. Tu étais béate d'admiration devant chaque nouveau paysage, devant chaque élément inattendu ou seulement devant un quelconque détail qui attirait ton attention, toi qui te comportait habituellement comme si plus rien n'avait de mystère pour toi, comme si tu régnais sur l'univers qui se présentait à toi - ce qui était un peu ton cas, à toi, l'intrépide Fleur qui connaissait comme ta poche l'endroit qui t'avait vu grandir, menait garçons et filles à la baguette, grâce à ton charisme et ta volonté de t'affirmer.

Et pourtant, devant toutes ces merveilles, tu étais muette, tu avais les yeux grands ouverts. Qu'il était surprenant de voir que tout ce que tes livres pouvaient dépeindre était nettement en deçà des merveilles que tu avais sous les yeux. Ton manège digne d'une enfant amusait autant qu'il agaçait tes frères, qui en venaient à regretter d'avoir cédé à tes insistances pour les accompagner. Mais tu le voulais tellement, cultivant un espoir si secret et si cher à ton cœur, que tu avais été plus convaincante que d'habitude et qu'ils s'étaient rangés à ton opinion. Si auparavant il ne s'agissait que d'un amusement que d'argumenter avec eux pour qu'ils t'emmènent, l'enjeu était tout autre cette fois et ta fermeté dans votre discussion, ta rage de lionne, l'avait prouvé et t'avait donné raison.

C'est donc pleine d'excitation que tu étais partie, et tu n'avais pas été déçue durant le trajet, bien que celui-ci t'ait semblé particulièrement long. L'impatience de découvrir la ville et les trésors qu'elle recelait t'étreignait, mais ça n'était pas la principale cause de ton empressement à arriver. Bien que Laurent et toi n'ayez jamais soumis par écrit la possibilité de vous y voir, vous aviez l'un comme l'autre évoqué votre présence dans cette même ville, coïncidence hautement improbable. Tu n'avais donc pu t'empêcher de lui envoyer un billet, signé Iris de Fer-Sifflant, en espérant qu'il comprendrait, lui détaillant ton programme de la journée et le sommant de le brûler sitôt lu. Le rouge t'était monté aux joues, alors que tu le confiais à une employée de l'auberge afin qu'elle le lui remette, lui promettant une récompense à son retour, tout cela dans le dos de tes frères bien trop occupés à boire et à lorgner les décolletés avantageux de jeunes femmes de petite vertu, sous ton regard méprisant mais toutefois soulagée d'avoir fait cela sans même qu'ils aient remarqué ta présence brève hors de ta chambre.

Tu avais passé une nuit agitée, ce soir-là, probablement causée par l'espérance, l'inquiétude et la fébrilité que tu ressentais à l'idée de la possibilité de rencontrer Laurent. Ô, cette idée te mortifiait autant qu'elle t'enchantait. Tu ne parvenais pas à croire qu'une demoiselle telle que toi puisse intéresser un jeune homme tel que lui, c'était d'ailleurs ta plus grande hantise depuis votre premier échange suite à cette lettre égarée : qu'il ne soit soumis qu'à un étrange sortilège et ouvre les yeux incessamment sous peu.

Tu avais toutefois suivi ton programme à la lettre, convaincant avec difficulté mais avec fermeté tes frères de te délaisser pour préférer la compagnie des boissons de la taverne. Tes yeux n'étaient pas suffisant pour capter toutes les images qui s'y présentaient, dans cette ville pour le moins étrange où se côtoyaient luxe et luxure, passion et amour, folie et esprits sains. Tu étais quelque peu effrayée, à vrai dire, par tout cela, mais la force et l'espoir qui t'animaient t'empêchaient de rebrousser chemin, d'abandonner ta folle entreprise. Tu contemplais les nécessaires à écrire dans cette devanture de boutique depuis quelques minutes déjà, hésitant à entrer, le froid mordant t'assaillant.


Dernière édition par Fleur Acier-Chantant le Mer 10 Avr - 8:32, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Dim 24 Fév - 11:22

Prendre la mer, ensuite prendre les routes pour retrouver mon frère. Tout ça était fait et pourtant, j’étais encore à Euphoria. Une seule raison avait pu me pousser à m’attarder ici et cette raison valait toutes les raisons du monde.
Si vous n’aviez rien réellement précisé dans vos lettres vous saviez très bien ce qu’il en était. Je ne savais si cela arriverait et si par malheur elle arrivait alors que j’étais parti, j’en aurais gros sur le cœur, pourtant c’était un risque. Aussi, quand je reçu une lettre d’une certaine Iris de Fer-Sifflant, je souris. Aucun doute, cette femme était celle qu’il me fallait, vive d’esprit et prête à braver le monde. Je ne voyais pas ma vie sans elle. J’avais mémorisé chaque ligne du message et je l’avais brûlée comme elle me l’avait demandé. Vaquant à quelques occupations salutaires, j’attendais malgré tout le moment qu’il fallait, l’absence de ses deux frères, sa présence face à la boutique qu’elle avait mentionnée.

Me dissimulant sous le nom de Liévain Marchebrume, je n’étais pas facilement repérable. Ce nom m’était venu sur les routes lorsqu’il m’était apparu qu’il était hors de question de donner ma véritable identité. Et puisque cette envie de voyage était bien neuve, je ne risquais rien avec ce nom.
J’attendais et pour tout dire, je tournais en rond intérieurement accoudé à ce mur. Je guettais sa venue, ma tendre et douce Fleur… Quand je fus assuré que c’était bien elle, je m’approchais, lui murmurant à l’oreille.

- Douce Iris, flamme de mon cœur. Dans le pire des cas, je me prenais une gifle mémorable, dans le meilleur des cas, tout se passerait bien.

J’avais envie que tout se passe à merveille, nous n’aurions pas beaucoup de temps pour nous voir et pour nous parler. Il fallait que tout se passe bien car je voulais lui plaire, lui montrer qui j’étais, que j’avais autant de valeur qu’elle le croyait.
Ses yeux superbes, sa chevelure, en être si proche en sachant que j’en étais si loin en même temps serait quelque chose de très difficile à gérer. Si je l’aimais ? Je n’en avais aucun doute. Elle était faite pour moi mais peut-être serait-elle déçue et il me faudrait y faire face si cela se passait mal.

Je lui glissais un lys blanc dans les mains ainsi qu’un ruban d’un blanc immaculé. Bien peu de choses mais je n’avais pu faire mieux en si peu de temps et encore moins si je ne voulais pas attirer l’attention sur moi. Je décrochais pourtant de mon cou un pendentif, rien ne me caractérisait mieux que cette plume de bois suspendue à cette chaîne. Il serait sien désormais.
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Dim 24 Fév - 12:47

Tu sentis plus que tu n'entendis des pas qui s'approchaient. Et si ça n'était qu'un chaland réellement intéressé par la boutique que tu fixais sans la voir, que tu voyais mais ne regardais pas, tant ton esprit flottait ailleurs ? Ô, tes pensées papillonnaient et tu étais tellement agitée que tu aurais bien été capable de ne pas remarquer ton Prince, s'il se trouvait à côté de toi. Tu t'efforçais de garder une certaine maitrise, mais la peur qu'il ne vienne pas - ce qui voudrait surement dire qu'il t'avait vue et avait fui ou qu'il avait changé d'opinion à ton sujet et te briserait le coeur -, ou pire, qu'il vienne et que tu le déçoives, te martelait la tête, te donnant presque l'impression d'étouffer.

Tu n'avais pourtant pas eu longtemps à attendre, faisant face à cette devanture, mais tu ne réalisais pas que tu avais ressassé ces inquiétudes toute la journée, tout au long de ta marche. Ô, cruel Destin, de t'infliger pareil douleur et de ne pas t'autoriser à voir celui à qui tu t'étais promise sans stratagèmes de la sorte. D'autant que tu craignais qu'il n'ait pas reçu ta missive, que tu n'avais pas adressée à son nom mais à celui de Marin, censé rappeler sa famille, en espérant que l'annonce d'une lettre d'Iris Fer-Sifflant ne lui échapperait pas et qu'il saisirait ton stratagème. Ton soulagement n'eut donc d'égal que ton angoisse, qui persistait malgré tout, quand tu entendis une douce voix, chaleureuse, charmante, prononcer ce nom d'emprunt que tu avais adopté. Etait-il vraiment là ? N'était-ce donc pas un rêve éveillé causé par tes pensées embrouillées ? Et si quelqu'un de malintentionné avait intercepté votre message ? Impossible, tu ne pouvais croire en tant de mauvaise fortune, tu ne pouvais accepter que la Fatalité t'ait joué un tour aussi cruel.

Ton coeur se mit à battre deux fois plus fort, deux fois plus vite, en entendant sa voix si envoutante, en ressentant sa présence si rassurant, en percevant l'odeur charmante qu'il dégageait. Ô, petite Fleur, toi qui te targuait de ne pas être comme ces péronnelles qui ne vivaient que pour l'amour et dans l'espoir de faire un beau mariage, te voilà amoureuse au point que ton coeur veuille le crier au monde entier en battant si frénétiquement, de quelqu'un bien supérieur à toi de naissance, et tu ne réalises même pas à quel point tu leur es similaire. Non, tout ce à quoi tu peux penser, c'est qu'il ne t'a pas abandonnée. Il est là, pour toi, près de toi. Tu sais que ça n'est pas une chimère, tant ces détails sont précis et ne peuvent uniquement être le fruit de ton imagination.

« Lau... Elle s'arrêta net, songeant qu'elle ne devait laisser échapper son nom. Pardonnez moi, j'ai attribué votre voix à une toute autre personne. Est-ce bien vous, mon cher marin ? »

Tu n’osais tourner ta tête vers lui, le regarder, détailler ce visage et ce corps que tu avais imaginés tant de fois, depuis que tu recevais ses lettres. Il t’intimidait, et tu avais peur d’être écrasée par sa prestance, sa carrure, sa beauté, toi qui n’étais qu’une simple fille issue d’une famille bourgeoise, il était impossible que tu sois à la hauteur d’un noble jeune homme à l’écriture et aux manières si charmantes.

Ton cœur manqua un battement, alors qu’il mettait dans ta main ce lys et ce magnifique ruban blanc, une pièce bien plus belle que celle que tu n’avais l’habitude de posséder et porter. Ô, comment pouvait-il être si parfait ? Le rouge envahit tes joues, à l’idée que tu n’avais rien pour lui, si ce n’est la promesse de ton amour le plus fidèle, le plus dévoué, le plus réel. Des joues, ton visage devint pivoine, alors que tu le voyais du coin de l’œil, n’ayant pas encore osé le regarder en face, détacher le collier qui ornait son cou, et te le mettre dans la main, comme il l’avait fait un instant auparavant avec le lys et le ruban blanc. Tu ne méritais pas ça, et tu étais confuse, confuse de son attention, de sa gentillesse. Ta main s’attarda dans la sienne, ce collier entre les deux ne t’empêchant pas de ressentir leur douceur et leur fermeté, le contact agréable que c’était.

Oh, comme tu aurais voulu la serrer fermement, ne pas te contenter de l’effleurer, l’étreindre, lui, et l’embrasser. Ton cœur battait si fort que tu avais l’impression qu’il tentait de s’échapper de ta poitrine. Tu laissas, bien involontairement, échapper un soupir.

« Qu’il est doux d’être à vos côtés… »
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Dim 24 Fév - 13:38

Je suis un indécrottable romantique alors vivre cet amour, qui a commencé de façon aussi belle… Comment pourrais-je lui tourner le dos, refuser de la rencontrer, de partager du temps avec elle alors qu’elle est parvenue à convaincre ses frères de se laisser accompagner ?
Louis trouverais sans doute cela absurde mais il ne peut comprendre ce qui m’arrive, son histoire s’étant déroulée d’une toute autre façon et même si je suis convaincu qu’il a aimé Lisbeth et que ce qui nous arrive à son égard n’est pas normal… Je ne peux que me lancer à corps perdu dans une telle relation, une telle aventure.

Elle est là ma douce Fleur et je l’aime, ô combien je l’aime d’avoir fait tant de route dans l’espoir de me voir en sachant que j’y étais pour peu de temps, au risque de me rater. Elle ne se retourne pas, elle n’ose pas me regarder, ma présence lui ferait-elle aussi peur ? Elle esquisse mon nom, s’arrête, je souris.

- Oui, c’est bien moi. Ni feuille ni encre entre nous deux cette fois.

J’espère que mes présents quoi que pauvres lui plairont, je ne puis faire mieux sans risquer gros mais elle les regarde si fixement que je pense avoir eu là une bonne idée. Sa main dans la mienne, si faible contact mais tant apprécier. Ce qu’elle dit, je ne l’aurais mieux dit. J’emprunte sa main pour nous emmener un peu à l’écart, dans un endroit nettement moins exposé où nous pourrons discuter et profiter du peu de temps que nous avons. Elle comme moi sommes parfaitement conscient qu’il n’y aura qu’une autre fois comme celle-ci avant que je ne l’enlève à sa famille.
Profitons.

Je peux enfin voir ses yeux ailleurs que dans la vitrine de l’échoppe. Je me condamnerais volontiers pour de tels yeux.

- Pardonnez mon audace. Je ne peux agir autrement, ça n’est ni très gentleman, ni très digne mais ses lèvres m’appelaient depuis longtemps déjà et les avoir ainsi à portée des miennes… Plus que jamais je viendrais vous ôtez à votre famille dès qu’il me sera possible.

Bien plus qu’une promesse à présent, c’est un devoir. Nul doute qu’elle est faite pour toi, qu’elle sera tienne et que tu ne toléreras aucunement qu’un autre te l’arrache. Tu ressens cet élan, ce sentiment fort peu noble, la jalousie. Rien qu’à l’idée qu’un autre que toi puisse la toucher et l’embrasser. Pauvre de moi, si j’avais pensé aimer Perle, je m’étais bien trompé. J’étais bien loin de la vérité.

- Nulle autre que vous dans mon cœur et mes pensées, plus que jamais je peux vous l’assurer.
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Dim 24 Fév - 14:36

Tu frémis, alors qu’il serre plus fermement ta main et t’emmène dans un endroit un peu plus isolé. Oh, est-il possible d’aimer davantage que tu n’aimes Laurent ? Tu as finalement décidé de le regarder, malgré ta peur, ne pouvant ne pas profiter de cette rencontre à sa juste valeur, dans sa totalité. Tu sais que tu n’y auras plus droit après, jusqu’à ce qu’il vienne te dérober à ta famille. Tu sais aussi que tu remercieras chaque jour le Destin pour vous avoir permis de vous voir, une seule et unique fois, mais Ô combien précieuse. Car tu l’aimes, tu le sais, tu le sens, tu ne peux le nier, et tu es absolument heureuse, bien plus que tu ne l’as jamais été.

Qu’il était beau. Davantage, même, que ce que tu avais imaginé. Tu pourrais le regarder ainsi sans te lasser pendant tout le temps qui vous est alloué. Sa voix te sort de ta contemplation, ses propos te faisant sourire. Oui, nul papier, nulle encre, ne vous séparent. Jamais tu n’aurais cru cela possible. Béni soit-il, de s’être lui aussi rendu en Euphoria. Ou plutôt, béni soit-il pour te l’avoir dit et t’avoir permis de t’arranger pour t’y rendre à ton tour, et ainsi le voir.

Tu te perds dans ses yeux, comme il semble se perdre dans les tiens. Tu ne sais pas s’ils sont bleus ou gris, tu n’oses maintenir ton regard plus longtemps, tant tu as peur de t’y noyer et de ne pouvoir t’en détacher. Tu soupires, à nouveau, tant tu as envie de pouvoir les contempler à ta guise et sais que tu n’en peux rien. Tu supporterais mal la frustration causée par cette pensée, s’il ne s’excusait et t’embrassait. Quel sens de l’honneur, que de s’excuser avant de te voler un si doux baiser qui fait naître des papillons dans ton ventre et dans tes yeux.

« Vous n’avez nulle raison de vous excuser, mon cher et tendre. Je suis à vous et rien qu’à vous, pour toujours, vous êtes dans votre droit. »

A vrai dire, tu espères secrètement qu’il recommence, et le prolonge. Tu n’as pas suffisamment goûté la douceur de ses belles lèvres, dont la tendresse t’a surprise. Mais évidemment, tu es une jeune fille bien élevée, et tu as trop peur de le décevoir pour oser exprimer à haute combien tu as apprécié ce baiser, même si tes yeux, ton souffle court, la rougeur sur tes joues pas uniquement due au froid, parlent pour toi.

« Je vous fais entièrement confiance, mon Prince. Je vous attendrai. Je refuserai d’épouser qui que ce soit d’autre que vous, je n’y survivrais pas. »

Alors que tu le croyais arrivé au paroxysme de sa vitesse, ton cœur s’emballe encore plus en entendant ses mots. Sera-t-il toujours plus attentionné, prévenant, envers toi, alors que tu n’as rien pour lui et… Tu n’as rien pour lui, et tu ne l’as même pas remercié de ses présents ! Soudainement, tu es horrifiée, incroyablement confuse, et tu blêmis.

« Mon Dieu, je n’ai rien pour vous, et je ne vous remercie même pas de vos présents, que je suis ingrate… Veuillez m’en excuser. Je me sens coupable, oh mon bien aimé. Je ne suis définitivement qu’indigne de vous. »

La confusion est comme une seconde peau sur ton visage, la culpabilité que tu ressens suite à ton manquement à la bienséance et à la politesse te hante. Oh, comme il va s’éloigner, pouvant remettre en cause l’éducation que tu as reçue, si pauvre contrairement à la sienne, bien que tu aies eu un précepteur – ce dont peu de jeunes femmes issues de la bourgeoisie comme toi peuvent se targuer. Oh, ton cœur se brise en mille morceaux à cette pensée, te suppliant de l’achever pour qu’il oublie. Tu détournes le regard, pour ne pas laisser Laurent voir les larmes que tu sens monter. Qu’il ouvre les yeux et que tu ne sois plus l’objet de son attention t’est suffisamment douloureux, pour ne pas que tu exposes en plus ta détresse.
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Lun 25 Fév - 4:23

Je la vois enfin, je peux la détailler et graver son visage dans ma mémoire. Elle hantera mes nuits à coup sûr et j’en suis fort aise. Je n’aurais pu mieux tomber, espérer plus bel amour que celui-ci. Qui aurait cru qu’un jour je serais à ce point lié avec quelqu’un moi qui passe tant inaperçu en général. Il fallait bien avouer que j’étais très heureux de ne pas être le second cette, que j’étais heureux d’avoir trouvé quelqu’un qui me ressemble. Je voyais dans ses yeux des sentiments qui me retournaient les entrailles tant ils étaient beaux.

J’admirais ses beaux yeux alors qu’elle les détachait finalement de moi. Quel instant merveilleux. Mon audace avait payé et mon baiser n’avait pas été rejeté, voilà qui me soulageait et je recommencerais. J’avais déjà pris goût à ses lèvres.
La confiance qu’elle me portait était touchante et je me jurais de toujours la mériter. Il fallait que je sois à la hauteur et la prenne à sa famille, par tous les moyens. Elle méritait tous les risques que je prenais et que j’allais prendre, elle le méritait mille fois.

Elle commença pourtant à se confondre en excuses, des excuses que je ne compris pas tout de suite et je ne pus m’empêcher de rire un peu, fort gentiment. Elle était tellement désireuse de me convenir ou du convenir à mon rang mais mon rang n’avait guère d’importance entre elle et moi. Elle aurait pu être simple domestique que ça n’aurait rien changé. Les scrupules que j’avais pu avoir en pensant aimer Perle était désormais nul. Je l’aimais et rien n’y changerait rien, je le savais, je le sentais.

- Cessez de vous excuser. Je n’ai cure de cet oubli, j’aurais oublié toutes bienséances et politesses si je ne vous respectais pas autant. Vous êtes tout à fait digne de moi et celui ou celle qui dira le contraire me trouvera fort belliqueux. Allons… regardez-moi. Et je lui relève le visage pour mieux la regarder et l’embrasser à nouveau.

Je ne peux m’en empêcher, ses lèvres sont faites pour être embrassées et aimées. Ce baiser étant bien plus passionné quoi que doux, je sais qu’il n’est guère très noble de ma part de profiter ainsi de ses lèvres et du contact de sa peau sur la paume de ma main mais c’est ainsi. Je l’aime et son souvenir me hantera avec force jusqu’à ce qu’elle soit à nouveau près de moi.
Je ne suis qu’un homme et elle me rend fou, elle a définitivement pris mon cœur et l’emportera avec elle, cela ne fait plus aucun doute. Goûter à nouveau ses lèvres avant de me séparer d’elle.

- Vous n’imaginez pas à quel point il va être difficile de vous laisser repartir avec vos frères en Bellifère. Je suis tant tenter de vous enlever immédiatement et sans détour.
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Mar 26 Fév - 1:43

Il rit et ton coeur repart dans sa frénésie, reprend ces battements incessants que tu blâmes de te faire tourner la tête sans reconnaître que seul ton amour et le bonheur d'être si proche de celui qui en est l'attention, d'échanger des gestes si tendre, n'en sont la cause.

Tu n'as jamais entendu son plus doux et vif à la fois, son plus cristallin et pur. Ô, tu voudrais avoir un moyen de conserver ce rire auprès de toi, pour qu'il te rassérène quand son absence se fera trop forte. Au lieu de ça, tu n'auras que tes souvenirs qui, tu le sais, finiront par s'émousser, par s'estomper graduellement, qui ne lui rendront définitivement pas justice.

Mais rien de tout cela n'importe plus que de vivre l'instant présent, d'en graver chaque détail dans tes rétines, d'en chérir le plus minime moment. Tu persistes à regarder le sol, malgré ses paroles et bien qu'elles te rassurent un peu, ce qui a pour conséquence de le faire saisir délicatement ton visage pour le relever et mieux t'embrasser à nouveau. Ton corps s'embrase en même temps que ton coeur, enflammés par ce baiser plus ferme, plus passionné mais tout aussi doux qu'auparavant et que tu lui rends avec avidité, sans même t'en rendre compte. Par tous les Dragons, comment est-ce possible de te faire ressentir tant de choses, d'une telle manière ?

Tu sais, dès à présent, que nul retour en arrière n'est possible pour toi. Si tu ne pouvais avoir Laurent, tu dépérirais, aussi surement qu'une mère dépérirait si elle était séparée de son enfant, qu'un animal marin ne pourra survivre hors de ses étendues d'eau. Oui, tu le savais, tu serais à lui et lui seul, n'en déplaise à ta famille. Qu'ils tentent de t'en empêcher, et tu fuirais pour être aux côtés de celui que tu aimes, que tu désires, que tu idolâtres aussi. Ces pensées tourbillonnent dans ta tête sans même que tu ne réalises qu'elle était là, cette impulsion dont tu avais besoin pour fuir si ta vie devenait trop pesante pour toi.

Tu n'avais pas parlé depuis tes excuses confuses, mais ton corps le faisait pour toi : la rougeur sur ton visage, la passion qui se lisait dans tes yeux, cette main avec laquelle tu serrais fermement celle qu'il n'avait pas utilisé pour te faire relever la tête comme si tu ne voulais plus la lâcher, tes lèvres légèrement entrouvertes suite à ton baiser, la fébrilité de ton corps et de tes jambes qui te donnait l'impression qu'une force mystérieuse uniquement te maintenait debout... Oui, tout ce qui pouvait se passer dans ta tête avait un reflet physique bien réel et même un peu embarrassant tant tu craignais qu'il n'indispose ton Prince. Tu rougis de plus belle, en constatant que tu dévisageais son corps et ses bras, regard qui suivait le fil de ta pensée, toi qui ne pouvait t'empêcher de te dire qu'il devait être doux de se blottir contre lui, entre ces derniers.

Et pourtant, ses dernières paroles voient diminuer légèrement le sourire sur tes lèvres. Ô s'il savait que ta seule envie était de fuir, de rester à ses côtés, de l'épouser dès que possible. Tu secouas légèrement la tête, sachant pertinemment que ça n'était pas une possibilité pour vous.

« Je n'aurai besoin que d'un mot, une phrase, de votre part pour partir à vos côtés, si je ne craignais de compromettre votre honneur et ma vertu auprès d'yeux étrangers qui ne savent pas l'amour qui brûle en moi pour vous ou votre noblesse et le fait que vous ne profiteriez jamais de moi.

Je vous aime, Laurent, plus que tout, et peu importe la difficulté que j'aurai à vous attendre après avoir été confrontée à votre perfection, après y avoir goûté, je la surmonterai, pour vous.
»

Ton souffle déjà court du fait de ses baisers te sembla raccourcir encore pendant que tu prononçais ces mots fermement, avec passion.


Dernière édition par Fleur Acier-Chantant le Mar 26 Fév - 6:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Mar 26 Fév - 5:34

Si j’ai une certitude sur cette terre et en ces temps troublés, c’est que je l’aime. Ses yeux magnifiques, sa peau douce, ses lèvres tellement tentantes. Tant de sentiments, si peu de temps pour le lui dire et le lui montrer. Je partirais en Outrevent dès que j’en aurais fini ici et j’irais l’enlever dès que possible. Rien ne m’en empêchera, rien ne doit m’en empêcher. Je n’ai jamais été aussi motivé pour apprendre à combattre. Eram ne m’aura jamais vu ainsi. Il me faudra écrire quelques lettres avant de partir mais je suis plus que jamais décidé.

Je repensais à chacune de nos lettres, à chacune des choses qu’elle m’avait écrites.
Son trouble, la couleur de ses joues, sa fébrilité… Tout me hurlait de recommencer encore et encore mais je me retins, pour l’instant du moins. Je suivais le parcours de ses yeux également et j’en fus touché mais je ne bougeais toujours pas. Je l’écoutais et je souris.

- Mon honneur m’importe beaucoup moins que votre vertu et hélas, je crains fort que si vous ne fuyez avec moi, nous finirons par être rattrapé. Voyez-vous, j’ai une tante très persuasive et qu’il ne vaut mieux pas contrarier. Mais je vous respecte bien trop pour ne pas respecter la coutume de Bellifère. Je vous aime également, ô combien je vous aime.

Je prends dans ses mains le pendentif que je lui ai remis et le lui attache avec délicatesse autour du cou. Je ne peux hélas pas lui nouer le ruban, bien trop voyant, elle le fera elle-même. Le lys est déjà fort voyant pour ses frères. Je n’y avais pas pensé.
Tenant toujours sa main, je l’attire à moi, j’en profite honteusement pour l’embrasser à nouveau et l’entourer de mes bras. Je sais que pour que cette rencontre soit parfaite, il faut qu’elle prenne fin mais il n’est pas encore temps. Non. Je dépose un autre baiser au coin de ses lèvres ensuite.

- J’espère ne pas vous causer d’ennui avec ces présents. Vos frères risquent de se poser des questions quant à leur provenance et ce que vous avez fait seule dehors. Je m’en voudrais si par ma faute, vous ne puissiez plus être en paix.

L’envie de l’emmener avec moi, de l’enlever ici et maintenant me tiraillait. Je n’avais pourtant aucun droit d’agir ainsi, je n’avais non plus aucune raison de vouloir faire cela sinon l’égoïsme de ne pas la perdre avant de la retrouver.

- Qu’il va être dur de vous laisser partir. J’ai tant envie de vous garder à mes côtés, ne pas vous rendre à vos frères. Je la sers contre moi qui un peu plus, tendrement, respirer son parfum.
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Mar 26 Fév - 11:12

Tu ne pouvais détacher tes yeux de ces lèvres qui formaient un aussi beau sourire, totalement en harmonie avec la beauté de son visage. Si tu étais plus méfiante que ça, tu aurais cru que quelqu'un t'avait envoutée, pour que tu ressentes des choses tellement décuplées. Mais tu savais bien que ça n'était pas le cas, que tu ressentais là une authentique affection pour ton promis, quelqu'en soit son intensité. L'écoutant, tu souris à ton tour.

« N'eusse été l'importance de cette coutume pour mes parents et mes frères, bien que je ne sois persuadée que ces deux là y tiennent réellement et ne prennent pas un grand plaisir à se battre uniquement, je n'aurai cure que vous la respectiez alors que vous m'avez prouvé de bien des manières votre force et combien vous êtes digne de moi. »

Tu pensais réellement ces mots en les prononçant, sans même réaliser que tu accordais autant, voire plus, d'importance à cette coutume que le reste de ta famille, ta mère désireuse de te voir enlevée dignement mise à part. Ils furent cependant noyés par la douce chaleur qui t'envahissait alors qu'il te répétait qu'il t'aimait, faisant écho à tes propres aveux. Et en cet instant, rien d'autre ne comptait et tu y croyais fermement. Comment aurait-il pu en être différemment ? Le doute de ne pas être à sa hauteur était soudainement disparu, évaporé, happé par ses paroles rassurantes.

Perdue dans tes pensées, tu fus surprise par ses mains autour de ton cou, en train d'y attacher son collier. Qu'elles étaient douces, chaudes. Elles faisaient naître en toi des sensations auxquelles tu n'étais pas habituée, presque incontrôlables, sensations décuplées lorsqu'il te rapprochera de lui, t'entoura de ses bras. Oh, par tous les enfers, comment se faisait-il que son corps soit si chaud, qu'il soit si agréable d'y être blottie, qu'il sente si bon ? Tes lèvres accueillaient chaleureusement ses baisers, trop avides pour que tu envisages de le repousser, de mettre fin à un tel plaisir. Leur chaleur posées ainsi sur les tiennes, le brasier qu'elles faisaient naître en toi, t'accompagneraient bien longtemps après son départ. Il te fallut un peu de temps pour lui répondre.

« Ne vous inquiétez pas, mes frères n'éprouvent guère d'intérêt pour les parures dont peuvent se vêtir les femmes, et ils ne chercheront pas plus loin si je leur dis avoir emmené de l'argent que j'avais conservé précieusement dans le but de m'acheter un joli objet et que le lys était offert avec. »

Le rouge te monta de nouveau aux joues, quand tu pensas que tes ainés préféraient les femmes dévêtues et que tu réalisas que tu avais failli laissé échapper cela à haute voix. Comment aurais-tu pu le regarder en face s'il apprenait une telle chose ? Jamais il ne te serait venu à l'esprit que cela aurait aimablement fait sourire Laurent, qui devait avoir eu lui-même son lot d'expériences de la sorte. Ô, pourvu qu'il ne te questionne pas sur cette teinte écarlate que tu as de nouveau adoptée !

Tu le laisses te rapprocher de lui, appuyant même délicatement ta tête contre ton torse, tout en l'écoutant attentivement.

« Cette envie que vous avez, je la partage. Je n'ai aucune envie de vous quitter, surtout sans savoir quand je vous reverrais. Si ça n'était pas si fou, je suggèrerais que nous nous mariions à l'instant, en secret. »
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Mer 27 Fév - 5:20

J’avais eu dans l’idée de l’enlever, immédiatement et de l’épouser. Personne n’aurait rien pu y faire mais… il y avait sa vertu et notre honneur. Arven ne serait pas assez grand pour empêcher mère de me mettre la main dessus et me découper en rondelle. Je n’étais d’ailleurs pas certain que cette idée plaise à Louis, ravivant ainsi sa propre expérience. Ça n’était pas le moment, vraiment pas le moment. Et pourtant… Combien j’avais envie de céder à cette pulsion. Mon cœur se serrait.

« Si je m’écoutais et que je n’avais aucun scrupule. Je vous enlèverais ici et maintenant. Malheureusement, je ne le peux. Pour vous, je ne peux pas agir ainsi, aussi égoïstement. Ce serait une bien piètre manière de vous faire entrer dans la famille. Vous méritez mieux qu’une fuite. »

J’abandonnais mes idées romanesques. De plus, rien ne me disait que ses frères ne se lanceraient pas à notre poursuite. L’idée était mauvaise quoi que fort romantique, je devais bien l’admettre. Je l’aimais, cela ne faisait vraiment aucun doute. J’étais pris au piège et ravi de cette situation.
L’avoir à mes côtés, avoir pu goûter à ses lèvres, la serrer dans mes bras et sentir son parfum… Toutes ces petites choses qui faisaient de moi un homme heureux.
Je n’avais réellement aucune envie de la laisser repartir et ce serait dur, très dur. Mais tout cela s’envola quand elle me parla de ses frères. Rien de très étonnant à ça. Et si tu voulais être tout à fait franc, tu n’étais certainement pas indifférent bien qu’à présent, tu évitais précisément les femmes un peu trop dénudée. Elle ne l’avait pas dit en ces termes mais c’était très clair.

Le rouge qui lui monta aux joues me confirma que j’avais bien pensé et c’était adorable. Je déposais un baiser sur ses joues et à nouveau ses lèvres. Une petite succession de baisers avant de me calmer. Je ne parviendrais pas à la quitter sinon.

« Vous n’imaginez pas à quelle point cette idée me plait. Hélas si vous méritez mieux qu’une fuite, vous méritez également mieux qu’un mariage secret. Et pour tout vous dire… Arven ne serait pas assez grand pour empêcher ma mère de me tuer séance tenante. Il y a des choses qu’il ne vaut mieux pas faire surtout quand son frère a déjà fait dans la fuite de promise. J’aimerais pouvoir mais pour que nous puissions être heureux, nous n’avons d’autre choix que celui de nous en tenir à cette tradition. Ainsi, personne ne pourra contester notre union. »
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Mer 27 Fév - 6:26

Tu savais pertinemment qu'il avait raison, et tu ne pus pourtant empêcher un soupçon de déception de t'habiter, quand il confirma que ça n'était que folie de fuir ou de vous marier en secret. Tu fus tout de même flattée qu'il considère que tu méritais mieux. Si tu avais une piètre opinion de toi, Laurent en avait une nettement plus avantageuse.

Tu aurais voulu parler, démentir, mais tu savais au fond qu'il disait vrai, et tu ne pouvais pas le pousser à agir ainsi et à se déshonorer comme ça. Tu avais de toute façon trop peur de ternir sa réputation s'il en venait à être dit qu'il avait fuit en compagnie d'une roturière que tu n'aurais pas pu aller jusqu'au bout de ce choix, malgré l'envie dévorante que tu ressentais de le faire.

Tu te blottis un peu plus contre lui, te sentant en sécurité à l'abri de ses bras, et surtout cette étreinte te réchauffait - il ne faisait pas si chaud, dehors, après tout. Il t'embrassait et tu le laissais faire, mais s'il continuait ainsi, tu n'allais plus pouvoir le laisser partir sans l'accompagner. Ou, du moins, tu allais certainement dépasser de loin le peu de temps auquel tu avais droit à ses côtés, ce qui causerait surement l'apparition malvenue d'Osgeir et de Braemar qui viendraient te chercher malgré la quantité de boissons qu'ils avaient surement ingurgitée.

Cela faisait deux fois qu'il évoquait des femmes de sa famille, qui le poursuivraient s'il daignait fuir. Sa mère et sa tante étaient de telles furies, au point qu'il les craigne comme cela ? Tu mourrais d'envie de poser la question, tout en sachant pertinemment qu'il serait impertinent de le faire, aussi tu te taisais encore, toute à tes pensées, bien que tu écoutes ses paroles attentivement.

Doucement, tu te hissas sur tes pieds et déposas un baiser rapide sur ses lèvres, sans ajouter davantage. Tu souris toutefois, à la mention de son frère qui avait fuit avec sa promise. Les membres de la famille de Brunante étaient-ils tous si similaires ? Tu ne connaissais pas Louis de Brunante, ou à peine d'après le peu que Laurent t'en avait dit, mais cela t'amusait. Tu soupires, mais tu souris tout de même, l'honneur de Laurent étant attendrissant.


« J'attendrais patiemment que vienne notre heure, en dirigeant chaque jour mes pensées vers vous. Mais dites m'en plus sur votre frère et sa fuite de promise ? »

Surtout pas sur sa mère ou sa tante, non. Tout pour ne pas t'effrayer davantage, pour ne pas te mettre en tête que jamais ce mariage ne sera approuvé par sa famille, et que la chute n'en sera que trop douloureuse.
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Mer 27 Fév - 8:09

J’aurais tant aimé pouvoir l’emmener immédiatement, sans détour, l’épouser et en finir, pouvoir la garder à mes côtés. Mais je ne pouvais pas. Sa vertu, son honneur, mon honneur, notre bonheur, notre union. Nous ne pouvions pas bâtir quelque chose si nos bases n’étaient pas solides. Je voulais du solide, je voulais partager ma vie avec elle et même si je me maudissais de trop penser à notre futur et pas assez à notre présent, ma réflexion poussée était ici la meilleure chose qui soit.
Oh, je pouvais toujours l’enlever pour la journée et la laisser retourner à ses frères par la suite mais il n’en serait que plus dur de la laisser partir. L’avoir dans mes bras me donnait tout un tas d’idées dont la plupart fort peu honorables et quelques unes très peu vertueuses. Je repoussais tout ça, ça n’était franchement pas le moment de faire des plans et encore moins le moment de penser à certaines choses.

Arrêter les baisers, parler de ma famille, voilà qui était une distraction bienvenue. Il n’y avait pas mieux. Je réfléchissais à ce que j’allais lui dire. Il y avait certaines choses qui devaient rester entre nous. De plus, certaines anecdotes devaient être passées sous silence. Je voulais l’enlever et l’épouser, pas la faire fuir.

« Et bien… Mon frère et sa femme ne s’entendait pas très bien, même enfants. Ils ont fini par s’aimer mais leur mariage était arrangé. Mon frère a fini par s’enfuir avec elle avant que ma tante ne les retrouve et les ramène de force. Vous comprenez pourquoi je vous dis qu’Arven ne sera pas assez grand. Ma mère est une femme de poigne et elle est très respectueuse de certaines valeurs. Quant à ma tante, elle ne manquera jamais de traverser une tempête si c’est pour nous empêcher de faire une bêtise que l’on regrettera ou tout simplement pour nous aider. Voilà pourquoi je ne peux vous enlever séance tenante. Je veux vous introduire correctement dans la famille. »

Il n’y aurait aucune raison de contester quoi que ce soit si je la ramenais selon la coutume belliférienne pour l’épouser ensuite. Qu’elle soit noble ou bourgeoise m’indiffère mais je devais la faire accepter sans condition. Si on ne me laissait pas le loisir de choisir pour moi-même et bien… j’étais prêt à renoncer à tout pour elle. C’était dire à quel point je ne peux tolérer qu’on me la refuse. J’étais déterminé, rien ne me ferait changer d’avis.
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Mer 27 Fév - 13:31

Tu ne le pressais guère pendant qu'il réfléchissait à ce qu'il allait te dire, en profitant pour regarder son beau visage à son insu. Cela te permettait d'en graver une image la plus nette possible tout autant que d'ignorer le fait qu'il ne réponde pas dans l'immédiat et que cela puisse dire qu'il te cachait des choses. Il n'était pas tenu de tout te dire, de toute façon, et s'il pouvait partager quoi que ce soit avec toi, tu en serais heureuse, quels que soient les secrets entre vous.

« Il est heureux que votre frère et sa femme aient fini par s'aimer mais... Vous la connaissez depuis que vous êtes enfants ? »

La stupeur, et probablement un peu la peur aussi, parurent dans sa voix. Quelle place avait-elle, dans une famille où l'on faisait des mariages arrangés et où l'on épousait quelqu'un que l'on avait connu toute sa vie ? Jamais ils ne l'accepteraient, jamais elle ne serait une des leurs. Comment pourrait-elle ne serait-ce qu'espérer en faire partie ? Ô, toute la douceur de ce moment s'était enfuie, en même temps que la paisible joie sur le visage de la jeune femme.

« Oh mon Amour, jamais votre famille ne voudra de moi. Comment votre famille pourrait-elle accepter une mécréante comme moi en son sein, dont elle n'a jamais entendu parler ? Je dois vous quitter et ne plus vous retenir... C'était une erreur que de vous répondre, et encore plus d'oser vouloir vous retenir auprès de moi. Je vous aime tendrement, mais je ne peux vous faire ça. Je vous en supplie, comprenez le et laissez moi m'en aller. Ça prendra peut-être du temps, mais la plaie de votre cœur finira par se panser… »

Elle ne doutait pas avoir un caractère assez fort pour s’opposer à sa mère – et sa tante si nécessaire – si elle le voulait vraiment, mais ça ne serait pas vraiment commencer leur relation sous une bonne augure. Et comment aurait-elle pu infliger ça à Laurent ? Elle-même tenait beaucoup à sa famille, quoi qu’elle puisse dire et penser à leur sujet, et elle n’envisageait pas qu’on puisse ne pas tenir à la sienne.

« Laurent, je… Je m’en voudrais que vous vous brouilliez avec votre famille... Je ne peux pas être la cause de ça. Comment pourrais-je vous regarder en face, en sachant que vous avez été contre leur décision ? Qui sait quelle sera leur réaction, si vous faites cela ? Et comment le vivriez-vous ? Ce serait commencer sous de biens mauvais auspices… »

Elle l’aimait vraiment, et prononcer cela, prendre cette décision, lui fendait le cœur, mais comment aurait-elle pu faire autrement ? Elle recula un peu, échappant à l’étreinte rassurante de ses bras, ne pouvant décidemment pas en profiter davantage.
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Jeu 28 Fév - 6:28

Je la gardais dans me bras, bien incapable de la lâcher, bien incapable de ne pas m’imprégner de ce parfum entêtant. Je souris à sa question, je ne vois pas où est l’ennui, alors j’y réponds sans détour tout en gardant ma bien aimée dans mes bras.

« Oui, nos familles se connaissent depuis toujours. Je me vois mal vous faire un détail de notre généalogie et de notre histoire mais on se connaît bien oui. Et puis Lisbeth était la seule qui était gentille avec moi quand on était enfant. »

C’était vraiment bizarre que son sort me laisse indifférent. Je me souvenais que je l’aimais beaucoup, que je la respectais, que j’avais été profondément honteux de n’avoir pu les aider avec ce mariage qui s’était finalement arrangé mais à présent… plus rien, pas moins qu’une indifférence totale quant à son sort. Je m’inquiétais pour l’enfant de mon frère et cette discussion bien que survolée nous avait rendu très agressifs Louis et moi. Je préférais donc éviter le sujet au maximum parce que je savais qu’il était affreux de ne penser qu’à l’enfant et pas à elle.

« Bien sûr que si. Ils vous accepteront. Il n’y avait aucune erreur dans notre correspondance et vous ne me retenez pas. Je ne vous abandonnerais pas. Je vous aime et rien ne pourra changer cela. Je ne vous laisserais certainement pas vous en aller. N’y comptez pas. » Et elle insistait pourtant. « Ma famille n’a besoin de personne pour se brouiller et ça ne dure jamais bien longtemps. Comme tout un chacun nous avons des hauts et des bas et ils n’ont rien à décider. Je choisis qui j’épouserais et s’ils me le refusent et bien j’ai un bon exemple de vie heureuse hors mariage sous le nez. Si je ne crains pas de venir vous enlever, je ne crains pas d’affronter les miens. »

Elle se détache de mes bras, je me redresse, un nouveau feu au fond du cœur. Puisque c’est ainsi, je vais lui prouver à quel point je l’aime. Je la regarde et je lui souris.

« Je crois qu’il est temps d’annoncer à vos frères qu’ils auront prochainement un adversaire à affronter pour vous. Et croyez-moi, si je ne suis pas le meilleur combattant d’Arven, je suis néanmoins plein de ressources. Venez, je vais vous prouvez que rien ne m’arrêtera. »

Je lui tends la main, je n’ai jamais été aussi sûr de moi. Et puisqu’ils sont des combattants hors paire, en plus de m’entraîner, je vais utiliser autre chose. Mon esprit. Trop souvent on m’a dit que je perdais du temps dans les livres mais je ne lisais pas que des histoires… La stratégie elle aussi m’intéressait. Un bon combattant n’est pas forcément le plus fort, c’est aussi celui qui sait utiliser ce qu’il a autour de lui à son avantage, les faiblesses des autres. Je connaissais celle de mon cousin et ma douce m’avait donnée celle de ses frères. Je n’aurais aucun scrupule à m’en servir.


Dernière édition par Laurent de Brunante le Sam 2 Mar - 6:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Ven 1 Mar - 5:27

Un détail de sa généalogie ? Etait-elle dense, au point qu'il ait besoin de détailler comme ça ? Oh, par Augustus, dans quoi te retrouvais-tu engagée ? Serais-tu assez forte pour supporter les éventuels milliers d'yeux qui seraient probablement braqués sur toi, quand Laurent leur annoncerait qu'il allait t'épouser ? Affronter sa tante et sa mère, tu y étais prête, mais une armée de Brunante ? Tu voulais épouser Laurent, faire ta vie avec lui, mais en aurais-tu la possibilité ? Plus il parlait, et plus il t'effrayait.

Cela devait d'ailleurs se voir sur ton visage qui se décomposait. Il fallait dire que tu n'avais jamais été confrontée à l'idée d'une aussi grande famille - tu n'avais que ton père, tes frères et ta mère. Et Perle, probablement, bien que tu ne sois pas liée à elle par le sang, c'était tout comme. Cinq personnes, ça n'était pas beaucoup. Mortifiée, ou quasiment, tu parlais d'une voix plutôt basse.

« Combien êtes vous, dans votre famille ? »

Tu l'écoutais, et tu priais de tout coeur pour le croire, mais comment ? Ses mots étaient rassurants, quoi que tu ne sois pas sûre d'apprécier l'idée de l'exemple d'une vie heureuse sans mariage. Qu'il refuse de te laisser partir, bien que tu sois persuadée qu'il s'agisse de la meilleure décision, te mettait du baume au coeur, de même que le renouvellement de ses sentiments.

Ô, les choses semblaient si simples quand ils les exprimaient ainsi, mais il n'en serait surement pas ainsi réellement. Et pourtant, son sourire, sa main tendue, son assurance, tout cela t'empêcha d'émettre une seconde objection. Comment pourrais-tu douter, alors qu'il était près à faire tout cela, pour toi ? Tu te sentais terriblement ingrate d'avoir douté de tout ça, douté de lui, un peu, au fond, même si la peur persistait en toi.

Tu saisis sa main, bien décidée à le suivre - bien que tu penses que ça soit du suicide, de faire cela. Qui savait comment tes frères réagiraient, s'ils ne le provoqueraient pas en duel sur le champ ? S'ils ne te prendraient pas pour une fille de joie, aussi, et ne s'empresseraient pas de te dénoncer à vôtre père ? Mais tu n'en avais cure. Tout ce que tu voyais, c'était que Laurent était à ce point là près à se battre pour toi. Et davantage encore que cela, tu voyais que tu l'aimais. Tu te hissas à nouveau sur la pointe des pieds, et l'embrassas, tendrement, passionnément.


Dernière édition par Fleur Acier-Chantant le Mer 10 Avr - 8:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Sam 2 Mar - 5:58

Je n'avais pas pensé à l'idée qu'elle pourrait avoir peur à la mention de la famille. D'autant qu'il y avait quelques petites choses à lui cacher avant qu'elle intègre notre grande famille un peu étrange. Soyons lucides, nous n'avions pas vraiment une famille des plus facile à cerner. Je me voyais mal lui dire de quoi il retournait intégralement. Il y avait des choses qu'il ne valait mieux pas qu'elle apprenne tout de suite. Comme par exemple que ma tante et mon oncle sont des pirates. J'adorais ma famille mais il fallait reconnaître que nous n'étions pas vraiment très simples à cerner.
Combien nous étions ? La liste était longue. Un peu trop longue pour tout lui détailler. En plus, elle semblait suffisamment effrayée comme ça. Je ne me voyais pas lui détailler tout ça.

« Dites-vous simplement que vous risquez de rencontrer du monde. Ne vous inquiétez pas. Il n'y a que trois personnes qui auront leur mot à dire et encore... Je vous l'ai dit, personne ne me dissuadera et personne ne pourra m'empêcher de vous épouser. Ma famille peut bien être nombreuse, rien n'y changera rien. »

Je l'épouserais, voilà tout ce qui comptait et toute ma famille ne m'en empêcherait pas. Et ma foi, si je devais m'enfuir avec elle, je le ferais. Ça n'avait rien de très original puisque Louis avait déjà fait tout ce qui était largement déconseillé. Mais ça ne m'empêcherait pas de le faire si je pensais que l'on m'empêcherait de faire ce que bon me semblait.
Voilà pourquoi je lui tendais la main pour aller m'affirmer auprès de ses frères et leur déclarer qu'ils allaient bientôt devoir faire une croix sur leur sœur. Je parviendrais à l'enlever, à l'épouser et elle, je savais qu'elle arriverait à s'imposer dans la famille.

Elle posa enfin sa main dans la mienne pour me suivre ce qui me réjouissait. Elle comprenait enfin que je ne renoncerais pas à elle et ce quoi qu'il arrive. Aussi, après un nouveau baiser que je partageais, je l'emmenais avec moi. Je savais où ils étaient grâce à sa liste, ils seraient donc facile à trouver.

« Je ferais le plus vite possible, je vous écrirais encore. Je ne vous laisserais pas seule, je vous le jure. » J'embrassais sa main dans la mienne.

Une fois devant l'auberge, la taverne, ou que sais-je, je relâchais sa main et volontairement, j'entrais avant elle. Je ne savais pas à quoi ils ressemblaient, aussi, je me tournais vers elle et je n'eus qu'à attendre que son regard se pose sur eux. J'avance, sur de moi et convaincu. Rien ne m'arrêtera, je l'aime.
Je m'arrête à quelques pas, je la laisse se démarquer. Je ne voulais pas que l'on pense que j'avais porté atteinte à sa vertu même si en toute franchise... j'y avais pensé. Mais ça n'aurait pas été respectueux et je la respectais.
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Sam 2 Mar - 14:16

« Je suis heureuse de vous l’entendre dire. Assurez-vous que je n’en douterai plus. Je vous aime, et je veux de tout mon cœur vous croire. Je compte sur vous pour me souffler à l’oreille qui est qui, quand je les rencontrerai, je ne m’en sortirai jamais, sinon… »

Tu avais l’impression que, si tu restais à ses côtés, rien ne pourrait t’arriver. Si tu étais lâchée au milieu de sa famille, et qu’il était entrainé ailleurs, en revanche… Mais vous auriez plein de temps pour qu’il t’en parle, dans ses lettres, et une fois qu’il t’aurait enlevée à ta famille selon vos coutumes. Tu ne doutais pas qu’il t’aiderait à te repérer, même s’il s’amuserait surement de te voir essayer de reconnaître tout un chacun sans qu’il ne t’aide, au début. Tu souris à l’idée de te tester sur sa famille. Elle t’impressionnait, et tu ne pensais qu’à ça…

« Je ne doute pas de vous, et je vous attendrais le temps qu’il faut. Je chérirais vos lettres, pendant ce temps, et m’efforcerais de vous écrire dès que possible, pour accompagner vos longues journées sur les routes. Quand repartez-vous, et où ? Quels sont vos projets, une fois parti d’Euphoria ? »

Tu n’étais pas entièrement rassurée, mais tu t’efforçais de profiter du peu de temps qu’il vous restait pour en savoir plus, pour l’accompagner de tes pensées au long de son voyage. Tu étais un peu envieuse, aussi : tu avais envie de découvrir toutes ces choses, que tu n’avais vues que dans des ouvrages.

« Me feriez-vous découvrir tous ces paysages merveilleux à vos côtés, une fois mariée ? Je ne suis jamais partie hors de Bellifère, à part maintenant, et je suis sûre que le monde regorge de merveilles à observer. Me décrirez-vous tout ce que vous verrez, durant votre périple, avant de me rejoindre ? »

Tu frémis alors qu’il embrassait ta main, le désir inconscient que tu avais de lui se manifestant à nouveau. Tu résistais difficilement à sa douceur et à la chaleur de ses lèvres sur elle. Voulais-tu vraiment attendre et le laisser partir ? Si vous entriez et qu’il parlait à tes frères, il serait trop tard pour partir avec lui. Mais tu savais, malgré tout ton désir de ne plus le quitter, que tu ne pouvais pas, pour tout faire dans les règles de l’art. Pour que votre relation soit acceptée, tant par ta famille que la sienne. Pour que, somme toute, vous la méritiez, aussi. Vous alliez languir l’un de l’autre, mais les retrouvailles n’en seraient que plus douces et plus sincères. Votre mariage n’en serait que plus parfait. Laurent valait toute l’attente, tu le savais.

Il lâcha ta main, et entra dans l’auberge un peu avant toi, ce dont tu lui fus reconnaissante. Quand tu entras à ton tour, Einar était de dos à vous, discutant de manière vive avec un autre homme, de manière un peu belliqueuse, même. Quant à Osgeir, il ne te remarqua pas, ses yeux plongés dans la tenue affriolante et découverte d’une jeune femme. Tu soupiras de dédain, énervée que Laurent ait à observer cette décadence, un peu honteuse aussi, comme en témoignaient tes joues à nouveau rouges. Que penserait-il des deux rustres que tu avais pour frère ?

Tu avanças donc vers eux, posant fermement et bruyamment ta main sur la table, sans t’asseoir pour autant, pour leur faire comprendre ton mécontentement. Laurent s’approcherait surement quand bon lui semblerait, mais tu n’osais pas le regarder, envahie par la honte.


Dernière édition par Fleur Acier-Chantant le Mer 3 Avr - 6:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Lun 4 Mar - 13:27

Elle semblait tellement douter d’elle-même et de moi… Mais comment pourrais-je lui en vouloir ? Nous n’avions appris à nous connaître qu’avec nos lettres. Elle savait bien peu de chose de moi et moi d’elle au final. Mais je ne doutais pas, je ne pouvais douter. Je l’aimais et les battements frénétiques de mon cœur suffisaient. Elle valait toutes les folies que j’allais faire pour elle. Oh oui, elle valait chacun de ces folies et bien plus encore.
L’avoir vu ne rendait que tout cela bien plus concret à mes yeux et je ne reculerais plus devant rien. J’irais de l’avant et je lui assurerais mes sentiments encore et encore jusqu’à ce que je vienne l’enlever. Elle-même devrait relever le défi de plaire et je ne doutais pas qu’elle plaise, loin de là.

« Bien sûr que je vous aiderais. Je vous le promets. Soyez rassurée, il sera facile de vous y retrouver. » Je souris, j’étais confiant et quand bien même, j’étais sûr qu’elle n’aurait aucun problème.

J’étais persuadé que je ne rencontrerais aucune difficulté pour la faire accepté dans la famille, pas quand je l’aurais enlevée à sa famille selon les coutumes bellifériennes, pas quand j’aurais relevé mon niveau à l’épée pour pouvoir arriver à mes fins. Rien ne m’empêcherait de l’aimer et personne de l’épouser.

« J’en ferais de même et je me hâterais de venir à vous. Je pars pour Outrevent dans deux jours si tout se passe bien. Là-bas, je m’entraînerais avec mon cousin Eram. Et ensuite… et bien je viendrais vous enlever ma douce. »

L’idée était celle-là bien qu’il fallait laisser de la place à l’imprévu. Je savais qu’il ne fallait jamais négliger ça si je voulais m’en sortir comme un chef. Je devais prouver ma valeur aux miens avant de prouver ma valeur à sa famille. J’avais commencé à prendre ma vie en main dès l’instant où j’avais décidé de quitter la maison alors même que nous étions encore sur les routes pour rentrer.

« Je vous ferais visiter Ansemer et Outrevent, je vous montrerais la mer si mon oncle Philippe et ma Tante Freyja me le permettent. Je vous montrerais Lorgol si l’occasion si prête. Nous irons où bon vous semble si j’en ai le pouvoir. Mais en attendant, oui, je vous décrirez tout ce que je verrais et vivrais, je vous le promets. »

Une fois sa main embrassée et la porte de l’auberge passée, je la laissais les rejoindre. Il fallait que je les voie avant d’aller à leur rencontre et en toute franchise, j’avais vu pire depuis que j’étais à Euphoria. Mais j’avais également vu mieux, il fallait bien le reconnaître. Cependant, ils étaient deux guerriers, élevés dans l’art du combat et sans aucun doute de la forge. Quant au décolleté, il était avantageux, c’était certain. Heureusement, je pouvais facilement cacher cette pensée fort peu noble de ma part mais je ne pouvais que reconnaître les belles choses sans plus forcément y toucher. Par respect pour Fleur, évidement. Il n’était plus question de passer du temps avec de belles inconnues sous les couverts des rideaux, des paravents ou de la nuit.

J’avançais après quelques secondes, le temps qu’ils fixent leur attention sur leur sœur.

« Messieurs Acier-Chantant, sachez qu’il faudra défendre votre sœur très bientôt. Car lorsque j’arriverais en Bellifère, je compte bien l’emmener avec moi, quoi qu’il m’en coûte. Veillez bien sur elle, elle sera bientôt mienne. »

Là-dessus, je les regardais droit dans les yeux. Ils pourraient me mettre à terre ici et maintenant mais s’ils avaient du respect pour leur sœur et leur coutume, ils se tiendraient tranquilles et ne feraient que vouloir m’écraser. Mais vouloir n’est pas pouvoir dans ce cas-ci.
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Mer 6 Mar - 11:02

Tous ces mots, toutes ces promesses, faisaient définitivement battre ton cœur plus que nécessaire, te rassérénaient. Qu’il serait doux de vivre tout ça à ses côtés, heureux, mariés. D’avoir le droit de vous aimer, de vous adorer, de ne pas avoir à vous cacher pour vous embrasser. Tu n’osais imaginer ce que cela serait d’être mariée à un homme tel que lui, d’être sienne, et pourtant cela te faisait rêver. Plus que tout, cette pensée surpassait toutes tes peurs.

En attendant, tu n’avais que ses promesses pour vous rêver, que ses promesses pour être heureuse, mais Ô, tu l’aimais, et savoir qu’il t’aimait en retour te suffisait. D’autant qu’il te promettait de te faire découvrir 1000 contrées inconnues et si attirantes, et de te charmer davantage avec sa plume, en te les décrivant, au fur et à mesure qu’il y passerait. Aurait-il pu être plus adorable ?

Bien qu’habituée aux frasques de tes frères en matière de femmes, qui ne se retrouvaient que par trop souvent avec des blessures dues à des grands frères qui jugeaient qu’ils avaient eu des propos déplacés à l’égard de leurs sœurs ou d’une demoiselle de leur famille, il était heureux que tu sois épargnée de la propre connaissance de Laurent en matière de jeunes femmes. Ta naïveté t’aurait fait te sentir incroyablement stupide et déplacée, et probablement jalouse de toutes ces demoiselles qui t’avaient précédée, même si tu ne l’aurais reconnu pour rien au monde.

Heureusement pour toi, sitôt ton frère entendit les propos de Laurent, il envoya au loin sa proie, et se leva d’un geste commun à celui d'Einar pour qui l’autre homme n’avait que peu d’importance en cet instant. Un freluquet voulait venir capturer leur petite sœur, qu’ils s’étaient jurés de protéger ? Il ne leur fallut qu’une seconde pour le dévisager et estimer qu’il ne ferait pas le poids.

« Eh, Osgeir, t’y crois toi ? Le freluquet, il veut venir capturer notre sœur chez nous ? A nous deux, on pourrait le mettre à terre avant qu’il n’ait le temps de dire ‘Fleur’. Alors avec Octavius et notre père… »

Osgeir partit dans une pirouette ridicule, s’adressant à toute l’auberge, les bras grands écartés.

« Qu’en pensez-vous, messieurs ? A-t-il ses chances, face à nous ? Regardez le, ainsi attifé, avec ses belles manières. Ne craignez-vous pas, Seigneur, que nous salissions et abimions vos habits ? Vous feriez mieux d’y réfléchir à deux fois, avant de venir nous affronter chez nous. »

Qu’ils t’énervaient ! Devaient-ils se donner en spectacle, comme cela ? Sans nul doute la boisson jouait elle, mais ils étaient aussi orgueilleux, et ils n’allaient pas laisser passer ce qu’ils considéraient probablement comme un affront comme cela. Il en allait de leur honneur et de leurs coutumes, et même si cela t’insupportait, tu ne pouvais que reconnaître leur respect de cela. Ca ne t’empêcha pas pour autant d’aller saisir la main de Laurent, peu importe la façon dont ils prendraient ce geste, et de rester à ses côtés, de prendre sa défense.

« Peu importe ce que vous dites, je sais qu’il vous battra. Et si ça n’est pas la première fois, sachant que vous prendrez un malin plaisir à le contrecarrer juste pour me contrarier ou garder votre mainmise sur moi, il reviendra, et vous battra. Il m’aime autant que je ne l’aime, et cela devrait suffire à lui donner la force de vous battre. Mais vous ne pourriez pas comprendre, vous préférez les corps de femmes qui ne seront à vous qu’un soir… »

Tu t’étais exprimée avec tout le mépris dont tu pouvais faire preuve, en rajoutant cette dernière phrase, éternel sujet de conflit entre toi et tes frères que leur manque de respect envers les femmes qu’ils… courtisaient n’était pas le mot, qu’ils séduisaient pour mieux les amener dans leurs couches. Tu t’étais aussi exprimée avec toute la fermeté dont tu pouvais faire preuve, pour leur interdire de rire de tes sentiments, de vos sentiments, sans te soucier de ce qu’ils en penseraient, au fond. Que tu aimes Laurent et qu’il t’aime étaient les seules choses qui comptaient, peu importe s’ils prenaient le parti d’un rire.


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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Jeu 7 Mar - 8:25

Je lui faisais beaucoup de promesses, j’en avais fait aussi à Lou. Il faudrait que je les tienne, coûte que coûte. Je devais être à la hauteur des espérances, des promesses et cela ne me rassurait pas. Je n’étais pas l’homme le plus compliqué qui soit, c’est certain mais je n’étais pas le plus simple non plus. Sous mon caractère agréable, je n’étais pas toujours de bonnes compositions mais cela, personne ne le savait évidemment, si ce n’est Louis qui avait sans doute assisté une fois ou deux aux dépassements de ce que je pouvais endurer.
Il ne fallait pas que je me leurre, certaines promesses seraient plus faciles à tenir que d’autres. Restait à savoir ce qui se passerait bien et ce qui se passerait mal. Soyons lucides, j’avais du chemin à parcourir et pas qu’un peu.

Une fois dans l’auberge, je fus bien obligé de constaté que si Fleur avait hérité de bons côtés, j’avais du mal à voir un quelconque lien de parenté. Il y avait rustre et grossier, j’hésitais à les qualifier des deux à la fois. Heureusement, je ne devrais pas faire part à Fleur de mon opinion à leur sujet.
Le fait que tous deux me regardent de haut en bas et me juge incapable de l’enlever joue en ma faveur. Qu’ils me sous-estiment donc, qu’ils me pensent incapables, cela ne serait qu’un avantage certain. Ils agiraient de tous leurs muscles et leurs armes au détriment de leur cerveau ce qui m’avantagerait d’une manière ou d’une autre. Il y avait bien plus d’une seule façon de livrer bataille. Cependant, je ne leur montrerais rien de toute cela, qu’ils me pensent donc faible, ça ne me changeait guère de l’opinion que même les miens avaient de moi au combat et peut-être même en général pour certains.

J’allais répondre quelque chose, rien de cinglant, bien entendu mais rien de trop recherché non plus. Je n’étais pas censé être noble, je n’étais que vagabond un peu trop instruit, j’aurais même peut-être pu passer pour érudit d’une certaine façon mais au lieu de ça, elle prit la parole à ma place et je souris. Elle avait foi en tout et plus que jamais, je devrais lui prouver que sa foi en moi n’était pas vaine ou stupide.

« Moquez-vous autant qu’il vous plaira, ça ne changera rien. Votre sœur sera mienne tôt ou tard et vous serez forcé d’admettre ce qui est comme le veut votre coutume. Débrouillez-vous donc avec ce que vous savez et venez d’entendre. Je n’ai rien à ajouter. Une chose est sûre, vous ne la méritez pas comme sœur. »

Je déposais un baiser sur sa main, ultime provocation malgré tout. Je savais que cela ne leur plairait pas mais l’acte était chaste et bienséant, voilà qui les ferait enrager puisqu’il n’y avait là aucun motif de reproche. C’était un os à ronger comme un autre. Quelque part, je m’amusais de cette situation.
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Jeu 7 Mar - 10:47

Tu ne savais pas ce qu'il se passait dans le cerveau de Laurent, et tu en étais heureuse. Tu avais beau aimer profondément tes frères, tu en avais aussi bien trop souvent honte, notamment à l'instant. Tu en avais rarement aussi honte qu'à l'instant, d'ailleurs, et tu te sentais quelque peu coupable de ressentir ceci. Après tout, c'était des hommes, des Bellifériens, et ils agissaient d'après leur culture, d'après les modèles qu'ils avaient eu sous les yeux... Quoi que votre père était plus réfléchi et respectueux que ça.

Tu ne savais pas bien qui passait pour bête de foire à l'instant, de tes frères ou de Laurent et toi. Vous quatre, probablement. Ce que tu savais, en revanche, était la colère que provoquait cette situation en toi : n'auraient-ils pas pu, pour une fois, réfléchir avant d'agir, et ne pas se donner en spectacle ? C'était, de toute évidence, trop leur demander. Tu étais loin toutefois d'imaginer qu'ils allaient te mettre davantage en colère.

Un sourire naquit sur tes lèvres, en écoutant les propos de Laurent. Il était de toute évidence plus raisonné, raisonnable et mesuré que tes frères et cela te comblait plus que tu n'aurais su le dire. Tu rougis tout de même, lorsqu'il ajouta qu'ils ne te méritaient pas. Ô, pourquoi donc avait-il eu à les voir se comporter comme cela ? Tu ne t'attardas toutefois pas sur cette pensée, distraite par le doux baiser qu'il déposa sur ta main.

Tu ne pouvais te lasser de son intelligence : ils ne pourraient nullement lui reprocher un geste si anodin qui ne portait pas atteinte à ta vertu, tout en enrageant de la provocation. Peu désireuse de les épargner après leurs propos, tu t'approchas de lui de manière à ce que seul lui t'entende.

« Vous me donnez envie de vous embrasser sur le champ, mais ça ne serait que jouer avec le feu. Veuillez je vous prie m'excuser pour leur attitude déplorable. Ils ne sont pas toujours ainsi, je crains que la boisson n'ait eu raison d'eux... »

Tu dardas à nouveau son regard vers tes frères à temps pour voir Einar s'approcher, qui s'arrêta du fait de ton attention dirigée vers lui.

« Il dit qu'il t'aime, alors qu'il ne veut qu'une chose de toi, que je ne prendrais même pas la peine d'évoquer à haute voix tant elle est évidente. S'il peut en plus obtenir des biens de la part de notre père et des bribes de notre savoir faire, il ne va pas se priver. Il se joue de toi, petite soeur, sous ses airs honorables de chevalier. »

Il ne t'en fallut pas plus pour t'énerver et lâcher la main de Laurent pour t'approcher de lui, le regard noir, menaçante.

« Il vaut bien mieux que toi, qui ne respecte aucune femme et n'a de cesse de te rendre ridicule en convoitant des femmes dont la famille t'attirera des ennuis parce qu'elle ne te laissera guère, à raison, les déshonorer. Osgeir et toi êtes les seuls à vous comporter de manière non honorable ici, quand on vient faire l'effort de respecter nos coutumes. »

Tu t'étais approché au fur et à mesure de ta diatribe, et tu n'avais guère prévu que ta main résonne sur sa joue, tu n'avais même guère ce geste qui résultait de ta colère face à l'affront qu'ils faisaient à Laurent, qui avait voulu te préserver, qui avait refusé que vous vous mariiez en secret, qui avait été honorable sur tous les points. Tu saisis sa main et pris la direction de la sortie, non sans te retourner vers tes frères.

« Ne vous avisez pas de nous suivre ! »

Tu franchis la porte de l'auberge, la main de Laurent toujours dans la tienne. Là, tu l'entrainas un peu à l'écart, de manière à ce que vous puissiez voir tes frères s'ils sortaient à votre suite. Tu te blottis dans ses bras, comme quelques instants auparavant.

« Veuillez m'excuser pour... tout cela. Leur rudesse, leur impolitesse, mon emportement... »

Tu soupiras, tant à cause de leur attitude qu'à cause du fait que tu savais que votre rencontre touchait à sa fin : tes frères ne sortiraient peut-être pas de suite, mais ils finiraient par le faire si vous restiez trop longtemps seuls dehors.

« Je crains qu'il ne soit temps de nous dire au revoir. Je déplore que ça soit sur une telle note, si négative, si... honteuse. »

Tu baissas les yeux, embarrassée de l'attitude de tes frères, qui ne faisait pas honneur à celle de Laurent, qui rabaissait tes frères au rang d'idiots. N'auraient-ils pas pu se comporter un peu plus dignement, et ne pas t'obliger à agir de la façon dont tu l'avais fait, à probablement rebuter Laurent par tes manières qui seraient considérées bien peu séantes chez les jeunes femmes nobles qu'il devait être habitué à fréquenter. Ô, par tous les Dragons, que tes frères t'énervaient !


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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Ven 8 Mar - 0:19

Je n’étais pas d’un naturel emporté, encore moins d’un naturel à juger séance tenante les gens autour de moi. Il n’empêche qu’à l’instant précis, je devais bien reconnaître que les frères de ma douce Fleur m’agaçaient légèrement. Je n’ai rien contre personne ou alors cela remonte à loin, je ne suis pas rancunier, pas revanchard et je n’étais pas le genre d’homme à prendre mal une attaque, loin de là. Mes quelques bagarres se résumaient à une seule personne, Louis et ça n’avait jamais rien eu de très méchant, pas même la dernière fois où cela aurait pu porter réellement à conséquences.
Mais Bellifériens ou pas, je ne supportais pas le comportement des deux Acier-Chantant que j’avais devant les yeux. Il n’y avait là rien grand-chose à justifier et je n’aurais même sans doute pas réagi s’il ne s’agissait pas de Fleur. Il y avait chez eux un manque de respect tellement flagrant et puis cette façon de se donner en spectacle… Quoi qu’il en soit, je ne rentrerais pas dans ce jeu d’idiots, il en était hors de question. Je n’étais pas là pour déclencher des conflits, je voulais épouser leur sœur.

Je me doutais que mon baiser sur sa main n’allait certainement pas leur plaire mais je connaissais les règles de la bienséance, contrairement à eux semble-t-il. Heureusement que mon frère n’était pas là, prompt à l’emportement comme il l’était, il aurait déjà dégainé son sabre en jurant au kraken.
Je ne pus m’empêcher de sourire légèrement. Jouer avec le feu. Plus cette histoire avançait et plus j’avais envie de le faire alors qu’il n’était pas dans ma nature d’attiser un feu, surtout s’il était dangereux. Mais en sa présence, je rêvais de faire des folies.

« La boisson ou un excès de protection envers vous, je l’ignore. Quoi qu’il en soit, il protège certainement plus votre vertu que celles des femmes qu’ils approchent. » Bon, je devais admettre que je n’étais pas non plus aussi blanc que l’agneau naissant mais je respectais chacune des femmes avec qui j’avais partagé un moment intime.

L’approche de l’un de ses frères vous détourna de votre aparté et jusqu’à ce qu’il ouvre la bouche, tu avais senti venir l’affront. Et affront il y avait bel et bien. Convoiter… Oui, je convoitais Fleur, évidement, quant à leur savoir, je n’en avais cure. Ils forgeaient de forts belles armes d’après les dire de ma promise mais je n’en avais jamais rien vu. Mettre la main sur un quelconque héritage, je n’en avais pas besoin. Je ne pouvais cependant pas en dire quoi que ce soit puisque je n’étais pas ici sous couvert de mon véritable nom.
L’intervention de Fleur m’empêcha de prononcer des mots qui dépassaient de très loin ma pensée car des noms d’oiseaux, j’en avais quelques uns en réserve grâce à ma tante et mon frère.

« Je la convoite elle, en effet et il faudra bien vous faire à cette idée puisque je l’épouserais. Mettez-vous ça dans le crâne ou brûlez-le au fer rouge sur vos bras, cela m’est égal mais Fleur deviendra ma femme. » Sur ses derniers mots, je sortis avec elle qui les enjoignait justement de ne pas nous suivre.

Une fois dehors, elle nous écarte un peu de l’auberge et me regarde dans les yeux avant de se blottir contre moi. Je ne résiste évidement pas à l’envie de l’étreindre et l’envie de l’enlever ici et maintenant me reprend de plus belle. Je rêve de l’emmener avec moi, de me marier avec elle et de provoquer ses frères malgré tout par la suite. Me voilà à vouloir défendre ma valeur maintenant… La route a un bien drôle d’effet sur moi. Et puis tu aurais dû réagir bien avant que Fleur ne gifle son frère. Ça n’était pas très digne de toi.

« N’ayez crainte, ça ne me fera aucunement changer d’avis si ce n’est que l’envie me tiraille de vous emmener immédiatement et de vous cacher à leur regard le temps que je puisse quitter Euphoria avec vous pour rejoindre Outrevent. » Je souris quand elle mentionne cette gifle, la chose était très clairement amusante dans ton esprit. « Ma chère, gardez donc ce tempérament, croyez-moi, je vous aime tout autant ainsi que douce. » Il faudrait bien ça pour qu’elle s’impose et ça ne déplairait certainement ni à ma mère, ni à ma tante.

Je l’embrasse alors que je risque fort de me faire voir par ses frères. Non, vraiment, j’ai très envie de l’emmener et j’affronterais ses frères et son père plus tard s’il le faut. J’assumerais les conséquences plus tard. Voilà que je me mettais à penser comme Louis… Drôle de journée.
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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Ven 8 Mar - 7:54

Plus il souriait, et plus tu avais envie de l'embrasser, bien qu'il n'en soit pas question si tu ne voulais pas attiser la colère de tes frères. Et pourtant, ses paroles, sa détermination, tout cela te faisait fondre un peu plus, augmentait ton impatience d'être sienne, et non plus la petite soeur de tes frères, ce qu'ils te plaisaient à te rappeler après chaque prétendant mis à la porte de chez vous. Tu ne pus éviter une grimace, quand il évoqua leur manque de respect quand à la vertu des femmes qu'ils approchaient.

A vrai dire, tu ne pouvais nier la vérité, mais qu'il ait ainsi à observer les lacunes de tes origines te déplaisait fortement, surtout quand tu savais que tes frères étaient en mesure d'être plus sages… Malgré la colère qu'ils faisaient naître en toi en ce moment même, tu ne pouvais que déplorer que la première impression que Laurent ait été amené à avoir d'eux soit telle. Tu n'ajoutas rien à ses propos, toutefois. Il n'y avait rien à ajouter, rien à nier, rien à défendre. Juste à acquiescer.

Être dehors te soulageait, bien que l'idée que tes frères ne viennent poursuivre leurs idioties ne cessait de te hanter. L'étreinte de ses bras était cependant rassurante : malgré tout ce qui venait de se passer, il n'allait pas t'abandonner, il n'envisageait pas de renoncer à votre folle entreprise de vous marier un jour, peu importe la manière dont se comportait ta famille. C'était un réconfort que de savoir ça, toi qui remettait sans cesse en cause le fait que tu ne sois qu'une bourgeoise, alors qu'il était noble et empli de dignité.

« Si vous saviez comme je voudrais que vous le fassiez après l'attitude de mes frères à l'instant, malgré le manque de dignité dont je fais preuve en cultivant cette envie… Comment pourrais-je souhaiter retourner à ma vie avec eux, quand j'ai eu la chance de goûter à un instant auprès de vous, la chance de partager l'étreinte de vos bras, la chaleur de vos baisers ? Si cela me semblait incroyablement difficile avant que nous ne venions ici, cela me semble impossible maintenant que mes frères se sont comportés de manière si infantile, si idiote. Si indigne de vous, si indigne de votre souhait de respecter nos traditions. Je ne sais comment je pourrais me rattraper de leur manque d'honneur, de leur attitude… Je suis mortifiée. »

Ton regard se partageait inconsciemment entre Laurent et la porte de l'auberge, que tu t'attendais à voir s'ouvrir sans ménagement pour laisser passer tes deux frères tels des furies, leur emportement exacerbé par la gifle que tu avais donnée à Einar. Ses propos détournèrent toutefois ton attention, t'arrachant bien involontairement un sourire.

« Vous devez être bien coutumier de ce genre de tempérament, pour qu'il ne vous fasse pas fuir, mon Amour. Dois-je m'inquiéter des personnes à qui j'aurai à faire face ? »

Tu étais folle d'amour pour lui, mais pas assez pour t'empêcher de comprendre ses propos comme il se devait. Tu n'avais pas osé associé ton analyse à la mère et la tante dont il t'avait parlé, mais tu craignais que ça ne soit le cas. Tu doutais suffisamment de le mériter pour ne pas avoir à entrer dans une lutte sans merci avec deux personnes dont il était proche. Même s'il t'avait affirmé que rien ne le détournerait de ses souhaits, tu ne pouvais t'empêcher de ne pas te croire à la hauteur. Ta question ne devait pas bien masquer ton appréhension, malgré l'humour que tu avais tenté d'y mettre.

Il coupa, à nouveau, court à tes pensées, alors qu'il t'embrassait. Baiser que tu lui rendis, tendrement quoi que passionnément, incapable de résister à l'attrait de ses lèvres malgré la possibilité d'être surpris par tes frères. Que la Fatalité les emporte ! Vous ne leur deviez rien, à fortiori pas quand ils se comportaient comme des rustres, des paysans, qui n'avaient rien dans le crâne.


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MessageSujet: Re: Le frisson de l'aventure...   Ven 8 Mar - 15:48

Fleur... Ma douce Fleur... Chacune de tes lettres avaient un peu plus gagné mon cœur. Tous nos sous entendus dans nos lettres, cet espoir de la voir. En peu de temps, j'avais retrouvé mon frère et j'avais vu la femme que j'aimais. J'avais pu la voir, la toucher, l'aimer, la ressentir contre moi. J'avais été prêt à respecter la coutume belliférienne, à l'enlever, mais maintenant... je n'étais plus si sûr. Je l'aimais, c'était certain et je ne voulais pas manquer de respect à sa famille, mais j'avais dû supporter ses frères.
J'avais peu d'espoir de la revoir bientôt si je partais maintenant. Je n'avais aucune envie de partir, de lui manquer de respect, de la laisser espérer, de lui faire peur. J'étais confronté à un drôle de problème. La laisser ou lui proposer de me suivre. La question m'obsédait, l'irresponsable se dressait comme une muraille face à ce que la bienséance réclamait.

Ce qui était arrivé à l'auberge me laisse perplexe. Si je demande à Fleur de me suivre, je me ferais de toute façon un point d'honneur à affronter ses frères et même son père, peut-être même Octavius... pourquoi pas après tout. Qu'aurais-je à perdre si elle me suivait ? Rien. Je n'aurais plus rien à perdre.
Je souris, elle me tente, oh oui, elle me tente... En est-elle seulement consciente. Je vois déjà mon frère me dire qu'enfin, je deviens un homme. Comme je le vois se moquer moi alors qu'il n'est même pas là... Je souris encore.

« Venez avec moi alors. Je dois encore rester à Euphoria pendant un jour ou deux et il faudra que nous nous cachions mais ensuite, nous partirons. Nous pourrions même nous marier en secret dès que vous le désirerez. L'attitude de vos frères n'étaient pas des plus glorieuses mais cela n'affectera certainement pas mon amour pour vous. Alors cessez de vous en faire pour eux. Pensez plutôt à vous, à nous ? »

Je nous éloigne un peu de la porte de l'auberge, je lui vole un baiser. Comment lui expliquer sans l'effrayer que la famille était du genre... bruyante et mouvementée ? Ma mère, ma tante, ma belle-sœur, si elle est en vie du moins, ma cousine, même ma nièce ! Ne parlons même pas de Sésana qui était une véritable furie.

« Ne vous en inquiétez pas, je vous promets que vous n'aurez pas à affronter ma famille au grand complet en une fois. » S'il y avait une seule personne que je devais absolument prévenir, c'était bien Freyja. J'étais plus inquiet de sa réaction à elle que de celle de ma mère ou de mon frère.

C'est là que Fleur nous emmène un peu plus loin. Je me demande si oui ou non elle va me suivre ou si je dois craindre un refus de sa part. Non pas que je le prendrais mal. Ça ne changerait rien si ce n'est que nous serions séparés plus ou moins longtemps et qu'elle me manquerait forcément. Je l'aimais. Oh oui, j'entendais déjà tout le monde, niais, benêt qui se laisse mener par le bout du nez et croit pouvoir décrocher la lune.
J'étais un romantique, il n'y avait rien de bien nouveau à ce sujet et j'avais confiance, je savais que Fleur m'aimait également. Après tout, elle risquait fort de se voir remettre en question sa vertu et son honneur. Je risquais moi aussi certaines remarques, notamment sur mon honneur et mes valeurs.
Plus j'y pensais et plus il me faudrait trouver des alliés de taille pour que ma mère ne m’étripe pas.
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